Auteur Sujet: Police judiciaire ou Police technique et scientifique.... Profileur !  (Lu 56721 fois)

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Hors ligne Jeano 11

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Bonjour et bienvenue Abby
Si tu veux entrer dans la Police Nationale la licence est suffisante mais si tu veux accéder au plus haut de la hiérarchie les master 1 & 2 te le permettront

voici ce que l'on peut lire sur le site d'une université de Toulouse :

La première année de Master droit, mention droit privé et sciences criminelles est commune à cinq spécialités en M2 : droit privé fondamental, personnes-famille, contrats et responsabilité des professionnels, sciences criminelles, contentieux et arbitrage.

Elle permet à l'étudiant d'acquérir une solide culture juridique en approfondissant et en complétant ses connaissances dans les matières fondamentales du droit privé telles que le droit civil, le droit pénal, le droit international privé, le droit commercial et le droit processuel.

Cette première année de Master permet également à l'étudiant, en raison du large éventail de cours à option proposés (cours existants ou communs à plusieurs Masters), d'exercer son choix en vue de sa spécialisation à venir ; ce choix se fera en fonction des pré-requis exigés en deuxième année de Master et plus généralement de l'orientation future du candidat.

Le Master 2 de droit privé et sciences criminelles offre un éventail assez large de débouchés : professions juridiques et judiciaires (avocat - magistrat - commissaire de police mais aussi juriste spécialiste du contentieux), concours administratifs, enseignement et recherche.

Hors ligne Abby

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Kit 055 :
Peux tu m en dire d'avantage sur l'école de formation pour la PTS s'il te plait ??

Jeano 11 :
Merci pour ces informations. Pour avocat je sais qu'il faut le doctorat et ensuite intégrer une école de magistrature m'a t'on dit mais je ne sais pas si cette information donnée était fiable mais il est vrai que si je réussi en licence de droit je souhaiterai poursuivre ensuite notamment avec un master 1 puis master 2 droit privé et sciences criminelles

Hors ligne kit055

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Il s’agit de personnels chargés de concourir à la recherche et à l’exploitation des traces et indices nécessaires à l’identification des auteurs d’infractions.
Ils participent aux constatations techniques portant sur ces infractions et apportent leur soutien aux activités opérationnelles des policiers.
Ils travaillent dans les laboratoires de police scientifique, dans les services régionaux ou locaux d’identité judiciaire ou dans les services locaux de la police technique. Participant à la police judiciaire, ils accomplissent les missions de police technique et scientifique qui leur sont confiées par le chef de service, un officier de police judiciaire ou l’autorité judiciaire.

Le recrutement dans les trois corps (ASPTS, Technicien, Ingénieur) se fait par concours interne ou externe. Pour ensuite devenir Technicien ou ingénieur de PTS, un candidat peut commencer par passer le concours d’ASPTS puis passer les concours de Technicien ou d’Ingénieur en interne dès qu’il possède au moins quatre ans d’ancienneté au 1er janvier de l’année du concours. Les concours sont alors plus abordables car il y a moins de candidats et des préparations gratuites, internes à la Police Nationale, peuvent être réalisées. Les personnels de tous les corps de la police nationale (Adjoints de Sécurité, Agents Administratifs, Gardiens de la Paix, Officiers) peuvent aussi passer le concours interne avec l’ancienneté requise.


Police : http://fr.wikipedia.org/wiki/Police_scientifique
            http://www.police-scientifique.com/
            http://www.interieur.gouv.fr/sections/inps/presentation-organisation
           
Gendarmerie : http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/fre/Sites/Gendarmerie/Presentation/PJ

Pour l'école il y a un institut de formation mais je n'en sais pas plus désolé... voir sur le site de ministère :
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/metiers_et_concours/police_nationale/agent-specialise-pts

Enquête technique et scientifique : qui fait quoi ?

En général, lorsqu'un délit ou un crime est constaté, le service chargé de l'enquête se rend sur place et, s'il y a lieu, après avoir maintenu les lieux en état pour préserver les traces et indices, sollicite la présence de spécialistes des scènes d'infraction. Ces personnels , spécifiquement formés, apportent leur concours aux enquêteurs pour les constatations et effectuent les prélèvements.

Ceux-ci sont placés immédiatement sous scellés par l'officier de police judiciaire saisi des  investigations, qui les envoie pour analyse au laboratoire de son choix, accompagnés d'une réquisition. Si une information judiciaire a été ouverte et que les analyses nécessitent une interprétation, c'est en revanche le juge d'instruction qui désigne le laboratoire auquel il fait parvenir les prélèvements. La demande prend alors la forme d'une ordonnance de commission d'expert, et non plus d'une réquisition.

Dûment enregistré pour en garantir la traçabilité, le scellé est ensuite ouvert, et l'objet ou la trace fait l'objet d'une ou de plusieurs analyses, éventuellement dans différentes sections, validées à l'issue par un rapport signé d'un expert.

Dans l’immense majorité des cas, les agents en laboratoire sont bien distincts de ceux intervenant sur le terrain. Des exceptions existent : les personnels de laboratoires vont parfois sur le terrain pour rechercher des traces (domaine des Incendies-Explosions et de la Balistique principalement), et les agents de directions opérationnelles font également certaines analyses en laboratoires.

Hors ligne Jeano 11

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Re : Police judiciaire ou Police technique et scientifique.... Profileur !
« Réponse #18 le: 17 décembre 2010, 11:58:33 »
Le métier de profiler n’existe pas en tant que tel en France, mais médecins, juristes, psychologues, policiers ou gendarmes spécialisés peuvent intervenir dans ce domaine. Le but du profilage technologique n’est pas tant de découvrir l’auteur d’un meurtre que d’orienter l’enquête et de limiter le nombre de suspects.


Les sciences du comportement appliquées aux enquêtes criminelles :

Le département des sciences du comportement (DSC) est un service de la gendarmerie nationale. Il dépend donc du ministère de l’intérieur (depuis le 1er janvier 2009).
Ministère de l’intérieur :
 Sous-direction de la Police Judiciaire
 Service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD)
 Département des sciences du comportement.


Historique
2001 : création du Groupe d’Analyse Comportementale (GAC) au STRJD.
2006 : le GAC devient le DSC. On trouve alors 4 analystes et 3 officiers de police judiciaire.

Définition de l’analyse comportementale :

Il s’agit d’une étude pluridisciplinaire d’un dossier criminel, à partir d’éléments objectifs d’une scène de crime.
Le travail d’un analyste comportementale se traduit par 95% de lecture de dossiers et de constatations.
La dimension psychologique à une enquête est donnée en développant une recherche fondée sur le comportement criminel.
Les différentes techniques :
- Reconstruction des faits criminels
- Compréhension des criminels et de leur mode opératoire
- Développement d’hypothèses
- Identification

Il s’agit donc d’un alliage de sciences :
 Psychiatrie
 Psychologie
 Droit
 Médecine légale
 Sociologie
 Police technique et scientifique

Cadre général de compétences et d’intervention :

En matière de sérialité : homicides, viols, incendies

En matière d’épisodes uniques :
- Actes présentant des caractéristiques particulières tenant au mobile non apparent ou aux spécificités du crime : il s’agit de crimes pas communs. Une liste d’éléments d’alerte de comportement criminel particulier présente en partie les demandes d’intervention du DSC. On y retrouve notamment la présence de mutilation, la présence de torture ante et pos mortem, l’ablation d’organes, la mise en scène particulière, la violence extraordinaire, les indices de sérialité…
- Enlèvement de mineurs (plan alerte enlèvement)
L’analyste est un officier de police judiciaire. Il intervient à la demande de concours des enquêteurs, sur saisine judiciaire des magistrats, et établit des procès verbaux à chaque intervention.
Il y a toujours un référant avec lui de la police judiciaire qui permet entre autre d’écarter tout ce qui est subjectif. L’analyste ne doit garder que l’objectivité.

