Auteur Sujet: La gendarmerie organise son premier hackathon ....  (Lu 251 fois)

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La gendarmerie organise son premier hackathon ....
« le: 28 mai 2022, 12:47:54 »
.... sur le thème de l’intelligence artificielle !

Auteur : Pablo Agnan

Le premier hackathon organisé par la gendarmerie sur le thème de l’intelligence artificielle s’est tenu du 13 au 15 mai, à Issy-les-Moulineaux, sous la conduite du coordonnateur national pour l'I.A. de la gendarmerie. Ce challenge a rassemblé 235 participants de tous horizons, dont une équipe de la gendarmerie, composée de personnels du Pôle judiciaire (PJGN), qui est parvenue à se placer sur le podium.

L’Intelligence artificielle (I.A.) est, pour la gendarmerie, un enjeu majeur qui s'inscrit dans les différents piliers de la stratégie GEND 20.24. La phrase est écrite au présent, puisqu’il ne s’agit plus d’une fiction éloignée, mais bien d’une réalité. Elle est déjà utilisée par les gendarmes pour mieux appréhender la délinquance, grâce à l'analyse prédictive, mais aussi dans le cadre de l'authentification des « deepfakes », ou encore dans le domaine des ressources humaines, par l'utilisation d'un chatbot dédié.

Mais cet avant-goût ne constitue que les prémisses du potentiel d’utilisation de l’I.A. D’aucuns considèrent son avènement comme une quatrième révolution industrielle, dont les impacts dans les divers secteurs de notre société ne sont pas encore tous identifiés.

Néanmoins, pour la gendarmerie, l’intégration de l’I.A. dans son processus d’expansion technologique est d’ores et déjà engagée. Et cette évolution passe par une meilleure compréhension des concepts mathématiques de l’intelligence artificielle, afin de prévenir tout effet de boîte noire et d'exploiter les opportunités offertes en responsabilité.                                                                               
Un marathon de la programmation

C'est dans cet état d'esprit de transparence et d'une démocratisation de l'I.A. que l’institution a organisé, du 13 au 15 mai, sous l’égide de son Service de la transformation (S.T.), un hackathon de  l’intelligence artificielle. Pour les néophytes, un hackathon est un événement durant lequel des groupes de développeurs volontaires se réunissent pendant une période de temps donnée, afin de travailler sur des projets de programmation informatique de manière collaborative.   

Et cette fois-ci, durant 24 heures, les participants devaient plancher sur deux challenges au choix. En effet, la gendarmerie s'est associée avec les Programmes des Nations-Unies pour l’environnement (UNEP) et l’Agence française de développement (AFD) pour proposer un challenge dédié à la transcription automatique de la parole et un second au classement automatique de textes autour des 17 ODD (Objectifs de Développement Durable). L'occasion, si cela était nécessaire, de témoigner de la convergence, pour la gendarmerie, entre les sujets de protection du citoyen et de l'environnement.
La transcription comme outil opérationnel

Il s’agissait donc pour les candidats au challenge gendarmerie de plancher sur la transcription automatique de parole. En effet, cette tâche est particulièrement chronophage et concerne des préoccupations diverses, comme la transcription d'écoutes téléphoniques, d'enregistrements des Centres d’opérations et de renseignement de gendarmerie (CORG) ou encore d'auditions. Une application qui pourrait rendre de grands services aux gendarmes.

La compétition avait donc pour objectif d'évaluer la pertinence d’emploi de systèmes automatiques de transcription, dénommés Speech-to-Text, appliqués à une variété de sources d'enregistrement (radiophoniques, télévisuels, téléphoniques, etc.).

« Il s’agit en clair de transformer des ondes en texte », résume le lieutenant-colonel Daniel Camara, membre de l’équipe gendarmerie de cet hackathon et l’un des responsables du projet de recherche « INSPECTr »* au PJGN (Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale). Mais la transcription automatique de la parole ne constituait pas le seul objectif de ce challenge. L'ensemble des participants devait en effet s'atteler à un véritable défi dans un temps extrêmement limité au regard de la tâche à accomplir.
Ainsi, comme l'énonce le chef de l'équipe gendarmerie, il s'agissait de « segmenter les locuteurs, de déterminer leur genre, de détecter automatiquement la langue parlée, de résumer mécaniquement le texte transcrit, d’analyser les sentiments et, enfin, de déceler les propos haineux ainsi que les entités nommées. » 
Une troisième place pour l’équipe gendarmerie

Un hackathon, comme son nom l’indique, ce sont 24 à 48 heures de travail, et du sommeil à récupérer, tant pour les équipes que pour les organisateurs, comme le souligne le lieutenant-colonel Mikael de Miras qui, la nuit durant, a dû mettre au point la procédure d'évaluation des plateformes.

