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Gendarmerie Nationale / Les chiens dans la gendarmerie, une histoire méconnue
« Dernier message par Jeano 11 le 23 juin 2025, 11:29:54 »
En 2025, le Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG), implanté à Gramat, dans le Lot, fête ses 80 ans.

Aujourd’hui, la gendarmerie compte 475 équipes cynophiles et 630 chiens, engagés en métropole comme en outre-mer, aussi bien en gendarmerie départementale que dans les composantes spécialisées : gendarmerie maritime, gendarmerie de l’armement, gendarmerie des transports aériens, Garde républicaine ou encore GIGN.

Dix-huit technicités sont désormais déployées sur le terrain : de la recherche de personnes à la détection de stupéfiants, d’armes, d’explosifs, de billets, ou encore, plus récemment, de supports de données numériques, dernière technicité développée par le CNICG.

Ce dossier met en lumière l’histoire, les évolutions et les acteurs de la cynotechnie en gendarmerie, dont les témoignages vous plongent dans un univers à la fois exigeant et passionnant.

Le Centre national d'instruction cynophile de la Gendarmerie (CNICG) fête en ce mois de juin ses 80 ans d'existence. Gendinfo vous expliquera tout ce qu'il faut savoir sur le centre et sur l'instruction cynophile au cours d'une série d'articles. Commençons par le commencement avec l'histoire des chiens en gendarmerie.

Ce n'est qu'à partir de la seconde moitié du XXe siècle que le chien fait son arrivée dans les brigades de gendarmerie. Mais en quelques décennies, l'Institution a réussi à acquérir un savoir-faire cynotechnique reconnu au niveau international. Aujourd'hui, elle compte 630 chiens pour 475 équipes cynophiles et déploie dix-huit technicités, continuant à innover pour gagner toujours plus en efficacité opérationnelle, à l'instar de la dernière née : la recherche de supports de données numériques.

La gendarmerie, une « force humaine »… et canine !
Dès 1921, une circulaire évoque l'emploi de chiens de sécurité dans la compagnie autonome de Corse, mais l'expérience est abandonnée au bout de quelques années.

Il faut attendre 1943 pour qu’une instruction du 30 juillet autorise l’arrivée de « chiens policiers » dans quatorze brigades frontalières du Nord et cinq autres du Sud, ainsi que de « chiens de montagne » dans six brigades des Hautes-Pyrénées. L'expérience s'avérant concluante, elle est étendue, dès 1944, à l'ensemble du territoire métropolitain. Mais les dotations en chiens restent faibles.

1945 : installation d’un chenil central à Gramat
L'installation, en 1945, à Gramat, par l'institution, d'un chenil central et l’instruction du 7 décembre 1950 posent les fondements de la cynotechnie en gendarmerie. En quelques années, les effectifs canins passent de 83 chiens en 1947, à 200 en 1950, puis à 299 en 1960.

Les succès initiaux n'empêchent pas des critiques qui nuisent à l'essor de la filière. Les effectifs canins tombent de 270 à 233 chiens entre 1970 et 1980. Néanmoins, l'amélioration du recrutement et de la formation, ainsi que la diversification des technicités, contribuent à inverser la tendance. Les effectifs canins remontent à 288 en 1983, à 347 en 1992, à 384 en 2001.

De la gendarmerie départementale aux unités spécialisées
Les premiers chiens servent dans la gendarmerie départementale, notamment au sein des brigades de recherches, mais on en trouve aussi dans la gendarmerie mobile dès 1951. Ils intègrent ensuite plusieurs types d'unités, comme les Pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), créés en 1977, le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), dès 1978, la Gendarmerie des transports aériens (GTA), depuis 1988, ainsi que la gendarmerie maritime et la garde républicaine, depuis 2010.

2025 : 630 chiens pour 475 équipes cynophiles
À partir de 2002, une véritable force cynophile s’établit dans la gendarmerie, à travers une refonte complète du dispositif canin réparti sur trois niveaux : les PSIG, les Groupes d'investigations cynophiles (GIC) et le Groupe national d'investigation cynophile de la gendarmerie (GNICG). Installé à Gramat, le GNICG propose des technicités rares, et peut être projeté en cas d’urgence. On trouve en outre un réseau de référents cynophiles régionaux et un référent national auprès du Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN).

En 2025, la gendarmerie nationale possède 630 chiens pour 475 équipes cynophiles.

Un pôle de formation de référence cynotechnique à Gramat
Avec l'acquisition, en 1945, d'un ancien centre hippique militaire près de Gramat, la gendarmerie nationale se dote de son premier centre de formation spécialisé. L’établissement, situé à la sortie nord-est de Gramat, au lieu-dit « Le Ségala », s’étend sur une emprise de 14 hectares.

Durant les premières années d'après-guerre, dans un contexte de pénurie générale, les moyens sont limités, mais la détermination des premiers chefs du chenil central, notamment les capitaines Gervaise et Lacaze, permet de développer un véritable savoir-faire. Certaines pratiques initiales sont très tôt remises en cause, comme l'élevage, abandonné dès 1952.

Dès 1970, diversification des technicités, au nombre de dix-huit aujourd’hui
Toutefois, les cadres de Gramat parviennent à améliorer la formation des maîtres de chiens et surtout à diversifier les technicités de recherche des chiens avec : les victimes d'avalanche en 1970, les stupéfiants en 1973, les explosifs en 1988, les traces de sang en 1999, les armes et munitions en 2001, les produits accélérateurs d’incendie en 2004, les billets en 2007, les explosifs sur personnes en mouvement en 2016, le chien stupéfiants et défense renforcée, c'est-à-dire la recherche de stupéfiants sur personnes en mouvement (2021) et la recherche de supports de données numériques en 2024.

Au total, il existe aujourd’hui dix-huit spécialités différentes. La circulaire du 1er juin 2017 précise que les équipes cynophiles peuvent être qualifiées dans une technicité unique ou multiple (ex. : stupéfiants/armes - munitions/billets).