Formation : officier ayant travaillé en section de recherche. L’analyste est en général un universitaire (et officier de gendarmerie) qui a un cursus de droit et une formation en psychologie, criminologie…

Missions
- Profil d’auteur inconnu
- Conduite d’audition personnalisée
- Analyse comparative de cas

Une étude de faisabilité est systématique. Elle estime le type de mission et sa durée, évalue l’urgence de l’intervention, et déclare la compétence du DSC quant aux faits et quant à l’existence de caractéristiques comportementales.


Profil d’auteur inconnu :
Il s’agit d’un portrait socio-psychopathologique de l’auteur. Cela permet l’évaluation de la personnalité de l’auteur. Il faut aussi faire une partie de victimologie (il est important de connaître les habitudes de la victime car elle connaît en général (84% des cas) de près ou de loin son agresseur).
L’établissement d’un profil permet de donner de nouvelles orientations à l’enquête (surtout pour les cas anciens). Pour les cas récents il permet de potentialiser les hypothèses.

Un des outils utilisé est le tableau d’aide à l’analyse comportementale (TAAC). On retrouve sur une scène de crime 3 étapes, une pré-criminelle, une de passage à l’acte, une post-criminelle. On voit dans ce tableau 6 composantes par étapes : violente, émotionnelle, sexuelle, opérationnelle, circonstancielle, sociologique.

Conduite d’audition personnalisée
L’analyste est également utile pour mener une garde à vue face à une personnalité complexe. La technique « ProGREAI » est utilisée par le DSC.

Analyse comparative de cas
X faits criminels = auteur unique ?
1 auteur identifié = X faits criminels ?
Pour comparer les cas, les analystes étudient la signature criminelle qui reflète la personnalité, les fantasmes de l’auteur. Elle peut bien sûr ne pas exister, et varie très peu d’un crime à l’autre alors que le mode opératoire peut varier.

Baptisée Progreai (Processus général de recueil des entretiens, auditions et interrogatoires), la Garde à vue change ...

Instaurer un climat de confiance, connaître le passé du suspect pour mieux le plonger dans un environnement familier et l'entraîner avec subtilité sur le chemin de la vérité. Depuis ce printemps, les élèves de l'Ecole des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN) de Melun ont découvert la méthode Progreai, comprenez processus général de recueil des entretiens, des auditions et des interrogatoires. Une technique utilisée pour les affaires graves et censée permettre à l'enquêteur d'obtenir la confession d'un suspect en créant un climat de confiance propre à délier les langues. Venue du Canada, cette méthode est appliquée en Belgique, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis par le FBI. Elle est enseignée aux élèves de seconde année de l'EOGN qui ont opté pour la dominante police judiciaire. Dès leur sortie, fin juin, ils seront amenés à diriger des brigades de recherche, à travailler en section de recherche, etc. « Cette méthode, c'est avant tout un état d'esprit. On ne cherche pas des aveux de la personne, mais sa vérité en comprenant son système de valeurs, ses motivations. Le seul chemin qu'on s'autorise, c'est la communication. On s'implique tout en gardant ses distances, sans porter de jugement, etc. », explique le capitaine François Debilly, l'instructeur de la méthode au Centre national de formation de police judiciaire (CNFPJ) de Fontainebleau. La méthode comporte plusieurs phases. La préparation d'abord. « Elle se fait au vu du dossier de la personne. Nous étudions qui elle est, sa situation familiale, son environnement, etc. On épluche tout. En fonction de cela, on crée le décor qui pourra aider : afficher tel poster au mur, poser une plante verte, etc. On choisit notre tenue civile pour les réfractaires à l'uniforme par exemple… » Seconde phase : la conduite de l'audition. Pour ne pas gêner le lien de confiance qui doit s'établir entre l'enquêteur et la personne entendue, c'est un gendarme « greffier » qui va noter les réponses tout en se faisant très discret. « Il faut un contrôle total de soi-même et de la situation. Face à quelqu'un qui refuse de parler, on essaie de dégeler la situation. On lui parle de ce qui l'intéresse. De fil en aiguille, je pose des questions car je sais à quoi je veux aboutir. C'est très positif pour l'enquêteur. Il use moins d'énergie, l'atmosphère est plus détendue, on gagne du temps et on gagne en authenticité. » Selon le capitaine Debilly, « cette méthode se pratique déjà, sans être formalisée. On ne fait pas du passé table rase, mais on bonifie ce qu'on fait avec cette technique très ordonnée. C'est un travail de longue haleine. Depuis trois ans, j'organise quatre stages de 18 personnes par an au CFPJ de Fontainebleau. Cela va entrer dans les mœurs comme ce fut le cas avec le gel des lieux sur une scène de crime. Nous aurons des résultats à grande échelle dans plusieurs années. » 

Citer
Mission psychocriminologue - Département des Sciences du Comportement de la Gendarmerie  -  l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN)
- Analyse détaillée d'un dossier criminel.
- Élaboration d'un profil d'auteur.
- Confrontation des résultats avec les analystes comportementaux du département.
- Échanges autour de diverses problématiques touchant à l'analyse comportementale.

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Mission essentielle de la gendarmerie nationale qui y consacre près de 40 % de son activité quotidienne, la police judiciaire consiste à rechercher les infractions à la loi pénale, à les constater, à en rassembler les preuves et à en rechercher les auteurs.

Exercée sous la direction et le contrôle des magistrats de l’ordre judiciaire, elle implique les unités territoriales (brigades et communautés de brigades), les unités spécialisées (432 sections et brigades de recherche), les 100 brigades départementales de renseignements et d’investigations judiciaires (BDRIJ), les trois offices centraux (lutte contre la délinquance itinérante -OCLDI-, lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique -OCLAESP- et lutte contre le travail illégal -OCLTI-) et les groupes d’intervention régionaux (GIR). http://www.gendarmerie.defense.gouv.fr/judiciaire/index.html

Maillons essentiels dans la résolution des enquêtes judiciaires, les Techniciens en identification criminelle de proximité (TICP), véritables « experts » dans le domaine de la police technique et scientifique, sont à l'origine du dénouement de nombreuses affaires.
Plus de 5000 techniciens en identification criminelle sont actuellement déployés au sein des brigades territoriales ou des communautés de brigades de la gendarmerie nationale. Choisis parmi des sous-officiers volontaires qui manifestent un intérêt particulier pour la police judiciaire et la criminalistique, ils ont notamment pour mission la gestion des scènes d'infractions courantes liées à la délinquance de proximité (cambriolages, vols de véhicules...) et la réalisation d'actes élémentaires de police technique et scientifique de nature à permettre l'identification des auteurs.

