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 :) :)
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SAMU - SMUR - SMUH / Re : Ambulancier au SMUR... Qualités et compétences ??
« Dernier message par sebastien43 le 03 avril 2021, 02:56:14 »
Bonjour,

Merci pour la réponse complète et tous les détails, ça m'a bien éclairé ! :)
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Gendarmerie Nationale / Re : Dans la Gendarmerie les femmes ont fait leur nid !
« Dernier message par Jeano 11 le 30 mars 2021, 14:04:05 »
Plus de 35 ans après l'ouverture des métiers opérationnels aux femmes, et 20 ans après la suppression des quotas au niveau du recrutement, quelle est aujourd'hui la place des femmes au sein de la gendarmerie ?

Aujourd’hui, les femmes représentent 20,2 % des effectifs de la gendarmerie, toutes catégories confondues. On note une faible représentation dans la catégorie des officiers supérieurs. Cela s’explique bien sûr par l’arrivée tardive des femmes en gendarmerie et par le cadencement spécifique des carrières militaires qui s’impose à tous les personnels. En dépit des chiffres, qui pourraient laisser penser que la féminisation est loin d’être achevée il y a, selon moi, une vraie normalisation, tout simplement parce que la question de la place des femmes en gendarmerie ne se pose plus.

Désormais tous les postes sont ouverts aux femmes, y compris depuis 2015, ceux de la gendarmerie mobile, subdivision qui n’était jusqu’alors accessible qu’aux officières. Les femmes sont d’ailleurs présentes dans quasiment toutes les spécialités et technicités de la gendarmerie : unités montagne, systèmes d’information et de communication, forces aériennes, en tant que pilotes et mécaniciennes, équipes cynophiles, unités motocyclistes, unités nautiques, GIGN… Elles peuvent candidater sur tous les postes dans la mesure, bien sûr, où elles remplissent les conditions de sélection.
Quels sont dès lors pour vous les prochains enjeux dans le domaine de l’égalité professionnelle femmes-hommes ?

S’il reste aujourd’hui des réserves quant à la présence de la femme en gendarmerie, elles sont à mon avis individuelles plus que collectives. Elle sont liées aux représentations socio-culturelles du métier des armes d’une part et de la place de la femme dans la société d’autre part dont chacun est porteur. Ces réticences individuelles se traduisent parfois par des comportements irrespectueux, grossiers voire violents dont certains sont condamnés par la loi. Ils sont intolérables dans la société en général et dans notre institution tout particulièrement. Ils doivent être combattus avec énergie. La gendarmerie s’y emploie quotidiennement, sous l’impulsion du directeur général, par la formation, la prévention, l’information et en sanctionnant les manquements.

C’est un travail en profondeur et de longue haleine, car, contrairement à ce dont j’étais convaincue quand j’ai commencé à m’intéresser au sujet, ces stéréotypes ne sont pas seulement générationnels. Ils sont étroitement liés au milieu socio-culturel, à l’éducation, à l’environnement dans lequel on a grandi et dans lequel on évolue. Ils ne sont pas l’apanage de nos aînés et sont parfois véhiculés aussi par les plus jeunes. Je pense qu’il est important de le dire.
Certains modes de fonctionnement ne sont-ils pas encore ancrés dans une organisation passée, fondée sur un marché du travail à majorité masculine ?

En effet, et à mon sens, l’un des enjeux est de repenser l’organisation en tenant compte de la présence des femmes au sein de l’Institution. Je pense, par exemple, à l’état de grossesse. Il me semble que c’est à l’Institution de concevoir des solutions pour que les absences liées aux congés maternité pèsent le moins possible sur les unités et ne soient donc pas un frein à l’emploi des femmes.

Ce n’est pas un sujet propre à la gendarmerie. Ces représentations et ces modes de fonctionnement sont héritées d’un monde du travail pensé par les hommes et pour les hommes. Promouvoir l’égalité professionnelle implique bien sûr de lutter contre les inégalités salariales, contre toutes les formes de sexisme mais aussi de faire évoluer nos représentations et nos organisations. Je pense que les aspirations des générations montantes nous y contraindront.

C’est collectivement que l’on doit changer nos manières de voir. La gendarmerie y travaille. Certaines régions font par exemple appel aux réservistes pour pallier les absences de longue durée dont les congés maternité. Cela soulage les unités.

Dans ce domaine, nous avons fort à gagner à regarder, et pourquoi pas à nous inspirer de ce qui se fait dans d’autres pays. C’est pourquoi nous lançons une étude comparative des dispositifs mis en place au sein des forces de sécurité européennes et canadiennes.
Comment la gendarmerie s’est-elle concrètement engagée dans la promotion de l’égalité professionnelle ?

Nous parlons aujourd'hui de l'égalité femmes-hommes, mais il est important de préciser que le sexisme est une discrimination parmi d’autres. En tant que gendarmes, notre mission première est de faire appliquer la loi dans le respect des personnes. Nous avons donc un devoir d’exemplarité en matière de lutte contre les discriminations, les violences et les harcèlements et de protection des victimes - de toutes les victimes. Pour le dire autrement, notre exemplarité doit s’étendre à nos propres personnels victimes de discriminations notamment des violences sexistes et sexuelles.

