Auteur Sujet: Hémorragie dramatique : Pourquoi pas l’hibernation ?  (Lu 2373 fois)

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Feu vert américain pour un protocole d’hibernation de blessés par balle ou arme blanche en arrêt cardiaque en attendant la chirurgie.
Equipe : Dr Sam Tisherman du Presbyterian Hospital de Pittsburgh (Pennsylvanie).
Protocole : Emergency Preservation and Resuscitation for Cardiac Arrest from Trauma (EPR-CAT)

Le blessé en arrêt sera refroidit en 15 mn à 10°C par une perfusion (dans l’aorte) de soluté saline qui remplacera le sang pendant une durée maximale de 2 heures.
Après sutures des plaies vasculaires, le blessé sera lentement réchauffé par transfusion sanguine puis le cœur réanimé.
Le public de l’état sera informé sur un site internet et si besoin le futur agressé pourra à l’avance manifester son refus.
Cette équipe reçoit au moins un blessé par balle en arrêt par mois !

Comprendre
Toutes les cellules du corps humain ont besoin d’oxygène pour fonctionner.
Ce métabolisme cellulaire (aérobie) se dégrade lorsque la perfusion sanguine des cellules est mauvaise. (Hémorragie = manque de globules rouges ou hématies, transporteur de l’oxygène)
Le métabolisme se dégrade (anaérobie) libérant des substances toxiques acides néfastes en période de stress (adrénaline). (Le sang devient acide=excès d’acide lactique).
Puis plus ou moins vite selon le type de cellules, l’organe souffre puis se détruit peu à peu laissant en cas de succès de la réanimation des séquelles parfois irréversibles.
C’est le cas des cellules du cerveau, du cœur et un peu plus tard du foie, du tube digestif, des reins.
Les cellules les plus résistantes étant celles de la peau qui ont besoin de très peu d’oxygène pour survivre.
En hypothermie, les cellules consomment moins d’oxygène donc résistent plus longtemps.
Depuis les années 70, on utilise ce constat en chirurgie cardiaque à cœur ouvert pour prolonger la durée de l’arrêt cardiaque per-opératoire.
Les urgentistes s’intéressent depuis plusieurs années à une version modérée d’hibernation (32-34°C) par refroidissement externe et perfusions froides en cours de réanimation cardiaque.
Cette fois on va beaucoup plus loin (10°C). Les essais cliniques sur le cochon à 32°C n’ont pas été concluants.

http://www.formationambulancier.fr/01-cours/m0/0102-physio-cellule.html

http://www.formationambulancier.fr/01-cours/m1/0012-detresse-circulation.html

http://formationambulancier.fr/blog/les-morts-naiment-pas-le-chaud/

http://biomedicales.blogs.sciencesetavenir.fr/tag/hypothermie

http://www.slate.fr/life/87803/saigner-malade-temperature



Hors ligne Jeano 11

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Re : Hémorragie dramatique : Pourquoi pas l’hibernation ?
« Réponse #1 le: 01 juin 2014, 18:22:53 »
Question : ce protocole sera appliqué par le secouriste "ambulancier" ou seulement par un médecin se rendant sur place ?

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Re : Hémorragie dramatique : Pourquoi pas l’hibernation ?
« Réponse #2 le: 01 juin 2014, 23:26:18 »
Je ne sais pas, il faudrait lire le protocole.
Mais c'est évident que ca ne sera pas le secouriste voire le paramedic , vue la complexité du protocole et je pense qu'il sera appliqué à l'hôpital

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Re : Hémorragie dramatique : Pourquoi pas l’hibernation ?
« Réponse #3 le: 23 juin 2014, 09:50:44 »
Suite :

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/06/20/22503-tuer-patient-pour-mieux-soigner


Les urgentistes américains veulent mettre des victimes d'hémorragie massive en état de mort clinique, en les refroidissant à 10°C. Pour mieux protéger leur cerveau le temps de s'occuper de leurs blessures.

Gravement blessé au thorax, un homme a perdu la moitié de son sang. Aux urgences, son cœur cesse de battre et les médecins échouent à le réanimer. La décision est prise: il sera le tout premier patient dont la vie sera suspendue. Une canule introduite dans son aorte permet d'y injecter un liquide physiologique très froid. En 15 minutes, sa température chute à 10°C. Son cœur ne bat pas et il n'a plus d'activité cérébrale. Il est en état de mort clinique. Les médecins ont alors deux heures pour soigner ses blessures avant de le réchauffer, rétablir sa circulation sanguine et relancer son cœur.

Ce scénario n'est peut-être plus de science-fiction à l'hôpital presbytérien de Pittsburg (Pennsylvanie). «Nous sommes prêts et nous attendons le bon patient», expliquait récemment au Figaro le Dr Samuel Tisherman, qui dirige l'essai. «Nous ne pouvons pas parler des patients avant d'avoir terminé notre étude», dit-il désormais…