Quelques livres :

         


La police scientifique mène l'enquête
, 50 crimes élucidés par la science - Steven A. Koehler, Pete Moore, David Owen

Si, autrefois, la conviction et l'aveu suffisaient à emporter l'opinion des magistrats et des jurés, depuis queqlues années, la preuve scientifique est devenue un élément incontournable de l'enquête criminelle et la police scientifique est devenue la nouvelle héroïne des séries télévisées.
Dans ce livre illustré en couleur, 100 crimes, classsiques ou moins connus, avec ou sans cadavre, sont décrits en montrant comment la science a permis de les élucider. Chaque cas illustre les différentes branches de la police scientifique (le profiling, les analyses toxicologiques ou balistiques, les analyse ADN ou sérologiques...) : les techniques utilisées sont décrites en encarts. Une introduction présente les méthodes d'enquête et un glossaire en fin d'ouvrage explicite les principaux termes utilisés.

Ses trois auteurs respectivement médecin légiste, journaliste médical et journaliste scientifique décortiquent 50 cas regroupés en 8 thématiques, photographies, schémas et témoignages d'expert à l'appui.


Chroniques d'un médecin légiste
- Michel Sapanet

En France, on tue tous les jours, toutes les heures. Les faits divers envahissent les journaux, les séries télévisées de médecine légale prolifèrent, les histoires criminelles, réelles ou fictives, exercent sur le public une fascination sans borne.
Michel Sapanet est médecin légiste. Sa vie, c'est la mort. Égorgés, poignardés, étranglés, pendus, tués par balle, toutes les victimes finissent par parler. Sur sa table en inox, avec un immense respect, il pratique son autopsie : exploration des boîtes crâniennes, inspection des chairs mortes, ouverture des cœurs… le quotidien extraordinaire d'un homme ordinaire.
Quelle vérité sous ces corps anonymes ? Au légiste d'aller la chercher. Suicide déguisé, sombre accident de chasse, infanticide, le docteur Sapanet passe en revue les affaires criminelles survenues ces dernières années dans sa région poitevine. Avec humour, il propose une plongée en apnée dans son univers et accomplit cet art insolite de faire parler les morts.

Les nouvelles chroniques d'un médecin légiste - Michel Sapanet

De nouvelles enquêtes dignes des meilleures énigmes du Docteur House !
Une petite vieille tuée avec un couteau par son neveu pour hériter de la maison, un sac d’ossements humains retrouvé dans un lycée, un crâne fracassé par une mystérieuse balle, une overdose de médicaments…
Des histoires extraordinaires, Michel Sapanet en vit tous les jours. Sa vie, c’est la mort. La clientèle qu’il voit défi ler sur sa table en inox est un peu particulière : corps inanimés au teint violet, vert ou noirâtre, peaux putréfi ées ou boîtes crâniennes fracassées. À lui d’aller chercher la vérité sur le terrain, à lui d’explorer l’intimité des victimes, à lui d’ouvrir les coeurs, d’inspecter les chairs mortes et de remuer le passé. Suicide ou homicide ?
Après le succès de ses Chroniques d’un médecin légiste, Michel Sapanet nous offre de nouvelles chroniques encore plus saisissantes ! Avec un humour plus grinçant que jamais, l’auteur nous propose cette fois-ci, dans un style plus personnel, une plongée dans la noirceur de la nature humaine, et accomplit avec brio cet art insolite de faire parler les morts.

« Chaque affaire qu’il relate avec, parfois, une pointe de délectation jamais malsaine recèle son lot de bizarreries, de cocasseries même. Des histoires extraordinaires. » VSD
« Michel Sapanet raconte son quotidien peuplé de morts, dans ses Chroniques dignes d’un polar. » France Soir
« Mieux que les Experts, Cold Case, ou FBI : portés disparus. Âmes sensibles, surtout ne pas s’abstenir. » L’Express

Profileuse, une femme sur la trace des serial killers - Stéphane Bourgoin

« Pendant mes enquêtes, je suis vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans la tête des serial killers. Je n’ai jamais aimé le sang, mais, aujourd’hui, mes jours et mes nuits sont peuplés par des cauchemars et des corps en décomposition. » A trente-huit ans, Micki Pistorius est la première femme au monde à avoir exercé le métier de profiler et à traquer les serial killers. En l’espace de six ans, elle a enquêté sur près de quarante cas de tueurs en série et les profils psychologiques qu’elle a établis ont permis l’arrestation d’une douzaine de ces assassins hors norme. Durant plusieurs mois, l’auteur a accompagné Micki Pistorius dans son travail quotidien, sur les scènes de crimes, dans les morgues, les commissariats et jusque dans les prisons de haute sécurité où elle recueille les hallucinantes confessions de serial killers pédophiles, cannibales ou nécrophiles. Dans cet ouvrage, Micki Pistorius accepte de livrer certains de ses secrets et nous fait partager sa terrifiante plongée au cœur des ténèbres.

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COMMENT DEVENIR « PROFILER » ou « ANALYSTE COMPORTEMENTAL » en FRANCE - CONSEIL SYLVIANNE SPITZER => site http://profiling.free.fr/Devenir%20profiler.htm

Dans le but d'être un jour nommé ou recruté il vous faut acquérir un certain savoir.
Alors voici quelques conseils pour bien vous orienter et développer l'aspect le plus important : la crédibilité...  ^-^

Quelles études ?
Si vous voulez tenter de faire avancer les choses à votre tour, si vous désirez être crédible dans votre approche et si vous devez présenter des références qu'on ne manquera pas de vous demander, il vaut mieux vous former sérieusement auparavant.
Deux pistes possibles :
- La principale (après tout, il s’agit d’étudier des comportements) : la psychologie (donc Licence + Master 1 + Master 2 soit au minimum bac + 5) avec une spécialisation en psychologie clinique/patho.
- le droit (jusqu’à bac + 5) avec un spécialisation en droit pénal

L’idéal est :
De faire un cursus complet de droit pénal + un cursus de psychologie + diverses « spécialisations » (criminologie, victimologie, criminalistique…).  :o

La Gendarmerie nationale étant la seule institution à avoir recours à l’analyse comportementale, il n’y a pas d’autre solutions que d’entrer en gendarmerie.
Pour rappel, les analystes comportementaux (« profilers ») exercent au sein du Département des Sciences du Comportement (DSC) depuis 2009. Ce département est composé de 4 analystes comportementaux et de 3 enquêteurs.

Comment faire ?
- Avec votre master 2 de psycho, vous passez le concours de psychologue (postes en formation, en recrutement… ), il vous faudra demander à suivre une formation interne liée au processus d’enquête, puis il vous faudra attendre quelques année pour pouvoir demander votre statut d’officier de police judiciaire (OPJ) et vous pourrez enfin tenter d’intégrer le Département des Sciences du Comportement (DSC), il vous faudra alors postuler en interne.

- Ou avec votre master 2 de droit vous passez le concours d’officier de gendarmerie. Vous intégrerez l’école de gendarmerie (EOGN à Melun - 77) http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/eogn ; à la sortie vous êtes alors officier de police judiciaire. Vous faites vos preuves sur le terrain (environ 5 ans) au sein d’une section ou d’une brigade de recherche, vous suivez par ailleurs une formation en psychologie à l’université et vous postulez en interne au sein de la DSC.

