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Château de Chambord : les cavaliers de la gendarmerie et de la Guardia Civil patrouillent côte à côte.

Pour assurer la sécurité des touristes autour du château de Chambord, la gendarmerie nationale déploie un poste à cheval à l’année, renforcé cet été, dans le cadre du dispositif de brigades (et de commissariats) européennes, par un cavalier de la Garde civile espagnole.

Loin des côtes françaises, les châteaux de la Loire séduisent de plus en plus de visiteurs. Parmi les plus fréquentés, se trouve celui de Chambord. Situé entre Tours et Orléans, cet édifice, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, attire chaque année plus d’un million de touristes (1 130 852 en 2019), dont près de 6 000 par jour en période estivale. Des visiteurs qui viennent admirer le château, mais également les jardins et le parc forestier de 5 440 hectares, le plus grand jardin clos d’Europe.

Échanges de compétences et contact avec la population
Pour assurer la sécurité des touristes sur une zone aussi vaste, la gendarmerie nationale déploie un poste à cheval à l’année. Composé de six chevaux, il comprend trois sous-officiers, détachés de la Garde républicaine, et neuf gendarmes adjoints volontaires. Cette année, dans le cadre de la coopération européenne, et plus particulièrement du dispositif de brigades (et de commissariats) européennes, Alejandro, cavalier au sein de la Garde civile espagnole, est venu renforcer ces effectifs. Du 13 juillet au 6 août 2022, cet ancien membre des forces spéciales de la Guardia Civil, désormais affecté à l'escadron à cheval de Valdemoro (Espagne), a fait profiter le poste à cheval de Chambord de son expérience et de ses compétences linguistiques, particulièrement appréciées par les ressortissants hispanophones. Son séjour lui a également permis de se familiariser avec les méthodes de travail de la Gendarmerie nationale. Instructeur en techniques d'intervention au sein de la Guardia civil, il a ainsi eu la possibilité d'échanger avec le Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) de Blois au cours d'une instruction. Cette rencontre s’est avérée particulièrement instructive pour l’ensemble des participants, leur apportant une plus-value réciproque.

Des brigades et des commissariats européens bien implantés dans le paysage
Depuis les décisions de Prüm, en 2008, visant à renforcer la coopération transfrontalière entre les autorités policières et judiciaires des pays de l’Union européenne, et plus particulièrement avec la mise en place des brigades et des commissariats européens (BECE), ces échanges de personnels entre les différentes forces de sécurité intérieure européennes et la gendarmerie nationale sont devenues monnaie courante.

Aujourd’hui, toute unité territoriale peut ainsi demander à bénéficier du renfort d'un agent de police ou d'un militaire de la gendarmerie issu d’un autre pays de l'Union européenne, afin d'intégrer et de renforcer temporairement (de 1 à 31 jours) ses effectifs, dès lors qu'il s'agit de missions de sécurité publique (prévention de proximité notamment).

Désormais bien ancré dans le paysage, ce dispositif est largement utilisé en France, notamment dans le cadre des DEPP (Dispositifs Estivaux de Protection des Populations), mis en place dans les zones où la présence de touristes étrangers est particulièrement forte, ou encore à l’occasion de grands événements.

Développer les patrouilles européennes
Pour renforcer ce dispositif de BECE et en démultiplier les potentialités, la cellule des Brigades et commissariats européens de la division Union européenne, sous-direction Europe de la DCIS (Direction de la Coopération Internationale de Sécurité), en charge de ces questions, a signé, le 15 juin dernier, un projet de développement des patrouilles européennes, appelé « Eu-patrols ». Porté par la DCIS, grâce à un Fonds pour la Sécurité Intérieure (FSI), il rassemble six partenaires, parmi lesquels les forces de sécurité intérieure françaises (gendarmerie et police nationales), ainsi que la Croatie et la Police du Portugal (PSP).

L’objectif du projet « Eu-patrols » est donc de faciliter le recours au dispositif existant, en permettant notamment aux différents partenaires de se faire rembourser par l’U.E. jusqu'à 75 % de leurs dépenses éligibles, sous couvert du respect d’un certain nombre de règles. Il s’agit parallèlement d’en développer l’emploi, en rappelant qu’en plus d’être un outil de sécurité publique, basé sur le contact avec la population et les échanges de compétences, ces patrouilles européennes sont également un levier d’action pour lutter contre le terrorisme et la grande criminalité organisée transfrontalière.

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/actualites/2022/chateau-de-chambord-les-cavaliers-de-la-gendarmerie-et-de-la-guardia-civil-patrouillent-cote-a-cote

Par Lieutenante Floriane Hours
Publié le 08 août 2022
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Coopération européenne au Mont-Saint-Michel

Au Mont-Saint-Michel, des policières étrangères viennent renforcer les gendarmes qui composent le poste provisoire. Une présence qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération européenne et qui répond à un enjeu de sécurité publique.

Riche d’Histoire, le Mont-Saint-Michel est aujourd’hui l’un des dix sites touristiques les plus fréquentés en France. Chaque année, près de trois millions de visiteurs viennent admirer la vue imprenable sur la baie depuis les remparts, flâner dans les ruelles pavées ou encore découvrir l’abbaye qui culmine à plus de 150 mètres au-dessus du rivage. Hors saison, la communauté de brigades de Pontorson et le poste provisoire du Mont-Saint-Michel, à l’effectif de deux à quatre réservistes, tiennent le terrain. Mais en période estivale, la fréquentation s’accroît considérablement. Le site devient alors une vraie fourmilière, tant le flot de personnes y est continu. Pour faire face à cet afflux de visiteurs, les effectifs du poste provisoire sont augmentés, pour atteindre jusqu’à 6 ou 8 réservistes selon les semaines. La compagnie de gendarmerie d’Avranches reçoit également le renfort d’un poste à cheval, armé par la Garde républicaine ainsi que par des militaires d’active et de la réserve de la région de gendarmerie de Normandie.

S’adapter à la population
La présence du poste provisoire répond à un enjeu de proximité avec la population et de visibilité des forces de sécurité intérieure, afin de lutter contre toutes les formes de délinquance. Chaque jour, les réservistes assurent une présence accrue sur ce site touristique majeur et échangent avec les visiteurs, parmi lesquels se trouvent de nombreux Européens. Alors, pour s’adapter à la typologie de la population, le chef d’escadron Charles-Guy Regnault, commandant de compagnie, a sollicité le détachement de deux policières étrangères. Pleinement intégrées aux services de prévention de proximité, Sinead, policière irlandaise, et Nathalie, commissaire allemande, participent aux missions de renseignement et de contact avec la population. « Le Mont-Saint-Michel est le principal site touristique en zone gendarmerie. Il est donc intéressant de pouvoir bénéficier de la présence de policiers étrangers. Avec leurs uniformes qui diffèrent du nôtre, Sinead et Nathalie sont visibles et attisent la curiosité des touristes. Les ressortissants de leur pays sont ravis de voir des policiers de chez eux sur notre territoire », explique le commandant de compagnie.

Renforcer la coopération européenne
Le détachement de Sinead et de Nathalie intervient dans le cadre de la décision Prüm. Adoptée en 2008, cette dernière vise à approfondir la coopération transfrontalière entre les autorités policières et judiciaires des pays de l’Union européenne, dans le but de lutter plus efficacement contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Ainsi, des brigades et des commissariats européens ont été mis sur pied et permettent aux États de recevoir des agents étrangers afin d’assister les gendarmes et policiers locaux. Principalement réalisés à l’occasion de grands événements ou lors des dispositifs estivaux de protection des populations, ces détachements améliorent le sentiment de sécurité des citoyens européens qui, à l’étranger, retrouvent des agents de leur propre pays. L’échange est alors facilité et la prévention gagne en efficacité.

