Auteur Sujet: 8 mai, jour de commémoration de l'armistice de la Seconde Guerre mondiale.  (Lu 329 fois)

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"Combien de fois j'ai appelé 'maman' !" : à 101 ans, Marceau Puig, héros de la Seconde Guerre mondiale, livre un message fort à la jeunesse.

À 101 ans, Marceau Puig vit à Perpignan avec la fierté du devoir accompli. Cet ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale a rejoint l'armée française dès 1942, participant à la campagne d'Italie, au débarquement en Provence et à la montée vers l'Allemagne. En ce 8 mai, jour de commémoration de l'armistice, il livre un témoignage poignant sur les horreurs de la guerre et adresse un message aux jeunes générations.

Le 8 mai, jour de commémoration de l'armistice de la Seconde Guerre mondiale, Marceau Puig se souvient. À 101 ans, cet ancien combattant perpignanais porte encore en lui les cicatrices de quatre années de combat. Engagé à dix-huit ans dans le corps expéditionnaire français en 1943, il a traversé l'Italie, débarqué en Provence et remonté jusqu'en Allemagne. Ses souvenirs restent intacts et authentiques. Et son message résonne comme une urgence : ne pas oublier le prix payé pour la liberté.
"C'est dur la guerre, ce n'est pas bon"

Marceau Puig ne cache rien des réalités du combat. À Marc Tamon et Frédéric Savineau venus le rencontrer pour France 3 Pays catalan, il affirme sans détour : "Vous savez, c'est dur la guerre, ce n'est pas bon. C'est certain que ce n'est pas bon." Pourtant, cet homme aux cheveux blancs, entouré d'amis à Perpignan, ne regrette pas son engagement. Il défend avec passion l'institution qui l'a formé : "C'est formidable l'armée. Moi je suis comme ça. Il y en a qui ne les aiment pas, tant pis. Mais il ne faut pas oublier qu'on a sauvé la France."

Pied noir d'origine catalane, Marceau s'est engagé dès 1943 avec la campagne d'Italie. Cette période marque le début d'un calvaire. La bataille de Monte Cassino le hante encore. "C'est très très dur. Ils étaient retranchés sur l'abbaye qu'il y avait en haut. Malgré des bombardements, il n'y avait pas moyen de les déloger." Le bilan fut terrible : "Finalement on est arrivé, mon corps français, presque 1000 morts sur Casino. Ça a été terrible, Casino. D'ailleurs, c'est connu partout ? C'était une bataille vraiment incroyable."
" On veut faire le dur et on n'est pas dur, non"

Marceau Puig raconte des instants où le hasard côtoie l'horreur. "À Cassino, les Américains se sont trompés, ils nous ont bombardés, je vous assure que je me suis mis tout de suite à plat ventre. Quand je me suis levé, à côté de moi, se trouvait un copain du village ! Il y a de ces trucs qui se passent pendant la guerre, c'est incroyable !" Il figure même parmi les premiers à entrer dans Rome.

Le débarquement en Provence reste gravé dans sa mémoire comme le moment où la peur l'a vraiment étreint. "On avait les bateaux qui s'ouvraient. Il fallait aller dans l'eau. On avait l'eau jusque-là pour débarquer. C'est là que ça m'a touché. Là, j'ai eu peur. J'ai dit, j'y suis dedans, hein ! Et, combien de fois, j'ai appelé 'maman' ! On veut faire le dur et on n'est pas dur, non."
"Il faut aimer la France"

Médaillé de la Légion d'honneur et de la Croix de Guerre, Marceau Puig ne cesse de rappeler l'importance de la mémoire. Il adresse un appel aux jeunes : "Il faut aimer la France, il faut l'aimer, il n'y a rien à faire. L'armée fait beaucoup. Il y a beaucoup de jeunes qui se détachent de ça."

Son amour pour la France demeure intact, viscéral. "Je suis fier d'avoir servi ma France, je le serai toujours. Quand j'entends la Marseillaise, j'ai des frissons. À tous les grands matches, ce n'est pas le match que je cherche, c'est la Marseillaise." Il se souvient aussi de la joie du retour : "Quand je suis revenu de la guerre, maman était heureuse (...) J'avais une mère du tonnerre !"