La promotion de l’égalité professionnelle femmes-hommes au ministère de l’Intérieur s’inscrit dans le cadre d’un protocole d’accord signé en 2014 par le ministre de l’Intérieur et les organisations syndicales. Un plan d’action en est issu. La gendarmerie l’a décliné, la même année, au profit de ses militaires, dans le respect du statut, selon trois axes qui visent à encourager les parcours professionnels des femmes, à mieux concilier les temps de vie et à prévenir et lutter contre toutes formes de discrimination ou de violence.

Plusieurs mesures ont vu le jour à la suite de ce plan d’action, notamment dans le domaine des ressources humaines. Je pense, entre autres, à la simplification de la demande de congés paternité et maternité, à l’accompagnement du congé parental, à la mise en place d'un entretien de gestion de couples sur demande, mais aussi à l’ouverture de la gendarmerie mobile aux sous-officières ou encore à la suppression des conditions de taille pour le recrutement.

2014 est aussi l’année de création de la plate-forme d’écoute, de signalement et de traitement « Stop Discri ». Celle-ci permet à tout personnel de la gendarmerie, civil ou militaire, s’estimant victime ou témoin de faits de harcèlements, de discriminations ou de violences, de le signaler directement à l’inspection générale de la gendarmerie nationale. C’est aussi une cellule d’écoute auprès de laquelle il est possible d'obtenir des conseils.

Enfin, depuis 2016, la gendarmerie a mis en place un référent national « égalité et diversité » et un réseau de 175 référents de proximité répartis sur l’ensemble du territoire. Leur rôle : sensibiliser les personnels sur le terrain à la lutte contre les stéréotypes et les discriminations. Cette sensibilisation a d’abord vocation à nous faire prendre conscience de nos stéréotypes et préjugés (nous en avons tous !), de la manière dont ils influent notre manière de voir et d’agir et à donner quelques clefs pour s’en affranchir. Le Référent égalité et diversité a également un rôle d’information sur les dispositifs existants au profit des victimes et sur les risques encourus par les auteurs. Cette information est une obligation légale de l’employeur.

Le traitement des violences sexistes et sexuelles et la lutte contre les discriminations sont également été introduits dans les formations initiales et continues, dont les contenus pédagogiques ont évolué. Des supports d'information et de sensibilisation ont également été conçus et diffusés.
Vous avez évoqué l’obtention des labels « égalité » et « diversité ». Quel est leur impact sur la politique de l’institution ?

L'obtention des labels « égalité » et « diversité », remis par le directeur de l’AFNOR au ministre de l’Intérieur le 23 octobre 2018, constitue la reconnaissance, par un organisme indépendant, de l’engagement particulier du ministère, en faveur de l’égalité professionnelle et de la diversité.

Ces labels, pour lesquels la gendarmerie, la police et les administrations centrale, préfectorale et territoriale ont été indépendamment auditées, sont accordés pour quatre ans. Ils prennent acte d’une situation, mais également de la dynamique que l’organisation labellisée déploie pour améliorer les choses. À ce titre, c'est un levier d'action, puisqu'il y aura un audit à mi-parcours lors duquel nous devrons présenter nos réalisations, nos projets et les moyens mis en œuvre.

Source : https://www-org.gendcom.gendarmerie.interieur.gouv.fr/paroles-de-gendarmes/Interviews/journee-internationale-des-droits-des-femmes-la-gendarmerie-engagee-contre-les-discriminations
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Gendarmerie Nationale / Re : Dans la Gendarmerie les femmes ont fait leur nid !
« Dernier message par Jeano 11 le 30 mars 2021, 13:59:13 »
Chrystelle : de l’observation recherche à la sécurité du président de la République.

À force de détermination et de persévérance, Chrystelle a surmonté les obstacles et réalisé son objectif en intégrant l’unité d’élite de la gendarmerie. Après 9 ans passés au sein de la Force observation recherche du GIGN, elle a rejoint, il y a un peu plus de trois ans, le Groupe de sécurité de la Présidence de la République. Son credo : « quiconque se donne les moyens peut y arriver. Il faut simplement oser, croire en ses chances et en ses capacités. »

C’est au sein de l’état-major du GIGN, à Versailles-Satory, que l’adjudant-chef Chrystelle nous accueille. Depuis un peu plus de trois ans, elle officie au sein du prestigieux Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), une unité commune à la gendarmerie et à la police, qu’elle a intégrée après 9 ans passés au sein de la Force observation recherche (FOR) du GIGN.

Si d’aucuns s’imaginent les membres de cette unité d’élite de la gendarmerie, et particulièrement les femmes, tous taillés selon un gabarit de bodybuilder, ils font fausse route ! D’allure certes sportive et affûtée, la rusticité que revendique la militaire ne gomme en effet pas sa féminité. « Je ne suis pas wonder woman, j’ai juste un mental de feu, confirme-t-elle. Quand j’ai commencé, je ne faisais pas une traction, puis je me suis donné les moyens d’y parvenir. » Une force de caractère transmise par sa maman, qui l’a toujours poussée à être indépendante et autonome.

