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Gendarmerie Nationale / Gendarmerie et montagnes : .....
« Dernier message par Jeano 11 le 01 décembre 2021, 14:05:41 »
.... de l’adaptation au milieu hostile à la spécialisation des missions de secours.
Auteur : le commandant Jean-François Nativité - publié le 4 novembre 2019

Policer les zones montagneuses ?
Voilà une ambition qui semble de prime abord plus relever de l’utopie sécuritaire que de la réalité, tant cet univers naturel semble éloigné, dans l’imaginaire collectif, de l’implantation et de l’action policière. Pour autant, par les densités humaines, les contraintes du relief et du climat, ou encore les rythmes saisonniers marqués qui les caractérisent, les milieux montagnards, tels que les définissent les géographes, ont de tout temps mis à l’épreuve les dispositifs généraux de police.

Avant de devenir un terreau d’innovation en matière de sécurité, de spécialisation et de professionnalisation des secours, la montagne française a d’abord fait figure d’espace singulier à conquérir dans l’optique d’un processus étatique de civilisation.
En tant que bras armé historique de l’État, la gendarmerie a d’emblée été confrontée au phénomène.

Dès le XIXe siècle, l’investissement des territoires montagnards avait fait figure, pour l’Institution, de défi en matière de gestion de l’ordre.
Au désordre alpin né de l’instabilité politique italienne répondait le rituel pyrénéen, longtemps affirmé par une culture d’objection et de détournement, refusant l’assimilation. Dans ces lieux, longtemps les forces de gendarmerie furent numériquement dérisoires. Or, comme dans le reste de la France, une brigade de cinq hommes était censée « maintenir l’ordre et l’exécution des lois » quels que soient la superficie, la population, le relief ou la situation du canton.
Dans les hautes vallées pyrénéennes, l’inadéquation de ces normes nationales était flagrante. « Dans aucune autre partie du territoire national, écrivait le Mémorial des Pyrénées en février 1841, la gendarmerie ne rencontre plus de difficultés que dans nos contrées ». En haute vallée d’Aure (Hautes-Pyrénées) par exemple, la brigade la plus proche de la frontière était Arreau. Son accès n’était possible qu’à pied et se trouvait à plus de deux heures de Saint-Lary.

La brigade de Castillon (Ariège) devait à elle seule surveiller quatre vallées ! Celle de Massat devait, avec un effectif normal, assurer la sécurité d’une soixantaine de hameaux ou de bourgs. Pareille situation était d’autant plus dommageable que ces vallées pyrénéennes étaient alors le théâtre de troubles chroniques : conflits pastoraux, délits forestiers, insoumission, contrebande avec l’Espagne… L’incapacité des forces de l’ordre avait fait de ces lieux des espèces de zones franches où, de l’aveu même des autorités, pullulaient délinquants et marginaux.

Si la Grande Guerre et son rite sacrificiel d’intégration avaient fini par pacifier le milieu montagnard en mettant fin à près d’un demi siècle de résistance aux innovations de la société française, avec la lente assimilation des populations aussi bien par le haut (via l’instauration d’une économie de marché nationale, la déconcentration publique, le règlement de la question forestière et la scolarisation), que par le bas (entrée en politique, promotion sociale, etc.), l’inadaptation du service gendarmique en milieu montagnard, évoquée dès le début des années 1920 dans certains rapports de brigades, était restée lettre morte. Alors que l’introduction des skis dans le Briançonnais datait du début du siècle, il fallut attendre la circulaire ministérielle du 29 septembre 1926 pour que leur usage en gendarmerie départementale soit codifié pour les opérations de sauvetage.

C’est l’expérimentation des premières brigades frontières (B.F.) en 1936, après le déclenchement de la guerre d’Espagne, qui amena l’Institution à se pencher davantage sur les conditions de service du gendarme affecté dans des résidences d’altitude (entre 800 et 1 300 mètres). En plus de l’expérimentation, dans la compagnie des Basses-Pyrénées, de deux brigades de gendarmes à ski (les brigades d’Urdos et de Laruns), destinées à pérenniser la surveillance frontalière durant les mois d’enneigement, la gendarmerie avait aussi avalisé l’emploi, durant la période froide, d’un supplément d’effets (béret, paletot canadien, chandails, brodequins ferrés, gants fourrés et manteau à capuche). Cette panoplie fut associée à des accessoires de neige. Il fallut néanmoins attendre 1942 pour que ce projet prenne corps et que les gendarmes skieurs bénéficient d’effets comparables à ceux des corps alpins de l’armée de terre. Ces dotations furent par la suite complétées en juin 1947.

Le basculement essentiel de la sûreté (violences, contrebande, délits forestiers) à la sécurité (prévention des risques et secours), intervient au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec le développement du tourisme et des sports alpins. L’accroissement important du nombre d’accidents conduit la direction de la gendarmerie à mettre sur pied des unités spécialisées. Depuis 1958, date de la création du groupe spécialisé de haute montagne de Chamonix, l’Institution dispose deux types d’unités : les Pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM - selon la dénomination reçue en 1972) au nombre de seize, présents dans les Alpes, les Pyrénées, en Corse ou encore à la Réunion, et les six Pelotons de gendarmerie de montagne (PGM), créés en 1993, qui couvrent le Massif central, les Vosges et le Jura.

Ces pelotons de haute et moyenne montagnes ont une compétence territoriale étendue au département et, en tant que de besoin, aux massifs sur lesquels ils ont vocation à intervenir. Ils sont spécialement destinés aux missions de secours, aux enquêtes judiciaires concomitantes et à l’exercice de la police administrative. L’action de la gendarmerie en zone montagneuse repose aussi sur les quelque 250 brigades territoriales de montagne et de haute montagne qui exercent leurs missions par tous les temps sur l’étendue de leur circonscription et peuvent participer à des missions d’aide et d’assistance.
Les unités du cadre général de la gendarmerie départementale comprennent également les pelotons de surveillance et d’intervention, les unités de recherches des compagnies, ou des groupements de montagne, et les unités d’autoroute « classées montagne » et les Groupes montagne gendarmerie (GMG) constitués de gendarmes des unités territoriales volontaires, ayant réussi les formations montagne dispensées par les PGHM. Sont également classés de la sorte les escadrons de la gendarmerie mobile et pelotons montagne de la gendarmerie mobile (PMGM) qui renforcent les unités départementales, principalement au moment des saisons estivales et hivernales. En 2015, environ 5 000 hommes (officiers et sous-officiers) étaient affectés au sein des différentes unités de montagne et l’on dénombrait 292 gendarmes spécialistes aguerris dans la pratique du ski, de l’alpinisme et de la spéléologie, répartis dans les unités de secours.

En outre, la gendarmerie dispose, depuis 1989, d’une unité de formation du personnel des unités de montagne, le Centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la gendarmerie (CNISAG), basé à Chamonix. Enfin, depuis le 1er août 2014, une Unité de coordination technique montagne (UCTM) y a également été créée. Composée d’officiers ayant l’expérience du commandement de PGHM et de gradés supérieurs de la spécialité montagne, elle dépend directement de la direction générale de la gendarmerie nationale. S’inscrivant dans une logique de démarche qualité et de réduction des risques, ses missions consistent à appuyer les unités spécialisées montagne de la gendarmerie et à les évaluer.

Source : https://www.gendinfo.fr/loisirs/histoire/Gendarmerie-et-montagnes-de-l-adaptation-au-milieu-hostile-a-la-specialisation-des-missions-de-secours
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Gendarmerie Nationale / 1791… et la gendarmerie nationale fut !
« Dernier message par Jeano 11 le 12 novembre 2021, 11:47:25 »
Les gendarmes connaissent la date du 16 février, mais sans doute pas sa double signification. En effet, depuis 1993, le ministre de la Défense a fait de ce jour la commémoration annuelle et solennelle des « gendarmes victimes du devoir » au cours de l’année précédente, et, plus largement, des morts de la gendarmerie. Une cérémonie regroupe alors dans l’ensemble des départements toutes les formations de l’Arme pour honorer les hommes et femmes dont le service s’est accompli au prix de leur vie, faisant passer le sens du devoir avant tout. Mais si les gendarmes se souviennent ainsi avec tristesse de leurs camarades disparus savent-ils pourquoi ce jour d’hiver s’est imposé ?

La loi du 16 février 1791 constitue l’acte de naissance de la gendarmerie nationale en réorganisant alors une maréchaussée royale vieille de plusieurs siècles et en lui donnant donc un nouveau nom. Ce terme de « gendarmerie » n’est pas nouveau puisqu’il existe déjà sous l’Ancien Régime une « gendarmerie de France » dont les diverses unités de cavalerie sont attachées à la protection des membres de la famille du roi.

Dès le XVe siècle, les termes de « gens d’armes » désignent les combattants non nobles et mercenaires qui constituent le gros des troupes féodales. On voit donc que ce terme de « gendarmerie » puise ses racines dans l’Ancien Régime. En revanche, l’épithète « nationale » lui donne une tonalité toute révolutionnaire puisque désormais l’Institution est au service de la nation et non plus du roi. Néanmoins, si aujourd’hui cet adjectif de « nationale » est associé à une dimension territoriale, lorsque la gendarmerie apparaît en 1791, l’épithète qualifie bien une institution émanant de la nation et à son service ; le sens du mot est avant tout politique et pas encore relié à un cadre administratif et spatial.

Il y a donc un lien étroit entre l’État, sa population et cette nouvelle institution de « force publique du dedans ». C’est ainsi la confirmation de l’article 12 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen qui, le 26 août 1789, justifiait la légitimité d’une « contribution commune », c’est-à-dire d’un impôt, par une nécessaire force publique à établir pour protéger ces nouveaux « droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme ». On le voit, pour les révolutionnaires de 1789, police, politique et État sont indissociables. La force publique est bien conçue comme un outil essentiel de gouvernement pour le bien public.

