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Gendarmerie Nationale / Re : Les chiens dans la gendarmerie, une histoire méconnue
« Dernier message par Jeano 11 le 24 juin 2025, 10:32:58 »Le « mariage », début de l’aventure pour les équipes cynophiles de la gendarmerie
Ce mercredi 16 avril 2025, s’est déroulé l’emblématique mariage des équipes cynophiles de la gendarmerie, au Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG), à Gramat, dans le Lot (46). Ce moment symbolique, lors duquel sont constitués les binômes cynophiles, représente pour chacun le début d’une aventure au service de la France et des citoyens.
Également nommée « camp de Lacalm », ou « camp Viroulou » (par les locaux), la Base aérienne 265 Rocamadour - ancienne base de l’armée de l’Air - est située à 8 kilomètres au nord-ouest de Gramat (Lot). C’est ici, sous une pluie battante, que 25 candidats maîtres de chien s’apprêtent à prendre le départ de la course-marche, ce mardi 15 avril 2025 au matin. À quelques minutes du coup d’envoi de l’épreuve physique, l’heure est aux dernières recommandations. « Légèrement vallonné et recouvert de nombreux cailloux, le terrain est glissant du fait des conditions météorologiques. La boue, ainsi que l’eau dont vont se gorger les vêtements, constituent aujourd’hui la première difficulté, observe le capitaine (CNE) Philippe Dubourg, chef de la Compagnie d'instruction maîtres de chiens / Département formation opérations, au sein du Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG). Les candidats devront parcourir une boucle de 8 kilomètres pour les hommes, et 6,5 pour les femmes, en moins de 45 minutes (ou moins d’une heure pour les plus de 50 ans). L’épreuve est éliminatoire. Sa réussite conditionne l’intégration des candidats à la formation de maître de chien ». Le projet d’une vie pour beaucoup d’entre eux. « Je suis entré en gendarmerie à l’âge de 25 ans, avec comme seule idée en tête de devenir cynotechnicien », confie le gendarme Steven, suppléant maître de chien au sein du Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) de Saint-Dié-des-Vosges (88), aujourd’hui âgé 31 ans.
Ce jour-là, tous les candidats terminent la course dans les temps requis, sous les encouragements et les félicitations de l’équipe encadrante du CNICG. « La condition physique est primordiale pour un maître de chien. Le militaire doit sans cesse s’entraîner afin d’être en capacité de suivre l’animal sur le terrain », souligne le CNE Dubourg. Fraîchement qualifiés, les candidats regagnent soulagés la commune de Gramat, où se trouve le CNICG. C’est ici que sont formées toutes les équipes cynophiles de la gendarmerie nationale, soit une centaine chaque année. Les cynotechniciens y passeront les quatorze prochaines semaines pour y faire l’apprentissage du métier ou d’une nouvelle technicité, sous l’égide de dresseurs-instructeurs expérimentés. Éloignés de leur environnement professionnel et familial le temps de la formation initiale, ils vivront et partageront cette expérience intensive et exigeante aux côtés d’autres passionnés, entièrement tournés vers le même objectif final. Tous devront en effet décrocher leur validation opérationnelle afin d’exercer leur technicité sur le terrain, au sein d’une unité.
« Cet instant, je l’ai imaginé des centaines de fois »
Il est 8 h 30, ce mercredi 16 avril. Aux abords du chenil n° 2 du CNICG, six stagiaires s’apprêtent à rencontrer pour la première fois le chien qui leur a été attribué. Celui avec lequel ils feront équipe durant de nombreuses années. L’émotion est palpable. « Cet instant, je l’ai imaginé des centaines de fois, glisse Steven. Je suis hyper impatient ! »
La porte du chenil s’ouvre enfin. Tour à tour, chacun pénètre dans un couloir, le long duquel sont alignés les boxes où se trouvent les six chiens : Arrow, Blaco, Vicking, Vinuk, Vischer et Vulcain. Tandis que les stagiaires s’avancent afin de découvrir leur animal, les aboiements résonnent dans le chenil. « La semaine précédant le mariage, les chiens ont eu une activité très réduite et peu d’interactions avec l’humain, de façon à casser la routine », explique le chef d'escadron (CEN) Damien Courton, chef du département formation – opérations du CNICG. Une pratique visant à amorcer d’emblée le lien entre le maître et l’animal, alors qu’un sentiment de frustration commence à naître chez le chien.
Les maîtres font alors connaissance avec leur coéquipier selon un rituel immuable. Premier regard, premiers mots, premières caresses… et distribution de friandises. La connexion s’établit aussitôt.
