Auteur Sujet: Des Cybergendarmes ....  (Lu 1861 fois)

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Des Cybergendarmes ....
« le: 21 juillet 2020, 11:35:24 »
La gendarmerie recherche des hommes et des femmes dans les domaines touchant au « cyber » et scientifiques.

Ils seront formés à partir de 2021 en école.

Recrutement Sous-Officier :
L'objectif cible spécifiquement de futurs sous-officiers de gendarmerie ayant des prédispositions dans les domaines scientifiques et techniques (avec une priorité donné aux BAC+2/3 dans le domaine scientifique et cyber/informatique).

Les sélections se feront par le concours général d’entrée en gendarmerie. Les lauréats de ce concours pourront alors se porter volontaires afin d’intégrer une compagnie d’élèves gendarmes spécialisés dans les domaines spécifiques touchant au numérique, cyber, informatique, sécurité des systèmes d’information, intelligence artificielle.

Ils seront sélectionnés à partir de :
- leur résultat à une épreuve numérique organisée lors de la phase d’admission ;
- leur niveau d'étude et/ou de la nature de leur diplôme ;
- leur classement général au concours.
- leur appétence au numérique et à leur agilité dans l’utilisation de ces outils, compétences qui pourront faire l’objet d’une évaluation.

Recrutement Officier :
L'objectif cible spécifiquement de futurs officiers de gendarmerie profils « ingénieurs » et « titulaires master scientifique ayant des prédispositions dans les domaines scientifiques et techniques (avec une priorité donné aux BAC+2/3 dans le domaine scientifique et cyber/informatique). Les postulants pourront être recrutés sur titre ou par concours.

***

NB : Il est rappelé que ces futurs militaires embrasseront pour la grande majorité d’entre eux une carrière classique dite généraliste, d'officier ou de sous-officier de gendarmerie. Seuls les lauréats retenus pourront être concernés par une carrière de spécialiste.

Vous pouvez contacter dés à présent le centre d’information et de recrutement de la gendarmerie de Besançon au 03 81 40 50 47.

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Re : Des Cybergendarmes ....
« Réponse #1 le: 22 février 2022, 18:19:26 »
L'école de gendarmerie de Chaumont (Haute-Marne) inaugure une e-compagnie.
La 509e promotion de la plus ancienne école de gendarmerie de France bénéficiera des enseignements traditionnels, avec un bagage numérique en plus.

C'est une première nationale, doublée d'une expérimentation prometteuse. L'école de gendarmerie (EG) de Chaumont (Haute-Marne) passe à l'ère du numérique en ayant incorporé, le lundi 28 juin 2021, une e-compagnie de gendarmerie.
Il s'agit de la 509e promotion de la plus ancienne école de gendarmerie de France. Elle suivra les mêmes enseignements que les autres promotions, mais bénéficiera en plus d'une formation spécifique tournée vers le numérique.
Les 112 élèves de cette promotion étudient à la caserne Damrémont, située au nord de la ville.

France 3 Champagne-Ardenne a interrogé le colonel Alexandre R... chef de la division de la formation à l'école de gendarmerie de Chaumont. Il présente dans le détail cette fameuse "e-compagnie de gendarmerie" dont le Journal de la Haute-Marne a révélé l'inauguration récente.
Il rappelle que malgré son bagage numérique, elle reste une compagnie d'instruction classique. Qui n'a pas de vacances : les cours ont déjà commencé même si c'est l'été. "Pour l'instant, on est dans le tronc commun sans encore aborder les matières spécifiques [au numérique]."

"Ces élèves ont vocation à rejoindre toutes les unités traditionnelles de la gendarmerie. Ils ne sont pas destinés à devenir tout de suite des spécialistes." Comprendre qu'il n'y aura pas de brigade spéciale numérique : ces élèves formés aux technologies les plus modernes iront disséminer leurs compétences un peu partout en France, et seront un appui numérique précieux pour leurs collègues.
Leur expertise : les systèmes d'information (SI), la cybercriminalité... Ou encore la communication : ce domaine est bien utile à la gendarmerie des Vosges (Lorraine), pionnière en la matière.