Le dialogue s’installe naturellement et l’on sent très vite un penchant inné pour le contact chez cette presque « quadra », qui se destinait d’ailleurs initialement au métier de la communication.

Il ne faut pas non plus très longtemps pour ressentir l’énergie qui l’habite et son caractère bien trempé derrière une jovialité non feinte. « Je taquine tout le monde, même le général ou des autorités, mais toujours avec respect… L’humour fait passer beaucoup de choses. » Mais s’il y a un temps pour la rigolade, ce qui caractérise Chrystelle, c’est avant tout sa persévérance, sa détermination et sa rigueur dans le travail, qui lui ont permis d’être à cette place aujourd’hui.

Car pour intégrer le GIGN, c’est un parcours semé d’embûches qu’elle a dû affronter.
De la communication à la gendarmerie

Quand elle envisage une carrière militaire, son père, troupe de marine, lui conseille de poursuivre ses études et, si elle souhaite toujours rejoindre les rangs, d’opter pour le cursus d’officier « à cause de mon caractère » sourit-elle. Ce qu’elle fait, en intégrant parallèlement la réserve gendarmerie. En 2003, à la fois confortée par cette expérience et refroidie par le milieu particulier de la com’, elle opte définitivement pour la gendarmerie, séduite par « son côté militaire, le contact avec le public et l’aide à la personne. »

Rebutée par l’épreuve de droit pénal du concours officier, elle passe le concours interne de sous-officier et intègre l’école de Châteaulin. C’est là qu’elle entend parler pour la première fois de l’EPIGN (Escadron parachutiste d'intervention de la Gendarmerie nationale) par l’un de ses cadres, qui lui conseille de tenter d’intégrer le GOR (Groupe d'observation et de recherche, devenu FOR à la suite de la réorganisation du GIGN en 2007 – N.D.L.R.). Les femmes peuvent en effet prétendre à intégrer toutes les forces au GIGN, y compris celle de l'intervention, si tant est qu’elles réussissent les tests, ce qui n’est encore jamais arrivé ! Ces derniers sont en effet identiques pour tous, avec uniquement des barèmes différents pour intégrer le GOR : une charge de 5 kg au lieu de 11 pour la marche TAP et l’autorisation d’utiliser bras et jambe pour le grimper de corde… Le probatoire et le pré-stage sont les mêmes pour tous mais avec des barèmes adaptés.

La graine était plantée et allait très vite germer. Peu avant sa sortie d’école, en février 2005, un reportage sur les deux premières femmes à avoir intégré l’EPIGN enfonce le clou : « Ça a été le déclic. J’ai fait des recherches et j’ai su que c’était ce que je voulais faire. »

Elle choisit son affectation en songeant à sa préparation : ce sera la compagnie de Gap, dans les Hautes-Alpes. Dès son arrivée, elle annonce à son commandant de compagnie sa ferme intention d’intégrer l’EPIGN dans les trois ans, « tout en faisant mon travail », précise Chrystelle. « J’ai d’ailleurs beaucoup aimé le travail en brigade. Il y avait une grosse part de social, mais j’adorais le contact, je prenais le temps de discuter avec les gens. Je trouve que ça facilite beaucoup de choses. »
Focalisée sur un objectif : intégrer le GOR

Gardant son objectif en ligne de mire, elle se prépare avec rigueur, ne laissant rien au hasard. Sportive à la base, elle a fait de la course d’orientation en compétition au lycée

et pratique vélo, natation et marche. Dès son arrivée à Gap, elle prend également attache avec l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) de Gap, le Peloton de surveillance et d’intervention gendarmerie (PSIG) et le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Briançon, avec lesquels elle s’entraîne. Elle obtient aussi du 3e RIMA, en Bretagne, de pouvoir accéder à son parcours du combattant. Consciente qu’elle ne doit pas se focaliser sur l’entraînement physique, elle récupère tous les textes et « potasse » le combat, l’armement…

Mais en juin 2005, l’EPIGN diffuse un appel à volontaires qui cible tout spécifiquement les sous-officiers féminins. La jeune gendarme, alors âgée de 24 ans, ne peut laisser passer cette opportunité. Mais n’étant pas encore de carrière et ne disposant pas encore du CAT, elle est administrativement hors clou. Qu’à cela ne tienne, Chrystelle s’obstine et rédige une lettre de motivation au Groupe, dans laquelle elle vend sa rusticité, sa maturité, son aptitude sportive, avec plusieurs raids aventures à son actif, et sa formation dans la communication, « proche de la recherche de renseignement. » Elle reçoit aussi l’appui d’un cadre de son lycée militaire qui connaît un certain… Denis Favier !

Elle obtient ainsi une mesure dérogatoire au CAT et, après quelques blocages administratifs, elle est finalement autorisée à passer les tests EPIGN en septembre 2005.
Avancer coûte que coûte !

