Notre corps met en place plusieurs mécanismes pour maintenir sa température autour de 37°C. Mais lorsque les fortes températures persistent, ces défenses peuvent atteindre leur point de rupture et faire encourir de sérieux risques à notre santé.
Vagues de chaleur, sécheresses, incendies... Le mois de juillet 2026 est devenu le plus chaud et l'un des plus secs jamais enregistrés en France depuis le début des mesures en 1900, a annoncé Météo-France, mardi 4 août. Avec une température moyenne de 24,9°C, le mois dernier a effacé les précédents records de la canicule d'août 2003 (24,8°C) et de juillet 2006 (24,4°C). Ces températures exceptionnellement élevées ne sont pas sans conséquences sur notre santé et peuvent, dans les cas les plus graves, entraîner la mort. Lors de la canicule de fin juin, d'une intensité historique, l'Hexagone a enregistré la plus forte surmortalité liée à une canicule depuis 2003. Selon les chiffres de Santé publique France(Nouvelle fenêtre), publiés le 22 juillet, 5 764 décès excédentaires ont été enregistrés entre le 17 juin et le 2 juillet.
Le corps régule sa température...
Pour comprendre les effets néfastes de ces fortes chaleurs sur notre corps, il faut d'abord comprendre comment notre organisme fonctionne face à elles. Notre corps doit rester à une température autour de 37°C. Pour y parvenir, le thermostat interne situé dans notre cerveau, l'hypothalamus, veille en permanence à son équilibre. "Lorsqu'il détecte une hausse de la température corporelle, il active une série de mécanismes pour la maintenir dans des limites acceptables", explique la docteure Laurène Bruvy, médecin généraliste à Amiens (Somme). Il déclenche d'abord la dilatation des vaisseaux sanguins, appelée la vasodilatation, qui augmente le débit de sang et permet ainsi de favoriser l'évacuation de la chaleur vers l'extérieur.
La transpiration, elle, permet de refroidir le corps. Enfin, ce dernier pousse naturellement à réduire les efforts physiques, qui augmentent la production de chaleur. "C'est pour cela que faire du sport est déconseillé. Le corps est davantage déshydraté et, en général, les personnes ne compensent pas la perte en eau pendant le sport. Les muscles utilisent également plus d'énergie et cela fatigue le corps, provoquant du stress supplémentaire pour l'organisme", détaille Laurène Bruvy.
... Mais jusqu'à un certain point
Mais le processus de thermorégulation atteint ses limites lors des vagues de forte chaleur. La transpiration devient moins efficace lorsque l'humidité de l'air est élevée, car la sueur s'évapore plus difficilement. Le corps continue alors de produire de la sueur sans parvenir à réduire sa température. D'après Santé publique France, la déshydratation constitue également l'un des principaux risques liés aux fortes chaleurs. Une transpiration importante entraîne une perte d'eau et de sels minéraux, qui peut perturber le fonctionnement de l'organisme. Le manque d'eau réduit notamment la capacité du corps à maintenir une température stable.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS)(Nouvelle fenêtre), les épisodes de chaleur extrême peuvent aggraver certaines maladies cardiovasculaires et respiratoires, en particulier chez les personnes âgées ou souffrant déjà de pathologies chroniques. "Avec la chaleur, les vaisseaux sanguins sont davantage dilatés, donc le cœur pompe plus et augmente le débit cardiaque. C'est donc assez dangereux pour les personnes cardiaques", souligne la médecin généraliste, appuyant le fait que le cœur doit augmenter son activité afin de maintenir une circulation suffisante.
Le risque d'un "stress thermique cumulatif"
Lorsque ces mécanismes ne suffisent plus, la température interne du corps augmente et peut provoquer un coup de chaleur. "Les symptômes qui doivent alerter sont de la fatigue, des vertiges, des migraines, une sensation de ne pas se rafraîchir ou des malaises", précise Laurène Bruvy. Le ministère de la Santé(Nouvelle fenêtre) rappelle que ce phénomène constitue la forme la plus grave des troubles liés à la chaleur : dans les cas les plus graves, il peut entraîner le décès. La durée des épisodes joue aussi un rôle majeur. Selon Météo-France(Nouvelle fenêtre), l'augmentation de la fréquence et de la durée des vagues de chaleur est l'une des conséquences du changement climatique.
Or, lorsque les températures restent élevées plusieurs jours, voire semaines, notamment la nuit, le corps récupère moins bien. "La fatigue s'accumule tandis que les capacités de concentration diminuent. Dans les situations les plus graves, des troubles de la conscience peuvent apparaître", développe la médecin. Santé publique France souligne que les nuits chaudes peuvent aussi perturber le sommeil et donc accentuer la fatigue, ce qui augmente la vulnérabilité face aux fortes chaleurs. D'après l'OMS, une exposition prolongée et répétée aux vagues de chaleur crée "un stress thermique cumulatif" qui augmente le risque de maladie et de décès. "La déshydratation répétée peut également fragiliser le fonctionnement des reins, notamment chez les personnes vulnérables", appuie Laurène Bruvy.
S'hydrater régulièrement sans attendre d'avoir soif
Toutes les personnes ne sont pas égales face aux températures extrêmes. Selon l'OMS et Santé publique France, les personnes âgées, les nourrissons, les personnes atteintes de maladies chroniques ou prenant certains médicaments font partie des populations les plus exposées, car leur organisme peut être moins efficace pour réguler la température ou compenser les pertes en eau. Pour se protéger face aux fortes chaleurs, Laurène Bruvy conseille une hydratation régulière avec de l'eau, environ 1,5 litre par jour, sans attendre d'avoir soif. "Surtout, ne pas boire de boissons sucrées qui ne permettent pas une hydratation optimale", avertit-elle, ajoutant qu'il faut également éviter l'alcool.
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Il est aussi important de se rafraîchir à l'aide de brumisateurs, de lingettes humides, d'un ventilateur ou encore de douches. "Il faut éviter de les prendre froides. Sinon, la personne fait chuter sa température corporelle trop rapidement et provoque un choc thermique. C'est contre-productif", martèle la médecin. Enfin, il est important de garder une alimentation malgré l'absence d'appétit et d'adapter son environnement, avec les volets fermés par exemple, afin de garder de la fraîcheur, notamment dans la chambre, pour améliorer l'endormissement.