Plus de 18 races différentes
En matière de chiens, les races employées ne se sont jamais limitées au berger allemand. Elles ont évolué dans le temps. Au total, la gendarmerie a utilisé 18 races différentes et des chiens croisés : le berger belge, l'English Springer Spaniel, le Saint-Hubert, le berger hollandais, le Stafford Bull-Terrier, le braque allemand, le Jack Russel Terrier, le bouvier des Flandres, le labrador retriever, le berger de Beauce, le Rottweiler, le Fox-Terrier Smooth, le boxer, le Terre-Neuve, le Dobermann, le Pitbull...

Si la piste froide est toujours une technicité essentiellement mise en œuvre par les Saint-Hubert, une nouvelle race est actuellement testée : le black and tan coonhound.

Un musée et un jardin du souvenir à Gramat
Au cours de son histoire, le chenil central a changé plusieurs fois de nom. Le 23 novembre 1960, il est baptisé "Godefroid-Gamin". Il devient le Centre de formation des maîtres de chien de la gendarmerie (CFMCG) en 1972. En septembre 1984, il se voit attribuer le rang d’École de sous-officiers de la gendarmerie (ESOG). Il s'appelle le Centre national d'instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG) depuis 1996. En dehors de Gramat, un chenil central de la gendarmerie a existé en Algérie, à Beni-Messous, des années 1950 à 1962.

Le CNICG conserve la mémoire de son passé à travers son musée, accessible au public lors des journées portes ouvertes, et son jardin du souvenir rassemblant les cendres d'une partie des chiens ayant servi dans la gendarmerie. Parmi eux figure Gamin, qui a fait preuve d'une fidélité à toute épreuve à l'égard de son maître, le gendarme Godefroid, tué en Algérie en 1958. C'est le seul chien, avec Allan, à avoir reçu la médaille de la gendarmerie.

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/histoire/les-chiens-dans-la-gendarmerie-une-histoire-meconnue2

Par par le commandant Benoît Haberbusch, du Centre de recherche de l'École des officiers de la gendarmerie nationale, et Lionel Mathieu, ancien maître de chien de la gendarmerie
Publié le 31 mai 2025
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Vers une culture européenne commune des forces de sécurité intérieure

Les 23 et 24 mai 2022, la gendarmerie et la police ont organisé un séminaire sur la culture européenne commune des forces de sécurité intérieure.

Durant deux jours, les représentants européens étaient réunis à Strasbourg pour assister au séminaire sur la culture européenne commune des forces de sécurité intérieure. Celui-ci a mis en lumière les initiatives développant les formations conjointes entre académies de police, véritable enjeu pour l’intégration européenne.

L’enjeu d’une culture européenne commune
La mise en place de l’espace européen de libre-circulation des biens et des personnes, l’émergence de bassins européens de délinquance et les possibilités d’échanges offertes par les décisions Prüm ont considérablement intensifié les interactions entre les forces de sécurité européennes. Avec cette dimension multinationale, notamment transfrontalière, de la sécurité, des compétences techniques, mais aussi linguistiques, sociales et interculturelles sont devenues indispensables pour faire prospérer la coopération européenne. Dès 2015, le CEPOL (Collège Européen de POLice) s’est alors vu confier la mission de favoriser le développement d’une culture commune. Dans le même temps, les conclusions du Conseil sur la sécurité intérieure et le partenariat européen de police appelaient également à mettre progressivement en place un mécanisme national de reconnaissance des connaissances acquises dans d’autres États membres.

La double perspective du débat européen
« Apprendre à vivre avec des identités policières multiples », tel était le sous-titre du séminaire. Une formulation qui exprime la double perspective du débat européen : la quête d’une culture commune s’articulant nécessairement avec celle d’une culture de la communauté. C’était l’objet des deux tables rondes organisées les 23 et 24 mai. Alors que la première avait pour enjeu de mettre en lumière les outils existants permettant l’émergence d’une culture européenne, la seconde consistait à présenter des initiatives qui, développées sur la base de projets bilatéraux, s’inscrivent pleinement dans l’objectif d’une formation européenne commune. Des conférenciers venus de France, du Luxembourg, d’Allemagne, de Lituanie et d’Espagne ont présenté à cette occasion des exemples de nouvelles formes de coopération.

La labellisation « Année européenne de la jeunesse »
L’émergence de formations européennes communes est l’exemple même de la volonté des États membres de créer une culture européenne pour leurs forces de sécurité intérieure. Mises en place à travers le projet Erasmus +, celles-ci représentent une expérience interculturelle forte pour les jeunes, leur donnant le goût de l’Europe et de la coopération européenne. C’est à ce titre, parce qu’il valorise l’importance de la jeunesse dans la construction de l’avenir de l’Europe, que le séminaire organisé à Strasbourg a reçu la labellisation « Année européenne de la jeunesse ».

L’engagement français : le programme POLARIS
Dès 2017, la France a mis en place des formations initiales conjointes entre la Guardia Civil et la gendarmerie. Cet engagement au profit d’une culture commune s’est poursuivi avec l’Allemagne et la Lituanie, à compter de 2019, dans le cadre du projet Erasmus + baptisé « POLARIS » (POLice Academies Regional Integrated Schooling). Reconnu par l’Union européenne comme un nouveau modèle de formation, apte à impulser une culture commune parmi les forces de sécurité intérieure des États membres, le programme permet l’identification et l’expérimentation de contenus à portée européenne. Il renforce également les compétences des unités mixtes binationales agissant aux frontières, telles que l’UOFE (Unité Opérationnelle Franco-Espagnole) et l’UOFA (Unité Opérationnelle Franco-Allemande).

Ces échanges présentent un gain opérationnel certain, suscité par une meilleure connaissance des usages et des savoir-faire, qui permettra de mieux interagir avec les citoyens européens et renforcera l’interopérabilité des polices.

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/actualites/2022/vers-une-culture-europeenne-commune-des-forces-de-securite-interieure

Par la capitaine Marine Rabasté
Publié le 25 mai 2022
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La coopération européenne au cœur des DEPP

Gendarmes et membres de la Guardia Civil patrouillent ensemble sur le lac de Cazaux et de Sanguinet, très fréquenté l'été.

