Auteur Sujet: Gendarmes et secours en montagne, des alpes au Népal  (Lu 1033 fois)

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Gendarmes et secours en montagne, des alpes au Népal
« le: 09 septembre 2020, 17:49:57 »
Le 21 juillet 2020, alors qu’ils rentrent d’une mission déjà éprouvante, les militaires du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix sont sollicités pour aller secourir deux alpinistes en difficulté sur le mont Blanc de Courmayeur. Après cinq jours passés en montagne, l’un d’eux a chuté. Depuis, il n’avance plus et délire. Or, l’orage approche, et si les militaires n’interviennent pas très vite, la nuit risque d’être fatale pour les deux aventuriers. Malgré des conditions difficiles, les gendarmes se projettent sur les lieux pour les secourir. Fred, gendarme du PGHM, revient sur ce sauvetage miraculeux.

L’analyse de la situation

« En ce début d'après-midi, alors que nous faisons sécher le matériel et les vêtements utilisés lors de la mission de la matinée, les éléments d’alerte pour le mont Blanc de Courmayeur se précisent. Stéphane, le commandant du PGHM, arrive à la « drop zone » et nous fait un point de situation. Le bureau, lieu où les alertes sont reçues et régulées, estime qu’un engagement terrestre est justifié, mais, compte tenu de notre mission du matin et du risque orageux avéré, Stéphane souhaite avoir notre ressenti de terrain.

Nous discutons de la situation et de la pertinence de l’engagement. Personnellement, je ne crois pas à la récupération de l’alpiniste inconscient. Il me semble que cet avis est partagé par la plupart d’entre nous. Je prends la parole pour résumer l’opinion générale. Il nous paraît justifié d’aller chercher le mieux portant, qui ne pourra sûrement pas prendre seul la décision d’abandonner son compagnon de cordée. Pourtant, s’il ne le fait pas, il risque lui aussi de mourir. En revanche, il faut être lucide et honnête avec les requérants et nous-mêmes sur notre incapacité à ramener un inconscient depuis le mont Blanc de Courmayeur. Il est donc clair et établi que, si le bilan se confirme, nous serons contraints de le laisser sur place. Cette décision est terrible, mais fondamentale, puisqu’elle définit précisément notre stratégie, rendant réalisable la mission et compatible avec le créneau météo imparti, les orages étant annoncés pour 21 h 30. Cette phase de réflexion est très importante car, si nous devons effectivement laisser l’inconscient au sommet, nous en aurons parlé avant sur la base d’arguments posés. En définissant la mission correctement et précisément, on sait quelle stratégie adopter et quel matériel emporter.

L’engagement du médecin ne nous semble pas justifié, le mieux portant semblant pouvoir s’en passer et il est sûrement trop tard pour le second. Des actes médicaux lourds, telle qu’une intubation, n’ont aucun sens ni ne sont possibles dans ces circonstances.

Notre matériel de bivouac propre n’est pas emporté. La stratégie n’est pas d’y aller pour prendre l’orage avec eux mais plutôt de procéder à ce qu’on appelle un « Pick and go ». Il en va de même pour le matériel de brancardage. Aucune manœuvre de brancardage n’est envisageable sur les arêtes du mont Blanc de Courmayeur et sur des bosses de neige et de glace, surtout par mauvais temps. Nous sortirions totalement de notre stratégie. Nous serions alors très exposés aux orages et en danger dans nos déplacements, ce qui serait susceptible de remettre en question la pertinence de notre engagement et notre sécurité. »

Le départ en intervention

« Finalement, nous convenons qu’une caravane à quatre secouristes sera suffisante, au moins dans un premier temps, pour faire ce qui est prévu. Je demande donc qui est volontaire. Les mains se lèvent et je dois définir les équipes.

Romain et Matthieu sont désignés. Romain est très entraîné. Il est le plus fort d’entre nous physiquement et a fait plusieurs courses en altitude ces dernières semaines. Matthieu est aussi un élément très solide, efficace en toutes circonstances. Bien que rentrant récemment de vacances, il n’a pas du tout subi la caravane du matin, alors qu’il a fait le trajet le plus long.

Johann et moi serons également de la partie. Avec Johann, nous sommes sûrs de notre forme et de notre adaptation à l’altitude. Ensemble, le dimanche précédent, nous avons atteint le sommet du Mont-blanc depuis Bellevue, en passant par l’aiguille de Bionnassay, sans nous arrêter. Nous avons donc passé quelques heures en altitude. Par ailleurs, nous avons à cette occasion parcouru l’arête des bosses et la descente du Goûter, que nous devrons emprunter pour la caravane. L’équipe nous semble solide et nous sommes tous motivés.

