Qu’est-ce qu’un incendie de forêt ?
On parle d'incendie de forêt lorsque le feu couvre une surface minimale de 0,5 hectare d'un seul tenant et qu'une partie au moins des étages arbustifs et/ou arborés est détruite. Le terme incendie vaut aussi pour les formations subforestières de plus petites tailles que sont le maquis, la garrigue et les landes. En France, 80% des feux de forêts en moyenne surviennent dans le bassin méditerranéen et le massif landais. Les feux de forêt peuvent avoir une origine naturelle ou humaine. Dans le cas de la responsabilité humaine, la cause peut être intentionnelle, involontaire ou liée aux infrastructures.
Protéger la forêt : le rôle de la Défense des forêts contre l’incendie (DFCI)
La lutte contre les incendies de forêt commence très en amont des départs de feux par une politique volontariste de prévention du risque. Ainsi, les services du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation contribuent financièrement à :
entretenir et développer les équipements de Défense des forêts contre les incendies (DFCI) des massifs forestiers (en particulier points d’eau, tours de guet, coupures de combustible, pistes de DFCI),
participer au diagnostic du danger de feu lié à l'état de dessèchement du couvert végétal,
assurer des patrouilles de surveillance et de première intervention, grâce notamment à la mobilisation de près d'un millier de forestiers spécialisés des services déconcentrés de l'Etat (DDT(M), de l’Office national des forêts (ONF) et en partenariat avec les forestiers sapeurs de certains conseils départementaux),
veiller, en lien avec les maires, au respect des mesures de débroussaillement obligatoire autour des habitations et en bordure de certaines infrastructures.
En outre, la constitution d’équipes pluridisciplinaires de recherche des causes de feu associant pour chaque département méditerranéen un sapeur-pompier (SDIS), un forestier (ONF), et un officier de police judiciaire (services de police et de gendarmerie) permet de consolider les actions de réduction des mises à feux d'origine anthropique. Grâce à cette pratique, le nombre d’incendies de forêt a pu être réduit de plus 20% depuis 2003 dans la zone méditerranéenne.
Dans le Massif des Landes de Gascogne (Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Dordogne) les propriétaires forestiers se sont organisés pour la DFCI et participent directement à son financement, par une taxe à l’hectare, versée aux associations syndicales autorisées (ASA) de DFCI. Ces structures sont financées, gérées et animées par les propriétaires forestiers eux-mêmes.
Au total, 218 ASA, regroupant 55 000 propriétaires forestiers, quadrillent les 1,25 million d’hectares du massif forestier landais.
Chaque ASA contribue à aménager et à gérer des équipements suivant un carroyage systématique avec des pistes (44 500 km) et leurs fossés (17 000 km), des points d’eau (9 500), des passages à gué, des petits ponts et passages busés (55 000)… L’ensemble est cartographié ou géo-localisé ce qui permet aux pompiers d’intervenir rapidement en tout point : la prévention est la base de l’efficacité des moyens de lutte.
Entretien des pistes, des points d'eau et des balisages tout au long de l'année
Le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation confie à l’Office National des Forêts (ONF) une mission d’intérêt général (MIG) de DFCI. Toute l'année, le service de DFCI de l’ONF, cherche à limiter les risques d'incendie. En effet, dans toutes ses actions de gestion durable des forêts publiques, l'ONF intègre la protection des forêts contre les risques incendie. Cet enjeu passe par des mesures spécifiques de sylviculture et d'équipement intégrés aux documents d'aménagement forestier et par la réalisation de travaux de protection des forêts exposées à ce risque.
Le service ONF de la DFCI est actif en permanence pour prévenir et lutter contre les risques d'incendie. Des équipes d'ouvriers sont chargées, toute l'année, de l'entretien des pistes, des points d'eau et des balisages. En période de risques, des patrouilles de surveillance doivent détecter les départs d'incendie, donner l'alerte, faire les premières interventions sur feux naissants et orienter les secours. Ils ont aussi un rôle d'information et de sensibilisation auprès du public. En situation de crise, lors des feux de forêt, l'ONF est présent sur les lieux et apporte son concours au commandant des opérations de secours (COS). Après incendie, elle apporte son expertise : appui juridique aux services de l'Etat, travaux d'urgence pour limiter les risques, expertise et études de reconstitutions écologiques et participation aux retours d'expérience.