Le week-end s'est achevé par la proclamation du jury, composé, pour la gendarmerie, de Mme Ysens de France (S.T.), de monsieur Mike Gbadamassi (S.T.), du lieutenant-colonel de Miras (PJGN) et du général Patrick Perrot (S.T.).

L’équipe gendarmerie s’en est plutôt bien tirée, puisqu’elle arrive à une honorable troisième place, avec un niveau de performance très satisfaisant.
Pour le général Patrick Perrot, coordinateur I.A. de la gendarmerie, « l'équipe du PJGN a montré la richesse des talents que nous avons en interne et la capacité à développer des systèmes dont nous avons la compréhension et la maîtrise. »

L’événement se déroulait dans les locaux de l’ISEP, une école d’ingénieurs du numérique, partenaire de la gendarmerie pour la chaire « I.A. et Sécurité », avec le concours de son association d’étudiants centrée sur l’innovation, Garage ISEP. 3DS OUTSCALE s'est également associé au challenge, notamment pour la mise à disposition d'infrastructures de stockage des données et de calcul. Le général Perrot, à l'origine de cette initiative, s’est exprimé en ouverture, au cours d’une table ronde sur les défis de l’I.A. pour la sécurité. Celle-ci était précédée d’une conférence sur la stratégie I.A. française, présentée par Renaud Vedel, coordonnateur national pour l’intelligence artificielle.
À noter : « INSPECTr » est un projet de recherche européen qui vise à développer une plateforme de renseignement commune entre différentes entités. Il vise aussi à créer un nouveau processus de collecte, d’analyse, de hiérarchisation et de présentation des données clés, afin d’aider à la prédication, à la détection et à la gestion de la criminalité. La gendarmerie participe à ce projet en tant que partenaire technique. Le PJGN est responsable de la partie concernant le traitement du langage naturel. « Ce n’est pas commun, pour des projets de recherche européens, que les forces de l’ordre participent comme partenaire technique, explique le lieutenant-colonel Camara. Que toute la partie du Traitement automatique des langues (TALN) nous soit confiée démontre la confiance du projet dans la capacité de la gendarmerie à apporter des solutions innovantes dans ce domaine. »

Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/la-gendarmerie-organise-son-premier-hackathon-sur-le-theme-de-l-intelligence-artificielle

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Re : La gendarmerie organise son premier hackathon ....
« Réponse #1 le: 28 mai 2022, 12:49:57 »
L’Intelligence artificielle, un enjeu essentiel pour la sécurité
Auteur : capitaine Marine Rabasté

Mi-avril, la gendarmerie participait au premier salon mondial de l’intelligence artificielle, à Cannes. Une présence qui allait de soi pour l’institution qui, à travers sa stratégie de transformation, développe cette technologie sur l’ensemble de son spectre d’action.

Oubliez les robots humanoïdes pourvus de sentiments et susceptibles de se substituer à l’Humain. L’Intelligence artificielle (I.A.), ce n’est pas ça. Les représentations culturelles, au rang desquelles on pourrait citer les films I. Robot ou A.I., tendent à fausser l’idée globale que l’on se fait de cette technologie complexe, mais ouvrant un champ des possibles infini. Pour le scientifique Stephen Hawking, elle est même « le plus grand événement de l’histoire de l’humanité ». Alors, qu’est-ce que l’I.A. ? C’était tout l’objet du premier salon mondial de l’intelligence artificielle, qui s’est tenu à Cannes, du 15 au 19 avril : permettre à chacun de s’interroger et de le comprendre. Et parmi les 120 exposants, la gendarmerie avait son stand, animé par des personnels du Service de la transformation (S.T.), dont le coordonnateur national, le général Patrick Perrot, et une équipe du Data Lab du Service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieure [ST(SI)²].
Un vecteur de transformation

Dans le cadre de sa stratégie de transformation Gend 20.24, la gendarmerie a engagé une véritable expansion technologique, répondant aux besoins de l’ensemble de l’institution. Cette démarche prend en compte l’intégration de l’I.A. Pour le contrôleur général Christophe Jacquot, chef du Service de la transformation, « elle permet d’accroître le niveau de sécurité, que ce soit dans le domaine de la sécurité publique, de l’ordre public, de la sécurité routière ou de la police judiciaire, d’améliorer le service rendu à la population et de valoriser le gendarme, en libérant de la marge d’initiative » (Cultur’IA n°2). L’I.A. irrigue donc tout le spectre d’action de la gendarmerie.