La loi du 16 février est relativement courte. Les missions de la nouvelle gendarmerie sont sensiblement les mêmes que celles de l’ancienne maréchaussée. La distinction fondamentale réside dans la séparation des pouvoirs dont la nouvelle force de l’ordre est l’expression puisque, contrairement à maréchaussée, la gendarmerie n’a plus le pouvoir de juger – et éventuellement punir de façon expéditive, y compris par la peine capitale – les suspects arrêtés. La gendarmerie nationale, formée par des gendarmes à pied et d’autres à cheval, rassemble alors environ 7 500 hommes pour un territoire de 526 000 km2 (551000 km2 aujourd'hui) et une population d’environ vingt-neuf millions d’habitants.

Désormais des colonels dirigent les divisions, des lieutenant-colonels les départements, organisés en compagnies, elles-mêmes commandées par des capitaines. Le titre III de la loi spécifie dans son article 2 que « la gendarmerie continuera de faire partie de l’armée ». L’ordonnance de 1820 confirmera cette appartenance de la gendarmerie – devenue « impériale » puis « royale » entre-temps – à la société militaire. La seconde partie du titre VII, relative aux fonctions de la gendarmerie nationale, reprend pour partie les dispositions de l’ordonnance du 28 avril 1778. On voit donc que la rupture avec l’Ancien Régime n’est qu’apparente.

Si la justice prévôtale et les tribunaux d’exception sont supprimés en 1790, les missions de polices administrative et judiciaire sont confirmées par le texte du 16 février 1791. Cette loi rappelle les fonctions ordinaires de la gendarmerie et la nécessité d’effectuer des tournées dans tous les arrondissements, d’y recueillir des renseignements sur les crimes et les délits et de poursuivre les malfaiteurs. Ces missions reprennent les fondements posés par les édits de mars 1720 qui établissent, en particulier, des brigades au sein de compagnies plus étendues. Avant 1791, la maréchaussée connaît alors une révolution dont les caractères se prolongèrent avec la gendarmerie. En distribuant le personnel de chaque compagnie en brigades et en lui faisant accomplir un service de tournées régulières, la réglementation de 1720 induit une transformation fonctionnelle profonde par le remaniement des structures territoriales. Les tournées ne doivent plus être dirigées par des officiers mais par les chefs de brigade dans les paroisses de la circonscription.

En 1720, pour la maréchaussée comme en 1791 pour la gendarmerie, les tournées doivent prioritairement surveiller les voies de communication mais également les « grands rassemblements d’hommes, tels que les foires, marchés, fêtes et cérémonies ». Dans le domaine de la police rurale, la gendarmerie est chargée de saisir les dévastateurs de bois et de récoltes et de réprimer la contrebande.

Sa mission consiste également à maintenir l’ordre public, à dissiper « les révoltes et attroupements séditieux » et à « repousser par la force les violences et les voies de fait qui seraient employées contre eux ». Enfin, dans le domaine des fonctions extraordinaires, il est précisé que les soldats de la loi sont tenus de prêter la main-forte qui leur est demandée par la voie des réquisitions. Mais « main-forte » à qui ? Eh bien, aux commissaires de police qui sont créés, ou plutôt recréés, en septembre 1791, mais qui sont notoirement dépourvus de personnel et cela encore pendant au moins un siècle, hormis Paris.

Dès lors, les bases de la force publique française contemporaine sont posées ainsi que les caractéristiques d’une collaboration structurelle entre police et gendarmerie, l’une et l’autre ne pouvant se passer de leurs atouts complémentaires. En effet, cette force publique comprend désormais une partie militaire, qui apporte ses effectifs et sa puissance de feu si nécessaire, et sa partie civile, garante par sa ceinture puis son écharpe tricolore de l’exercice du droit et du respect de la loi. L’adoption du premier code pénal en septembre-octobre 1791 parachève cet an I de la force publique française contemporaine, ouverte par la création de la gendarmerie nationale le 16 février.

Auteur : le commandant Laurent López (Service historique de la Défense) - publié le 18 février 2020
Source : https://www.gendinfo.fr/loisirs/histoire/1791-et-la-gendarmerie-nationale-fut
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Les chiens en uniforme : une vitrine pour la gendarmerie.
Comment devient-on maître de chien ?

"Il faut être gendarme de carrière et sous-officier. Volontaire et passionné par les chiens", détaille l’adjudant-chef F.... Ces hommes et femmes doivent également être disponibles : "Les permanences sont régionales et, même en repos, on peut être appelé."
La cynotechnie fait partie de la vitrine de la gendarmerie. "Les chiens suscitent des vocations", avoue-t-il.

Comment sont recrutés les chiens ?

C’est simple : "On recrute un chien âgé entre dix et trente mois. Il est ensuite testé. On va vérifier s’il a des aptitudes au travail par rapport à nos trois disciplines : le mordant (chien d'attaque), la recherche de matières (stupéfiants, armes, munitions, explosifs, etc) et la recherche de personnes.

On va aussi vérifier son aisance dans des milieux inconnus. " En effet, le gendarme cyno-technicien peut intervenir avec son chien à l'intérieur, à l'extérieur, sur du carrelage, dans l'obscurité, aux côtés de personnes inconnues, dans la foule, dans un véhicule, etc..."

Et le chien doit être joueur. Condition sine qua non pour intégrer la gendarmerie (ou la police ou les sapeurs-pompiers). "C’est très important. Un des grands critères de sélection, c’est de choisir des chiens qui sont très joueurs, notamment dans la recherche de matières. Puisque tout est basé sur le jeu. Pour le mordant, c’est autre chose, on va jouer sur l’aspect mental du chien. Il faut qu’il aille attraper une proie : il y a ce côté chasseur qui doit ressortir."

Trois disciplines

Les chiens sont donc orientés dans une des trois disciplines de la gendarmerie au Centre de formation national de Gramat (dans le Lot). Où ils auront une formation de trois mois avec un instructeur-dresseur. Le chien est ensuite affecté à un gendarme (grâce à des tests de personnalité). Le binôme fait alors trois mois de formation. Puis, le gendarme revient en unité avec le chien.

Il y a un autre mode de recrutement, moins usuel : "On va travailler avec un chiot.
Le maître de chien expérimenté peut former son chien"  "Et démarrer à l’âge de deux mois." Comme pour le Saint-Hubert, notamment.

Des sportifs de haut niveau

En tous les cas, ces chiens de gendarmerie peuvent être assimilés à des sportifs de haut niveau. "Un chien de travail, c’est un athlète", souligne-t-il. "Ils ont des entraînements physiques (renforcement musculaire, nage, course) et techniques. Ils ont des suivis chez le vétérinaire et l’ostéopathe parce les chiens peuvent souffrir de problèmes de colonne vertébrale ou de cervicales chez les chiens d’attaque." L’âge de la retraite pour ces chiens de travail ? Neuf ans en général (huit ans pour le Saint-Hubert) ".

Une approche féminine

Proche des chiens, Laure a voulu exercer cette spécialité depuis ses premiers pas en école de police. Mais, tout n’a pas été si facile… "Déjà, dans la police, il n’y avait pas beaucoup de femmes. Et à Paris, on m’a dit qu’on n’acceptait pas les maîtres-chiens femmes… C’était en 1994." Mais, Laure insiste. Elle commence par la patrouille et arrive à la brigade de stups à Orléans ensuite.
Avec, donc, une approche féminine du métier : "Il y a plus de douceur, oui. Je préfère que mon chien me défende (en patrouille notamment) parce qu’il m’aime plutôt que parce qu’il a peur de moi. Le jour où vous êtes à terre, si le chien a peur de vous, il va vous laisser là… S’il vous aime, il va vous défendre jusqu’au bout.


Ne pas caresser les chiens !

Un chien de gendarmerie est un chien de travail. Ne pensez pas qu'ils aiment les caresses : "Il faut savoir que les chiens n’aiment pas particulièrement être caressés", souligne l'adjudant-chef F....
"Des études ont été menées sur ce thème. Cela peut être une vraie source de stress pour le chien. C’est souvent l’humain qui a besoin du contact. Si on observe des chiens entre eux, ils ne se touchent pas. Ils peuvent se lécher ou se renifler. Mais, ça se limite à cela. Le maître peut caresser son chien mais globalement, sur des chiens de travail, on n’aime pas trop que des inconnus le fassent. Pour le chien, la caresse d’un inconnu n’est pas quelque chose d’agréable.
Sur des chiens dressés en mordant, il est hors de question que n’importe qui vienne les toucher. Le chien peut le prendre comme une agression ou il peut vouloir défendre son maître. Il y a un risque donc on le permet pas."
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Adjudant-chef Sylvie : être maître de chien Saint-Hubert, « c’est un partage de vie »

À ses débuts, en septembre 1999, elle était l’une des trois seules femmes à intégrer la spécialité de maître de chien. Vingt-deux ans plus tard, aux côtés de ses deux compagnons de travail, des Saint-Hubert, elle dirige l’équipe cynophile de la compagnie de Feneu, au nord d’Angers. De maître de chien à commandante d’unité cynophile, en passant par formatrice, rencontre avec l’adjudant-chef, Sylvie R.

Air déterminé, truffe aguerrie et démarche affirmée, ce ne sont pas un, mais deux grands Saint-Hubert qui marchent, confiants, dans les pas de leur maître de chien, l'adjudant-chef Sylvie R. À 48 ans, cette militaire au parcours particulièrement riche est à la tête du Groupe d’investigation cynophile (GIC) de Feneu, dans le Maine-et-Loire, et de ses cinq personnels. À ses côtés pour assurer le commandement de l’unité, mais aussi pour accomplir les missions du quotidien, se trouvent ses deux compagnons : Hopkins, une Saint-Hubert de 8 ans, et Otchum, un jeune chien de la même race, qui viendra remplacer son aînée, bientôt à la retraite.
« Dès l'âge de 9 ans, je savais »

Travailler au sein d’une unité cynophile, mais surtout dans la gendarmerie, est une véritable vocation pour l’adjudant-chef. Dès son plus jeune âge, elle n’a qu’une idée en tête : devenir gendarme. Une annonce qui, à l’époque, est peu comprise par sa famille. « Dès l'âge de 9 ans, je savais que je voulais être gendarme. À 13 ans, ils [mes parents] m’ont envoyée visiter une gendarmerie, en espérant que cela me fasse passer l’envie de faire ce travail. Ça a produit l’effet inverse », explique-t-elle.