Matthieu et Johann sont prêts les premiers. Ils seront déposés par Dragon en treuillage sur l’arête Nord du Dôme, vers 4 100 m d’altitude ; le mécanicien ayant refusé que nous sautions de l’hélicoptère à basse altitude. Avec Romain, nous finissons les sacs. J’ai l’idée d’emporter une bouteille d’oxygène et des lunettes. Cette intuition sera primordiale pour la suite de la caravane. J’avais déjà pensé, au préalable, à la pertinence d’administrer de l’oxygène aux victimes dans ce genre de caravane en très haute altitude. L’idée était d’utiliser du matériel d’himalayistes, mais cela était resté à l’état de projet jusqu’à maintenant. On fera donc avec l'oxygène de la drop zone, des gros « obus » de 5 kg et des lunettes. Du coup, j’hésite. Je consulte Fabien, qui me dit de la prendre et que, au pire, je la laisserai si nous n’en avons pas l’utilité. Le médecin nous donne une tablette de 6 comprimés de corticoïdes. »

La dépose sur les lieux du sauvetage

« Nous sommes déposés au Plateau, vers 4 100 m d’altitude, grâce à un bloc de séracs écroulé que le pilote utilise comme référence. Une pensée fugace pour le Sikorsky d’Henry et Vincendon, crashé à quelques dizaines de mètres, nous traverse forcément l’esprit.

Nous arrivons sans encombre à l'abri Vallot. Johann et Matthieu sont derrière nous, car ils avaient plus de distance à parcourir pour atteindre Vallot depuis leur point de dépose. La météo n’est pas fameuse, mais on progresse « à vue », petit à petit.

Au départ de Vallot, le vent d’Ouest forcit brusquement et rend la montée pénible. Je me remémore l’effort fourni deux jours plus tôt avec Johann et maintes fois auparavant. Je demande à Romain de garder un rythme tranquille dans la première bosse, qui est la plus raide et la plus coûteuse en énergie. Nous commençons à jalonner depuis Vallot pour faciliter la montée de la deuxième équipe et surtout pour préparer notre descente. À Vallot, nous appelons le bureau, qui nous propose le renfort d’un troisième binôme, qui acheminerait le caisson hyperbare jusqu'à l'abri. Nous sommes d’accord sur le fait que cela constituerait une aide précieuse. Deux camarades viennent donc nous renforcer.

Nous atteignons le Mont-Blanc dans le brouillard complet. Nous savons que nous sommes au sommet, car la montée s’achève et nous entamons la descente sur l’arête du mont blanc de Courmayeur. Le vent fait tout givrer. On se guide avec le GPS pour être sûrs que nous sommes au bon endroit. Nous jalonnons toujours. Nous sommes un peu surpris par la relative technicité de l’arête. Nous nous faisons la réflexion qu’il serait totalement impossible, dans cet environnement, de ramener un inconscient.

Nous arrivons enfin à un replat de l’arête et nous ne voyons qu’un sac à dos, une corde en tas et un piolet. Pendant quelques instants, nous sommes pris d’un doute : sont-ils partis ou, plus probablement, sont-ils tombés ? »

Et si les deux alpinistes pouvaient être sauvés ?

« Finalement, nous voyons une tête dépasser du versant Est de l’arête. Nous nous approchons du bord et découvrons la situation. Le mieux portant, Matt, a creusé une petite alcôve à mains nues et au piolet dans le flanc de l’arête pour y mettre son compagnon, Dan, à l’abri du vent. C’est assez efficace mais, sans pelle, l’alcôve est minimaliste et Dan a les jambes qui pendent dans le vide. La pente est raide, au-delà de 45 degrés. Romain m’assure et je descends au contact. Matt a l’air fatigué mais il est valide. L’état de Dan est très inquiétant : il parle très difficilement, couché sur un karimat de bivouac. Mais il est conscient. Selon Matt, il a tenu des propos délirants les heures précédentes et après avoir chuté dans une roture, il s’est plaint du dos et ses dernières forces l’ont abandonné. Le contour de la mission change quelque peu. Et s’il y avait un espoir de ramener les deux alpinistes ? »

L’évaluation de la situation sur place

« Je donne à Dan les médicaments et lui installe les lunettes à oxygène. Matthieu et Johann nous rejoignent. Eux aussi ont été surpris par la dernière section de l’arête. Ils nous ont même demandé confirmation de l’itinéraire à suivre ! Johann descend avec moi et nous creusons une alcôve plus confortable dans laquelle nous installons Dan, incapable de se mouvoir. L’oxygène et les médicaments commencent doucement à agir, mais le seul signe d’évolution positive est son élocution, qui progresse légèrement.

