Auteur Sujet: Enquêteurs sub-aquatique ... Comment éviter qu'un crime ne tombe à l'eau ?  (Lu 37463 fois)

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CNING : Des plongeurs à la pointe de l'immersion.

Structure à vocation interministérielle et internationale, le centre national d’instruction nautique de la gendarmerie forme ses stagiaires à la réalisation de constatations judiciaires aquatiques et subaquatiques, tant en milieu maritime qu’en eaux intérieures ou dans des espaces confinés.

Le Centre national d’instruction nautique de la gendarmerie (CNING), implanté à Antibes depuis 1965, forme principalement ses stagiaires aux techniques de l’enquête judiciaire subaquatique dans le cadre des interventions nautiques, aquatiques et subaquatiques (formations d’enquêteur subaquatique et de technicien en identification subaquatique). Il prépare également les plongeurs d’intervention du GIGN à la plongée à l’air.

Ces formations s’adressent aux officiers et aux sous-officiers de la gendarmerie nationale ainsi qu’aux personnels de la division de la police maritime et aéroportuaire de la sûreté publique et de la force publique (carabiniers du prince et sapeurs-pompiers) de la principauté de Monaco et aux personnels des services de police et de gendarmerie des pays ayant des accords de coopération avec la gendarmerie nationale.

Pour ce qui concerne les candidats gendarmerie, devant être âgés de moins de 35 ans et aptes médicalement, des tests nationaux sont organisés deux fois par an à Antibes. Chaque zone de défense organise également des prétests afin d’optimiser les places disponibles.
Formation par étapes

La formation se déroule en plusieurs étapes. Elle débute tout d’abord par une formation initiale à Saint-Mandrier, au sein de l’école de plongée de la Marine Nationale (ECOPLONG). Les stagiaires, au nombre de 24 par an, suivent la formation de Plongeur de bord (PLB), commune à toutes les armées, avec une fin de stage dédiée à la pratique de plongées axées sur les missions gendarmerie (techniques de recherches, constatations, etc.) « Au terme de ce stage de six semaines, le militaire obtient la qualification d’enquêteur subaquatique, explique le capitaine (CNE) Julien Delobel, commandant en second le CNING.

Un des objectifs est notamment de maîtriser les techniques subaquatiques de prises de vue et des techniques simples en investigations subaquatiques. Ces dernières exigent de nombreux exercices sur le terrain pour apprendre à intervenir en parfaite autonomie sous l’eau, de jour comme de nuit. » Un second stage de six semaines se déroule ensuite à Antibes, permettant à l’enquêteur subaquatique d’obtenir le Diplôme de technicien en identification subaquatique (DTIS).

« Outre une formation plus exigeante au regard des techniques pures de plongée, les stagiaires acquièrent surtout des savoir-faire techniques propres à la recherche et à l’exploitation des traces et indices dans les milieux aqueux, précise le CNE Delobel. C’est le socle de la technicité. »

Théorique et pratique, la formation est évolutive et s’appuie sur l’expertise des scientifiques de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), avec lequel le CNING travaille en étroite collaboration pour ce qui concerne notamment l’exploitation de traces ADN, la balistique, la recherche de traces papillaires, etc. Elle aborde également les différents milieux (eaux intérieures, ouvrages, plongées dans le courant, etc.) auxquels le TIS peut être confronté. Elle permet aussi de maîtriser les pratiques rigoureuses et minutieuses des prélèvements, la remontée des indices à la surface et leur conditionnement en vue d’un traitement différé et sécurisé en laboratoire.
Des compétences au fil de l’eau

Toutes ces techniques évolutives nécessitent une formation continue pour rester au niveau d’exigence requis par les enquêtes. Aussi, chaque année, depuis le 1er janvier 2015, les plongeurs de la gendarmerie retournent à Antibes pour une semaine de recyclage, afin d’obtenir une requalification technique (technique de plongée pour travailler en sécurité), professionnelle (plongées métier et évolutions réglementaires et techniques pour approfondir les connaissances judiciaires), matérielle (sécurité des équipements de protection individuelle) et médicale (suivi des aptitudes).

Quant aux plongeurs du GIGN, s’ils ne participent pas au DTIS, ils suivent en revanche une formation de quatre semaines à Antibes afin d’obtenir leur diplôme de plongeur GIGN (DPGIGN2). La fin de leur cursus plongeur se fera à l’ECOPLONG de Saint-Mandrier, dans le cadre des interventions spécialisées.