Les duos alors formés sont désormais indissociables. Ce lien indéfectible constitue un atout majeur au service de la mission opérationnelle, ainsi qu’en témoigne la devise du centre : « Toi et moi pour eux ».
Destinés à la technicité « Piste - Défense », les chiens quittent ensuite leur box pour une première promenade en compagnie de leur maître. Ce groupe compte trois jeunes maîtres ainsi que trois anciens, possédant une expérience dans la conduite d’un chien. Mais pour tous, c’est une première dans cette technicité. « La plus difficile à acquérir, car la plus exigeante. Rien ne doit être laissé au hasard. La réussite de la mission en dépend, observe le CEN Courton. La recherche de personne disparue implique une parfaite maîtrise de l’environnement et la prise en considération de nombreux paramètres, aussi bien physiques que géographiques. La lecture de l’animal est fondamentale et nécessite une vigilance de chaque instant pour éviter que le chien ne s’engage sur une fausse piste. La position du maître, ainsi que la méthode de conduite de l’animal, sont essentielles afin de ne pas induire le chien en erreur ». Outre la piste, ces chiens seront également engagés à l’appui d’interpellations de personnes en fuite ou dans la défense de personnes ou de sites.
Ce mercredi matin, plusieurs cérémonials identiques se déroulent en plusieurs endroits du CNICG. « Nous avons cinq groupes aujourd’hui. Les stagiaires sont répartis par technicité, soit deux groupes spécialisés dans la recherche de stupéfiants, armes, munitions et billets de banque, deux autres dans la recherche de matières explosives, et le dernier en piste - défense, précise le CEN Courton. Au total, 18 technicités sont aujourd’hui enseignées au CNICG. Les plus récentes, “recherche de produits stupéfiants - défense renforcée” et “recherche de supports de données numériques” ont fait leur apparition en 2021 pour la première et en 2024 pour la seconde. » Porté par des professionnels passionnés et engagés, ce développement constant témoigne d’une volonté d’innovation continuelle, à l’image de cette filière d’excellence.
Nous retrouvons Steven, alors qu’il raccompagne Blaco au chenil. Un magnifique Malinois doté d’un fort tempérament. « Lorsque j'ai vu Blaco, la surprise a été totale ! Je n'avais aucune attente particulière, ni aucune idée préconçue sur mon futur chien. L'émotion était au rendez-vous, reconnaît-il. Cela fait cinq années que j'attends ce moment. J’aborde cette aventure avec confiance et humilité. Je sais pouvoir compter sur les conseils et l’expertise des dresseurs-instructeurs tout au long de la formation. »
Steven possède une grande expérience des chiens. « J’en ai cinq autres à la maison. Des chiens de chasse exclusivement. Blaco est mon premier Malinois ! » Son objectif prioritaire ? « Gagner la confiance de Blaco, tout en parvenant à s’imposer. »
La sélection et l’affectation des chiens relèvent de la compétence des dresseurs-instructeurs.
Afin que le « mariage » soit harmonieux, ces derniers constituent les binômes en tenant compte de plusieurs facteurs clés : caractère, expérience, environnement ou souhaits exprimés par le cynotechnicien.
« Trouver la bonne position du curseur »
La formation démarre sitôt la cérémonie du mariage achevée. Les quinze premiers jours, maîtres et chiens s’apprivoisent. « La construction du lien s’effectue progressivement, à travers les nombreux exercices proposés aux binômes. L’obéissance est primordiale dès les premiers instants. Les entraînements permettent au chien de jauger le maître ainsi que son niveau d’exigence, estime le CEN Courton. Le cynotechnicien doit quant à lui s’adapter au tempérament de l’animal. Certains sont soumis, d’autres récalcitrants… C’est au maître de trouver la bonne position du curseur. »
Au lendemain de la cérémonie, le groupe « Piste - Défense » fait ses premiers pas en pleine campagne, à quelques encablures du CNICG, sous la houlette des dresseurs-instructeurs.
« Pour l’heure, les stagiaires ne connaissent pas encore leur chien. C’est donc en tant qu’observateurs qu’ils participent à ce premier exercice, explique Sébastien, instructeur au CNICG. Mais dès demain, ce sont eux qui seront aux manettes. Nous serons à leurs côtés afin de superviser les exercices et observer les moindres détails. Le démarrage marque une étape décisive. En présence de son nouveau maître, le chien prend parfois des libertés. Nous sommes donc très vigilants. »
Alors que les cynotechniciens entament les exercices à tour de rôle, la cohésion s’installe déjà au sein du groupe. « Nous veillons à l’équilibre du groupe. Nous sommes tous dans le même bateau pour quatorze semaines », poursuit Sébastien.
