Auteur Sujet: Vacances : ce que coûte l'intervention des secours en été ??  (Lu 1979 fois)

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Hors ligne Jeano 11

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Combien coûte une intervention héliportée en montagne ?
Quel est le budget maître-nageur sauveteur pour une commune ?
La sécurité de chacun à un coût et la multiplication des loisirs va de pair avec une augmentation des prises de risque... et de l'incivilité des "trompe la mort"  8)

Depuis le début de juillet, une centaine de personnes sont mortes par noyade. En montagne aussi de nombreuses interventions ont déjà été nécessaires, comme en hier, alors que deux alpinistes ont disparu dans le massif du Mont-Blanc.

La diversification et l’augmentation des activités de loisirs en montagne ainsi que sur le littoral font de l’été la période de tous les dangers. Préparés et entraînés, les services publics de secours à la personne sont sur le pont et multiplient leurs interventions. Mais ces opérations ne sont pas anodines et «coûtent cher» à l’État et donc au contribuables.  :-\
Afin d’optimiser les investissements et les budgets de fonctionnement des secours, la Cour des Comptes avait publié, en novembre 2012, un rapport préconisant «une remise en cause sur le bon usage des deniers publics, la recherche de l’efficience et celle de la cohérence fonctionnelle».

En période de «sérieux budgétaire» le gouvernement se passerait donc bien de certains vacanciers inconscients et songerait désormais à «prévenir plutôt que guérir». Ainsi, les pouvoirs publics pourraient d’ici peu verbaliser les baigneurs imprudents. C’est le préfet de l’Hérault, Pierre Bousquet de Florian, qui a d’abord focalisé l’attention : dans un courrier adressé aux treize maires du littoral de son département, rendu public vendredi dernier, il les invitait, si nécessaire, à mettre à l’amende les «vacanciers en situation d’infraction pour non-respect des règles de sécurité lorsque le drapeau rouge est hissé».

Pour d’autres, comme le syndicat policier Alliance, les accidents ne sont pas seulement provoqués par l’inattention des baigneurs et la centrale pointe du doigt le manque de policiers sauveteurs sur les plages, bien que la Cour des comptes, dans le même rapport de 2012 ait jugé ce dispositif «irrégulier et inéquitable», leur répartition ne répondant pas «à des critères objectifs». Et le syndicat de citer les chiffres : le nombre de maîtres nageurs sauveteurs issus des CRS en poste durant trois mois serait passé de 720 en 2002 à 471 aujourd’hui.

Hier, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a répondu (lire ci-dessous), mais le malaise demeure : qui doit payer la note ?
Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a balayé les critiques du syndicat policier Alliance à propos de l’insuffisance de policiers sauveteurs sur les plages.

«Alliance a fait un lien pour le moins hasardeux, suggérant que les noyades découlent d’un manque d’effectifs policiers», a dit Manuel Valls, pour qui «une polémique sur un sujet aussi dramatique est franchement déplacée».

Le ministère de l’Intérieur avait lancé en fin de semaine dernière un appel «à la plus grande prudence et au sens des responsabilités de chacun», alors que 91 personnes se sont noyées depuis le début du mois de juillet, dont 37 sur le littoral. Manuel Valls, qui a notamment effectué hier à Cannes une visite du dispositif de surveillance des plages, a souligné qu’il avait «maintenu» le nombre de maîtres nageurs sauveteurs (MNS) issus des rangs des CRS au même niveau que les années précédentes, soit 470 policiers. «Ils étaient 722 en 2002», a-t-il affirmé, en confirmant les chiffres cités par Alliance.

«10 000 policiers et gendarmes ont été supprimés lors du précédent quinquennat avec notamment la RGPP (réforme générale des politiques publiques), dont 2.250 CRS», a-t-il déclaré.

Clément Jacquemin, chef du service opération et sauvetage au centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en Méditerranée (CROSS) ne se pose «jamais cette question». Selon lui, les secours sont gratuits car «il s’agit d’une mission de service publique». «On n’a pas une obligation de résultat, mais une obligation de moyens» mis à disposition lors d’une intervention, explique-t-il.