"Le but assigné par le directeur général dans son plan d'action GEND 20.24", complète le colonel, "c'est d'irriguer toute la gendarmerie au fur et à mesure, pour y développer cette culture du numérique. Le numérique est de plain-pied dans notre société." La formation dure huit mois, avec en plus quatre mois au sein d'unités de gendarmerie. Par rapport à la formation classique, il y a une semaine de cours en plus.
Malgré leur bagage numérique, ces élèves resteront à pied d'égalité avec les autres. "Leurs compétences seront les mêmes que tous les autres élèves en sortie de formation : en termes de savoirs, savoir-faire et savoir-être. Auxquels s'ajoutent ces compétences numériques. Bien sûr, elles ne seront pas acquises au détriment du socle de formation initiale."
Chaumont était idéale pour cette expérimentation. "Notre école est parfaitement aménagée en termes de réseau wi-fi, dans les bâtiments d'hébergement comme d'instruction ou en extérieur. Les élèves ont été dotés de moyens informatiques en mobilité : chaque élève est doté d'un ordinateur portable et d'une tablette Néogend qui lui permet d'avoir accès aux progiciels et différents outils." Avant le combat tactique qui est au programme, les élèves passeront aussi par le numérique via "une salle de simulation pour acquérir les cadres d'ordre, les répéter, et ainsi gagner du temps".

Développer une culture du numérique, ce n'est pas rester derrière un ordinateur, "bien au contraire", dément le colonel. Cette culture comprendra les systèmes d'information et de communication précédemment cités, mais aussi "un travail sur le futur système radio de la gendarmerie, la cartographie numérique, les cyber-menaces, les analyses des systèmes de données, la recherche de renseignements sur Internet en source ouverte". Un exemple pertinent : repérer une manifestation non-déclarée sur Facebook.

"Le but à courte échéance est de le généraliser et développer un programme numérique plus important. Voir si celui de cette première e-compagnie convient, éventuellement l'affiner sur certains points. Et commencer à l'augmenter sur plusieurs compagnies. D'ici la fin de l'année, la décision sera prise." À voir si ces compagnies seront uniquement à Chaumont, ou dans les autres écoles, comme celles de Dijon, Tulle ou Rochefort...

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/haute-marne/chaumont/chaumont-l-ecole-de-gendarmerie-inaugure-sa-premiere-e-compagnie-formee-aux-usages-numeriques-2193574.html

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Re : Des Cybergendarmes ....
« Réponse #2 le: 25 février 2022, 10:47:13 »
La gendarmerie a mis en place, depuis plusieurs années, et ce à tous les échelons, une stratégie de transformation digitale, renforcée dans le cadre du plan d’action Gend 20.24.
Comprendre les notions d’intelligence artificielle, connaître le fonctionnement d’un drone, mieux maîtriser les outils développés par la gendarmerie pour lutter contre les cyber-menaces, connaître les réseaux tactiques de communication, les outils de renseignement ou encore les solutions numériques de gestion de crise… Autant d’outils numériques qui n’étaient pas, ou peu, vus par les élèves gendarmes lors de leur passage en école, et qui ont été mis en avant lors de cette formation « enrichie ».
Afin de poursuivre cette évolution digitale, la gendarmerie a décidé d’agir à la base, au cours de la formation initiale des gendarmes.

Pour intégrer ces nouvelles connaissances à l’enseignement général dispensé à la e-compagnie, la part consacrée au numérique a donc été notablement augmentée, passant de 5 à 25 %. Dans le même temps, la durée de formation des 120 élèves de cette e-promotion a été allongée d’une semaine. Une prolongation qui leur a permis d’intégrer ces nouvelles compétences, sans peser sur le reste de l’enseignement général.

Pour composer cette promotion expérimentale, les élèves ont été choisis sur le volet, par le biais d’une sélection organisée en deux phases. Pour la première, trois critères ont été observés : l’ordre de classement au concours ; le volontariat et une sélection tenant compte des diplômes et des qualifications civils liés au numérique ; et, enfin, les résultats obtenus à l’épreuve « Pass num », passée au moment de la phase d’admission du concours SOG 2020.