Marquée par le souvenir de cette visite, de l’environnement bienveillant et de l’accueil chaleureux qu’elle a reçu, elle décide de s’engager à la fin de ses études pour le service national. Deux ans après, elle intègre l’école de sous-officiers de gendarmerie de Montluçon, où l’idée de devenir maître de chien se précise. Déterminée et fonceuse, elle suit son objectif et, après trois ans de brigade, elle rejoint le Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) de Vendôme en tant que maître de chien piste/défense, avant de participer à la création du GIC de Bourges, dont elle prendra la tête. Après ce commandement, la maître de chien Sylvie R. veut transmettre sa passion. Elle quitte alors Bourges pour Gramat, où est installé le Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG). Là, non seulement elle participera à la formation des équipes cynophiles de l’Institution, mais elle servira également au sein du Groupe national d’investigation cynophile (GNICG), qui a ses quartiers au sein du centre de formation.

En parallèle de son travail, elle continue de se former, notamment en tant que femme d’attaque. En 2012, après un parcours déjà bien rempli, elle souhaite se rapprocher de sa terre natale, où vivent encore ses parents, et demande l’Anjou. À Feneu, au nord d’Angers, un poste est libre au sein du GIC, mais à une condition : elle va devoir travailler avec un Saint-Hubert, une race de chien assez particulière et assez rare en gendarmerie. Pour la militaire, dont la passion première est le pistage, il n’y a aucune hésitation à avoir, elle se lance et relève le défi.
Saint-Hubert et maître de chien : un partage de vie

Partager son travail, son quotidien et sa vie avec un Saint-Hubert n’est pas une chose évidente pour tous. Ce chien, connu pour ses grandes capacités de pistage, nécessite un dressage et un accompagnement extrêmement rigoureux, lesquels requièrent une certaine expérience et une grande disponibilité. « Contrairement aux autres chiens, le Saint-Hubert vit au domicile de son maître. Accepter un Saint-Hubert, c’est donc accepter de vivre avec le chien, c’est un partage de vie. Il faut aussi les accepter comme ils sont. Ce n’est pas toujours linéaire. Par exemple, si on prend un Saint-Hubert au milieu de chiens de chasse, il va être top. Sa force de travail réside dans la meute. Plusieurs individus, avec leurs qualités et leurs défauts, forment une équipe hors du commun en termes de courage et de ténacité. Mais tout seul, il faut régulièrement faire un travail de désensibilisation, d’abstraction de son environnement pour le focaliser sur la piste et chercher à le faire évoluer. » Avec Otchum, le petit dernier, les choses sont d’ailleurs parfois un peu compliquées : « C’est un grand ado dans un corps d’adulte. Il faut souvent le pondérer. »
Un apprentissage quotidien

L’apprentissage d’un Saint-Hubert se fait donc dès son plus jeune âge. Le chiot, après un passage à Gramat, est directement intégré à l’unité. Durant deux ans, au contact direct du terrain, il se forme ainsi à sa spécialité : la recherche de personnes disparues. Ses grandes capacités olfactives en font en effet le chien de référence dans ce type de missions. Alors qu’un malinois ou un berger allemand peut suivre une piste jusqu’à 24 heures seulement après les faits, le Saint-Hubert peut, quant à lui, retrouver une trace jusqu’à 7 à 10 jours après. Une complémentarité des moyens qui fait la richesse du pistage. La spécialité très recherchée du Saint-Hubert conduit l’adjudant-chef, Hopkins et maintenant Otchum, à se déplacer régulièrement sur tout le territoire. « Nous partons souvent dans les départements voisins, ou même en Bretagne, lorsqu’ils ont besoin de nous. »

Pour travailler avec ses Saint-Hubert, l’adjudant-chef Sylvie a dû elle aussi suivre une nouvelle formation. Si pour Hopkins, tout s’est bien passé, pour Otchum, plus fougueux, le premier passage à l’examen a été un échec, le premier dans la carrière de la militaire. « Ça a été dur, mais il faut rester humble dans une carrière cynophile, il faut accepter l’échec et rebondir. »
Travail et détermination

Rebondir et progresser pour devenir meilleure chaque jour, ces valeurs accompagnent l’adjudant-chef au quotidien depuis le début de sa carrière. D’ailleurs, alors qu’elle était à la tête de l’unité cynophile de Bourges, elle n’a pas hésité à pousser la porte des clubs canins civils pour se lancer, avec son chien de l’époque, Ricky, un berger allemand spécialisé en recherches de stupéfiants, dans des concours d’obéissance. Avec lui, elle remporte de nombreuses premières places : « à cette époque, on ne pouvait pas concourir. J'ai donc demandé une dérogation. Les concours, je les faisais par passion, pour le plaisir d’œuvrer avec ce chien de la gendarmerie. »

Avec cette force de caractère qui la définit, la militaire s’est ainsi fait une place dans ce milieu cynophile auparavant très masculin. « Il y a eu ce regard sur mon parcours en parallèle qui a forcé le respect. Mais ça n’a pas été facile. On avait l’impression qu’on devait en faire deux fois plus pour réussir. Aujourd’hui, il me semble que c’est plus facile », concède-t-elle.

À l’adresse des jeunes générations intéressées par la spécialité, la maître de chien a quelques conseils : « il faut avoir une réelle envie d’intégrer la technicité, peu importe les missions ou unités d’affectation ; il ne faut pas avoir de préférence géographique. Il ne faut pas non plus oublier que notre travail, c’est avant tout être gendarmes. On reçoit des jeunes qui veulent être maîtres de chien, mais pour faire ce métier, il faut cet amour pour la gendarmerie autant que pour le chien. » Un amour toujours intact dans le cœur de celle qui, alors qu’elle n’était qu’une petite fille de 9 ans, rêvait de devenir gendarme.

Source : https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Portraits/adjudant-chef-sylvie-etre-maitre-de-chien-saint-hubert-c-est-un-partage-de-vie
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Fake news à l'Aiguille verte : l'alerte était un canular !
Ce dimanche 4 novembre 2018, le PGHM est sollicité pour une intervention qui semble urgente. Il est 04h25 lorsqu'un homme, de bonne foi, nous signale que son frère lui a laissé un message vocal inquiétant, évoquant sa présence dans une crevasse près du couloir Couturier qu'il tentait de gravir avec un ami. Ils seraient prisonnier de la glace depuis deux jours, par -10 degrés...
Plusieurs facteurs sont inquiétants: présence d'un véhicule isolé sur le parking des Grands Montets, un téléphone qui sonne mais ne répond pas, des tentatives de géolocalisation qui n'aboutissent pas...
Malgré une météo et des conditions maussades, après un briefing, les secouristes du PGHM et l'équipage de DRAGON74 décident de tenter des reconnaissances aériennes et terrestres sur la zone parce que la situation semble inquiétante et que, dans ces moments, il faut savoir "engager".
Après une heure de recherches intenses (et risquées?), l'auteur du canular se réveille, constate avec effroi que son téléphone n'a pas arrêté de sonner et nous appelle pour signaler, penaud, qu'il s'agissait d'une mauvaise blague faite à son frère. Elle a fonctionné!
Histoire caricaturale. Pas forcément mauvaise intention mais bêtise. Enquête ouverte. Pour divulgation d'informations fausses susceptibles d'entraîner l'intervention des secours.
Indépendamment des suites judiciaires qui seront données, l'occasion pour nous, secouristes et gendarmes à la fois, de rappeler que ce que certains voient comme une blague est en fait un délit pénalement répréhensible!
Cette histoire n'est pas une fake news...
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Police Municipale & Garde Champêtre / Re : Le Garde Champêtre !
« Dernier message par Jeano 11 le 06 novembre 2021, 18:07:53 »
Qu’est-ce qu’un garde champêtre intercommunal ?

Le garde champêtre intercommunal est, comme son nom l’indique fort bien, mutualisé dans plusieurs communes.
Cette solution permet de répondre aux problématiques, notamment budgétaires, des petites communes tout en leur faisant bénéficier d’un service de police de proximité.

Il s’agit le plus souvent d’un établissement public de coopération intercommunale (EPCI, par exemple une communauté de communes), ou en tout cas de communes géographiquement proches. Le garde champêtre est recruté conjointement et a ainsi un territoire d’action unique, considéré dans son ensemble, sur lequel il intervient de manière indifférenciée en fonction des besoins.

Son bureau est fixe, centralisé dans l’une des communes.

Quelles sont les qualités requises pour être garde champêtre ?

Pour devenir garde champêtre il faut posséder une bonne condition physique. En effet, pour tenir le rythme d’une journée type, mieux vaut être sportif, se sentir à l’aise en milieu naturel, et ne pas craindre d’affronter une météo défavorable ! Le garde champêtre est généralement une personne volontaire qui va au bout de sa mission.

Garder son calme en toute circonstance, savoir être ferme ou bienveillant en fonction des cas de figure… le policier rural est capable de prendre du recul pour mieux analyser la situation. C’est une personnalité forte.

Rigoureux et discipliné dans son travail il est également et bien évidemment honnête et intègre. Il faut être à l’aise avec la lecture des textes de lois et leurs conditions d’application et posséder de bonnes capacités rédactionnelles.

Il est très souvent le seul représentant des forces de l’ordre sur la commune : il doit donc savoir travailler en autonomie.

Enfin, il a le sens des relations humaines et apprécie de travail au contact et au service du public. Il a de bonnes capacités d’écoute et de communication.

Pour résumer, le garde champêtre est une personne équilibrée physiquement comme mentalement.

Si vous avez besoin de faire le point sur vos qualités ? De nombreux site vous proposent des test, vous pouvez réaliser gratuitement ceux de l’Etudiant.fr

Les missions du garde champêtre

Le garde champêtre est chargé de faire appliquer les pouvoirs de police du maire, c’est à dire tout ce qui relève du bon ordre, de la sécurité et de la salubrité publique, et de veiller à l’application des arrêtés municipaux.