Sur le pourtour méditerranéen, la délégation à la protection de la forêt méditerranéenne (DPFM) assure notamment un rôle de coordination des actions de prévention pour les 15 départements de la zone de défense sud. Enfin, certains conseils départementaux ont mis en place des équipes de forestiers sapeurs pour mener des actions de prévention et d’intervention sur feux naissants.
Débroussailler protège les biens et les personnes
La majorité des départs de feux est d’origine anthropique et ils démarrent le plus souvent le long de voies de communication ou depuis des constructions. En diminuant la biomasse combustible à proximité des habitations et des voiries dans les zones particulièrement exposées au risque incendie, l’intensité du feu est moindre, ce qui facilite l’intervention des services de secours.
Ainsi, les obligations légales de débroussaillement (OLD) en protégeant la forêt, protègent aussi les biens et les personnes. Ces obligations de débroussaillement contribuent activement à la politique de prévention des incendies en favorisant la politique d’extinction des feux naissants. Le respect des obligations légales de débroussaillement revêt un caractère prioritaire.
Le rôle des propriétaires forestiers pour limiter la propagation des incendies
En forêt privée, certaines coopératives forestières travaillent avec les services de DFCI pour créer des pistes forestières, qui servent mutuellement à la lutte incendie et à la gestion des forêts. De plus, les propriétaires forestiers participent à la lutte contre l’incendie de forêt tout en valorisant leur propriété. Comme le rappelle le récent Programme national de la forêt et du bois : « Le développement d’une gestion préventive répondra simultanément à la gestion du risque incendie et à la mobilisation de plus de bois ». En gérant activement leur forêt à travers un document de gestion, ces propriétaires récoltent et valorisent le bois pour la production d’énergie, mettent en valeur les bois d’œuvre de leur forêt, et opèrent en même temps le dégagement du sous bois, diminuant ainsi considérablement le risque de propagation des incendies.
Consulter le dossier de l'INRAE : Incendies de forêt : la recherche sous le feu de l’action !
Halte au feu ! Du bon sens et des bons gestes
Si la défense des forêts contre les incendies protège les forêts et limite les risques d'incendie, la prudence et le comportement citoyen responsable de chacun reste la clef de la préservation de notre patrimoine forestier.
Ainsi, en forêt :
Ne pas allumer de feu ou de barbecue,
Ne pas jeter de cigarettes,
Laisser les routes forestières accessibles pour les secours,
Camper uniquement dans les lieux autorisés,
Respecter les interdictions d'accès en période à haut risque.
Dans une situation d'incendie, certains gestes peuvent sauver la vie. Le plus important est de garder son calme. Il convient de :
Prévenir les pompiers en appelant le 18 ou le 112 qui passe quelque soit le réseau.
S’éloigner dans le sens contraire du déplacement du feu,
Respirer à travers un linge humide pour limiter les effets néfastes des fumées toxiques.
satellite de l'incendie près de Die (Drôme), prise le 8 juillet 2026. (2026 PLANET LABS PBC / AFP)
Les premiers incendies de l'été sont particulièrement destructeurs, à l'image du feu qui s'est déclaré, samedi 4 juillet, dans les Pyrénées-Orientales. En quatre jours, il a parcouru près de 5 000 hectares de forêt. Mercredi soir, 15 communes restaient concernées dans ce département par des ordres d'évacuation et 450 pompiers étaient encore mobilisés. Dans la Drôme 3 000 hectares ont été parcourus par les flammes en une semaine.
D'après les données du Système européen d'information sur les incendies de forêt(Nouvelle fenêtre) (Effis), 11 535 hectares sont partis en fumée depuis début juin. Franceinfo vous permet de visualiser jour après jour la surface cumulée brûlée par des feux de forêts depuis début juin et de la comparer à la moyenne depuis 2016.