Il vaut mieux, à mon humble avis, être psychologue et tenter sa chance en interne que de faire du droit sans formation en psycho. Sans spécialisations comme la criminologie sur votre CV ne penser même pas à postuler, vous ne serez pas recruté. Il y a énormément de demande par rapport au nombre de poste susceptible de se libérer ou d’être créé.

Donc quelques spécialisations existantes :
- la criminologie, étude des comportements criminels (quelques DU en France à Paris V, à Paris II, à Rouen, à Rennes et un Master 2 recherche à Aix en Provence, un Master 2 à Pau)
- la criminalistique, étude des recherches d'indices (un DU à Paris V et un Master 2 recherche à Lyon)
- la victimologie, étude des victimes (un DU à Paris V).

Ces diplômes ne sont accessibles qu'avec un Master 1 généralement (se renseigner car il existe de grandes différences d’une université à une autre : parfois accès dès la licence 3 possible, mais parfois seulement après un Master 2 !).
Il existe aussi un DIU de psycho-criminalistique à Lyon 1, lui aussi réservé aux professionnels déjà en poste.

Pour rappel, puisqu’on me pose beaucoup cette question : avec la nationalité française on ne peut travailler aux USA dans le profilage, avec la nationalité américaine ou anglaise on ne travaille dans le profilage en France ! Chaque pays applique une législation de sécurité intérieure, ce qui fait que pour « faire » du profil il faut avoir la nationalité du pays dans lequel on va travailler.

Ah oui, il vous faut aussi et surtout, une bonne  culture générale liée à une grande curiosité d'esprit.
Le profilage demande des connaissances dans de nombreux domaines (droit, médecine, anthropologie, littérature,...), bref un peu de tout pour pouvoir comprendre et interpréter tout ce que l'on voit et lit ( par exemple savoir reconnaître l'appartenance à un groupe grâce à un tatouage, savoir d'où vient une citation extraite d'une demande de rançon, etc ...).

Encore de la lecture :

   

     

Hors ligne Jeano 11

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Re : Police judiciaire ou Police technique et scientifique.... Profileur !
« Réponse #21 le: 07 février 2013, 11:03:58 »
"Affaires criminelles : des hommes au cœur de l'enquête".
Ce reportage inédit de 90 minutes sera diffusé en prime-time sur la chaîne M6, dans le cadre du magazine d'information Zone Interdite, dimanche 10 février à 20h50. Zone interdite explore toutes les facettes de la PJ et de la PTS en Gendarmerie.
Pendant un an, le réalisateur Pierre TOURY et ses équipes de tournage ont pu suivre chaque étape de certaines enquêtes criminelles.
De cette immersion résulte un documentaire de 90 minutes, « Affaires criminelles : des hommes au cœur de l'enquête », présentant aux spectateurs la diversité des missions et des enquêtes relatives à la Police judiciaire (PJ) en gendarmerie. Filatures, écoutes téléphoniques, interpellations prennent toutes leur importance dans différents cas comme celui d'un corps carbonisé retrouvé dans une voiture, le braquage spectaculaire d’un casino ou encore la disparition inquiétante d’une femme en Alsace.

Bonne soirée à tous !

Un site pour vous aider concernant les études à suivre pour devenir "profileur"
 https://sites.google.com/site/profilagecriminel/la-formation

Citer
Quelles études ?
 Il vaut mieux vous former sérieusement et acquérir de solides connaissances dans les différents domaines indispensables à la pratique du métier de profiler.
Il existe différentes pistes possibles pour se former :
    - La principale (après tout, il s’agit d’étudier des comportements) : la psychologie (donc Licence + Master 1 + Master 2 soit au minimum bac + 5) avec une spécialisation en psychologie clinique/patho.
    - Le droit (jusqu’à bac + 5 -> Master 2) avec une spécialisation en droit pénal.
    - Mais l’idéal est de suivre un cursus complet de droit pénal + un cursus de psychologie + diverses « spécialisations » (criminologie, victimologie, criminalistique…).
    La Gendarmerie nationale étant la seule institution à avoir recours à l’analyse comportementale, il n’y a pas d’autre solutions que d’entrer dans la Gendarmerie. Pour rappel, les analystes comportementaux (« profilers ») exercent au sein du Département des Sciences du Comportement (DSC) depuis 2009. Ce département est composé de 4 analystes comportementaux et de 3 enquêteurs.

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Re : Police judiciaire ou Police technique et scientifique.... Profileur !
« Réponse #22 le: 16 février 2014, 11:31:30 »
Profession "profileur" en Gendarmerie par Alexandra Guillet http://lci.tf1.fr/france/societe/2010-03/profession-profileur-5763308.html

Depuis 2003, une demi-douzaine de gendarmes, spécialistes du comportement, apportent leur précieux concours à la résolution d'enquêtes. Bien loin de la fiction...
Ces analystes comportementaux travaillent dans la plus grande discrétion au sein de la Gendarmerie. Fondée sur le modèle anglo-saxon et portée sur les fonts baptismaux après l'effroi déclenché par le tueur en série Patrice Alègre à Toulouse, cette unité unique en France abrite sept «experts» d'un genre particulier.
Trois hommes, «référents police judiciaire» chevronnés ayant dirigé sur le terrain de lourds dossiers criminels, et quatre femmes «analystes comportementales» triées sur le volet au terme de formations pointues en droit, criminologie et psychiatrie criminelle.  
Il faut traverser la vaste cour de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), installé dans l'enceinte du fort de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), puis s'engouffrer dans l'un des nombreux bâtiments de ce lieu hautement sécurisé...   Exceptionnellement, ils nous ont ouvert leurs portes.
Créé en 2003, le DSC est une unité unique en son genre en France. Composé de plusieurs analystes comportementales et de trois enquêteurs, il n'intervient que sur les crimes les plus complexes pour dresser, à partir des indices laissés sur la scène, les traits de caractère du ou des tueurs et ainsi permettre aux enquêteurs d'orienter leurs investigations.
Si aux Etats-Unis ou au Canada, les profileurs sont connus de longue date et servent à alimenter les scénarii de bon nombre de séries télévisées, le DSC made in France cultive la discrétion, installé à l'abri des remparts du fort de Rosny-sous-Bois, en région parisienne.  
 
"Au début, les séries télévisées ont permis de faire connaître notre métier, mais très vite on est tombés dans la caricature, en dégageant des analystes comportementaux une image de médium, à la limite de l'ésotérisme, avec des héros qui ont des flashs sur les scènes de crime. Ces images galvaudées nous ont desservi car notre travail est en réalité très scientifique, même si on reste dans le domaine des sciences humaines", regrette le capitaine Marie-Laure Brunel-Dupin. Bardée de diplômes universitaires en psychologie, criminologie et droit pénal, cette jeune femme de 34 ans est l'une des pionnières du service.  
Alors, il a fallu commencer par convaincre les collègues gendarmes, méfiants vis-à-vis de cette discipline récente. Et les rassurer aussi. "La vocation du DSC n'est pas d'arriver sur une scène de crime et de dire "poussez-vous on va résoudre l'enquête", rappelle le colonel Francis Hubert, patron du Service technique de recherches judiciaires et de documentation, dont dépend le DSC.
La vocation première, c'est d'orienter les enquêteurs par rapport à la détermination d'un profil psychologique d'auteur. C'est un outil supplémentaire au même titre que la police technique et scientifique, la recherche d'empreintes, etc...".
"A nous seuls on ne résout rien, confirme le capitaine Brunel-Dupin. Nous ne sommes qu'un rouage de plus dans l'enquête". "Aujourd'hui, les tabous sont tombés, affirme-t-elle. Il faut savoir qu'un enquêteur est prêt à utiliser tous les outils mis à sa disposition pour résoudre son affaire. Et si on est encore là après 2003, c'est que ça fonctionne".

