Auteur Sujet: Le secours en montagne Gendarmerie ! PGM - PGSM - PGHM et GMG.  (Lu 40165 fois)

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Re : Le secours en montagne Gendarmerie ! PGM - PGSM - PGHM et GMG.
« Réponse #15 le: 21 août 2015, 11:28:24 »
Gendarmerie de l'Ariège - SECOURS EN MONTAGNE :
CHRONIQUE D'UN SECOURS « PRESQUE » ORDINAIRE

Mardi 18 Août 2015, en début d'après midi, une randonneuse expérimentée se blesse à la cheville sur le GR10. Partis de Haute-Garonne avec son mari et leur petit fils, il ne restait qu'une petite heure de marche pour arriver au refuge de l'étang d'Araing dans le Couserans.  :-\
Ce genre de traumatisme ne présenterait rien de « grave » si la météo n'était pas exécrable. La victime ne peut poser le pied à terre, le sentier boueux est rendu glissant par la pluie, l'humidité et le vent contribuent à refroidir la victime statique.
A plus de 2000 mètres d'altitude, la température chute vite ! La visibilité, quant à elle, est quasi nulle. Malgré plusieurs tentatives, l'hélicoptère du DAG de Pamiers n'est pas en mesure de déposer les secouristes auprès de la victime.
La constitution d'une caravane terrestre devient la seule solution. Cinq secouristes du PGHM de Savignac (09) et deux membres du Groupe Montagne Gendarmerie de l'Ariège se donnent rendez-vous au village de Sentein.
Le pilote et le mécanicien de bord de l'EC 145 gendarmerie parviennent, en dépit des nuages, à déposer la caravane de secours à 1400 mètres vers la Cabane d'Illau.
Il est déjà vingt heures lorsque les secouristes font jonction avec la victime.
Le gonflement de la cheville laisse soupçonner au minimum une bonne entorse. Après avoir immobilisé la blessure, la randonneuse est réchauffée et allongée dans un brancard. L'évacuation se fera à dos d'hommes. Les cornes de portages permettent d'installer la perche sur les épaules. Évidemment, la descente se poursuit sous une pluie battante. Quelques dévers boueux et dalles glissantes pimentent le trajet. Ces passages techniques requièrent une attention permanente de la part des gendarmes. La bonne volonté ne dispense pas de la fatigue : des relais réguliers s'organisent entre les porteurs.

Un peu avant 22h00, toute la caravane est à l’abri dans le refuge de l'étang d'Araing. Après un point météo, il est décidé de passer la nuit au chaud en attendant le ciel bleu prévu pour le lendemain matin.
Devant cet élan de solidarité montagnarde, la victime retrouve le sourire.   :)

Après la pluie, le beau temps ! Le vrombissement du rotor de l'hélicoptère au dessus de la mer de nuage signale la fin d'une mésaventure pour cette randonneuse. Quelques minutes plus tard, le service des urgences de l'hôpital de Saint Girons la prend en charge. Le diagnostic du médecin urgentiste est sans appel : double fracture de la cheville. Souhaitons lui un prompt rétablissement afin de pouvoir terminer cette belle traversée des Pyrénées l'an prochain.

Avant de poursuivre les vacances en famille, la victime et son mari ont fait part de leur gratitude. Chaque maillon du secours en montagne a joué son rôle et ils en sont reconnaissant. Un grand merci aux gardiens du refuge de l'étang d'Arraing, pour leur hospitalité, les équipages du Détachement Aérien de Gendarmerie pour leur professionnalisme et les deux brigadiers du GMG pour leur disponibilité.