La présence des deux policières étrangères témoigne effectivement de la volonté d’approfondir les relations entre les États et « concrétise l’ouverture de la gendarmerie sur les autres forces de sécurité intérieure européennes », précise le commandant de compagnie. Elle est également l’occasion pour ces forces d’échanger sur les modes d’action et sur les capacités dont chacune d’elles dispose.

Vers une culture commune des forces de sécurité intérieure
L’intégration de policières étrangères, bien que déjà existante les années précédentes, prend par ailleurs tout son sens à la suite de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE), qui s’est tenue du 1er janvier au 30 juin 2022. Les 23 et 24 mai, dans ce cadre, s’était notamment déroulé le séminaire sur la culture commune des forces de sécurité intérieure. À cette occasion avait été évoquée l’importance de favoriser le développement d’une culture commune, en raison de l’intensification des interactions entre les gendarmeries et polices européennes.

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/actualites/2022/cooperation-europeenne-au-mont-saint-michel


Par capitaine Marine Rabasté
Publié le 26 juillet 2022
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Des patrouilles européennes pour une coopération renforcée
Pour renforcer la sécurité des ressortissants européens, les États membres développent depuis plusieurs années déjà une coopération accrue entre leurs forces de sécurité intérieure. Celle-ci se traduit notamment par la mise en place de patrouilles mixtes, à travers le dispositif des brigades et commissariats européens.

La délinquance ne connaît pas de frontières. C’est pourquoi, en 2008, les États membres de l’Union européenne ont ratifié un traité, le traité de Prüm, permettant d’approfondir leur coopération, en vue notamment de lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Cela passe par le transfert d’informations entre les différents états, par la mise en place de fichiers communs, mais également par la possibilité d’échanges entre les forces de sécurité européenne. L’article 17 prévoit en effet que les États membres peuvent, « dans le cadre du maintien de l’ordre et de la sécurité publics ainsi que de la prévention des infractions pénales, mettre en place des patrouilles communes et prévoir d’autres formes de d’opérations communes, dans le cadre desquelles des fonctionnaires ou d’autres agents de l’autorité publique, désignés par les États membres, participent aux opérations sur le territoire d’un autre État membre ».

Ainsi, lors des grandes manifestations ou dans les lieux de forte affluence, il n’est pas rare de voir des gendarmes et policiers étrangers au côté des forces de l’ordre françaises. C’est le dispositif des Brigades et commissariats européens (BE/CE).

Renforcement du sentiment de sécurité au niveau européen
Existant depuis 14 ans ( 2009) et coordonné par la Direction de la coopération internationale de sécurité (DCIS), le dispositif des BE/CE est commun à l’ensemble des forces de sécurité intérieure françaises (gendarmerie, police et préfecture de police). Il permet la mise en place d’opérations conjointes, pour un délai n’excédant pas un mois, lors des périodes de forte affluence ou pour les événements de grande ampleur. « Les policiers et gendarmes étrangers sont agents de la force publique et assistent les personnels des unités au sein desquelles ils sont détachés. Ils développent le contact avec les ressortissants européens, lors des patrouilles de prévention, mais peuvent également faire des missions de sécurité routière, sous les ordres des gendarmes ou des policiers », explique le capitaine Guillaume, du bureau de la coopération institutionnelle de la DCIS.

Face à la satisfaction des États et à la plus-value qu’ils apportent, ces échanges sont de plus en plus généralisés lors des périodes estivales. « Entre le 1er juin et le 30 septembre 2022, ce sont près de 100 agents européens qui ont été détachés au profit des unités de la gendarmerie. À l’inverse, plus de 168 policiers et gendarmes français ont renforcé les patrouilles européennes. Nous sommes l’État qui envoie et reçoit le plus d’agents. »

Par ailleurs, le dispositif BE/CE permet également de solliciter le renfort d’unités spécialisées, comme les télépilotes de drones. Des renforts et des technicités non négligeables, notamment lors d’événements de grande ampleur !

« L’intérêt de développer ce type d’échanges est majeur. D’abord, cela participe au rayonnement de l’institution à l’extérieur des frontières. Ensuite, ils permettent une meilleure prise en compte des ressortissants étrangers, grâce à un contact facilité. Enfin, la présence de policiers ou de gendarmes du pays d’origine peut dissuader les délinquants originaires de ce dernier de passer à l’acte. » Les patrouilles européennes renforcent en effet le sentiment de sécurité des ressortissants étrangers, qui peuvent se tourner vers des policiers de leur pays d’origine en cas de difficulté. Ce fut par exemple le cas lors des violents orages qui ont frappé la Corse le 18 août 2022. Après le décès de la fille d’un couple d’Autrichiens, Kristina, policière allemande détachée à la brigade de contact de Piana, avait aidé la famille et fait le lien entre elle et les autorités françaises.

EU Patrols, vers des échanges européens facilités
Depuis peu, certaines missions du dispositif BE/CE peuvent être subventionnées par un Fonds pour la sécurité intérieure (FSI), accordé par la Commission européenne. Il s’agit du projet EU Patrols, développé à l’initiative de la DCIS. « Le dispositif des BE/CE permet déjà beaucoup d’échanges, mais avec le projet EU Patrols, il pourrait y en avoir encore plus, précise le capitaine Guillaume. Les pays signataires de l’accord de partenariat se feront rembourser les frais inhérents à l’échange, tels que le transport ou l’hébergement. Cela devrait inciter à faire venir davantage de patrouilles étrangères sur le territoire. »

Seules certaines missions sont toutefois concernées par le fonds de financement : celles de prévention du terrorisme et celles de lutte contre la criminalité organisée transfrontalière. « Le projet EU Patrols couvre tout de même un vaste champ, ajoute le capitaine Guillaume. Le FSI permet le financement, par exemple, d’une équipe cynophile sur un grand événement, ou encore l’échange de cavaliers sur les sites touristiques, tels que le chemin de Saint-Jacques de Compostelle ou le château de Chambord. En revanche, pour prendre le cas d’une équipe de déminage, elle ne peut pas être financée par le projet EU Patrols, les démineurs intervenant en effet en réaction à une action de prévention. »

Actuellement, le projet EU Patrols ne concerne que la France, la Croatie et le Portugal, qui ont signé les accords de partenariat le 15 juin 2022. « L’objectif est d’accroître le nombre de pays signataires, afin d’uniformiser le processus d’envoi et de réception des agents, pour simplifier les échanges et améliorer la sécurité. »

Par la capitaine Marine Rabasté
Publié le 05 novembre 2022

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/actualites/2022/des-patrouilles-europeennes-pour-une-cooperation-renforcee
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Le projet « EU-Patrols » est une déclinaison des « Brigades et Commissariats européens » (BE-CE) ou « patrouilles européennes ». Il s’agit d’un outil pratique au service de tous les territoires et de tous les échelons de commandement qui simplifie le recours au mode d’action des patrouilles mixtes.

En juin 2008 ont été ratifiées les Décisions dites « de Prüm » par l’ensemble des Pays membres de l’UE, constituant une base juridique commune pour l’organisation de patrouilles conjointes européennes. Depuis, ce dispositif ne cesse de progresser : en 2009, environ 80 agents français et européens étaient envoyés en patrouille au sein de l’UE et reçus en France. Cette année, cela concerne près de 550 mouvements.

