Auteur Sujet: Avantages et inconvénients de la légalisation du cannabis !  (Lu 7583 fois)

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Hors ligne Jeano 11

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Les études et les expériences menées aux Etats-Unis le confirment : la dépénalisation du cannabis contribue à soulager les finances publiques. Mais de là à suivre cette piste....
En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/economie/le-cannabis
Lorsqu' on parle du cannabis, tout le monde est divisé. Le débat fait rage sur la dangerosité du produit, sur ses effets bénéfiques ou maléfiques.

L'aspect physique du cannabis  :P
Le cannabis en vente aujourd'hui n'est plus celui à la mode hippie car le pourcentage de substance active, de THC est 5 fois plus élevé qu'il y a 20 ans.
Une feuille en contient normalement 2 à 7% , avec les nouvelles cultures hollandaises "Nederwiet" on monte à 30%.
Un joint d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec ceux d'hier.  euh...
Mais à forte consommation les choses se compliquent car le cannabis perturbe certaines notions comme celle de la distance et du temps, entraîne également la perte de la vigilance et de la concentration  :-X
La question de la prohibition est-elle encore justifiée ou faut-il réviser totalement la politique en la matière ?
Quels seraient les avantages et inconvénients de la dépénalisation ?

Avantages :

Le tarissement d’une économie souterraine. Si l’État se met à contrôler l’achat et la vente de cannabis, alors ce sera la fin d’une économie souterraine liée au trafic.

Moins de travail pour la police et la justice. Les affaires de trafic de stupéfiants, notamment les petites affaires, encombrent depuis des années les commissariats, les gendarmeries, les bureaux des douanes et les tribunaux. l Des rentrées d’argent pour l’État. Deux cent cinquante tonnes de cannabis sont consommées annuellement en France, et selon le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, cela rapporte deux milliards d’euros aux voyous. Selon l’économiste Pierre Kopp, en cas de légalisation, l’État pourrait récupérer un milliard d’euros.

«Décriminalisation» des consommateurs. La grande majorité des consommateurs ne sera plus obligée de se ravitailler auprès de délinquants, et donc de se mettre parfois en danger ou d’enfreindre la loi en faisant pousser son propre cannabis.

Des produits de meilleure qualité. Si la vente est organisée et contrôlée par l’Etat, les produits ne seront pas trafiqués.

Une liberté individuelle. Le droit de consommer du cannabis, comme de l’alcool du tabac, pour le plaisir, peut-être aussi considéré comme une liberté individuelle.

Inconvénients :

Danger pour les jeunes. La consommation de cannabis est d’autant plus dangereuse qu’elle est précoce. Le cannabis affecte le développement du cerveau chez les adolescents, avec de nombreux risques : indolence, isolement, échec scolaire, désocialisation. La légalisation pourrait désinhiber la consommation chez les plus jeunes.

Danger pour personnes fragiles. Même chez les adultes, la consommation de cannabis n’est pas sans risque. Elle peut désocialiser les plus fragiles, et surtout, elle a tendance à déclencher la schizophrénie chez des personnes prédisposées.

Danger sur la route. On peut aussi craindre qu’une légalisation fasse oublier le fait que le cannabis est dangereux pour la conduite automobile : comment adapter la législation ?

Un risque d’addictions multiples. Le cannabis est souvent associé à d’autres addictions, d’autres drogues, ou l’alcool. Par ailleurs, il se consomme généralement avec du tabac, produit dangereux s’il en est. Plus on a d’addictions, plus il est difficile de lutter contre elles.

Le trafic restera pour les drogues dures. La légalisation du cannabis n’ouvre pas la porte pour autant à la légalisation des autres drogues : cocaïne, héroïne, ecstazy, amphétamines, hallucinogènes… Il y aura toujours des trafics et des dealers.

"La dépénalisation n'aura de sens que si elle est accompagnée d'une série de mesures éducatives"  >:D

La Dépêche du Midi.fr

L'addiction vue par un court métrage glaçant : Nicotine ? Alcool ? THC ? Cocaïne ? Héroïne ? Endorphine ? Un court dessin animé qui résume l’addiction à une drogue, quelle qu’elle soit.
À travers cette pépite en or avalée par le sujet, on peut y voir autant la caféine, la cigarette ou n’importe quelle drogue. À nous de remplir les blancs.


Hors ligne Jeano 11

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Re : Avantages et inconvénients de la légalisation du cannabis !
« Réponse #1 le: 16 décembre 2014, 18:51:58 »
Avis aux rouleurs de bedo : fumer du cannabis deviendra peut être légal en France dès le mois prochain ! Enfin presque puisqu’il est question de vapoter du chanvre dont on aura retiré le Tétrahydrocannabinol autrement appelé THC, une molécule à caractère psychotrope.

Derrière cette initiative : une société française dont les fermes sont situées en République Tchèque, Espagne et France et qui commercialisera le Kanavape, une cigarette électronique à base de cannabis. Trois Français ont fait le pari d'investir le marché «thérapeutique» de la cigarette électronique. Selon eux, il n'y a rien d'illégal, car la plante a été vidée de son principe actif «euphorisant».