Ainsi, il mène différents types d’interventions (nous nous basons ici sur la liste, très complète, des attributions dressée par la fédération nationale des Gardes champêtres de France que nous vous conseillons de consulter pour plus de détails)  :

    Police des campagne (police rurale) et police municipale : surveillance, sécurité et salubrité
    Police verte : Police de la forêt, de l’environnement et des ressources naturelles, de la conservation du patrimoine naturel, de la chasse, de la pêche en eau douce, de la faune et de la flore sauvage, des parcs nationaux, des réserves naturelles, des bois et forêts (défense contre l’incendie), des OGM….
    Police des chiens dangereux
    Police des baignades et des eaux territoriales, du domaine public fluvial et de la navigation intérieure, police de l’eau
    Police de la santé publique, police sanitaire et départementale
    Police de la route, de la circulation, de dépistages (test d’alcoolémie et stupéfiants), des chemins ruraux, de la voirie routière, de la circulation des véhicules à moteur dans les espaces naturels.
    Relevé d’identité
    Police de l’urbanisme
    Police des procédures fiscales
    Police de l’ivresse publique
    Police funéraire
    Police des foires et des marchés
    Police des publicités et enseignes
    Police du bruit et des nuisances sonores
    Il possède en outre certaines attributions judiciaires telles que les procès-verbaux, les arrestations dans le cadre de flagrants délits, la possibilité de pénétrer dans des propriétés closes etc.
    Le garde champêtre possède également des compétences douanières

Il a donc à la fois un rôle de prévention et de sanction, en cas de manquement à la loi, puisqu’il peut dresser des procès verbaux, procéder à une interpellation etc.

Contrairement à un gendarme, il ne peut pas entamer de poursuites judiciaires et doit donc passer le relais à la gendarmerie ou la police nationale en cas d'interpellation par exemple.
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Police Municipale & Garde Champêtre / Comment devenir Policier Municipal ?
« Dernier message par Jeano 11 le 06 novembre 2021, 12:13:11 »
Quand on sait qu’en 1984 il n’existait que 560 policiers municipaux alors que les effectifs dépassent 21 000 personnes à ce jour, on comprend que ce métier se situe parmi ceux qui recrutent le plus.

En effet, le nombre de policiers municipaux a augmenté de 20% depuis 2010 selon les statistiques, avec un bond de près de 8% entre 2010 et 2012, et 3 486 collectivités territoriales disposant actuellement d’un service de police municipale.

Les effectifs varient de 1 policier pour la commune la moins bien pourvue à plusieurs dizaines dans certaines grandes villes de métropole.
On estime à environ 3 000 le nombre de création de postes chaque année et les attentats qui se succèdent depuis 2015 ont un effet levier sur les recrutements.
Les qualités requises pour être policier municipal

La première qualité demandée à un policier municipal est de posséder le sens de l’assistance et du service public. Une forte capacité d’adaptation et d’écoute est nécessaire dans ce métier où le professionnel effectue autant de prévention que de répression. Il doit également posséder la capacité à se faire respecter et le sens de l’autorité.

Le travail s’effectuant essentiellement à l’extérieur, une très bonne résistance physique est indispensable ; et dans des situations de crise, le policier municipal se doit de faire montre d’une grande maîtrise de soi et d’un sang-froid à toute épreuve.

Il est également important d’être discret, réactif et bon observateur. Rappelons enfin que le policier municipal est souvent amené à rédiger des rapports et à réaliser des enquêtes administratives, d’où la nécessité de bien savoir utiliser un ordinateur.
Le concours de gardien de police municipale

1) Le recrutement

L’accès à la profession se fait par le biais du Concours de Gardien de Police Municipale, organisé par les Centres de Gestion de la fonction publique territoriale, nécessitant les conditions suivantes :

    être de nationalité française ;
    avoir 18 ans minimum ;
    avoir un casier judiciaire (bulletin N°2) vierge de tout mention incompatible avec l’emploi visé ;
    jouir de ses droits civiques ;
    être en position régulière au regard des obligations du service national ;
    être titulaire d’un titre ou d’un diplôme de niveau V minimum (Brevet des collèges, CAP, BEP) ;
    remplir les conditions d’aptitude physique exigées pour l’exercice de la fonction.

Il n’existe pas d’obligation de diplôme pour les pères et mères d’au moins trois enfants, ainsi que pour les sportifs de haut niveau.

2) Les épreuves du concours

Les épreuves du concours de gardien de police municipale sont composées de deux épreuves d’admissibilité, de tests psychotechniques et de deux épreuves d’admission.

a) Épreuves d’admissibilité

Rapport d’intervention (1h30, coefficient 3) : à partir d’un dossier se rapportant à un évènement survenu dans un lieu public, le candidat doit rédiger un rapport circonstancié permettant de vérifier ses capacités rédactionnelles

Les faits sont à relater dans leur ordre chronologique et suivre un plan (introduction, développement, conclusion). Le rapport doit mentionner toutes les identités, dates, heures et lieux indiqués dans le sujet et aucun point de vue ou avis personnel ne doit transparaître.

Français (1h, coefficient 2) : cette épreuve se présente sous forme de questions relatives à un texte lié aux réalités territoriales ; son but est de vérifier les connaissances du candidat sur les sujets d’actualité se rapportant à ce domaine, sa capacité de compréhension et son vocabulaire.

b) Tests psychotechniques

Ce sont les tests traditionnels aux concours (associations verbales, logique et autres), permettant d’évaluer la capacité d’analyse et de réflexion du candidat. Non notés, leur résultat servira d’appui au jury lors de l’entretien avec le candidat.

c) Épreuves d’admission

    Entretien avec le jury (20 minutes, coefficient 3) : après une brève présentation du candidat, réponses à des questions et des mises en situation proposées par le jury. Elles ont pour but de vérifier les connaissances du candidat sur l’organisation de l’État et des collectivités territoriales et de vérifier sa motivation et sa personnalité.
    Épreuves physiques (coefficient 1) : course à pied (100 m) + épreuve au choix du candidat entre saut en hauteur, saut en longueur, lancer de poids (femmes = 4 kg, hommes = 6 kg) et natation (50 m en nage libre avec départ plongé).

Il existe également deux concours internes : l’un destiné aux AVS en exercice depuis au moins 2 ans, l’autre s’adressant aux adjoints de sécurité et aux gendarmes adjoints volontaires. Pour ces deux concours, il n’y a qu’une épreuve d’admissibilité (rapport d’intervention) ; les épreuves d’admission sont identiques mais l’entretien est basé sur le parcours du candidat afin d’apprécier sa motivation ainsi que ses connaissances sur la répartition des rôles dans la santé publique et sur la déontologie de la fonction.

La formation du gardien de police municipale

Après réussite au concours, le lauréat est inscrit sur une liste d’aptitude valable un an (et pouvant être reconduite deux années supplémentaires) lui permettant d’être recruté par une commune. Il est alors nommé gardien de police stagiaire pour un an et commence sa formation de policier municipal.

Cette formation est d’une durée de 120 jours décomposés de la façon suivante.

1) Enseignements théoriques (76 jours)

    Module 1 (8 jours) : environnement professionnel.
    Module 2 (25 jours) : constatations d’infractions et comptes rendus .
    Module 3 (10 jours) : accueil du public.
    Module 4 (7 jours) : écrits professionnels et procédures de transmission.
    Module 5 (16 jours) : gestion des différentes situations professionnelles.
    Module 6 (5 jours) : mise en oeuvre des techniques de police de proximité.
    Evaluations (5 jours).

2) Stages pratiques d’observation (20 jours)

    Commissariat de Police nationale ou Gendarmerie nationale (5 jours).
    Sapeurs-pompiers, administration pénitentiaire, douanes, tribunal (5 jours).
    Structures à vocation sociale (5 jours)
    Police municipale autre que celle du stagiaire (5 jours).

3) Stages pratiques d’application (24 jours)

Effectués dans la collectivité, ils permettent de se familiariser avec la mise en pratique des enseignements théoriques.
Les missions du gardien de police municipale

La police municipale est avant tout une police de proximité et ses agents travaillent la plupart du temps en binôme pour des raisons de sécurité. Les limites de ses missions étant fixées par le maire, celles-ci peuvent être très variées et changeantes en fonction de la commune. Mais elles sont toujours de deux ordres : police administrative, axée essentiellement sur la prévention, et police judiciaire.

Par définition, le policier municipal veille au bon ordre, à la tranquillité, à la sécurité et à la salubrité publiques, ce qui implique sa parfaite connaissance de la zone géographique dont il a la charge. Sa première obligation est celle d’accueil et de relation avec les populations.

Cette mission se traduit par l’aide aux personnes qui en ont besoin ; il intervient ainsi dans des situations d’urgence ou de crise (accident, disprostituée violente…) pour interroger les personnes directement concernées ainsi que les témoins et les orienter vers les services adéquats. Pour apporter son soutien, il doit d’abord écouter et comprendre la situation. C’est très souvent le premier interlocuteur de certaines populations spécifiques (mineurs, SDF, gens du voyage…).

La prévention cède la place à la répression en cas d’infractions à la loi ou aux arrêtés municipaux. Dans ce cas il relève les identités, qualifie les infractions en dressant procès-verbal et les fait cesser, y compris en matière de stationnement et de non respect du code de la route. Pour gérer une infraction ou une situation de crise, il est souvent amené à se coordonner avec les autres services de sécurité ou les services d’urgence (police nationale, gendarmerie, pompiers…).

Le métier de policier municipal comporte aussi beaucoup de rédaction et de transmission d’écrits : compte rendus d’évènements et des dispositions prises pour les gérer, rapports d’activités, rédaction de procédures, de documents ou d’actes administratifs courants, etc.

Le gardien de police assure également la sécurité aux abords des écoles, le placement des commerçants sur le marché, le maintien de l’ordre les jours de fête, participe aux missions d’îlotage, sans oublier l’accueil du public, le recueil de déclarations et la consultation de fichier quand il est de permanence au poste de police municipal.

La carrière du policier municipal

Nommé en tant que gardien-brigadier, le policier municipal a deux possibilité d’avancement pour accéder au grade de brigadier-chef principal :

    par avancement d’échelon (12 échelons) ;
    par avancement de grade (4 ans de services dans son grade et un an d’ancienneté au 4ème échelon).