Il est 19 heures. Le temps passe et les orages sont prévus dans 2 h 30. Johann, Matthieu et Romain me rappellent notre objectif initial. Nous décidons de fixer une limite d’intervention à 19 h 15. Nous en informons le bureau, qui s’apprêtait à nous inciter à partir. Les hélicoptères Dragon et Chamonix Mont-Blanc Hélicoptère sont en l’air pour tenter l’impossible. Malheureusement, nous entendrons l’hélicoptère Dragon lors d’une approche, mais nous ne le verrons jamais. Les deux pilotes échangent par radio, ils s’entraident sur leur appréciation des conditions météo et, finalement, constatent que c’est impossible. Au moins, ces dernières tentatives fermeront la porte à tout doute si nous sommes amenés à laisser Dan sur place. Tout aura été tenté.

J’explique la situation au compagnon de Dan, qui avait déjà été préparé à l’éventuel abandon de son compagnon lors des communications téléphoniques avec le bureau. Dan retrouve peu à peu ses esprits. Je lui explique la situation. S’il est trop blessé ou malade pour marcher, nous ne pourrons assurer ni sa sécurité, ni la nôtre, et nous devrons partir sans lui, en espérant un créneau météo permettant son extraction en hélicoptère. À ces mots, Dan me regarde et me dit : "Fred, I want to walk. Let me try to walk”. » ( Fred, je veux marcher. Laissez-moi essayer de marcher. )

La cordée de la dernière chance

« Je l’aide à se relever. Je suis surpris qu’il tienne sur ses jambes. Romain me regarde avec incrédulité quand il le voit se redresser. Finalement, Dan monte sur mes épaules pour sortir de son alcôve. Il est hissé par les autres sur l’arête. En remontant, je vois que ceux qui sont restés au vent sont tous givrés. À ce moment-là, nous ressentons l’urgence de la situation. Si Dan doit marcher, cela sera long et difficile et les orages approchent !

Nous refaisons les cordées. Johann et Matthieu prennent sur leur corde Matt, qui a les yeux meurtris par le vent et le soleil. Ils nous feront le passage. Je m’encorde très court avec Dan, afin de garder la bouteille d’oxygène, à moitié pleine, dans mon sac, et qu’il marche sous oxygène en s’appuyant sur moi. Romain nous retient. Les premiers mètres sont encourageants, même si nous craignons pour les passages techniques à venir. Effectivement, une fois dans ces passages, nous retenons notre souffle à plusieurs moments.

Finalement, nous parvenons à rejoindre le sommet du Mont-Blanc. Dan est à bout et s’appuie de tout son poids sur nous. Nous échangeons les cordées, car je ne suis plus un soutien efficace. La bouteille d’oxygène est terminée. Le troisième binôme est dans l’ascension des bosses. Nous les rejoignons à la seconde. Leur aide est très appréciable dans les parties raides, car Dan et Matt tiennent difficilement sur leurs jambes. Matt ne voit plus rien avec le jour qui décline. Il perd la trace, titube. On se demande s’il ne s’endort pas en marchant. Dan ne parle pas, il marche comme un zombie. Nous arrivons à l’observatoire Vallot, où une équipe d’ouvriers nous accueille très chaleureusement. C’est une première étape et nous commençons à y croire ! »

Premier arrêt au refuge

« Thomas s’occupe de nourrir et d’hydrater tout le monde. Johann ne peut résister à l’appel du paquet de cigarettes de l’un des ouvriers ! Thomas et Matthieu mettent en place le caisson. Nous enlevons les vêtements trempés de Dan et l’installons à l’intérieur. Nous pompons, mais l’altimètre que Dan nous présente au hublot ne descend pas au-dessous de 2 700 mètres : le caisson fuit ! D’abord d’une soudure, puis de toutes parts. Les ouvriers nous donnent du scotch de chantier. Cela fuit encore, mais la perte est limitée. Nous parvenons, en pompant quasiment en continu, à maintenir une pression équivalente à 3 000 mètres, mais de nouvelles fuites apparaissent sans cesse.

