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Gendarmerie Nationale / Les chiens dans la gendarmerie, une histoire méconnue
« Dernier message par Jeano 11 le 23 juin 2025, 11:29:54 »En 2025, le Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG), implanté à Gramat, dans le Lot, fête ses 80 ans.
Aujourd’hui, la gendarmerie compte 475 équipes cynophiles et 630 chiens, engagés en métropole comme en outre-mer, aussi bien en gendarmerie départementale que dans les composantes spécialisées : gendarmerie maritime, gendarmerie de l’armement, gendarmerie des transports aériens, Garde républicaine ou encore GIGN.
Dix-huit technicités sont désormais déployées sur le terrain : de la recherche de personnes à la détection de stupéfiants, d’armes, d’explosifs, de billets, ou encore, plus récemment, de supports de données numériques, dernière technicité développée par le CNICG.
Ce dossier met en lumière l’histoire, les évolutions et les acteurs de la cynotechnie en gendarmerie, dont les témoignages vous plongent dans un univers à la fois exigeant et passionnant.
Le Centre national d'instruction cynophile de la Gendarmerie (CNICG) fête en ce mois de juin ses 80 ans d'existence. Gendinfo vous expliquera tout ce qu'il faut savoir sur le centre et sur l'instruction cynophile au cours d'une série d'articles. Commençons par le commencement avec l'histoire des chiens en gendarmerie.
Ce n'est qu'à partir de la seconde moitié du XXe siècle que le chien fait son arrivée dans les brigades de gendarmerie. Mais en quelques décennies, l'Institution a réussi à acquérir un savoir-faire cynotechnique reconnu au niveau international. Aujourd'hui, elle compte 630 chiens pour 475 équipes cynophiles et déploie dix-huit technicités, continuant à innover pour gagner toujours plus en efficacité opérationnelle, à l'instar de la dernière née : la recherche de supports de données numériques.
La gendarmerie, une « force humaine »… et canine !
Dès 1921, une circulaire évoque l'emploi de chiens de sécurité dans la compagnie autonome de Corse, mais l'expérience est abandonnée au bout de quelques années.
Il faut attendre 1943 pour qu’une instruction du 30 juillet autorise l’arrivée de « chiens policiers » dans quatorze brigades frontalières du Nord et cinq autres du Sud, ainsi que de « chiens de montagne » dans six brigades des Hautes-Pyrénées. L'expérience s'avérant concluante, elle est étendue, dès 1944, à l'ensemble du territoire métropolitain. Mais les dotations en chiens restent faibles.
1945 : installation d’un chenil central à Gramat
L'installation, en 1945, à Gramat, par l'institution, d'un chenil central et l’instruction du 7 décembre 1950 posent les fondements de la cynotechnie en gendarmerie. En quelques années, les effectifs canins passent de 83 chiens en 1947, à 200 en 1950, puis à 299 en 1960.
Les succès initiaux n'empêchent pas des critiques qui nuisent à l'essor de la filière. Les effectifs canins tombent de 270 à 233 chiens entre 1970 et 1980. Néanmoins, l'amélioration du recrutement et de la formation, ainsi que la diversification des technicités, contribuent à inverser la tendance. Les effectifs canins remontent à 288 en 1983, à 347 en 1992, à 384 en 2001.
De la gendarmerie départementale aux unités spécialisées
Les premiers chiens servent dans la gendarmerie départementale, notamment au sein des brigades de recherches, mais on en trouve aussi dans la gendarmerie mobile dès 1951. Ils intègrent ensuite plusieurs types d'unités, comme les Pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), créés en 1977, le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), dès 1978, la Gendarmerie des transports aériens (GTA), depuis 1988, ainsi que la gendarmerie maritime et la garde républicaine, depuis 2010.
2025 : 630 chiens pour 475 équipes cynophiles
À partir de 2002, une véritable force cynophile s’établit dans la gendarmerie, à travers une refonte complète du dispositif canin réparti sur trois niveaux : les PSIG, les Groupes d'investigations cynophiles (GIC) et le Groupe national d'investigation cynophile de la gendarmerie (GNICG). Installé à Gramat, le GNICG propose des technicités rares, et peut être projeté en cas d’urgence. On trouve en outre un réseau de référents cynophiles régionaux et un référent national auprès du Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN).