Le Kanavape procurera les bienfaits du chanvre comme ses propriétés anxyolitiques ou analgésiques, mais n’aura pas l’effet euphorisant du pétard traditionnel. « Un chanvre cultivé avec soin et amour » indique le site du Kanavape. On n’en doute pas surtout si, à la clef, les bénéfices sont au rendez-vous.

Un pétard qui risque de faire du bruit puisque pour se procurer Kanavape, vous n’aurez besoin ni d’ordonnance médicale ni de l’avis d’un médecin. Une fois le THC retiré, le chanvre peut alors être commercialisé en toute légalité.

Kanavape contiendra en revanche 5% de cannabidiol, un composant non psychotique du chanvre sans effet euphorique. Les fondateurs du projet mettent en avant le côté médical du produit, on peut dès lors se poser la question de la motivation première du « e-pétard » : thérapeutique ou commerciale ?

Cependant a ministre de la Santé a affirmé à la mi-journée qu’elle allait saisir la justice pour faire interdire cette e-cigarette. « Je suis opposée à ce qu’un tel produit puisse être commercialisé en France, cela constitue une incitation à la consommation de cannabis », a-t-elle déclaré au micro de RTL.

Mais selon ses créateurs, le KanaVape « n’est pas un produit thérapeutique » et ils rappellent la « dangerosité du cannabis » dans sa version « illégale » (avec du THC). « Notre objectif n’est pas d’inciter à la consommation du cannabis, bien au contraire ».

De quoi se compose le KanaVape ?
D'une molécule canabidiole appelée CBD. La plante de cannabis à une forte teneur en CBD qui agit dans l'organisme comme un anti-douleur et un anxiolytique. Son principe actif a donc un caractère dit thérapeutique. La loi ne prohibe pas son emploi.  ???  ::)
En revanche, le produit ne contient pas de Tétrahydrocannabinol (THC), qui entre également dans la composition du cannabis dans un taux élevé. Cette molécule influe sur l'activité cérébrale et génère des réactions d'ordre psychotropes (paranoïa, béatitude, troubles du comportement...). Toute la subtilité du KanaVape repose sur cet aspect. Il n'y a aucun effet euphorisant.

Le docteur Laurent Karila considère l'usage du cannabis «comme une maladie de l'adolescent et du jeune adulte» et s'interroge sur «l'intérêt de sortir un produit de ce type» qui sera vu par le grand public comme un «joint électronique» qui risque de «ternir l'image» de la cigarette électronique comme nouvel outil pour arrêter ou diminuer la consommation du tabac.



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Re : Avantages et inconvénients de la légalisation du cannabis !
« Réponse #2 le: 17 décembre 2014, 13:57:07 »
Pourquoi ne pourrait-on pas envisager un usage réglementé du cannabis, comme c'est le cas pour l'alcool et le tabac ?
Y-a-t-il une différence de nature ou de degré entre le cannabis et l'alcool et le tabac qui peuvent aussi être considérées comme des substances addictives ?

Le tabac, bien qu'il cause une dépendance, n'entrave pas les fonctions cérébrales.
On peut en dire autant de l'alcool s'il est consommé avec modération.
Il n'existe pas de consommation sans risques des drogues illicites, pas même du cannabis.
Le cannabis perturbe les fonctions cérébrales, réduit le jugement, la concentration et la mémoire à court terme ainsi que la capacité d'accomplir des tâches routinières. De plus, la fumée du cannabis attaque les poumons, plus que celle du tabac.

De plus, pensez-vous que l'alcool soit le modèle que nous devrions utiliser pour le cannabis  ? Environ 45000 personnes meurent chaque année des conséquences de l'alcool en France.  :'(
Quant au tabac, est-ce que sa vente libre le rend moins dangereux pour les fumeurs ?
Le tabac tue environ 60000 personnes par an en France.  :-[

Voulons-nous vraiment faire les mêmes erreurs avec le cannabis que celles que nous avons faites avec l'alcool et le tabac ?
Notre but ne doit-il pas être de réduire l'usage et les dommages conséquents associés à toutes les drogues.
L'Etat ne pourrait-il pas au contraire remplir ses caisses en taxant la consommation de cannabis légale comme il le fait pour l'alcool et le tabac ?
Comment fera t-il pour que cela soit différent de ce qui se passe maintenant avec l'alcool et le tabac. Les taxes générées par l'alcool et le tabac sont loin de couvrir les dépenses de santé et moins encore le coût humain.
Dans le monde entier, le commerce de la drogue se trouve entre les mains du crime organisé. Il fait de gros bénéfices lorsqu'il écoule beaucoup de marchandises. A chaque levée de prohibition des stupéfiants, il y a davantage de personnes qui prennent de la drogue et ceux qui sont déjà toxicomanes en consomment de plus grandes quantités.