Nous appelons le bureau et le médecin pour discuter de la suite. Le médecin nous donne la conduite à tenir sur les médicaments. Les orages sont finalement repoussés à 22 h 30. Le caisson fuit toujours. Des guides se proposent de partir du refuge du Goûter pour venir à notre rencontre. Le caisson a malgré tout bien amélioré l’état de Dan, qui commence à parler distinctement. Il parvient à boire et à s’alimenter un peu avec l’aide de Thomas.

Tout le monde est d’accord pour entamer la descente vers le refuge du Goûter, où un caisson en bon état nous attend et où nous sommes à peu près sûrs de pouvoir gérer Dan si son état venait à se dégrader. Et puis, c’est déjà 600 mètres plus bas : cela compte dans l’état où il est ! Nous remettons des vêtements secs à Dan et Matt. Nous refaisons les cordées. J’équipe Dan avec mon masque et Matthieu en fait autant avec Matt, dont les yeux sont très abîmés. »

La descente continue

« Nous nous mettons en route et descendons la pente vers le col du Dôme. Nous rendons compte de notre départ au bureau et les guides nous annoncent sur la fréquence radio qu’ils montent vers nous. Le bureau nous informe à ce moment-là que les prévisions météo ont changé. Les orages sont sur Sallanches et les Fiz et devraient arriver avant 23 heures. Les guides prennent la communication radio. Cela leur confirme leur ressenti sur l’imminence de l’orage. Contrairement à nous, ils ont la vue dessus, plus bas en vallée. Ils nous informent alors qu’ils rebroussent chemin, et c’est logique.

De notre côté, nous sommes conscients qu’il est trop tard. Dan ne remontera pas les 100 mètres de dénivelé que nous venons de descendre et nous risquons de prendre l’orage avant d’avoir regagné Vallot. Nous décidons de poursuivre. La remontée au Dôme est extrême pour Dan et Matt, qui sont à bout de force. Nous naviguons à l’aide du GPS pour retrouver la trace sous le Dôme du Goûter. Nous connaissons cet endroit, que nous avons tous déjà parcouru à de multiples reprises, mais nous savons aussi que le départ de la descente du Dôme est difficile à trouver de nuit et, de surcroît, dans le brouillard. Je sais, à coup sûr, que nous sommes dans le bon secteur, mais où est cette trace ? En même temps, nous voyons à peine à 30 mètres dans le halo des lampes. Nous sommes sûrement juste à côté…

Finalement, nous la retrouvons avec soulagement et en sachant que, désormais, cela ira vite. Heureusement, car nous commençons à voir des éclairs de chaleur. Mais pour le moment, toujours pas de tonnerre. La descente se passe bien, même si les deux naufragés sont sur les rotules. Je suis un peu inquiet de quelques crevasses mal placées que j’ai vues dimanche dernier. Il ne manquerait plus que ça ! Nous atteignons enfin l’arête de l’aiguille du Goûter et ses petites remontées. À grands coups de “come on Dan”, de “let’s go” et de “good job”, nous franchissons la dernière bute et devinons le halo du refuge. L’ambiance devient subitement plus électrique. Est-ce la présence de tout ce métal ou celle de l’orage qui approche ? Quoi qu’il en soit, nous coupons la dernière pente et entrons au plus vite dans le refuge. »

Second arrêt au refuge

« C’est un soulagement énorme. Signalant à Thomas que je sors faire le compte rendu radio pour dire que nous sommes tous en sécurité dans le refuge, je lui dis en rigolant : “je vais essayer de ne pas me faire foudroyer avec ma radio”. Alors que je sors et passe mon message radio, un éclair illumine tout le décor ! Je rentre quasiment en sautant dans le refuge, sous le regard stupéfait de Thomas.

