Auteur Sujet: Comment peut-on survivre en hypothermie extrême ?  (Lu 2253 fois)

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Comment peut-on survivre en hypothermie extrême ?
« le: 19 juillet 2015, 08:26:37 »
Un garçonnet de 2 ans a survécu à une hypothermie record en Pologne. Clémence Miska, médecin qui secourt les skieurs et alpinistes sur le massif du Mont-Blanc, explique que le métabolisme des enfants protège davantage le cerveau que celui des adultes.

La température de son corps avait chuté à 12°C. Le petit garçon de 2 ans retrouvé lundi 1er décembre en Pologne, inconscient au bord d'une rivière, avait passé la nuit dehors après être sorti de sa maison à l'insu de sa grand-mère. Cette nuit-là, la température dans la région de Cracovie avoisinait les -3°C, et l'enfant n'était vêtu que d'un simple pyjama.

L'état du garçonnet s'améliore, même si on ignore encore s'il gardera des séquelles. Il s'agirait, jusqu'à présent, du cas le plus sévère d'hypothermie auquel aurait survécu un être humain. Est-ce "un miracle", comme l'estiment les médias polonais ? Nous avons interrogé Clémence Miska, urgentiste aux hôpitaux du pays du Mont-Blanc, qui participe aux secours en montagne.

Comment se fait-il que ce petit garçon ait survécu ?

Clémence Miska : Je suis très étonnée. Je n'ai jamais été confrontée à une situation comparable. Nous secourons régulièrement des personnes tombées à 25 ou 26°C, mais très rarement en dessous. Néanmoins, chaque cas est différent. En état d'hypothermie, tous les organes se mettent à fonctionner au ralenti et cela protège le cerveau. Après un arrêt cardiaque, on arrive à réanimer des personnes sans qu'elles aient aucune séquelle neurologique, ce qui n'est pas le cas lorsque le corps est chaud, sauf si la réanimation a lieu dans les trois minutes.

Dans le cas présent, la victime est très jeune. Les bébés et jeunes enfants se refroidissent et se réchauffent plus vite que les adultes. Cela a aussi pu jouer. On les réanime plus facilement parce que leur métabolisme protège davantage leur cerveau.

Quelles sont les étapes du passage en hypothermie ?

La température du corps peut chuter très rapidement. Mais cela dépend du milieu : dans l'eau, ce sera plus rapide qu'à l'air libre. Si la personne est traumatisée, par exemple si elle s'est fracturé l'avant-bras ou qu'elle a subi un traumatisme crânien, la température du corps va également descendre beaucoup plus vite.

On considère qu'en dessous de 35°C, la personne entre en hypothermie. Entre 35 et 32°C, le corps frissonne pour se réchauffer. Si la température interne continue de baisser, les tremblements s'arrêtent et la personne entre en léthargie. Lorsqu'on secourt quelqu'un en haute montagne, cela permet de nous donner une idée de l'état dans lequel se trouve la victime. Le cœur ralentit doucement jusqu'à 30 pulsations à la minute, la respiration aussi. La personne a des troubles de la conscience. En dessous de 28°C, elle peut passer en arythmie, lorsque les battements du cœur sont irréguliers. A tout moment, elle peut faire un arrêt cardiaque.

Comment un patient en hypothermie est-il ramené dans des conditions normales ?

S'il est inconscient, on utilise des systèmes de circulation extracorporelle. C'est-à-dire que l'on fait passer le sang hors du corps dans une machine qui va le réchauffer. S'il est conscient, on va utiliser des perfusions, des couvertures et des poches chauffantes que l'on place sur la carotide ou le thorax.

Il faut réchauffer la personne très lentement, en commençant par le noyau central. Pour se protéger, le corps a concentré le sang dans les zones indispensables à la vie : le cerveau, le cœur, les reins. Si on met la personne au coin du feu, elle peut faire de la vasodilatation et se refroidir à nouveau alors qu'on est en train de la réchauffer, car le sang circule à nouveau dans les zones froides du corps et se refroidit. En fait, il faut aller très lentement : la température du corps doit gagner un degré par heure.