C’est dans ce cadre général que l’accord de partenariat « EU-Patrols » est signé en 2022 entre la Direction de la coopération internationale de sécurité (DCIS), chef de file, la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN), la Direction générale de la Police nationale (DGPN), la Préfecture de Police (P.P.) de Paris, les polices croate et portugaise.

Cofinancé par l’UE, ce dispositif encadre une demande de subvention par le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) pour financer à hauteur de 75 % une partie des missions de patrouilles conjointes de la gendarmerie et de la police, ainsi que des pays partenaires (Croatie, Portugal).

Un outil pratique au service de tous les territoires et de tous les échelons de commandement
Les missions éligibles doivent répondre à plusieurs critères cumulatifs. Elles doivent concerner des services de patrouille au contact du public lors d’un événement de grande envergure, dans une zone à forte affluence touristique ou encore dans un secteur particulièrement impacté par l’activité sérielle de réseaux de malfaiteurs d’origine étrangère.

34 renforts européens de sept nationalités différentes présents à Nice pour l’UNOC-3
Différents événements d’envergure se sont récemment déroulés sur le territoire national - « L’Armada » à Rouen et la coupe du Monde de rugby en 2023, les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024, la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3) à Nice en 2025 -, avec d’importantes demandes de renforts en forces de sécurité intérieure européennes, prouvant l’intérêt opérationnel du dispositif et son utilité au quotidien.

En tant que point de contact national pour l’organisation des patrouilles européennes, l’équipe-projet « EU- Patrols » de la DCIS s’est ainsi rendue à Nice dans le cadre de l’UNOC-3 pour fluidifier les échanges entre les différents partenaires et communiquer sur les possibilités offertes par ce dispositif afin de protéger les populations française et européennes de phénomènes liées à la criminalité transfrontière ou au terrorisme.

Concernant le dispositif spécifique de l’UNOC-3, 34 renforts européens de sept nationalités différentes étaient présents pour l’évènement pour renforcer les équipes françaises. Parmi eux, se trouvait des équipes cyno-explo belges et suisses, des patrouilleurs italiens, des personnels maltais, portugais, croates et allemands déployés au profit de différentes directions de la Police nationale. La Gendarmerie nationale a, quant à elle, bénéficié de l’appui des équipes cynophiles belge et suisse pour ce qui est de la détection des explosifs, ainsi que du renfort de l’arme des Carabiniers italiens pour sécuriser le réseau routier et ferroviaire entre Monaco et Nice.

Par DCIS
Publié le 18 juin 2025
https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/projet-eu-patrols-des-patrouilles-europeennes-pour-plus-de-cooperation


L’objectif est la prévention de la criminalité transfrontière et des actes de terrorisme. La mission doit se dérouler en France, au profit de la DGGN, de la Direction nationale de la sécurité publique (DNSP) ou de la P.P., en Croatie, ou bien au Portugal, au profit de la Polícia de Segurança Pública (PSP) avec un policier ou gendarme français.

Il s’agit d’un outil pratique au service de tous les territoires et de tous les échelons de commandement qui simplifie le recours au mode d’action des patrouilles mixtes. Sous couvert de la voie hiérarchique, des renforts en provenance des différentes forces de sécurité européennes peuvent être plus facilement sollicités en vue d'appuyer l’engagement opérationnel sur le terrain.

Actuellement, ce projet d’un coût prévisionnel total de 5 millions d’euros subventionne l’hébergement, l’alimentation et le transport des renforts. L’ objectif est d’« améliorer et intensifier la coopération transfrontière, y compris les opérations conjointes entre les autorités compétentes et au sein de celles-ci, en ce qui concerne le terrorisme et la grande criminalité organisée revêtant une dimension transfrontière. »

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La prévôté, racine et ancrage militaire de la Gendarmerie

Apparue au XIIe siècle, pour l’exercice de la justice dans l’environnement des guerres, la prévôté est la mission la plus ancienne et la racine militaire de la gendarmerie. Le champ de ses missions s’est élargi au fil des siècles, lui conférant aujourd’hui une importance croissante pour l’accompagnement des forces armées en opérations extérieures.

La gendarmerie nationale est l’héritière de la maréchaussée. Au Moyen-Âge, marquées par les guerres, les armées ne sont pas permanentes, et la plupart des soldats ne sont pas des gens de métier. Pour répondre au besoin d’encadrement disciplinaire des troupes et de la répression des « maléfices commis par les gens de guerre », l’autorité royale décide de se doter d’une police militaire confiée aux prévôts des maréchaux. Ces derniers possèdent à la fois les pouvoirs de police et de justice auprès des armées, qu’ils accompagnent à l’occasion de leurs déplacements. La gendarmerie prévôtale exerce toujours la mission de police judiciaire aux armées, sur tous les théâtres où des contingents français sont déployés. Son champ de compétence s’est peu à peu élargi à un ensemble de missions de police militaire et administrative qui concourent à la protection du dispositif militaire qu’elle accompagne. Elle exerce ces missions dans le cadre d’une triple chaîne de responsabilité : le commandement de la gendarmerie prévôtale, l’autorité militaire sur le théâtre et l’autorité judiciaire en charge des affaires militaires au Tribunal judiciaire de Paris.

Des gendarmes aux compétences judiciaires à l’étranger
La présence des prévôts auprès des armées n’est pas seulement un héritage historique. L’engagement militaire à l’étranger au XXIe siècle étant hautement sensible aux niveaux politique et médiatique, la prévôté prend ainsi un sens accru, et d’un certain point de vue nouveau. Ces militaires reçoivent une formation de perfectionnement spécifique, qui leur permet d’exercer l’ensemble de leurs missions aux côtés des forces armées engagées en OPEX, dans des conditions souvent très dégradées. On leur confère alors une habilitation spéciale d’Officier de police judiciaire des forces armées (OPJFA). Remontant aux racines de la gendarmerie nationale, la police judiciaire aux armées est la mission principale de la prévôté. Son exercice s’inscrit dans la nécessité de trouver un équilibre entre les contraintes de l’engagement opérationnel des armées françaises à l’étranger et la bonne administration de la justice, pour les faits relevant de son périmètre. Dans cette perspective, les prévôts participent quotidiennement à l’action des forces armées, pour lesquelles ils sont un soutien solide et fiable auprès des chefs militaires.

Le Code de la défense (article L3211-3) et le Code de justice militaire (articles L411-1 et 2) régissent leur action. En tant qu’OPJFA, ils agissent sous la direction de la section AC3 du parquet de Paris, compétente pour les affaires militaires et les atteintes à la sûreté de l’État. C’est donc sous son autorité que la prévôté intervient chaque fois qu’un militaire ou un ayant droit est impliqué pénalement sur un territoire étranger, en tant que victime ou auteur. Ces gendarmes, officiers de police judiciaire expérimentés, exercent également des missions de police générale, en appui des Forces : escortes ou accompagnement de convois sensibles, règlement de contentieux civils, constatations diverses, recueil d’informations intéressant la sécurité de nos forces, affaires mortuaires, actions de prévention… Ils sont présents au plus près du commandement et au contact des troupes, afin de prévenir les troubles ou incidents susceptibles d’impliquer les militaires français. Les prévôts sont aussi appréciés pour leur rôle de facilitateurs. Ils sont ainsi généralement en charge des relations avec les autorités judiciaires et les forces de sécurité intérieure locales, dans une logique de coopération qui participe à prévenir et à traiter efficacement les atteintes à la sécurité de nos forces armées.

L’organisation de la gendarmerie prévôtale
Basé à Maisons-Alfort, le Commandement de la gendarmerie prévôtale (CGP) sélectionne, forme, projette et dirige l’action des prévôts, qui sont placés pour emploi auprès du Chef d’État-major des armées. Il est également chargé de les inspecter.