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Re : Le secours en montagne Gendarmerie ! PGM - PGSM - PGHM et GMG.
« Réponse #16 le: 29 octobre 2015, 18:48:20 »
Dans les coulisses du concours d'entrée au Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne par France3
Pour tous, ce métier est une passion. Mais pour l'exercer tous doivent être au maximum de leurs capacités. Car si la montagne est belle, elle est aussi parfois hostile. Et dans cet univers, la moindre erreur ne pardonne pas.
Cette quête d'exigence commence dès le concours d'entrée. Dans le jargon, on l'appelle le "Test Spé".
Deux semaines d'épreuves physiques et mentales pour ne recruter que les meilleurs. Ce test, nous l'avons suivi à travers les regards et les expériences de David, Bastien et Romain. Trois candidats confrontés au concours de leur vie.
Une épreuve de géants, reportage de Jordan Guéant, Maxime Quémener et Laëtitia Di Bin  ;)

Chaque année, les 270 hommes et femmes des Pelotons de Gendarmerie de Haute Montagne sauvent la vie des alpinistes en perdition ou des randonneurs blessés. Derrière la fierté de porter secours, se cachent des efforts hors normes pour décrocher une place dans l'élite de la gendarmerie.
Cette quête d'exigence commence dès le concours d'entrée, le "Test spé", comme on dit dans le jargon. Deux semaines d'épreuves physiques et mentales régies par une seule loi: celle du plus fort! Ce test, nous l'avons suivi à travers les regards et les expériences de David, Bastien et Romain. Trois candidats confrontés au concours de leur vie.

Une épreuve de géants.  :P
Épisode 1. Lundi matin, au Centre national d'instruction au ski et à l'alpinisme de la Gendarmerie. Le CNISAG. Pour Bastien, David et Romain, c'est le top départ des épreuves. Un briefing puis, très vite, le test d'escalade avec ses deux parois à grimper. Comme des juges de paix pour, déjà, distinguer les plus prometteurs.

Episode 2. Les choses sérieuses commencent vraiment pour Bastien, Romain et David. Il est six heures du matin. Pour les trois candidats, c'est l'heure des toutes dernières vérifications de matériel. Tous vont ensuite s'élancer pour 36 heures d'épreuves. Une étape connue sous le nom de "grosse journée". Un nom qui sonne comme un doux euphémisme tant l'épreuve est rude.

Episode 3. 30km à parcourir, avec près de 3.000 mètres de dénivelé. Les premiers sont partis à 7 heures, les derniers sont arrivés à 14 heures. La fin de la course, mais pas forcément du calvaire. Pour les uns, c'est un succès, pour les autres, un supplice.

Episode 4. Cette fois, la "grosse journée" touche à sa fin. Nous sommes jeudi matin. Bastien, Romain et David doivent subir, encaisser, une ultime épreuve: une course d'orientation de dix kilomètres à travers la montagne. L'après-midi, elle, sera plus calme. Mais pas moins stressante. Il n'y a pas d'épreuve au programme mais une commission avec les instructeurs. Au bout, les premières éliminations. Dont celle de l'un de nos trois candidats.

Episode 5. Jour J à Chamonix. Après deux semaines d'épreuves intensives, Bastien et Romain vont enfin être fixés avec l'annonce des résultats. Mais 2015 est une année pauvre. Et seuls huit postes sont disponibles. Aux portes de l'élite, aux portes de leur rêve, les déçus seront nombreux parmi les 14 candidats restants.

L'épreuve des Géants, le concours d'entrée dans les Pelotons de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) ICI

Vidéo "L'épreuve des Géants" :

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Re : Le secours en montagne Gendarmerie ! PGM - PGSM - PGHM et GMG.
« Réponse #17 le: 26 janvier 2016, 17:40:07 »
SURVEILLANCE EN MONTAGNE : LE PASSEUR SURPRIS PAR LE PGHM...
Les spécialistes de la montagne ne font pas que du secours  ;)
Le 20 janvier 2016, en service de surveillance générale, deux personnels du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de Savignac-les-Ormeaux partent faire l'ascension du Pic de la Mine, secteur du col de Puymorens, en ski de randonnée.

Lors de leur progression, ils aperçoivent une personne descendant dans leur direction en raquettes et porteuse d'un sac de sport à l'aspect particulier. La charge de l'homme présente une forme étrangement rectangulaire pour une sortie en montagne !. Ils décident alors d'interpeller l'individu et constatent que le sac renferme 53 cartouches de cigarettes. Le passeur est d'origine péruvienne.