La particularité du DSC est qu'il ne traite que des affaires les plus complexes et, de fait, les plus sordides : les agressions sexuelles en série, les rapts d'enfants et, surtout, les homicides dès qu'ils sortent de l'ordinaire.
Des mutilations, des inscriptions laissées sur le corps, une position humiliante, l'acharnement déployé ou le nombre d'armes utilisées sont autant de "signaux d'alerte comportementaux", qui justifient son intervention.
S'inspirant de son homologue canadien, le DSC a mis au point avec l'aide de correspondants scientifiques un protocole très rigoureux.
L'une des étapes de ce processus consiste à alimenter un tableau reprenant tous les items qui composent une scène de crime sur le plan comportemental.
Il y en a 160, classés en six catégories :
"agressivité", "opérationnel", "émotionnel", "circonstanciel", "sexuel" et "relationnel". Les questions sont simples, mais d'une précision clinique. Dans la catégorie "opérationnel" on trouve ce type d'interrogations : le criminel est-il venu à pied ou en voiture ? Y a-t-il eu effraction ? L'auteur est-il venu avec une arme ou l'a-t-il trouvée sur place ? "Avec ce type de tableau, on s'empêche toute part de subjectivité et on a une vue complète de tout ce qui a pu se passer ou pas sur une scène de crime. Cela nous permet d'être sûrs de n'avoir rien oublié et de structurer notre analyse intellectuelle", explique le capitaine Brunel-Dupin.
«L'analyse comportementale n'a pas la prétention d'élucider à elle seule une affaire criminelle, explique la capitaine. En revanche, elle fournit aux enquêteurs des éléments de portrait qui, bien souvent, leur permettent de gagner du temps en concentrant le champ de leurs investigations.»
Dans un autre registre, les profileurs sont formés à établir le caractère sériel de crimes commis par un même auteur. Enfin, ils peuvent assister les enquêteurs dans la conduite de garde à vue visant des criminels au profil psychologique particulièrement complexe.

Article du Monde " Les « profileurs » de la gendarmerie, dans la tête des tueurs "  à Lire  http://www.lemonde.fr/societe/visuel/2014/02/26/les-profileurs-de-la-gendarmerie-dans-la-tete-des-tueurs_4373571_3224.html

Lili1996

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Bonjour,
J'aimerais juste un petit conseil svp !
On ne peut vraiment pas integrer lécole des officiers de police nationale avec une licence de psychologie ??
Je suis en terminale et envisage de me lancer dans la licence de psychologie car la licence de droit (donc les trois premieres années !) me parait trop axée sur lhistoire du droit et sur le commerce...
Cela ne m'intéresse pas du tout le droit dans le commerce !
Et pour integrer la police, vaut mieux étudier droit penal et procedure pénale... non ?
Donc ça serait du temps de perdu de faire une licence de droit pour rentrer dans la police...sauf si on m'a mal renseigne et que la licence de droit aborde aussi le droit pénal !!!!
SVP qui pourrait me renseigner ??
Merci d'avance.

Hors ligne Jeano 11

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Bonjour,
Le candidat officier de la police nationale doit être titulaire d’une licence (point barre).
Avoir une licence (bac+3) signifie que vous êtes autorisé à passer un grand nombre de concours de la fonction publique et ceux de la fonction publique territoriale dans la « nomenclature des niveaux de formation ». Mais concrètement à quoi ça sert ?
Dans la fonction publique le diplôme ne servant qu'à déterminer le niveau du concours, il est à noter qu'une licence en droit est plus adaptée aux métiers de la police ou de la gendarmerie qu'une licence en psycho qui ne vous autorise qu'à présenter le concours.
La Licence en droit permet aux étudiants d'acquérir une culture juridique générale commune et de se familiariser avec la méthodologie propre aux juristes et aux professions apparentées, techniques nécessaires à l’exercice des métiers du droit.
Son organisation, ses objectifs et son approche transversale font de la Licence en droit un diplôme garantissant à la fois maîtrise des bases juridiques fondamentales et une ouverture pluridisciplinaire.

http://www2.blog-police-recrutement.com/Concours-et-selections/Officier-de-police/Conditions-d-acces

PS lire la fiche ci-dessous

Hors ligne Jeano 11

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Cursus pour devenir Ingénieur de PTS http://www.lapolicenationalerecrute.fr/Blog/Le-concours
Il y a beaucoup de spécialités dans la Police Technique et Scientifique (PTS) : Balistique, Biologie, Chimie, Identité Judiciaire, Informatique …
Les laboratoires de police scientifique comportent les sections suivantes :
Balistique : étude des armes, munitions, trajectoires de tir ;
Biologie : analyse de sang, sperme, cheveux, recherche d’empreintes génétiques ;
Documents - traces : analyse de faux documents et écritures ;
Incendies - explosions : étude des explosifs et liquides inflammables (à Paris, spécialité traitée par le laboratoire central de la Préfecture de Police) ;
Physique - Chimie : étude des peintures, résidus de tir, verres, terres ;
Stupéfiants : analyse de substances chimiques (échantillons de saisie, stupéfiants,…) ;
Toxicologie : recherche de toxiques dans les milieux biologiques (à Paris, ces deux dernières spécialités sont traitées au laboratoire de Toxicologie de la Préfecture de Police).

Je crois qu'il y a autant de cursus « type » que de poste d'ingénieur : nous sommes peu nombreux et notre parcours scolaire semble moins importer que nos compétences.
J'ai été recruté, comme beaucoup d'ingénieurs, sur titres et travaux. Mais mes travaux et mes compétences semblent avoir plus intéressé les membres du jury que mon cursus scolaire.

Nous utilisons plusieurs techniques d'analyses, la plupart documentées sur internet : votre moteur de recherche préféré saura vous donner une idée.
Mais par pitié : ne prenez pas pour argent comptant ce qui est montré dans les séries télévisées comme les Experts ou NCIS.
Les techniques qu'ils emploient sont, pour une grande partie, futuristes et pour celles qui sont déjà disponibles, la plupart nécessitent un budget dont la Police Technique et Scientifique ne dispose pas. Et puis on n'a, bien souvent, pas besoin de sortir la « grosse artillerie » pour obtenir de bons résultats.