Sur le ponton du lac de Cazaux et de Sanguinet, au nord de Biscarrosse, trois gendarmes se préparent à réaliser une patrouille nautique à bord d’une de leurs embarcations. Parmi tout ce bleu gendarmerie, une tenue verte et jaune détonne. Il s’agit d’un uniforme de la Garde Civile et plus précisément de celui d’Augustin, un policier espagnol venu pour trois semaines à la CoB (Communauté de Brigades) de la commune balnéaire. Présent au côté des effectifs de la gendarmerie départementale, il participe aux patrouilles et réalise, avec les unités, les différentes opérations de prévention et de contrôle sur les zones touristiques, comme ce jour-là, sur ce lac particulièrement fréquenté.

Faciliter le contact avec la population
Au-delà de l’apport humain et professionnel permis par cette collaboration, le travail des policiers européens est également un vrai plus dans le contact avec la population, et particulièrement avec les visiteurs européens. Sur la CoB de Capbreton, Kristina, de la polizei allemande, est l’autre policière présente cet été sur le département. Sa présence, comme celle d’Augustin, est rassurante pour beaucoup de touristes étrangers, facilite le contact avec la population, et est une véritable plus-value lors des procédures impliquant des compatriotes. Au début du mois d’août, la présence de Kristina a permis de rassurer et de prendre en charge rapidement une touriste allemande ne parlant que très peu français et victime d’une agression. Une situation qui aurait pu être beaucoup plus compliquée à gérer sans sa présence.

Lors de leur venue en France, les policiers européens possèdent les mêmes prérogatives que leurs homologues français. Le choix d’envoyer des policiers de telle ou telle nationalité dans une unité dépend généralement du type de touristes qui se trouvent dans une région. Dans les Landes, la proximité avec l’Espagne et l’attrait des touristes allemands pour la région, ont ainsi motivé le choix final. Une vraie réussite pour les deux unités, qui comptent bien réitérer leur demande de coopération européenne pour l’été prochain.

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2021/la-cooperation-europeenne-au-caeur-des-depp

Par la rédaction du site Gendinfo
Publié le 20 août 2021
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Château de Chambord : les cavaliers de la gendarmerie et de la Guardia Civil patrouillent côte à côte.

Pour assurer la sécurité des touristes autour du château de Chambord, la gendarmerie nationale déploie un poste à cheval à l’année, renforcé cet été, dans le cadre du dispositif de brigades (et de commissariats) européennes, par un cavalier de la Garde civile espagnole.

Loin des côtes françaises, les châteaux de la Loire séduisent de plus en plus de visiteurs. Parmi les plus fréquentés, se trouve celui de Chambord. Situé entre Tours et Orléans, cet édifice, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, attire chaque année plus d’un million de touristes (1 130 852 en 2019), dont près de 6 000 par jour en période estivale. Des visiteurs qui viennent admirer le château, mais également les jardins et le parc forestier de 5 440 hectares, le plus grand jardin clos d’Europe.

Échanges de compétences et contact avec la population
Pour assurer la sécurité des touristes sur une zone aussi vaste, la gendarmerie nationale déploie un poste à cheval à l’année. Composé de six chevaux, il comprend trois sous-officiers, détachés de la Garde républicaine, et neuf gendarmes adjoints volontaires. Cette année, dans le cadre de la coopération européenne, et plus particulièrement du dispositif de brigades (et de commissariats) européennes, Alejandro, cavalier au sein de la Garde civile espagnole, est venu renforcer ces effectifs. Du 13 juillet au 6 août 2022, cet ancien membre des forces spéciales de la Guardia Civil, désormais affecté à l'escadron à cheval de Valdemoro (Espagne), a fait profiter le poste à cheval de Chambord de son expérience et de ses compétences linguistiques, particulièrement appréciées par les ressortissants hispanophones. Son séjour lui a également permis de se familiariser avec les méthodes de travail de la Gendarmerie nationale. Instructeur en techniques d'intervention au sein de la Guardia civil, il a ainsi eu la possibilité d'échanger avec le Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) de Blois au cours d'une instruction. Cette rencontre s’est avérée particulièrement instructive pour l’ensemble des participants, leur apportant une plus-value réciproque.

Des brigades et des commissariats européens bien implantés dans le paysage
Depuis les décisions de Prüm, en 2008, visant à renforcer la coopération transfrontalière entre les autorités policières et judiciaires des pays de l’Union européenne, et plus particulièrement avec la mise en place des brigades et des commissariats européens (BECE), ces échanges de personnels entre les différentes forces de sécurité intérieure européennes et la gendarmerie nationale sont devenues monnaie courante.

Aujourd’hui, toute unité territoriale peut ainsi demander à bénéficier du renfort d'un agent de police ou d'un militaire de la gendarmerie issu d’un autre pays de l'Union européenne, afin d'intégrer et de renforcer temporairement (de 1 à 31 jours) ses effectifs, dès lors qu'il s'agit de missions de sécurité publique (prévention de proximité notamment).

Désormais bien ancré dans le paysage, ce dispositif est largement utilisé en France, notamment dans le cadre des DEPP (Dispositifs Estivaux de Protection des Populations), mis en place dans les zones où la présence de touristes étrangers est particulièrement forte, ou encore à l’occasion de grands événements.

Développer les patrouilles européennes
Pour renforcer ce dispositif de BECE et en démultiplier les potentialités, la cellule des Brigades et commissariats européens de la division Union européenne, sous-direction Europe de la DCIS (Direction de la Coopération Internationale de Sécurité), en charge de ces questions, a signé, le 15 juin dernier, un projet de développement des patrouilles européennes, appelé « Eu-patrols ». Porté par la DCIS, grâce à un Fonds pour la Sécurité Intérieure (FSI), il rassemble six partenaires, parmi lesquels les forces de sécurité intérieure françaises (gendarmerie et police nationales), ainsi que la Croatie et la Police du Portugal (PSP).