Nous nous déséquipons. Dan n’a plus la force d’enlever ni ses crampons, ni ses chaussures. Nous arrivons enfin dans la salle commune. Une fois son bilan effectué à l’infirmerie du refuge, Dan nous rejoint et ne sait pas quoi dire pour nous remercier. Après avoir mangé et bu, nous allons nous coucher dans le dortoir, avec Dan et Matt, afin de rester à proximité s’ils devaient aller mal dans la nuit. Dix secondes après s’être couchés, ils ronflent déjà et poursuivent ainsi toute la nuit ! Je me dis qu’au moins, ils respirent ! Le matin, le temps est bouché, il tombe du grésil et il y a du vent. Des éclaircies sont annoncées. Que fait-on ? On attend là, ou on attaque la descente ? Finalement, après discussion avec le bureau, nous décidons de descendre, car le nuage reste bien collé sur le refuge. »

Un dernier effort

« Dragon se propose de nous récupérer dès que nous serons sous la couche nuageuse. Nous descendons. Deux secouristes sont encordés avec chaque victime, car leurs pas sont encore hésitants. Dan nous fera même une petite baisse de tension, à la limite du malaise vagal. Mais peu de temps après, la météo permet à Dragon de l'extraire en treuillage avec Thomas. Matt l’est aussi, avec Johann. Ils vont vers la Drop zone (D.Z.). Les quatre autres secouristes descendent jusqu’à l’éperon, avant la traversée du couloir, où notre récupération par l’hélicoptère sera facile. Initialement envisagée en « appui patin », elle se fera finalement en treuillage, car nous risquerions d’envoyer des pierres sur des alpinistes qui montent sous l’éperon.

Nous sommes tous très heureux ! Une petite photo dans l’hélico et c’est le retour à la D.Z. Dan et Matt sont transférés à l’hôpital en ambulance. Les examens sont bons, même si les analyses de sang de Dan ressemblent à celles des coureurs de l’Ultra trail du Mont-Blanc ! Matt devra soigner ses yeux avec des antiseptiques et des collyres.

Nous sommes félicités par les premiers à marcher du jour et par Stéphane, qui est à la D.Z. C’est une chance d’avoir vécu un tel secours, où tout s’est finalement déroulé de manière favorable. Nous avons eu de la chance et nous avons su en tirer profit. L’entraînement, l’expérience de la haute montagne dans le mauvais temps, mais aussi la cohésion d’équipe sur le terrain, ainsi qu’avec le bureau, auront été déterminants pour la réussite de cette opération. C’est la réussite d’une équipe mais aussi celle du PGHM dans sa capacité à #Répondreprésent dans ce genre de situation. »

Source : https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Interviews/gendarmes-secouristes-en-montagne-le-sauvetage-perilleux-de-deux-alpinistes-episode-1

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Re : Gendarmes et secours en montagne, des alpes au Népal
« Réponse #1 le: 06 novembre 2021, 09:48:59 »
Alpinistes français disparus au Népal : douze gendarmes envoyés sur place
Auteur : la lieutenante Floriane Hours - publié le 5 novembre 2021

Une équipe française, composée de 12 gendarmes, un médecin militaire et un civil de la FFCAM, a décollé ce vendredi 5 novembre pour le Népal, pour appuyer les recherches des trois jeunes alpinistes français portés disparus depuis le 26 octobre dans le massif de l’Everest.

Le 26 octobre dernier, trois ressortissants français étaient emportés par une avalanche dans le massif de l’Everest. Alors que les proches des disparus et l’ensemble de la communauté des montagnards sont sous le choc de ce drame, une équipe française vient de s’envoler pour le Népal, avec pour objectif de conduire, en appui et en collaboration avec les forces népalaises, une mission de recherche et de localisation des trois alpinistes.
10 gendarmes du PGHM de Chamonix

Parmi les effectifs projetés, se trouvent huit militaires des Pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) des Alpes, dont un maître de chien. Ils sont accompagnés pour cette mission d’un gendarme de l’Unité de coordination technique montagne (UCTM), d’un personnel du Centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la gendarmerie (CNISAG) et de deux techniciens en identification criminelle de l’IRCGN (Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale). Cette équipe de 12 gendarmes est renforcée par un médecin militaire et un membre de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM).

Une fois sur place, ces personnels devront d’abord s’acclimater à l’altitude, avant de rejoindre pour 8 à 9 jours, la vallée du Khumbu, lieu de l’avalanche qui aurait emporté les trois jeunes alpinistes français. En complément des moyens humains, près de 600 kg de matériels sont également envoyés.

Les trois Français disparus, âgés de 27 à 34 ans, étaient des alpinistes chevronnés. Membres du Groupe excellence alpinisme national (GEAN), une formation d’élite de la FFCAM, ils faisaient partie d’une équipe arrivée fin septembre dans la région de Khumbu et de l’Everest pour gravir différents sommets culminant de 5 000 à plus de 6 000 m d’altitude.