« Ici, à Gramat, on est dans notre bulle, entre passionnés. On apprend beaucoup les uns des autres. C’est très enrichissant », explique l’un des stagiaires, maître de chien depuis plusieurs années, ayant déjà fait l’expérience de Gramat.
Lorsque débute la formation des équipes, les chiens ont déjà fait l’apprentissage des fondamentaux durant la phase de « débourrage » précédant le mariage, qui s’étale sur une période de deux à trois mois. Ils ont ainsi un temps d’avance sur le maître, celui-ci démarrant son cursus le jour du mariage.
« Les sept premières semaines, le chien régresse, tandis que son maître progresse. Tous deux atteignent alors un niveau équivalent à mi-stage, pour ensuite progresser ensemble au cours des sept dernières semaines », explique le CEN Courton.
Les binômes sont d’abord évalués à la mi-stage. Sont alors examinées les premières bases, à la fois en termes de compétences techniques que d’obéissance. « Ce premier examen nous permet d’apprécier les acquis du maître en matière de conduite du chien ».
Le deuxième et dernier examen a lieu au cours de la treizième semaine. Les binômes sont alors évalués sur différentes situations opérationnelles. « On multiplie les paramètres. Dans le cadre de la technicité “Piste – Défense”, les équipes sont jugées sur leur capacité à pister, aussi bien en pleine nature, qu’en centre-ville, sur le bitume. Elles seront également testées sur le mordant », précise le CEN Courton. Le chien doit alors mordre et maintenir sa prise, sur les ordres de son maître. Considéré comme une arme de force intermédiaire, l’animal est mis en œuvre selon un cadre réglementaire très précis. Les équipes qui réussissent l’examen final obtiennent leur validation opérationnelle.
Également au cœur des préoccupations institutionnelles, la bientraitance de l’animal fait l’objet d’une attention particulière durant toute sa carrière. « Le chien est considéré comme un militaire, membre à part entière de l’unité au sein de laquelle il est affecté. Aussi, la conduite de l’animal, ses conditions de travail, sa santé et son bien-être constituent un point central tout au long de la formation », souligne le CEN Courton.
Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/le-mariage-debut-de-l-aventure-pour-les-equipes-cynophiles-de-la-gendarmerie
Par Hélène THIN
Publié le 19 juin 2025
Ce mercredi 16 avril 2025, s’est déroulé l’emblématique mariage des équipes cynophiles de la gendarmerie, au Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG), à Gramat, dans le Lot (46). Ce moment symbolique, lors duquel sont constitués les binômes cynophiles, représente pour chacun le début d’une aventure au service de la France et des citoyens.
Également nommée « camp de Lacalm », ou « camp Viroulou » (par les locaux), la Base aérienne 265 Rocamadour - ancienne base de l’armée de l’Air - est située à 8 kilomètres au nord-ouest de Gramat (Lot). C’est ici, sous une pluie battante, que 25 candidats maîtres de chien s’apprêtent à prendre le départ de la course-marche, ce mardi 15 avril 2025 au matin. À quelques minutes du coup d’envoi de l’épreuve physique, l’heure est aux dernières recommandations. « Légèrement vallonné et recouvert de nombreux cailloux, le terrain est glissant du fait des conditions météorologiques. La boue, ainsi que l’eau dont vont se gorger les vêtements, constituent aujourd’hui la première difficulté, observe le capitaine (CNE) Philippe Dubourg, chef de la Compagnie d'instruction maîtres de chiens / Département formation opérations, au sein du Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG). Les candidats devront parcourir une boucle de 8 kilomètres pour les hommes, et 6,5 pour les femmes, en moins de 45 minutes (ou moins d’une heure pour les plus de 50 ans). L’épreuve est éliminatoire. Sa réussite conditionne l’intégration des candidats à la formation de maître de chien ». Le projet d’une vie pour beaucoup d’entre eux. « Je suis entré en gendarmerie à l’âge de 25 ans, avec comme seule idée en tête de devenir cynotechnicien », confie le gendarme Steven, suppléant maître de chien au sein du Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) de Saint-Dié-des-Vosges (88), aujourd’hui âgé 31 ans.