Créé en 2012, le CGP contribue à la mise en œuvre de la judiciarisation spécifique aux armées. Rattaché au Commandement de la gendarmerie outre-mer (CGOM) depuis 2021, ce commandement de la gendarmerie unique pour l’ensemble des gendarmes de la prévôté est clairement identifié par les magistrats et les armées, avec lesquels il assure une constante relation. Sous les ordres du CGP, 60 à 80 prévôts, répartis en quinze détachements permanents ou de circonstance, sont actuellement déployés dans les pays où les forces françaises stationnent de manière régulière ou occasionnelle, comme à Djibouti, en Allemagne, au Sénégal, en Roumanie ou en Estonie. Une Section de recherches prévôtale (SRP), à compétence nationale, prolonge l’action et les enquêtes de ces détachements, qu’elle renforce au besoin sur les théâtres. Chaque unité a à sa tête un officier chef de détachement, qui endosse un rôle de Conseiller gendarmerie (CONSGEND) auprès du commandement de la Force. Il a sous ses ordres une ou plusieurs brigades prévôtales, en fonction des besoins sur le territoire, chacune d’un effectif minimal de trois personnels.

Si ces brigades prennent en compte le contentieux de masse, et traitent les problèmes du quotidien, la SRP peut projeter des enquêteurs en soutien dès lors qu’un fait revêt une sensibilité particulière, ou dépasse les compétences techniques des primo-intervenants. Particularité de la gendarmerie prévôtale, elle n’est pas une police militaire au sens commun du terme. En effet, les prévôts, recrutés parmi des gendarmes départementaux disposant d’une bonne expérience d’officiers de police judiciaire, sont formés et projetés sur les théâtres d’opérations pour des mandats de durée limitée. Ils retournent ensuite au sein de leurs unités.

Une préparation rustique
Depuis 2021, le CGP forme ainsi 200 prévôts par an, officiers et sous-officiers, contre 120 auparavant. En effet, à la suite de l’agression de l’Ukraine par la Russie, et dans l’hypothèse d’un engagement majeur des armées françaises, le volume a été revu à la hausse pour garantir la montée en puissance d’un vivier correspondant aux besoins.

Les prévôts suivent un stage de perfectionnement complet de deux semaines au camp militaire de Beynes, dans les Yvelines. Rustique, immersif, de qualité, il vise à revenir sur les fondamentaux de la militarité. L’objectif est à la fois d’acquérir une bonne compréhension de la culture et du fonctionnement des armées, tout en maîtrisant les particularismes de la procédure pénale militaire, tout ce qui est en lien avec les « affaires prévôtales » et pouvoir accompagner les armées sans être un fardeau pour elles. Le niveau d’engagement, de compétences et de rusticité ciblé pour cette formation est celui du théâtre du Sahel. Cette préparation technique permet aux prévôts de s’agréger immédiatement et efficacement aux dispositifs déployés sur les théâtres, dans un contexte souvent incertain et dégradé.

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/dossiers/la-gendarmerie-a-l-international/la-prevote-racine-et-ancrage-militaire-de-la-gendarmerie

Par le chef d'escadron Charlotte Desjardins
Publié le 13 septembre 2023
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Gendarmerie Nationale / Frédérik Limol, le forcené de Saint-Just (63)
« Dernier message par Jeano 11 le 04 juin 2025, 17:24:30 »
Maréchal des logis-chef Frédéric : en première ligne lors du drame de Saint-Just

Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2020, un forcené a abattu trois gendarmes de la compagnie de gendarmerie d’Ambert. Arrivé sur les lieux quelques minutes après le début de l’intervention, le maréchal des logis-chef Frédéric revient sur cet événement tragique.

Saint-Just, un nom qui restera gravé dans les mémoires de tous les gendarmes. Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2020, trois militaires de la compagnie de gendarmerie départementale d’Ambert y ont été abattus lors d’une intervention. Au cœur du Puy-de-Dôme, cette petite commune d’à peine 200 habitants est, ce soir-là, devenue le théâtre d’un véritable chaos. Pendant plusieurs heures, sous les tirs d’un forcené lourdement armé, les gendarmes ont tout mis en œuvre pour mettre fin à ses agissements. Parmi eux, le Maréchal des logis-chef (MDC) Frédéric, affecté au Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) d’Ambert. Il a été l’un des premiers arrivés sur les lieux du drame.

« Quand on est appelé, on ne se pose pas de questions »
Ce 22 décembre, le MDC Frédéric est en permissions, une pause bien méritée pour le militaire ! Mais le répit sera finalement de courte durée. «  À 22 h 06, un camarade a posté un message sur le groupe Whatsapp du PSIG. Il disait qu’une intervention risquée était en cours et demandait le maximum de renfort. » Malgré le peu d’éléments, le MDC Frédéric décide de prêter main-forte à l’équipe d’astreinte. Quelques minutes seulement après l’alerte, il prend la route avec d’autres militaires du PSIG pour rejoindre Saint-Just.

« Il faut un chef de dispositif »
« Lorsqu’on arrive à l’entrée du village, trois brigadiers sont présents. On entend directement cinq ou six détonations. À la radio, l’adjudant-chef nous dit qu’avec Arno (gendarme adjoint volontaire du PSIG, NDLR), ils sont en train de se faire tirer dessus. » Rapidement, les militaires se transportent et ripostent pour permettre l’évacuation de leurs deux camarades. Après avoir demandé à deux gendarmes de les mettre en sécurité et de leur prodiguer les premiers soins, il retourne sur l’avant du dispositif pour prendre l’appui. « À ce moment-là, j’essaie de joindre le lieutenant pour mettre en place le dispositif. Mais impossible, il ne répond pas. La situation est chaotique. » Il prend alors le commandement du dispositif et met en place un bouclage avec les militaires dont il dispose.

« On est obligé de décider quelque chose »
Dans la tête du MDC Frédéric, tout va très vite. « Il y a une femme victime, une population à évacuer et j’ai des gars qui sont exposés au danger. Il faut faire quelque chose et vite. Je mets donc en place un bouclage et avec quatre autres camarades, je fais un bond avant, pour gagner du terrain et permettre l’évacuation de la population. » À l’issue de cette manœuvre, les militaires font face à une terrible découverte. « Au sol, on voit le lieutenant et Rémi, couchés au sol. On veut leur porter secours, mais on se rend compte qu’ils sont décédés. » Malgré ce drame, la mission doit continuer. Face au danger manifeste, ne pouvant tenir la zone, le MDC Frédéric décide de faire décrocher son équipe et d’attendre les renforts. Quelques minutes plus tard, il apprend le décès d’Arno. Il est à peine minuit, trois militaires sont décédés et un autre est blessé.

À l’arrivée des renforts, le MDC Frédéric fait le point sur l’état des hommes qu’il a commandés. « Saint-Just est isolé de tout et difficile d’accès. Nous sommes restés seuls durant presque deux heures. À une heure du matin, lorsque les renforts sont suffisants, je décide alors d’extraire mes gars du dispositif. On arrive à nos limites physiques et psychologiques. » Ce n’est toutefois qu’à 8 heures que les militaires rejoindront leurs familles, inquiètes de ne pas avoir de nouvelles. Entre l’intervention et la sécurisation de la caserne à l’issue, la nuit a été longue pour les gendarmes, qui n’ont pas toujours eu l’opportunité d’avertir leurs proches de la situation.