Dès le 2e jour, elle termine le « 8 kil' » en rangers avec les pieds littéralement en sang. Mais avec l’aide de l’infirmier et moult pansements à chaque pied elle s’accroche. « Quand je commence quelque chose, j’ai le mental pour continuer à avancer. J’étais là pour finir la semaine. » Les cadres s’en aperçoivent et l’autorisent à effectuer la marche de 50 kilomètres en baskets.

C’est donc les pieds dans un triste état qu’elle finit les tests et se présente devant le jury de sélection. Quand celui-ci lui propose un poste au secrétariat, Chrystelle réplique qu’elle veut être « opérationnelle au GOR » et obtient sa place pour le pré-stage. Au préalable, elle cherche une solution afin d’éviter de subir le même problème avec ses pieds. Elle entend parler d’une crème que les maîtres de chien utilisent pour durcir les coussinets de leur animal… Et elle se rend donc chez un vétérinaire pour mettre toutes les chances de son côté.

Nous sommes en 2006. Chrystelle est enfin au probatoire de l’EPIGN. Mais le 3e jour, un candidat chute sur sa nuque avec la force de ses 100 kg. Ses cervicales en prennent un coup… Mais une fois encore, la gendarme ne veut rien lâcher et masque tant bien que mal la douleur. Après une séance chez un ostéopathe, elle poursuit les tests pendant les trois semaines suivantes. « Au fil des jours, avec les contractures, j’avais la posture d’une tortue. Mes camarades se relayaient pour me masser le cou… », se remémore-t-elle encore aujourd’hui. Jusqu’à un nouveau coup du sort, au cours de la troisième semaine. Un coup de genou reçu au niveau de la tête pendant un cours de boxe l’envoie cette fois à l’hôpital, où un neurochirurgien lui apprend que les tendons de chaque côté de ses cervicales sont détruits à 85 % et que le moindre choc risque de la rendre tétraplégique. Hospitalisée, la nuque enfermée dans une coque thermoformée, le corps médical brise ses rêves d’intégrer l’EPIGN. « Pour le médecin, c’était fini, mais moi je n’étais pas dans cette optique, parce que je voulais faire de l’observation surveillance, ce qui n’impliquait pas le même engagement physique que l’intervention. »

À force d’obstination et avec un sacré coup de pouce du destin, qu’elle doit à sa compagne de chambre d’hôpital, son dossier est reconsidéré. « On m’a informée que j’allais pouvoir être opérée et récupérer mes aptitudes TAP à l’issue » Fin juin 2006, Chrystelle subit une arthrodèse cervicale et un mois plus tard elle reprend le sport.

En décembre 2006, elle recontacte l’EPIGN, mais après ce gros accident, cette fois pas de dérogation possible. Elle devra attendre d’être de carrière pour repasser les tests.

Ce qu’elle fait en septembre 2007. Entre-temps, la réforme du GIGN est passée par là, avec notamment une refonte des tests et de la formation.

Chrystelle rejoint finalement le probatoire en février 2008. Cette fois, les 14 semaines d’instruction, pilotées par les trois forces, se passent bien, en dépit d’une petite entorse, dès le 3e jour, en sautant d’un toit sur une margelle.

De huit femmes au début de ce probatoire nouvelle formule, elle sera la seule à franchir la ligne d’arrivée. En 2009, elle reçoit enfin ce brevet tant convoité, en présence de son commandant de compagnie qu’elle a invité pour le remercier de son soutien. « Notre brevet était différent de celui des hommes, tout comme les équipes cynophiles et les dépiégeurs qui ont également le leur, souligne-t-elle. Une différence qui a perduré jusqu’à aujourd’hui. Mais depuis la fin février, sur décision du commandant du Groupe, le général Ghislain Réty, les opérationnels hommes et femmes auront désormais le même brevet, et ce, avec effet rétroactif. « Toutes les femmes brevetées depuis 2009 recevront donc un nouveau brevet ! »

FOR, ou voir sans être vu !

À son arrivée au GIGN, les femmes sont peu nombreuses. Au sein de la FOR, elle retrouve les deux pionnières, arrivées en 2004. Des trois femmes à avoir intégré le GSPR, il n’en reste qu’une en opérationnel, à la Force protection.

« L’unité était en pleine restructuration. C’était un peu compliqué. Il a fallu faire son trou. La FOR avait déjà l’habitude d’avoir des femmes dans ses rangs, mais pour les autres c’était nouveau. Mais je me suis tout de suite plu. On était trois, j’étais épaulée et je me suis vite adaptée, note-t-elle rapidement, avant d’enchaîner avec une passion non dissimulée sur le métier de l’observation recherche. « Ça me correspondait vraiment. C’est un métier prenant, on suit les gens, on anticipe leurs déplacements. Notre objectif est de parvenir à apporter tout ce que l’unité de recherches attend, et notre satisfaction est totale quand la personne interpellée n’a rien vu venir. »

Un métier pour lequel il faut beaucoup de patience et de discrétion : « On peut passer des heures dans un véhicule, un local ou tapis dans une forêt que la cible sorte. Parfois, c’est quand on n’espère plus, que ça bouge et que le job commence. C’est une chasse. Il faut savoir improviser pour se fondre dans le paysage, ne pas attirer le regard et pour cela s’adapter à chaque environnement, en milieu urbain comme en pleine campagne, du 6e arrondissement de Paris à la Seine-Saint-Denis. Notre mission, c’est voir sans être vu. Et chacune est différente, car chaque cible est différente, tout comme les process et les milieux dans lesquels elle évolue. À chaque fois, il faut savoir trouver les bonnes clés. C’est un travail d’équipe. »

