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Gendarmerie Nationale / Re : 1791… et la gendarmerie nationale fut !
« Dernier message par Jeano 11 le 16 mars 2022, 20:21:24 »
UN PEU D’HISTOIRE

«C’est une grave erreur de croire que la gendarmerie nationale est née en 1791. Elle est née en 1720 ; elle s’appelait Maréchaussée ; elle était déjà « nationale » ». Par ces mots, le général historien Georges Philippot a souhaité souligner la portée historique de la réforme du secrétaire d’État à la Guerre Claude Le Blanc (1669-1728).
Avec l’extension à tout le royaume du maillage des brigades, cette institution est effectivement devenue la première force de sécurité à vocation nationale. Mais, 300 ans plus tard, quel héritage reste-t-il des textes qui ont façonné le modèle de la brigade de gendarmerie « à la française » ?
Un premier siècle de maturation du maillage territorial (1720-1815)
Si les réformes de 1720, 1769 et 1778 posent les bases du maillage territorial et du logement en caserne, la densification spatiale des brigades n’intervient qu’au cours des décennies suivantes.
À la veille de la Révolution française, les 880 brigades implantées en ville le long des axes de communication ne sont pas encore en capacité d’exercer une surveillance efficace sur tout le royaume.
C’est d’ailleurs ce que déplorent en 1789 certains cahiers de doléances, comme à Nantes, à Rouen, à Rodez ou à Bignac (Charente) où l’on se plaint de ne jamais voir les cavaliers
de la maréchaussée.
Le processus s’accélère sous la Révolution française. La loi fondatrice de la gendarmerie nationale du 16 février 1791 institue 15 brigades par départements, soit près de 1 300 unités, et celle du 29 avril 1792 prévoit d’agir « le plus promptement possible » afin d’atteindre 1 600 brigades. En 1798, la loi du 28 germinal an VI précise que l’Arme est destinée « à l’intérieur de la République (...) à la sûreté des campagnes et des grandes routes ».
Cette période, marquée par les périls intérieurs et les conquêtes extérieures, contribue à attribuer à la brigade une valeur plus tactique. Pour mieux contrôler les nouvelles conquêtes, un véritable réseau est implanté le long des voies de communication. En Belgique, avant d’installer 200 unités en 1796, le général Wirion dresse l’inventaire cartographique des routes à surveiller et des zones à patrouiller dans les nouveaux départements. En France, Bonaparte crée en 1800 un réseau dense de 200 brigades dans l’Ouest pour lutter contre la chouannerie.
Après l’avènement de l’Empire, Napoléon confie au général Radet le soin d’implanter des brigades dans les nouvelles conquêtes, notamment en Italie, en Allemagne et en Hollande. La valeur tactique des gendarmes pour contrôler le territoire a été résumée par l’empereur lui-mŒme : « 2 à 300 hommes de cavalerie de plus ou de moins ne sont rien. 200 gendarmes de plus assurent la tranquillité de l’armée et le bon ordre ».
En quelques années, le nombre des brigades triple pour atteindre 2 900 en 1810, avec un total de 18 503 hommes. « On ne fait, pour ainsi dire, point un pas sur le territoire de la République, sans rencontrer un gendarme », se félicite dès février 1804 le général Moncey, conscient de la valeur de ce réseau pour le renseignement. Un autre texte de l’époque considère que la gendarmerie doit être comme « un filet étendu sur la surface de l’Empire. »
Toutefois, ce résultat impressionnant relève plutôt du trompe-l’œil. Tout d’abord, il existe souvent un décalage entre les objectifs fixés et les réalisations concrètes, en raison des difficultés de financement, de recrutement ou même à trouver des bâtiments. De plus, les effectifs dans les brigades sont rarement au complet à cause des nombreuses ponctions liées à l’effort de guerre (prévôtés, unités combattantes). Enfin, les créations d’unités se diluent dans une France plus vaste qui atteint 130 départements au plus fort de l’extension impériale en 1810. À la chute de l’Empire, le nombre des brigades redescend à 2091, mais la nation a été ramenée à ses frontières de 1790.
Un deuxième siècle d’affirmation de la brigade polyvalente proche des Français 1815-1920)
Au début du XIXe siècle, la Seconde Restauration n’apparaît guère favorable à l’extension du maillage des brigades dont le nombre passe de 2 091 en 1816 à 2 261 en 1830. En revanche, la Monarchie de Juillet se montre plus attentive à surveiller l’Ouest et la vallée du Rhône où son pouvoir est contesté. D’autres régions apparaissent plus délaissées, comme le littoral de la Manche et le Sud-Ouest qui, hormis quelques pôles isolés, se prolonge sur un axe nord-est, préfigurant ainsi la « diagonale du vide ».
En 1834, le ministre de la Guerre Soult célèbre pourtant « cette force attachée au sol, mêlée aux habitudes des campagnes.

Source :  Revue de la Gendarmerie Nationale
https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/crgn/content/download/1365/document/REVUE_269_Brigades_territoriales.pdf?inLanguage=fre-FR&version=10
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Gendarmerie Nationale / Re : Dans la Gendarmerie les femmes ont fait leur nid !
« Dernier message par Jeano 11 le 16 mars 2022, 11:32:13 »
Le 8 mars, c'est toute la semaine la journée internationale des droits des femmes.
Pour clore cette belle journée, nous donnons la parole à la gendarme Maela C.

Maela, pourquoi ce choix de carrière ?

Originaire de la ville d'#Angers (49), j'ai poursuivi l'intégralité de ma scolarité dans cette ville où je me suis naturellement orientée vers un bac général scientifique.
Attirée par la rigueur du milieu  militaire, je me suis intéressée aux métiers s'y rapportant. Pour ce faire, j'ai participé à un stage d’acculturation d'une semaine au sein de la base aérienne de #Tours (37).
Cette approche a confirmé mon intérêt pour le milieu militaire. Lors d'échanges avec des gendarmes et par le biais de recherches personnelles, je me suis dirigée vers le métier de gendarme lequel correspond à ma personnalité (militarité, sens du contact humain, altruisme).
De plus, la gendarmerie offre à ses personnels de multiples possibilités d'évolution de carrière (spécialités, échelle des grades et management).