« J’ai fait ce que j’avais à faire »
Six mois après, l’émotion est encore très vive dans la voix du MDC Frédéric. « J’ai perdu mon jeune (Arno, NDLR), mon lieutenant et Rémi lors de cette intervention. Quand on laisse trois gars sur le terrain, c’est très dur. »

Pour le militaire, difficile de ne pas se refaire le film de cette nuit-là. « A posteriori, on se dit qu’on aurait pu faire différemment, qu’on aurait pu mieux faire. Mais finalement, quand on y réfléchit, on a fait tout ce qu’on a pu. »

Ce 22 décembre, son rôle était loin d’être facile. « J’ai pris des décisions pour le bien de la mission, mais c’est compliqué. J’ai placé des gars dans le dispositif en n’étant pas sûr de les revoir. » La gestion de l’intervention est primordiale, mais il faut également gérer l’Humain. Ne transmettre ni ses doutes, ni ses craintes. « Il a fallu prendre les différences de chacun pour en faire une force. Sur place, j’ai ressenti la charge mentale du patron ! Aujourd’hui, la responsabilité est ce qui me pèse le plus. »

Un héros du quotidien
Cette nuit du 22 décembre, l’engagement du MDC Frédéric a été total. Il a perdu trois de ses camarades, mais son action a sûrement permis d’éviter bien pire. Ce n’était pas la première fois qu’il avait affaire à un homme armé. Mais aucune situation ne se ressemble et à chaque fois, il prend des risques. Lorsqu’il part en intervention, il laisse derrière lui une famille qui attend son retour, parfois avec angoisse. Le métier de gendarme n’est pas un métier comme les autres. Les dangers auxquels ils s’exposent, jusqu’au sacrifice de leur vie parfois, font d’eux des héros du quotidien, et le MDC Frédéric en est un.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mardi-03-juin-2025-5490733

Par Capitaine Marine Rabasté
Publié le 13 juillet 2021
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Nouvelle campagne de mails frauduleux

Les spams se multiplient actuellement, indiquant la poursuite d’une procédure judiciaire pour des délits sexuels. La gendarmerie vous rappelle la conduite à tenir en cas de réception d’un mail de ce type.

Une nouvelle campagne de mails frauduleux pollue depuis quelques semaines les boîtes mails de nombreux particuliers. Pour accentuer son caractère anxiogène, l’objet est renseigné ainsi : DERNIER RAPPEL. Le destinataire peut notamment y lire qu’il sera bientôt poursuivi en justice pour des faits de pédocriminalité, fiché comme délinquant sexuel, et que ses coordonnées avec sa photo seront diffusées aux médias !

Outre le fait que la gendarmerie nationale ne procéderait jamais de la sorte, par un envoi de mail, ce faux contient des erreurs assez grossières d’orthographe et de syntaxe, comme tous les spams de ce type. Il convient de rappeler qu’il faut accorder une grande attention à ces signes qui ne trompent pas.

Si vous avez le moindre le doute sur la provenance d’un mail, il est essentiel de suivre ces conseils :

- Ne jamais ouvrir les éventuelles pièces jointes

- Ne jamais répondre ou transférer le mail

- Signaler le mail sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur

- Supprimer le mail

Par la rédaction du site Gendinfo Publié le 12 août 2021
https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/actualites/2021/nouvelle-campagne-de-mails-frauduleux

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La multiplication des faux policiers et gendarmes est un phénomène alarmant. Il est donc impératif de savoir identifier ces faux agents afin de préserver sa sécurité et celle de la communauté.

La présence croissante de faux policiers et gendarmes dans la société est préoccupante car ces individus exploitent la confiance du public envers les forces de l’ordre pour commettre divers crimes tels que l’arnaque, le vol, voire des agressions physiques. Reconnaître un faux policier ou gendarme est donc essentiel pour se protéger et protéger les autres.

Pour identifier correctement une personne, il est essentiel de prendre en compte 3 niveaux distincts. D’abord, l’identification visuelle qui concerne la présentation de la carte professionnelle, l’apparence de l’uniforme et la reconnaissance du véhicule utilisé par la personne. Ensuite, le comportement de la personne, qui englobe le langage employé, les questions posées ainsi que toute demande d’argent ou autre comportement suspect. Enfin, l’attitude générale de la personne doit être évaluée, en considérant son comportement global et ses interactions avec les autres, afin d’obtenir une vision complète et fiable de son identité et de son intégrité.

1. Identification
La carte professionnelle : Un policier ou gendarme en service doit toujours être en mesure de présenter sa carte professionnelle. Cette carte comporte généralement une photo, le nom, le grade et le service d’affectation.
L’uniforme : L’uniforme doit être propre, en bon état et correctement porté. Méfiez-vous des insignes mal positionnés ou des uniformes qui ne correspondent pas aux standards officiels.
Le véhicule : Les véhicules de police ou de gendarmerie sont généralement bien entretenus et équipés de gyrophares bleus. Si vous avez un doute, demandez à voir le gyrophare en action ou appelez le 17 pour vérifier.
2. Comportement
Le langage : Un vrai policier ou gendarme utilise un langage professionnel et respectueux. Méfiez-vous des individus qui parlent de manière agressive, menaçante ou qui utilisent un vocabulaire inapproprié.
Les questions posées : Les questions posées doivent être pertinentes et en lien avec la situation. Soyez vigilant si les questions semblent déplacées ou hors contexte.
La demande d’argent : Un policier ou gendarme ne vous demandera jamais d’argent directement. Soyez très prudent si on vous demande de payer une amende sur place en liquide.
3. L’attitude générale
Le comportement général : Un vrai policier ou gendarme agit toujours de manière professionnelle, calme et contrôlée. Méfiez-vous des individus nerveux, pressés ou qui évitent votre regard.
En cas de question, vous pouvez également prendre contact avec la police ou la gendarmerie depuis le site ou l’application Ma Sécurité.

Que faire si vous suspectez un faux policier ou gendarme ?
Même si vous avez des doutes, restez calme et poli. Ne confrontez pas directement la personne, cela pourrait être dangereux. Demandez à voir la carte professionnelle et notez les détails. Si vous avez un doute sur l’authenticité de la carte, appelez le 17 pour vérifier. Si on vous demande de payer une amende ou tout autre montant sur place, refusez poliment et demandez un reçu officiel.

Si vous êtes toujours en doute ou si vous pensez avoir affaire à un faux policier ou gendarme, contactez immédiatement les autorités en appelant le 17. Après l’incident, faites un signalement aux autorités compétentes. Cela permettra de prévenir d’autres personnes et d’ouvrir une enquête si nécessaire.

Important : Il est essentiel de ne jamais fournir d’informations personnelles ou bancaires à une personne se présentant comme un policier ou un gendarme sans avoir vérifié son identité. Les faux policiers ou gendarmes peuvent essayer d’intimider ou de manipuler leurs victimes pour obtenir des informations sensibles ou de l’argent.

Comment agir si vous pensez être victime ?
Après avoir signalé l’incident, il est recommandé de déposer une plainte contre le faux policier ou gendarme au commissariat de police ou à la gendarmerie. Apportez toutes les informations et preuves que vous avez concernant l’incident, y compris une description détaillée de l’individu, les questions posées, et tout autre élément pertinent.

Il est également important de documenter l’incident en prenant des notes détaillées, y compris la date, l’heure, l’endroit et tout autre détail pertinent. Si possible, prenez des photos ou des vidéos discrètement pour appuyer votre déclaration.