À travers la création de cette e-compagnie, l’objectif du Commandement des écoles de la gendarmerie nationale (CEGN) n’est pas de former de futurs spécialistes de l’informatique et du digital destinés à rejoindre une unité spécialisée. Il s’agit plutôt d’intégrer de nouvelles compétences digitales à la formation initiale des gendarmes départementaux et mobiles de demain. Des connaissances qui viendront ensuite irriguer le terrain d’une culture numérique.

Les enjeux technologiques

Du côté du ST(SI)², qui pilote le volet technologique, les enjeux sont nombreux : il s’agit en effet de poursuivre l’aventure NÉO et sa réussite, en repartant presque de zéro avec un nouveau constructeur de téléphone, même si l'expertise acquise est certaine, et en intégrant non seulement les contraintes de sécurité du système SECDROID, mais aussi le nouveau facteur d’échelle, avec une large extension du nombre d’utilisateurs ; le troisième enjeu étant d’assurer la livraison en lieu et en heure.
Les développeurs ne perdent jamais de vue que leur travail est avant tout pour le terrain. D'ailleurs, les personnels de la section mobilité sont en dialogue constant avec une cinquantaine de gendarmes et de policiers, qui testent et émettent leurs idées. C'est un travail en boucle courte, qui nous permet d’avancer vite et de nous montrer très réactifs en cas de dysfonctionnement. C’est vraiment un travail en synergie, pour le gendarme, par des gendarmes. »
Une formidable aventure humaine donc, et une réalisation unique sur ce périmètre, dont « la réussite tient énormément à la qualité de nos ressources humaines et à la dynamique insufflée dans ce domaine », conclut le Colonel.

Sources :
https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/clap-de-fin-pour-les-eleves-de-la-toute-premiere-e-promotion-de-l-ecole-de-gendarmerie-de-chaumont

https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/neo-2-une-manaeuvre-strategique-technologique-et-logistique-d-ampleur

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Re : Des Cybergendarmes ....
« Réponse #3 le: 02 mars 2022, 11:15:08 »
Le  coup de maître des cybergendarmes contre le réseau téléphonique EncroChat devrait avoir d'importantes répercussions judiciaires dans toute l’Europe.

Le  coup de maître des cybergendarmes contre le réseau téléphonique devrait avoir d'importantes répercussions judiciaires dans toute l’Europe.

Dans un communiqué commun, les autorités néerlandaises et françaises, sous la houlette de l’agence européenne Europol, viennent d’annoncer le démantèlement d’un réseau téléphonique chiffré, EncroChat, très prisé par les réseaux criminels. Le résultat des policiers néerlandais et des gendarmes français est en effet impressionnant. Le démantèlement de ce réseau a déjà boosté près de 300 enquêtes aux Pays-Bas. La justice batave a ainsi mis la main sur 8 tonnes de cocaïne, démantelé 19 laboratoires de drogues synthétiques et saisi près de 20 millions d’euros.

La justice française n’a pas donné de chiffres. Mais elle précise que les investigations ont permis la surveillance de communications de milliers de criminels, "aboutissant à l’ouverture de nombreuses procédures incidentes". Ailleurs en Europe, au Royaume-Uni, en Suède et en Norvège, les enquêteurs ont également obtenu de très bons résultats sur des enquêtes liées au trafic de stupéfiants ou à des activités criminelles violentes.
Les gendarmes face à EncroChat

Un spectaculaire coup de filet à mettre en très grande partie à l'actif des cybergendarmes français. Plus précisément, ce sont les gendarmes geeks de Cergy-Pontoise qui sont à créditer pour ce travail remarquable d’investigation. Tout commence il y a trois ans, quand les gendarmes high-tech du très pointu département Informatique électronique (INL) de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) s’aperçoivent de l’utilisation, par des malfaiteurs, de téléphones utilisant le réseau sécurisé EncroChat.
La justice va saisir quelques mois plus tard, le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), alors dirigé par le colonel Jean-Dominique N...., pour enquêter sur ce réseau. Selon nos informations, l'unité a été également alertée sur ce sujet grâce à un travail de renseignement international.