L’objectif du projet « Eu-patrols » est donc de faciliter le recours au dispositif existant, en permettant notamment aux différents partenaires de se faire rembourser par l’U.E. jusqu'à 75 % de leurs dépenses éligibles, sous couvert du respect d’un certain nombre de règles. Il s’agit parallèlement d’en développer l’emploi, en rappelant qu’en plus d’être un outil de sécurité publique, basé sur le contact avec la population et les échanges de compétences, ces patrouilles européennes sont également un levier d’action pour lutter contre le terrorisme et la grande criminalité organisée transfrontalière.

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/actualites/2022/chateau-de-chambord-les-cavaliers-de-la-gendarmerie-et-de-la-guardia-civil-patrouillent-cote-a-cote

Par Lieutenante Floriane Hours
Publié le 08 août 2022
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Coopération européenne au Mont-Saint-Michel

Au Mont-Saint-Michel, des policières étrangères viennent renforcer les gendarmes qui composent le poste provisoire. Une présence qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération européenne et qui répond à un enjeu de sécurité publique.

Riche d’Histoire, le Mont-Saint-Michel est aujourd’hui l’un des dix sites touristiques les plus fréquentés en France. Chaque année, près de trois millions de visiteurs viennent admirer la vue imprenable sur la baie depuis les remparts, flâner dans les ruelles pavées ou encore découvrir l’abbaye qui culmine à plus de 150 mètres au-dessus du rivage. Hors saison, la communauté de brigades de Pontorson et le poste provisoire du Mont-Saint-Michel, à l’effectif de deux à quatre réservistes, tiennent le terrain. Mais en période estivale, la fréquentation s’accroît considérablement. Le site devient alors une vraie fourmilière, tant le flot de personnes y est continu. Pour faire face à cet afflux de visiteurs, les effectifs du poste provisoire sont augmentés, pour atteindre jusqu’à 6 ou 8 réservistes selon les semaines. La compagnie de gendarmerie d’Avranches reçoit également le renfort d’un poste à cheval, armé par la Garde républicaine ainsi que par des militaires d’active et de la réserve de la région de gendarmerie de Normandie.

S’adapter à la population
La présence du poste provisoire répond à un enjeu de proximité avec la population et de visibilité des forces de sécurité intérieure, afin de lutter contre toutes les formes de délinquance. Chaque jour, les réservistes assurent une présence accrue sur ce site touristique majeur et échangent avec les visiteurs, parmi lesquels se trouvent de nombreux Européens. Alors, pour s’adapter à la typologie de la population, le chef d’escadron Charles-Guy Regnault, commandant de compagnie, a sollicité le détachement de deux policières étrangères. Pleinement intégrées aux services de prévention de proximité, Sinead, policière irlandaise, et Nathalie, commissaire allemande, participent aux missions de renseignement et de contact avec la population. « Le Mont-Saint-Michel est le principal site touristique en zone gendarmerie. Il est donc intéressant de pouvoir bénéficier de la présence de policiers étrangers. Avec leurs uniformes qui diffèrent du nôtre, Sinead et Nathalie sont visibles et attisent la curiosité des touristes. Les ressortissants de leur pays sont ravis de voir des policiers de chez eux sur notre territoire », explique le commandant de compagnie.

Renforcer la coopération européenne
Le détachement de Sinead et de Nathalie intervient dans le cadre de la décision Prüm. Adoptée en 2008, cette dernière vise à approfondir la coopération transfrontalière entre les autorités policières et judiciaires des pays de l’Union européenne, dans le but de lutter plus efficacement contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Ainsi, des brigades et des commissariats européens ont été mis sur pied et permettent aux États de recevoir des agents étrangers afin d’assister les gendarmes et policiers locaux. Principalement réalisés à l’occasion de grands événements ou lors des dispositifs estivaux de protection des populations, ces détachements améliorent le sentiment de sécurité des citoyens européens qui, à l’étranger, retrouvent des agents de leur propre pays. L’échange est alors facilité et la prévention gagne en efficacité.

La présence des deux policières étrangères témoigne effectivement de la volonté d’approfondir les relations entre les États et « concrétise l’ouverture de la gendarmerie sur les autres forces de sécurité intérieure européennes », précise le commandant de compagnie. Elle est également l’occasion pour ces forces d’échanger sur les modes d’action et sur les capacités dont chacune d’elles dispose.

Vers une culture commune des forces de sécurité intérieure
L’intégration de policières étrangères, bien que déjà existante les années précédentes, prend par ailleurs tout son sens à la suite de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE), qui s’est tenue du 1er janvier au 30 juin 2022. Les 23 et 24 mai, dans ce cadre, s’était notamment déroulé le séminaire sur la culture commune des forces de sécurité intérieure. À cette occasion avait été évoquée l’importance de favoriser le développement d’une culture commune, en raison de l’intensification des interactions entre les gendarmeries et polices européennes.

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/actualites/2022/cooperation-europeenne-au-mont-saint-michel


Par capitaine Marine Rabasté
Publié le 26 juillet 2022
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Des patrouilles européennes pour une coopération renforcée
Pour renforcer la sécurité des ressortissants européens, les États membres développent depuis plusieurs années déjà une coopération accrue entre leurs forces de sécurité intérieure. Celle-ci se traduit notamment par la mise en place de patrouilles mixtes, à travers le dispositif des brigades et commissariats européens.

La délinquance ne connaît pas de frontières. C’est pourquoi, en 2008, les États membres de l’Union européenne ont ratifié un traité, le traité de Prüm, permettant d’approfondir leur coopération, en vue notamment de lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Cela passe par le transfert d’informations entre les différents états, par la mise en place de fichiers communs, mais également par la possibilité d’échanges entre les forces de sécurité européenne. L’article 17 prévoit en effet que les États membres peuvent, « dans le cadre du maintien de l’ordre et de la sécurité publics ainsi que de la prévention des infractions pénales, mettre en place des patrouilles communes et prévoir d’autres formes de d’opérations communes, dans le cadre desquelles des fonctionnaires ou d’autres agents de l’autorité publique, désignés par les États membres, participent aux opérations sur le territoire d’un autre État membre ».

