Auteur Sujet: Une soeur renaît au Mexique !  (Lu 2298 fois)

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Hors ligne Jeano 11

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Une soeur renaît au Mexique !
« le: 26 août 2014, 16:31:53 »
Une manifestation a lieu à San Luis Potosi, dans le nord du Mexique. Caché derrière un terre-plein, un tireur embusqué prend pour cible les policiers. Touché, l'un d'eux tombe à terre. Trois véhicules forment un cercle de protection autour de la victime. Les manifestants se dispersent. Des agents lancent des grenades lacrymogènes sur l'assaillant pendant que d'autres contournent l'agresseur, puis le neutralisent.

« Exercice réussi », se félicite François Dubeau, lieutenant-colonel de la gendarmerie mobile de Rennes, dans l'enceinte de l'Académie de la police fédérale, plantée dans un quartier populaire de San Luis Potosi. Comme lui, neuf autres instructeurs français y ont formé, du 28 avril au 6 juin, les 198 premiers sous-officiers de la gendarmeria. Lancé mi-juillet, ce nouveau corps de sécurité publique, inspiré du modèle hexagonal, est au coeur de la réorientation stratégique de la lutte contre les cartels de la drogue.

« Un tiers de théorie et deux tiers de pratique, souvent en conditions réelles », résume le lieutenant-colonel Dubeau, les traits tirés à la fin de six semaines d'un stage intensif. Ses élèves encadreront les 4 000 gendarmes bientôt déployés sur le territoire. « Ils seront 10 000 d'ici quatre ans à rejoindre les rangs des 38 000 policiers fédéraux », explique Monica Reza, capitaine de police et sous-directrice de l'académie.

Durant le Second Empire, la gendarmerie participait à tous les corps expéditionnaires projetés sur les différents théâtres d’opérations.
Dans ces campagnes, elle assure sa mission traditionnelle de police aux armées mais son rôle ne se limite pas seulement à la prévôté. Ainsi, en Crimée, le régiment à pied de gendarmerie de la garde impériale prend part aux combats de 1855 lors du siège de Sébastopol. Au Mexique, les gendarmes sont confrontés à une situation radicalement différente marquée par une longue guerre civile favorisant la guérilla et la tentative d’établissement d’un empire confié à un monarque européen.

Entre décembre 1861 et mars 1867, la gendarmerie impériale de Napoléon III fournit une force publique attachée au corps expéditionnaire du Mexique.
Ses activités ne se limitent pas à la prévôté mais s’étendent aux opérations militaires dans un contexte de conflit asymétrique. Certains gendarmes sont ainsi amenés à combattre l’ennemi. Grâce aux registres de la troupe, il est possible de dresser le portrait de ces hommes et de constater que le recrutement de la prévôté s’opère directement dans le corps expéditionnaire. Par ailleurs, cette force publique se voit confier la mission originale de mettre sur pied une gendarmerie impériale mexicaine au service de l’empereur Maximilien. Ce modèle d’exportation témoigne de l’intérêt du commandement pour la gendarmerie en matière de sécurisation de territoire dans la perspective d’une sortie de crise. (Source Benoît Haberbusch http://rha.revues.org/6910 )

Toutefois, cette formation ne survit pas au retrait du corps expéditionnaire français... mais reprendra vie en 2014

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Re : Une soeur renaît au Mexique !
« Réponse #1 le: 26 août 2014, 16:41:37 »
Le Mexique est gangrené par l’activité de plusieurs groupes criminels – les cartels – qui se livrent au trafic de drogue et d’êtres humains, à des enlèvements pour ensuite exiger des rançons, au racket ou encore au détournement – à grande échelle – de pétrole, en particulier dans les États du Tamaulipas et de Veracruz. Le tout sur fond de corruption généralisée.

La situation est telle que les autorités fédérales font appel à l’armée pour tenter de rétablir la sécurité. Seulement, le maintien de l’ordre et les opérations de police ne sont pas les missions généralement confiées aux militaires, sauf quand ils sont gendarmes… D’où la création d’une gendarmerie nationale mexicaine, voulue par le président Enrique Peña Nieto et calquée sur le modèle (ou du moins fortement inspirée) par la maréchaussée française.

Cette nouvelle force de gendarmerie a été inaugurée cette semaine par le président mexicain. Elle devra « contribuer à contenir et à désarticuler les organisations criminelles qui minent l’activité économique dans des territoires déterminés par le vol, l’extorsion ou les enlèvements », a-t-il affirmé à cette occasion. Et, a-t-il ajouté, elle  » se concentrera sur la réduction de la criminalité, la réouverture de commerces et à la liberté de mouvement des personnes et des produits, dans les zones en proie à la violence du crime organisé ».
Les techniques de contrôle du territoire utilisées par la gendarmerie française, la plus ancienne au monde, intéressent le président mexicain (…) élu sur la promesse de réduire la violence dans un pays.