Un mot sur votre jeune carrière ?
En 2016, à l'âge de 19 ans, j'ai passé avec succès les épreuves du concours sous-officier de gendarmerie. J'ai ensuite intégré l'école de  Montluçon (36) en décembre 2016, pour une formation de 12 mois. Cela m'a permis d'acquérir les bases du métier de gendarme.
A l'issue de cette formation, j'ai été affectée à la brigade de Plourin-Lès-Morlaix en août 2017.

Parlez-nous de votre arrivée à la brigade.
Accompagnée par l'ensemble des gendarmes de ma brigade, j'ai pu découvrir la réalité du terrain et ses différentes missions de la gendarmerie départemetale. Appréciant particulièrement la police judiciaire, je me suis inscrite à l'examen d'officier de police judiciaire (OPJ) que j'ai obtenu.
Je n'ai rencontré aucune difficulté à m'intégrer auprès de mes collègues et camrades de travail. En effet, la féminisation dans la gendarmerie représente aujourd'hui 22% de l'effectif total. Cependant, c'est un métier qui de part sa représentation de l'autorité, nous impose d'avoir un caractère affirmé pour nous faire respecter par l'ensemble de nos concitoyens.
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Gendarmerie Nationale / Force d’observation recherche : les hommes de l’ombre
« Dernier message par Jeano 11 le 16 mars 2022, 09:49:35 »
Ruse et furtivité !

Au quotidien, une exigence : la furtivité.
Une mission : recueillir du renseignement sur des adversaires de haut niveau.
Une méthode : la ruse. Engagés par des sections de recherches ou des offices centraux, les équipiers de la FOR traitent les dossiers les plus complexes, au cœur des priorités nationales, dans des affaires de trafics de stupéfiants internationaux, de trafics d'armes, d'assassinats en bande organisée, etc...
Leurs adversaires sont parmi les plus dangereux et les mieux organisés.

Les éléments de preuve apportés par les équipiers de la FOR s'avèrent déterminants pour les enquêteurs. « Une fois la mission prise en compte et la cible identifiée, on ne la lâche plus, on connaît tout de sa vie. On s'adapte à son milieu, ses habitudes, sa manière de vivre. »
Filatures, sonorisations de véhicules ou de logements, géolocalisations, captations de données informatiques, observations transfrontalières, prises de photo opérationnelles, les modes d'action sont multiples pour réussir la mission.

Une liberté d'action qui fait la différence

Le GIGN, L... en rêvait. Après un temps comme GAV dans un Psig, il intègre un escadron à sa sortie d'Esog. Le rythme des déplacements n'entame en rien sa motivation à passer les tests de sélection. Le troisième essai est le bon. à la suite des tests de sélection, il est l'un des sept candidats à réussir le pré-stage. Il intègre la FOR. Il y découvre « la nécessaire réflexion préalable à chaque mission, le cheminement intellectuel.

On prend en compte un dossier, et on doit réfléchir aux méthodes les plus adaptées. »  Ce qui fait la différence par rapport à tout ce qu'il a connu auparavant : la grande liberté d'action laissée à chacun des équipiers. « Au sein de la FOR, chacun joue un rôle déterminant, comme équipier ou spécialiste. Une grande créativité et une vraie initiative sont laissées une fois l'objectif donné. » Le plus jeune des équipiers a souvent un rôle déterminant. « On n'attend pas des années pour s'exprimer en opération. »

Audace et discernement

Ce trentenaire posé l'avoue : « Je ne sais jamais ce que je ferai dans l'heure qui vient. Réagir aux situations imprévues, c'est un vrai challenge. » Aucune routine et des missions uniques : un jour dans le rôle d'un touriste pour « filocher » un Vor y Zakone venu rencontrer ses lieutenants dans le sud de la France, le lendemain dans la peau d'un ouvrier du bâtiment pour identifier une transaction d'armes de guerre, il doit se tenir prêt à tout.

Quand il part en mission, il a toujours dans son sac de quoi tenir 24 heures en totale autonomie dans « la verte », plusieurs tenues pour s'adapter au milieu dans lequel évolue la cible et un scénario en tête pour justifier sa présence s'il est approché par l'adversaire.
Des adversaires qui essaient de rester « sous les radars » : « Ils sont de plus en plus rodés aux modes opératoires policiers. Ils développent des procédures de contre-surveillance, ont des moyens de brouillage, de détection, de désinformation, de cryptage des communications… Ils mettent tout en œuvre pour nous mettre en échec.

L'objectif, c'est de prendre l'ascendant sur ces criminels aguerris ; notre épanouissement, c'est de le faire en se jouant d'eux. »
Et la peur ? La question le surprend. La réponse fuse : « Il n'y a pas de peur. Mais la conscience du danger est réelle. » Il se souvient d'une mission, comme tant d'autres, où tout aurait pu basculer : il fallait sonoriser trois voitures, dans la cour d'une habitation dont ils savaient les occupants présents et lourdement armés.La situation ne leur était pas favorable.

Ce qui est attendu des équipiers de la FOR ? Des qualités humaines. « L'esprit de cohésion est indispensable. Sans l'équipe, les qualités individuelles ne sont rien. » L'équipier doit être rustique, savoir résister au froid, à la fatigue. Endurance, patience, mais aussi « esprit chasseur, autonomie, débrouillardise, initiative, abnégation, stabilité émotionnelle. » Lors des tests de sélection comme sur le terrain, L.... en est convaincu : «Tout est dans le mental. »

Mona est l’une des rares opérationnelles en activité à la Force observation recherche (FOR) du GIGN. Dans son métier, son genre constitue un véritable atout.   