Enfin, informez vos proches et votre entourage de l’incident afin qu’ils soient également vigilants et préparés à réagir de manière appropriée s’ils sont confrontés à une situation similaire à l’avenir. La sensibilisation et la prévention sont essentielles pour éviter de devenir victime de ce type d’escroquerie.

En cas de question, vous pouvez également prendre contact avec la police ou la gendarmerie depuis le site ou l’application Ma Sécurité.

Si vous avez fourni vos informations bancaires que faire ?
Si vous avez fourni vos informations bancaires à des faux policiers ou gendarmes, agissez rapidement pour minimiser les risques de fraude. Contactez immédiatement votre banque pour bloquer votre compte ou votre carte, déposez une plainte auprès des autorités compétentes, surveillez vos comptes bancaires et changez tous vos mots de passe. Soyez vigilant face aux communications non sollicitées et envisagez un service de surveillance de l’identité pour prévenir l’usurpation d’identité. N’oubliez pas que la réaction rapide est cruciale dans ce genre de situation.

En cas de question, vous pouvez également prendre contact avec la police ou la gendarmerie depuis le site ou l’application Ma Sécurité.

Source : https://allo17.fr/actualites/27/03/2024/comment-reconnaitre-un-faux-policier-ou-gendarme-et-que-faire-si-vous-etes-victime/


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Gendarmerie Nationale / Re : 1791… et la gendarmerie nationale fut !
« Dernier message par Jeano 11 le 26 mai 2025, 17:48:48 »
La gendarmerie, au XXI siècle, ce sont 150 000 femmes et hommes qui, 24h sur 24h, surveillent, protègent, secourent, interviennent et enquêtent pour lutter contre toutes formes de délinquance.

Un rôle essentiel
7j/7, 24h/24, sur terre, sur mer et dans les airs, la Gendarmerie nationale est là pour assurer la sécurité de la population. La compétence de la gendarmerie s’étend sur 95% du territoire, essentiellement des zones péri-urbaines et rurales.
L’action des gendarmes se définit par 5 grandes missions :

rassurer et protéger ;
renseigner et anticiper ;
intervenir et défendre ;
enquêter et interpeller ;
sécuriser et maintenir l'ordre
Tout en restant proche de la population et fidèle à ses traditions, la gendarmerie a aussi su se doter de véritables experts scientifiques et développer des compétences dans différents domaines comme la lutte contre la cybercriminalité, la police technique et scientifique ou les interventions à haut risque. Son credo : innover aujourd’hui pour mieux vous protéger demain.

Pour cela, ils suivent une formation opérationnelle de haut niveau mais aussi un entraînement militaire intensif (car les gendarmes sont des militaires), pour assurer leurs missions dans toutes les conditions. La cohésion, la solidarité, le courage, la justice, l’engagement sont les valeurs qu’ils partagent.

700 ans d'histoire
La gendarmerie nationale est une des plus anciennes institutions françaises. Elle est l'héritière de la Maréchaussée de France, force militaire qui fut pendant sept siècles le seul corps exerçant dans notre pays des fonctions de police. Investie d’une mission de sécurité et de paix publiques, la gendarmerie agit aussi bien dans le champ de la police judiciaire que dans celui du maintien de l’ordre ou de l’action militaire. Quelles que soient les circonstances (paix, crise ou guerre), elle assure la continuité de l’action de l’État, sur l’ensemble du territoire français.

« La gendarmerie, c'est une organisation à part. C'est la manière la plus efficace de maintenir la tranquillité d'un pays, c'est une surveillance moitié civile, moitié militaire, répandue sur toute la surface, qui donne les rapports les plus précis ».

Napoléon Bonaparte, lettre au Roi de Naples, 16 mai 1806

1336 – 1339 : création de la Maréchaussée
1720 : création des premières brigades et mise en place de l’uniforme
1791: la Maréchaussée prend l'appellation de "Gendarmerie nationale"
1903 : décret sur l'organisation et le service de la gendarmerie
1921 : création de la gendarmerie mobile
1974 : création du Groupe d’Intervention de la gendarmerie nationale (GIGN)
1987 : création du premier laboratoire de police technique et scientifique
2009 : rattachement de la gendarmerie nationale au ministère de l'Intérieur

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/recrutement/la-gendarmerie
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Gendarmerie Nationale / Re : Le crash aérien de la Germanwings
« Dernier message par Jeano 11 le 24 mars 2025, 12:39:35 »
Dix ans après : retour sur le crash aérien de la Germanwings

Il y a 10 ans, l’une des plus importantes catastrophes aériennes de notre époque se produisait dans les Alpes-de-Haute-Provence : le crash d’un A320 de la compagnie Germanwings, qui transportait 144 passagers et six membres d'équipage. Mobilisée durant des semaines, la gendarmerie avait été projetée en première ligne pour gérer la crise. Le général Christophe Brochier, aujourd’hui commandant de l'école de gendarmerie de Tulle, commandait alors le groupement de gendarmerie départementale des Alpes-de-Haute-Provence. Dans un retex, il revient sur la manœuvre opérationnelle d’ampleur menée par la gendarmerie, en association avec des composantes des ministères de l’Intérieur et des Armées.

Situation générale
Le 24 mars 2015, à 10 h 32, le vol 4U9525 de la compagnie aérienne allemande Germanwings, filiale de Lufthansa, effectuant la liaison entre Barcelone et Düsseldorf, entame une descente progressive inexpliquée. Contacté à plusieurs reprises par la tour de contrôle d’Aix-en-Provence, l’équipage ne répond pas aux appels. À 10 h 41, il disparaît des écrans radar au niveau du massif des Trois-Évêchés, situé dans les Alpes de Haute-Provence et culminant à 2 961 m d’altitude.

Situation particulière
À 10 h 47, conformément au plan SATER, le RCC [Rescue Coordination Center] de Lyon engage directement la section aérienne de gendarmerie de Digne-les-Bains : deux militaires du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Jausiers et un médecin urgentiste embarquent à bord de l’hélicoptère EC145 « Choucas 04 ». Ils suivent le cap emprunté par l’Airbus A320 depuis la dernière balise survolée.

Au même moment, le colonel (aujourd'hui général commandant de l'école de gendarmerie de Tulle) Christophe Brochier, commandant le Groupement de gendarmerie départementale des Alpes-de-Haute-Provence (GGD04), en réunion programmée avec Patricia Willaert, à cette époque préfète des Alpes-de-Haute-Provence, avise le général de corps d’armée David Galtier, commandant alors la Région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d’Azur (RGPaca) (aujourd'hui en retraite), et Stéphane Kellenberger, procureur de la République de Digne les Bains de l'époque. Le secteur où a disparu l’aéronef se situant à la confluence de trois Compagnies de gendarmerie départementale (CGD) des Alpes-de-Haute-Provence, une coordination des recherches aériennes et terrestres est aussitôt déployée.

À 11 h 07, « Choucas 04 » localise le lieu du crash à 1 600 mètres d’altitude, dans le massif des Trois-Évêchés. L’immatriculation de l’avion étant visible, l’identification de l’appareil est certaine. Le site est d’une désolation absolue, des milliers de débris jonchent la montagne : il ne peut y avoir de survivants. Les missions de secours s’avérant inutiles, ce sont les opérations d’ordre public et de police judiciaire qui vont primer. Les militaires treuillés sur place trouvent très rapidement une première boîte noire (Cockpit Voice Recorder).

Cadre juridique
Initialement, aucun élément ne permet de déterminer la cause de la perte de l’appareil. Une des hypothèses est l’acte terroriste, sans que rien de concret n’y conduise. S’agissant en tout état de cause d’un accident collectif, il est de la compétence du procureur de la République de Marseille. La Section de recherches des transports aériens (SRTA) de Roissy-Charles-de-Gaulle, appuyée par la Section de recherches (S.R.) de Marseille et la brigade de recherches de la GTA Marignane, est saisie de l’enquête pour homicide involontaire.