À 101 ans, Marceau Puig incarne une génération qui s'éteint lentement. "Des anciens combattants comme moi, on est peu maintenant, c'est dommage." Son témoignage devient ainsi un devoir de mémoire, une voix qui refuse que l'oubli ne gagne.

Source  https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/pyrenees-orientales/perpignan/temoignage-combien-de-fois-j-ai-appele-maman-a-101-ans-marceau-puig-heros-de-la-seconde-guerre-mondiale-livre-un-message-fort-a-la-jeunesse-3347785.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=occitanie&at_offre=4&at_variant=V2&at_send_date=20260508&at_recipient_id=726375-1612451705-33c95b4c&at_adid=DM1294850&at_highlight=

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"La guerre, il n’y a rien de pire" : à 108 ans, Jean Turco replonge dans ses souvenirs de soldat prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale.

À 108 ans, Jean Turco, le doyen des Français marche presque sans aide et vit toujours chez lui, à Paris. À l'occasion du 8 mai 2026, anniversaire de la Victoire des alliés en 1945, le centenaire se plonge avec précision dans ses souvenirs d'ancien soldat, prisonnier des Allemands pendant cinq ans.

Aujourd'hui âgé de 108 ans et doyen des Français, Jean Turco est né en 1917 à Villejuif de parents italiens. Il a été naturalisé français à l'âge de 15 ans après avoir accepté d'effectuer ses deux années de service militaire. "Je me suis retrouvé dans l'armée un an avant la déclaration de guerre", se rappelle-t-il. Il passe alors l'automne et l'hiver 1939 en Alsace, dans une ville située à la frontière allemande. "Mais comme vous le savez il ne s'est rien passé. C'est ce qu'on a appelé la drôle de guerre. On allait faire nos patrouilles. Les Allemands et nous, on essayait de s'éviter, jusqu'au mois de mai."
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En 1940 vient la courte bataille de France. Lui est blessé à Épinal par un éclat d'obus alors qu'il transporte des munitions, un événement qui lui laissera une importante cicatrice sur le bras. Faute de médecin disponible, c'est un interne encore en formation qui le soigne et extrait le shrapnel. "C'était comme une lame de rasoir. Je l'ai gardée longtemps, comme trophée. Après, quand je suis revenu en France, les médecins ont vu mon bras et ont dit : 'Quel est le cochon qui a recousu ça ?'"
Le quotidien d'un prisonnier de guerre

Face à l'avancée des troupes nazies, comme des centaines de milliers d'autres soldats français, Jean Turco reçoit l'ordre du maréchal Philippe Pétain de déposer les armes. "Puisque l'armistice était signé on nous a dit 'rentrez chez vous'", témoigne-t-il. Mais la joie fut de courte durée, "les Allemands nous ont dit : 'Ah non, l'accord avec Pétain c'est que vous êtes donnés prisonniers.'" Direction Stuttgart en Allemagne pour Jean Turco : le début de cinq années de captivité, qu'il passera dans une usine allemande de mécanique de précision, lui qui est un jeune technicien diplômé.

"Le fait de travailler, au moins, ça vous faisait oublier pendant un certain temps que vous étiez prisonnier."

Par son statut d'ingénieur, il aurait pu rejoindre un "Oflag", où les officiers prisonniers de guerre n'ont pas le droit de travailler. "Mais être prisonnier et tourner en rond toute la journée sans rien faire", pour Jean Turcot, "c'est pire que tout".