La vulnérabilité du territoire est telle que 54 départements étaient concernés, mercredi, par un danger élevé à très élevé de feu, selon Météo-France(Nouvelle fenêtre). "Avant 2026, le maximum de départements en orange ou rouge était de 29 en 2025", souligne le prévisionniste.
Durant la seule première semaine de juillet, 9 921 hectares ont brûlé. Signe de la précocité de ces feux, l'année dernière, sur cette même période, 3 587 hectares avaient été détruits. Il faut remonter à 2022 et les feux historiques qui ont touché la Gironde pour trouver une première semaine de juillet plus destructrice.
Des incendies aggravés par les précédentes vagues de chaleur

Si neuf feux sur dix sont d'origine humaine comme le rappelle Météo-France, leur propagation et leur intensité sont étroitement liées aux conditions climatiques. L'agence météorologique souligne que "les fortes chaleurs et la sécheresse des sols provoquent une situation exceptionnelle de danger de feux de forêts".
Ainsi, le déficit de pluie de ces derniers mois et la canicule historique de juin 2026 ont rendu les sols extrêmement secs. Le réchauffement climatique aggrave la situation. Selon le prévisionniste, dans une France à +4°C d'ici à 2100, "la saison des feux pourrait durer un à deux mois supplémentaires dans certaines régions".
Les incendies ne sont pas les seuls effets de la canicule et des vagues de chaleur successives. Les terres sont également fortement touchées. Des sols durs, des cultures brûlées et, par conséquent, des récoltes qui s'annoncent mauvaises. Cet état de sécheresse est désormais généralisé et très précoce.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Arthur Portier n'avait jamais vu ça. Sa récolte de blé est en avance et les grains abîmés en raison de la canicule. "On a des grains qui ont subi un déficit hydrique au moment du printemps, plus des fortes chaleurs dernièrement. Donc, on a des grains qui sont plus ou moins gros et certains petits grains qui vont jouer sur le rendement et donc le réduire", explique-t-il au micro de France 2.
Résultat : l'agriculteur et consultant en matières premières agricoles pour Argus Media estime avoir perdu 8 % de sa production de blé. Et le pire serait à venir pour les récoltes de maïs prévues à l'automne. "La phase de la floraison est critique pour le maïs, c'est durant le mois de juillet. Avec les températures que l'on annonce dans les prochaines semaines, on craint le pire puisqu'on le sait, à la floraison, on a besoin d'un climat plutôt tempéré avec de l'eau et des températures minimes", s'inquiète-t-il. À noter qu'une nouvelle vague de chaleur est attendue en France. Deux départements sont déjà placés en vigilance orange canicule.
Une situation plus vue depuis plus de 20 ans
Partout dans l'Hexagone, la canicule a provoqué des pertes colossales pour les cultures. On observe une perte de 50 % de rendement pour les jeunes pousses de carottes, ou encore -20 % dans l'arboriculture. Une situation inédite depuis 23 ans, car les sols se sont asséchés en quelques jours seulement. Sur une image satellite prise juste avant le début de l'envolée du mercure, le pays est encore vert. Dix jours plus tard, la France est jaunie sur cette même image.
"Soit c'est la plante qui a brûlé, soit c'est la graine. Il n'y a pas de plante. Donc là, il y a du mesclun qui a été semé partout. Donc là, il n'y a rien à récolter", détaille Valentin Bonfils, un maraîcher dont l'exploitation n'a pas été épargnée. De son champ de mesclun, il ne reste presque rien alors que l'agriculteur a perdu l'équivalent de 50 000 euros en deux semaines. "Elles ont été brûlées par le vent et par la chaleur. Donc là, on a à peu près 70 % de pertes dans le champ de mesclun", conclut-il.
Source :
https://agriculture.gouv.fr/prevenir-et-lutter-contre-les-incendies-de-foret