En 2025, la gendarmerie nationale possède 630 chiens pour 475 équipes cynophiles.
Un pôle de formation de référence cynotechnique à Gramat
Avec l'acquisition, en 1945, d'un ancien centre hippique militaire près de Gramat, la gendarmerie nationale se dote de son premier centre de formation spécialisé. L’établissement, situé à la sortie nord-est de Gramat, au lieu-dit « Le Ségala », s’étend sur une emprise de 14 hectares.
Durant les premières années d'après-guerre, dans un contexte de pénurie générale, les moyens sont limités, mais la détermination des premiers chefs du chenil central, notamment les capitaines Gervaise et Lacaze, permet de développer un véritable savoir-faire. Certaines pratiques initiales sont très tôt remises en cause, comme l'élevage, abandonné dès 1952.
Dès 1970, diversification des technicités, au nombre de dix-huit aujourd’hui
Toutefois, les cadres de Gramat parviennent à améliorer la formation des maîtres de chiens et surtout à diversifier les technicités de recherche des chiens avec : les victimes d'avalanche en 1970, les stupéfiants en 1973, les explosifs en 1988, les traces de sang en 1999, les armes et munitions en 2001, les produits accélérateurs d’incendie en 2004, les billets en 2007, les explosifs sur personnes en mouvement en 2016, le chien stupéfiants et défense renforcée, c'est-à-dire la recherche de stupéfiants sur personnes en mouvement (2021) et la recherche de supports de données numériques en 2024.
Au total, il existe aujourd’hui dix-huit spécialités différentes. La circulaire du 1er juin 2017 précise que les équipes cynophiles peuvent être qualifiées dans une technicité unique ou multiple (ex. : stupéfiants/armes - munitions/billets).
Plus de 18 races différentes
En matière de chiens, les races employées ne se sont jamais limitées au berger allemand. Elles ont évolué dans le temps. Au total, la gendarmerie a utilisé 18 races différentes et des chiens croisés : le berger belge, l'English Springer Spaniel, le Saint-Hubert, le berger hollandais, le Stafford Bull-Terrier, le braque allemand, le Jack Russel Terrier, le bouvier des Flandres, le labrador retriever, le berger de Beauce, le Rottweiler, le Fox-Terrier Smooth, le boxer, le Terre-Neuve, le Dobermann, le Pitbull...
Si la piste froide est toujours une technicité essentiellement mise en œuvre par les Saint-Hubert, une nouvelle race est actuellement testée : le black and tan coonhound.
Un musée et un jardin du souvenir à Gramat
Au cours de son histoire, le chenil central a changé plusieurs fois de nom. Le 23 novembre 1960, il est baptisé "Godefroid-Gamin". Il devient le Centre de formation des maîtres de chien de la gendarmerie (CFMCG) en 1972. En septembre 1984, il se voit attribuer le rang d’École de sous-officiers de la gendarmerie (ESOG). Il s'appelle le Centre national d'instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG) depuis 1996. En dehors de Gramat, un chenil central de la gendarmerie a existé en Algérie, à Beni-Messous, des années 1950 à 1962.
Le CNICG conserve la mémoire de son passé à travers son musée, accessible au public lors des journées portes ouvertes, et son jardin du souvenir rassemblant les cendres d'une partie des chiens ayant servi dans la gendarmerie. Parmi eux figure Gamin, qui a fait preuve d'une fidélité à toute épreuve à l'égard de son maître, le gendarme Godefroid, tué en Algérie en 1958. C'est le seul chien, avec Allan, à avoir reçu la médaille de la gendarmerie.
Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/histoire/les-chiens-dans-la-gendarmerie-une-histoire-meconnue2
Par par le commandant Benoît Haberbusch, du Centre de recherche de l'École des officiers de la gendarmerie nationale, et Lionel Mathieu, ancien maître de chien de la gendarmerie
Publié le 31 mai 2025
Aujourd’hui, la gendarmerie compte 475 équipes cynophiles et 630 chiens, engagés en métropole comme en outre-mer, aussi bien en gendarmerie départementale que dans les composantes spécialisées : gendarmerie maritime, gendarmerie de l’armement, gendarmerie des transports aériens, Garde républicaine ou encore GIGN.
Dix-huit technicités sont désormais déployées sur le terrain : de la recherche de personnes à la détection de stupéfiants, d’armes, d’explosifs, de billets, ou encore, plus récemment, de supports de données numériques, dernière technicité développée par le CNICG.
Ce dossier met en lumière l’histoire, les évolutions et les acteurs de la cynotechnie en gendarmerie, dont les témoignages vous plongent dans un univers à la fois exigeant et passionnant.
Le Centre national d'instruction cynophile de la Gendarmerie (CNICG) fête en ce mois de juin ses 80 ans d'existence. Gendinfo vous expliquera tout ce qu'il faut savoir sur le centre et sur l'instruction cynophile au cours d'une série d'articles. Commençons par le commencement avec l'histoire des chiens en gendarmerie.
Ce n'est qu'à partir de la seconde moitié du XXe siècle que le chien fait son arrivée dans les brigades de gendarmerie. Mais en quelques décennies, l'Institution a réussi à acquérir un savoir-faire cynotechnique reconnu au niveau international. Aujourd'hui, elle compte 630 chiens pour 475 équipes cynophiles et déploie dix-huit technicités, continuant à innover pour gagner toujours plus en efficacité opérationnelle, à l'instar de la dernière née : la recherche de supports de données numériques.
La gendarmerie, une « force humaine »… et canine !
Dès 1921, une circulaire évoque l'emploi de chiens de sécurité dans la compagnie autonome de Corse, mais l'expérience est abandonnée au bout de quelques années.
Il faut attendre 1943 pour qu’une instruction du 30 juillet autorise l’arrivée de « chiens policiers » dans quatorze brigades frontalières du Nord et cinq autres du Sud, ainsi que de « chiens de montagne » dans six brigades des Hautes-Pyrénées. L'expérience s'avérant concluante, elle est étendue, dès 1944, à l'ensemble du territoire métropolitain. Mais les dotations en chiens restent faibles.
1945 : installation d’un chenil central à Gramat
L'installation, en 1945, à Gramat, par l'institution, d'un chenil central et l’instruction du 7 décembre 1950 posent les fondements de la cynotechnie en gendarmerie. En quelques années, les effectifs canins passent de 83 chiens en 1947, à 200 en 1950, puis à 299 en 1960.
Les succès initiaux n'empêchent pas des critiques qui nuisent à l'essor de la filière. Les effectifs canins tombent de 270 à 233 chiens entre 1970 et 1980. Néanmoins, l'amélioration du recrutement et de la formation, ainsi que la diversification des technicités, contribuent à inverser la tendance. Les effectifs canins remontent à 288 en 1983, à 347 en 1992, à 384 en 2001.
De la gendarmerie départementale aux unités spécialisées
Les premiers chiens servent dans la gendarmerie départementale, notamment au sein des brigades de recherches, mais on en trouve aussi dans la gendarmerie mobile dès 1951. Ils intègrent ensuite plusieurs types d'unités, comme les Pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), créés en 1977, le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), dès 1978, la Gendarmerie des transports aériens (GTA), depuis 1988, ainsi que la gendarmerie maritime et la garde républicaine, depuis 2010.
2025 : 630 chiens pour 475 équipes cynophiles
À partir de 2002, une véritable force cynophile s’établit dans la gendarmerie, à travers une refonte complète du dispositif canin réparti sur trois niveaux : les PSIG, les Groupes d'investigations cynophiles (GIC) et le Groupe national d'investigation cynophile de la gendarmerie (GNICG). Installé à Gramat, le GNICG propose des technicités rares, et peut être projeté en cas d’urgence. On trouve en outre un réseau de référents cynophiles régionaux et un référent national auprès du Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN).