Le brigadier-chef principal peut devenir chef de police municipal :

    par avancement au choix (inscription sur une liste d’aptitude selon la valeur professionnelle après 10 ans de services dans son cadre d’emplois) ;
    par examen professionnel (au bout de huit ans de services dans son cadre d’emplois).

Dans ce cadre d’emplois, la progression de carrière se fait également par avancement d’échelon et avancement de grade.
Le salaire du policier municipal

Le traitement du policier municipal dépend du cadre d’emploi, du grade et de l’échelon du policier municipal. Il est augmenté par certaines primes et indemnités et il peut s’y ajouter l’attribution d’un logement de fonction.

    Brigadier : de 1 537 € à 1 950 €.
    Brigadier-chef principal : de 1 621 € à 2 310 €.
    Chef de service : de 1 588 € à 2 333 €.
    Chef de service principal de 2ème classe : de 1 626 € à 2 478 €.
    Chef de service principal de 1ère classe : de 1 822 € à 2 567 €.

Les métiers de la police municipale

1) Le chef de police municipale

Outre les mêmes missions de sécurité publiques que l’agent de police, le chef de police assure l’organisation de l’activité et l’encadrement des agents placés sous ses ordres. Cette fonction est accessible :

    par le biais d’un concours externe ouvert aux titulaires du baccalauréat ;
    par concours interne destiné aux fonctionnaires justifiant de 4 ans de services effectifs ;
    par la promotion interne pour les agents de police justifiant de 10 ans de services ou de 8 ans après examen professionnel.

2) Le garde champêtre

Il a les mêmes fonctions que le gardien de police municipale auxquelles s’ajoute la protection de l’environnement.
On y accède par le même concours que celui de gardien de police.
Sous l'autorité du maire de la ville, le garde-champêtre a pour rôle de veiller à la sécurité d'un domaine rural en maintenant le bon ordre et la sérénité des forêts. Son cœur de métier réside dans la surveillance, la prévention et la sensibilisation des lois qui régissent les domaines forestiers et ruraux.
- DÉFINITION DE LA POLICE RURALE
« C'est un ensemble de pouvoirs que le maire exerce dans les communes urbaines aussi bien que rurales mais qui trouvent leur source principale dans la loi du 21 juin 1898, par opposition aux pouvoirs dits de police municipale (loi du 15 avril 1884) ».

3) L’opérateur de vidéosurveillance

Chargé de la visualisation et de l’analyse des images de télésurveillance, il peut être contractuel (recrutement direct) ou fonctionnaire (concours externe).

4) L’ASVP (agent de surveillance de la voie publique)

Il participe à des missions de sécurité publique mais il a plus particulièrement en charge le stationnement (contrôle et verbalisation). Recruté en tant que contractuel, il a accès au concours interne de gardien de police municipale au bout de 2 ans de services effectifs.

Source : https://forcesdelordre.fr/devenir-policier-municipal/
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Police Nationale / Comment devenir Policier / Gardien de la Paix et pourquoi ?
« Dernier message par Jeano 11 le 06 novembre 2021, 11:56:37 »
Autant le dire tout de suite : on ne devient pas gardien de la paix pour la sécurité de l’emploi que procure le statut de fonctionnaire ou pour le prestige de l’uniforme.
C’est une profession qui implique avant tout d’être passionné et suffisamment équilibré (physiquement et psychologiquement) pour prendre le recul nécessaire face à la violence ou à certaines situations d’urgence très dures qui pourraient être votre quotidien.

Il ne faut pas non plus s’imaginer dans l’action tous les jours : c’est un métier où l’on écrit beaucoup et l’on passe quasiment autant de temps à remplir des tâches administratives que sur le terrain.
Les qualités requises pour être gardien de la paix

    Le sens du devoir est primordial, ce qui signifie que l’envie de servir l’Etat et de protéger ses valeurs doit être chevillée au corps ; il existe deux fers de lance dans ce métier : droiture et probité.
    Il ne faut jamais oublier que la police nationale est un corps extrêmement soudé : solidarité, cohésion, entraide et goût du travail en équipe sont indispensables dans l’exercice des diverses missions lui incombant.
    Le gardien de la paix est avant tout un homme de terrain : en l’absence de sang-froid et de courage, difficile de faire face à certaines situations périlleuses.
    Procéder à des arrestations pouvant s’avérer musclées implique d’excellentes capacités physiques, entretenues par la formation continue aux activités physiques et professionnelles tout au long de la carrière du policier (course à pied, self-défense, sports de combat…).
    Le rôle du gardien de la paix ne se limite pas au côté répressif, il assure également de la prévention ; le contact avec la population passe à la fois par l’autorité, la diplomatie et le sens du dialogue.
    Le policier ne connaît pas la routine en ce qui concerne ses missions et croise des gens aux profils diamétralement opposés : il doit donc posséder une grande faculté d’adaptation et n’être surtout pas allergique à l’autorité hiérarchique.

Le concours de gardien de la paix
1) Le recrutement

Le recrutement des gardiens de la paix se fait par voie de concours et les candidats peuvent s’y présenter autant de fois qu’ils le souhaitent. Il nécessite toutefois les conditions suivantes :

    être de nationalité française ;
    avoir au moins 17 ans et moins de 35 ans au 1er janvier de l’année du concours (avec dérogations dans certains cas) ;
    avoir un casier judiciaire vierge (bulletin N° 2) et être de bonne moralité ;
    être reconnu apte physiquement par un médecin de la police ;
    être titulaire du baccalauréat ou d’un diplôme ou titre équivalent ; à noter que la condition de diplôme n’existe pas pour les pères et mères d’au moins trois enfants et les sportifs de haut niveau ;
    avoir accompli la Journée Défense et Citoyenneté pour les moins de 25 ans.

Pour les candidats non bacheliers, il existe malgré tout une possibilité d’intégrer la Police nationale en tant qu’adjoints de sécurité après réussite aux épreuves de sélection. Cette solution est accessible aux candidats âgés de 18 à moins de 30 ans. Pendant la durée de son contrat (3 ans, renouvelable une fois), l’ADS bénéficie d’une préparation au concours interne de gardien de la paix auquel il pourra se présenter au bout d’un an de service.
2) Les épreuves du concours

Le concours comporte des épreuves d’admissibilité, de pré admission et d’admission.
a) Epreuves d’admissibilité

    Etude de texte (2h20, coefficient 3), destinée à vérifier la capacité de repérage et d’analyse d’informations, à partir de questions courtes.
    Tests psychotechniques (2h30, non notés), utilisés au cours de l’entretien des épreuves d’admission pour évaluer le profil du candidat.
    Questionnaires à choix multiples (1h30) en deux parties : la première (coefficient 1) portant sur les connaissances scolaires fondamentales, permettant d’évaluer le sens de l’observation ; la deuxième (coefficient 2) portant au choix sur les connaissances générales (actualité, cadre institutionnel politique , organisation des services de police) ou sur le programme du bac pro sécurité prévention.

b) Epreuves de pré admission

Epreuves d’exercices physiques (coefficient 3) comprennant un parcours d’habileté motrice (PHM) et un test d’endurance cardio-respiratoire (TECR).
c) Epreuves d’admission

    Test sous forme de questions/réponses interactives (20 minutes, coefficient 3) faisant appel à la mémoire visuelle du candidat pour évaluer sa perception, sa vigilance et sa capacité d’évaluation et de décision.
    Epreuve de gestion du stress (10 minutes, coefficient 2) consistant en un parcours effectué à l’aveugle et qui sera utilisée lors de l’entretien après avoir été évaluée par un psychologue.
    Entretien avec le jury (25 minutes, coefficient 4), permettant d’évaluer la motivation et l’aptitude du candidat aux fonctions de gardien de la paix, ainsi que ses connaissances et ses capacités de réflexion.
    Epreuve de langue (10 minutes, coefficient 1), consistant en une conversation en langue étrangère (allemand, anglais, espagnol ou italien).

La formation du gardien de la paix

Alternance de formation en école et de stages en services actifs durant 12 mois, comportant trois séquences et un module d’adaptation au premier emploi.
1) Séquence A : 31 semaines en école

    Les situations professionnelles : accueil, patrouille, contrôle routier, interpellation, contrôle d’identité, audition, délit routier, violences intra-familiales, décourverte d’objet suspect, intervention en débit de boissons, accident de la circulation routière, constatations, intervention sur un sinistre, intervention auprès d’un malade mental, stupéfiants.
    Développement des qualités physiques, techniques et sécurité en intervention, armement, tir, secourisme.
    En fin de séquence, évaluations sur les savoirs techniques, juridiques et la résolution de cas concrets.

2) Séquence B : 7 semaines en stage

Un dossier est à compléter par l’élève tout au long du stage pour le retour d’expérience de la séquence suivante.
3) Séquence C : 8 semaines école

Séquence d’approfondissement : retour d’expérience, accidentologie, contrôle d’identité, environnement sociétal, prise de décision, vidéo protection, religions, présentation des directions d’emplois.
4) Module d’adaptation au premier emploi : 3 semaines

Stage de spécialisation en préfecture de police, sécurité publique, police aux frontières ou compagnies républicaines de sécurité, selon l’affectation.
L’affectation du gardien de la paix

A l’issue de la formation, l’affectation se fait en fonction du rang de classement et des postes proposés par l’administration ; les candidats les mieux classés ont davantage de chances d’obtenir le poste qu’ils souhaitent. La région d’affectation dépendra du type de concours passé.

    concours national à affectation régionale en Ile-de-France : les postes à pourvoir se situent uniquement en région parisienne, pour une durée minimale de 8 ans ;
    concours national à affectation nationale : les postes à pourvoir se situent sur l’ensemble du territoire, y compris l’Ile-de-France, pour une durée minimale de 5 ans mais la grande majorité d’entre eux sont en Ile-de-France.

Les jeunes recrues sont d’abord gardiens de la paix stagiaires durant un an avant d’être titularisées. Pour être titularisé, le gardien de la paix doit impérativement être titulaire du permis B. Même si vous rêvez d’exercer dans un service bien spécifique, ne vous faites pas d’illusions : la grande majorité des stagiaires est affectée à la préfecture de police de Paris et, en province, dans les services de sécurité publique.