Ce jour-là, tous les candidats terminent la course dans les temps requis, sous les encouragements et les félicitations de l’équipe encadrante du CNICG. « La condition physique est primordiale pour un maître de chien. Le militaire doit sans cesse s’entraîner afin d’être en capacité de suivre l’animal sur le terrain », souligne le CNE Dubourg. Fraîchement qualifiés, les candidats regagnent soulagés la commune de Gramat, où se trouve le CNICG. C’est ici que sont formées toutes les équipes cynophiles de la gendarmerie nationale, soit une centaine chaque année. Les cynotechniciens y passeront les quatorze prochaines semaines pour y faire l’apprentissage du métier ou d’une nouvelle technicité, sous l’égide de dresseurs-instructeurs expérimentés. Éloignés de leur environnement professionnel et familial le temps de la formation initiale, ils vivront et partageront cette expérience intensive et exigeante aux côtés d’autres passionnés, entièrement tournés vers le même objectif final. Tous devront en effet décrocher leur validation opérationnelle afin d’exercer leur technicité sur le terrain, au sein d’une unité.
« Cet instant, je l’ai imaginé des centaines de fois »
Il est 8 h 30, ce mercredi 16 avril. Aux abords du chenil n° 2 du CNICG, six stagiaires s’apprêtent à rencontrer pour la première fois le chien qui leur a été attribué. Celui avec lequel ils feront équipe durant de nombreuses années. L’émotion est palpable. « Cet instant, je l’ai imaginé des centaines de fois, glisse Steven. Je suis hyper impatient ! »
La porte du chenil s’ouvre enfin. Tour à tour, chacun pénètre dans un couloir, le long duquel sont alignés les boxes où se trouvent les six chiens : Arrow, Blaco, Vicking, Vinuk, Vischer et Vulcain. Tandis que les stagiaires s’avancent afin de découvrir leur animal, les aboiements résonnent dans le chenil. « La semaine précédant le mariage, les chiens ont eu une activité très réduite et peu d’interactions avec l’humain, de façon à casser la routine », explique le chef d'escadron (CEN) Damien Courton, chef du département formation – opérations du CNICG. Une pratique visant à amorcer d’emblée le lien entre le maître et l’animal, alors qu’un sentiment de frustration commence à naître chez le chien.
Les maîtres font alors connaissance avec leur coéquipier selon un rituel immuable. Premier regard, premiers mots, premières caresses… et distribution de friandises. La connexion s’établit aussitôt.
Les duos alors formés sont désormais indissociables. Ce lien indéfectible constitue un atout majeur au service de la mission opérationnelle, ainsi qu’en témoigne la devise du centre : « Toi et moi pour eux ».
Destinés à la technicité « Piste - Défense », les chiens quittent ensuite leur box pour une première promenade en compagnie de leur maître. Ce groupe compte trois jeunes maîtres ainsi que trois anciens, possédant une expérience dans la conduite d’un chien. Mais pour tous, c’est une première dans cette technicité. « La plus difficile à acquérir, car la plus exigeante. Rien ne doit être laissé au hasard. La réussite de la mission en dépend, observe le CEN Courton. La recherche de personne disparue implique une parfaite maîtrise de l’environnement et la prise en considération de nombreux paramètres, aussi bien physiques que géographiques. La lecture de l’animal est fondamentale et nécessite une vigilance de chaque instant pour éviter que le chien ne s’engage sur une fausse piste. La position du maître, ainsi que la méthode de conduite de l’animal, sont essentielles afin de ne pas induire le chien en erreur ». Outre la piste, ces chiens seront également engagés à l’appui d’interpellations de personnes en fuite ou dans la défense de personnes ou de sites.
Ce mercredi matin, plusieurs cérémonials identiques se déroulent en plusieurs endroits du CNICG. « Nous avons cinq groupes aujourd’hui. Les stagiaires sont répartis par technicité, soit deux groupes spécialisés dans la recherche de stupéfiants, armes, munitions et billets de banque, deux autres dans la recherche de matières explosives, et le dernier en piste - défense, précise le CEN Courton. Au total, 18 technicités sont aujourd’hui enseignées au CNICG. Les plus récentes, “recherche de produits stupéfiants - défense renforcée” et “recherche de supports de données numériques” ont fait leur apparition en 2021 pour la première et en 2024 pour la seconde. » Porté par des professionnels passionnés et engagés, ce développement constant témoigne d’une volonté d’innovation continuelle, à l’image de cette filière d’excellence.