Peu importe d’où vous la regardez, vous aurez toujours l’impression que la Joconde vous scrute. Un point commun que Mona Lisa partage avec Mona tout court. Sauf que, quand cette militaire vous observe, vous n’en saurez jamais rien. Car Mona est gendarme. Et surtout, elle travaille depuis cinq an à la Force observation recherche (FOR) du GIGN. Sa spécialité ?
Traquer, depuis l’ombre, les criminels. « J’adore mon job commente la jeune femme. Je fais un métier aussi passionnant qu’enrichissant, qui m’emmène dans les quatre coins de la France et même, du monde. » 

Source : https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Portraits/Force-d-observation-recherche-les-hommes-de-l-ombre
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La Fabrique du crétin digital
Les dangers des écrans pour nos enfants
Michel Desmurget Prix spécial Femina Essai

La consommation du numérique sous toutes ses formes – smartphones, tablettes, télévision, etc. – par les nouvelles générations est astronomique.
Dès 2 ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque 3 heures d’écran. Entre 8 et 12 ans, ils passent à près de 4 h 45. Entre 13 et 18 ans, ils frôlent les 6 h 45. En cumuls annuels, ces usages représentent autour de 1 000 heures pour un élève de maternelle (soit davantage que le volume horaire d’une année scolaire), 1 700 heures pour un écolier de cours moyen (2 années scolaires) et 2 400 heures pour un lycéen du secondaire (2,5 années scolaires).
Contrairement à certaines idées reçues, cette profusion d’écrans est loin d’améliorer les aptitudes de nos enfants. Bien au contraire, elle a de lourdes conséquences : sur la santé (obésité, développement cardio-vasculaire, espérance de vie réduite…), sur le comportement (agressivité, dépression, conduites à risques…) et sur les capacités intellectuelles (langage, concentration, mémorisation…). Autant d’atteintes qui affectent fortement la réussite scolaire des jeunes.
« Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, une telle expérience de décérébration n’avait été conduite à aussi grande échelle », estime Michel Desmurget. Ce livre, première synthèse des études scientifiques internationales sur les effets réels des écrans, est celui d'un homme en colère. La conclusion est sans appel : attention écrans, poisons lents !

Michel Desmurget est docteur en neurosciences et directeur de recherche à l’Inserm. Il est l’auteur de TV Lobotomie (Max Milo, 2011) et de L’Antirégime (Belin, 2015), qui ont tous deux remporté un large succès public.

 Toxic Data
Comment les réseaux manipulent nos opinions
https://www.leslibraires.fr/livre/20399234-toxic-data-comment-les-reseaux-manipulent-nos--david-chavalarias-flammarion

avid Chavalarias @chavalarias
Ce qui m'a fait le plus plaisir après mon intervention chez @Sonia_Devillers (France Inter)  : un sms de ma grand mère de 94 ans : "j'ai tout compris ... je suis d'accord avec lui".
Elle faisait passer des messages à la résistance pendant la #WWII, ça aide à comprendre ce qui se passe !
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David Chavalarias présente son ouvrage, Toxic Data, paru le 2 mars chez Flammarion, où il analyse et décrypte comment la manipulation de masse se déploie sur les réseaux.

 Résumé :
"Le 5 mai 2017, durant l'entre-deux-tours de la présidentielle, un tweet révèle des milliers de courriels de l'équipe d'En Marche. Il sera massivement relayé pour tenter de faire basculer l'opinion, et avec elle l'élection.Qui était à la manoeuvre de ces MacronLeaks ?Le GRU russe, qui aurait hacké les boîtes mail, l'alt-right, l'extrême droite française... et 20 000 bots, des robots pilotés par intelligence artificielle."D'élection en élection, une lame de fond s'abat sur chaque citoyen : les réseaux sociaux nous manipulent et déchirent notre tissu social. De fait, la science révèle notre dangereuse inadaptation à la nouvelle donne numérique. Comment se prémunir des intoxications à l'heure du vote ? Une analyse stupéfiante doublée de pistes concrètes, tant individuelles que collectives, pour nous protéger et préserver nos démocraties.

 Interview :
Février dernier de 2022, les convois de la liberté atteignent l’Arc de triomphe. Sur Twitter et sur Facebook, la tension est à son comble. Les anti-pass vont prendre la capitale. Dans leur laboratoire, une équipe de mathématiciens cartographient ce moment de suractivité sur les réseaux sociaux et s’interrogent : Quels comptes s’emploient à relayer tel ou tel message et dans l’intérêt de qui ? Les algorithmes favorisent-ils la montée de telle ou telle colère ? Des robots viennent-ils grossir les rangs des insurgés ? Des puissances étrangères ont-elles intérêt à semer la discorde, chez nous, en France ? Les réseaux sociaux sont-ils la meilleure arme de la Russie et de la Chine cherchant à reconfigurer l’ordre mondial ? J’ai lu pour vous « Toxic Data », tout y est très simplement expliqué : Comment les mouvements d’opinion sont aujourd’hui hautement manipulés et amplifiés sur les réseaux au point que nos démocraties vont y laisser leur peau.

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-du-lundi-07-mars-2022
 
Face cachée toxique du numérique : les deux ans d’enquête du journaliste Guillaume Pitron

Les technologies de plus en plus virtuelles masquent une réalité physique bien sombre. Un paradoxe qui a poussé le journaliste Guillaume Pitron à enquêter dans le monde entier. Il publie L’enfer numérique, voyage au bout d’un like.

Guillaume Pitron est journaliste et réalisateur de documentaires. Après plusieurs enquêtes consacrées à l’exploitation des métaux rares, il publie L’enfer numérique, voyage au bout d’un like. Une enquête de deux ans, dans le monde entier, qui met en lumière la face cachée, bien réelle, d’un univers numérique de plus en plus immatériel. Et sur les conséquences environnementales et politiques d’une croissance qui paraît illimitée.

Le paradoxe du numérique, c’est que tout semble immatériel…

On vante la virtualisation de nos outils de travail, qui sont censés n’être plus que du gaz, un nuage. Or, plus l’on parle de cela, plus nous consommons de matière première et d’électricité pour les produire et les faire fonctionner. Les likes, les courriels, les photos et les vidéos que nous échangeons transitent par des antennes, des box, des locaux techniques, des centres de données, des câbles sous-marins. Derrière ces actions simples se cache une infrastructure mondiale d’une complexité folle. Elle est en train de devenir la chose la plus vaste jamais construite par l’humanité.
« 10 % de la consommation électrique mondiale »

L’immatériel serait donc un mythe ?

Le numérique dégage une odeur, celle du beurre rance émise par le graphite raffiné nécessaire aux batteries de nos portables. Il émet un son strident, celui de la ruche des milliers de serveurs entreposés dans un data center comme celui que j’ai visité en Laponie. Il a un goût, celui de l’eau de mer du fond de laquelle sont remontés des milliers de câbles usagés.

Ce mythe de l’immatériel nous vient de nos téléphones portables. Leur esthétique épurée apporte un sentiment de pureté. Le téléphone est une merveille de beauté et de simplicité, mais l’infrastructure qui le fait fonctionner est sale.

Mesurer l’empreinte écologique du numérique, c’est possible ?