Dans son "Stalag", un camp pour simples soldats, le quotidien est difficile, mais supportable, se souvient le centenaire. "Vous aviez droit à une lettre, une carte, par mois avec la famille, mais ça passait par la censure. Et de temps en temps, on recevait un paquet Pétain avec quelques biscuits durs."
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Il raconte aussi une cohabitation très différente de celle vécue en France au même moment face à l'occupant. Lui côtoie quotidiennement à l'usine des civils allemands, qui contrairement "à ce qu'il croyait" sont "gentils comme tout." Mais cinq ans, c'est long. Alors il s'évade, deux fois. Sa première évasion l'emmène à vingt kilomètres de Strasbourg, mais malheureusement pour lui, une patrouille allemande qui se trouvait là, le repère. Deux échecs qui se soldent par deux périodes à l'isolement. Mais l'usine qui a besoin de son expertise, le reprend à chaque fois.
Un accueil mitigé

En 1945, c'est enfin le retour à la maison pour un million de soldats faits prisonniers en Allemagne. Après cinq ans d'absence, Jean Turco se souvient d'un accueil mitigé. "On a beaucoup parlé de Charles de Gaulle et des résistants, c'est très bien. Mais les historiens ont oublié de parler de l'armée française. Nous étions les pestiférés, c'est nous qui avions perdu la guerre." L'image de ces soldats restera associée à la débâcle de 1940, et pour certains, les retrouvailles ne sont pas toujours simples.

    "Tout le monde était quand même content de me voir. Mais il faut dire qu'en France y avait encore des restrictions terribles"

Après la guerre, Jean Turco sera tour à tour concessionnaire, responsable syndical dans l'automobile, puis député de Paris dans les années 1970. Père de trois enfants, et marié trois fois également, à 108 ans aujourd'hui, il se dit inquiet pour l'avenir. "Quand je pense à la génération actuelle, mes enfants, petits et arrière-petits-enfants, j'avoue que je suis inquiet. On a l'impression qu'on cherche une troisième guerre. La guerre, il n’y a rien de pire : on sait quand elle commence, on ne sait pas quand elle finit. Ni comment."

Le centenaire continue de s'informer tous les jours sur son ordinateur portable, où il lit chaque matin ses mails. À 108 ans, avec son smartphone, Jean Turco envoie même, lentement mais sûrement, des textos.

Source https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-choix-franceinfo/temoignage-la-guerre-il-n-y-a-rien-de-pire-a-108-ans-jean-turco-replonge-dans-ses-souvenirs-de-soldat-prisonnier-pendant-la-seconde-guerre-mondiale_7960916.htmlhttps://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-choix-franceinfo/temoignage-la-guerre-il-n-y-a-rien-de-pire-a-108-ans-jean-turco-replonge-dans-ses-souvenirs-de-soldat-prisonnier-pendant-la-seconde-guerre-mondiale_7960916.html

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Cérémonie du 8-Mai : une résistante de 104 ans se souvient !
Mélanie Berger-Volle a 104 ans et est une ancienne résistante. Elle était âgée de 16 ans quand son destin a basculé.

C'est une femme qui a eu le courage de dire non toute sa vie. Pour Mélanie Berger-Volle, la flamme de la résistance(Nouvelle fenêtre) ne s'est jamais éteinte. Son courage lui a valu la lumière aux JO il y a deux ans.

Née à Vienne en 1921, juive et communiste, elle milite dès son plus jeune âge contre la montée du fascisme. "Hitler est venu à Vienne, et quand je voyais toute cette foule avec la main levée, quand c'était terminé, je me suis assise sur un banc et j’ai pleuré", se souvient-elle.
"On faisait des tracts qu'on distribuait"

À 16 ans, elle quitte l'Autriche, annexée par l'Allemagne nazie, se réfugie en France et devient une figure active de la résistance. "On faisait des tracts qu'on distribuait dans les boîtes aux lettres. On faisait toujours ça entre garçons et filles parce que quand quelqu'un passait, on faisait semblant d'être amoureux", raconte Mélanie Berger-Volle.

Arrêtée, emprisonnée, condamnée à 15 ans de travaux forcés, elle s'évade et rejoint la résistance avec son mari Lucien Volle. C'est cette obstination, ce siècle d'engagement antifasciste, qu'elle raconte dans un livre à 104 ans.

Source https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/13-heures/ceremonie-du-8-mai-une-resistante-de-104-ans-se-souvient_7991894.html