Selon les gendarmes, les téléphones EncroChat coûtent environ 1.000 euros pièce. Sans caméra, sans microphone, port USB ou GPS, ses concepteurs vantaient sa discrétion numérique. Ces téléphones proposaient également des fonctionnalités très intéressantes pour des utilisateurs souhaitant couvrir leurs traces. Elles vont de la suppression automatique des messages à un code PIN destiné à supprimer toutes les données de l'appareil.

Un sacré adversaire pour les gendarmes de l'INL qui se mettent alors en ordre de bataille. Ce travail d’investigation va déboucher sur le projet Cerberus. L’investissement dans cette plateforme de décryptage, d’environ 2,6 millions d’euros financé par l’Europe, s’avère aujourd’hui payant. Une somme nécessaire pour par exemple acquérir des cartes vidéo. Les gendarmes en ont besoin pour leur force de calcul nécessaire au cassage de mots de passe. Toutefois, il n'y a pas eu besoin dans le cas d'EncroChat de procéder ainsi.

La belle moisson des enquêteurs

En fouinant dans le code informatique, les autorités ont en effet trouvé une faille dans EncroChat. La solution de communication chiffrée est mise en œuvre depuis des serveurs installés en France. Mais il y a une faille. dispositif technique permettant de contourner le chiffrement et d’avoir accès à la correspondance des utilisateurs", indiquent aujourd'hui les autorités. En clair, elles ont réussi à hacker EncroChat. Qui est à l'origine de cette performance? On ignore cette information.

Le communiqué précise en effet que la conception du dispositif technique est couverte par le secret de la défense nationale. On peut cependant supposer que les informations glanées par les geeks du département INL sur les terminaux ont été précieuses. Sur Twitter, la Gendarmerie rapporte que les gendarmes du C3N ont "cracké" EncroChat, sans toutefois préciser si ce sont bien ces militaires qui sont à l'origine du dispositif technique malicieux. Il s'agit visiblement ici plus d'une formule de style qu'une attribution directe.

Enfin, il est tout à fait possible que les gendarmes aient obtenu une assistance extérieure. Le dispositif technique utilisé par les gendarmes fait appel à la captation de données informatiques. Or il existe justement un service à compétence nationale, rattaché à la DGSI, chargé de ce sujet. Sa mission? Concevoir, centraliser et mettre en œuvre les dispositions techniques mentionnés aux articles 706-102-1, précisément le cadre juridique de l'opération EncroChat.

Quoiqu'il en soit, la moisson pour les enquêteurs va être belle. Si belle qu'il va falloir du monde. Les gendarmes lancent une task force: Emma 95. Elle compte 60 gendarmes! Une très grosse mobilisation, très rare dans une enquête judiciaire. Leur job? Analyser les données et faire les nombreuses investigations techniques et judiciaires. Soit aujourd’hui près de 2.000 pièces de procédure et 360 actes d’appui. La cellule nationale d’enquête est dirigée depuis le C3N. Elle compte également le renfort d’enquêteurs de sections de recherches et des quatre offices centraux rattachés à la Gendarmerie (Oclaesp, OCLDI, OCLTI, OCLCH).

Au niveau européen, la France et les Pays-Bas mettent en place une équipe commune d’enquête le 10 avril 2020. Cette dernière va indique le communiqué commun des autorités policières et judiciaires. Pour une part importante, ces messages ont été lus par les forces de l’ordre en temps réel, à l’insu des expéditeurs."

Cet efficace travail de renseignement a débouché sur des résultats concrets.
Si on ignore les détails de ces opérations, mené désormais sous la houlette des juges d'instruction de Lille, il est mentionné que des attaques violentes, des tentatives de meurtres et des trafics de drogues ont été entravés.
Cette surveillance prend brutalement fin à la mi juin. EncroChat découvre la faille dans son système de communication exploitée par les gendarmes. "Nous ne pouvons plus garantir la sécurité de nos terminaux à cause du degré de sophistication de l’attaque et du code malveillant", écrit l’organisation. Et de préciser, avec un culot d’acier, qu’il s’agit d’une attaque illégale par des entités gouvernementales.

