Auteur Sujet: Arnaque au faux conseiller bancaire  (Lu 19551 fois)

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Arnaque au faux conseiller bancaire
« le: 10 mars 2024, 11:04:42 »
Arnaque au faux conseiller bancaire : pourquoi cette escroquerie téléphonique explose en France !

Un appel de sa banque, la suspicion d'une tentative de piratage et un conseiller qui sait exactement quoi faire pour en prémunir son client, voilà comment l'arnaque au faux conseiller bancaire piège des milliers de personnes chaque année.
Focus sur une fraude de plus en plus perfectionnée.

L'arnaque au faux conseiller bancaire est ni plus ni moins que le "phénomène de 2023" selon le site Cybermalveillance.gouv, qui a publié en début d'année son état des lieux des escroqueries en ligne les plus répandues.

Déjà observées en 2022, ces arnaques ont explosé en 2023 avec une augmentation de 78%, selon le site. Jean-Jacques Latour, responsable de l'expertise en cybersécurité sur le site gouvernemental détaille l'ampleur du phénomène. Le nombre de signalements pour ce type spécifique de fraude serait ainsi passé de 1 600 au second semestre de l'année 2022 à 5 000 en 2023. Au total, ce sont 628 millions d'euros qui auraient été subtilisés aux victimes de fraudes au moyen de paiement au premier trimestre 2023 selon la Banque de France.

"Je passe ma vie à faire ça", confirme Me Arnaud Delomel, avocat au barreau de Rennes.

Si de plus en plus de personnes se font avoir, c'est que l'arnaque est de plus en plus sophistiquée. Elle se déroule en deux temps, la première étape est celle d’hameçonnage (également appelé phishing), durant laquelle un pirate informatique met la main sur les données personnelles des victimes. Les messages les plus consultés sont les contenus sur la fausse infraction routière, la fausse infraction à la pédopornographie et le faux support technique.

Puis, vient l'étape de l'appel malveillant au cours duquel l'escroc fait croire qu'une opération suspecte risque d'apparaître sur le relevé bancaire de la victime. La guidant pour "annuler" l'opération avant que le retrait soit effectif, l'escroc l'amène à valider un paiement à l'aide du Secur'Pass, désormais obligatoire sur toutes les applications bancaire, et empoche le pactole.

Une victime suffit à "faire la journée" d'un escroc
"L'escroc il se réveille le matin et il fait son travail d'escroc, il a sa liste de 100 ou 200 clients à appeler. Sur les 200 personnes, si une ou deux tombe dans le panneau, il a fait sa journée. Je ne vous fais pas de dessin, si à chaque fois il prélève 3000, 4000 voire 5000 euros, la journée est faite", commente l'avocat rennais, spécialiste de la défense des intérêts des consommateurs et des particuliers. Ce dernier confirme que l'arnaque peut berner tout le monde: "Aujourd'hui, certains arrivent même à inscrire le numéro de la banque de leurs victimes sur leurs téléphones", détaille Arnaud Delomel.

Une loi datant de 2020 (la loi Naegelen) vise pourtant à encadrer le démarchage téléphonique et à lutter contre les appels frauduleux, elle "oblige les opérateurs téléphoniques à sécuriser leurs numéros", comme l'explique Julien Lasalle, secrétaire de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) à la Banque de France. De plus en plus de SMS et appels sont aussi bloqués ou référencés parmi les potentiels indésirables, une mesure utile, mais qui n'empêche pas les arnaques.

"Tout le monde peut se faire avoir, il ne faut pas penser que seules les personnes faibles sont ciblées, j'ai de toutes les catégories socioprofessionnelles dans mon cabinet", confirme-t-il.

De leur côté, les banques n'hésitent pas à investir pour renforcer la sécurité de leurs systèmes informatiques et informer leurs clients des risques qui existent et des précautions à prendre pour ne pas se faire piéger. L'expert de la Banque de France précise qu'il existe aujourd'hui des "mécanismes de détection" qui permettent d'identifier les transactions suspectes (montants élevés, origine étrangère, dépense inhabituelle pour le client). Enfin, l'authentification forte, c’est-à-dire la saisie d'un code avant chaque paiement a également permis de faire baisser le nombre de fraudes par carte bancaire en 2023.

Source https://www.ladepeche.fr/2024/03/10/dossier-arnaque-au-faux-conseiller-bancaire-pourquoi-cette-escroquerie-telephonique-explose-en-france-11812476.php?M_BT=100111792180#xtor=EPR-1-[newsletter]-20240310-[classique]

Hors ligne Jeano 11

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Re : Arnaque au faux conseiller bancaire
« Réponse #1 le: 10 mars 2024, 11:08:01 »
Arnaque au faux conseiller bancaire : "C'est plus simple que vendre du shit", un escroc raconte les dessous du piratage.

Comment des escrocs peuvent-ils tromper les clients de différentes banques, en maîtrisant le moindre détail de leur adresse et de leur civilité ?
L'un d'eux nous livre les ficelles d'un juteux business, qui séduit des arnaqueurs de plus en plus jeunes.

