"On voit des animaux en hyperventilation" : une association lance un appel urgent pour installer des points d'eau destinés à la faune sauvage en Franche-Comté
Alors que la France traverse sa quatrième vague de chaleur de l'été, la nature souffre et de nombreux animaux sont victimes de déshydratation. L'association France Nature Environnement lance un appel citoyen à disposer des points d'eau en ville comme en forêt pour lutter contre une extinction massive de la faune.
En février 2026, un record était battu en France, celui du nombre de jours de précipitations consécutifs. Près de 40 jours de pluie, plus de 50 dans certaines villes, l’hiver a été pluvieux, jusqu’à déclencher des inondations majeures. Les nappes phréatiques avaient alors eu largement le temps de se remplir, prêtes à affronter la forte consommation des végétaux au printemps, et les chaleurs de l’été.
Las, quelques mois plus tard, les réserves sont à sec. D’un extrême à l’autre, c’est un nouvel été de record de températures, et de sécheresse, qui s’abat sur la Franche-Comté. Bassins du Doubs à sec, manque d’eau potable dans les communes, alerte sécheresse estampillée “crise” par les services de l’Etat, soit le niveau maximal, tous les signaux sont au rouge, pour les humains, comme pour la nature.
Des points d’eau naturels qui se raréfient
C’est dans ce contexte que l’association France Nature Environnement (FNE) lance un appel à abreuver les animaux, pour les préserver d’une déshydratation potentiellement mortelle. C’est la première année que l’antenne Franc-comtoise de l’association lance un tel appel à l’aide, après quatre vagues de chaleur successives aux conséquences majeures sur la flore comme la faune.
“On voit des animaux en hyperventilation, des oiseaux qui n'arrivent plus à survivre, qu'on retrouve dans les forêts ou même par terre dans la rue”, témoigne Amandine Moity, chargée de mobilisation citoyenne pour France Nature Environnement à Besançon.
Un acte pourtant simple pourrait donc aider à changer la donne : “convier les citoyens et citoyennes pour aller poser des bassines d'eau”, et ainsi permettre à de nombreuses espèces en stress hydrique intense : “ils mettent parfois beaucoup de temps pour accéder à un point d'eau”, relate Amandine Moity.
Les oiseaux, par exemple, “n'ont pas la possibilité de se déplacer aussi loin qu'on pense”, assure-t-elle. Quant aux mammifères plus terrestres, ils n'ont pas toujours accès non plus à de l’eau. “C'est compliqué pour tous les animaux. Ils ont tendance à s'adapter et trouver d'autres lieux.” Au prix parfois de leur vie. “En 24 heures, un petit oiseau peut montrer des signes de grave détresse respiratoire. Ça peut aller assez vite.”
Participer, chacun, à son échelle
“Donner de l'aide, ça peut se faire partout, encourage Amandine Moity. Dans les jardins, au niveau des espaces herbeux en ville, les balcons...” Pour la rendre accessible au plus grand nombre, la petite réserve d’eau pourra être semi-enterrée. Avec quelques précautions, poursuit-elle, en s’éloignant par exemple des zones de prédation des chats comme les buissons, ou en disposant des pierres au fond du récipient, pour éviter aux plus petits animaux de s’y noyer. De même, glisser une planche pour permettre à un hérisson coincé de remonter, par exemple. Autre conseil, “changer l’eau une fois par semaine pour éviter la prolifération des moustiques.”
Se suppléer à une rivière ou un étang n’est pas possible, mais la volonté de l’association est bien de sensibiliser le grand public à ce type d’action. “Ça se fait un peu partout en France, des collectifs citoyens, des pompiers, des naturalistes, la LPO. C'est un enjeu de survie des espèces. C'est vraiment nécessaire”, assure Amandine Moity.
Selon la chargée de mission, aucune étude précise permet d’étayer et de quantifier le nombre d’animaux sauvés, mais les nombreuses vidéos de caméras discrètes posées par des naturalistes ou passionnés de nature objectivent le nombreux passages auprès des points d’eau construits.
Une carte pour répertorier les initiatives citoyennes
Avec cet appel citoyen, FNE souhaite relayer aussi les initiatives de personnes qui se sentent isolées, et ainsi “porter cette parole et la déployer à d'autres pour qu'elles puissent agir”, plaide Amandine Moity.
Sur leur site en ligne, une carte interactive compile les initiatives que tout un chacun peut déclarer, tout comme les atteintes à l’environnement. Sa version mobile existe aussi en application. L’idée, permettre de consulter ce qui existe autour de soi, et s’en inspirer.
Source
https://france3-regions.franceinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/on-voit-des-animaux-en-hyperventilation-une-association-lance-un-appel-urgent-pour-installer-des-points-d-eau-destines-a-la-faune-sauvage-en-franche-comte-3394219.html