Mal connue, fantasmée, crainte, elle demeure toutefois une notion complexe, qu’il est difficile de vulgariser, au risque d’en dénaturer le sens. Et pourtant, elle ne peut être niée et il serait inconscient de vouloir s’en passer, tant les progrès et les performances qu’elle engendre sont inégalables. Le général Patrick Perrot en faisait d’ailleurs l’analyse dans un article rédigé pour CyberCercle, en déclarant que « nous ne pouvons ignorer que le niveau actuel de l’intelligence artificielle supplante d’ores et déjà les performances de l’intelligence humaine dans bien des domaines : l’I.A. calcule mieux, mémorise mieux, voit mieux, détecte mieux, classifie mieux... » C’est pourquoi, dès la fin de l’année 2020, la gendarmerie a lancé un MOOC « I.A. », à destination de tous ses personnels, auprès desquels elle diffuse également une revue bimestrielle, Cultur'IA, pour une meilleure appropriation de l'I.A. dans le domaine de la sécurité.
À noter : selon la norme ISO 2382-28, l’I.A. est définie comme « la capacité d’une unité fonctionnelle à exécuter des fonctions généralement associées à l’intelligence humaine, telles que le raisonnement et l’apprentissage. »
Optimiser la lutte contre la délinquance

L’I.A. apporte une plus-value majeure en matière de lutte contre la délinquance. Aujourd’hui, les sources de données sont nombreuses et hétérogènes : communications SMS ou réseaux sociaux, géolocalisation, images, sons, vidéos, et bien d’autres encore. En analysant cette masse d’informations conséquente en un temps record, elle permet d’orienter l’action des forces de sécurité. L’étude des interventions au cours des années antérieures sur un secteur donné permet, par exemple, de déterminer le nombre de patrouilles nécessaires afin de couvrir un maximum d’interventions et, ainsi, d’optimiser l’empreinte terrain. C'est l'objet des développements autour d'une analyse prédictive des faits de délinquance comme des interventions.

En matière judiciaire également, l’I.A. trouve toute sa place. L’analyse de l’environnement d’un délinquant et l’exploitation des différentes données contribuent à mettre en évidence des signaux faibles et ainsi à anticiper l’activité criminelle.
Replacer l’Humain au cœur de l’action

En matière de sécurité publique générale, l’I.A. s’inscrit parfaitement dans la volonté d’accroître le contact humain entre les forces de sécurité et la population. Si elle ne remplace pas le gendarme, elle allège néanmoins ses tâches. Grâce à un système performant d’exploitation des données et une rapidité d’analyse, elle libère aux gendarmes du temps, qui sera mis à profit auprès de la population. L’I.A. a donc toute sa place dans la stratégie de transformation Gend 20.24, visant à recentrer l’action de la gendarmerie sur la population et à placer cette dernière au cœur de la mission.

Ses bénéfices sont également visibles dans le domaine des Ressources humaines (R.H.). En mettant à disposition du gestionnaire des outils lui permettant de traiter plus rapidement les différentes données ou de répondre à des questions de portée générale, l’I.A. lui permet de se recentrer sur le militaire, apportant ainsi plus d’humanité au traitement de son dossier. Une illustration concrète de cette transformation est la mise en place des chatbot, d’abord à destination des officiers (2019), puis des sous-officiers du corps technique et administratif (2020) et, enfin, des sous-officiers de gendarmerie et des volontaires (2021).

Dans ce domaine, la gendarmerie a d’ailleurs été précurseur, puisqu’il s’agit du premier chatbot R.H. de la fonction publique à destination des agents. Le principe est simple : le gendarme pose une question à l’interface, qui va lui répondre directement dans les secondes qui suivent. Mais aucun humain n’apporte cette réponse, l’I.A. seule s’en occupe. La question atteint en fait un moteur conversationnel, qui va comparer ses termes avec des données et des phrases de référence prédéfinies par le concepteur du chatbot. À la suite de cette comparaison, le moteur va apporter la réponse qui semble être la plus pertinente.