C’est lors de l’une de ces ascensions, celle du Mingbo Eiger (6 070 m) qu’ils ont été emportés par une avalanche. Alertés par les autres membres de l’équipe du GEAN, les secours népalais ont rapidement lancé les recherches. En vain. Seules des traces du passage des trois alpinistes ont pu être localisées à 5 900 m d'altitude.

Après plusieurs jours, les recherches ont été suspendues ce mercredi 3 novembre par les secours népalais. Elles devraient reprendre dans quelques jours.

Le dernier envoi d’une équipe de gendarmes d’un PGHM dans la région de l’Everest remonte à 2005, lorsque sept alpinistes français avaient été ensevelis par une avalanche meurtrière au pied du Kang Guru (6 981 m).

Source https://www.gendinfo.fr/actualites/2021/alpinistes-francais-disparus-au-nepal-douze-gendarmes-envoyes-sur-place?fbclid=IwAR2Lo0o7PtUSb6jirTONBdt6EX6ME4RXtRFeH0j6HkHX9lQoPQV77jeYV5s

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Re : Gendarmes et secours en montagne, des alpes au Népal
« Réponse #2 le: 06 novembre 2021, 09:53:31 »
Le PGHM de Chamonix primé par le ministère des Affaires étrangères du Japon.
Auteur : la lieutenante Floriane Hours - publié le 2 novembre 2021

Vendredi 15 octobre, dans les locaux du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix, le consul du Japon à Lyon a remis à cette unité de gendarmerie spécialisée, le Prix du ministère des Affaires étrangères du Japon. Une distinction internationale qui récompense les actions les plus remarquables réalisées par des personnes ou des institutions de pays étrangers envers le pays du soleil-levant.

C’est une distinction particulièrement importante et particulièrement attendue qui vient d’être remise au Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix, par le consul du Japon à Lyon, Kenji Kuratomi.
Récompenser l’engagement des militaires

Décerné en 2020, mais remis seulement ce vendredi 15 octobre 2021 à cause de la pandémie, le prix du ministère des Affaires étrangères du Japon récompense l’engagement des militaires du PGHM de Chamonix et leur implication lors de missions de sauvetage et de recherche d’alpinistes japonais dans le massif du Mont-Blanc. Un engagement qui avait déjà été souligné en 2017, lors du déploiement de moyens conséquents par le PGHM pour retrouver un alpiniste japonais disparu.
Encourager les liens créés entre le PGHM et les alpinistes japonais

C’est la première fois que le PGHM de Haute-Savoie se voit remettre un tel prix. Au-delà de la notion de secours, cette distinction marque également la confiance réciproque qui s’est tissée depuis de nombreuses années entre les gendarmes et la communauté d'alpinistes japonais. Une communauté importante et présente à l’année dans la vallée.
Une triple cérémonie

Avant la remise du prix du ministère des Affaires étrangères du Japon, ont également eu lieu deux autres cérémonies, en présence du commandant de la région de gendarmerie de Rhône-Alpes, le général de corps d’armée Laurent Tavel, et du préfet de Haute-Savoie, Alain Espinasse. Elles ont successivement mis à l’honneur le lieutenant-colonel Stéphane Bozon, qui après 40 ans de service prend sa retraite, transmettant les rênes du PGHM au lieutenant-colonel Bertrand Host, et le chef d’escadron Vincent Favier, qui a pris récemment la tête de la compagnie de Chamonix.

À noter : Le PGHM de Haute-Savoie, qui couvre les secteurs d’Annecy et de Chamonix, fait partie des plus importants de France. Chaque année, ses militaires effectuent près de 1 600 secours, dont 900 uniquement sur le massif du Mont-Blanc. Des secours qui concernent en grande majorité des alpinistes européens et plus largement internationaux, nombreux à vouloir chaque année gravir le toit de l’Europe occidentale.

Source : https://www.gendinfo.fr/l-info-en-continu/le-pghm-de-chamonix-prime-par-le-ministere-des-affaires-etrangeres-du-japon

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Re : Gendarmes et secours en montagne, des alpes au Népal
« Réponse #3 le: 06 novembre 2021, 09:56:25 »
Mont-Blanc : prévenir et sécuriser pour limiter les secours
Auteur : l’aspirante Morgane Jardillier - publié le 22 octobre 2019



Chaque année, près de 25 000 personnes tentent l’ascension du Mont-Blanc, parfois dans de mauvaises conditions de sécurité ou de préservation de l’environnement. Surfréquentation, camping sauvage, comportements nocifs, alpinistes mal préparés et/ou mal encadrés… les gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix et du groupe montagne gendarmerie effectuent, en période estivale, des missions de contrôle, d’information et de dissuasion, notamment sur la voie d’ascension la plus empruntée.