Tels des caméléons, les gendarmes de la FOR entrent ainsi dans la peau du personnage qu’ils se créent à chaque mission. « On doit trouver le bon scénario. On a suivi un stage d’improvisation à l’époque, mais ensuite ça se travaille au quotidien, dès qu’on est en exercice ou même en dehors du boulot. Je m’amuse à m’entraîner sur des gens que je ne connais pas. C’est une expérience très enrichissante, explique Christelle, qui a souvent été employée pour faire diversion, par exemple pendant la pose d’une balise ou une vérification sur un véhicule. « Une femme a tendance à moins susciter la méfiance. »

Dans la bulle présidentielle

Si les personnels masculins de la FOR ont la possibilité de réaliser des missions avec la force protection, la seule occasion pour les personnels féminins de toucher à autre chose est de s’impliquer dans la formation.

Alors, après neuf années dans cette spécialité, et aussi exaltante soit elle, quand en 2017, le GSPR émet un appel à volontaire à l’occasion du nouveau mandat présidentiel, Chrystelle, confortée par une camarade qui y avait officié, saute sur l’occasion de « découvrir encore autre chose ».

Elle y fait ses débuts en juillet 2017, après avoir suivi un stage d’acculturation d’une semaine avec le GSPR, pour se réapproprier les spécificités du métier, tous les « ops » du GIGN ayant suivi une formation complète avant de se spécialiser.

Unité mixte, composée d’autant de gendarmes que de policiers, dont cinq femmes, le GSPR a pour mission de protéger le Président et sa famille, tant pendant les sorties officielles que lors des séquences privées, et ce à Paris, en province, en outre-mer, à l’étranger, et parfois dans des zones de crise, comme dernièrement à Bagdad. Une mission H.24, 7J./7. En 2017, Chrystelle s’est ainsi rendu dans 12 pays en six mois ; même nombre l’année suivante et sept en 2019, auxquels s’ajoutent les déplacements sur le territoire métropolitain. Un rythme beaucoup moins soutenu depuis le début de la pandémie, ce qui permet de consacrer plus de temps au maintien en condition opérationnelle et à la formation.

Un métier qui requiert donc une importante disponibilité, mais dont le système de permanence permet toutefois d’anticiper et d’avoir « une certaine structure dans sa vie privée. »

Chaque déplacement présidentiel est ainsi minutieusement préparé par un chef de mission dédié, en lien avec un officier du GSPR, les services de l’Élysée, voire le protocole pour l’étranger.

Une fois l’itinéraire planifié, le GSPR adapte la bulle de sécurité en lien avec les autorités locales (groupement de gendarmerie départementale ou DDSP), en fonction de la complexité du lieu et de la complexité sociale. Un élément précurseur est envoyé sur chaque site pour coordonner le dispositif, qui s’organise en plusieurs cercles, du plus proche au plus éloigné, ce dernier étant confié aux acteurs locaux.

À l’exception du cercle le plus rapproché du Président, dont les postes sont toujours confiés aux mêmes personnels, gendarmes et policiers du GSPR changent régulièrement de postes, passant ainsi de précurseur site, à conducteur sécurité en passant par évacuateur. « Après, avec un peu d’ancienneté, on peut évoluer vers précurseur sécurité ou chef de mission. »

Là aussi, le travail demande discrétion, rusticité pour durer dans le temps et adaptabilité pour faire face aux changements soudains d’itinéraire de l’autorité, mais aussi aux us et coutumes des pays visités. « Il faut aussi une bonne dose de diplomatie et surtout de la rigueur. Je ne laisse jamais rien au hasard, insiste Chrystelle. C’est vraiment très enrichissant. Nous sommes amenés à rencontrer des personnes aux profils très variés dans le monde entier. »

Le GIGN, pourquoi pas vous ?

Actuellement, sur la partie opérationnelle, le GIGN compte trois personnels féminins au sein du GSPR, une à la FOR, qui en accueillera une deuxième en 2022, une à la protection de l’ancien président de la République, François Hollande et, enfin, une à la tête de la cellule ouverture fine.