Les gendarmes français vont répondre malicieusement à ce toupet éhonté.
 "En dépit des constatations relatives à l'utilisation criminelle des terminaux Encrochat, les autorités françaises souhaitent que les utilisateurs se disant de bonne foi, qui souhaiteraient obtenir l’effacement de leurs données personnelles de la procédure judiciaire, puissent adresser leur demande au service d’enquête, écrivent-ils. Toute personne se présentant comme dirigeant, représentant ou administrateur des sociétés à l’origine de ce service est invité à se faire connaître et à faire valoir ses arguments auprès des services de gendarmerie à l’adresse suivante: ."

Source : https://lessor.org/a-la-une/le-coup-de-maitre-des-cybergendarmes-contre-le-reseau-telephonique-crypte-encrochat

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Re : Des Cybergendarmes ....
« Réponse #4 le: 02 mars 2022, 11:21:28 »
Les gendarmes français de 'IRCGN offrent leurs services de déchiffrement aux polices européennes.
Un leadership qui prouve le savoir-faire de pointe des gendarmes français.
Ce projet ambitieux, dénommé Cerberus, est porté par les gendarmes du département INL (Informatique électronique) de l’IRCGN.
Ces cracks de l’ingénierie sont à l’origine de ce projet de recherche européen qui devrait faire du bruit. Financé par le fonds de sécurité intérieure de la Commission européenne, il doit en effet permettre de mettre à disposition des polices du Vieux continent le savoir-faire des gendarmes français en matière de déchiffrement. Certes, il existe bien déjà un service de cassage de mots de passe offert par Europol, mais celui des gendarmes français devrait être plus accessible.

Un investissement estimé à 2,6 millions d’euros

Les trois gendarmes français mobilisés sur Cerberus ne se transforment pas en prestataires pour rien. Cela permet de mutualiser l’investissement, estimé ici à 2,6 millions d’euros. Un coût qui aurait sans doute été trop lourd à porter pour le seul IRCGN. Au contraire, le financement par l’Europe est somme toute assez modique au regard des enjeux. Un téléphone ou des fichiers chiffrés peuvent en effet retarder ou entraver sérieusement des enquêtes. ″Il ne faut pas manquer le virage de la cryptographie″, prévient le chef d’escadron Lionel Prat, le porteur du projet.

Pour convaincre ses partenaires européens d’investir à Cergy-Pontoise, les gendarmes ont mis en avant les très bons résultats de Gendpass. Lancée en 2015 par la Gendarmerie, cette plateforme de décryptage compte plus de 500 réponses positives à des services enquêteurs. Soit autant de mots de passe déchiffrés permettant l’avancée d’enquêtes. ″Dans de nombreuses affaires ultra-médiatiques, Gendpass a permis de faire aboutir des enquêtes″, assure Lionel Prat.

Pour l’heure Cerberus est encore en construction. Les gendarmes viennent tout juste de réceptionner le matériel acheté pour leur nouvelle arme logicielle anti-cryptographie. Dans une salle de serveurs de Cergy-Pontoise, le siège du pôle judiciaire de la Gendarmerie, des cartes vidéos attendent d’être branchées. Installées massivement pour des calculs parallèles, elles permettront de casser le mot de passe à partir de son empreinte chiffrée. Un matériel informatique utilisé en raison de la similitude des opérations de calcul entre opérations graphiques et de recherche d’un mot de passe.

Pour retrouver le mot de passe des criminels, la méthode des gendarmes français allie force brute et astuces. La plateforme logicielle de décryptage utilisera des dictionnaires de mots de passe connus, qu’elle essayera à la chaîne. Il existe également des listes adaptées en fonction du contexte, comme par exemple le trafic de stupéfiants. Certains algorithmes cryptographiques sont moins robustes que d’autres et permettent de tester plus de à la chaîne. Au contraire, les opérations sont plus lentes avec par exemple le backup d’iTunes.

Entièrement automatique, Cerberus, accessible dans un cadre judiciaire, devrait allouer des quotas de mots de passe décryptés par police. La plateforme doit être également capable de gérer les priorités. Par exemple, en cas de séquestration ou d’enquête terroriste, le programme doit pouvoir arrêter des calculs pour en entamer des nouveaux.