Ainsi, lors des grandes manifestations ou dans les lieux de forte affluence, il n’est pas rare de voir des gendarmes et policiers étrangers au côté des forces de l’ordre françaises. C’est le dispositif des Brigades et commissariats européens (BE/CE).

Renforcement du sentiment de sécurité au niveau européen
Existant depuis 14 ans ( 2009) et coordonné par la Direction de la coopération internationale de sécurité (DCIS), le dispositif des BE/CE est commun à l’ensemble des forces de sécurité intérieure françaises (gendarmerie, police et préfecture de police). Il permet la mise en place d’opérations conjointes, pour un délai n’excédant pas un mois, lors des périodes de forte affluence ou pour les événements de grande ampleur. « Les policiers et gendarmes étrangers sont agents de la force publique et assistent les personnels des unités au sein desquelles ils sont détachés. Ils développent le contact avec les ressortissants européens, lors des patrouilles de prévention, mais peuvent également faire des missions de sécurité routière, sous les ordres des gendarmes ou des policiers », explique le capitaine Guillaume, du bureau de la coopération institutionnelle de la DCIS.

Face à la satisfaction des États et à la plus-value qu’ils apportent, ces échanges sont de plus en plus généralisés lors des périodes estivales. « Entre le 1er juin et le 30 septembre 2022, ce sont près de 100 agents européens qui ont été détachés au profit des unités de la gendarmerie. À l’inverse, plus de 168 policiers et gendarmes français ont renforcé les patrouilles européennes. Nous sommes l’État qui envoie et reçoit le plus d’agents. »

Par ailleurs, le dispositif BE/CE permet également de solliciter le renfort d’unités spécialisées, comme les télépilotes de drones. Des renforts et des technicités non négligeables, notamment lors d’événements de grande ampleur !

« L’intérêt de développer ce type d’échanges est majeur. D’abord, cela participe au rayonnement de l’institution à l’extérieur des frontières. Ensuite, ils permettent une meilleure prise en compte des ressortissants étrangers, grâce à un contact facilité. Enfin, la présence de policiers ou de gendarmes du pays d’origine peut dissuader les délinquants originaires de ce dernier de passer à l’acte. » Les patrouilles européennes renforcent en effet le sentiment de sécurité des ressortissants étrangers, qui peuvent se tourner vers des policiers de leur pays d’origine en cas de difficulté. Ce fut par exemple le cas lors des violents orages qui ont frappé la Corse le 18 août 2022. Après le décès de la fille d’un couple d’Autrichiens, Kristina, policière allemande détachée à la brigade de contact de Piana, avait aidé la famille et fait le lien entre elle et les autorités françaises.

EU Patrols, vers des échanges européens facilités
Depuis peu, certaines missions du dispositif BE/CE peuvent être subventionnées par un Fonds pour la sécurité intérieure (FSI), accordé par la Commission européenne. Il s’agit du projet EU Patrols, développé à l’initiative de la DCIS. « Le dispositif des BE/CE permet déjà beaucoup d’échanges, mais avec le projet EU Patrols, il pourrait y en avoir encore plus, précise le capitaine Guillaume. Les pays signataires de l’accord de partenariat se feront rembourser les frais inhérents à l’échange, tels que le transport ou l’hébergement. Cela devrait inciter à faire venir davantage de patrouilles étrangères sur le territoire. »

Seules certaines missions sont toutefois concernées par le fonds de financement : celles de prévention du terrorisme et celles de lutte contre la criminalité organisée transfrontalière. « Le projet EU Patrols couvre tout de même un vaste champ, ajoute le capitaine Guillaume. Le FSI permet le financement, par exemple, d’une équipe cynophile sur un grand événement, ou encore l’échange de cavaliers sur les sites touristiques, tels que le chemin de Saint-Jacques de Compostelle ou le château de Chambord. En revanche, pour prendre le cas d’une équipe de déminage, elle ne peut pas être financée par le projet EU Patrols, les démineurs intervenant en effet en réaction à une action de prévention. »

Actuellement, le projet EU Patrols ne concerne que la France, la Croatie et le Portugal, qui ont signé les accords de partenariat le 15 juin 2022. « L’objectif est d’accroître le nombre de pays signataires, afin d’uniformiser le processus d’envoi et de réception des agents, pour simplifier les échanges et améliorer la sécurité. »

Par la capitaine Marine Rabasté
Publié le 05 novembre 2022

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/actualites/2022/des-patrouilles-europeennes-pour-une-cooperation-renforcee
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Le projet « EU-Patrols » est une déclinaison des « Brigades et Commissariats européens » (BE-CE) ou « patrouilles européennes ». Il s’agit d’un outil pratique au service de tous les territoires et de tous les échelons de commandement qui simplifie le recours au mode d’action des patrouilles mixtes.

En juin 2008 ont été ratifiées les Décisions dites « de Prüm » par l’ensemble des Pays membres de l’UE, constituant une base juridique commune pour l’organisation de patrouilles conjointes européennes. Depuis, ce dispositif ne cesse de progresser : en 2009, environ 80 agents français et européens étaient envoyés en patrouille au sein de l’UE et reçus en France. Cette année, cela concerne près de 550 mouvements.

C’est dans ce cadre général que l’accord de partenariat « EU-Patrols » est signé en 2022 entre la Direction de la coopération internationale de sécurité (DCIS), chef de file, la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN), la Direction générale de la Police nationale (DGPN), la Préfecture de Police (P.P.) de Paris, les polices croate et portugaise.

Cofinancé par l’UE, ce dispositif encadre une demande de subvention par le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) pour financer à hauteur de 75 % une partie des missions de patrouilles conjointes de la gendarmerie et de la police, ainsi que des pays partenaires (Croatie, Portugal).

