
VITRY-LE-FRANCOIS (Marne) Nom : Sassi. Age : 34 ans. Grade : lieutenant. Mission : diriger la brigade territoriale de gendarmerie de la cité rose. Signe particulier : un parcours professionnel bien singulier.
IL n'est pas fils de gendarme et n'a pas rêvé de le devenir ni depuis sa plus tendre enfance, ni arrivé à sa majorité. Mohamed Sassi s'orientait plus vers une carrière dans le privé, en qualité d'ingénieur. Sa formation : un bac scientifique, deux années de classes préparatoires et trois en école d'ingénieur à Grenoble (Enserg - École nationale supérieure d'électronique et de radioélectricité de Grenoble). Rien qui prédestinait Mohamed Sassi à la carrière militaire.
Chez les « experts »
Sauf qu'au fil de rencontres avec des copains de promotion, à l'issue de son école d'ingénieur, voilà le jeune homme bien tenté par cette voie et notamment par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). « En discutant avec des amis qui en faisaient partie ou qui étaient passés par là, j'ai réalisé que mes connaissances scientifiques et techniques pouvaient servir à l'intérêt général et collectif. C'était alors pour moi bien plus important que de réussir une carrière dans le privé avec de hauts salaires… »
Ni une ni deux, Mohamed Sassi tente le concours de l'école des sous-officiers de gendarmerie qu'il réussit et, fait rarissime pour ne pas dire unique, il intègre dès sa sortie d'école l'équipe des « experts » de la gendarmerie, l'IRCGN. « J'étais le premier à suivre cette voie. Généralement, en plus d'avoir une grande connaissance scientifique, il faut avoir réalisé quelques années de terrain pour intégrer l'institut », confirme le jeune homme. Il a alors 28 ans. Et c'est la révélation.
Au service des autres
« Quand je suis requis par un juge d'instruction pour exploiter au maximum une vidéo et ainsi identifier l'auteur d'un braquage par exemple, je ressens la plus grande des satisfactions. Car c'est mettre mes connaissances scientifiques au service de victimes et de la justice. » À l'IRCGN, il intègre précisément le département « signal-image-parole ». Pour les grosses affaires criminelles, il utilise donc toute la technique possible pour apporter des preuves scientifiques.
« Par exemple, pour un gros vol, on peut faire appel à nous afin de travailler sur une vidéosurveillance dont la qualité est mauvaise. Nous allons tout faire pour la rendre bonne et ainsi permettre l'identification de suspects. » D'autres activités se sont greffées à son département : le sondage par radar - « avec un PC embarqué on peut par exemple détecter la présence d'armes ou d'un cadavre dans un mur ou dans le sous-sol » - et la modélisation numérique en trois dimensions de scènes de crime.