Au petit jeu des arnaques aux faux conseillers bancaires, les escrocs ne sont jamais seuls à tirer les ficelles.
Si une personne peut se faire passer pour un faux conseiller bancaire, c'est qu'elle a pu se procurer les informations personnelles soutirées, en ligne, par un autre hacker. "Il y a souvent quatre coupables, qui ne se connaissent pas", explique ainsi un homme, qui prétend avoir observé de très près le ballet des faux conseillers bancaires.

La première étape est le "spoofing". Par le biais d'un SMS frauduleux, un hacker parvient à mettre la main sur vos données personnelles. "Le plus courant, ce sont les fausses amendes de stationnement, issues d'une interface reproduisant la plateforme gouvernementale ANTAI à la perfection.
 Pour ne pas payer une amende forfaitaire majorée, les victimes payent en ligne indiquant leur nom, prénom, adresse et livrant également le numéro de leur carte bancaire, sa date d'expiration et son précieux cryptogramme.

Vend coordonnées bancaires sur Internet
Ce sont ces données que le hacker va monétiser sur Internet, et à en croire notre source, les récupérer est un jeu d'enfants et ne coûterait qu'une vingtaine d'euros, sur des groupes privés, en ligne. Un business alléchant qui attirerait de plus en plus de mineurs, bien souvent collégiens, qui voient là une façon facile, et peu chère de se faire de l'argent. "C'est plus simple que vendre du shit", ironise l'arnaqueur. On l'a vu, dans l'actualité, de nombreux jeunes ont récemment été interpellés, soupçonnés d'être à la tête d'un trafic informatique, depuis leur chambre.

En possession des coordonnées personnelles et des numéros de carte bleue, ces pirates ont le champ libre pour piéger leurs victimes et ils savent très bien qui viser. "Si la personne répond au SMS, on sait déjà qu'elle peut tomber dans le piège, on cible les personnes faibles", confie le "spécialiste". Il faut ensuite savoir inquiéter la personne tout en la mettant en confiance, poursuit ce dernier. Dire qu'il y a urgence, mais que si la victime fait ce qu'il faut, il n'y aura aucun problème...

Des virements directs
"Il faut dire que le paiement qu'ils doivent valider sur leur application bancaire n'est qu'une empreinte bancaire, qu'elle permet l'annulation de la transaction, ce qui est faux. Au bout du fil, l'escroc procède au paiement", détaille notre source. Ce dernier révèle même qu'une nouvelle forme d'arnaque se développe, elle permet des virements instantanés sur le compte des faux conseillers bancaires. "On dit que leur compte est infecté et qu'il faut le sécuriser. Ils virent alors leurs fonds sur ce qu'on appelle un livret de sécurité. Mais il s'agit en fait de notre compte bancaire...", explique notre témoin.

"Il ne faut pas imaginer qu'il y a une mafia organisée derrière tout ça", commente-t-il. "Simplement des personnes douées en informatique qui soutirent des données personnelles et d'autres, qui saisissent l'opportunité de les acheter, et de les utiliser".

Source https://www.ladepeche.fr/2024/03/10/arnaque-au-faux-conseiller-bancaire-cest-plus-simple-que-vendre-du-shit-un-escroc-raconte-les-dessous-du-piratage-11810725.php

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Re : Arnaque au faux conseiller bancaire
« Réponse #2 le: 10 mars 2024, 11:10:23 »
L'arnaque au faux conseiller bancaire est très courante. Pour éviter de se faire avoir, il est important de rappeler les conseils à suivre.

S'il ne fallait retenir qu'une seule chose, ça serait celle-ci : ne jamais communiquer vos identifiants bancaires (codes d'accès et codes confidentiels, dont ceux reçus par SMS pour valider une opération) à personne, même à "une personne prétendant être votre conseiller bancaire appelant depuis le numéro de votre agence et connaissant votre identité (nom, prénom, date de naissance, etc.)", précise UFC-que choisir.

Si en théorie, cela est simple, face à une personne qui coche toutes les cases de la confiance, il peut être facile d'oublier cette règle. C'est pourquoi UFC-que choisir rappelle qu'il est indispensable de "garder la tête froide et de raccrocher dès que des informations confidentielles sont demandées" car c'est bien connu, "les escrocs jouent sur la panique".

En cas de doute, il est conseillé de toujours prendre le temps de vérifier les informations auprès de sa banque. Par ailleurs, il convient de rappeler que "si une banque veut bloquer une opération, elle n’a pas besoin de votre confirmation et peut le faire seule".

UFC-que choisir invite également les Français à se méfier des courriels imitant ceux de votre banque ; des liens vers une fausse interface ressemblant à votre compte en ligne ; des numéros de téléphone affichés correspondant à celui de votre banque ; de l’emploi du vocabulaire du domaine bancaire et de la détention d’informations personnelles vous concernant. Même si cela est troublant, un arnaqueur peut avoir acheté ces données personnelles sur le marché noir.

Dans le cas de l'arnaque au faux conseiller bancaire, il est impératif de ne jamais valider des opérations dont vous n’êtes pas à l’origine, même si votre interlocuteur prétexte qu’il s’agit de les annuler.

Source https://www.ladepeche.fr/2024/03/10/arnaque-au-faux-conseiller-bancaire-code-dacces-a-lapplication-de-la-banque-appels-telephoniques-voici-les-conseils-pour-eviter-de-se-faire-avoir-11810614.php