La Brigade de Bourg Madame ainsi que les douanes de Porta ont été aussitôt avisées et se sont transportées sur le col de Puymorens pour prendre le relais de nos montagnards.

[MISSION DE RECONNAISSANCE]
Le PSIG de SAIN-HIPPOLYTE DU FORT et le chef d'escadron ARPIN, commandant la compagnie du VIGAN (30), ont effectué une mission de reconnaissance au Mont-Aigoual, afin d'être en mesure de progresser et de travailler dans un milieu montagneux dégradé voire hostile.

Les recherches de personnes égarées sont fréquentes dans les Cévennes car sous la neige, le parc national des Cévennes fait perdre les repères même aux plus habitués.

Que ce soit en haute montagne ou en dans nos massifs, il est indispensable de respecter certaines règles de sécurité lors de toute sortie :
- préparer son itinéraire et prévoir un itinéraire alternatif, si besoin
- adapter son itinéraire à l'âge et à la condition physique des participants
- disposer d'un moyen de se localiser (carte et boussole ou GPS)
- disposer d'un moyen d'alerte (téléphone portable bien chargé)
- vérifier la météo
- partir avec un équipement adapté (chaussures, vêtements chauds, eau potable, etc.)

Bonnes randonnées !

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Re : Le secours en montagne Gendarmerie ! PGM - PGSM - PGHM et GMG.
« Réponse #18 le: 07 mars 2016, 14:32:23 »
Les PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne), sont des unités de la Gendarmerie Nationale spécialisées dans le secours aux victimes en montagne et sur les terrains inaccessibles par les moyens de secours conventionnels.
21 PGHM couvrent la totalité des massifs Français (dont un à la l’île de la Réunion).
Les gendarmes-secouristes affectés en PGHM ont une compétence territoriale (Administrative et Judiciaire) étendue aux départements et aux massifs sur lesquels ils ont vocation à intervenir.
Ils sont spécialement formés aux missions de secours, aux enquêtes judiciaires concomitantes et à l'exercice de la police administrative en zone de montagne.
Le centre national d'instruction de ski et d'alpinisme de la Gendarmerie Nationale se trouve à Chamonix (74). A l'issue de leur formation (19 semaines étalées sur une année calendaire), les stagiaires peuvent être affectés indifféremment dans n'importe quel PGHM.
Trois compétences obligatoires et essentielles pour les secouristes affectés en PGHM.
Un homme du PGHM doit pouvoir se déplacer en montagne et ou dans un canyon en toutes saisons, par n'importe qu'elles conditions météorologiques, de jour comme de nuit. L’effectif est composé de guides de haute Montagne, moniteur de ski Alpin et moniteur national de canyoning, certains détiennent des diplômes montagne internes à la gendarmerie comme celui de spéléologue.
Tous les hommes sont qualifiés  Premiers secours en équipe 1 et 2 (Diplômes identiques aux sapeurs-pompiers armant un VSAV (véhicule de secours et d’Assistance aux Victimes). Ils sont moniteurs national de secourisme et même instructeur national.
Ils sont tous aussi officiers de police judiciaire (0PJ) et peuvent effectuer des constatations et/ou enquêtes sur l'ensemble de la région d'affectation.
 
L’hélicoptère l’élément incontournable du secours en montagne !
Le PGHM intervient indifféremment avec, soit les hélicoptères de la sécurité civile, soit avec l'hélicoptère des section aérienne gendarmerie. Le principe étant d'intervenir le plus rapidement possible avec le premier vecteur aérien disponible.
Concernant les équipages des hélicoptères de la Gendarmerie, ces personnels ne sont pas affectés au PGHM mais au FAG (Force aérienne Gendarmerie). L'équipage se compose d'un pilote et d'un mécanicien treuilliste.