Une I.A. « en confiance »

« L’impact à court terme de l’intelligence artificielle dépend de qui la contrôle. Et, à long terme, de savoir si elle peut être tout simplement contrôlée. » Ce discours de Stephen Hawking amène à se poser la question du cadre dans lequel est développée l’I.A. Comment développer une I.A. « positive » ? Pour fonctionner, l’I.A. collecte et traite une masse de données conséquente, dont celles à caractère personnel. L'I.A. est assujettie à un cadre juridique, tant sur le plan administratif que judiciaire, garant du respect des libertés individuelles. À ce cadre juridique s’en ajoute un second : le cadre éthique. Selon le domaine d’action, il faut veiller à la place de l'Humain dans le processus de décision. La décision finale doit relever d'un choix et d'une supervision de l’Humain. Le principal concerné par la mesure doit également connaître les principes fondamentaux qui lui ont permis d’aboutir. Il ne s’agit en effet pas de remplacer le décideur par la technologie, mais d’améliorer les process pour faciliter sa tâche. L’I.A. n’est pas une fin en soi et doit être utilisée en complémentarité des actions humaines et exploitée à bon escient. Pour éviter les dérives ou usages malveillants, il est donc nécessaire de la comprendre et d’en connaître les effets. C’est la stratégie poursuivie par la gendarmerie dans son processus d’intégration de l’I.A. et de publication de sa charte éthique, afin que cette dernière soit une force positive, au service du citoyen.

Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/l-intelligence-artificielle-un-enjeu-essentiel-pour-la-securite

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Re : La gendarmerie organise son premier hackathon ....
« Réponse #2 le: 28 mai 2022, 12:54:37 »
COMCyberGEND : la gendarmerie monte en puissance face à la menace cyber
Auteur : le commandant Céline Morin

Avec la création, au 25 février 2022, du COMCyberGEND, ou Commandement de la gendarmerie dans le cyberespace, l’Institution se met en ordre de bataille et fourbit ses armes face à une cybercriminalité croissante. Cette nouvelle structure, dont le général de division Marc Boget a officiellement pris la tête ce 1er août, a pour objectif d’animer, de coordonner, de mettre en cohérence, de renforcer et de rendre plus visibles et lisibles les capacités de la gendarmerie dans le domaine cyber, qu’il s’agisse de prévention, de formation ou d’investigations.

La prépondérance du numérique dans nos vies quotidiennes, que ce soit dans la sphère professionnelle ou personnelle, a ouvert, ces dernières années, un large champ d’action à un nouveau genre de criminels. Dans le cyberespace, personne n’est à l’abri : particuliers, entreprises, institutions et collectivités, établissements hospitaliers… Chacun est une victime potentielle, sinon une cible. Une tendance qui s’amplifie d’année en année, avec une nette augmentation constatée au cours de la crise sanitaire, au regard des temps d’écran accrus, que ce soit pour les loisirs, le travail ou les études. En 2020, la gendarmerie a ainsi enregistré une augmentation de 22 % du nombre de faits liés à la cybercriminalité par rapport à l’année précédente, pour un total de 100 161 faits. Si les trois-quarts sont des escroqueries, les menaces en ligne, ainsi que les propos diffamatoires, injurieux et haineux sur les réseaux sociaux (5 300 faits recensés) ont également explosé.

La gendarmerie a investi de longue date dans ce domaine, tant en termes de prévention que d’investigations, disposant ainsi aujourd’hui d’un réseau fort de plus de 6 700 enquêteurs numériques, répartis sur l’ensemble du territoire national, y compris en outre-mer : des enquêteurs qualifiés Correspondants en technologies numériques (C-NTECH) au niveau des brigades, en passant par les enquêteurs en technologies numériques spécialisés (NTECH) au niveau départemental, les antennes du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) dans les sections de recherches des chefs-lieux des Juridictions inter-régionales spécialisées (JIRS), qui passeront à court terme de 11 à 14, jusqu'à l’échelon national, avec le C3N et l’actuel département informatique (INL) de l’IRCGN, sur le très haut du spectre. Malgré cela, selon un sondage effectué par la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr à sa création, en 2017, seules 0,6 % des personnes interrogées savaient à qui s’adresser en cas de problème cyber, ce qui souligne l’importance de l’action entreprise par le Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN).