En 2025, la gendarmerie nationale possède 630 chiens pour 475 équipes cynophiles.
Un pôle de formation de référence cynotechnique à Gramat
Avec l'acquisition, en 1945, d'un ancien centre hippique militaire près de Gramat, la gendarmerie nationale se dote de son premier centre de formation spécialisé. L’établissement, situé à la sortie nord-est de Gramat, au lieu-dit « Le Ségala », s’étend sur une emprise de 14 hectares.
Durant les premières années d'après-guerre, dans un contexte de pénurie générale, les moyens sont limités, mais la détermination des premiers chefs du chenil central, notamment les capitaines Gervaise et Lacaze, permet de développer un véritable savoir-faire. Certaines pratiques initiales sont très tôt remises en cause, comme l'élevage, abandonné dès 1952.
Dès 1970, diversification des technicités, au nombre de dix-huit aujourd’hui
Toutefois, les cadres de Gramat parviennent à améliorer la formation des maîtres de chiens et surtout à diversifier les technicités de recherche des chiens avec : les victimes d'avalanche en 1970, les stupéfiants en 1973, les explosifs en 1988, les traces de sang en 1999, les armes et munitions en 2001, les produits accélérateurs d’incendie en 2004, les billets en 2007, les explosifs sur personnes en mouvement en 2016, le chien stupéfiants et défense renforcée, c'est-à-dire la recherche de stupéfiants sur personnes en mouvement (2021) et la recherche de supports de données numériques en 2024.
Au total, il existe aujourd’hui dix-huit spécialités différentes. La circulaire du 1er juin 2017 précise que les équipes cynophiles peuvent être qualifiées dans une technicité unique ou multiple (ex. : stupéfiants/armes - munitions/billets).
Plus de 18 races différentes
En matière de chiens, les races employées ne se sont jamais limitées au berger allemand. Elles ont évolué dans le temps. Au total, la gendarmerie a utilisé 18 races différentes et des chiens croisés : le berger belge, l'English Springer Spaniel, le Saint-Hubert, le berger hollandais, le Stafford Bull-Terrier, le braque allemand, le Jack Russel Terrier, le bouvier des Flandres, le labrador retriever, le berger de Beauce, le Rottweiler, le Fox-Terrier Smooth, le boxer, le Terre-Neuve, le Dobermann, le Pitbull...
Si la piste froide est toujours une technicité essentiellement mise en œuvre par les Saint-Hubert, une nouvelle race est actuellement testée : le black and tan coonhound.
Un musée et un jardin du souvenir à Gramat
Au cours de son histoire, le chenil central a changé plusieurs fois de nom. Le 23 novembre 1960, il est baptisé "Godefroid-Gamin". Il devient le Centre de formation des maîtres de chien de la gendarmerie (CFMCG) en 1972. En septembre 1984, il se voit attribuer le rang d’École de sous-officiers de la gendarmerie (ESOG). Il s'appelle le Centre national d'instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG) depuis 1996. En dehors de Gramat, un chenil central de la gendarmerie a existé en Algérie, à Beni-Messous, des années 1950 à 1962.
Le CNICG conserve la mémoire de son passé à travers son musée, accessible au public lors des journées portes ouvertes, et son jardin du souvenir rassemblant les cendres d'une partie des chiens ayant servi dans la gendarmerie. Parmi eux figure Gamin, qui a fait preuve d'une fidélité à toute épreuve à l'égard de son maître, le gendarme Godefroid, tué en Algérie en 1958. C'est le seul chien, avec Allan, à avoir reçu la médaille de la gendarmerie.
Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/histoire/les-chiens-dans-la-gendarmerie-une-histoire-meconnue2
Par par le commandant Benoît Haberbusch, du Centre de recherche de l'École des officiers de la gendarmerie nationale, et Lionel Mathieu, ancien maître de chien de la gendarmerie
Publié le 31 mai 2025



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