En savoir plus sur http://www.corsenetinfos.corsica/Le-Peloton-de-gendarmerie-de-haute-montagne-en-Corse-Une-histoire-de-plus-de-30-ans_a19890.html#PWiACTW2OX5jkhft.99

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Re : Le secours en montagne Gendarmerie ! PGM - PGSM - PGHM et GMG.
« Réponse #19 le: 23 mars 2018, 09:32:52 »
Été comme hiver, intervenir en altitude en toute sécurité nécessite une formation dont le premier niveau est le Certificat élémentaire montagne (Cem).

En Rhône-Alpes, depuis 2007, les stages Cem (trois l’hiver et deux l’été) sont organisés par le Centre régional d’instruction de ski et d’alpinisme (Crisa) du groupement II/5 de gendarmerie mobile de Chambéry.

Activé à chaque formation, le Crisa se charge de la planification et de la logistique de tous les stages ainsi que de l’évaluation des gendarmes départementaux et mobiles formés.
Pourquoi former les gendarmes au Cem ?

Les stagiaires viennent en général d’être affectés en unités montagne de la région (brigades territoriales ou pelotons montagne) et ont besoin de connaissances théoriques et pratiques pour pouvoir intervenir en toute sécurité dans ce milieu exigeant. Au terme de leur formation, les gendarmes départementaux intègrent les Groupes montagnes gendarmerie (GMG).

Quant aux gendarmes mobiles, ils constituent les Pelotons montagne de la gendarmerie mobile (PMGM), au sein de leur escadron et sont prioritaires pour armer les postes provisoires au sein des stations de ski dans le cadre du dispositif hivernal de protection des populations. En effet, face à la forte affluence de skieurs sur les pistes et aux nombreux débordements que cela engendre, les gendarmes ont besoin d’être qualifiés pour intervenir rapidement.

Les militaires formés peuvent également participer aux recherches d’ampleur avec les gendarmes des Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM). Parfois, ils sont même les premiers sur les lieux et peuvent ainsi procéder aux premières constatations afin de gagner un temps précieux.
Quels sont les objectifs du stage ?   

Conformément aux directives édictées par le Centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la gendarmerie (Cnisag) de Chamonix), l’objectif premier de ce stage est d’amener les gendarmes nouvellement affectés en unités montagne à évoluer en autonomie. Cela implique d’agir en sécurité, pour soi et pour les autres, de savoir utiliser un matériel adapté, d’interpréter les bulletins météorologiques et de réaliser des recherches en cas d’avalanche.

De plus, la région a besoin d’un fort volume de personnels formés du fait de ses nombreux massifs. « Les avalanches ne sont pas rares dans les Alpes et les secouristes de la communauté montagne (PGHM, CRS, SDIS, pisteurs) ont souvent besoin de renforts : des personnels, avec qui ils parlent le même langage, qui ont reçu une formation suffisante pour agir en sécurité. Cela permet d’engager des moyens rapidement en cas d’avalanche d’ampleur », souligne le capitaine Christian Gras, commandant l’EGM 23/5 de Pontcharra et directeur de stage.

« Au cours du stage de premier niveau, nous repérons également les forts potentiels afin de leur proposer le stage de second niveau : le Diplôme de qualification technique montagne (DQTM). La réussite à cet examen permet par la suite d’encadrer les formations du GMG ou des pelotons montagne mais également des stages Cem », explique l’adjudant-chef Alain Paris, de l’EGM 21/5 de Chambéry et organisateur technique des formations Cem depuis les débuts.

À quoi sont-ils formés au cours du Cem ?

Durant les deux semaines du stage hiver, les militaires sont testés puis répartis en groupes de niveaux. Ils sont formés au ski technique et au ski alpinisme, dit de randonnée. Chaque session est l’occasion d’informations complémentaires sur les missions de la gendarmerie, sur l’environnement des pistes et sur le milieu de la montagne (météorologie, nivologie, orientation), mais également d’exercices.