« Entre 2016 et 2021, il n’y a pas eu de nouvelles recrues. Des candidates se sont présentées aux tests, voire ont été sélectionnées pour le probatoire, mais elles ne sont pas allées au bout. J’ai d’ailleurs remarqué que beaucoup moins de femmes se présentent aujourd’hui. À mon époque, nous étions 10 ou 13 pour les tests, puis 6 ou 8 au probatoire. Aujourd’hui, si on en a 4 qui se présentent aux tests et deux qui sont retenues, c’est bien ! Cela tient peut-être au fait qu’avec les GOS et autres unités qui font de l’O.S., les femmes ont un autre choix que la FOR. »

Une autre hypothèse tient à cette idée encore fantasmée que le Groupe est inaccessible. « Le GIGN est ouvert. Il faut simplement oser, croire en ses chances et en ses capacités. Physiquement, on ne sera jamais un homme et ce n’est pas ce que l’on recherche. Pour moi, c’est 80 % de mental et 20 % de physique. Il faut savoir se préparer, se donner les moyens d’y arriver et surtout ne pas se dévaloriser. C’est ce que je dis aux filles que je rencontre : pourquoi pas toi ? Bien sûr, il y a aussi un facteur chance, car le risque de blessure est toujours présent. »

Quand on lui parle vie de famille au GIGN, Chrystelle concède sans peine que toutes les femmes qui restent en unités opérationnelles n’ont pas d’enfants… « Ce sont des métiers, des unités passion. On y consacre beaucoup de temps, et du coup on en a moins pour les amis et la famille. Il faut en être conscient. Après, il y a toujours des solutions pour se réorienter, afin d’allier vie professionnelle et vie personnelle… Ou alors il faudrait une crèche au sein de l’unité », suggère en souriant celle qui se verrait bien un jour, dans une autre vie, après la gendarmerie, happiness chief. Car « si tu es bien dans ta vie privée, tu seras bien dans ton travail et inversement. »

Et quand finalement on demande à Chrystelle de se projeter après le GIGN, la militaire s’imagine bien dans une école, « pour transmettre le goût du métier, le goût de l’effort », ou à l’étranger sur un poste d’officier de liaison. Toujours dans le contact donc, mais une chose est sûre « ce n’est pas pour tout de suite. »

Source https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Portraits/chrystelle-de-l-observation-recherche-a-la-securite-du-president-de-la-republique/
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Gendarmerie Nationale / Re : Dans la Gendarmerie les femmes ont fait leur nid !
« Dernier message par Jeano 11 le 30 mars 2021, 13:53:22 »
Juliette : « le service civique, un tremplin vers la gendarmerie »

La tête bien faite et bien posée sur les épaules, Juliette est une jeune femme qui sait ce qu’elle veut ! Actuellement en service civique au sein du groupement de gendarmerie départementale du Maine-et-Loire, elle n’attend qu’une chose : pouvoir poursuivre son engagement au sein de la gendarmerie.

« Une semaine après mon arrivée, je savais déjà que j’étais là où je voulais être… » Rien ne prédisposait Juliette à devenir gendarme. Pas de militaires dans l'arbre généalogique, ni de vocation précoce née en jouant « au gendarme et au voleur », mais simplement une forte envie d’être au service des autres, et d’endosser rapidement des responsabilités.

En licence de droit, à Angers, elle hésite, se demande vers quelle carrière se tourner. Une amie lui parle de son intention de devenir officier de police. Intriguée, elle se renseigne sur cette possibilité. « Mais je n’étais pas très attirée par l’univers de la police, et je ne voulais pas travailler dans une grande ville. J’ai commencé à me pencher sur les opportunités d’entrer en gendarmerie. Mes parents ont été étonnés, parce que cette envie sortait un peu de nulle part, mais, finalement, ils ont trouvé que ça me correspondait bien. J’aime quand c’est carré ! »

 Juliette apprend que le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) propose un poste en service civique. Elle passe les entretiens et est retenue. Elle prend ses quartiers et est rattachée au commandement, le bureau qu’elle partage avec sa collègue est situé en face du centre d'opérations et de renseignement de la gendarmerie. « On est au cœur de l’action, précise-t-elle. Au-delà des missions du service civique, c’est une expérience très enrichissante. Nous sommes amenées à interagir tant avec des officiers que des sous-officiers, tous accessibles et disponibles. J’étais un peu stressée en arrivant, mais j’ai vraiment reçu un super accueil. »

Ses missions sont de deux ordres. Elle s’occupe d’abord de la page Facebook du groupement. « Nous abordons différents sujets, de la prévention sur les arnaques, aux alertes de circulation routière, en passant par les excès de vitesse constatés ou les affaires de stups, après accord du procureur et validation de la hiérarchie bien sûr. Nous essayons d’apporter notre petite touche, un peu d’humour, de décalage, parce que nous sommes peut-être plus habituées aux réseaux sociaux que nos responsables ! Il faut savoir adresser le bon message et de la bonne manière. Je pense que la communication sur les réseaux sociaux est importante, ça permet de créer un lien avec la population. »

Un rôle qui peut aussi s'avérer déterminant, comme à la suite de cette disparition inquiétante signalée récemment. « La personne recherchée a été retrouvée grâce à une abonnée ayant appelé le 17 après avoir lu la publication sur Facebook. Ça permet d’aider les gendarmes sur le terrain. »

Cette fonction au sein du groupement offre à Juliette la possibilité de réaliser des reportages sur la vie des unités et les différents métiers de la gendarmerie. « Nous avons pu rencontrer des gendarmes du poste à cheval, une équipe cynophile… Pour la journée internationale des droits des femmes, nous avons proposé un portfolio. Nous nous sommes donc déplacées dans tout le département afin d’aller à la rencontre de plusieurs personnels féminins. »

L’autre mission principale de Juliette, qui lui tient particulièrement à cœur, consiste à réaliser des opérations de prévention dans les classes de 5e des collèges situés en zone gendarmerie, avec la Maison de confiance et de protection des familles (MCPF).