C’est la jungle. Tout le monde s’étripe autour du coût écologique d’un courriel. Quelques chiffres font consensus. Selon qu’il s’agisse d’un spam envoyé par un robot ou d’un message expédié par un humain avec une pièce jointe, l’envoi génère entre 0,5 et 20 grammes de CO2. C’est un sixième de ce que produit une voiture thermique au kilomètre. Le numérique pèse 10 % de la consommation électrique mondiale, soit près de 4 % des émissions globales de gaz à effet de serre. C’est une fois et demie l’ensemble du secteur civil aérien mondial. Ce chiffre pourrait doubler d’ici à 2025. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements. Nous n’avons encore rien vu.

Faire le lien entre croissance verte et numérique relève du fantasme écrivez-vous…

Rien n’est jamais vert. Tout a toujours un impact. Le problème, c’est que le numérique excite la croissance. Le lobby européen du numérique affirme que le numérique va entraîner dix à quinze fois plus d’effets bénéfiques sur l’environnement que de conséquences négatives. Il a suffi d’une enquête journalistique pour contredire l’étude Smarter2030. Quant au rapport du Shift Project, il conclut que les dommages sont plus graves que les bénéfices. Comment compenser les effets rebond des nouvelles technologies qui nous poussent à consommer davantage ? En réalité, personne n’est en capacité de répondre à ces questions.

Rien n’entraverait cette accélération ?

Internet nous fait croire que nous sommes tout-puissants. La jeune génération qui a aujourd’hui un téléphone entre les mains peut lever des millions de followers du bout des doigts. Tout cela est incompatible avec la notion de limite. Rien a priori n’entrave la capacité d’un réseau à s’étendre. Ni l’énergie ni la matière nécessaires. Le câble océanique de 6 000 km déroulé par Google entre la Virginie (États-Unis) et la Vendée n’est pas plus épais qu’un tuyau d’arrosage. On peut y faire transiter, toutes les secondes, trois fois le volume d’informations stockées dans la bibliothèque du Congrès américain.
« La croissance optimisée est la clé »

Vous interpellez, dans votre livre, les jeunes de la génération climat…

Elle ne réalise pas les conséquences du numérique dont elle use et abuse. Une étude a montré qu’un jeune de 18 à 25 ans en France a déjà possédé six téléphones portables. Cette génération qui perçoit mieux que quiconque les défis écologiques que lui lègue la génération précédente sera-t-elle plus sage ? Il est permis d’en douter.

Que faire pour viser davantage de sobriété ?

Le Chinois Tik Tok a récemment limité son utilisation à quarante minutes par jour en dessous de l’âge de 14 ans. Un régime totalitaire peut imposer ce genre de limites. Une taxation adéquate des entreprises du numérique peut contrebalancer les effets négatifs. D’ici à 2060, avec l’économie circulaire, nous pourrons être en mesure d’utiliser deux fois moins de matière première pour chaque dollar investi dans un produit. Cette croissance optimisée est la clé. L’astrophysicien Stephen Hawking l’a souligné. Notre avenir est une course entre la puissance croissante de notre technologie et la sagesse avec laquelle nous l’utiliserons.

L’Enfer numérique, voyage au bout d’un like, Les liens qui libèrent, 327 pages, 21 €.

Source : https://www.ouest-france.fr/environnement/face-cachee-toxique-du-numerique-les-deux-ans-d-enquete-du-journaliste-guillaume-pitron-0832cab4-2c27-11ec-ad05-746723b15d1d
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Derrière le hashtag #Balancetonbar émergent des témoignages de personnes droguées dans un bar, une boîte de nuit, ou en soirée. Dans la plupart des cas, les victimes racontent avoir été droguées à leur insu au GHB et ne plus se souvenir de ce qu’il s’est passé. « Quelques gouttes de produit versées dans un verre et c’est le trou noir ».

« C’est une première en France », dévoile la ministre déléguée en charge de la Citoyenneté. « Sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup d’appels à l’aide. Nous voulons sortir de la solitude les victimes droguées à leur insu, il faut renverser la honte.
Peu importe l’heure, le tchat gratuit peut être activé jour et nuit, sans décliner son identité », détaille Marlène Schiappa, en collaboration avec la mission interministérielle contre les drogues et l’Union des métiers et des industries de l’Hôtellerie (Umih).

Le GHB qu’est-ce que c’est ?

Le GHB (acide gammahydroxybutyrique) est un produit incolore et inodore qui se présente sous la forme de poudre ou de liquide. A l’exception d’un usage médical, le GHB est classé dans la liste des stupéfiants dont l’usage est interdit car à une certaine dose il devient un puissant somnifère et amnésiant dont les effets se font sentir 2 à 4 heures après l’avoir ingéré (trou noir).

Dans les bars, les boîtes de nuit ou au cours de soirées, des personnes profitent du contexte festif pour mélanger du GHB à la boisson de leur victime à leur insu, pour altérer volontairement leur discernement ou le contrôle de leurs actes et ce, afin de commettre des vols, des agressions, des abus sexuels ou des viols.

Marlène Schiappa est mobilisée pour protéger les femmes et la loi du 3 août 2018 qu’elle a portée reconnaît juridiquement la gravité de cette pratique :

L’usage de la « drogue du violeur » constitue désormais une circonstance aggravante en matière de viol et d'agressions sexuelles. Pour un viol commis dans cette circonstance, la peine a été portée à 20 ans de réclusion criminelle.

Celui qui filme et/ou diffuse une scène où l'on voit une personne délivrer du GHB à une autre est également susceptible d’être incriminé soit comme complice du délit d'administration, soit comme auteur du délit de diffusion prohibé par l’article 222-33-3 du Code pénal. 

1. Directives aux forces de sécurité intérieure en cas de suspicion d’attaque au GHB

En cas de suspicions de consommation de GHB, les forces de sécurité devront systématiser les prélèvements pour détection de toxicologie pour les victimes qui seraient par exemple retrouvées inconscientes et conduites à l’hôpital ;

Un examen gynécologique, un prélèvement ADN, l’isolement des vêtements… sont des mesures encouragées (protocole viol) en cas d’agression physique ou sexuelle avec suspicion d’administration de GHB ;

La plateforme arretonslesviolences.gouv.fr permet aux victimes de signaler tout abus auprès des forces de sécurité intérieure et de dialoguer en ligne avec elles, 24h/24h 7J/7j.