« L’un des chapitres les plus importants concerne l’emploi du Détecteur de victime d'avalanche (DVA). Plus ils seront pointus sur la recherche, plus les chances de survie de la victime augmenteront », conclut le capitaine Gras.

Source Gendarmerie https://www.gendcom.gendarmerie.interieur.gouv.fr/Dossiers/Missions-en-montagne-la-gendarmerie-aux-sommets/Le-certificat-elementaire-montagne-en-3-questions

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Re : Le secours en montagne Gendarmerie ! PGM - PGSM - PGHM et GMG.
« Réponse #20 le: 23 mars 2018, 09:34:37 »
Chamonix Mont-Blanc. En cinq semaines, les instructeurs du Cnisag vont amener les 22 stagiaires de ce stage hiver à un haut niveau de performance.

Chaque année, sur la centaine de titulaires du Cem (Certificat élémentaire montagne - formation de premier niveau en été et en hiver), seule une poignée est jugée apte pour poursuivre la formation et passer le Diplôme de qualification technique montagne (DQTM).

Avant que ces quelques passionnés de montagne ne se rendent au Centre national d’instruction au ski et à l’alpinisme de la gendarmerie (Cnisag) pour cette deuxième étape de leur formation, ils doivent accomplir une liste de 15 courses en montagne.

À l’issue, les candidats passent un examen afin de vérifier leur capacité technique à suivre la formation DQTM été. Après validation de cette première session de formation, ils peuvent se présenter au stage hiver de cinq semaines après un test d’entrée pour évaluer leur niveau de ski.

Au cours de ces cinq semaines, les élèves sont encadrés par les formateurs du Cnisag et des renforts venant des Pelotons de gendarmerie montagne (PGM) et de haute montagne (PGHM) de toute la France, guides de haute montagne et/ou moniteurs de ski, en plus d’être gendarmes.

Les gendarmes titulaires d’un DQTM sont compétents pour encadrer des groupes en montagne et les stages Cem, et assurer les formations au sein de leurs unités : Groupes montagne gendarmerie (GMG) en gendarmerie départementale ou Peloton montagne gendarmerie (PMG) en gendarmerie mobile.

Ils pourront également participer aux secours d’envergures en renfort des unités PGHM/PGM et doivent donc posséder un niveau de connaissance et de performance adapté.
Semaine 1 : tests d’entrée et évolutions en ski technique

« Nous connaissons déjà l’ensemble des stagiaires ainsi que leur niveau physique car ils ont déjà suivi la formation été, d’une durée de 6 semaines, en 2017, commente le maréchal des logis-chef (MDC) Vincent Caty, du bureau instruction du CNISAG. Nous retrouvons donc la plupart des militaires de cette promotion en plus de trois redoublants de l’hiver 2017 dont un qui s’était blessé et deux qui n’avaient pas été retenus à cause d’un niveau à ski insuffisant. »

Dès l’arrivée, les gendarmes en formation passent deux jours de tests. Leurs capacités physiques sont éprouvées : ski de randonnée chronométré (600 mètres de dénivelé par heure), ski sur et hors pistes. Une évaluation de l’utilisation du Détecteur de Victime d'Avalanche (DVA) est également réalisée afin de vérifier les acquis du stage Cem.

« Ils savent à quoi s’attendre et s’entraînent en fonction. Certains demandent un peu plus de temps pour se former et raccrochent le stage hiver l’année suivante mais quand ils arrivent ici, ils sont prêts. »

Une fois les tests d’entrée réussis, s’ensuivent trois jours de ski technique. « Les stagiaires sont répartis en plusieurs groupes et sont encadrés par un moniteur afin de les faire évoluer du bon au très bon niveau. »
Semaine 2 : ski technique hors piste et développer les connaissances montagne et secours

Au programme de cette deuxième semaine : technique en ski hors piste, gestion d’un groupe, nivologie, gestion d’une avalanche et utilisation du DVA.