Population
Aucun témoin n’a fait remonter d’information visuelle ou auditive au Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie (Corg). La zone du crash est située en montagne, vers 1 600 m d’altitude, dans un cirque désertique et inhabité.

Médiatisation
S’agissant d’un vol international, avec 6 membres d’équipage et 144 passagers issus de tous les continents (17 pays), dont de nombreux lycéens allemands qui venaient d’effectuer un voyage scolaire en Espagne, l’émotion se propage dans le monde entier. La communication devra dès lors être considérée comme une ligne d’opération majeure.

Articulation des forces et répartition des missions
Le ministre de l’Intérieur désigne la gendarmerie comme force menante. Mandaté par le directeur général de la gendarmerie, le commandant de région commande l’ensemble des moyens mis à sa disposition. Le but est de conduire les investigations afin de comprendre les causes de l’accident, d’identifier les victimes et de permettre aux autorités ainsi qu’aux familles de se rendre sur place afin de se recueillir sereinement.

Phase 1 : mise en place d’un dispositif de gel des lieux
Objectif 1 : pour la préservation des indices judiciaires mais aussi par respect pour les victimes et leurs familles, une course contre la montre s’engage afin que des curieux ou des journalistes ne puissent accéder au site du sinistre. La catastrophe est localisée sur la commune de Prads (CGD de Digne-les-Bains). Cependant, le point d’accès le plus proche par voie routière est la commune du Vernet (CGD de Barcelonnette).

Un groupe « ordre public », placé sous le commandement de l’Officier adjoint commandement (OAC) du GGD04, assure le bouclage et le gel des lieux. Des arrêtés préfectoraux interdisant l’accès sur zone et à la Zone interdite temporaire (ZIT) de survol d’aéronef créée par la DGAC, facilitent l’action des forces de l’ordre. L’accès à proximité du site, surveillé par le groupe « circulation routière/gestion des flux », placé sous le commandement du commandant de l’Escadron départemental de sécurité routière 04 (EDSR), est réservé aux seules forces de sécurité.

Phase 2 : montée en puissance du dispositif
Alors que le commandant du GGD04 assure le commandement opérationnel de l’avant, son second gère l’arrivée et la convergence des renforts gendarmerie extérieurs au département. Différents postes de commandement sont armés ou renforcés : le Centre opérationnel départemental (COD), le Poste de commandement opérationnel (PCO) et le Corg.

D’autres groupes sont créés : « montagne », sous le commandement du commandant du PGHM de Jausiers, assurant les opérations de police judiciaire sur le théâtre sous appui de « Choucas04 » ; « enquête », regroupant des militaires du PGHM, de la Cellule identification criminelle (CIC) de Digne-les-Bains et le coordinateur des opérations de criminalistique du GGD04, sous l’autorité du commandant de la Brigade départementale de renseignements et d’investigations judiciaires 04 (BDRIJ) ; « renseignement », dont la remontée est assurée par l’Officier adjoint renseignement (OAR) du GGD04 ; « Sic », pour assurer la qualité des liaisons radio et la mise en place des P.C.

Objectif 2 : accueillir l’ensemble des renforts. Un groupe « logistique » permet de recueillir tous les moyens régionaux et nationaux mis à disposition : Centre de planification et de gestion de crise (CPGC) ; PGHM et Groupes montagne gendarmerie (GMG) des GGD 04, 05 et 06 ; Unité de coordination technique montagne (UCTM) ; SRTA ; Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) ; S.R. de Marseille, Techniciens en identification criminelle (Tic) de la RGPaca ; Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) montagne des RGPaca et RG Rhône-Alpes ; un groupe « 3D » armé d’hélicoptères en provenance de l’ensemble de la région, sous l’autorité du commandant du groupement des Forces aériennes de la gendarmerie nationale (FAGN) Sud de Hyères, et coordonné par le chef d’état-major du Commandement des Fag et le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).

Des renforts extérieurs à l’Institution sont également présents : des CRS participent au relevage des corps, des militaires du 4e régiment de chasseurs contribuent au relevage des débris de l’appareil, des sapeurs-pompiers sont associés au déblaiement de la zone et à la recherche de la seconde boîte noire. Concernant la chaîne d’identification, outre des agents de la police nationale, des membres des forces de l’ordre étrangères, notamment des Espagnols et des Allemands, se rendent également sur place.

Objectif 3 : coordination des opérations de l’avant. Dans un premier temps, le PCO est installé dans la brigade de proximité de Seyne-les-Alpes. Territorialement compétente et proche d’une drop zone, elle garantit la préservation du secret des informations et bénéficie de tous les moyens de communication sécurisés (téléphonie, Internet et Intranet). Au regard du volume de personnes déployées, sous l’autorité du préfet de zone et du préfet de département, le PCO migre rapidement vers la maison des jeunes de la municipalité.

Une chapelle ardente au profit des familles y est également installée. L’appui des autorités consulaires et de la compagnie aérienne permet, lors de l’accueil des familles, d’effectuer un tri efficace et ainsi éviter toute intrusion de journalistes ou de curieux. Afin de préserver le secret de l’enquête, le P.C. judiciaire est, quant à lui, positionné à la maison technique du conseil général, à Seyne-les-Alpes (04).

Ce P.C., au sein duquel le CPGC prend un rôle central avec sa Structure accueil mobile déployable (SAMD) et une tente, comprend également un B110 du groupement tactique gendarmerie pour la coordination du groupe « ordre public » et un plateau criminalistique de crise. Celui-ci, constitué par l’IRCGN et renforcé par le Lab’Unic, bénéfice notamment de containers réfrigérés pour la conservation des corps. Le CPGC assure également, depuis ce P.C., la remontée du renseignement vers l’administration centrale.

Objectif 4 : assurer la sécurité des autorités et la sérénité des familles. Dès le premier jour, des visites officielles ont lieu : le ministre de l’Intérieur et la ministre de l’Écologie, accompagnée d’autorités allemandes et espagnoles. Le 25 mars, le président de la République française, la Chancelière allemande et le Premier ministre espagnol ainsi que plusieurs ministres viennent exprimer leur compassion à l’endroit des victimes et de leurs proches, mais aussi leur reconnaissance aux équipes engagées.

Des dispositifs de sécurité et de présentation sont donc montés dans l’urgence (ordres donnés à la voix et par SMS). Le 26 mars, le procureur de la République, le commandant de région et le directeur d’enquête vont à la rencontre des 250 membres de familles de victimes et de proches, arrivés à l’aéroport de Marseille, pour leur faire un point de situation après qu’un média américain a dévoilé que le suicide du copilote était à l’origine du crash.

L’escorte des familles jusqu’aux sites de Seyne-les-Alpes (chapelle ardente) et du Vernet (stèle) est assurée par la gendarmerie, afin de leur garantir sérénité et tranquillité. Des prélèvements ADN sont également réalisés sur les membres des familles en vue de faciliter l’identification des victimes.

Phase 3 : le relevage des corps
Objectif 5 : permettre la récupération des corps en toute sécurité et le plus rapidement possible. Durant la première semaine, l’accès sur le site n’est possible que par hélitreuillage, ce qui s’avère très contraignant. Dès le 1er avril, après autorisation préfectorale accordée le 29 mars, une piste permettant d’accéder au pied du site est ouverte par des entreprises locales. Dès lors, l’extraction des corps peut se faire de manière plus sécurisée et plus rapide.