2. Sensibiliser les professionnels de la nuit ou organisateurs de soirée

Afin de lutter contre ce fléau, des partenariats locaux avec les professionnels de la nuit pour une meilleure sensibilisation, formation et prévention (l’UMIH associera les forces de sécurité intérieure à la sensibilisation de ses professionnels, en fonction des besoins) vont être développés.

Un guide pratique à destination des professionnels des établissements de nuit recensant les réflexes à avoir et les démarches à effectuer a été édité par le ministère de l’Intérieur.

    Sensibiliser la clientèle en communiquant sur les risques (affichage sur carte des consommations, sets de table, verres, sous-verres, protections de verres) ;
    Sensibiliser le personnel :
        Ne pas laisser les verres sans surveillance ;
        Etre vigilant devant des comportements évoquant l’ivresse ou l’état de sommeil ;
        Etre vigilant sur ce qui se passe dans les endroits isolés (toilettes, extérieurs);
        Etre vigilant à propos de la circulation ou manipulation de fioles, seringues, poudre ;
        Etre vigilant avec les personnes qui semblent suivre ou accompagner des personnes ivres.
         
    En cas de malaise
        En cas de doute conserver la boisson consommée ou le verre vide (afin de pouvoir effectuer des analyses) ;
        Mettre la personne à l’écart et assurer sa protection, ne pas la laisser seule ;
        L’interroger sur son état ;
        La faire raccompagner par une personne de confiance ;
        Appeler le 18 ou le 112 ;
        Appeler la police ou la gendarmerie.

3. Sensibiliser les clients pour réduire les risques de consommer du GHB à leur insu

Avec l’appui de l’UMIH, un flyer à destination du public sera distribué dans les toilettes et vestiaires des établissements de nuit, et les professionnels seront encouragés à proposer des « capuchons anti-drogue ».

Pour ne pas être victime du « trou noir » du lendemain en ayant consommé du GHB à votre insu il est recommandé de :

    Surveiller la préparation de votre verre ;
    Ne pas consommer de boisson dont vous ignorez la provenance ;
    Ne pas consommer la boisson d’une autre personne ;
    Ne laissez pas votre verre sans surveillance ;
    Mettre un cache de protection sur votre verre ;
    D’avoir un œil sur votre ami(e) si vous notez un changement de comportement (ivresse, somnolence) et de ne le/la laissez jamais seul(e) ;
    En cas de doute sur un comportement, d’alerter le personnel de l’établissement ou l’organisateur de la soirée.


Source : https://www.interieur.gouv.fr/actualites/actu-du-ministere/ministre-deleguee-marlene-schiappa-presente-ses-mesures-pour-proteger
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Ambulanciers / Ambulanciers : définition de la rigueur
« Dernier message par Jeano 11 le 05 mars 2022, 09:44:38 »
Pour commencer cet article dédié aux ambulanciers et la rigueur qu’ils devraient appliquer sur ses transmissions un petit rappel de la définition pour bien remettre le mot dans le contexte :

    Caractère, manière d’agir de quelqu’un qui se montre sévère et inflexible : Craindre la rigueur d’un tribunal.
    Dureté extrême d’une règle, d’une obligation, d’une action : Morale d’une rigueur excessive.
    Caractère de ce qui est dur à supporter, et notamment des conditions atmosphériques : Froid d’une rigueur exceptionnelle.
    Caractère de quelqu’un, de quelque chose qui se distingue par une exactitude, une logique, une précision parfaites : Rigueur d’une argumentation.

Ayez un peu de rigueur dans vos transmissions les ambulanciers !

On en a déjà parlé dans le passé : lors des transmissions au SAMU-Centre 15 ou à l’équipe du plateau technique hospitalier, soyez rigoureux dans vos transmissions. Ne serait-ce que pour éviter d’avoir l’air con et de faire passer toute la profession pour un ramassis de cons.
Il y en a assez comme ça dans le PAF (Paysage Ambulancier de France) sans en rajouter… Oui-oui, j’ai classé cet article dans la catégorie “Porte-couille” aussi.
Parce que beaucoup d’ambulanciers, même DE, continuent de faire des transmissions comme un bœuf te chie sa bouse matinale dans la pimpante rosée de l’aube fraîche…

Entendu:

« La madame, elle a fait caca du sang noir qui pue vraiment beaucoup ! Et alors sa tension hein, dans les chaussettes ! »

Devant une Infirmière d’Accueil et d’Orientation… On peut donc imaginer que le bilan transmis au SAMU aura été du même niveau, et que le PARM ou le MR se seront bien fendu la gueule en pensant à cette connasse d’ADE qui se la pète mais qui ne sait pas parler le langage “Ambulancier”…

Oh, ça n’aura empêché aucun professionnel d’y voir là le tableau clinique d’un méléna, on est d’accord. Ce qu’elle voulait probablement dire et écrire sur sa fiche devait être un truc du genre « Rectorragies, selles noires, goudronneuses, nauséabondes, avec une PA Systolique à “x” mmHg »
Mais enfin, « La madame, elle a fait caca du sang noir… », franchement, ça fait pas vraiment professionnel pour des gens qui se réclament de professionnels de la Santé. C’est très drôle pour le ou la malheureux(se) qui lit ça, IDE, Interne ou Praticien Hospitalier, mais bon, l’humour sur un méléna…, c’est limite, pas vrai ?
Professionnels de la Santé ?

Lu aussi sur une fiche de liaison ambulancière

« La madame se plaint d’une douleur localisée à gauche… » – Véridique !!!

Ouais, elle se plaint de quel type de douleur ? Loca-quoi ?
A gauche de quo i: de la Tour Montparnasse ? De son rétroviseur ? A gauche de son bras ? A gauche de sa tête ?

Je t’explique ce qu’elle voulait dire, cette simili-ambulancière diplômée d’état :
« Douleur à type coup de poignard, localisée hypocondre gauche… »

Entendu, encore – et inscrit sur la fiche de liaison

« Le monsieur, il a très mal la tête ! »

… Ouais, il a une putain de céphalée, quoi !
En revanche, pas de chiffrage sur l’EVA, pas de notion des circonstances d’apparition de la douleur, de sa durée, de son “trajet”…
RIEN. Même pas le fondamental : la prise d’une tension artérielle !