Entre 200 et 300 personnes se lancent, chaque jour, à l’assaut du Mont-Blanc et de ses 4 810 mètres.

« L’engouement pour cette ascension sur la voie normale a engendré, ces dernières années, des phénomènes de surfréquentation des refuges, des problèmes de sécurité pour les pratiquants et, ponctuellement, des incivilités et des atteintes à l’ordre public, qui ont atteint des sommets à l’été 2018 », explique le lieutenant-colonel Stéphane Bozon, commandant le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix. La forte fréquentation de ce site naturel fragile et affecté par le réchauffement climatique a donc conduit les services de l’État à encadrer et à réguler les flux d’alpinistes au cours de l’été 2019.

Face à ces différentes problématiques, les gendarmes du PGHM et du Groupe montagne gendarmerie (GMG) de Haute-Savoie, épaulés par la brigade blanche, créée par la commune de Saint-Gervais et composée de trois guides de haute montagne, dont un ancien gendarme, ont pour mission de prévenir les comportements dangereux et de dissuader les alpinistes tentés d’accéder au Mont-Blanc sans posséder de réservation en refuge, désormais obligatoire !
Une ascension régulée

Victime de son succès, le Mont-Blanc a, en effet, vu son accès réglementé de façon permanente lors de la période estivale. Depuis le 1er juin 2019, le nombre d’alpinistes arpentant le Mont-Blanc est quotidiennement limité. Seules les personnes attestant d’une réservation pour l’un des trois refuges (Nid d’Aigle, Tête Rousse et Goûter) jalonnant la voie dite normale, peuvent accéder à l’itinéraire.

Les cordées souhaitant s’engager dans l’ascension du « Toit de l’Europe » doivent être en mesure de présenter le récépissé individuel nominatif généré lors de chaque réservation et, plus particulièrement, pour le refuge du Goûter. Ce refuge de 120 couchages, construit en 2013 et situé à 3 815 mètres d’altitude, avait connu, en 2018, un état de saturation inédit en raison de l’arrivée sans réservation d’un certain nombre d’alpinistes, parfois épuisés.

« Les alpinistes dépourvus de réservation refusaient de descendre et dormaient dans les couloirs, dans le hall d’entrée et même dans les escaliers, compromettant ainsi les issues de secours ! Le dépassement pouvait aller jusqu’à 30 personnes », raconte l’officier. Cela a notamment posé de graves problèmes de sécurité, d’hygiène, de risque d’incendie et de troubles à l’ordre public.

En juillet 2018, la tension est montée d’un cran. « Nous avons dû intervenir pour ramener la sécurité et la sérénité, surtout vis-à-vis du gardien, qui se faisait prendre à partie par les ascensionnistes. »

Pour améliorer la situation et limiter de fait la fréquentation du refuge, la préfecture de Haute-Savoie a donc pris un arrêté, avec effet jusqu’au 29 septembre 2019, visant à mieux réguler le flux d’alpinistes sur le parcours.

Les militaires du PGHM, du GMG et de la brigade blanche filtrent ainsi, en douceur mais avec la fermeté nécessaire, les candidats au Mont-Blanc, via des contrôles inopinés sur l’ensemble de l’itinéraire d’ascension. En cas d’absence de justificatif de réservation, les ascensionnistes sont alors invités à faire demi-tour. « Limiter le nombre d’alpinistes à celui des places prévues dans les refuges relève du bon sens.

Cela garantit une pratique sereine de l’alpinisme sur cette voie. Le dispositif est coûteux en heures et en effectifs, compte tenu de la difficulté du terrain, de l’éloignement, de l’altitude et des délais d’accès, mais c’est à ce prix que nous sommes capables, pour le moment, de maîtriser cette problématique. »
Préserver un site naturel

Le massif du Mont-Blanc est un site classé au titre du Code de l’urbanisme, par décision de l’État français du 14 juin 1951, ce qui implique l’interdiction d’y camper. « Depuis de nombreuses années, de nombreuses tentes étaient dressées et polluaient les lieux, notamment sur l’arête du Goûter, confie le lieutenant-colonel Bozon. Le bivouac fait partie intégrante de l’alpinisme. Le problème se pose lorsqu’une trentaine de personnes irrespectueuses s’y adonnent en même temps, au même endroit… »

Dans le massif, les gendarmes interrogent, entre autres, les alpinistes sur leur lieu de campement, apercevant parfois des sacs de couchage dépassant de leur sac à dos… Ils s’assurent que les candidats à l’ascension vont bien passer la nuit dans un refuge et non camper. Dans le cas contraire, ils sont invités à se diriger vers le refuge de Tête Rousse, où un camp de base a été aménagé pour le camping, seul lieu autorisé mais limité à 50 personnes.