« La lecture de la neige est primordiale en montagne, déclare le MDC Caty. Nous apprenons aux stagiaires à différencier les cristaux de neige et leur résistance, à déchiffrer un bulletin météorologique, à étudier le terrain… » Ainsi, les élèves suivent plusieurs conférences théoriques, notamment celle relative aux conditions de déclenchement d’une avalanche.

L’utilisation du DVA est un point crucial de la formation au secours en montagne. « En 5 semaines, nous les formons aux techniques de détection de deux DVA et de pelletage, ce qui est déjà complexe. Les cas de recherches multivictimes sont réalisés par les gendarmes des PGHM. »
Semaine 3 : la cascade de glace !

Après la théorie, la pratique. « Les stagiaires doivent acquérir les fondamentaux de la cascade de glace puis améliorer leur progression. L’objectif est d’avoir une pratique de l’ensemble des activités de montagne en toute sécurité », explique l’instructeur.

Semaine 4 : Formation en ski de randonnée et évaluations théoriques

Ces cinq jours sont centrés sur le ski de randonnée afin de préparer la course de la semaine suivante. Tenir des distances adaptées, étudier le terrain et assurer la sécurité du groupe : des impératifs que tous doivent avoir à l’esprit.

« À cette étape du stage, lors des premières sorties, l’aspect pédagogique prime. Le formateur est devant le groupe et discute avec ses stagiaires des décisions à prendre. L’objectif premier est évidemment la mise en sécurité du groupe. Cette démarche est au cœur des prérogatives d’encadrement demandées à un titulaire DQTM. Ensuite le stagiaire est mis en situation d’encadrement. »

Le temps des évaluations arrive également et les stagiaires sont interrogés sur leurs connaissances été et hiver, tant dans leur pratique de la montagne qu’en matière de polices administrative et judiciaire. Car oui, les stagiaires sont avant tout des gendarmes !

Outre l’intervention en cas d’accident ou de secours en milieu montagnard, les gendarmes ont pour mission de diriger des enquêtes judiciaires. « Le monde particulier de la montagne donne un statut de « sachant » à nos officiers de police judiciaire qui peuvent mener des enquêtes dont la technicité relève parfois de « l’expertise », souligne le major Alain Menière, du Cnisag.
Semaine 5 : initiation au raid à skis de randonnée

La rusticité des stagiaires continue d’être éprouvée en cette dernière semaine du stage. « Il s’agit d’une initiation au raid à skis. Les stagiaires sont évalués sur chaque journée prise séparément et non sur l’organisation du raid à proprement parler.

Par exemple, un groupe a traversé le domaine du Beaufortain en trois jours et a dormi en refuge non gardé. Partir sur plusieurs jours de la sorte implique une gestion des risques différente par rapport à une sortie de quelques heures. On ne fait pas son sac de la même manière, on n’étudie pas la météo et le trajet de la même façon. »

    « Au cours du stage DQTM, nous repérons les potentiels candidats aux tests PGHM. Une petite dizaine intègre nos rangs chaque année », conclut le MDC Caty.

Témoignage du doyen du stage : l’adjudant Frédéric Levrard de la brigade de proximité de Bagnères-de-Luchon

« Une préparation est obligatoire pour présenter le DQTM car la différence de niveau est énorme entre le CEM, qui est plus de l’ordre de l’initiation, et ce diplôme très technique. Je me suis entraîné pendant deux ans.

Il n’y a pas de secret : pratiquer la montagne le plus souvent possible et se rapprocher des militaires d’un PGHM pour gagner en technicité.

Cette préparation m’a permis de suivre le stage en confiance. Le seul module pour lequel j’ai eu plus d’appréhension a été la cascade de glace. Ce milieu fragile m’était inconnu et j’ai mis du temps à évoluer sereinement, à la pointe des piolets et des crampons !

Heureusement, nous nous sommes tous beaucoup soutenus. C’est aussi ça la pratique de la montagne : savoir compter les uns sur les autres.

Pour ma part, j’ai adoré le raid à skis. Une vraie aventure ! Je n’avais jamais dormi en refuge non gardé en plein hiver. C’était une ambiance incroyable d’être avec mon groupe, seuls au milieu de la montagne.