Source https://www.ambulancier-lesite.fr/ambulanciers-rigueur/?fbclid=IwAR1IU-K5saTV75Drp86kp_QY1OCNBpSONn4E534vPlR5COVI3ruPx5vGqns
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Gendarmerie Nationale / Re : Des Cybergendarmes ....
« Dernier message par Jeano 11 le 02 mars 2022, 11:28:07 »
Cybercriminalité : techniciens et enquêteurs au service du terrain.


Sur le haut du spectre des enquêtes liées à la cybercriminalité ou impliquant des preuves numériques, les unités de gendarmerie peuvent s’appuyer sur les experts du pôle judiciaire. D’un côté, le département Informatique-électronique (INL), qui entre en scène dès lors que l’analyse technique d’un support requiert une expertise ou un matériel spécifique. De l’autre, le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), qui allie capacités d’investigations judiciaires et de renseignement criminel.

Créé en 1992, au sein de la division criminalistique ingénierie et numérique de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), le département Informatique électronique (INL) couvre l’ensemble des domaines d’expertise liés à la preuve numérique. Ses experts traitent ainsi tous types de supports, en particulier les disques durs et les téléphones portables. Assurant des expertises judiciaires et des examens scientifiques au profit des magistrats et des enquêteurs, le département est également en mesure de fournir une assistance aux unités, sur le terrain ou à distance, lors de perquisitions ou d’auditions en milieu complexe. « Nous travaillons quotidiennement avec les NTECH (enquêteurs en technologies numériques). Parfois, les constatations et expertises relèvent d’une certaine complexité. C’est à ce moment-là que nous intervenons », explique le chef d’escadron Cyril Debard, commandant le département. Un téléphone portable cassé, un déchiffrement impossible, et l’enquête risque de se retrouver au point mort. Les spécialistes de l’INL sont dotés de savoir-faire, d’outils et de performances particulières, qui leur permettent alors d’apporter des solutions.
Une collaboration interservices

Sur le plateau d’expertise de l’INL, à Pontoise, ces enquêtes donnent lieu à un véritable travail d’équipe. « On se retrouve souvent à trois ou quatre départements pour enquêter sur un même dossier, souligne le CEN Debard. C’est essentiel, car si, par exemple, je touche un téléphone portable, je peux compromettre l’expertise de l’équipe de biologie-génétique. Comme eux pourraient m’empêcher d’enquêter en trempant l’objet dans un liquide lors d’une analyse. »

Les outils numériques, et plus largement la technologie, évoluent sans cesse. Un haut niveau de qualification est donc attendu des vingt-deux personnels de l’INL. Les ingénieurs et les techniciens sont ainsi astreints à une remise à niveau permanente et à une veille technologique constante. Chaque année, ils suivent des formations au niveau national et international pour garder un haut niveau d’expertise.

En plus de leur travail quotidien, ces experts contribuent également à la formation des gendarmes NTECH. « En parallèle avec le centre national de formation à la police judiciaire, nous donnons des cours techniques aux Ntech. Chaque année, 20 à 25 personnels sont ainsi formés, précise l’officier. Depuis 2018, nous organisons par ailleurs quatre sessions d’une semaine de stage de perfectionnement à Pontoise. Ces cours permettent aux gendarmes Ntech de se remettre à niveau dans ce domaine où tout évolue très vite ». En 2017, plus de 370 dossiers ont été réalisés, portant sur 60 téraoctets (60 000 milliards d’octets) de données et des centaines de supports électroniques. En novembre 2018, on comptait 298 dossiers traités depuis le début de l’année.
Gendpass : un outil au service des gendarmes

L’essor de l’Internet des objets et de ses applications représente autant de défis à relever que d’opportunités à saisir en termes de prévention, de détection et d’actions dans les domaines de l’investigation et du renseignement. Innover aujourd’hui, c’est mieux protéger les Français demain. Cette volonté d’innovation est ancrée au cœur de l’INL, auquel on doit notamment des produits comme Gendexif, Gendextractou encore Gendpass.

L’exploitation des données numériques étant rendue de plus en plus difficile en raison de l’utilisation quasi systématique d’algorithmes de chiffrement des données, l’INL a créé Gendpass, une plateforme de déchiffrement pouvant être utilisée par tous les gendarmes. Parmi ses nombreuses fonctionnalités, on retrouve le déverrouillage des systèmes d’exploitation Android, le déchiffrement de smartphones sécurisés, mais aussi, dans un autre domaine, l’ouverture de conteneurs cryptographiques de type coffre-fort (trueCrypt…) et l’analyse d’applications chiffrantes. « Cette plateforme de cassage de mots de passe est accessible et disponible à tous les gendarmes, H24 7J/7. Ils nous envoient leurs problématiques de déchiffrement par lien sécurisé et nous leur faisons parvenir le résultat si une réquisition est envoyée à la suite », détaille le CEN Debard.
C3N : investigations et renseignement

Aux côtés de la division criminalistique ingénierie et numérique, sur le haut du spectre de la lutte contre la cybercriminalité, on trouve également, au sein du service central de renseignement criminel, le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N). Cette unité d’investigation cybercriminelle sillonne la toile pour lutter contre les cybercriminels et détecter les phénomènes émergents.

Le C3N est ainsi chargé d’assurer le pilotage et l’appui spécialisé de l’action de la gendarmerie contre les criminalités numériques, de mener ou d’appuyer les investigations d’ampleur nationale ayant trait à la cybercriminalité, et de réaliser des recherches sur l’Internet, pour y détecter et collecter les preuves des infractions qui peuvent y être commises. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les gendarmes de terrain. Ce sont d’ailleurs eux qui nous saisissent la plupart du temps. Nous faisons clairement de l’appui technique à l’enquête, explique le colonel Cyril, commandant en second du C3N. L’unité intervient sur des dossiers d’ampleur, parfois les mêmes que l’INL, telle l’affaire Maëlys. « Nous travaillons en co-saisine avec les unités de recherches, notamment sur les trafics sur le darkweb », précise l’officier.