La coopération européenne sur le déchiffrement ne se limitera pas toutefois à la seule plateforme logicielle. Les gendarmes français devraient aussi partager leur savoir-faire en hardware, comme le désoudage de composants. Les contours de cet aspect de l’entraide ne sont toutefois pas encore précisément définis. Les polices européennes devront-elles venir à Cergy-Pontoise ou les gendarmes leur dévoileront-ils leur méthode ?

Gabriel Thierry.  https://lessor.org/a-la-une/les-gendarmes-francais-offrent-leurs-services-de-dechiffrement-aux-polices-europeennes

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Re : Des Cybergendarmes ....
« Réponse #5 le: 02 mars 2022, 11:28:07 »
Cybercriminalité : techniciens et enquêteurs au service du terrain.


Sur le haut du spectre des enquêtes liées à la cybercriminalité ou impliquant des preuves numériques, les unités de gendarmerie peuvent s’appuyer sur les experts du pôle judiciaire. D’un côté, le département Informatique-électronique (INL), qui entre en scène dès lors que l’analyse technique d’un support requiert une expertise ou un matériel spécifique. De l’autre, le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), qui allie capacités d’investigations judiciaires et de renseignement criminel.

Créé en 1992, au sein de la division criminalistique ingénierie et numérique de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), le département Informatique électronique (INL) couvre l’ensemble des domaines d’expertise liés à la preuve numérique. Ses experts traitent ainsi tous types de supports, en particulier les disques durs et les téléphones portables. Assurant des expertises judiciaires et des examens scientifiques au profit des magistrats et des enquêteurs, le département est également en mesure de fournir une assistance aux unités, sur le terrain ou à distance, lors de perquisitions ou d’auditions en milieu complexe. « Nous travaillons quotidiennement avec les NTECH (enquêteurs en technologies numériques). Parfois, les constatations et expertises relèvent d’une certaine complexité. C’est à ce moment-là que nous intervenons », explique le chef d’escadron Cyril Debard, commandant le département. Un téléphone portable cassé, un déchiffrement impossible, et l’enquête risque de se retrouver au point mort. Les spécialistes de l’INL sont dotés de savoir-faire, d’outils et de performances particulières, qui leur permettent alors d’apporter des solutions.
Une collaboration interservices

Sur le plateau d’expertise de l’INL, à Pontoise, ces enquêtes donnent lieu à un véritable travail d’équipe. « On se retrouve souvent à trois ou quatre départements pour enquêter sur un même dossier, souligne le CEN Debard. C’est essentiel, car si, par exemple, je touche un téléphone portable, je peux compromettre l’expertise de l’équipe de biologie-génétique. Comme eux pourraient m’empêcher d’enquêter en trempant l’objet dans un liquide lors d’une analyse. »

Les outils numériques, et plus largement la technologie, évoluent sans cesse. Un haut niveau de qualification est donc attendu des vingt-deux personnels de l’INL. Les ingénieurs et les techniciens sont ainsi astreints à une remise à niveau permanente et à une veille technologique constante. Chaque année, ils suivent des formations au niveau national et international pour garder un haut niveau d’expertise.

En plus de leur travail quotidien, ces experts contribuent également à la formation des gendarmes NTECH. « En parallèle avec le centre national de formation à la police judiciaire, nous donnons des cours techniques aux Ntech. Chaque année, 20 à 25 personnels sont ainsi formés, précise l’officier. Depuis 2018, nous organisons par ailleurs quatre sessions d’une semaine de stage de perfectionnement à Pontoise. Ces cours permettent aux gendarmes Ntech de se remettre à niveau dans ce domaine où tout évolue très vite ». En 2017, plus de 370 dossiers ont été réalisés, portant sur 60 téraoctets (60 000 milliards d’octets) de données et des centaines de supports électroniques. En novembre 2018, on comptait 298 dossiers traités depuis le début de l’année.
Gendpass : un outil au service des gendarmes

L’essor de l’Internet des objets et de ses applications représente autant de défis à relever que d’opportunités à saisir en termes de prévention, de détection et d’actions dans les domaines de l’investigation et du renseignement. Innover aujourd’hui, c’est mieux protéger les Français demain. Cette volonté d’innovation est ancrée au cœur de l’INL, auquel on doit notamment des produits comme Gendexif, Gendextractou encore Gendpass.