Un outil pratique au service de tous les territoires et de tous les échelons de commandement
Les missions éligibles doivent répondre à plusieurs critères cumulatifs. Elles doivent concerner des services de patrouille au contact du public lors d’un événement de grande envergure, dans une zone à forte affluence touristique ou encore dans un secteur particulièrement impacté par l’activité sérielle de réseaux de malfaiteurs d’origine étrangère.

34 renforts européens de sept nationalités différentes présents à Nice pour l’UNOC-3
Différents événements d’envergure se sont récemment déroulés sur le territoire national - « L’Armada » à Rouen et la coupe du Monde de rugby en 2023, les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024, la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3) à Nice en 2025 -, avec d’importantes demandes de renforts en forces de sécurité intérieure européennes, prouvant l’intérêt opérationnel du dispositif et son utilité au quotidien.

En tant que point de contact national pour l’organisation des patrouilles européennes, l’équipe-projet « EU- Patrols » de la DCIS s’est ainsi rendue à Nice dans le cadre de l’UNOC-3 pour fluidifier les échanges entre les différents partenaires et communiquer sur les possibilités offertes par ce dispositif afin de protéger les populations française et européennes de phénomènes liées à la criminalité transfrontière ou au terrorisme.

Concernant le dispositif spécifique de l’UNOC-3, 34 renforts européens de sept nationalités différentes étaient présents pour l’évènement pour renforcer les équipes françaises. Parmi eux, se trouvait des équipes cyno-explo belges et suisses, des patrouilleurs italiens, des personnels maltais, portugais, croates et allemands déployés au profit de différentes directions de la Police nationale. La Gendarmerie nationale a, quant à elle, bénéficié de l’appui des équipes cynophiles belge et suisse pour ce qui est de la détection des explosifs, ainsi que du renfort de l’arme des Carabiniers italiens pour sécuriser le réseau routier et ferroviaire entre Monaco et Nice.

Par DCIS
Publié le 18 juin 2025
https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/projet-eu-patrols-des-patrouilles-europeennes-pour-plus-de-cooperation


L’objectif est la prévention de la criminalité transfrontière et des actes de terrorisme. La mission doit se dérouler en France, au profit de la DGGN, de la Direction nationale de la sécurité publique (DNSP) ou de la P.P., en Croatie, ou bien au Portugal, au profit de la Polícia de Segurança Pública (PSP) avec un policier ou gendarme français.

Il s’agit d’un outil pratique au service de tous les territoires et de tous les échelons de commandement qui simplifie le recours au mode d’action des patrouilles mixtes. Sous couvert de la voie hiérarchique, des renforts en provenance des différentes forces de sécurité européennes peuvent être plus facilement sollicités en vue d'appuyer l’engagement opérationnel sur le terrain.

Actuellement, ce projet d’un coût prévisionnel total de 5 millions d’euros subventionne l’hébergement, l’alimentation et le transport des renforts. L’ objectif est d’« améliorer et intensifier la coopération transfrontière, y compris les opérations conjointes entre les autorités compétentes et au sein de celles-ci, en ce qui concerne le terrorisme et la grande criminalité organisée revêtant une dimension transfrontière. »

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La prévôté, racine et ancrage militaire de la Gendarmerie

Apparue au XIIe siècle, pour l’exercice de la justice dans l’environnement des guerres, la prévôté est la mission la plus ancienne et la racine militaire de la gendarmerie. Le champ de ses missions s’est élargi au fil des siècles, lui conférant aujourd’hui une importance croissante pour l’accompagnement des forces armées en opérations extérieures.

La gendarmerie nationale est l’héritière de la maréchaussée. Au Moyen-Âge, marquées par les guerres, les armées ne sont pas permanentes, et la plupart des soldats ne sont pas des gens de métier. Pour répondre au besoin d’encadrement disciplinaire des troupes et de la répression des « maléfices commis par les gens de guerre », l’autorité royale décide de se doter d’une police militaire confiée aux prévôts des maréchaux. Ces derniers possèdent à la fois les pouvoirs de police et de justice auprès des armées, qu’ils accompagnent à l’occasion de leurs déplacements. La gendarmerie prévôtale exerce toujours la mission de police judiciaire aux armées, sur tous les théâtres où des contingents français sont déployés. Son champ de compétence s’est peu à peu élargi à un ensemble de missions de police militaire et administrative qui concourent à la protection du dispositif militaire qu’elle accompagne. Elle exerce ces missions dans le cadre d’une triple chaîne de responsabilité : le commandement de la gendarmerie prévôtale, l’autorité militaire sur le théâtre et l’autorité judiciaire en charge des affaires militaires au Tribunal judiciaire de Paris.

Des gendarmes aux compétences judiciaires à l’étranger
La présence des prévôts auprès des armées n’est pas seulement un héritage historique. L’engagement militaire à l’étranger au XXIe siècle étant hautement sensible aux niveaux politique et médiatique, la prévôté prend ainsi un sens accru, et d’un certain point de vue nouveau. Ces militaires reçoivent une formation de perfectionnement spécifique, qui leur permet d’exercer l’ensemble de leurs missions aux côtés des forces armées engagées en OPEX, dans des conditions souvent très dégradées. On leur confère alors une habilitation spéciale d’Officier de police judiciaire des forces armées (OPJFA). Remontant aux racines de la gendarmerie nationale, la police judiciaire aux armées est la mission principale de la prévôté. Son exercice s’inscrit dans la nécessité de trouver un équilibre entre les contraintes de l’engagement opérationnel des armées françaises à l’étranger et la bonne administration de la justice, pour les faits relevant de son périmètre. Dans cette perspective, les prévôts participent quotidiennement à l’action des forces armées, pour lesquelles ils sont un soutien solide et fiable auprès des chefs militaires.