Obtenir sa mutation dans un service spécialisé de la Police nationale demande parfois d’avoir cumulé 2 ou 3 ans d’ancienneté ou d’avoir atteint au moins le grade de brigadier.
Les missions du gardien de la paix

Par définition, le gardien de la paix assure la sécurité des personnes, des biens et des institutions. Mais ses missions au quotidien varient selon l’unité dans laquelle il exerce.
1) En commissariat

Accueil du public, prévention de la délinquance, aide aux victimes, patrouille pédestre et/ou motorisée, sécurisation des transports en commun, sécurité routière et constats d’accidents, recherche d’informations, missions de police judiciaire, prise de plaintes et enquêtes locales.
2) En service régional de police judiciaire

Lutte contre le grand banditisme, contre l’usage et le trafic de stupéfiants, enquêtes économiques et financières.
3) Policier aux frontières

Accueil et orientation du public, contrôle des personnes entrantes et sortantes , surveillance de l’application des mesures de sûreté, éloignement des étrangers en situation irrégulière, missions de police générale, lutte contre la fraude à l’identité, contrôle des badges d’accès en zone réservée.

Après une formation de 7 semaines et un stage probatoire de 12 mois, possibilité d’obtenir le titre de garde-frontière de sécurité intérieure.
4) Policier en brigade des stupéfiants

Prévention et formation, surveillance et interpellation des auteurs de trafic ou d’usage de stupéfiants, participation aux enquêtes policières.
5) Compagnie républicaine de sécurité (CRS)

    Dans une compagnie : maintien de l’ordre, patrouille pédestre et/ou motorisée, sécurisation des transports en commun, surveillance de lieux de vacances.
    Dans une unité autoroutière : régulation de la circulation, surveillance du réseau routier, contrôles de vitesse et d’alcoolémie, constats d’accidents.

6) Policier motocycliste

Accessible après un an de titularisation pour les titulaires du permis A, avec une formation de 15 semaines. La durée d’engagement est de 7 ans au minimum.

Veiller au respect du code de la route, surveiller et contrôler le trafic routier, assurer la protection des usagers, assurer les escortes et les guidages.
7) Policier maître chien (conducteur cynotechnicien)

Accessible après deux ans de service effectif avec une formation de 3 mois.

Patrouille, prévention et lutte contre la délinquance, recherche de personnes disparues, de produits stupéfiants, d’armes et munitions, de matières explosives.
8) Policier cavalier en unité équestre

Accessible après deux ans d’exercice suivant la titularisation, avec un niveau équestre « galop 5 » et après une formation de « galop 7 ».

Rondes, patrouilles et opérations ponctuelles dans les lieux inaccessibles aux véhicules ; participation aux services d’ordre ; interventions dans le cadre de la police de l’environnement ; sécurisation des espaces boisés.
9) Policier en brigade anti-criminalité (BAC)

Deux ans d’exercice minimum après la titularisation, formation de 30 heures et formation continue de 2 heures par semaine.

Recherche de flagrant délit des infractions de voie publique (agression, vol, stupéfiants…) ; lutte contre les violences urbaines ; participation aux services d’ordre public ; assistance aux brigades judiciaires spécialisées.
10) Policier chargé de protection rapprochée

Deux ans d’exercice après la titularisation.

Parmi les autres unités de police, citons en vrac l’investigation en cybercriminalité, le RAID, le renseignement, les unités nautiques, le secouriste en montagne ou la police technique ou scientifique. Mais la liste n’est pas exhaustive.
Le déroulement de carrière et le salaire

Le gardien de la paix appartient au corps d’encadrement et d’application de la Police nationale. Son salaire mensuel net (en région parisienne) est de 1 364€ durant sa scolarité (avec hébergement gratuit), de 1 890€ en tant que stagiaire. Une fois titularisé, son traitement varie de 1 938€ à 2 574€ selon son ancienneté.
1) Corps de commandement et d’application

Dans le même corps, le gardien de la paix peut accéder successivement aux trois grades suivants :

    brigadier, au bout de 4 ans de service après sa titularisation, par le biais d’un examen professionnel ; son salaire est alors de 2 213€ à 2 698€ ;
    brigadier-chef par examen professionnel au bout de 5 ans de service dans le grade de brigadier, avec un traitement de 2 569€ à 2 859€ ;
    major de police par reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle (RAEP) après 17 ans de service depuis sa titularisation dans le corps, dont 4 dans le grade de brigadier-chef, ou après 2 ans de services effectifs dans l’échelon terminal de brigadier-chef s’il est âgé d’au moins 54 ans ; sa rémunération sera alors de 2 741€ à 3 075€.

S’il est nommé responsable d’une unité locale de police (RULP) sa rémunération ira de 3 242€ à 3 338€.
2) Corps des officiers

Le policier comptant au moins quatre années de services effectifs peut accéder au concours interne du corps des officiers sans condition de diplôme.

La formation est de 18 mois et, durant cette formation, il sera d’abord élève officier pendant 6 mois avec une rémunération de 1 325 € et hébergement gratuit, puis stagiaire pendant 1 an avec un salaire de 1 671€. Il deviendra alors capitaine de police, percevant un salaire allant de 2 344€ à 3 709€.

Au bout de 12 ans de services effectifs depuis la titularisation , le capitaine peut devenir commandant à l’avancement avec une rémunération de 3 269€ à 3 887€. Au 5ème échelon de son grade, le commandant peut alors être nommé commandant divisionnaire par avancement au salaire de 3 960€ à 4 380€.

Signalons que les salaires indiqués ici sont ceux en vigueur en 2017 et qu’il est évident qu’ils évolueront au fil des ans au niveau de tous les corps.

Source https://forcesdelordre.fr/devenir-policier-gardien-de-la-paix/
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Gendarmerie Nationale / Comment devenir Gendarme et pourquoi la Gendarmerie ?
« Dernier message par Jeano 11 le 06 novembre 2021, 11:51:22 »
La première question à se poser (et qui vous sera très vraisemblablement posée par le jury au concours de sous-officier) avant de franchir le pas est : pourquoi choisir la Gendarmerie ?
Il serait donc inutile de vous préparer au concours, assez difficile au demeurant, pour vous apercevoir au bout du compte que vous n’êtes pas fait pour cela.

Il est primordial de vous rappeler que la Gendarmerie n’est pas la Fonction Publique mais un corps d’armée bien particulier, ayant derrière lui une longue tradition, donc comportant des grades : si vous êtes allergique à la notion de hiérarchie, changez immédiatement d’orientation! En revanche les tenants de la discipline et de l’ordre y trouveront leur compte et savoir qu’il existe un véritable esprit de corps est plutôt rassurant.

Le gendarme ne compte pas ses heures de travail mais bénéficie en contrepartie de neuf semaines de congés payés, ce qui n’est tout de même pas négligeable. Il doit faire preuve d’une grande disponibilité et est logé en caserne pour les nécessités du service. L’avantage en est la gratuité qu’induit ce logement de fonction mais certains considèrent comme un inconvénient cette imbrication entre vie professionnelle et vie privée .

Sachez également que la formation continue est très présente en Gendarmerie, offrant ainsi des possibilités d’évolution intéressantes ; la montée en grade peut se faire rapidement pour qui fait preuve de motivation et de nombreuses spécialités s’offrent à vous.
Les qualités requises pour être gendarme

    Le gendarme doit avant tout avoir le respect de la hiérarchie et le sens du devoir : il ne doit jamais oublier qu’il est au service de ses concitoyens et de la République.
    Une grande disponibilité et le sens de l’adaptation sont indispensables au gendarme, qui est amené se déplacer au gré des diverses missions et des mutations ; cela demande des personnels dynamiques et ouverts au monde.
    De grandes qualités relationnelles sont nécessaires, surtout dans les brigades territoriales où le gendarme est fréquemment au contact de la population ; étant amené à souvent faire de la prévention, la diplomatie, la pédagogie et le sens des responsabilités s’imposent également.
    La réactivité, la maîtrise de soi et une excellente forme physique (ainsi qu’un bon équilibre nerveux) sont indissociables du métier de gendarme ; les exercices physiques sont d’ailleurs omniprésents tout au long de sa carrière.

Le concours de sous-officier
1) Le recrutement

En ce qui concerne la formation de sous-officier de gendarmerie, pour s’inscrire au concours (que l’on peut présenter trois fois au maximum) le candidat doit satisfaire aux conditions suivantes:

    être de nationalité française ;
    être âgé de 18 ans au moins et de 35 ans au plus au 1er janvier de l’année du concours ;
    être titulaire du baccalauréat ;
    jouir de ses droits civiques et être de bonne moralité ;
    être reconnu apte physiquement ;
    avoir effectué la Journée Défense et Citoyenneté.

Les candidats non bacheliers ont cependant une opportunité d’entrer dans la gendarmerie en devenant Gendarmes Adjoints Volontaires (GAV) à condition d’avoir moins de 26 ans (mais ils peuvent postuler dès l’âge de 17 ans). Il leur suffit de passer les tests d’admission, sachant qu’en cas d’échec ils sont ajournés d’un an. Ils bénéficieront alors d’une formation (13 semaines en école + 12 semaines en unité pour le GAV APJA, 6 semaines en école + 6 semaines en unité pour le GAV EP) puis signeront un contrat d’engagement de un an, renouvelable quatre fois.

L’engagement en tant que GAV présente deux avantages. D’une part il peut être considéré comme une « période d’essai » pour un futur gendarme. Cela lui permet de s’assurer qu’il souhaite persévérer dans cette voie ; s’il se rend compte que la gendarmerie n’est vraiment pas faite pour lui, il lui suffit de ne pas renouveller son contrat. A contrario, s’il est toujours disposé à intégrer la Gendarmerie nationale, il pourra passer le concours interne de sous-officier ne nécessitant aucune condition de diplôme.

A noter que les ADS de la Police nationale et les militaires ayant plus de quatre ans de service ont également accès au concours interne de sous-officier de gendarmerie.