Ingénieur de Police Technique est Scientifique est le premier grade PTS qui fait partie de la catégorie « A » de la fonction publique, celui d'encadrement, de conception, de direction … La plupart des ingénieurs sont responsables d'une équipe ou d'un service.
Personnellement, j'ai encore un petit peu de temps pour travailler dans ma spécialité, mais la gestion d'équipe me prend beaucoup de temps. Je crois que certains ingénieurs, à la tête d'équipes d'une centaine de personnes consacrent tout leur temps à la direction.
Donc, oui, en tant qu'ingénieur, nous avons une grande responsabilité administrative, notamment en gestion de personnel. Nous n'avons pas vraiment le temps d'aller sur le terrain ou de faire des analyses. Mais les compétences de spécialistes acquises lors de notre cursus ou de nos travaux professionnels nous permettent de comprendre les problématiques soumises par nos collègues et les transmettre aux actifs qui n'ont notre niveau d'expertise scientifique.

Citer
Sollicité par les policiers, les gendarmes et les magistrats à la recherche de la vérité judiciaire, les techniciens de la Police scientifique et technique sont à la fois biologistes, chimistes, informaticiens.
Grâce à leurs compétences, ils apportent la preuve scientifique d’un délit.
On attend donc d’eux qu’ils fassent preuve de sens de l’observation et de rigueur et qu’ils aient par ailleurs, le goût du travail en équipe.
De plus, l’évolution technologique de leurs outils de travail leur impose de se former en permanence et d’être capables de s’adapter.

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Gendarmerie : profession profileur  8)

Depuis 2003, une demi-douzaine de gendarmes, spécialistes du comportement, apportent leur précieux concours à la résolution d'enquêtes. Bien loin de la fiction...
Il faut traverser la vaste cour de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), installé dans l'enceinte du fort de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), puis s'engouffrer dans l'un des nombreux bâtiments de ce lieu hautement sécurisé. Derrière la porte ornée de l'écusson « département des sciences du comportement » (DSC), rattaché au pôle judiciaire de la gendarmerie, une demi-douzaine de bureaux entourent une salle de réunion. Là, trois gendarmes s'affairent autour de photos et de procès-verbaux d'un meurtre actuellement à l'étude.

L'oeil sans doute perverti par les fictions hollywoodiennes, on s'étonne de la sobriété des lieux : pas d'amoncellement d'écrans plasma diffusant d'inquiétants portraits-robots, ni de surpuissants ordinateurs croisant des milliers de profils de suspects à la vitesse de la lumière. « Il n'y a pas non plus de Falcon garé sur le parking » s'amuse le capitaine Marie-Laure Brunel-Dupin, pionnière de ce service particulièrement discret, qu'elle a patiemment élaboré depuis sa création en 2003. Voilà près de douze ans qu'avec ses six collègues officiers de police judiciaire -- trois analystes comportementaux formés à la psychocriminologie, des femmes, et trois enquêteurs d'expérience, des hommes -- elle apporte un autre regard sur les crimes les plus complexes.

Cette entrée dans le monde judiciaire s'est parfois heurtée à un scepticisme dans et hors les rangs de l'institution gendarmerie. « Pendant longtemps, nous avons préféré travailler dans l'ombre, car il a fallu imposer le regard psychocriminologique dans l'enquête judiciaire auprès de collègues plus expérimentés et faire accepter notre approche basée sur des connaissances scientifiques », rappelle Marie-Laure Brunel-Dupin. Une petite révolution -- présentée comme une aide à l'enquête -- qui vient donc régulièrement s'ajouter aux investigations traditionnelles.

A la demande des enquêteurs et des magistrats, les profileurs du DSC sont dépêchés sur les lieux dès la découverte d'une affaire hors norme. Près d'une quarantaine chaque année passent ainsi entre les mains de ces experts. « Notre point de départ est la scène de crime. Elle révèle un comportement criminel, qui lui-même traduit une personnalité », avance-t-elle. « L'objectif est de porter un regard à 360 degrés sur la scène en trois dimensions, d'en répertorier tous les éléments et de les analyser un à un. » Le lieu du drame, plus ou moins exposé, son chemin d'accès, le recours ou non à une effraction, la scénographie du corps, son état -- dénudé ou pas, retrouvé face contre terre ou le visage tourné vers le ciel... --, l'arme du crime, la présence ou l'absence d'empreintes, l'interaction supposée entre l'auteur et la victime... Autant de critères qui sont décortiqués à la lumière d'une grille de lecture scientifique établie par le DSC et partagée par le FBI, avec lequel des échanges ont lieu une fois par an lors de séminaires. Autant d'éléments susceptibles de mieux cibler le profil de l'auteur : plutôt un rôdeur qu'un prédateur, plutôt un tueur inexpérimenté qu'un récidiviste...

« On ne fait pas de spéculation. Tout ce qu'on avance est clairement argumenté en vue du procès. Même si on a une intuition, il faut la concrétiser, sinon c'est mis de côté », assure Marie-Laure Brunel-Dupin, évoquant un protocole scientifique, rigoureux et objectif. « On ne veut surtout pas savoir s'il y a des suspects. Nous brossons notre profil, et ensuite on le soumet aux directeurs d'enquête. On ne résout pas les enquêtes à nous seuls. » Soit l'inverse des fictions qui font parfois du tort. « La recrudescence de fictions, et même d'émissions révélant des modalités d'enquête, nous a parfois joué de mauvais tours », regrette-t-elle. Ce fut le cas d'un suspect qui avoua lors de sa garde à vue avoir chaussé des bottes quatre pointures trop grandes pour ne pas être confondu. Ou celui de cet autre qui a récupéré un échantillon de sperme d'un tiers avant de le congeler, puis de le placer à proximité de sa victime. Dans les deux cas, ils ont reconnu avoir puisé leurs idées dans une série télévisée. Dans ce sens-là, il n'y a qu'un pas entre la fiction et la réalité.

Le Parisien 15 février 2014, MAJ : 07 octobre 2016

D'autres infos sur l'IRCGN https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_de_recherche_criminelle_de_la_Gendarmerie_nationale

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Un service créé en 2001, cette cellule unique en France intervient chaque année dans une cinquantaine d'affaires « sortant de l'ordinaire », à savoir des crimes commis sans mobile apparent et suivant un mode opératoire violent. Sa mission est de déterminer, en l’absence de suspect, le profil psychologique de l’auteur des faits ; un service qui compte quatre membres permanents, des femmes « analystes comportementales » diplômées en droit et en psycho-criminologie, et deux enquêteurs qui tournent tous les quatre ou cinq ans. Le département des Sciences du comportement (DSC) a apporté son expertise dans de nombreux dossiers médiatiques.

Onze ans plus tard, ces profileurs sont intervenus sur une scène similaire : la disparition de la petite Maëlys lors d'un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère), dans la nuit du 26 au 27 août 2017.
Même si Marie-Laure Brunel-Dupin se refuse à parler "des affaires en cours", la participation de ce service unique en France à une enquête aussi complexe que celle qui vise Nordahl Lelandais a été confirmée par les autorités judiciaires.
La procureure de Besançon a aussi signalé la saisie du DSC dans l'affaire Alexia D.., 29 ans, dont le corps a été retrouvé en partie calciné dans un bois à Esmoulins (Haute-Saône), fin octobre 2017.