Lisibilité, coordination, cohérence et efficience

Pour que la gendarmerie gagne en lisibilité, en coordination, en cohérence et en efficience dans la lutte contre la cybercriminalité et soit prête à répondre à une potentielle crise, le général d’armée Christian Rodriguez, DGGN, dans le cadre de sa stratégie de transformation GEND 20.24, a donc souhaité rassembler l’ensemble des forces cyber de la gendarmerie sous un étendard unique : le COMCyberGEND, ou Commandement de la gendarmerie dans le cyberespace.

Créé par arrêté du 25 février 2021, ce grand commandement, directement rattaché au DGGN, deviendra une formation administrative pleine et entière, avec une autonomie budgétaire propre, à compter du 1er janvier 2022.

« Aujourd’hui, tout porte à croire que la prochaine crise sera cyber. Les élections présidentielles en 2022, la présidence française de l’Union européenne au premier semestre 2022, la coupe du Monde de rugby en 2023, les J.O. de Paris en 2024, sont d’ailleurs autant de grands événements où il est certain que nous serons soumis à une menace cyber importante. Il y avait donc un vrai besoin de se coordonner et de monter en puissance. La mise en place de ce commandement, qui devient l’unique interlocuteur gendarmerie sur les questions cyber, est un vrai virage, une vraie accentuation voulue par le directeur général Christian Rodriguez, explique le général de division Marc Boget, qui a officiellement pris la tête du COMCyberGEND le 1er août. Aujourd’hui, il s’agit de renforcer et d’étendre les compétences que l’on détient déjà, mais surtout de mettre de la cohérence et de coordonner les actions, pour créer une vraie filière cyber, comme cela existe en P.J. classique. Le but est d'avoir une meilleure visibilité et d'apporter une vraie réponse face à la menace, comme on sait faire en gendarmerie, en exploitant nos forces, c’est-à-dire notre allonge dans les territoires, la capacité d’agréger les ressources face à un problème d’ampleur et celle de projeter une task-force au plus près d'un incident. Mon objectif est de faire en sorte que quiconque s’adresse à la gendarmerie, citoyen, TPE/PME ou collectivité, que ce soit dans une brigade ou via magendarmerie.fr, obtienne des réponses pertinentes. Que l’on sache, en cas de problème cyber, leur prodiguer les premiers conseils de prévention, en lien avec nos partenaires, les faire rappeler par un NTECH si besoin, de façon à les accompagner, par exemple en réalisant un audit et, éventuellement, en les orientant vers des prestataires externes si une remédiation est nécessaire. Puis, en cas de problème judiciaire, que l’on sache recueillir la plainte en bonne et due forme, car nous ne sommes pas sur des faits de délinquance classique, que l’on sache préserver les traces numériques, et que l’on mette en place une logique de subsidiarité, c'est-à-dire en faisant appel au NTECH, à une antenne du C3N pour l’appuyer si le dossier s’avère complexe, voire aux experts nationaux du C3N et de l’INL sur le haut du spectre. »

Un des mots d'ordre : la transversalité

L’un des mots d’ordre du COMCyberGEND est donc la transversalité. Il aura en effet une autorité fonctionnelle sur tous les CNTECH, les NTECH et les antennes du C3N (lesquels conservent leur autorité hiérarchique), et une autorité hiérarchique sur le C3N, l’INL, la brigade numérique/magendarmerie.fr et la plateforme Perceval. Il affectera par ailleurs un détachement permanent au sein du Centre national des opérations (CNO) de la DGGN, pour faire le lien, en cas de crise, avec le volet cyber.

La montée en puissance de la chaîne cyber se traduit par ailleurs numériquement avec, à terme, quelque 10 000 cyber-enquêteurs, et s’accompagne du recrutement désormais de 40 % d’officiers à profil scientifique, sans oublier la création des compagnies numériques, composées d'élèves-gendarmes identifiés comme ayant une appétence numérique et dont la compétence en la matière sera fortement accentuée.

