Auteur Sujet: Urgences débordées : la galère de Mauricette !!  (Lu 1319 fois)

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Hors ligne Jeano 11

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Urgences débordées : la galère de Mauricette !!
« le: 16 mai 2016, 12:19:11 »
Les urgences de l’hôpital de Blois ont été surchargées pendant le pont de l’Ascension. La famille d’une nonagénaire déplore sa prise en charge.
Cent vingt-quatre passages ont été enregistrés le vendredi de l'Ascension aux urgences de l'hôpital de Blois. En général, le service accueille autour de 80 personnes par jour. « Dès qu'il y a un pont, comme celui de l'Ascension, les gens se rendent systématiquement aux urgences, constate le docteur Isaac Gbadamassi, chef des urgences et du Samu au centre hospitalier blésois. Mais les hôpitaux n'ont plus les moyens de recevoir tout le monde. Le personnel en a ras-le-bol de se faire traiter de tous les noms. »

C'est ce jour-là que Mauricette, blésoise de 90 ans, a été admise aux urgences. Atteinte d'une infection pulmonaire au début de la semaine dernière, la nonagénaire, encore très alerte et qui vit seule chez elle, a consulté son médecin traitant qui lui a administré des antibiotiques. Son état de santé ne s'améliorant pas – son diabète lui jouant également des tours – elle revoit son généraliste vendredi dernier. Celui-ci décide de la faire hospitaliser. Il écrit un courrier au sujet de sa patiente à destination de l'hôpital de Blois. C'est une ambulance privée qui la conduit au service des urgences. « Elle y est arrivée à 15 h 50. Il y avait beaucoup de monde, raconte Chantal, sa fille. L'ambulancier n'a pas voulu attendre. J'ai dû me débrouiller pour faire l'admission de ma mère. »

" Pas un régime adapté à sa pathologie "  :-[
La fille de Mauricette pointe ensuite du doigt une prise en charge médicale trop longue et un traitement inadéquat. « A 20 h, on m'a demandé de partir, je ne pouvais plus rester aux côtés de ma mère qu'on avait emmenée dans un couloir, sans couverture, sans lui donner à boire, ni à manger. Ce n'est qu'en milieu de nuit qu'elle a intégré l'unité d'hospitalisation de très courte durée, avec une perfusion d'antibiotiques et de glucose alors qu'elle est diabétique. Au petit déjeuner, on lui a servi un jus d'orange et un thé sucré. Ce n'est pas un régime adapté à sa pathologie, ne décolère pas sa fille Chantal. Avant-hier, elle était très fatiguée, alors que ce n'est pas du tout son genre d'être amorphe. Ce n'est que lundi qu'elle a été transférée en médecine infectieuse. Pourquoi n'a-t-elle pas rejoint plus tôt le bon service ? »
Après avoir réexaminé le dossier de Mauricette, le docteur Isaac Gbadamassi revient sur le déroulement de cette prise en charge : « Vu son âge et son problème de diabète, cette dame de 90 ans a finalement eu de la chance d'obtenir une place dans le service d'hospitalisation de courte durée, alors qu'il n'y avait plus du tout de lits disponibles ailleurs. Elle a été vue et accueillie dans un box. Elle est restée moins d'une heure dans le couloir alors que d'autres y ont passé beaucoup plus de temps. D'autant que ce jour-là, nous avons aussi dû gérer une vingtaine de personnes au déchocage (*). » Le service des urgences estime, que dans ce cas précis, il n'y a pas eu de perte de temps, ni d'aggravation de l'état de santé de la patiente.

 (*) Technique employée par les médecins réanimateurs pour supprimer les effets d'un choc sur un patient en urgence vitale.

à chaud " Pour un accès direct au service adapté "
Le médecin traitant de Mauricette, qui exerce à Blois, n'accuse pas le personnel des urgences de l'hôpital blésois. Il en veut au système. « C'est l'implosion totale avec un désert médical dans le département et des urgences submergées de personnes qui n'ont rien à y faire. A cause de son infection pulmonaire et d'une déstabilisation de son diabète, cette dame de 90 ans méritait d'aller aux urgences. »
Le docteur Chekroun, chef de pôle de médecine, des urgences et de radiologie, au centre hospitalier de Blois, comprend les réactions de familles qui attendent une prise en charge optimale pour l'un de leurs proches : « L'idéal serait que les personnes âgées fragiles ne passent pas par les urgences et qu'elles soient directement admises dans le service adapté. Nous y travaillons. C'est ma priorité. On met le paquet pour que les spécialistes soient en contact avec les médecins généralistes afin de leur apporter une réponse directe. Ça me désole toujours de voir des gens dans les couloirs des urgences. Pour des personnes âgées alertes, l'hospitalisation doit être efficace et la plus courte possible, sinon elles ressortent diminuées et le retour à domicile est plus dur. »

Claire Neilz http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2016/05/11/Urgences-debordees-la-galere-de-Mauricette-2712362

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Re : Urgences débordées : la galère de Mauricette !!
« Réponse #1 le: 16 mai 2016, 12:27:32 »
PRISE EN CHARGE AUX URGENCES
Les ambulanciers apportent une précision !
Dans l'article intitulé « Urgences débordées : la galère de Mauricette » et paru ce mercredi 11 mai, la fille de la nonagénaire hospitalisée regrettait que l'ambulancier soit parti avant l'admission de la personne âgée.

Stéphane Jacquet, délégué départemental du Catsud 41 (association qui, a, entre autres, la défense des intérêts médiatiques de la profession d'ambulancier), précise : « D'après la circulaire du 10 juin 2003 relative aux relations entre établissements de santé, publiques et privés et transporteurs sanitaires privés, il n'appartient pas à l'ambulancier de réaliser l'admission d'un patient. Par ailleurs, d'après la convention nationale signée entre la Cnam et les ambulanciers, aucun ambulancier ne peut être immobilisé pendant plus de quinze minutes. » http://social-sante.gouv.fr/fichiers/bo/2003/03-26/a0261839.htm

Circulaire DHOS/SDO/O 1 n° 2003-277 du 10 juin 2003 relative aux relations entre établissements de santé publics et privés et transporteurs sanitaires privés
Bulletin officiel du ministère chargé de la santé n° 2003/26 p. 599-611

(Abrogation de la circulaire n° 232 du 24 avril 1968 relative au libre choix des malades sortant des hôpitaux en ce qui concerne les ambulances)