Cette cellule intervient chaque année, partout en France, dans une cinquantaine d'affaires comme celles-ci. Les critères ? Un crime qui sort de l'ordinaire, sans mobile apparent, avec un mode opératoire violent (dégradation de cadavre, "introduction d'objets", "inscriptions sur le corps", "ablation de membres ou d'organes"...) et un auteur introuvable. Ces gendarmes d'un genre particulier peuvent aussi entrer en scène après l'enlèvement ou la disparition suspecte d'un mineur.

On a une analyse différente des enquêteurs, qui peut compléter leurs dossiers complexes, tordus, violents.

NOTA : Les membres de l'unité doivent se tenir prêts à partir "dans les deux heures", parfois la nuit ou le week-end, sur une scène de crime. En ce mois de mai 2006, ils sont trois à être appelés à la rescousse pour cerner le profil du meurtrier du petit Mathias. "On se déplace systématiquement, que l'affaire ait deux heures ou 20 ans. Cela nous permet d'être au plus près de ces dossiers un peu hors normes", explique la patronne du département. Si le corps est encore sur place, ils revêtent l'équipement de la police technique et scientifique, afin de ne rien polluer. L'humilité et la discrétion sont de rigueur sur le terrain.
À la différence de la police, qui fait appel à des psychologues pour effectuer ce travail de profiling, tous les membres du département des sciences du comportement sont gendarmes, officiers de police judiciaire et portent l'uniforme.
De quoi faciliter le travail : ces profileurs ont accès à toute l'enquête, depuis la scène de crime jusqu'à la garde à vue, en passant par l'autopsie. Avec ses collègues, Marie-Laure ... assiste à celle du petit Mathias. L'enfant a été violé et tué "par suffocation manuelle", autre indice, selon elle, d'une certaine "improvisation".

Source https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/disparition-de-la-petite-maelys/nordahl-lelandais/ils-interviennent-dans-les-dossiers-hors-normes-comme-l-affaire-maelys-les-profileurs-de-la-gendarmerie-nous-expliquent-leur-travail_2864603.html

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Re : Police judiciaire ou Police technique et scientifique.... Profileur !
« Réponse #28 le: 15 décembre 2021, 21:53:16 »
Déceler des indices oubliés, découvrir d’autres pistes… C’est le quotidien de la 🇫🇷lieutenant-colonel Marie-Laure ...., cheffe d’une nouvelle unité spéciale à la gendarmerie nationale.
Sa cible ? Les dossiers non élucidés de crimes hors norme.
Un univers à la Cold Case, glaçant et fascinant…

Bienvenue dans le monde top secret de Diane, dernière-née de la gendarmerie : Diane, ou la Division des Affaires Non Elucidées ; Diane, ou la déesse chasseresse dont l’arc figure sur l’écusson de l’unité orné, en arrière-plan, d’un corps gisant face contre terre. Le message est clair : les auteurs de crimes non résolus sont à portée de flèche des gendarmes - ou plutôt, du regard neuf posé sur ces procédures par 21 enquêteurs armés des dernières avancées scientifiques.
La formation et le culot…
Première cheffe de cette division lancée au printemps 2021, Marie-Laure B..... 45 ans, a le métier dans la peau. Après avoir navigué entre les facs de droit de Cergy, de Nanterre et d’Assas, «pour faire le plus de pénal possible», décroché sa maîtrise et suivi une spécialisation en criminologie, l’étudiante sait très précisément ce qu’elle veut faire : monter, au sein de la gendarmerie, un département des sciences du comportement, sur le modèle de la célèbre Behavioral Analysis Unit du FBI, fondée dès 1985 pour mettre la psychologie au service des limiers américains.
Chez les gendarmes, et pas ailleurs, parce qu’elle «aime leur façon de travailler, leur côté carré», découverts à l’occasion de stages. Sans se démonter, la jeune femme de 24 ans envoie une lettre de candidature détaillant son projet au directeur général de la gendarmerie nationale. «Je m’étais dit que si cela ne marchait pas, je serais juriste en attendant des jours meilleurs», raconte-t-elle. Mais le culot se révèle payant. Le 24 décembre 2000, le père Noël lui apporte un joli cadeau : un premier rendez-vous quelques jours plus tard.

Endosser l’uniforme…
Ce qu’elle ignore encore, c’est que sa proposition tombe à pic. Les militaires s’interrogent, à l’époque, sur la façon de mieux accompagner les enquêteurs confrontés à des criminels en série. Suivront de multiples entretiens au fil des premiers mois de 2001, puis, en septembre, la formation à l’École des officiers de Melun, en Seine-et-Marne.
Trois mois pour «bleuir», dit-elle, les diplômés de l’enseignement supérieur qui rejoignent, comme elle, les rangs de la gendarmerie. L’aspirant volontaire est à la peine. Ses années sur les bancs de la fac ne l’ont pas préparée à crapahuter en treillis dans les sous-bois durant la formation initiale d'officier. «C’était brutal», plaisante la mère de deux jeunes ados. Elle aurait pu tenter sa chance en tant que contractuelle, sans endosser l’uniforme bleu marine. «Mais il me semblait difficile de gagner la confiance de mes futurs collègues si je n’étais pas, moi aussi, gendarme, car je savais qu’il ne serait pas simple de mettre de la psychologie dans les enquêtes», justifie-t-elle.

La réalité loin des séries américaines…
Seule d’abord, puis épaulée par des spécialistes de la police judiciaire et par deux consœurs criminologues, elle bâtit peu à peu son département des sciences du comportement, aujourd’hui pièce maîtresse de la nouvelle division Diane. Elle se forme au profilage auprès d’un professeur américain à Bruxelles, puis chez les experts du FBI, dans leur temple de Quantico, en Virginie. Multiplie les conférences. Corédige des ouvrages très pointus tels Regards sur le crime et le criminel (Éd. Amalthée) et Les Fausses Allégations d’enlèvement d’enfants : la pratique du FBI appliquée dans un nouveau protocole d’intervention du département des sciences du comportement de la gendarmerie nationale (Annales médico-psychologiques).
À longueur d’interventions, elle répète que son métier n’a pas grand-chose à voir avec les profileurs du petit ou du grand écran, ces policiers taiseux capables de décrypter une scène de crime en quelques minutes et de mener leurs collègues jusqu’au coupable à force de géniales intuitions.
«L’analyse comportementale à la française comporte trois aspects principaux, expose-t-elle. La réalisation d’un "profil d’auteur inconnu", c’est-à-dire son portrait psycho-socio-pathologique ou psychocriminologique à partir des données objectives de la procédure ; la conduite des auditions, à travers des conseils prodigués aux enquêteurs, tels, par exemple, le recours à une forme de compassion apparente ou au tutoiement dans certains cas ; la détection de la sérialité.» Jamais, néanmoins, les procès-verbaux des analystes ne contiennent le nom du coupable, n’en déplaise aux amateurs de Cluedo.