Inspirée du modèle de la Gendarmerie nationale Française, en Colombie et au Chili, la Gendarmerie mexicaine se concentrera sur la réduction de la criminalité, la réouverture de commerces et à la liberté de mouvement des personnes et des produits, dans les zones en proie à la violence du crime organisé, a dit le président mexicain. La création de la Gendarmerie Mexicaine augmentera de 18% les capacités opérationnelles de la Police fédérale. C'est une police faite pour être vue, pour s'afficher. Ce sont des corps d'élite formés pour avoir beaucoup d'interrelations avec les citoyens de base, a dit à l'AFP Gerardo Rodriguez, expert en sécurité nationale.
La gendarmerie mexicaine constitue désormais la 51ème force de sécurité de type gendarmerie dans le monde.
Les cours ont porté sur le maintien de l’ordre, la police de proximité et la récolte du renseignement, en mettant l’accent sur l’éthique, le respect des droits de l’homme, la prévention des délits et l’écoute des victimes.

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Re : Une soeur renaît au Mexique !
« Réponse #2 le: 08 septembre 2015, 20:41:25 »
[2 OFFICIERS DE LA GENDARMERIE MEXICAINE EN IMMERSION]
Deux commandants venus d'Acapulco et du Chiapas doivent passer dix jours en Béarn et au Pays basque  8)
Dans le cadre de la mise en place récente d'une gendarmerie au Mexique, le Groupement de Gendarmerie accueille du 5 au 14 septembre, 2 officiers de la Gendarmerie Mexicaine.
Les Subinspectors Ismael ROBLEDO et Ruben JARAMILLO commandent chacun un groupement (300 gendarmes) l'un à Acapulco et l'autre dans le Chiapas, à la frontière avec le Guatemala.
Pendant 10 jours, ils vont s'imprégner du fonctionnement de la gendarmerie "à la française" : visite d'unités, services sur le terrains, échanges etc...
Ce stage s'inscrit dans un programme de coopération entre la gendarmerie française et la toute nouvelle gendarmerie mexicaine créée en 2014 par le président mexicain afin de lutter plus efficacement contre une criminalité difficile à endiguer dans un contexte compliqué (violences, enlèvements, trafics ...).
Inspirée du modèle français, les autorités mexicaines cherchent avec cette nouvelle force à regagner la confiance de la population en développant la proximité et l'efficacité (militarité).

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Re : Une soeur renaît au Mexique !
« Réponse #3 le: 09 juillet 2016, 11:22:29 »
Où aller pour ne plus trouver de gendarmes, se lamente George Sand, en 1841 ?  :P
Pas dans la centaine de pays du monde où une gendarmerie a été créée sous différents noms, depuis la fin du XVIIIe siècle, après la sortie de cette institution de son berceau français !
Quelles sont les péripéties de cette expansion, entre importation forcée et choix délibéré, imitation et réinterprétation, hybridation et suppression ? Comment la gendarmerie française, organisatrice d’une trentaine d’institutions, les Carabinieri, la Guardia civil et les autres corps européens y participent-ils ? Que retient-on d’un « modèle gendarmique » qui est parfois transformé en libre-service ? Que nous apprend cette diffusion d’une police à statut militaire sur les représentations dont elle est l’objet, ses fonctions multiples et les interrelations entre l’armée, l’État et la société ?
Cet ouvrage a été élaboré, notamment, à partir des communications au colloque organisé par l’Université Paris-Sorbonne et la Société nationale de l’Histoire et du Patrimoine de la Gendarmerie. Il propose une longue synthèse détaillée, 20 études de cas, un tableau synoptique de 98 institutions, 72 notices, des statistiques par continent et une carte de l’état des lieux en 1939 et 2015. Il élargit l'histoire, comparée et connectée, des systèmes policiers, qui ne sont pas seulement composés d’institutions à statut civil et de corps baptisés, confusément, « paramilitaires ». Il enrichit l’histoire des constructions étatiques et impériales, des relations internationales, de la colonisation et de la décolonisation, ainsi que celle des politiques de sécurité depuis la fin du xxe siècle.
Découvrez le nouvel ouvrage sur les gendarmerie étrangères "Les Gendarmeries dans le monde, de la Révolution française à nos jours", écrit sous la la codirection d’Arnaud-Dominique Houte et de Jean-Noël Luc.