Dans le cadre de sa mission d’enquête judiciaire, le C3N travaille aussi d’initiative. Dotés d’une compétence nationale, ses enquêteurs sont notamment formés à l’enquête sous pseudonyme. Ils utilisent également des logiciels élaborés leur permettant d’investiguer sur l’ensemble des vecteurs (web classique, darkweb, réseaux sociaux, jeux vidéo connectés, etc.) Les champs infractionnels prioritaires auxquels le C3N se consacre sont les ventes illicites en ligne (armes, stupéfiants, faux documents, données personnelles détournées, etc.), les atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données (attaques en déni de service distribué, vols de données, ransomwares, etc.) et les atteintes aux mineurs. « Occasionnellement, nous apportons un appui spécialisé lors d’importants déploiements de la gendarmerie au niveau national, en participant au recueil précoce et à l’analyse des données en ligne », décrit le colonel.
Un travail d’équipe

Afin d’harmoniser le travail du terrain, le C3N anime le réseau d’enquêteurs spécialisés Cybergend, qui forme une chaîne globale et cohérente de 4 500 gendarmes. Il diffuse ainsi une méthodologie commune et valorise les bonnes pratiques. Il contribue à définir les politiques de formation et d’équipement des militaires de la gendarmerie en matière cyber, et à harmoniser les outils et méthodes de travail (manuel des opérations NTECH). Il administre également le site intranet Cyber-Aide (8 000 fiches pratiques, 5 000 visiteurs distincts par semaine), le forum des enquêteurs spécialisés, ainsi qu’une liste de diffusion par courriel.

Enfin, parce que dans le domaine du numérique, peut-être plus que dans aucun autre, l’avancée technologique est primordiale, la cellule recherche et développement du C3N élabore des outils d’investigation pour son propre usage, pour les NTECH, les enquêteurs sous pseudonyme ainsi que pour les unités territoriales.

Source : https://www.gendinfo.fr/dossiers/la-menace-cyber/Cybercriminalite-techniciens-et-enqueteurs-au-service-du-terrain


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Gendarmerie Nationale / Re : Des Cybergendarmes ....
« Dernier message par Jeano 11 le 02 mars 2022, 11:21:28 »
Les gendarmes français de 'IRCGN offrent leurs services de déchiffrement aux polices européennes.
Un leadership qui prouve le savoir-faire de pointe des gendarmes français.
Ce projet ambitieux, dénommé Cerberus, est porté par les gendarmes du département INL (Informatique électronique) de l’IRCGN.
Ces cracks de l’ingénierie sont à l’origine de ce projet de recherche européen qui devrait faire du bruit. Financé par le fonds de sécurité intérieure de la Commission européenne, il doit en effet permettre de mettre à disposition des polices du Vieux continent le savoir-faire des gendarmes français en matière de déchiffrement. Certes, il existe bien déjà un service de cassage de mots de passe offert par Europol, mais celui des gendarmes français devrait être plus accessible.

Un investissement estimé à 2,6 millions d’euros

Les trois gendarmes français mobilisés sur Cerberus ne se transforment pas en prestataires pour rien. Cela permet de mutualiser l’investissement, estimé ici à 2,6 millions d’euros. Un coût qui aurait sans doute été trop lourd à porter pour le seul IRCGN. Au contraire, le financement par l’Europe est somme toute assez modique au regard des enjeux. Un téléphone ou des fichiers chiffrés peuvent en effet retarder ou entraver sérieusement des enquêtes. ″Il ne faut pas manquer le virage de la cryptographie″, prévient le chef d’escadron Lionel Prat, le porteur du projet.

Pour convaincre ses partenaires européens d’investir à Cergy-Pontoise, les gendarmes ont mis en avant les très bons résultats de Gendpass. Lancée en 2015 par la Gendarmerie, cette plateforme de décryptage compte plus de 500 réponses positives à des services enquêteurs. Soit autant de mots de passe déchiffrés permettant l’avancée d’enquêtes. ″Dans de nombreuses affaires ultra-médiatiques, Gendpass a permis de faire aboutir des enquêtes″, assure Lionel Prat.

Pour l’heure Cerberus est encore en construction. Les gendarmes viennent tout juste de réceptionner le matériel acheté pour leur nouvelle arme logicielle anti-cryptographie. Dans une salle de serveurs de Cergy-Pontoise, le siège du pôle judiciaire de la Gendarmerie, des cartes vidéos attendent d’être branchées. Installées massivement pour des calculs parallèles, elles permettront de casser le mot de passe à partir de son empreinte chiffrée. Un matériel informatique utilisé en raison de la similitude des opérations de calcul entre opérations graphiques et de recherche d’un mot de passe.

Pour retrouver le mot de passe des criminels, la méthode des gendarmes français allie force brute et astuces. La plateforme logicielle de décryptage utilisera des dictionnaires de mots de passe connus, qu’elle essayera à la chaîne. Il existe également des listes adaptées en fonction du contexte, comme par exemple le trafic de stupéfiants. Certains algorithmes cryptographiques sont moins robustes que d’autres et permettent de tester plus de à la chaîne. Au contraire, les opérations sont plus lentes avec par exemple le backup d’iTunes.

Entièrement automatique, Cerberus, accessible dans un cadre judiciaire, devrait allouer des quotas de mots de passe décryptés par police. La plateforme doit être également capable de gérer les priorités. Par exemple, en cas de séquestration ou d’enquête terroriste, le programme doit pouvoir arrêter des calculs pour en entamer des nouveaux.

La coopération européenne sur le déchiffrement ne se limitera pas toutefois à la seule plateforme logicielle. Les gendarmes français devraient aussi partager leur savoir-faire en hardware, comme le désoudage de composants. Les contours de cet aspect de l’entraide ne sont toutefois pas encore précisément définis. Les polices européennes devront-elles venir à Cergy-Pontoise ou les gendarmes leur dévoileront-ils leur méthode ?

Gabriel Thierry.  https://lessor.org/a-la-une/les-gendarmes-francais-offrent-leurs-services-de-dechiffrement-aux-polices-europeennes
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Gendarmerie Nationale / Re : Des Cybergendarmes ....
« Dernier message par Jeano 11 le 02 mars 2022, 11:15:08 »
Le  coup de maître des cybergendarmes contre le réseau téléphonique EncroChat devrait avoir d'importantes répercussions judiciaires dans toute l’Europe.

Le  coup de maître des cybergendarmes contre le réseau téléphonique devrait avoir d'importantes répercussions judiciaires dans toute l’Europe.