L’impulsion de l’affaire Lelandais…
La disparition d’une petite fille, le 27 août 2017, va inciter la gendarmerie à créer une unité entièrement dédiée aux affaires non résolues, ces mystères judiciaires parfois vieux de plusieurs décennies qui hantent les familles des victimes et les spécialistes de la PJ.
Par une chaude nuit d’été, Maëlys de Araujo, 8 ans, participe à une joyeuse noce dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Vers 3 heures du matin, l’enfant se volatilise. Son corps sera retrouvé six mois plus tard, grâce aux indications de l’homme qui l’a enlevée et tuée, Nordahl Lelandais. Les investigations conduisent à lui improstituéer un deuxième homicide, celui du jeune militaire Arthur Noyer, disparu en avril 2017.
Lelandais a-t-il commis d’autres méfaits ? Au début de 2018, la gendarmerie monte une cellule pour rechercher sa trace à travers des centaines d’autres affaires. Nom de code de l’équipe : Ariane, tel le fil que l’on tire pour ne pas s’égarer au cœur d’un labyrinthe. Les gendarmes adorent la mythologie. «On s’est dit que ce qui avait été réalisé dans le cas de Lelandais, en agrégeant des compétences existantes, pourrait se transformer en mission à part entière», résume la lieutenant-colonel Brunel-Dupin.

La création de la division Diane…
En octobre 2020, le projet prend corps avec la mise en place d’une division Cold Case. Mais l’anglicisme, qui rappelle la série télévisée américaine des années 2000, passe mal. Et puis tous les dossiers non élucidés ne sont pas de vieux classeurs couverts de poussière. Certains sont récents, telle l’affaire Delphine Jubillar, cette infirmière volatilisée en décembre 2020, que son mari nie farouchement avoir fait disparaître. Parfois, malgré les années, les enquêtes se poursuivent. Pour retrouver le corps de la petite Estelle Mouzin, enlevée et assassinée en 2003 par le tueur en série Michel Fourniret. Ou pour tirer au clair le massacre de Chevaline, en Haute-Savoie, qui a coûté la vie, en 2012, à trois membres d’une famille irakienne installée en Angleterre et à un cycliste de la région.
Adieu Cold Case, donc : la division est rebaptisée Diane, et la colonelle est nommée à la tête de cette équipe d’analystes comportementaux et de spécialistes des disparitions et des malfaiteurs en série. Parmi la cinquantaine de crimes décortiqués par l’unité figurent une dizaine d’énigmes anciennes mais aussi d’autres beaucoup plus récentes. Lesquelles ? Top secret, là aussi… «Nous intervenons à la demande de nos collègues ou d’un magistrat instructeur, ou en proposant une saisine de notre propre initiative, dans les affaires hors norme, qu’elles aient deux heures, dix-huit mois ou trente ans», précise la cheffe. En clair, quand la victime est mineure, qu’un serial killer est peut-être à l’œuvre ou que le mode opératoire du meurtrier apparaît insolite - mutilations du corps, posture humiliante, acharnement singulier, etc…

Reprendre les enquêtes…
La première étape est l’indispensable «déconstruction» de la procédure. «Chacune, et c’est normal, est empreinte des biais humains que lui a donnés le directeur d’enquête», explique la lieutenant-colonel. La tâche est ardue. Il faut aller sur la scène du crime, reprendre toutes les pièces du dossier, réexaminer les éléments matériels, relire les multiples auditions.
Objectif : détecter les contradictions entre témoins, relever les oublis des premiers limiers, déceler les pistes négligées. «Par exemple, si Béatrice a déclaré qu’à 16 heures, assise sur un banc avec Véronique, elle a vu passer un 4x4 noir, on va vérifier que Véronique a bien été entendue, que ses déclarations sont conformes à celles de son amie, et que le véhicule a bien été identifié», illustre t'elle.
Ensuite, une fois les «trous dans la raquette» repérés, les gendarmes de Diane ont toute latitude pour demander de nouvelles auditions, commander des expertises et lancer des réquisitions. Ils peuvent même faire appel aux lumières de leurs collègues en blouse blanche de l’Institut de recherche criminelle, dont les labos se trouvent également au Pôle judiciaire de Cergy. Car la science a fait des pas de géant ces dernières années, permettant d’exploiter des indices matériels hier muets. Désormais, un ADN peut être extrait de quelques cellules présentes dans une empreinte digitale. À partir de cette signature génétique, il est possible de déterminer certaines caractéristiques morphologiques d’un individu : la couleur de ses yeux, de sa peau et de ses cheveux, et son origine géographique.

Les premiers succès…
C’est grâce aux pros de l’ADN que les spécialistes des cold cases ont signé leur premier coup d’éclat : l’arrestation du meurtrier de Chantal de Chillou de Saint-Albert, retrouvée en août 2001 sur un chemin forestier au bord de l’Isère.
Un mégot de cigarette et des traces sur le tee-shirt de la victime ont livré leurs secrets deux décennies après. Mais encore faut-il mettre la main sur les scellés, ces éléments collectés au gré des investigations - vêtements, documents ou objets. Parfois, le tribunal a déménagé, égarant ou détruisant ces précieuses pièces. Parfois, les locaux ont brûlé ou subi une inondation. «Dans les dossiers anciens, il n’est pas rare que les scellés aient disparu ou soient très dégradés, voire inexploitables», regrette la cheffe de Diane. Celle-ci n’est pas du genre à «compter les bûchettes», comme elle dit.
Traduction : il ne faut pas compter sur elle pour vanter les succès de son unité. «Nous sommes fiers d’apporter notre contribution à certaines enquêtes, souligne-t-elle. Et nous sommes heureux lorsque nous sommes en mesure de donner une réponse aux familles.» Quitte à côtoyer, chaque jour, les photos d’enfants disparus, les scènes de crime sanglantes et les profils tordus de tueurs psychopathes.
La lieutenant-colonel, qui vit avec sa famille à deux pas de son bureau, sur le site du Pôle judiciaire, éprouve souvent le besoin de s’évader. Son truc à elle, pour décompresser, c’est de fabriquer de jolies choses avec ses dix doigts. Des bijoux, des light boxes - ces tableaux en papier éclairés par l’arrière - et des book-nooks - petites scènes tridimensionnelles qui se glissent entre les livres d’une étagère. Avec une amie écrivaine, elle s’est également attelée à l’écriture d’un polar «mi-fiction mi-réalité». Très inspiré de son quotidien, bien sûr. On ne se refait pas.

Un pôle "Cold Cases" :  Les crimes en série et ceux dont l'auteur reste inconnu plus de dix-huit mois après les faits seront bientôt entre les mains de magistrats spécialisés. C’est le sens d’un amendement au projet de loi pour la confiance dans l’institution judiciaire, définitivement adopté par le Parlement le 18 novembre.
Un pôle national chargé de traiter ces dossiers devrait voir le jour, peut-être à Versailles, sur le modèle du parquet national antiterroriste ou du parquet national financier. «Cette innovation permettra d’établir les liens éventuels entre plusieurs affaires, et de travailler sur des auteurs et leurs parcours, et non plus uniquement sur des actes comme nous devons le faire jusqu’à présent», se réjouit la lieutenant-colonel la cheffe de l’unité Diane. Les magistrats pourront être saisis à la demande des familles et ils seront épaulés par des assistants spécialisés.)

Article publié par Anne Vidalie - Le Figaro Madame
Source : https://madame.lefigaro.fr/societe/la-lieutenant-colonel-marie-laure-brunel-dupin-elle-revient-toujours-lieux-crimes-oublies-031221-199393?fbclid=IwAR3bvLmO2AgND7fdwiRcAcQYTHf4abPnG2JiB52aGDT5esGlEV9oE_Al5Jw