Les structures Police / Gendarmerie / Civils : quel avenir commun ?

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Zgoubi:
Bonjour,

Je ne suis pas un grand spécialiste des forces de l'ordre, et n'ai aucune prétention autre que de recueillir des avis, tranchés ou non.

Au delà des statuts, et des avantages des uns ou des autres (salaire, retraite, hébergement, congés, carrière ...), y aurait-il un intérêt évident, technique, à regrouper la police et la gendarmerie en un seul corps ?

De même, comme c'est le cas pour les pompiers volontaires (rémunérés sur leurs gardes), ne serait-il pas judicieux d'intégrer des civils (donc aller au delà du simple statut des citoyens volontaires) sous la houlette de policiers-gendarmes (donc jamais seuls), en les formant, afin de compléter les effectifs (nuits, weekends) aussi bien au bureau qu'en patrouille ? Celà permettrait certainement plus de repos et d'effectifs pour les personnels de gendarmerie/police d'active à plein temps ? Admettons qu'ils n'aient pas d'arme à feu pour simplifier certaines probabilités litigieuses de l'idée.

Qu'en pensez-vous ?

J.A.:
Bonjour,
Les « FONDAMENTAUX » DE LA GENDARMERIE - Ces principes sont au nombre de trois :

1. La dualité
L'existence dans notre pays de deux forces de police, l'une à statut civil, l'autre à statut militaire, n'est pas seulement un héritage historique mais une garantie pour l'État républicain et les citoyens.
Parfois réduite à une concurrence ou à une rivalité stérile entre les deux forces, à ce qu'il est courant d'appeler la « guerre des polices », la dualité est aussi source d'émulation, notamment en matière d'enquêtes criminelles.
Ce phénomène de concurrence n'est d'ailleurs pas propre aux rapports entre la gendarmerie et la police, puisqu'on le retrouve ailleurs, par exemple en matière de secours en montagne avec les pompiers, ou au sein même de la police entre différents services, comme entre la préfecture de police de Paris et les autres services ou entre la direction centrale de la police judiciaire et la direction centrale de la sécurité publique.
Il existe certes aujourd'hui de nombreuses similitudes entre la police et la gendarmerie. Toutefois, la police et la gendarmerie demeurent deux forces distinctes par leur statut, leur organisation et leur mode de fonctionnement.

2. La continuité
Un autre trait caractéristique de la gendarmerie tient à sa capacité à agir dans tout le spectre de l'arc de la crise, de la paix à la guerre, avec une appétence particulière pour les situations intermédiaires, aussi bien sur le territoire national que dans le cadre des opérations extérieures.
Par son caractère de force de police à statut militaire, la gendarmerie assure ainsi l'interface entre les situations nécessitant le recours aux forces de police et celles imposant l'intervention des armées, entre la défense du territoire et le maintien de l'ordre, entre la sécurité intérieure et la sécurité extérieure.
La gendarmerie, par sa nature et ses moyens militaires (comme le groupement blindé de gendarmerie mobile par exemple), par la discipline, la cohésion et les conditions d'emploi de ses forces, est de nature à participer à des opérations de maintien ou de rétablissement de l'ordre dans des situations de crise grave, à caractère insurrectionnel, marquée notamment par une prise de contrôle d'une partie du territoire et l'usage des armes par les émeutiers.
Cette « troisième force » assure ainsi une continuité entre les actions policière et militaire.
Dans les pays ne disposant pas de force de police à statut militaire, la police se trouve souvent démunie face à ce type de situation.

Ainsi, lors des émeutes de Los Angeles, au début des années 1990, c'est l'armée américaine qui a dû prendre le relais de la police. De même, en Irlande du Nord, la gestion de l'ordre public a pendant longtemps été gérée essentiellement par l'armée britannique.

Or, les armées ne sont pas adaptées pour faire face à ce type de situations, qui ne constituent pas leur vocation première. Inversement, la gendarmerie est particulièrement adaptée à ce type d'opérations.
Ce concept de continuité constitue un élément essentiel car il offre une capacité indispensable permettant à l'État de faire face sans discontinuité aux situations les plus diverses. Il est intrinsèquement lié au statut militaire de la gendarmerie.

3. La proximité
« La vraie police de proximité, c'est la gendarmerie ». Les gendarmes, vous les connaissez ? Ces militaires chargés de la sécurité quotidienne de 50 % de la population française répartie sur 95 % du territoire national.
Cette affirmation "la proximité" résume l'un des traits caractéristiques de la gendarmerie.
Grâce au « maillage territorial » assuré par la densité de son réseau de brigades territoriales, la gendarmerie est la seule force capable d'assurer le contrôle de l'ensemble du territoire national.
Elle est ainsi en mesure de répondre rapidement aux attentes des autorités et des citoyens en toutes circonstances et en tous lieux.
Le principe de proximité se manifeste également dans l'exécution quotidienne du service par la connaissance des lieux et des populations, notamment au moyen des « tournées de communes ».
La gendarmerie joue ainsi un rôle important en matière de surveillance du territoire et de renseignement, grâce notamment à ses 3500 brigades territoriales, qui constituent autant de capteurs.
Or, l'aptitude à recueillir le renseignement et assurer la surveillance du territoire est essentielle pour la défense et la sécurité nationale, qu'il s'agisse du temps normal ou du temps de crise, en ce qui concerne la sécurité quotidienne ou les menaces affectant gravement la sécurité du pays.