Auparavant une taille minimale était requise pour entrer dans la gendarmerie mais cette obligation a été supprimée en 2012 (en 2014 pour certaines formations particulières). Les documentations prenant toujours en compte ce critère sont donc obsolètes.
2) Les épreuves du concours

Le concours est constitué de trois épreuves d’admissibilité et deux épreuves d’admission.
a) Epreuves d’admissibilité

    Epreuve de composition de culture générale (3 heures, coefficient 5) visant à évaluer les capacités de rédaction et la culture du candidat.
    Epreuve d’aptitude professionnelle (35 minutes, coefficient 2) sous forme de QCM vérifiant la capacité de compréhension et de rapide adaptation à une situation.
    Epreuve de langue étrangère (30 minutes, coefficient 1) avec un QCM testant les connaissances en vocabulaire et en grammaire.

Parallèlement aux épreuves d’admissibilité, vous passerez deux inventaires de personnalité. Il ne s’agit pas d’une épreuve mais d’une préparation à l’entretien individuel avec un psychologue, permettant de dresser votre profil psychologique.
b) Epreuves d’admission

    Epreuve d’entretien avec le jury (20 minutes + 10 minutes de préparation, coefficient 7), portant sur un sujet d’ordre général en lien avec les grandes questions d’actualité et sur les motivations du candidat.
    Epreuve physique gendarmerie (coefficient 3) constitué d’un parcours d’obstacle, d’une simulation de combat et d’un transport de poids.

La formation du sous-officier de gendarmerie

D’une durée de 12 mois, elle se fait en internat dans l’une des quatre écoles de gendarmerie du territoire et comporte trois phases. Signalons au passage que l’élève n’a pas le choix de son école, la répartition se faisant de façon aléatoire.
La phase 1, de 12 semaines

Est axée sur la formation militaire et est surtout destinée à aguerrir les futur gendarmes. Elle porte essentiellement sur la déontologie et la connaissance du milieu militaire.

Cette phase est ponctuée de contrôles continus et se termine par un examen ; l’élève est également noté sur son comportement général. La moyenne de l’ensemble de ces notes, ainsi que l’obtention du certificat d’aptitude au tir détermineront la poursuite de la scolarité, le redoublement ou la dénonciation du contrat d’engagement.
La phase 2, de 18 semaines

Est une véritable formation technique à l’emploi de la force et de ses règles juridiques que le gendarme est amené à exercer à un moment ou un autre. Elle se rapporte également à la connaissance de la gendarmerie, principalement aux trois axes principaux que sont l’accueil du public et les missions de sécurité routière et de police judiciaire.
La phase 3 de 21 semaines

En tant que formation territoriale, consolide les acquis des phases précédentes.

Ces deux phases font également l’objet de contrôles continus. La délivrance du certificat d’aptitude gendarmerie est conditionnée par la moyenne de ces contrôles continus à laquelle vient s’ajouter la moyenne de la première phase, la note d’examen de fin de scolarité et la note d’aptitude finale. A noter que le CAG ne peut être obtenu en l’absence du permis B. Quant aux coefficients des diverses notes, ils sont très élevés, allant de 5 à 44.

Cette formation est complétée par un séjour en camp durant trois à cinq jours, un stage d’une semaine dédié au maintien de l’ordre, ainsi que la formation à la maîtrise de l’adversaire (avec et sans arme), des parcours d’obstacles et une quantité importante d’exercices physiques.
L’affectation du sous-officier de gendarmerie

La note moyenne générale des élèves donne lieu à l’établissement d’un classement et les postes sont attribués dans l’ordre de ce classement ; autrement dit, les mieux classés ont quelques chances d’être affectés dans la région qu’ils souhaitent, à condition qu’il y ait des postes ouverts dans celle-ci.

Rappelons que la Gendarmerie nationale se décompose en sept unités : unité territoriale, de maintien de l’ordre, d’intervention, de police de la route, de police judiciaire, de prestige et spécialisée. Certaines d’entre elles sont accessibles dès la sortie de l’école de sous-officiers, alors que d’autres imposent d’avoir atteint un certain grade ou d’avoir déjà accompli quelques années de services effectifs.
Les métiers de la gendarmerie
1) Le gendarme départemental

Recruté majoritairement dès sa sortie d’école, le gendarme départemental est affecté en brigade territoriale urbaine ou rurale où il assure des missions très diverses : accueil du public, surveillance de son secteur (prévention des actes de délinquance, trouble à l’ordre public…), sécurité routière, participation à des enquêtes judiciaires. A ce dernier titre il est Agent de Police Judiciaire (APJ) avec des prérogatives restreintes ; au bout de trois ans de services effectifs, il peut suivre la préparation d’Officier de Police Judiciaire (OPJ).
2) Le gendarme mobile

Le maintien de l’ordre (et parfois son rétablissement) est la principale mission du gendarme mobile. Il intervient généralement dans les circonstances générant un rassemblement de foule (défilés, manifestations…) et remplit aussi des missions saisonnières (stations balnéaires en été…). Il apporte régulièrement son aide à la gendarmerie départementale dans le cadre de recherches d’individus ou de patrouilles dans des quartiers sensibles.
3) Le gendarme en unité d’intervention

    Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) : il est constitué de gendarmes volontaires, expérimentés et en excellente condition physique. Ils effectuent des missions de surveillance générale, très souvent de nuit, dans des secteurs sensibles et interviennent dans des situations critiques telles que les vols à main armée, les poursuites de malfaiteurs et les attentats terroristes. Ils bénéficient d’une formation continue aux techniques d’intervention et d’un entraînement physique régulier.
    Peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG) : il s’agit d’une unité de contre-terrorisme dédiée à la surveillance constante des centrales nucléaires. Les moyens matériels de ces pelotons leur permettent d’affronter un commando armé en cas d’intrusion ou d’actes de sabotages. Ils font du renseignement et peuvent aussi intervenir lors d’alertes à la bombe ou dans des prises d’otages. Le gendarme du PSPG est formé par le GIGN, est régulièrement réévalué et suit un entretien quotidien.
    Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) : il intervient dans les situations très graves (détournement d’avion ou de navire, prise d’otages…), effectue des missions d’infiltration et de recherche, assure la sécurité des ambassades françaises à l’étranger et la protection rapprochée de personnalités sur notre territoire et apporte son appui dans divers domaines. Le recrutement de volontaires est extrêmement rigoureux et donne lieu à une formation très spécifique.

4) Le gendarme en police de la route

    Motocycliste : dépendant de la gendarmerie départementale, le gendarme motocycliste peut appartenir à une brigade motorisée (lutte contre l’insécurité routière), à un peloton d’autoroute (sécurité des usagers) ou à une brigade motorisée autoroutière combinant les missions précédentes. Pour y accéder il faut d’abord effectuer un pré-stage de sélection (il est fortement conseillé d’avoir déjà une bonne pratique de la moto pour réussir les tests) suivi d’un stage de formation.
    Pilote de voiture rapide d’intervention (VRI) : ce spécialiste de la sécurité routière a pour mission d’intercepter les automobilistes roulant à vive allure sur l’autoroute. Il assure également les mêmes missions que le motocycliste. Le volontaire doit servir depuis au moins trois ans en unité territoriale et se soumettre à un examen médical approfondi avant de pouvoir suivre le stage de formation et d’être affecté en BRI.

5) Le gendarme en police judidiaire

    Gendarme en unité de recherches : rattaché à la police judiciaire, il effectue des missions d’investigation dans le cadre d’enquêtes difficiles telles que analyses de comptes bancaires, filatures, perquisitions, écoutes téléphoniques… Il peut appartenir à une Brigade de Recherches (moyenne délinquance) ou à une section de recherches (grand banditisme). Il faut avoir servi au moins trois ans en gendarmerie départementale et détenir le diplôme d’OPJ.
    Gendarme N’Tech : ce gendarme spécialiste de la cybercriminalité doit être titulaire du diplôme d’OPJ pour passer les tests de sélection. Il suivra ensuite une formation très pointue de 15 mois portant sur l’analyse des supports de stockage numérique, les techniques de perquisitions en ligne, les procédures criminalistiques, etc.

6) Le gendarme en unité de prestige
Le métier de gendarme dans une unité de prestige peut s’exercer dans les postes suivants:

    Fantassin de la garde républicaine : il assure l’escorte à pied du Président de la République, rend les honneurs aux Président du Sénat et de l’Assemblée nationale, sécurise les palais de la nation, participe au maintien de la sécurité publique et au prestige international du pays. Généralement affecté à cette unité dès sa sortie d’école, il peut aussi en faire la demande en cours de carrière.
    Cavalier de la garde républicaine : il remplit des missions de sécurité publique (Bois de Boulogne, Bois de Vincennes, Stade de France, Parc des Princes…), assure la sécurité des palais nationaux, escorte les hautes autorités de l’Etat. Pour postuler il faut être titulaire du galop 5 et avoir moins de 30 ans afin de suivre une formation de 12 mois.
    Motocycliste de la garde républicaine : spécialisé dans les escortes de sécurité et protocolaires du président de la République et des chefs d’Etats en visite sur le territoire national, il assure également les escortes de convois et de détenus ainsi que la sécurisation du Tour de France. S’il est déjà motocycliste il passe les tests de l’escadron, sinon il doit passer des pré-tests de sélection pour suivre ensuite un stage de formation à la conduite motocycliste.

7) Les unités spécialisées

Les unités spécialisées de gendarmerie comportent divers types de personnels tels que le gendarme en montagne, le maître de chien, l’enquêteur subaquatique, le gendarme spéléologue, le gendarme en unité nautique, le gendarme maritime, le gendarme des transports aériens, le gendarme de l’air, le gendarme de l’armement, le gendarme de la sécurité des armements nucléaires, le gendarme spécialiste des systèmes d’information et de communication (SIC).
L’avancement de carrière et le salaire du sous-officier

L’avancement de grade dans la Gendarmerie nationale se fait à la fois au choix (promus parmi une liste de candidats) et à l’ancienneté (des grades sont passés automatiquement au bout d’un certain nombre d’années).

Le salaire est fonction du grade et de l’échelon en évolution dans le temps.