Un effort sera parallèlement fait sur la formation, car « les ressources cyber sont très chères, dures à acquérir et à maintenir, d’où la nécessité de monter des partenariats avec les écoles spécialisées, que ce soit pour former les NTECH, comme on le fait déjà avec l’université de technologie de Troyes, ou les experts. Nous allons donc travailler sur la formation de nos militaires, tant en formation initiale qu’en formation continue, et ce, en nous appuyant sur nos partenariats mais aussi sur nos réservistes cyber. »

Une attention particulière sera par ailleurs portée aux personnels des Sections opérationnelles de lutte contre les cybermenaces (SOLC), dont une partie détient des compétences SIC (Systèmes d’information et de communication) pures. « En coordination avec le ST(SI)² et la direction des personnels militaires, nous allons identifier les compétences nécessaires à chaque niveau, pour pouvoir mettre en œuvre les actions de formation idoines pour que ces sous-officiers puissent acquérir les compétences nécessaires. »

Réservistes citoyens et opérationnels, partie intégrante de la communauté cyber

Preuve supplémentaire de la montée en puissance de la filière Cyber, un bureau de la réserve cyber a vu le jour au sein du commandement des réserves de la gendarmerie, regroupant l’ensemble des réservistes citoyens et opérationnels œuvrant dans le domaine. « L’objectif est de mettre en place une véritable communauté cyber intégrant pleinement les réservistes, que ce soit dans les actions de réflexion ou d’animation. De nombreuses initiatives intéressantes sont menées dans les régions, notamment en matière de prévention ou d’accompagnement des victimes. Des outils, des supports sont mis au point, mais restent cantonnés à leur périmètre. L’idée est de pouvoir en avoir connaissance, afin de les relayer, peut-être en les enrichissant d’autres réflexions. »
Une politique partenariale étendue

Pour atteindre ses objectifs, le COMCyberGEND s’appuiera également sur une politique partenariale étendue avec l’ensemble des acteurs gravitant dans le domaine cyber, à l’instar des grands industriels du secteur, du GIP ACYMA, opérant le site cybermalveillance.gouv.fr, émanation de l’ANSSI, mais aussi avec l’Éducation nationale, par exemple pour travailler sur la problématique du cyberharcèlement, les grandes écoles et les universités dans le domaine de la formation, les associations professionnelles, telle l'Association des agents d’assurances, lesquels se retrouvent souvent démunis quand leurs clients sont victimes de rançongiciels, ou encore les associations d’élus.

De nombreux partenariats ont d’ores et déjà été conclus et d’autres le seront très prochainement. Le ministre de l’Intérieur, l’Association des maires de France (AMF) et Cybermalveillance.gouv.fr vont, par exemple, cosigner prochainement un courrier tripartite à l’adresse des maires, afin de leur proposer de réaliser une auto-évaluation de leur état d'exposition au risque cyber (immunité Cyber). L'objectif est de permettre aux collectivités de dresser un état des lieux de leur niveau de protection et, en fonction, de prendre contact avec la gendarmerie pour obtenir des conseils, voire de l’aide.
Des divisions dédiées à quatre fonctions principales

L’état-major du COMCyberGend se compose de quatre divisions dédiées à quatre fonctions principales :

- la division proximité numérique, traitant les volets prévention et proximité, inclut notamment la Brigade numérique et la plateforme Perceval (infractions impliquant les cartes bancaires) ;

- la division enquêtes numériques, autrement dit les experts du C3N, appuyés par les enquêteurs des antennes du C3N et les NTECH des groupements, comprend notamment des groupes dédiés aux cryptoactifs, aux enquêtes complexes, au Darkweb, aux enquêtes en sources ouvertes, aux atteintes aux mineurs, à la pédopornographie, etc., en mesure de travailler sur des enquêtes d’initiative ou en appui des unités de terrain. Ces missions, déjà réalisées par le C3N, seront donc amplifiées, avec notamment une implication renforcée des antennes C3N. Par ailleurs, les enquêtes cyber comprenant la plupart du temps un volet économique, les Fintech, enquêteurs financiers spécialisés sur les problématiques cyber, seront renforcés au niveau central, en mesure d’appuyer, dès que de besoin, les unités de terrain ;

- la division de l’appui aux opérations numériques, c’est-à-dire les experts techniques de l’INL, à même de se projeter, de fournir une aide à la relation avec les acteurs de l’Internet, de développer des outils d’investigations, etc. ;

- et enfin, la division stratégie, prospective et partenariats.

L’état-major du COMCyberGEND sera concrètement implanté sur le Cybercampus, à la Défense, aux côtés de l’ensemble des acteurs français, étatiques comme privés, du monde du cyber (formation, recherche, etc.). Les échanges réguliers nés de cette proximité permettront à la gendarmerie de progresser dans tous les domaines, afin d’apporter une réponse globale.

Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2021/comcybergend-la-gendarmerie-monte-en-puissance-face-a-la-menace-cyber