L’exploitation des données numériques étant rendue de plus en plus difficile en raison de l’utilisation quasi systématique d’algorithmes de chiffrement des données, l’INL a créé Gendpass, une plateforme de déchiffrement pouvant être utilisée par tous les gendarmes. Parmi ses nombreuses fonctionnalités, on retrouve le déverrouillage des systèmes d’exploitation Android, le déchiffrement de smartphones sécurisés, mais aussi, dans un autre domaine, l’ouverture de conteneurs cryptographiques de type coffre-fort (trueCrypt…) et l’analyse d’applications chiffrantes. « Cette plateforme de cassage de mots de passe est accessible et disponible à tous les gendarmes, H24 7J/7. Ils nous envoient leurs problématiques de déchiffrement par lien sécurisé et nous leur faisons parvenir le résultat si une réquisition est envoyée à la suite », détaille le CEN Debard.
C3N : investigations et renseignement

Aux côtés de la division criminalistique ingénierie et numérique, sur le haut du spectre de la lutte contre la cybercriminalité, on trouve également, au sein du service central de renseignement criminel, le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N). Cette unité d’investigation cybercriminelle sillonne la toile pour lutter contre les cybercriminels et détecter les phénomènes émergents.

Le C3N est ainsi chargé d’assurer le pilotage et l’appui spécialisé de l’action de la gendarmerie contre les criminalités numériques, de mener ou d’appuyer les investigations d’ampleur nationale ayant trait à la cybercriminalité, et de réaliser des recherches sur l’Internet, pour y détecter et collecter les preuves des infractions qui peuvent y être commises. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les gendarmes de terrain. Ce sont d’ailleurs eux qui nous saisissent la plupart du temps. Nous faisons clairement de l’appui technique à l’enquête, explique le colonel Cyril, commandant en second du C3N. L’unité intervient sur des dossiers d’ampleur, parfois les mêmes que l’INL, telle l’affaire Maëlys. « Nous travaillons en co-saisine avec les unités de recherches, notamment sur les trafics sur le darkweb », précise l’officier.

Dans le cadre de sa mission d’enquête judiciaire, le C3N travaille aussi d’initiative. Dotés d’une compétence nationale, ses enquêteurs sont notamment formés à l’enquête sous pseudonyme. Ils utilisent également des logiciels élaborés leur permettant d’investiguer sur l’ensemble des vecteurs (web classique, darkweb, réseaux sociaux, jeux vidéo connectés, etc.) Les champs infractionnels prioritaires auxquels le C3N se consacre sont les ventes illicites en ligne (armes, stupéfiants, faux documents, données personnelles détournées, etc.), les atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données (attaques en déni de service distribué, vols de données, ransomwares, etc.) et les atteintes aux mineurs. « Occasionnellement, nous apportons un appui spécialisé lors d’importants déploiements de la gendarmerie au niveau national, en participant au recueil précoce et à l’analyse des données en ligne », décrit le colonel.
Un travail d’équipe

Afin d’harmoniser le travail du terrain, le C3N anime le réseau d’enquêteurs spécialisés Cybergend, qui forme une chaîne globale et cohérente de 4 500 gendarmes. Il diffuse ainsi une méthodologie commune et valorise les bonnes pratiques. Il contribue à définir les politiques de formation et d’équipement des militaires de la gendarmerie en matière cyber, et à harmoniser les outils et méthodes de travail (manuel des opérations NTECH). Il administre également le site intranet Cyber-Aide (8 000 fiches pratiques, 5 000 visiteurs distincts par semaine), le forum des enquêteurs spécialisés, ainsi qu’une liste de diffusion par courriel.

Enfin, parce que dans le domaine du numérique, peut-être plus que dans aucun autre, l’avancée technologique est primordiale, la cellule recherche et développement du C3N élabore des outils d’investigation pour son propre usage, pour les NTECH, les enquêteurs sous pseudonyme ainsi que pour les unités territoriales.

Source : https://www.gendinfo.fr/dossiers/la-menace-cyber/Cybercriminalite-techniciens-et-enqueteurs-au-service-du-terrain