1) Élève gendarme
Durant sa scolarité, le sous-officier perçoit un salaire brut de 1 485,47 €.
2) Gendarme
Le salaire brut varie de 1 555,76 € pour le premier échelon à 2 071,22 € pour le treizième échelon.
3) Maréchal des logis-chef
De 1 724,46 € au premier échelon à 2 202,43 € au septième échelon.
4) Adjudant
De 1 940 € au premier échelon à 2 305,52 € au neuvième échelon.
5) Adjudant-chef
De 2 141,51 € au premier échelon à 2 464,85 € au neuvième échelon.
6) Major
De 2 235,23 € au premier échelon à 2 610,12 € au sixième échelon. Le grade de Major bénéficie d’un échelon exceptionnel au salaire de 2 675,72 €.

Source : https://forcesdelordre.fr/comment-devenir-gendarme/
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Gendarmerie Nationale / Re : Gendarmes et secours en montagne, des alpes au Népal
« Dernier message par Jeano 11 le 06 novembre 2021, 09:56:25 »
Mont-Blanc : prévenir et sécuriser pour limiter les secours
Auteur : l’aspirante Morgane Jardillier - publié le 22 octobre 2019



Chaque année, près de 25 000 personnes tentent l’ascension du Mont-Blanc, parfois dans de mauvaises conditions de sécurité ou de préservation de l’environnement. Surfréquentation, camping sauvage, comportements nocifs, alpinistes mal préparés et/ou mal encadrés… les gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix et du groupe montagne gendarmerie effectuent, en période estivale, des missions de contrôle, d’information et de dissuasion, notamment sur la voie d’ascension la plus empruntée.

Entre 200 et 300 personnes se lancent, chaque jour, à l’assaut du Mont-Blanc et de ses 4 810 mètres.

« L’engouement pour cette ascension sur la voie normale a engendré, ces dernières années, des phénomènes de surfréquentation des refuges, des problèmes de sécurité pour les pratiquants et, ponctuellement, des incivilités et des atteintes à l’ordre public, qui ont atteint des sommets à l’été 2018 », explique le lieutenant-colonel Stéphane Bozon, commandant le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix. La forte fréquentation de ce site naturel fragile et affecté par le réchauffement climatique a donc conduit les services de l’État à encadrer et à réguler les flux d’alpinistes au cours de l’été 2019.

Face à ces différentes problématiques, les gendarmes du PGHM et du Groupe montagne gendarmerie (GMG) de Haute-Savoie, épaulés par la brigade blanche, créée par la commune de Saint-Gervais et composée de trois guides de haute montagne, dont un ancien gendarme, ont pour mission de prévenir les comportements dangereux et de dissuader les alpinistes tentés d’accéder au Mont-Blanc sans posséder de réservation en refuge, désormais obligatoire !
Une ascension régulée

Victime de son succès, le Mont-Blanc a, en effet, vu son accès réglementé de façon permanente lors de la période estivale. Depuis le 1er juin 2019, le nombre d’alpinistes arpentant le Mont-Blanc est quotidiennement limité. Seules les personnes attestant d’une réservation pour l’un des trois refuges (Nid d’Aigle, Tête Rousse et Goûter) jalonnant la voie dite normale, peuvent accéder à l’itinéraire.

Les cordées souhaitant s’engager dans l’ascension du « Toit de l’Europe » doivent être en mesure de présenter le récépissé individuel nominatif généré lors de chaque réservation et, plus particulièrement, pour le refuge du Goûter. Ce refuge de 120 couchages, construit en 2013 et situé à 3 815 mètres d’altitude, avait connu, en 2018, un état de saturation inédit en raison de l’arrivée sans réservation d’un certain nombre d’alpinistes, parfois épuisés.

« Les alpinistes dépourvus de réservation refusaient de descendre et dormaient dans les couloirs, dans le hall d’entrée et même dans les escaliers, compromettant ainsi les issues de secours ! Le dépassement pouvait aller jusqu’à 30 personnes », raconte l’officier. Cela a notamment posé de graves problèmes de sécurité, d’hygiène, de risque d’incendie et de troubles à l’ordre public.

En juillet 2018, la tension est montée d’un cran. « Nous avons dû intervenir pour ramener la sécurité et la sérénité, surtout vis-à-vis du gardien, qui se faisait prendre à partie par les ascensionnistes. »

Pour améliorer la situation et limiter de fait la fréquentation du refuge, la préfecture de Haute-Savoie a donc pris un arrêté, avec effet jusqu’au 29 septembre 2019, visant à mieux réguler le flux d’alpinistes sur le parcours.

Les militaires du PGHM, du GMG et de la brigade blanche filtrent ainsi, en douceur mais avec la fermeté nécessaire, les candidats au Mont-Blanc, via des contrôles inopinés sur l’ensemble de l’itinéraire d’ascension. En cas d’absence de justificatif de réservation, les ascensionnistes sont alors invités à faire demi-tour. « Limiter le nombre d’alpinistes à celui des places prévues dans les refuges relève du bon sens.

Cela garantit une pratique sereine de l’alpinisme sur cette voie. Le dispositif est coûteux en heures et en effectifs, compte tenu de la difficulté du terrain, de l’éloignement, de l’altitude et des délais d’accès, mais c’est à ce prix que nous sommes capables, pour le moment, de maîtriser cette problématique. »
Préserver un site naturel

Le massif du Mont-Blanc est un site classé au titre du Code de l’urbanisme, par décision de l’État français du 14 juin 1951, ce qui implique l’interdiction d’y camper. « Depuis de nombreuses années, de nombreuses tentes étaient dressées et polluaient les lieux, notamment sur l’arête du Goûter, confie le lieutenant-colonel Bozon. Le bivouac fait partie intégrante de l’alpinisme. Le problème se pose lorsqu’une trentaine de personnes irrespectueuses s’y adonnent en même temps, au même endroit… »

Dans le massif, les gendarmes interrogent, entre autres, les alpinistes sur leur lieu de campement, apercevant parfois des sacs de couchage dépassant de leur sac à dos… Ils s’assurent que les candidats à l’ascension vont bien passer la nuit dans un refuge et non camper. Dans le cas contraire, ils sont invités à se diriger vers le refuge de Tête Rousse, où un camp de base a été aménagé pour le camping, seul lieu autorisé mais limité à 50 personnes.

Assurer la sécurité des pratiquants

Prévenir et avertir pour limiter le nombre d’interventions de secours, tel est le credo des gendarmes. L’alpinisme est un sport exigeant, qui demande des compétences et de l’entraînement. « On ne se lance pas à l’assaut du Mont-Blanc sans préparation, sans équipement, sans connaissance de l’itinéraire et en baskets ! rappelle l’officier. Il faut apprivoiser les sensations qui accompagnent une marche longue sur un terrain alpin en altitude : marche et escalade en crampons, assurage en mouvement avec la corde, essoufflement, état légèrement nauséeux, maux de tête, sommeil souvent haché en refuge… »

Les militaires tentent de prévenir les accidents en étant attentifs aux équipements ou la manière de procéder.

Mais les conseils dispensés par les gendarmes ne sont pas toujours suivis et la montagne se charge elle-même de faire la leçon aux plus imprudents.

Chaque année, environ une trentaine de décès sont ainsi constatés dans le massif du Mont-Blanc. « La descente de l’aiguille du Goûter et son couloir à traverser sont les endroits les plus meurtriers du massif. En 2017, nous y avons déploré dix morts. » Chaque année, en moyenne, quatre personne perdent la vie dans ce « couloir de la mort ».
Surveillance de la montagne

La météorologie et l’évolution du climat jouent également un rôle déterminant dans la survenance des accidents. Le réchauffement climatique rend les voies d’accès plus sujettes aux éboulements de pierres. « Pour donner une image, les chutes de pierres vont de la taille d’un bol, d’une assiette, d’un micro-ondes, d’une poubelle, d’un réfrigérateur, au contenu d’un camion de 12 tonnes, expose le commandant du PGHM. Si l’on observe que la montagne devient impraticable, nous essayons de prendre les mesures nécessaires, en lien avec la préfecture et les guides de haute montagne, pour communiquer sur la dangerosité. Si les conditions sont très dangereuses, voire suicidaires lors d’éboulements ou d’écroulement, nous dissuadons alors fermement la montée comme ce fut le cas en 2015. »

Le grand couloir qui plonge sous le refuge du Goûter est notamment redouté pour ses chutes de pierres, parfois spectaculaires et meurtrières. L’encombrement du passage et l’inexpérience de nombreux alpinistes démultiplient d’autant plus les dangers. « Nous constatons souvent des problèmes de croisement de cordées et d’attente à cet endroit particulièrement sensible », déplore l’officier.

Faux guides

Au-delà de ces diverses actions, les gendarmes effectuent aussi une mission plus administrative et judiciaire : le contrôle des professions de guide de haute montagne. Coréens, Japonais, Italiens, Espagnols, Français, Slovaques, Roumains, Tchèques, Ukrainiens, Russes… le Mont-Blanc attire chaque année des milliers de personnes. Et certains n’hésitent pas à usurper le titre de guide de haute montagne pour se faire de l’argent. S’ils sont, pour certains, diplômés dans leur pays, leur brevet n’est pas forcément reconnu en France et par l’Union internationale des associations de guides de haute montagne.

Ces guides, appelés « marron », emmènent alors en toute illégalité des clients en alpinisme, mettant gravement en question leur sécurité. « La plupart du temps, il est très difficile de prouver l’usurpation du titre de guide, l’encadrement ou l’accompagnement sans titre, parce que les suspects ont tendance à nier tout encadrement et à se présenter comme le simple ami d’un groupe. Il faut alors essayer de les séparer lors des contrôles pour tenter de réunir les preuves matérielles, consulter les sites Internet de séjours au Mont-Blanc pour voir apparaître les notions d’organisation et de rémunération », indique le lieutenant-colonel.

En contact permanent avec les guides officiels de haute montagne et les gardiens de refuge, les gendarmes parviennent parfois à caractériser cette infraction, qui peut valoir jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.

Source : https://www.gendinfo.fr/sur-le-terrain/immersion/2019/mont-blanc-prevenir-et-securiser-pour-limiter-les-secours
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