Tout au long du stage nous avons partagé ‘‘l’esprit montagne’’ avec nos instructeurs. . Le DQTM est de loin mon meilleur stage au sein de l’institution ! »

L’adjudant Levrard est le deuxième titulaire du DQTM du GMG du groupement de gendarmerie départementale de Haute-Garonne. Il sera ainsi responsable des sorties et formations du GMG et participera à l’encadrement des stages Cem. « Si j’ai voulu obtenir ce diplôme, ce n’est pas uniquement pour la pratique de la montagne, mais aussi et surtout pour ce volet encadrement. »

Source Gendarmerie https://www.gendcom.gendarmerie.interieur.gouv.fr/Dossiers/Missions-en-montagne-la-gendarmerie-aux-sommets/Formation-hiver-au-DQTM-5-semaines-en-haute-montagne

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Re : Le secours en montagne Gendarmerie ! PGM - PGSM - PGHM et GMG.
« Réponse #21 le: 06 septembre 2021, 15:37:55 »
PGHM de Savoie : 50 ans d’histoire

2021 est une année marquante pour le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Savoie. Créée en 1971, l’unité fête en effet ses 50 ans d’existence.
L’occasion de revenir sur l’histoire d’une unité pas comme les autres.

Depuis 50 ans, au coeur des vallées de la Tarentaise et de la Maurienne, deux unités de la gendarmerie assurent, quelles que soient les conditions, le secours en montagne : le PGHM de Bourg Saint Maurice et son détachement à Modane. A elles deux, elles forment aujourd'hui le PGHM de Savoie.
Actuellement composé d’une trentaine de militaires, le PGHM de Savoie a connu de nombreuses évolutions et s’est, au fil des années, adapté à cet environnement diversifié qu’est celui du département. Afin de se remémorer ces cinquante années d’existence, ces cinquante années riches en événements, le Groupement de gendarmerie départementale de Savoie (GGD73) a organisé, samedi 4 septembre, une cérémonie « anniversaire » rassemblant militaires d’active, retraités et services partenaires.
Années 70, une unité non professionnalisée

En 1971, la création des deux unités répond alors à un besoin opérationnel face à l’essor des activités et sports de montagne engendrant une fréquentation croissante des massifs alpins. Mais leur configuration est loin de celle que l’on connaît aujourd’hui ! A l’époque, ceux qu’on appelait les Pelotons de gendarmerie de surveillance montagne (PGSM) étaient directement rattachés aux compagnies de gendarmerie et le secours ne représentait qu’une petite part de leur activité, et pour cause !
Ils étaient en effet en majeure partie armés par des appelés du contingent, encadrés par quelques gendarmes qui n’étaient alors pas des professionnels de la montagne.
 « A l’époque, il n’y avait seulement qu’un guide, le commandant d’unité. Pour les autres, nous étions des gendarmes qui pratiquaient le ski et la marche mais nous n’avions pas de diplôme particulier. On se formait sur le terrain et à l’école militaire de haute montagne » explique Jean-Claude, retraité de la gendarmerie présent à la création du PGSM de Bourg-Saint-Maurice.
Il faut dire qu’au début des années 70, le secours en montagne était bien différent de ce qu’il est devenu : en 1972, le PGSM de Haute-Tarentaise n’avait réalisé que 24 opérations de secours, là où aujourd’hui, le PGHM de Savoie en réalise aujourd'hui entre 750 et 800 par an !
Mais les problématiques se dessinent, notamment en saison hivernale où les avalanches sont fréquentes. Des équipes cynophiles vont alors rapidement être créées dans les deux unités, suivies par la démocratisation de l’emploi de l’hélicoptère, facilitant l’accès aux lieux des militaires et l’évacuation des victimes.