La proximité suppose une disponibilité permanente de la gendarmerie qui ne peut résulter que du statut militaire, grâce notamment au fait que les gendarmes sont logés avec leur famille en caserne sur leur lieu de travail et au régime particulier des astreintes. Aujourd'hui seul le statut militaire apporte cette garantie globale et permanente.

La Gendarmerie dans le giron du Ministère de l'Intérieur !!  ::)
A première vue, la perspective gouvernementale est simple : en 2002, décision avait été prise de placer l'emploi de la gendarmerie pour ses missions de sécurité intérieure sous la responsabilité du ministre de l'Intérieur. Et au 1er janvier prochain, en 2009, il s'agit de terminer le processus si bien que la gendarmerie au plan organisationnel et opérationnel dépendra de ce ministère tout comme la police nationale au nom de la cohérence dans la définition et l'emploi de leurs moyens.
Le texte entend cependant préserver «la dualité de mission de la gendarmerie» c'est-à-dire une «troisième force» en mesure d'intervenir dans un spectre très large de situations, allant de la sécurité publique et de la police judiciaire au maintien de l'ordre dans des contextes les plus dégradés, voire à la participation à des conflits armés sans être dans l'obligation de passer par un vote des assemblées.

Il souhaite aussi «pérenniser le modèle de pluralisme policier à la française» et propose de maintenir «le statut militaire» des gendarmes.


En suite répondre à ton premier point :
- la dualité des forces est nécessaires en France notamment la gendarmerie qui assure les missions de police judiciaire militaire en OPEX, c'est la prévôté au prés des troupes Françaises.

Et pour ton deuxième point :
- en gendarmerie, des civils qui exercent des missions de terrain cela existe, c'est la Réserve Opérationnelles - les personnels (hommes et femmes) civils et volontaires sont formés et rémunérés (comme les militaires actifs) pour soutenir les brigades territoriales, les PSIG ou les escadrons de GM et notamment pendant les périodes de vacances, les nuits, les WE, pour les grandes manif commémoratives et populaires ... afin de soutenir et soulager les personnels d'active ou pour faire des missions annexes de type prévention routières, surveillance des courses cycliste locales ou comme le tour de France, des parking et des foires de pays, etc...

kit055:
Malheureusement non, ce n'est pas possible, la Gendarmerie et la Police ont des spécificités distinctes, la Gendarmerie est militaire et est entraînée différemment que les fonctionnaires de police pour des missions plus ou moins différentes dans des endroits en général différents.

Pour ce qui est des civils il en existe déjà, des civils dans la défense, mais qui ne sont pas volontaires, et les citoyens volontaires dans la Police.

Aller plus loin n'est pas possible, tout d'abord pour une question de responsabilité, doit-on armer le civil qui travaillerait bénévolement pour la police ? Tout port d'arme nécessite une formation, une habilitation et une arme unique disponible au commissariat en question...

N'importe qui ne peut pas travailler pour la police il faut entreprendre une enquête de moralité afin de garantir la sécurité d'informations plus ou moins sensibles.

De plus le civil qui n'a pas eu de formation n'est donc pas agent de police judiciaire, il n'a donc aucun pouvoir et n'est donc pas plus utile qu'un citoyen volontaire...

En plus des innombrables barrages de la loi... ^^

Zgoubi:
Justement, quel était le statut des " emplois jeunes " qui aidaient les policiers il y a quelques années (me souviens plus  ???). Il me semble que, sans être armés, ils accompagnaient pas mal les policiers à l'extérieur. C'est dans cette idée que je me disais que ça serait peut-être pas mal ?

Pour revenir à la dualité Police/Gendarmerie, ça fonctionne comme ça partout ailleurs, ou y-a t'il des pays où l'un, ou l'autre n'existe pas ? Si j'ai bien compris, aux USA, la police est souvent " municipale " (ou ai-je mal compris) ?

Je me disais ça dans le sens où en regroupant les moyens, scientifiques, véhicules, effectifs, accueil, ça donnerait plus de moyens au final, non (même si c'est apparemment pas envisageable) ?

Mon oncle, ancien chef de brigade CRS, convenait qu'avoir deux corps de motards pour la circulation routière, police et gendarmerie, c'était pas forcément nécessaire, et que pour certaines opérations, avoir un regroupement en commun ça ne serait pas un mal et ça ne changerait pas grand chose, hormis une économie d'échelle sans doute.

kit055:
Les "emplois jeunes" sont les adjoints de sécurité, ce sont des agent de police judiciaire adjoint armés et en uniforme qui bénéficient d'une formation de 3 mois environ dans une école nationale de police ;)

Dans beaucoup de pays il y a une dualité police/gendarmerie effectivement, ou du moins une "police militaire" et une police civile, au brésil il y a même une police militaire, une police civile, et une police touristique !

Pour les USA la police peut être "municipale" et dépend d'un comté, mais aussi fédérale (FBI), le nombre des agences de sécurité n'est pas fait pour simplifier les choses ^^

On ne peut regrouper les moyens si chacun a des missions différentes, c'est comme demander à la DDE de partager ses véhicules avec EDF...

Pour ce qui est des opérations en commun ça se fait déjà dans de très bonnes conditions, en y intégrant même les douanes, les services vétérinaires, etc... ce sont les "GIR", groupes d'intervention régionaux ;)

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