Source FranceTVinfo : Jéromine Santo-Gammaire


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Re : Comment peut-on survivre en hypothermie extrême ?
« Réponse #1 le: 22 janvier 2016, 11:45:27 »
L’hypothermie est caractérisée par une baisse de la température corporelle en dessous de 35 degrés, elle se caractérise par une altération des facultés mentales et physiques.  :(
Il convient alors d’agir vite et avec discernement.
L’hypothermie apparaît lorsque la température corporelle est inférieure ou égale à 35°C – la température normale d’un corps étant de 37°C.
Elle n’atteint pas seulement les alpinistes ou les personnes exposées à des froids très intenses : elle peut toucher tout un chacun et notamment les sujets fragiles tels que les personnes âgées, les nourrissons, les jeunes enfants ou les personnes très amaigries.
Porter des vêtements humides ou inadéquats par grand froid peut par exemple constituer un risque d’hypothermie pour un sujet fragilisé.

Il existe trois niveaux d’hypothermie :
- Hypothermie légère (> 34 °C)
La victime est consciente, frissonne, présente un épiderme froid avec une horripilation (chair de poule). La pression artérielle est élevée et la fréquence cardiaque rapide.
- Hypothermie modérée (28 °C à 34 °C)
La peau est glacée, livide, sèche, parfois cyanosée. La présence de gelures des extrémités est possible. Les frissons disparaissent en dessous de 32 °C pour céder la place à de fines trémulations diffuses. Les troubles de vigilance s’observent pour des températures inférieures à 32 °C. Ils peuvent aller de la simple altération au coma. Il existe une hypertonie musculaire et les réflexes d’extensions sont diminués avec une lenteur à la décontraction. Les pupilles n’ont plus de réflexes photomoteurs.
La fréquence ventilatoire et le volume courant sont diminués.
La fréquence cardiaque est ralentie autour de 40 battements par minute à 28-30 °C. La pression artérielle est abaissée.
- Hypothermie sévère (< 28°C)
La victime est comateuse. Pour des températures inférieures à 25 °C, il est en apnée. Le risque de fibrillation ventriculaire est majeur. En dessous de 20 °C, le victime peut être en arrêt cardiaque.

L’hypothermie n’apparaît que chez des sujets immobilisés dans un environnement froid. Ainsi la première chose évidente et son retrait du lieux et d'empêcher toute déperdition de température supplémentaire.
Hypothermie3 - Cette hypothermie est souvent aggravée par des lésions qui ne sont pas toujours apparentes. Il est souhaitable que la prise en charge de tels blessés soit réalisée par des secouristes avertis et si possible en présence d’un médecin.
Ces niveaux déterminent les mesures à prendre pour traiter l’hypothermie d’où leur importance.
Une personne en hypothermie souffrira d’une perte progressive de l’acuité mentale et de ses capacités physiques. Chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, le risque d’hypothermie est encore plus élevé car leur jugement est altéré par la maladie et ne leur permet pas de se rendre compte de leur mauvaise condition.
Autre risque, les signes et les symptômes se développent lentement.
La personne ressent dans un premier temps de simples frissons et un peu de fatigue mais rapidement s’ensuivent des difficultés à respirer ainsi qu’une baisse de la tension artérielle pouvant aller jusqu’à une perte de connaissance et des contractions musculaires.
Si vous vous trouvez face à une personne en hypothermie, il est indispensable d’agir rapidement : appelez les secours tél 112 ; réchauffez-la en retirant les vêtements mouillés, en l’enveloppant dans des couvertures (couverture de survie) ; évacuez-la vers un lieu chaud et donnez-lui une boisson tiède et sans alcool.
Évitez également les manipulations inutiles et ne l’exposez pas à des sources de chaleur trop importantes pour éviter le choc thermique.