Le Code de la défense (article L3211-3) et le Code de justice militaire (articles L411-1 et 2) régissent leur action. En tant qu’OPJFA, ils agissent sous la direction de la section AC3 du parquet de Paris, compétente pour les affaires militaires et les atteintes à la sûreté de l’État. C’est donc sous son autorité que la prévôté intervient chaque fois qu’un militaire ou un ayant droit est impliqué pénalement sur un territoire étranger, en tant que victime ou auteur. Ces gendarmes, officiers de police judiciaire expérimentés, exercent également des missions de police générale, en appui des Forces : escortes ou accompagnement de convois sensibles, règlement de contentieux civils, constatations diverses, recueil d’informations intéressant la sécurité de nos forces, affaires mortuaires, actions de prévention… Ils sont présents au plus près du commandement et au contact des troupes, afin de prévenir les troubles ou incidents susceptibles d’impliquer les militaires français. Les prévôts sont aussi appréciés pour leur rôle de facilitateurs. Ils sont ainsi généralement en charge des relations avec les autorités judiciaires et les forces de sécurité intérieure locales, dans une logique de coopération qui participe à prévenir et à traiter efficacement les atteintes à la sécurité de nos forces armées.

L’organisation de la gendarmerie prévôtale
Basé à Maisons-Alfort, le Commandement de la gendarmerie prévôtale (CGP) sélectionne, forme, projette et dirige l’action des prévôts, qui sont placés pour emploi auprès du Chef d’État-major des armées. Il est également chargé de les inspecter.

Créé en 2012, le CGP contribue à la mise en œuvre de la judiciarisation spécifique aux armées. Rattaché au Commandement de la gendarmerie outre-mer (CGOM) depuis 2021, ce commandement de la gendarmerie unique pour l’ensemble des gendarmes de la prévôté est clairement identifié par les magistrats et les armées, avec lesquels il assure une constante relation. Sous les ordres du CGP, 60 à 80 prévôts, répartis en quinze détachements permanents ou de circonstance, sont actuellement déployés dans les pays où les forces françaises stationnent de manière régulière ou occasionnelle, comme à Djibouti, en Allemagne, au Sénégal, en Roumanie ou en Estonie. Une Section de recherches prévôtale (SRP), à compétence nationale, prolonge l’action et les enquêtes de ces détachements, qu’elle renforce au besoin sur les théâtres. Chaque unité a à sa tête un officier chef de détachement, qui endosse un rôle de Conseiller gendarmerie (CONSGEND) auprès du commandement de la Force. Il a sous ses ordres une ou plusieurs brigades prévôtales, en fonction des besoins sur le territoire, chacune d’un effectif minimal de trois personnels.

Si ces brigades prennent en compte le contentieux de masse, et traitent les problèmes du quotidien, la SRP peut projeter des enquêteurs en soutien dès lors qu’un fait revêt une sensibilité particulière, ou dépasse les compétences techniques des primo-intervenants. Particularité de la gendarmerie prévôtale, elle n’est pas une police militaire au sens commun du terme. En effet, les prévôts, recrutés parmi des gendarmes départementaux disposant d’une bonne expérience d’officiers de police judiciaire, sont formés et projetés sur les théâtres d’opérations pour des mandats de durée limitée. Ils retournent ensuite au sein de leurs unités.

Une préparation rustique
Depuis 2021, le CGP forme ainsi 200 prévôts par an, officiers et sous-officiers, contre 120 auparavant. En effet, à la suite de l’agression de l’Ukraine par la Russie, et dans l’hypothèse d’un engagement majeur des armées françaises, le volume a été revu à la hausse pour garantir la montée en puissance d’un vivier correspondant aux besoins.

Les prévôts suivent un stage de perfectionnement complet de deux semaines au camp militaire de Beynes, dans les Yvelines. Rustique, immersif, de qualité, il vise à revenir sur les fondamentaux de la militarité. L’objectif est à la fois d’acquérir une bonne compréhension de la culture et du fonctionnement des armées, tout en maîtrisant les particularismes de la procédure pénale militaire, tout ce qui est en lien avec les « affaires prévôtales » et pouvoir accompagner les armées sans être un fardeau pour elles. Le niveau d’engagement, de compétences et de rusticité ciblé pour cette formation est celui du théâtre du Sahel. Cette préparation technique permet aux prévôts de s’agréger immédiatement et efficacement aux dispositifs déployés sur les théâtres, dans un contexte souvent incertain et dégradé.

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/dossiers/la-gendarmerie-a-l-international/la-prevote-racine-et-ancrage-militaire-de-la-gendarmerie

Par le chef d'escadron Charlotte Desjardins
Publié le 13 septembre 2023
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Gendarmerie Nationale / Frédérik Limol, le forcené de Saint-Just (63)
« Dernier message par Jeano 11 le 04 juin 2025, 17:24:30 »
Maréchal des logis-chef Frédéric : en première ligne lors du drame de Saint-Just

Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2020, un forcené a abattu trois gendarmes de la compagnie de gendarmerie d’Ambert. Arrivé sur les lieux quelques minutes après le début de l’intervention, le maréchal des logis-chef Frédéric revient sur cet événement tragique.

Saint-Just, un nom qui restera gravé dans les mémoires de tous les gendarmes. Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2020, trois militaires de la compagnie de gendarmerie départementale d’Ambert y ont été abattus lors d’une intervention. Au cœur du Puy-de-Dôme, cette petite commune d’à peine 200 habitants est, ce soir-là, devenue le théâtre d’un véritable chaos. Pendant plusieurs heures, sous les tirs d’un forcené lourdement armé, les gendarmes ont tout mis en œuvre pour mettre fin à ses agissements. Parmi eux, le Maréchal des logis-chef (MDC) Frédéric, affecté au Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) d’Ambert. Il a été l’un des premiers arrivés sur les lieux du drame.

« Quand on est appelé, on ne se pose pas de questions »
Ce 22 décembre, le MDC Frédéric est en permissions, une pause bien méritée pour le militaire ! Mais le répit sera finalement de courte durée. «  À 22 h 06, un camarade a posté un message sur le groupe Whatsapp du PSIG. Il disait qu’une intervention risquée était en cours et demandait le maximum de renfort. » Malgré le peu d’éléments, le MDC Frédéric décide de prêter main-forte à l’équipe d’astreinte. Quelques minutes seulement après l’alerte, il prend la route avec d’autres militaires du PSIG pour rejoindre Saint-Just.