Sur la plage !!

Sur le littoral, il est important de dissocier la surveillance des plages du secours en mer. Au-delà de 300 mètres du rivage, le secours aux personnes, ainsi qu’aux biens est assuré par le CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de sauvetage).

Le service coordonne notamment les secouristes bénévoles de la Société nationale de secours en mer (SNSM) mais peut aussi intervenir si les moyens matériels et humains sur place sont insuffisants.

Avant 300 mètres, la surveillance des plages incombe aux communes. Cette surveillance nécessite un budget conséquent, surtout pour les petites municipalités, puisqu’un poste de sauveteur s’élève à un coût moyen de près de 29 000 euros pour l’été. Pour soutenir les municipalités, l’État met à disposition des maîtres-nageurs sauveteurs CRS (Compagnies Républicaines de Sécurité), qui représentaient l’été dernier 14 % de l’effectif total.

Mais depuis plusieurs années, une réduction progressive des postes affectés par la direction centrale des CRS oblige à engager plus de secouristes de la SNSM, cette fois-ci recrutés par les communes.

Pour les maires comme pour cette association, présente toute l’année sur le littoral, cette évolution est coûteuse.
Dépendante à 70% de fonds privés et de la générosité du public, la SNSM finance en effet 40 à 50 % de la formation des nageurs sauveteurs dont le coût global s’élève à 1500 €.

Dans les profondeurs !!

Le secours en spéléologie est principalement le fait du Spéléo Secours Français (SSF). Il est composé de bénévoles civils. Selon Bernard Tourte, le président du SSF : «une opération ne coûte que quelques centaines d’euros». En effet, les 2000 sauveteurs qui composent le SSF sont avant tout des spéléologues expérimentés, capables d’évoluer avec aisance dans ce milieu particulier. Ils ont tous un métier à côté, et ne peuvent pas se consacrer uniquement à cette activité. Leur formation et leur entraînement sont effectués sur leur temps libre et à leur frais.

Pour porter secours, ils sont obligés de quitter leur travail et interviennent avec leur matériel personnel. Durant les opérations ils sont tout de même défrayés de leurs pertes éventuelles de salaire, de matériel et de leurs frais de déplacement.

Les secours en spéléologie ne sont pas les plus onéreux. Les accidents sont rares et rarement graves. La plupart des opérations ne concernent que des petites blessures à l’entrée des sites. Les pompiers peuvent les prendre en charge. Lorsqu’il s’agit d’interventions plus techniques, les sauveteurs du SSF sont mobilisés. Et c’est l’organisation qui se charge de les défrayer.

En haute montagne !!

Le secours en montagne s’exerce dans deux domaines : d’une part, le domaine skiable où l’organisation des secours est assurée sous la responsabilité du maire, qui, le plus souvent, la délègue ensuite au gestionnaire de remontées mécaniques. D’autre part, l’État, constatant l’incapacité matérielle des communes à intervenir sur tous les massifs, s’est substitué à elles en prenant en charge l’organisation des secours sous la responsabilité des préfets de département. Le secours en montagne soulève un enjeu central de coordination, en l’absence d’un service unique chargé de l’intégralité des opérations comme le CROSS sur les littoraux (lire ci-contre). Le secours en montagne est donc assuré à la fois par les compagnies républicaines de sécurité (CRS), la gendarmerie nationale (pelotons de gendarmerie de haute et de moyenne montagne) et les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).
Lorsque l’emploi d’un hélicoptère est nécessaire, c’est le plus souvent un de ceux de la sécurité civile ou de la gendarmerie. Afin d’éviter les mésententes, l’organisation du massif pyrénéen connaît donc une alternance entre les gendarmes et les personnels des CRS et les pompiers.

Cet été, les secours n’ont cessé de susciter débat et polémique.  :merci!: