Auteur Sujet: Escadron de Gendarmerie Mobile  (Lu 2073 fois)

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Escadron de Gendarmerie Mobile
« le: 23 septembre 2020, 13:39:39 »
1921, naissance de la gendarmerie mobile ; 1930, Instruction confidentielle sur le maintien de l’ordre.  En 1930, le texte souligne que « la garde républicaine mobile est une force spécialement destinée à assurer le maintien de l’ordre sur tout le territoire. Elle fait partie des réserves générales en tout temps à la disposition unique du ministre de la Guerre. »  Il existe une interaction entre cette première description de ce que doivent être le maintien de l’ordre et la formation militaire qui en est alors prioritairement chargée depuis quelques années.

La gendarmerie mobile est une force militaire spécialisée au maintien de l'ordre public. Elle peut être engagée sur tout le spectre des crises. Réserve générale à la disposition du gouvernement, elle assure par ailleurs des missions de défense militaire et s'engage aux côtés des unités territoriales. Elle est ainsi capable d’être projetée sur l’ensemble du territoire, en métropole et en outre-mer, ainsi qu'à l'étranger, et plus particulièrement les théâtres d'opérations extérieures.

L'EGM, unité élémentaire de la gendarmerie mobile en termes d'emploi et d'entraînement, comprend un effectif de 110 personnels, soit 4 officiers, 104 sous-officiers et 2 militaires du rang.

Il est articulé en cinq pelotons :
- un peloton hors rang destiné au soutien,
- trois pelotons de marche
- un peloton d'intervention. Ce dernier permet à l'escadron de faire face aux situations les plus critiques. Il est particulièrement entraîné, lors d'opérations de maintien de l'ordre ou de police judiciaire, à l'interpellation d'individus violents ou dangereux.
Certains escadrons disposent également de compétences spécifiques :
    Les escadrons "montagne" sont chargés de renforcer les unités des zones montagneuses, les militaires disposant de formations adaptées à cet environnement particulier.
    Les escadrons "véhicules blindés à roue de la gendarmerie (VBRG)" du GBGM chargés de mettre en oeuvre la composante blindée de la gendarmerie nationale.
    les escadrons "escortes nucléaires" chargés d'assurer la sécurité des transports nucléaires civils et militaires.

Les Escadrons de Gendarmerie Mobiles, EGM, ont été créés en 1921 et dépendent de la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale, DGGN. Ils sont présents sur l’ensemble du territoire français (métropolitain et outre-mer) ou en opérations extérieures en tant qu’unités de sécurités mobiles (terme désignant indifféremment une CRS de la Police nationale ou un EGM de la Gendarmerie nationale).

Les EGM sont des éléments militaires rattachés au Ministère de l’intérieur depuis 2009. Leur champs d’opérations, plus vaste que celui des CRS, va du maintien de l’ordre aux insurrections armées, évacuations de ZAD, escortes de produits nucléaires etc . Ils disposent aussi d’hélicoptères et de blindés. Ils ont entre autre été déployés en Afghanistan entre 2001 et 2014.

Ils sont facilement identifiables par leurs casques bleus roi et l’étiquette “gendarmerie” dans le dos.

En 2018, les EGM sont composés environ de 12800 hommes et femmes (les femmes sont en GM depuis 2016) pour 109 escadrons d’environ 110 gendarmes. Tous les escadrons sont basés en France métropolitaine et partent en mission de 3 mois en outre-mer régulièrement et à tour de rôle.

Les escadrons sont généralement composés de 5 pelotons.
    1 peloton de commandement (administration et logistique)
    3 pelotons de marche
    1 peloton de marche d’intervention, PI

Le peloton d’intervention, PI, assure les mêmes tâches que les autres groupes mais effectue aussi des missions spécialisées. En maintien de l’ordre les PI sont entre autre capables de réaliser des interpellations ciblées et de pénétrer dans des lieux barricadés.

L’équipement des EGM est très complet aux vues des leurs différentes missions.
Il va du kit complet d’armement de maintien de l’ordre au fusil d’assaut et en passant par des équipements pour les risques NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques).
Le parc de véhicules est lui aussi très complet avec des hélicoptères, des blindés et des drones.

PS : A l’occasion des 50 ans du centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier,  célébrés ce vendredi 15 mars,  le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui était accompagné de Laurent Nuñez, secrétaire d’État du général d’armée Richard Lizurey, et du général Stéphane Bras, commandant le CNEFG, a annoncé l’établissement d’un nouveau schéma national de maintien de l’ordre. “Il devra répondre aux nouvelles formes de violences, porter des changements profonds dans la communication autour des manifestations, faire évoluer nos tactiques et nos modes d’action. Il s’appuiera aussi sur l’innovation et les progrès technologiques dont nous disposons” a notamment déclaré le ministre.

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/notre-institution/nos-composantes/sur-le-terrain/la-gendarmerie-mobile/les-escadrons-les-groupements-et-les-groupements-blinde-de-gendarmerie-mobile

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Re : Escadron de Gendarmerie Mobile
« Réponse #1 le: 23 septembre 2020, 13:45:16 »
La mobile, bras armé de la gendarmerie !
“Réserve nationale” à la disposition du gouvernement, la gendarmerie mobile est formée et équipée pour faire face à tous types de troubles à l’ordre public survenant sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin, ainsi parfois qu’à l’étranger. Fortement recentrée sur son cœur de métier au regard de l’actualité de ces derniers mois, elle assure toutefois, dès que son emploi le lui permet, des missions d’appui aux unités territoriales, notamment en matière de lutte contre la délinquance et l’insécurité.

« Gilets jaunes », référendum en Nouvelle-Calédonie, itinérance mémorielle, encadrement des visites officielles du président de la République, et avant cela, les ZAD de Notre-Dames-des-Landes, Kolbsheim, Bure, ou encore le passage de l’ouragan Irma dans les Antilles…Depuis de nombreux mois, la Gendarmerie mobile (G.M.) est sous les feux de la rampe et démontre, engagement après engagement, son aptitude à remplir sa mission première de Maintien de l’ordre (M.O.) public, pouvant aller parfois jusqu’au Rétablissement de l’ordre (R.O.) dans des situations dégradées. Depuis le 17 novembre dernier, le mouvement des « gilets jaunes » oblige ainsi à déployer les unités de G.M. chaque week-end, parfois à hauteur de 106 escadrons sur les 109 existants. Le rythme d’emploi de la G.M. est tel, que depuis le 1er janvier 2018, le renfort qu’elle apporte régulièrement à la gendarmerie départementale est devenu épisodique, à l’exception de l’outre-mer, où il constitue sa mission principale.
Une présence permanente outre-mer

Les départements et collectivités d’outre-mer bénéficient en permanence de la présence de 21 unités de gendarmerie mobile. Lorsqu’ils ne sont pas engagés en M.O. ou R.O., les gendarmes mobiles déplacés renforcent leurs camarades de la gendarmerie départementale, soit dans le cadre d’un détachement dans les unités territoriales, soit en armant un Détachement de surveillance et d’intervention (DSI), adoptant alors des modes de fonctionnement similaires à ceux d’un Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG).

Forts de leur capacité à occuper le terrain et de leur réactivité, les DSI offrent au commandement local une importante plus-value opérationnelle. « Sans l’appui des DSI, notre action sur le terrain serait bien moins efficiente. Sur notre Zone de sécurité prioritaire (ZSP), le contrôle du terrain est essentiel. Les G.M. nous permettent d’assurer une couverture horaire convenable, surtout la nuit, souligne le chef d’escadron Alain T....., commandant la compagnie de gendarmerie départementale de Kourou (Guyane Française). Le commandant de compagnie n’a pas la main mise sur le DSI. Il ne lui donne que des orientations, des axes d’effort ou des objectifs, à partir desquels le commandant du DSI organise son service en toute autonomie. »

Un des rouages de la sécurité générale

Mais sous sa « 4S », le gendarme mobile est avant tout un « touche-à-tout » de la gendarmerie. En tout lieu et en tout temps, il (r)assure et complète, ponctuellement, l’action de la gendarmerie départementale dans ses missions de sécurisation. Cette subdivision éminemment polyvalente peut ainsi être amenée à renforcer la sécurité publique générale, lutter contre les violences urbaines et contre l’immigration irrégulière (LIR), ou encore participer aux plans gouvernementaux, à l’instar de Vigipirate. Elle concourt également aux missions de transfèrement judiciaire, qui relèvent de l’administration pénitentiaire, afin de soulager les gendarmes départementaux de cette charge supplémentaire.

Enfin, la gendarmerie mobile, et plus particulièrement ses pelotons d’intervention, apportent également leur concours aux unités territoriales ou de recherches, lors d’opérations de police judiciaire conduites dans le cadre d’affaires complexes. Leur appui est sollicité dès lors que les techniques et les moyens particuliers d’intervention requis pour l’effraction et/ou les interpellations dépassent le savoir-faire des unités chargées de l’enquête, sans qu’il soit pour autant nécessaire de recourir aux unités d’intervention spécialisée. « Quand elle est employée au profit de la G.D., la G.M. contribue à la sécurité générale en Zone gendarmerie nationale (ZGN). Dans ce cadre d’emploi, elle met en œuvre des modes d’action qui lui sont propres, mais qui sont parfaitement complémentaires de ceux adoptés par les unités territoriales. Elle participe ainsi à trois missions essentielles : la police de sécurité du quotidien, la prévention de la délinquance et le contrôle des flux, et enfin, la détection et l’intervention face à la menace terroriste », souligne le lieutenant-colonel (LCL) Jean-Philippe D....., adjoint au chef du Bureau de l’ordre public (BOP).

En DSI ou en postes provisoires

Lors de ces différents détachements, les Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) peuvent adopter différentes configurations, employant un volume variable de militaires. Dans la mesure du possible, l’engagement de la G.M. au profit de la G.D. prend la forme de DSI, pouvant comprendre jusqu’à seize militaires, soit l’effectif d’un peloton.

Les gendarmes mobiles se retrouvent toutefois régulièrement en plus petit nombre, particulièrement lorsqu’ils sont détachés dans les postes provisoires mis en place durant les périodes de forte affluence touristique : essentiellement sur les zones littorales dans le cadre du Dispositif estival de protection des populations (DEPP) et dans les secteurs montagneux pour ce qui concerne le Dispositif hivernal de protection des populations (DHPP). À ces occasions, ils travaillent côte à côte avec des gendarmes départementaux ou des réservistes opérationnels, eux-mêmes détachés.

« Dès qu’ils sont détachés au profit de la G.D (Gendarmerie Départementale), les officiers et gradés G.M. peuvent être habilités officier de police judiciaire et participer, à leur niveau, à l’exercice de la police judiciaire. Il faut rappeler que les gendarmes mobiles, dès lorsqu’ils n’interviennent pas en unité constituée en maintien de l’ordre et qu’ils sont rattachés à une unité de la G.D., ont la qualité d’agent de police judiciaire sans avoir besoin d’une habilitation particulière du Parquet ».
Renforts à la G.D. a minima depuis plusieurs mois

Le DHPP couvrant la saison 2017-2018 a traditionnellement mobilisé six unités de gendarmerie mobile, tandis que le dispositif estival 2018 en a mobilisé 21,5, soit 50 % des effectifs déployés par la gendarmerie. Mais l’engagement sans relâche de la G.M. au fil des mois a notamment eu pour conséquence d’empêcher l’octroi des repos et des permissions dans des délais convenables, ce qui, de fait, perturbe également ses missions de renfort à la G.D. Bon nombre sont purement annulées depuis plusieurs mois, à l’instar des renforts au profit des Zones de sécurité prioritaires (ZSP) ou des dispositifs de contrôle des flux migratoires, ou fortement revues à la baisse, comme lors du dernier DHPP, où aucun escadron n’a pu être détaché en décembre dernier et seulement trois ont rejoint les stations de ski fin janvier.

« L’été 2019 est dès à présent ponctué de rendez-vous majeurs pour la gendarmerie mobile : 75e anniversaire du débarquement au mois de juin et G7 qui se déroulera à Biarritz fin août. Ces échéances risquent d’avoir des conséquences sur la présence de la G.M. au profit du DEPP », ajoute le LCL Nicolas Schittulli, chef de la section génération de force au BOP.
Détachement à résidence, 5e peloton : une réserve opérationnelle

Les EGM disposent toutefois d’un Détachement à résidence (DARe), et pour 22 d’entre eux d’un 5e peloton, dans lequel le commandant d’unité peut puiser pour renforcer, au besoin, les groupements de gendarmerie départementale voisins. Lors de la dernière commission G.M., le directeur général a toutefois décidé de « dissoudre » les 5e pelotons, afin de répartir de façon plus homogène leurs effectifs dans tous les escadrons.

Seuls les personnels en service, non employés au fonctionnement de l’unité, peuvent ainsi être mis à disposition, à condition que cela ne soit pas au détriment du maintien en condition opérationnelle des effectifs. Cette marge de manœuvre supplémentaire permet d’accorder plus régulièrement, sinon plus facilement, des renforts d’effectifs. C’est par exemple le cas de l’EGM21/5 de Chambéry (73), dont un militaire, l’adjudant Vincent Ruelle, explique : « Nous sommes trois G.M. de Chambéry et une gendarme de la brigade territoriale autonome du Bourg d’Oisans pour armer un poste provisoire au niveau de la petite station de ski de Aurisen-Oisans. Malgré les récents engagements en maintien de l’ordre, grâce à son cinquième peloton, notre unité a pu fournir 70 militaires dans le cadre du DHPP. »

Source https://www.gendinfo.fr/dossiers/au-caeur-de-la-mobile/La-mobile-bras-arme-de-la-gendarmerie

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Re : Escadron de Gendarmerie Mobile
« Réponse #2 le: 28 septembre 2020, 11:31:47 »
Premiers gendarmes féminins en mission Opex de trois mois sur le territoire Irakien, elles livrent leur regard sur ce séjour, d’autant plus particulier que l’épidémie de Covid les aura totalement confinées au sein de l’ambassade. Récit.

Située dans la zone classée rouge de Bagdad, l’ambassade de France en Irak est placée sous la coupe d’un dispositif de sécurité renforcé, confié à un détachement de gendarmerie. Sous la responsabilité de la sécurité-protection du GIGN et composé de militaires du GIGN, de Techniciens d’escorte d’autorité et de sécurisation de site (TEASS) et de Gendarmes mobiles (G.M.), détachés sur place pour une durée de trois mois, celui-ci assure ainsi la protection des diplomates, des divers agents de l’ambassade et des emprises françaises.

Au regard du risque d’attentat prégnant et des tirs fréquents dans les environs proches, la vie sur cette emprise a déjà, en temps normal, des airs de confinement, que la pandémie de Covid-19 est venue accentuer. C’est dans ce contexte particulier qu’un peloton de l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) d’Aurillac a été projeté à Bagdad de fin avril à début août dernier. Particulier aussi, au regard de la présence, pour la première fois sur le sol irakien, de deux gendarmes mobiles féminins : Marine et Roxane.

De leur désignation à leur retour en France, en passant par leur arrivée à l’aéroport de Bagdad, la perception de leur paquetage, leur formation in situ par le GIGN et l’accomplissement de leurs différentes missions, les deux militaires reviennent sur leur expérience au sein de cette ambassade, qu’elles n’auront pas quittée durant tout un trimestre. En effet, levées partiellement pendant un temps, les mesures de confinement ont été reconduites au regard de la forte augmentation du nombre de personnes infectées dans la capitale irakienne.

En janvier 2020, l’EGM 18/5 d’Aurillac est désigné pour effectuer, l’été suivant, un déplacement ultramarin à Saint-Martin et une mission en Opérations extérieures (OPEX) en Irak, pour laquelle le détachement est uniquement composé de volontaires. Les militaires vont donc devoir faire leur choix entre « la plage et l’eau turquoise ou le désert et les kamikazes », résument avec humour Roxane et Marine. Pour elles, la question ne se pose que très brièvement, les deux militaires décidant assez vite de tenter leur chance avec l’OPEX, même s’il n’y a encore jamais eu de personnels militaires féminins projetés au sein de l’ambassade de France à Bagdad.

Quand on les questionne sur leurs motivations, les deux gendarmes sont unanimes : « Nous aimons notre travail et sa diversité, qui nous permet parfois de nous mettre en situation d'inconfort, nous aidant en cela à gagner en expériences enrichissantes. Cette mission y répondait totalement. Et puis servir en Irak n’est pas donné à tout le monde. Beaucoup de gendarmes, même avec une certaine ancienneté, n’ont jamais eu cette chance. Alors quand l'opportunité s'est offerte à nous, jeunes gendarmes, nous nous sommes dit pourquoi ne pas oser ? Pourquoi ne pas tenter ? »

Quelques semaines plus tard, alors qu’elles sont en déplacement dans l’Est de la France avec leur unité, les deux militaires reçoivent un mail les informant qu’elles ont été retenues pour cette OPEX. « Nous sommes toutes deux sorties en même temps de nos chambres. Nous étions bouche bée. Malgré notre acte de volontariat, nous ne pensions pas que la réponse serait positive, notamment au regard de notre arrivée encore récente à l'escadron et, bien sûr, de l’absence de femmes militaires sur place. Nous avons éclaté de joie. » C’est dès lors officiel, « entre le confinement à l’escadron et l’enfermement dans l’ambassade, nous en avions pris pour six mois ferme  », plaisantent Marine et Roxane. À la surprise et à la joie, viennent très vite se mêler d’interminables questions : « Nous allions vers l'inconnu. Notre première OPEX, et pas des moindres : en Irak ! Nous avions hâte d’y être. »

Mais avant le départ, les militaires retenus doivent se préparer tant physiquement que psychologiquement. La semaine de préparation à la projection opérationnelle, prévue du 16 au 20 mars, est malheureusement écourtée à cause de la pandémie de COVID-19. « Nous avons toutefois eu la chance de bénéficier du retour d’expérience d’un major ayant effectué cette mission quelques mois auparavant », note l’une des gendarmes.

Dans leurs bagages, les militaires prévoient tout le nécessaire, notamment en matière d’hygiène, pour toute la durée du séjour, « voire un peu plus, au cas où il y ait un problème et que nous devions rester plus longtemps sur la mission, comme nos camarades de l’unité précédente, qui avaient prolongé un quatrième mois. »

Le départ approche. Le voyage doit s’effectuer par Voie aérienne militaire, VAM dans le jargon, depuis la base aérienne d’Orléans. « Nous avions été prévenues par nos gradés que le voyage serait rustique, mais pour nous, c’était une expérience de plus. »

La veille au soir, l’heure est aux derniers appels aux familles. Après une dernière nuit sur la base, avec vue sur les pistes, « cherchant tant bien que mal le sommeil », vient une longue attente à l’aéroport, pour procéder aux différents contrôles des passeports et visas, avant d’enfin embarquer à bord d’un A4OOM.

La rusticité annoncée se confirme. « Nous étions positionnées le long de la carlingue, sur des sièges en toile, avec une promiscuité entre nous et les palettes de bagages et différents matériels militaires également transportés, raconte Marine, sans cacher la petite appréhension ressentie alors. Devant nous, une palette nous bloquait la vue et nous empêchait de voir nos camarades de l’autre côté de l’avion. Quelques scénarios catastrophes nous ont traversé l’esprit… Mais le technicien de l’armée de l’Air, venu vérifier la sangle, ne semblait pas inquiet. »

La suite du voyage s’effectuera de manière sereine, « malgré les secousses et le mal de l’air. »
Premiers pas sur le sol irakien…
Après un peu plus de cinq heures de vol, l’avion se pose sur le bitume de l’aéroport militaire de Bagdad. « Dès notre arrivée, le dépaysement a été total », confie Roxane.

Après une vérification méticuleuse des passeports et des visas par la sécurité irakienne, les gendarmes mobiles sont immédiatement pris en charge sur le tarmac par les TEASS. Leurs premiers gestes consistent à s’équiper d’un gilet lourd, avant de prendre place dans un véhicule blindé de transport de personnes, baptisé « La Citrouille ». La mission a déjà débuté !

« Sur le trajet vers l’ambassade, nous étions collées aux fenêtres, enfin plutôt aux hublots. Nous avons pu observer cette ambiance très particulière, où régnait l’insécurité, poursuit-elle. Ce furent quasiment les seules vues que nous aurons eu de Bagdad jusqu’à notre retour pour la France, trois mois plus tard. »

Et mise dans le bain immédiate !
Arrivés à l’ambassade, les gendarmes prennent possession de « leurs quartiers ». Roxane et Marine bénéficient d’une chambre spacieuse, avec de multiples rangements, ainsi que de sanitaires qu’elles se partagent. Malgré la fatigue du voyage, l’heure n’est pas au repos. Tous doivent rester concentrés. À peine leurs valises posées en chambre, Marine et Roxane, comme leurs camarades, perçoivent l’équipement qu’elles vont devoir porter, ou tout du moins déplacer pour l’avoir à portée de main, tout au long du séjour. Il est le même pour tous les militaires : Gilet pare-balles (GPB) lourd type OTAN, casque modèle G2 équipé de vision nocturne, FAMAS avec coupleur deux chargeurs et dix chargeurs pleins dans les étuis du GPB, masque à gaz type Maintien de l’ordre (M.O) avec cartouches M.O. et NRBC (Nucléaire Radiologique Biologique Chimique), trousse de secours au combat…

Le soir même, les gendarmes doivent aussi assimiler les premières directives relatives à la sécurité de l’ambassade. « On nous a notamment informés de la conduite à tenir en cas d’activation du plan de défense. Nous devions l’apprendre rapidement, reconnaître les lieux et nous tenir prêtes », relate Marine.

Autant dire que le repos nocturne est le bienvenu pour digérer toutes ces informations et ces émotions. Cette nuit-là, des sentiments d’excitation, de stress et de joie se mêlent à leur sommeil. Mais le lendemain, dès 7 h 30, les deux jeunes femmes sont prêtes et opérationnelles, comme leurs camarades masculins, pour intégrer les premières consignes et renseignements utiles à l’exécution de leur mission au cours des trois mois suivants.

Deux jours très intenses s’ensuivront, au cours desquels il leur faudra en effet assimiler un grand nombre d’informations concernant les différentes missions qui feront leur quotidien.
Formations… sans distinction !
Vient ensuite le temps des diverses instructions dispensées par le GIGN. Les gendarmes du groupe commencent par leur présenter leur équipement et leur armement. Mais il ne s’agit pas d’une simple information. En effet, dans le cadre du plan de défense, en cas de nécessité et si les équipes d’escorte sont en mission extérieure, les G.M. devraient alors déployer ces matériels eux-mêmes. Des séances de self-défense sont également organisées. « Le GIGN nous a permis d’acquérir certaines connaissances de base et des gestes qui peuvent nous être utiles, tant dans la vie personnelle que professionnelle. Ce sont des gestes simples mais efficaces. L’instructeur a dépollué notre esprit des techniques trop complexes que nous aurions pu voir ou entendre précédemment et nous en a appris de vraies, accessibles à presque tout le monde. Mais inutile de préciser que les volontaires plastrons étaient rares…, sourit Marine. Même si nous y avons échappé, nous nous en sommes tout de même sorties avec quelques bleus. » Des ecchymoses dont elles se souviennent d’ailleurs avec une petite fierté, comme le fruit de « l’affrontement G.M. VS GIGN. »

Il leur faut aussi se former au secourisme au combat, lequel diverge quelque peu des formations de secours d’ores et déjà reçues par les G.M. « Dans le contexte irakien, le secours se fait dans l’urgence. Il faut sauver et améliorer au mieux l’état de son camarade en détresse. Tous les gestes de premier secours de notre niveau nous ont ainsi été appris ou rappelés, tout en gardant à l’esprit que nous serions également amenés à aider des personnes plus formées. Nous avons notamment revu la pose de garrot, de pansements compressifs et hémostatiques, la gestion des brûlures… », détaille Roxane.

Après la théorie, les gendarmes passent à la pratique, à l’occasion de mises en situation au plus proche du réel, afin de confirmer les acquis de chacun sur les différents aspects abordés.

Une formation Nedex (neutralisation, enlèvement, destruction des explosifs) est également dispensée aux G.M., afin de leur permettre d’identifier des livraisons ou dépôt de colis suspect, etc. Quelques-uns auront aussi l’occasion d’être formés au LBD 40 (Lanceur de Balles de Défense) par un TEASS moniteur d’intervention professionnelle, présent sur place.

« Au cours de ces formations, toutes liées et entrant dans le champ de nos missions dans l’enceinte de l’ambassade, aucune différence n’a été faite entre nous et nos camarades masculins, tient-elle à souligner. La pédagogie du GIGN et leur accessibilité nous ont véritablement mis en confiance et nous ont permis d’assimiler facilement ces instructions. Par la suite, nous n’avons eu aucun mal à nous tourner vers eux en cas de question ou de doute dans un domaine. »

Sécurisation de l’ambassade : la mission prioritaire des gendarmes mobiles

Si la sécurisation de l’ambassade est l’affaire de tout le détachement gendarmerie présent sur le site, elle constitue néanmoins la mission essentielle et prioritaire du peloton de G.M., chargé de veiller en permanence sur l’enceinte, d’en contrôler les accès, que ce soit pour les visiteurs, les demandeurs de visa, les livraisons ou encore les employés locaux résidant à l’extérieur, mais aussi, par exemple, de surveiller la conduite de travaux sur place…

Des missions que Roxane et Marine ont remplies au même titre que leurs camarades, tant au Poste central de sécurité (PCS), dit la « bulle », et ce de jour comme de nuit, qu’au Poste de garde extérieur (PGE).

« Il nous a rapidement fallu assimiler les noms des diplomates et des agents, ainsi que leurs fonctions au sein du poste diplomatique, mais aussi les spécialités des différents gendarmes du GIGN et des TEASS, note l’une d'elles. Et d’expliquer : « C’était un poste dense, qui nous donnait d’importantes responsabilités, et où il fallait savoir rester réactifs et tout gérer, parfois en même temps. Sans entrer dans le détail, pour des raisons de confidentialité, il s’agissait de gérer les accès piétons et véhicules, de coordonner les escortes, d’imposer des priorités et de faire "varianter" au besoin, de commander les gardes locaux, de communiquer avec les différents postes radios, informatiques et téléphones… Et il valait mieux ne pas se tromper de radios, parmi les cinq postes qui s’offraient à nous, afin de bien contacter les gardes lors des retours d’escortes et non par erreur nos camarades… Surtout si l’on voulait éviter certaines moqueries, toujours bon enfant dans notre groupe, notamment au regard de notre accent anglais. »

Car s’il y a bien une chose que la réalité se charge de leur rappeler, c’est que leur niveau d'anglais ne facilite pas la communication avec les différents gardes, « qui eux-mêmes ne parlent habituellement pas cette langue. » Les G.M. ont en effet la responsabilité et le commandement des gardes extérieurs. « Dans un pays où l'on pourrait s'attendre à une certaine susceptibilité des hommes envers leurs chefs féminins, nous n’avons eu aucun problème à nous imposer auprès d’eux et avons été très bien acceptées », reconnaissent les deux gendarmes, qui soulignent également le relationnel « simple et agréable » avec les agents de droit local. « En Irak, les femmes mariées ne doivent adresser la parole à aucun autre homme, sauf si leur mari les autorise à le faire. Nous aurions ainsi pu nous attendre à des relations très distantes du fait de notre statut de gendarme. Mais au contraire, les Irakiens que nous avons rencontrés n’étaient pas fermés aux autres cultures. Le premier jour, un intendant nous a demandé comment il devait s’adresser à nous et il s’est chargé de passer le message à tous les autres ADL. »

Chlorage de l’eau et autres tâches déléguées. S’ajoute à ces missions la gestion du volet logistique de l’ambassade, depuis l’eau potable jusqu’au carburant alimentant les groupes électrogènes, en passant par l’armement, les munitions ou encore le secourisme. Des tâches et des responsabilités déléguées, auxquelles chacun, quel que soit son grade, contribue pour le bon fonctionnement de l’emprise. Pour Marine et Roxane, ce sera popote et traitement de l’eau. « Nous étions notamment chargées de prendre des contacts locaux afin de trouver des solutions pour améliorer le quotidien de tout le monde, explique Marine. Nous avons également été formées au traitement de l’eau selon un protocole de chlorage bien défini. En effet, étant directement prélevée dans le Tigre, l'eau n’est pas potable en l’état. Cette tâche nous a vite permis de prendre nos marques dans les locaux et nous a aussi donné l’occasion de glaner quelques vues sur Bagdad, puisque certaines cuves se trouvent sur les toits des bâtiments. »

Marine et Roxane participent également à la mission « ratatouille ». Mission qui, comme son nom le suggère, consiste à réaliser les repas de la journée pour tous les agents du poste. « C’est une mission qui tombait le week-end, c’est-à-dire le vendredi et le samedi en Irak, en l’absence des cuisiniers bloqués à leur domicile pour cause de couvre-feu lié à la Covid-19. Elle incombait ainsi à un trinôme formé par un gendarme mobile, un TEASS et un diplomate, précise Roxane. Bien que s'ajoutant à des journées assez épuisantes, la mission « ratatouille » nous a permis de faire davantage connaissance avec les personnels avec lesquels nous faisions équipe. On peut même dire que certains se sont trouvé une nouvelle vocation, ou du moins nous ont surpris, comme notre capitaine, dont nous avons eu la chance de goûter les lasagnes. »
Un essentiel maintien en condition opérationnelle !
Dès le départ, les gendarmes prennent aussi conscience de l’importance de conserver une bonne hygiène de vie tout au long du séjour. « Pour notre part, une bonne alimentation, du sommeil et du sport sont importants au bon moral », expliquent les deux jeunes femmes. Saisissant la chance d’être entourées par du personnel qualifié, elles mettent à profit les conseils avisés d’un TEASS diplômé CT2 sport, pour atteindre un objectif de taille : les fameuses tractions. « Avec son soutien et son suivi quotidien, nous avons vu nos efforts récompensés et notre progression nous a encouragées à continuer et à persévérer ». Dans leur élan, elles entraînent leurs camarades : « Le soir à 17 heures, les sportifs, tous gendarmes confondus, se retrouvaient pour des séances, où se mêlaient rigolade et encouragements mutuels. »

Une expérience riche humainement et professionnellement

Pendant leur séjour, les gendarmes se réunissent également de manière régulière à la Villa Journaliste, le bâtiment qui leur est dédié, afin de « débriefer » sur leur travail et partager leurs ressentis. « La communication entre tous les personnels présents sur l'emprise diplomatique était naturelle et facile, chacun apportant ses expériences, ce qui a même pu nous donner des envies professionnelles futures dans le monde de la mobile », estime Marine.

Si elles reconnaissent aisément que leurs camarades d'escadron étaient bienveillants à leur égard, « sans pour autant nous surprotéger », Marine et Roxane insistent : ce déplacement, elles l'ont vécu comme tout le monde, avec les mêmes contraintes et les mêmes difficultés. « Nous n'avons bénéficié d'aucune différence de traitement, et cela a contribué à nous mettre parfaitement à l'aise. Mais le fait d’être deux filles rendait aussi le quotidien plus simple. Il nous est ainsi très souvent arrivé de nous retrouver sur le balcon de l’une d'entre nous afin d’échanger sur notre expérience et nos ressentis. »

Et de conclure à l'unisson : « Cela a été une expérience riche, tant humainement que professionnellement. Riche en nouveaux savoirs et en rencontres, aussi bien en interne gendarmerie qu'avec les agents d'autres Ministères présents au sein de l’ambassade, que ce soit l'Intérieur, les Armées, l'Économie et finances, la Culture… ou encore les personnels locaux, malgré la barrière de la langue. »

Affichant une certaine fierté d’avoir été les premiers gendarmes mobiles féminins projetés en Irak, elles espèrent ainsi avoir ouvert la voie à d’autres camarades. « Nous sommes très contentes d’avoir participé à cette mission, qui n’est pas offerte à tout le monde, et nous espérons que chacune des mobiles déplacées ici vivra cette opportunité aussi bien que nous. »

Source https://www.gendinfo.fr/sur-le-terrain/immersion/premiers-gendarmes-mobiles-feminins-en-opex-sur-le-territoire-irakien

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Re : Escadron de Gendarmerie Mobile
« Réponse #3 le: 24 janvier 2022, 11:43:35 »
Le bras armé de l’outre-mer

Présente outre-mer à hauteur de vingt escadrons, à même d’intervenir sur un large spectre opérationnel, la gendarmerie mobile est un élément de manœuvre essentiel pour ces commandements territoriaux implantés à des milliers de kilomètres de la métropole.

Saint-Pierre-et-Miquelon, Guadeloupe, Martinique, Guyane française, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Polynésie française : 120 370 km2 de terre française répartis en plusieurs points du Globe, de l’Atlantique nord aux eaux du Pacifique, en passant par la côte nord-est de l’Amérique du Sud, la mer des Caraïbes et l’océan indien.

Compétente sur 98 % de ce territoire et responsable de la sécurité de 70 % de ses 2,8 millions d’habitants (près de 5,5 % de la population française), la gendarmerie y est organisée en neuf commandements (COMGEND), qui disposent d’une grande autonomie opérationnelle. En effet, afin de leur permettre d’apporter, en premier échelon, et ce en dépit de leur éloignement, une réponse immédiate et adaptée à toutes les problématiques de sécurité intérieure, des missions de Sécurité publique générale (SPG) aux opérations de Maintien de l’ordre (M.O.) public et de Rétablissement de l’ordre (R.O.), voire de contre-terrorisme, la majorité est dotée d’une large palette de moyens humains et matériels, lesquels, en métropole, peuvent relever du niveau départemental, régional, voire national.

« Les COMGEND sont de véritables boîtes à outils, au sein desquelles viennent parfaitement s’intégrer les vingt Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) déployés en permanence outre-mer », décrit le général de corps d’armée Jean-Marc Descoux, à la tête du Commandement de la gendarmerie d’outre-mer (CGOM). Tous, à l’exception de Saint-Pierre-et-Miquelon, où le dispositif territorial se suffit à lui-même, bénéficient de ce renfort, plus ou moins conséquent au regard des problématiques locales. Avec six EGM à temps plein, la Guyane accueille le déploiement le plus important, suivie de la Nouvelle-Calédonie, avec cinq unités, quand Wallis-et-Futuna se satisfait d’un détachement de onze G.M. Ce sont donc près de 1 500 militaires qui, par cycle de trois mois, renforcent au quotidien les 4 000 personnels affectés outre-mer (le nombre total de personnels correspond à 5,5 % l’effectif global de la gendarmerie, NDLR).

Ce socle peut évoluer en fonction d’événements particuliers, programmés (voyages officiels, référendums…) ou non (mouvements sociaux, catastrophes naturelles…), soit en procédant à une bascule de forces entre ces territoires, pour une durée limitée, comme cela s’est dernièrement produit entre La Réunion et Mayotte ou sur l’arc Antillais, soit en projetant des unités depuis la métropole.

À l’exception là encore de Wallis-et-Futuna, mais aussi de Saint-Pierre-et-Miquelon, où la situation sécuritaire ne le nécessite pas, les COMGEND sont également dotés de Véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG), à même de garantir des interventions en sécurité, face à un adversaire qui peut se montrer violent. Ils sont d’ailleurs très régulièrement employés en Nouvelle-Calédonie et à Mayotte, pour protéger les personnels des prises à partie par armes à feu ou caillassage et dégager les axes entravés. Enfin, la Guadeloupe, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie et Mayotte bénéficient chacune de la présence d’un Groupement tactique de gendarmerie, ou GTG, confié à un Groupement de gendarmerie mobile (GGM).

« Avec l’injection de près du tiers de la ressource (l’emploi moyen est de 75 EGM par jour, NDLR), le CGOM se trouve être le plus gros employeur de la G.M. C’est un effort conséquent, mais indispensable, consenti au quotidien », poursuit le général, avant d’insister : « Le prépositionnement de la G.M. est la garantie d’un service public de sécurité complet dans les mains du COMGEND, et même dans celles du préfet, puisqu’en cas de troubles à l’ordre public en zone police, où se concentrent les différentes manifestations sociales, après l’intervention de la police en premier échelon, il sera très vite fait appel au dispositif G.M. et à son expertise, pour traiter, de la façon la plus professionnelle possible, des missions de R.O., dont la sensibilité requiert l’emploi d’un outil dédié. Plus largement, la G.M. est un formidable outil de gestion de crise, quelle qu’en soit la nature, de part la robustesse et le professionnalisme de ses militaires, mais aussi leur disponibilité totale le temps de leur séjour, à laquelle s’ajoute l’absence de contraintes de soutien familial sur place. Ils sont le cœur de la résilience ! »

Le couteau suisse de la boîte à outils

Si elle reste toujours en mesure de basculer en configuration M.O./R.O., au quotidien, sa principale mission reste la sécurité publique générale, que les militaires assurent dans le cadre de renforts au sein des brigades, notamment des unités très isolées, comme en forêt guyanaise ou sur les îles du Pacifique nord, ou par le biais de Détachements de surveillance et d’intervention (DSI).

Ces derniers permettent d’appuyer les dispositifs territoriaux, sur un secteur donné et pour un temps limité, par exemple là où l’on observe un phénomène de délinquance croissant, ou à l’occasion de missions nécessitant un dimensionnement adapté, à l’instar d’opérations de contrôles en ZSP ou de services d’ordre liés à des événements festifs... La G.M. vient donc « oxygéner » le dispositif territorial mis en tension par une sollicitation opérationnelle souvent très lourde. Très souvent, afin de renforcer leur efficience, les DSI sont appuyés par des réservistes opérationnels, qui vont aider ces unités déplacées à mieux appréhender chaque territoire, leur population et leur culture.

Certains COMGEND sont aussi le théâtre de missions atypiques confiées aux gendarmes mobiles. Ainsi, en Guyane, un EGM participe à la sécurisation du centre spatial guyanais, tandis qu’un autre est pleinement intégré à la mission harpie de lutte contre l’orpaillage illégal. À Mayotte, les unités déplacées interviennent aussi dans le cadre du plan Shikandra, de lutte contre l’immigration clandestine, en renfort des dispositifs maritime et terrestre.

Enfin, les G.M. sont également engagés de manière significative dans les missions de transfèrements judiciaires, et ils participent aussi, dans une moindre mesure, à diverses actions conduites par les COMGEND, comme les formations à l’attention des GAV, des réservistes ou encore des préparations militaires gendarmerie.

L’excellence de la G.M. reconnue

La G.M. est donc indissociable de l’outre-mer. Depuis des décennies, elle fait ses preuves au quotidien dans la lutte contre la délinquance, particulièrement aux Antilles et en Guyane, ou encore contre la violence à Mayotte. Elle s’est aussi démarquée à de multiples reprises sur des événements d’ampleur, que ce soit les émeutes en Guadeloupe en 2009, pendant la crise de la vie chère à Mayotte en 2011, après le passage de l’ouragan Irma sur l’arc antillais en 2017, ou plus récemment, en décembre 2020, toujours en Nouvelle-Calédonie, pendant les exactions faisant suite à la vente d’une usine de Nickel…

Et les sollicitations risquent de ne pas manquer dans un futur proche. Le CGOM et la direction générale de la gendarmerie (Centre national des opérations et Sous-direction de l’emploi des forces) anticipent en effet la tenue du troisième référendum d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie le 12 décembre 2021. Mayotte reste également un point de vigilance, au regard des multiples tensions engendrées par la pression démographique sur l’île, de même que la forêt amazonienne, où l’augmentation du cours mondial de l’or ne manquera pas de susciter un regain d’activité pour l’orpaillage illégal.

Alors même que l’outre-mer voit passer quasiment toute la G.M. en un peu plus d’un an, que ses effectifs sont eux-mêmes en constante évolution, que ces militaires sont déployés dans des environnements qu’ils ne connaissent pas, face à des situations souvent compliquées, voire très violentes, particulièrement à l’encontre des forces de l’ordre (l’outre-mer enregistre plus d’un quart des violences commises sur des gendarmes et 46,5 % des agressions avec armes, NDLR), que ces violences sont en grande partie absorbées par la G.M. au regard de sa forte exposition, celle-ci, reconnue pour son professionnalisme dans les situations dégradées, apporte « une réponse d’excellence, puisqu’elle ne fait pas débat, ni sur le plan judiciaire, ni sur le plan médiatique, ni sur le plan moral et social », insiste le général Descoux, confiant n’avoir eu qu’une seule mise en cause depuis sa prise de commandement en 2019, interrogeant sur la proportionnalité de la réponse par rapport à l’événement. « La G.M. contribue ainsi à procurer, sur nos territoires ultramarins, une offre de sécurité cohérente et adaptée aux attentes de la population ultra-marine, désireuse d’un service public efficient et juste. »

Auteur : le commandant Céline Morin
Source : https://www.gendinfo.fr/dossiers/la-gm-d-hier-et-de-demain/le-bras-arme-de-l-outre-mer

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Re : Escadron de Gendarmerie Mobile
« Réponse #4 le: 11 février 2022, 11:42:10 »
Tous les ans, environ 650 militaires de la G.M. rejoignent la G.D. dans le cadre du changement de subdivision d’arme. Les EGM comptent de plus en plus de personnels féminins ?

Il faut savoir que l’arrivée des femmes en gendarmerie mobile est récente, à l’échelle de l’histoire de la G.M., puisqu’elle remonte seulement à 2016. Aujourd’hui, un peu plus de 5 % des effectifs (officiers et sous-officiers de gendarmerie) de la G.M. sont composés de personnels féminins, mais 100 % des escadrons sont féminisés, en comptant aussi bien les sous-officiers, les officiers que le personnel de soutien.

La majorité des gendarmes mobiles ont vocation à rejoindre un jour la G.D. Et rares sont aujourd’hui les unités de G.D. où il n’y a pas d’anciens mobiles. Le passage dans un Escadron de gendarmerie mobile (EGM) est une voie vertueuse, et dans tous les cas très formatrice.

La gendarmerie mobile constitue une partie de la réserve gouvernementale. Elle s’engage dans un cadre espace-temps et pour une mission que d’autres forces ne peuvent pas accomplir avec autant d’efficacité et de réactivité, soit parce qu’elles sont déjà mobilisées sur d’autres missions, soit parce qu’elles ne sont tout simplement pas « mobiles », soit, enfin, parce qu’elles n’ont pas cette capacité à durer sur la mission, ni la formation, ni l’équipement et l’aptitude à maintenir l’ordre dans les situations les plus complexes. Alors oui, bien sûr, la G.M. est spécifiquement faite pour les missions de M.O. les plus techniques et difficiles. C’est en ce sens qu’elle a été créée il y a un siècle de cela. Mais l’évolution des missions de la G.M. est le reflet des transformations de la société. Son professionnalisme lui permet d’être engagée sur un spectre très large, allant du conflit de voisinage aux théâtres d’opérations extérieures, comme en Indochine, en Algérie, mais également à Abidjan, à Sarajevo et en Afghanistan. Si les tâches ont varié au fil des années, c’est parce que notre mission est de protéger nos concitoyens et que les menaces qui pèsent sur eux ont évolué.

En 2020, près de 80 % des missions de la Gendarmerie mobile (G.M.) contribuaient à la sécurité publique. À l’inverse, la Gendarmerie départementale (G.D.) est de plus en plus directement exposée au Maintien de l’ordre (M.O.).
Le gendarme départemental fait du maintien de l’ordre et le gendarme mobile fait de la sécurité publique, et ce quotidiennement, au profit de la gendarmerie départementale.

Source : https://www.gendinfo.fr/dossiers/la-gm-d-hier-et-de-demain