Ces différentes formations représentent, pour le CNING, 35 semaines de stage à Antibes et six semaines à Saint-Mandrier, pour un volume d’environ 170 stagiaires issus d’unités de métropole et d’outre mer.
Jamais sur la réserve

Dans ce domaine spécifique de formation, les pistes de prospection sont nombreuses. « Nous proposons chaque année de nouveaux thèmes à aborder lors des stages de requalification, afin de maintenir le haut niveau technique et théorique de nos enquêteurs », raconte le CNE Delobel.

En 2019, le centre a par exemple mis en place une formation dédiée à l’investigation dans les puits, avec la mise en œuvre d’un matériel développé en partenariat avec le Centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la gendarmerie (CNISAG) de Chamonix.

Pour l’année à venir, le CNING axera son action sur l’approche métier des eaux intérieures, qui représentent 95 % des interventions en gendarmerie. Un stage novateur dans ce domaine sera ainsi mis en place, au cours duquel les plongées métier auront une place prépondérante. Il permettra essentiellement aux jeunes enquêteurs subaquatiques de parfaire leurs connaissances et leur approche, avant d’effectuer le stage DTIS, qui intervient plus tard dans la carrière du plongeur.

« Les résultats sont très concluants et ouvrent le champ des possibles dans ce domaine, note le commandant en second du centre. De plus, conformément à l’orientation donnée par le directeur général, l’accent a également été mis sur les nouvelles technologies, avec la visite 3D d’une scène de crime subaquatique ou encore la photogramétrie, une technique permettant de reproduire une scène de crime en recoupant, via les moyens informatiques, des dizaines de photos d’un objet ou d’un corps avec une faible visibilité. »

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/dossiers/les-enjeux-de-la-formation/cning-des-plongeurs-a-la-pointe-de-l-immersion

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"On disparaît sous l'eau, ça ne laisse quasiment aucune trace" : ces plongeurs qui traquent les voitures englouties pour résoudre des cold cases .

Des youtubeurs américains et la gendarmerie nationale poursuivent le même objectif : retrouver les voitures au fond des cours d'eau pour résoudre des disparitions parfois vieilles de plusieurs décennies.

Quatre youtubeurs américains ont retrouvé dans le fleuve de l'Adour, près de Bayonne, deux corps de personnes disparues depuis huit et neuf ans. Membres d'une association spécialisée dans la recherche de personnes disparues dans l'eau, ils parcourent le monde entier pour résoudre des affaires non élucidées. Ils en comptent 42 à leur actif. Ils sont venus en France, dans la petite commune d'Urt. En lien avec des familles de disparus au Pays basque, ils mènent, en ce mois de juillet, des recherches dans les cours d'eau avec un puissant sonar, pour retrouver des épaves de véhicules et surtout, leurs occupants.

Les quatre youtubeurs découvrent, dans l'Adour, mardi 21 juillet, la Mégane immergée de David Stévenin, 30 ans, mystérieusement disparu en septembre 2018. Son corps doit encore être formellement identifié, mais il y a peu de doutes. Le lendemain, à quelques centaines de mètres de là, toujours dans l'Adour, ces plongeurs retrouvent cette fois les ossements et le véhicule de Joëlle Pouy,(Nouvelle fenêtre) une femme de 68 ans recherchée depuis neuf ans par ses proches.

 DI GIACOMO / FRANCEINFO)

Quatre youtubeurs américains ont retrouvé dans le fleuve de l'Adour, près de Bayonne, deux corps de personnes disparues depuis huit et neuf ans. Membres d'une association spécialisée dans la recherche de personnes disparues dans l'eau, ils parcourent le monde entier pour résoudre des affaires non élucidées. Ils en comptent 42 à leur actif. Ils sont venus en France, dans la petite commune d'Urt. En lien avec des familles de disparus au Pays basque, ils mènent, en ce mois de juillet, des recherches dans les cours d'eau avec un puissant sonar, pour retrouver des épaves de véhicules et surtout, leurs occupants.
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    "Notre famille leur sera éternellement reconnaissante, parce que sans eux, on aurait fini notre vie sans savoir ce qui était arrivé à ma mère"
    Sébastien, fils de Joëlle Pouy - Ici Pays Basque

"Je ne pensais jamais revoir de mes propres yeux cette voiture, témoigne Sébastien, le fils de Joelle Pouy, au micro d'ICI Pays basque. Sa mère avait disparu, sans laisser de trace, au volant de sa voiture. On apercevait en plus un corps qui était toujours au volant. C'est un grand soulagement de connaître enfin la vérité après neuf ans à se demander tous les jours si elle était partie ailleurs, si elle avait été séquestrée ou s'il lui est arrivé du mal."