Assurer la sécurité des pratiquants

Prévenir et avertir pour limiter le nombre d’interventions de secours, tel est le credo des gendarmes. L’alpinisme est un sport exigeant, qui demande des compétences et de l’entraînement. « On ne se lance pas à l’assaut du Mont-Blanc sans préparation, sans équipement, sans connaissance de l’itinéraire et en baskets ! rappelle l’officier. Il faut apprivoiser les sensations qui accompagnent une marche longue sur un terrain alpin en altitude : marche et escalade en crampons, assurage en mouvement avec la corde, essoufflement, état légèrement nauséeux, maux de tête, sommeil souvent haché en refuge… »

Les militaires tentent de prévenir les accidents en étant attentifs aux équipements ou la manière de procéder.

Mais les conseils dispensés par les gendarmes ne sont pas toujours suivis et la montagne se charge elle-même de faire la leçon aux plus imprudents.

Chaque année, environ une trentaine de décès sont ainsi constatés dans le massif du Mont-Blanc. « La descente de l’aiguille du Goûter et son couloir à traverser sont les endroits les plus meurtriers du massif. En 2017, nous y avons déploré dix morts. » Chaque année, en moyenne, quatre personne perdent la vie dans ce « couloir de la mort ».
Surveillance de la montagne

La météorologie et l’évolution du climat jouent également un rôle déterminant dans la survenance des accidents. Le réchauffement climatique rend les voies d’accès plus sujettes aux éboulements de pierres. « Pour donner une image, les chutes de pierres vont de la taille d’un bol, d’une assiette, d’un micro-ondes, d’une poubelle, d’un réfrigérateur, au contenu d’un camion de 12 tonnes, expose le commandant du PGHM. Si l’on observe que la montagne devient impraticable, nous essayons de prendre les mesures nécessaires, en lien avec la préfecture et les guides de haute montagne, pour communiquer sur la dangerosité. Si les conditions sont très dangereuses, voire suicidaires lors d’éboulements ou d’écroulement, nous dissuadons alors fermement la montée comme ce fut le cas en 2015. »

Le grand couloir qui plonge sous le refuge du Goûter est notamment redouté pour ses chutes de pierres, parfois spectaculaires et meurtrières. L’encombrement du passage et l’inexpérience de nombreux alpinistes démultiplient d’autant plus les dangers. « Nous constatons souvent des problèmes de croisement de cordées et d’attente à cet endroit particulièrement sensible », déplore l’officier.

Faux guides

Au-delà de ces diverses actions, les gendarmes effectuent aussi une mission plus administrative et judiciaire : le contrôle des professions de guide de haute montagne. Coréens, Japonais, Italiens, Espagnols, Français, Slovaques, Roumains, Tchèques, Ukrainiens, Russes… le Mont-Blanc attire chaque année des milliers de personnes. Et certains n’hésitent pas à usurper le titre de guide de haute montagne pour se faire de l’argent. S’ils sont, pour certains, diplômés dans leur pays, leur brevet n’est pas forcément reconnu en France et par l’Union internationale des associations de guides de haute montagne.

Ces guides, appelés « marron », emmènent alors en toute illégalité des clients en alpinisme, mettant gravement en question leur sécurité. « La plupart du temps, il est très difficile de prouver l’usurpation du titre de guide, l’encadrement ou l’accompagnement sans titre, parce que les suspects ont tendance à nier tout encadrement et à se présenter comme le simple ami d’un groupe. Il faut alors essayer de les séparer lors des contrôles pour tenter de réunir les preuves matérielles, consulter les sites Internet de séjours au Mont-Blanc pour voir apparaître les notions d’organisation et de rémunération », indique le lieutenant-colonel.

En contact permanent avec les guides officiels de haute montagne et les gardiens de refuge, les gendarmes parviennent parfois à caractériser cette infraction, qui peut valoir jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.

Source : https://www.gendinfo.fr/sur-le-terrain/immersion/2019/mont-blanc-prevenir-et-securiser-pour-limiter-les-secours