« Il faut un chef de dispositif »
« Lorsqu’on arrive à l’entrée du village, trois brigadiers sont présents. On entend directement cinq ou six détonations. À la radio, l’adjudant-chef nous dit qu’avec Arno (gendarme adjoint volontaire du PSIG, NDLR), ils sont en train de se faire tirer dessus. » Rapidement, les militaires se transportent et ripostent pour permettre l’évacuation de leurs deux camarades. Après avoir demandé à deux gendarmes de les mettre en sécurité et de leur prodiguer les premiers soins, il retourne sur l’avant du dispositif pour prendre l’appui. « À ce moment-là, j’essaie de joindre le lieutenant pour mettre en place le dispositif. Mais impossible, il ne répond pas. La situation est chaotique. » Il prend alors le commandement du dispositif et met en place un bouclage avec les militaires dont il dispose.

« On est obligé de décider quelque chose »
Dans la tête du MDC Frédéric, tout va très vite. « Il y a une femme victime, une population à évacuer et j’ai des gars qui sont exposés au danger. Il faut faire quelque chose et vite. Je mets donc en place un bouclage et avec quatre autres camarades, je fais un bond avant, pour gagner du terrain et permettre l’évacuation de la population. » À l’issue de cette manœuvre, les militaires font face à une terrible découverte. « Au sol, on voit le lieutenant et Rémi, couchés au sol. On veut leur porter secours, mais on se rend compte qu’ils sont décédés. » Malgré ce drame, la mission doit continuer. Face au danger manifeste, ne pouvant tenir la zone, le MDC Frédéric décide de faire décrocher son équipe et d’attendre les renforts. Quelques minutes plus tard, il apprend le décès d’Arno. Il est à peine minuit, trois militaires sont décédés et un autre est blessé.

À l’arrivée des renforts, le MDC Frédéric fait le point sur l’état des hommes qu’il a commandés. « Saint-Just est isolé de tout et difficile d’accès. Nous sommes restés seuls durant presque deux heures. À une heure du matin, lorsque les renforts sont suffisants, je décide alors d’extraire mes gars du dispositif. On arrive à nos limites physiques et psychologiques. » Ce n’est toutefois qu’à 8 heures que les militaires rejoindront leurs familles, inquiètes de ne pas avoir de nouvelles. Entre l’intervention et la sécurisation de la caserne à l’issue, la nuit a été longue pour les gendarmes, qui n’ont pas toujours eu l’opportunité d’avertir leurs proches de la situation.

« J’ai fait ce que j’avais à faire »
Six mois après, l’émotion est encore très vive dans la voix du MDC Frédéric. « J’ai perdu mon jeune (Arno, NDLR), mon lieutenant et Rémi lors de cette intervention. Quand on laisse trois gars sur le terrain, c’est très dur. »

Pour le militaire, difficile de ne pas se refaire le film de cette nuit-là. « A posteriori, on se dit qu’on aurait pu faire différemment, qu’on aurait pu mieux faire. Mais finalement, quand on y réfléchit, on a fait tout ce qu’on a pu. »

Ce 22 décembre, son rôle était loin d’être facile. « J’ai pris des décisions pour le bien de la mission, mais c’est compliqué. J’ai placé des gars dans le dispositif en n’étant pas sûr de les revoir. » La gestion de l’intervention est primordiale, mais il faut également gérer l’Humain. Ne transmettre ni ses doutes, ni ses craintes. « Il a fallu prendre les différences de chacun pour en faire une force. Sur place, j’ai ressenti la charge mentale du patron ! Aujourd’hui, la responsabilité est ce qui me pèse le plus. »

Un héros du quotidien
Cette nuit du 22 décembre, l’engagement du MDC Frédéric a été total. Il a perdu trois de ses camarades, mais son action a sûrement permis d’éviter bien pire. Ce n’était pas la première fois qu’il avait affaire à un homme armé. Mais aucune situation ne se ressemble et à chaque fois, il prend des risques. Lorsqu’il part en intervention, il laisse derrière lui une famille qui attend son retour, parfois avec angoisse. Le métier de gendarme n’est pas un métier comme les autres. Les dangers auxquels ils s’exposent, jusqu’au sacrifice de leur vie parfois, font d’eux des héros du quotidien, et le MDC Frédéric en est un.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mardi-03-juin-2025-5490733

Par Capitaine Marine Rabasté
Publié le 13 juillet 2021
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Nouvelle campagne de mails frauduleux

Les spams se multiplient actuellement, indiquant la poursuite d’une procédure judiciaire pour des délits sexuels. La gendarmerie vous rappelle la conduite à tenir en cas de réception d’un mail de ce type.

Une nouvelle campagne de mails frauduleux pollue depuis quelques semaines les boîtes mails de nombreux particuliers. Pour accentuer son caractère anxiogène, l’objet est renseigné ainsi : DERNIER RAPPEL. Le destinataire peut notamment y lire qu’il sera bientôt poursuivi en justice pour des faits de pédocriminalité, fiché comme délinquant sexuel, et que ses coordonnées avec sa photo seront diffusées aux médias !

Outre le fait que la gendarmerie nationale ne procéderait jamais de la sorte, par un envoi de mail, ce faux contient des erreurs assez grossières d’orthographe et de syntaxe, comme tous les spams de ce type. Il convient de rappeler qu’il faut accorder une grande attention à ces signes qui ne trompent pas.

Si vous avez le moindre le doute sur la provenance d’un mail, il est essentiel de suivre ces conseils :

- Ne jamais ouvrir les éventuelles pièces jointes

- Ne jamais répondre ou transférer le mail

- Signaler le mail sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur

- Supprimer le mail

Par la rédaction du site Gendinfo Publié le 12 août 2021
https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/actualites/2021/nouvelle-campagne-de-mails-frauduleux

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