Années 80, les débuts d’une spécialisation

Ce n’est que dans les années 80 qu’a débuté la professionnalisation des secouristes des PGSM. « On a fait de nous des vrais secouristes. On nous a alors imposé de participer à des stages de secours en montagne et à ceux de chefs de caravane. »
Avec cette professionnalisation, les gendarmes secouristes en montagne pouvaient désormais prendre en charge l’opération de secours dans son intégralité. « On était plus à l’aise ! Et le matériel évoluait également ».
Dans les années 80, les unités ont également subi de grands changements en terme d’organisation. Le 1er novembre 1987, par décision ministérielle, le PGSM de Bourg Saint Maurice prend l’appellation officielle de PGHM et voit ses effectifs augmenter, passant alors de huit gendarmes à seize.
La création du Détachement aérien de gendarmerie (DAG) de Modane est également un grand bouleversement dans le secours en montagne de Savoie. Depuis ce jour, il assure, aux côtés des gendarmes secouristes de Savoie, la permanence secours tout au long de l’année depuis la base de Modane.

Années 90, la création du PGHM de Savoie

En y repensant, Jean-Claude se réjouit encore des évolutions des années 90. «A compter du début des années 90, on s’est retrouvé être de vrais secouristes, un PGHM employé uniquement pour le secours en montagne. On avait de vrais moyens, de vraies formations et des effectifs suffisants ».
1992 a été une année charnière. Avec la réforme de la spécialité montagne de la gendarmerie, les pelotons de Bourg Saint Maurice et de Modane fusionnent, créant ainsi officiellement le PGHM de Savoie et permettant l’instauration d’une cohérence départementale.
Petit à petit, l’unité se vide des appelés et seuls restent les gendarmes spécialistes. « A partir de ce moment là, on partait de la base en équipe de deux secouristes et un médecin, avec l’appui d’un hélicoptère Alouette 3.
Et on avait des 4x4 à la place des estafettes. Les moyens étaient vraiment adaptés à la mission ». Depuis cette période, le PGHM de Savoie ainsi que tous les autres de métropole et d'outre-mer n’ont cessé de s’adapter pour secourir au mieux les victimes de la montagne.
Matériel radio, moyens de locomotion, formations, équipements, formation judiciaire … tout est régulièrement remis en question et amélioré. Mais au cours de toutes ces années d’évolution, une constante demeure : la passion de la montagne et le sens du service public qui animent l’ensemble des gendarmes secouristes !

50 ans de souvenirs

Que ce soit dans les années 70 ou maintenant, les souvenirs sont riches pour les gendarmes de PGHM. Chez ces secouristes qui prennent régulièrement des risques énormes pour secourir les victimes, il n’est pas de plus grand soulagement et de plus grande fierté que de mettre tout en œuvre pour que celles-ci s’en sortent vivantes.
Mais si les fins heureuses sont fréquentes, cela n’est pas toujours le cas et, même après avoir tout mis en œuvre, les pertes sont parfois inévitables…
Être gendarme en PGHM, c’est certes évoluer dans des paysages de rêve et pratiquer une passion au quotidien, mais c’est malheureusement également faire face à la douloureuse épreuve de la mort. Celles des victimes, celles de partenaires institutionnels, celles de camarades.

2021, une année importante

Samedi 4 septembre, l’ensemble des militaires du PGHM de Savoie, anciens et actuels, les unités du GGD73 et les autorités du département célébraient l’anniversaire de cette unité occupant une place majeure en Savoie. Pour le colonel Guillaume Chantereau, commandant le GGD73, la montagne est au coeur du département : elle en a façonné son histoire et ses hommes. La présence du PGHM de Savoie apparaît alors comme une évidence et l’action qu’il mène, en complément des unités territoriales, est indispensable à la bonne marche du GGD73. Cette journée fût alors l’occasion de se remémorer ensemble, ces 50 années d’existence, pleines de souvenirs, bons comme moins bons, mais qui ont tous participé à construire le PGHM tel qu’il est aujourd’hui.

Source https://www.gendinfo.fr/actualites/2021/pghm-de-savoie-50-ans-d-histoire