« Pendant une heure, nous abordons de nombreux thèmes : le harcèlement sur les réseaux sociaux, les violences sexuelles et, plus généralement, le respect des règles, décrit-elle. C’est extrêmement dense. Les jeunes posent beaucoup de questions, parfois très directes. Il faut trouver les mots justes, tout en adaptant son vocabulaire en fonction de l’âge. Même si je ne suis pas gendarme, je représente une forme d’autorité, je sens que le message passe. C’est aussi une manière de transmettre tout ce que j’ai pu apprendre lors de mes études de droit. C’est valorisant ! »

L’engagement de Juliette se termine le 30 avril prochain, mais cette expérience l’a confortée dans ses choix et ses ambitions. « C’est exactement ce que j’étais venue chercher. Un travail avec des responsabilités, une bonne formation pour le concours de sous-officier, un vrai tremplin vers la gendarmerie. » Elle attend les résultats des tests GAV (Gendarme Adjoint Volontaire) passés en janvier, « avec l’espoir d’être incorporée au plus vite », puis ce sera le concours de sous-officier en septembre.

Juliette se projette. Elle aimerait vivre une première expérience en montagne, dans le Jura ou les Alpes. « Un milieu que je ne connais pas, ça me plairait beaucoup ! Je verrai bien en fonction des places ouvertes. » Ensuite, elle souhaiterait être affectée dans une unité de recherches, pourquoi pas en Alsace ? « Je veux passer rapidement le concours OPJ, avant de peut-être préparer celui d’officier, parce que j’aime encadrer, avoir une vision d’ensemble et prendre des décisions ! »   

Source https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Portraits/juliette-le-service-civique-un-tremplin-vers-la-gendarmerie/?fbclid=IwAR1dw85lEU0XtHyAdECpcSd8n3zXvv_mDiE4_1MziTZZ9059y_ukdu9sR5o           
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Actualités / « plan 10000 jeunes »
« Dernier message par Jeano 11 le 29 mars 2021, 11:51:34 »
Le ministère de l'Intérieur s'engage grâce au « plan 10000 jeunes » à offrir plus de 10000 stages, contrats d'apprentissage et autres opportunités, à des collégiens de troisième, lycéens, apprentis et aux étudiants jusqu'à 26 ans (30 ans pour les personnes en situation de handicap dans le cadre des services civiques), sur l'année scolaire 2021-2022.

Venez découvrir la diversité des métiers du ministère de l'Intérieur : sécurité (intégrez les services de police, les casernes de gendarmerie, les unités de sécurité civile), finance, gestion, restauration, mécanique, logistique...

Pour les moins de 18 ans, 3000 offres :

    1800 stages de 3ème ;
    1200 stages de citoyenneté au sein des cadets de la République de la gendarmerie nationale.

Pour les 18-25 ans, plus de 7000 offres :

    1500 contrats d'apprentissage de 6 mois à 3 ans ;
    4000 stages de 6 mois maximum pour les étudiants de BTS, DUT, licence ou master ;
    1500 missions de service civique de 6 mois à 1 an.


Source : https://media.interieur.gouv.fr/10000jeunes-interieur.fr/
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Police Nationale / Re : Adjoint De Sécurité (ADS) et Cadet de la République.
« Dernier message par Jeano 11 le 25 mars 2021, 20:46:04 »
Bonsoir
c'est le site du ministère de l'intérieur essayez celui ci

https://www.devenirpolicier.fr/
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Police Nationale / Re : Re : Adjoint De Sécurité (ADS) et Cadet de la République.
« Dernier message par Emmasos le 25 mars 2021, 20:25:08 »
Tout savoir sur les cadets de la République  ;)

https://www.lapolicenationalerecrute.fr/Presentation_cadet/Tout-savoir-sur-les-cadets-de-la-Republique