Dans un communiqué commun, les autorités néerlandaises et françaises, sous la houlette de l’agence européenne Europol, viennent d’annoncer le démantèlement d’un réseau téléphonique chiffré, EncroChat, très prisé par les réseaux criminels. Le résultat des policiers néerlandais et des gendarmes français est en effet impressionnant. Le démantèlement de ce réseau a déjà boosté près de 300 enquêtes aux Pays-Bas. La justice batave a ainsi mis la main sur 8 tonnes de cocaïne, démantelé 19 laboratoires de drogues synthétiques et saisi près de 20 millions d’euros.

La justice française n’a pas donné de chiffres. Mais elle précise que les investigations ont permis la surveillance de communications de milliers de criminels, "aboutissant à l’ouverture de nombreuses procédures incidentes". Ailleurs en Europe, au Royaume-Uni, en Suède et en Norvège, les enquêteurs ont également obtenu de très bons résultats sur des enquêtes liées au trafic de stupéfiants ou à des activités criminelles violentes.
Les gendarmes face à EncroChat

Un spectaculaire coup de filet à mettre en très grande partie à l'actif des cybergendarmes français. Plus précisément, ce sont les gendarmes geeks de Cergy-Pontoise qui sont à créditer pour ce travail remarquable d’investigation. Tout commence il y a trois ans, quand les gendarmes high-tech du très pointu département Informatique électronique (INL) de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) s’aperçoivent de l’utilisation, par des malfaiteurs, de téléphones utilisant le réseau sécurisé EncroChat.
La justice va saisir quelques mois plus tard, le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), alors dirigé par le colonel Jean-Dominique N...., pour enquêter sur ce réseau. Selon nos informations, l'unité a été également alertée sur ce sujet grâce à un travail de renseignement international.

Selon les gendarmes, les téléphones EncroChat coûtent environ 1.000 euros pièce. Sans caméra, sans microphone, port USB ou GPS, ses concepteurs vantaient sa discrétion numérique. Ces téléphones proposaient également des fonctionnalités très intéressantes pour des utilisateurs souhaitant couvrir leurs traces. Elles vont de la suppression automatique des messages à un code PIN destiné à supprimer toutes les données de l'appareil.

Un sacré adversaire pour les gendarmes de l'INL qui se mettent alors en ordre de bataille. Ce travail d’investigation va déboucher sur le projet Cerberus. L’investissement dans cette plateforme de décryptage, d’environ 2,6 millions d’euros financé par l’Europe, s’avère aujourd’hui payant. Une somme nécessaire pour par exemple acquérir des cartes vidéo. Les gendarmes en ont besoin pour leur force de calcul nécessaire au cassage de mots de passe. Toutefois, il n'y a pas eu besoin dans le cas d'EncroChat de procéder ainsi.

La belle moisson des enquêteurs

En fouinant dans le code informatique, les autorités ont en effet trouvé une faille dans EncroChat. La solution de communication chiffrée est mise en œuvre depuis des serveurs installés en France. Mais il y a une faille. dispositif technique permettant de contourner le chiffrement et d’avoir accès à la correspondance des utilisateurs", indiquent aujourd'hui les autorités. En clair, elles ont réussi à hacker EncroChat. Qui est à l'origine de cette performance? On ignore cette information.

Le communiqué précise en effet que la conception du dispositif technique est couverte par le secret de la défense nationale. On peut cependant supposer que les informations glanées par les geeks du département INL sur les terminaux ont été précieuses. Sur Twitter, la Gendarmerie rapporte que les gendarmes du C3N ont "cracké" EncroChat, sans toutefois préciser si ce sont bien ces militaires qui sont à l'origine du dispositif technique malicieux. Il s'agit visiblement ici plus d'une formule de style qu'une attribution directe.

Enfin, il est tout à fait possible que les gendarmes aient obtenu une assistance extérieure. Le dispositif technique utilisé par les gendarmes fait appel à la captation de données informatiques. Or il existe justement un service à compétence nationale, rattaché à la DGSI, chargé de ce sujet. Sa mission? Concevoir, centraliser et mettre en œuvre les dispositions techniques mentionnés aux articles 706-102-1, précisément le cadre juridique de l'opération EncroChat.

Quoiqu'il en soit, la moisson pour les enquêteurs va être belle. Si belle qu'il va falloir du monde. Les gendarmes lancent une task force: Emma 95. Elle compte 60 gendarmes! Une très grosse mobilisation, très rare dans une enquête judiciaire. Leur job? Analyser les données et faire les nombreuses investigations techniques et judiciaires. Soit aujourd’hui près de 2.000 pièces de procédure et 360 actes d’appui. La cellule nationale d’enquête est dirigée depuis le C3N. Elle compte également le renfort d’enquêteurs de sections de recherches et des quatre offices centraux rattachés à la Gendarmerie (Oclaesp, OCLDI, OCLTI, OCLCH).

Au niveau européen, la France et les Pays-Bas mettent en place une équipe commune d’enquête le 10 avril 2020. Cette dernière va indique le communiqué commun des autorités policières et judiciaires. Pour une part importante, ces messages ont été lus par les forces de l’ordre en temps réel, à l’insu des expéditeurs."

Cet efficace travail de renseignement a débouché sur des résultats concrets.
Si on ignore les détails de ces opérations, mené désormais sous la houlette des juges d'instruction de Lille, il est mentionné que des attaques violentes, des tentatives de meurtres et des trafics de drogues ont été entravés.
Cette surveillance prend brutalement fin à la mi juin. EncroChat découvre la faille dans son système de communication exploitée par les gendarmes. "Nous ne pouvons plus garantir la sécurité de nos terminaux à cause du degré de sophistication de l’attaque et du code malveillant", écrit l’organisation. Et de préciser, avec un culot d’acier, qu’il s’agit d’une attaque illégale par des entités gouvernementales.

Les gendarmes français vont répondre malicieusement à ce toupet éhonté.
 "En dépit des constatations relatives à l'utilisation criminelle des terminaux Encrochat, les autorités françaises souhaitent que les utilisateurs se disant de bonne foi, qui souhaiteraient obtenir l’effacement de leurs données personnelles de la procédure judiciaire, puissent adresser leur demande au service d’enquête, écrivent-ils. Toute personne se présentant comme dirigeant, représentant ou administrateur des sociétés à l’origine de ce service est invité à se faire connaître et à faire valoir ses arguments auprès des services de gendarmerie à l’adresse suivante: ."

Source : https://lessor.org/a-la-une/le-coup-de-maitre-des-cybergendarmes-contre-le-reseau-telephonique-crypte-encrochat
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