L'adjudant-chef Yohan Gérard est, de son côté, à l'origine d'un grand programme pour cartographier toutes les épaves de voitures dans nos cours d'eau : le programme "LETHE". Lancé il y a tout juste un an, le nom de ce projet signifie : Localisation des épaves, traitement hydrographique et enquête. C'est aussi un clin d'œil au fleuve Léthé, le fleuve de l'oubli, dans la mythologie grecque.

L'idée lui est venue après une découverte marquante, il y a trois ans, dans une petite rivière de Bourgogne. Une vieille Citroën Dyane est remontée à la surface. À l'intérieur, le corps d'un homme dont la famille était sans nouvelles depuis 1984. "On trouve des restes humains, et on se rend compte qu'ils sont là depuis 40 ans, explique-t-il. Ça a vraiment été le déclencheur pour se dire : combien de personnes sont encore comme ça."

Cartographier les milliers d'épaves de voitures qui gisent au fond de nos cours d'eau représente un travail titanesque alors que les plongeurs de la gendarmerie ont beaucoup d'autres missions à réaliser. Néanmoins, déjà plus de 3 000 voitures ont été localisées et quatre corps ont été découverts, des enquêtes sont d'ailleurs en cours.

Lors d'une plongée à Conflans-Sainte-Honorine pour une recherche sur la Seine, l'adjudant-chef Yohan Gérard explique le procédé : "On va mettre en place la sonde, on va avoir un visuel sur l'écran qui va nous permettre de scanner le fond, c'est de trouver des échos sonar de voitures. Le dispositif fonctionne comme un éclairage, il faut s'imaginer une lampe torche qui éclaire un sujet. La forme que l'on voit sur l'écran, c'est une voiture. On est passé juste au-dessus."

Une fois le véhicule repéré, l'adjudant-chef Yohan Gérard s'équipe avec un autre gendarme pour une plongée de reconnaissance, muni d'une caméra à 360 degrés. "Seule la vitre côté conducteur est ouverte", souligne-t-il en faisant le bilan de la plongée. Il faudra donc revenir, pour inspecter l'intérieur du véhicule. "On sait maintenant qu'il y a une voiture ici, on sait qu'elle est sur ses roues. On va pouvoir maintenant monter opération pour enlever la vase de la voiture." Une fois l'opération effectuée, la voiture sera blanchie, ce qui signifie qu'il n'y a pas de corps à l'intérieur.
Le pôle "cold cases"

En majorité, ces véhicules immergés n'abritent aucun cadavre. Des individus s'en sont débarrassés "pour de l'escroquerie à l'assurance, ou après un vol. Ce sont aussi des voitures qui ont servi à commettre des faits plus ou moins graves comme des cambriolages ou un braquage", révèle le gendarme. "Mais parfois ce sont aussi des gens qui se suicident en se jetant dans l'eau avec leur voiture. Cela peut aussi être une affaire criminelle où l'on se débarrasse de la victime avec la voiture. Le but, c'est aussi de résoudre des disparitions."

C'est justement dans cette optique que le pôle "cold cases" de Nanterre travaille avec la gendarmerie. L'objectif, selon la procureure adjointe Marie-Céline Lawrysz reste de résoudre des dossiers comme celui de la famille Méchinaud, disparue en Charente il y a 54 ans. "Toute une famille s'est évaporée dans la nuit du 5 décembre 1972 avec un véhicule, une Simca 1100 couleur grenat. C'est ce véhicule qui est recherché actuellement, avec la possibilité de retrouver les quatre corps. Cette cartographie, elle est essentielle pour pouvoir répondre à une disparition non résolue."

Source https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-choix-franceinfo/on-disparait-sous-l-eau-ca-ne-laisse-quasiment-aucune-trace-ces-plongeurs-qui-traquent-les-voitures-englouties-pour-resoudre-des-cold-cases_8092010.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=best-of&at_offre=3&at_variant=V3&at_send_date=20260725&at_recipient_id=726375-1612451705-33c95b4c&at_adid=DM1345913