Chez moi le lien ne fonctionne pas...dommage ça avait l'air intéressant comme source :D
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Gendarmerie Nationale / Une passion, un métier ... travailler à la CELTIF
« Dernier message par Jeano 11 le 03 mars 2021, 17:37:32 »
Sous ses airs sympathiques, se cache un enquêteur redoutable.
À 49 ans, le major Yvan F. est à la tête de la Cellule de lutte contre le travail illégal et les fraudes (CELTIF) de la Drôme, une unité spécialisée qui traite de la délinquance liée au travail illégal, au niveau départemental, dans les zones gendarmerie. Une carrière à laquelle le gendarme n’était pourtant pas prédestiné.
Alors qu’il se trouve en Allemagne pour son service militaire au sein du contingent de l’armée de Terre, il rencontre des gendarmes et en il rejoint la brigade territoriale de Valence. Détaché ensuite à la brigade de recherches, il effectuera une mission prévôtale de six mois au Liban, avant de rejoindre, en 2009, l’unité qui deviendra la CELTIF de la Drôme.
Un choix de carrière pourtant bien loin de ses aspirations de départ. « Quand je suis entré en gendarmerie, c’était pour voyager et voir l’envers du décor de la société française. C’était ça qui me motivait au départ, la curiosité. Je n’étais pas forcément intéressé pour dresser des procès-verbaux de police route, mais petit à petit j’ai appris mon métier de brigadier avec bonheur et je me suis rendu compte que cela ne se limitait pas à courir après les délinquants et faire de la police route. Il y avait également des aspects méconnus mais très intéressants, comme ceux relatifs au travail illégal, aux abus de biens sociaux, aux escroqueries, tout ce qui relève de la délinquance en col blanc.
J’ai trouvé ce type d’infractions, peu courues, particulièrement intéressantes. C’est une délinquance silencieuse, insidieuse, sophistiquée, commise généralement par des gens intelligents et organisés. »
Une passion et des compétences qui l’amènent à être sélectionné pour participer à une enquête financière de plusieurs mois à Saint-Martin et pour être désigné à deux reprises secrétaire du CODAF (Comité Opérationnel Départemental Anti-Fraude) de la Drôme.
Des compétences très techniques
Dans les missions qui sont les siennes, le major traque sans relâche les cas de travail illégal ou dissimulé. Au cœur de sa motivation, la lutte contre l’injustice :
 « J’ai toujours trouvé cela injuste de travailler de manière illégale et de ne pas verser ses cotisations. Je trouvais qu’il y avait un enjeu de justice sociale très intéressant, auquel je pouvais apporter ma contribution. »

En France, il existe seulement une cinquantaine de CELTIF, réparties sur l'ensemble du territoire. Rattachées à un groupement (État major du département), elles sont ainsi implantées dans les départements où l'activité délinquante le nécessite.
Dans la Drôme, où l'activité industrielle et agricole conséquente génère un flux important de travailleurs et de marchandises, l’action d’une CELTIF s'avère donc essentielle. « Nous intervenons en appui des unités territoriales et des unités de recherches. La pertinence d’une CELTIF est de pouvoir prendre en compte des contentieux très techniques. C’est un outil particulièrement adapté à la répression des infractions économiques et financières, qui sont assez complexes et qui nécessitent la plupart du temps des investigations à la fois comptables, bancaires, financières et l’utilisation d’outils de police judiciaire classiques, comme les auditions, l'observation surveillance, les perquisitions, etc. »

Une spécialité unique
Les différentes missions confiées à la CELTIF font souvent écho à celles d’un office national plus connu : l’OCLTI (Office Central de Lutte contre le Travail Illégal).
Si les infractions qu’elles traquent sont semblables, ces deux unités ont des domaines d’action pourtant bien différents, comme l’explique le major Yvan : « La principale différence est que l’OCLTI possède une dimension nationale et internationale, et va ainsi s'attacher à traiter des dossiers plus importants et d’une complexité supérieure. La CELTIF agit quant à elle au niveau départemental.
Elle n'est pas placée sous le commandement de l’OCLTI, qui lui apporte plutôt une sorte de tutelle thématique. »

La coopération au cœur du travail d’une CELTIF
Les infractions sur lesquelles travaille une CELTIF concernent également d’autres services de l'État tels que l’URSSAF, la CPAM, la MSA ou encore l’administration fiscale. Sur ce type d’enquêtes transverses, la coopération inter-services est un maître-mot. La CELTIF apporte plusieurs plus-value : sa compétence pénale, des outils de police judiciaire qui facilitent et accélèrent le travail de tous et, enfin, une grande disponibilité liée à son statut militaire. Une collaboration particulièrement importante que souligne le major : « La coopération au quotidien avec d’autres services, que ce soit avec l’inspection du travail ou les URSSAF, est très intéressante et nous permet d’élargir notre prisme gendarmique. C’est un véritable plus. »

Le CODAF, pilier de l'action inter-services
Si cette coopération est aujourd’hui possible, c’est avant tout grâce à l’action du CODAF, chargé de rassembler, au niveau d’un département, l’ensemble des services de l'État spécialisés dans la lutte contre les fraudes ainsi que l’ensemble des organismes sociaux. « Avant la mise en place des CODAF en 2010, chaque service travaillait de son côté et ne partageait pas forcément ses informations. Pourtant, dans une enquête judiciaire, on sait très bien que si une unité de recherches travaille sur un cambriolage, l’auteur de ce cambriolage peut aussi percevoir des aides ou être impliqué dans des affaires en lien avec les fraudes, comme le blanchiment du produit de ses vols à travers des montages financiers ou immobiliers. Aujourd’hui, l’information détenue par un service d’enquête est partagée avec l’ensemble des services anti-fraudes et vice-versa. L’idée est de décloisonner l’action des différents acteurs pour travailler ensemble. Cette circularisation du renseignement est la clé du succès de nos enquêtes. »

Source https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Portraits/une-passion-un-metier-rencontre-avec-le-major-yvan-f.-chef-de-la-celtif-de-la-drome/?fbclid=IwAR1f-FQDdwfkE20eXh2I39Z2XKKbEjcRqh09iqNgQK0A45oMU2aKZwxO7ZM
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