Phase 4 : désengagement structuré et progressif
Objectif 6 : assurer une fluidité et une continuité dans les opérations, tout en libérant le site. Le 2 avril, après la découverte de la seconde boîte noire (Flight Data Recorder), les enquêteurs disposent de tous les éléments techniques nécessaires à la compréhension des événements. Les analyses du Cockpit Voice Recorder et du Flight Data Recorder ainsi que les investigations conduites permettront d’écarter définitivement l’hypothèse d’un acte terroriste.

Le 3 avril, les éléments biologiques et les effets personnels visibles ont tous été retirés de la zone. Dès le 4 avril, le site est mis à disposition de la Lufthansa, qui peut débuter les phases de relevage des débris de l’avion avant une phase de dépollution et de remise à l’état initial du site. La gendarmerie coopère avec la Lufthansa, qui confie le gardiennage du premier cercle à une entreprise de sécurité privée, pendant que le second cercle reste sous la responsabilité des gendarmes mobiles, qui seront ensuite relevés par des réservistes. Le désengagement final se déroule les 5 et 6 avril, rapidement mais en souplesse.

Le 7 avril au matin, les containers réfrigérés quittent la maison technique de Seyne-les-Alpes en direction d’une caserne de Marseille (fragments de corps) et du GGD04 (effets personnels des victimes et fragments de corps). Les dépouilles sont rendues aux familles à partir du 9 juin, une fois la commission d’identification des corps terminée. Une cérémonie d’hommage est organisée le 24 juillet, au cimetière du Vernet, avec inhumation des fragments humains non identifiés.

La manœuvre communication
Objectif : communiquer en transparence, sans porter atteinte au secret des investigations.

Avec plus de 400 journalistes sur place, venus du monde entier, la communication est une problématique complexe à gérer. Plusieurs journalistes sont interpellés par la gendarmerie dans la zone interdite délimitée par arrêté préfectoral. Dans le même temps, il convient d’expliquer en toute transparence aux médias les opérations en cours (hors secret de l’enquête judiciaire), de montrer l’importance des moyens engagés ainsi que le dévouement de l’ensemble des personnels militaires et civils engagés sur l’opération. Les images réalisées par le Sirpag et la Dicom alimentent les médias et permettent ainsi d’éviter la chasse au scoop.

La manœuvre logistique
Essentiel à la conduite des opérations, le volet logistique est pris en compte depuis l’échelon local jusqu’au niveau central :

- le chef du soutien du GGD04, renforcé par un officier et un sous-officier de la RGPaca, en coordination avec le CPGC, et en liaison avec la préfecture, se charge de collationner les diverses demandes, de rechercher des hébergements et de veiller à l’alimentation des forces, tout en organisant les circuits de facturation ;

- la cellule appui opérationnel, basée au siège de la région et placée sous la responsabilité du commandant en second de la RGPaca, coordonne la montée en puissance des moyens régionaux sur site. Elle prend en compte l’acheminement de certains matériels (kits de prélèvement ADN, containers frigorifiques, masques respiratoires, sacs mortuaires, etc.) et s’assure de la coordination des escortes des familles des victimes souhaitant se rendre sur les lieux de la catastrophe depuis l’aéroport de Marseille. Il convient d’éviter les arrivées spontanées de personnes sur le site, dont on ne pourrait garantir le lien avec les victimes (possible intrusion de journalistes ou de curieux) ;

- la DGGN prend directement en charge le financement de l’hébergement et de l’alimentation des personnels engagés ;sur le plan des moyens de communication, le réseau montagne 150 fonctionne parfaitement et permet l’interopérabilité avec les CRS. Grâce à la mise en place d’un relais supplémentaire, des images en provenance d’un hélicoptère gendarmerie peuvent être envoyées en direct à la Cellule interministérielle de crise (CIC) de Beauvau ;

- sur le plan psychologique, un dispositif de soutien regroupe quatre psychologues de la gendarmerie, trois de la police et deux assistantes sociales. Ils sont chargés de suivre, durant toute la crise et après le désengagement, les personnels déployés sur le site. Chaque intervenant est également visité à l’issue par un médecin. Le bilan santé réalisé est inscrit au registre des constatations.

Points clés des opérations
Dès les premières 24 heures, grâce à une montée en puissance conséquente, le dispositif gendarmerie, placé sous les ordres d’un seul chef, a été en mesure de : sécuriser l’ensemble du site ; diligenter l’enquête judiciaire ; procéder aux relevages des corps des victimes ; assurer la protection des visites officielles et des premières arrivées des familles des victimes ; assurer un grand volet de la communication.

Le modèle « intégré » de la gendarmerie permet de rassembler, de déployer et de commander l’ensemble des gendarmeries départementales, mobiles et spécialisées, afin de gérer un événement de grande ampleur et de longue durée. Au début de chaque nouvelle phase, une courte réunion, regroupant uniquement les partenaires concernés (pour des raisons de confidentialité et d’efficacité), permet de fluidifier la circulation de l’information, d’éviter des temps de latence et d’accélérer le processus.

Facteurs de réussite
Le premier facteur de réussite a incontestablement été le volontarisme et la cohésion dont ont fait preuve les militaires engagés dans cette opération. Leur humanité et leur compassion ont particulièrement marqué les familles de victimes et leurs accompagnateurs.

Le second facteur de réussite a été la confiance des autorités administratives et judiciaires vis-à-vis de la gendarmerie. Elles lui ont apporté à de nombreuses reprises un soutien marqué. Les actions de coordination qu’elles ont mises en œuvre entre les départements et entre les différents intervenants ont grandement contribué à la réussite de la manœuvre. Il faut aussi relever les bonnes relations entretenues avec les autorités consulaires et les partenaires privés.

Facteurs d’adversité
Le premier facteur d’adversité a été le terrain : reculé, difficilement accessible, avec une météorologie parfois capricieuse. De ce fait, la sécurité des personnels engagés sur le site était l’une des priorités : à terre, en limitant le nombre d’intervenants et en s’appuyant sur les spécialistes montagne, et dans les airs, en établissant une stricte discipline de vol.

La réception de tous les moyens déployés aurait vite pu devenir une grande contrainte si elle n’était pas maîtrisée, notamment par l’établissement de points de regroupement spécifiques par composante. La délimitation des phases de secours et d’enquête avait vocation à ne bénéficier sur zone que des moyens humains et matériels strictement nécessaires.

Bilan
Les investigations permettent de déterminer que l’avion s’est écrasé à la suite d’un acte volontaire du copilote, Andréas Lubitz. Les ADN des 150 passagers et membres d’équipage sont isolés dans un temps record. Les proches sont accueillis avec dignité. La sécurité des hautes autorités venues se recueillir est assurée.

Pour parvenir à ces résultats, environ 400 gendarmes ont été quotidiennement dédiés à cette opération, du 24 mars au 4 avril, avec un pic à 574 le 25 mars, lendemain de la catastrophe et jour de la visite des chefs d’État. Sur cette période, plus de 104 heures hélicoptère ont été dédiées à la mission, avec 340 treuillages, sans aucun accident.

L’opération s’est poursuivie au-delà du 4 avril, notamment pour sécuriser le site, identifier les victimes, informer les familles et restituer les corps. La restitution complète du site a finalement lieu le 30 octobre 2015, soit 7 mois après la tragédie.

Source  https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/histoire/dix-ans-apres-retour-sur-le-crash-aerien-de-la-germanwings

Par le général Christophe Brochier avec le capitaine Éric Costa
Publié le 24 mars 2025
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