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Re : Avantages et inconvénients de la légalisation du cannabis !
« Réponse #3 le: 06 janvier 2018, 11:10:22 »
Qu’entendons-nous par drogues ?

Le mot “drogue” désigne toute substance, naturelle ou synthétique, qui a un effet modificateur sur l’état de conscience et/ou l’activité mentale.

Le cannabis, la cocaïne, l’XTC, mais aussi l’alcool, le tabac, certains médicaments (antidépresseurs, tranquillisants, etc.), etc., correspondent à cette définition.

Il n’y existe donc pas une drogue (“la drogue” dont on parle tant), mais des drogues, tant licites qu’illicites. C’est pourquoi, dans la suite de ce document, le pluriel sera utilisé comme terme générique et englobera tant les drogues illicites, que l’alcool, le tabac, les médicaments psychoactifs, etc.
Les usages de drogues : une réalité complexe

La manière dont on parle des drogues n’est pas anodine. Que ce soit dans les médias ou dans le discours ambiant, on entend souvent que les drogues sont un fléau, qu’elles contaminent les jeunes, etc. L’information privilégie la plupart du temps le sensationnalisme à un abord plus nuancé du phénomène.

Ainsi, ce discours met le produit au centre de la réflexion :

Les drogues sont la cause de tout : c’est parce qu’il y a des drogues, qu’il y a des drogués. Avec cette logique, on risque de se lancer dans une course vaine pour tenter d’éradiquer les drogues. Vaine, car les drogues ont toujours existé, à travers tous les âges et toutes les civilisations.

Les drogues sont toutes-puissantes : ce sont les propriétés intrinsèques du produit qui pousse à la consommation, encore et encore.
Ceci revient à nier la possibilité d’action des consommateurs et l’influence d’autres facteurs.

En effet, ce discours ne prend pas suffisamment en compte la complexité des usages de drogues. Ce phénomène ne peut être compris sans s’intéresser en premier lieu aux personnes qui consomment et aux contextes individuels et sociaux dans lesquels ces consommations prennent place.
Drogues et usages de drogues

Si on met l’individu au centre de la réflexion, il est également plus significatif de parler d’usages de drogues plutôt que de drogues. En effet, ce qui peut faire problème ou non ne sont pas les drogues en elles-mêmes, mais la manière dont on en use.

L’usage, c’est la rencontre entre un produit (une drogue, avec ses propriétés pharmacologiques et son inscription culturelle), mais surtout une personne qui en use (avec son histoire, ses valeurs, etc.) et un contexte (société, culture, lieu, moment, etc.).

Chaque usage est donc particulier et sa compréhension demande à ce qu’on prenne en compte ces trois éléments (personne, contexte et produit).

Ainsi, de la même manière qu’avec l’alcool, on peut consommer une drogue de façon récréative qui n’entraînera pas de dépendance pour l’usager. Il y existe donc une pluralité d’usages : usage occasionnel, récréatif, modéré, problématique (lors de la conduite de véhicule, pendant le temps professionnel ou scolaire, etc.) ou dépendant.
Dangerosité

La dangerosité des drogues recouvre tant des aspects sanitaires, que relationnels et affectifs, sociaux et judiciaires. Elle varie fortement en fonction du produit, mais surtout des quantités et de la régularité de consommation (ce n’est pas la même chose de consommer un verre d’alcool par semaine ou plusieurs verres chaque jour).

Aux propriétés pharmacologiques des produits s’ajoutent les conséquences néfastes liées aux modes de consommation (injection intraveineuse, sniff, etc.), à la détérioration du style de vie (alimentation, hygiène, …), etc.

De plus, les produits fabriqués clandestinement ne font pas l’objet de contrôle. Ceci implique que d’une part, leur qualité et leur dosage sont inconnus pour le consommateur et, d’autre part, qu’ils sont très souvent coupés avec d’autres substances pouvant elles aussi être dommageables pour la santé.

L’illégalité des produits peut entraîner des poursuites judiciaires qui peuvent avoir un impact important sur la vie sociale et professionnelle. Elle amène aussi parfois à des actes délinquants (prix très élevés qui conduisent certains usagers dépendants à commettre des délits pour assurer leur consommation) et génère une criminalité du fait des trafics internationaux.

En cas d’usage problématique ou dépendant, les relations affectives et sociales peuvent également se détériorer.

On voit ici que l’idée habituellement répandue que les drogues illicites sont plus dangereuses que celles licites n’est pas fondée. Le statut légal des drogues dépend davantage de considérations culturelles et économiques.
L’escalade

Une idée qui a la vie dure est celle de l’escalade, soit le fait qu’un usage régulier d’un produit dit doux amènerait la recherche de sensations “plus fortes” et donc le recours à des produits plus durs. Cette hypothèse ne se vérifie ni dans la réalité, ni dans les expériences scientifiques réalisées. La grande majorité des usagers de cannabis par exemple n’expérimentent jamais l’héroïne et ne deviennent pas héroïnomanes.

Source https://infordrogues.be/a-propos/nos-positions/definition/