Nous retrouvons Steven, alors qu’il raccompagne Blaco au chenil. Un magnifique Malinois doté d’un fort tempérament. « Lorsque j'ai vu Blaco, la surprise a été totale ! Je n'avais aucune attente particulière, ni aucune idée préconçue sur mon futur chien. L'émotion était au rendez-vous, reconnaît-il. Cela fait cinq années que j'attends ce moment. J’aborde cette aventure avec confiance et humilité. Je sais pouvoir compter sur les conseils et l’expertise des dresseurs-instructeurs tout au long de la formation. »
Steven possède une grande expérience des chiens. « J’en ai cinq autres à la maison. Des chiens de chasse exclusivement. Blaco est mon premier Malinois ! » Son objectif prioritaire ? « Gagner la confiance de Blaco, tout en parvenant à s’imposer. »
La sélection et l’affectation des chiens relèvent de la compétence des dresseurs-instructeurs.
Afin que le « mariage » soit harmonieux, ces derniers constituent les binômes en tenant compte de plusieurs facteurs clés : caractère, expérience, environnement ou souhaits exprimés par le cynotechnicien.
« Trouver la bonne position du curseur »
La formation démarre sitôt la cérémonie du mariage achevée. Les quinze premiers jours, maîtres et chiens s’apprivoisent. « La construction du lien s’effectue progressivement, à travers les nombreux exercices proposés aux binômes. L’obéissance est primordiale dès les premiers instants. Les entraînements permettent au chien de jauger le maître ainsi que son niveau d’exigence, estime le CEN Courton. Le cynotechnicien doit quant à lui s’adapter au tempérament de l’animal. Certains sont soumis, d’autres récalcitrants… C’est au maître de trouver la bonne position du curseur. »
Au lendemain de la cérémonie, le groupe « Piste - Défense » fait ses premiers pas en pleine campagne, à quelques encablures du CNICG, sous la houlette des dresseurs-instructeurs.
« Pour l’heure, les stagiaires ne connaissent pas encore leur chien. C’est donc en tant qu’observateurs qu’ils participent à ce premier exercice, explique Sébastien, instructeur au CNICG. Mais dès demain, ce sont eux qui seront aux manettes. Nous serons à leurs côtés afin de superviser les exercices et observer les moindres détails. Le démarrage marque une étape décisive. En présence de son nouveau maître, le chien prend parfois des libertés. Nous sommes donc très vigilants. »
Alors que les cynotechniciens entament les exercices à tour de rôle, la cohésion s’installe déjà au sein du groupe. « Nous veillons à l’équilibre du groupe. Nous sommes tous dans le même bateau pour quatorze semaines », poursuit Sébastien.
« Ici, à Gramat, on est dans notre bulle, entre passionnés. On apprend beaucoup les uns des autres. C’est très enrichissant », explique l’un des stagiaires, maître de chien depuis plusieurs années, ayant déjà fait l’expérience de Gramat.
Lorsque débute la formation des équipes, les chiens ont déjà fait l’apprentissage des fondamentaux durant la phase de « débourrage » précédant le mariage, qui s’étale sur une période de deux à trois mois. Ils ont ainsi un temps d’avance sur le maître, celui-ci démarrant son cursus le jour du mariage.
« Les sept premières semaines, le chien régresse, tandis que son maître progresse. Tous deux atteignent alors un niveau équivalent à mi-stage, pour ensuite progresser ensemble au cours des sept dernières semaines », explique le CEN Courton.
Les binômes sont d’abord évalués à la mi-stage. Sont alors examinées les premières bases, à la fois en termes de compétences techniques que d’obéissance. « Ce premier examen nous permet d’apprécier les acquis du maître en matière de conduite du chien ».
Le deuxième et dernier examen a lieu au cours de la treizième semaine. Les binômes sont alors évalués sur différentes situations opérationnelles. « On multiplie les paramètres. Dans le cadre de la technicité “Piste – Défense”, les équipes sont jugées sur leur capacité à pister, aussi bien en pleine nature, qu’en centre-ville, sur le bitume. Elles seront également testées sur le mordant », précise le CEN Courton. Le chien doit alors mordre et maintenir sa prise, sur les ordres de son maître. Considéré comme une arme de force intermédiaire, l’animal est mis en œuvre selon un cadre réglementaire très précis. Les équipes qui réussissent l’examen final obtiennent leur validation opérationnelle.
Également au cœur des préoccupations institutionnelles, la bientraitance de l’animal fait l’objet d’une attention particulière durant toute sa carrière. « Le chien est considéré comme un militaire, membre à part entière de l’unité au sein de laquelle il est affecté. Aussi, la conduite de l’animal, ses conditions de travail, sa santé et son bien-être constituent un point central tout au long de la formation », souligne le CEN Courton.
Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/le-mariage-debut-de-l-aventure-pour-les-equipes-cynophiles-de-la-gendarmerie
Par Hélène THIN
Publié le 19 juin 2025



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