Des feux de végétaux précoces inquiètent les pompiers, ils se mobilisent pour sensibiliser aux risques d'incendie.
Les incendies de champs et de forêts, c'est un problème qui se pose désormais de plus en plus tôt dans la saison. Dès la fin du mois d'avril, on observe plusieurs feux de végétaux. Les pompiers de la Seine-Maritime se préparent à intervenir le plus vite. Explications.
Ce sont souvent des incendies impressionnants qui peuvent prendre beaucoup d'ampleur, il s'agit des feux de végétaux en période estivale. Ce printemps 2026, les pompiers de la Seine-Maritime sont déjà sortis plusieurs fois pour ce type d'incendies. En cause notamment, la sécheresse des sols par manque de pluie.
90 % des incendies sont d'origine humaine
Le 25 avril 2026, près de deux hectares de forêts sont partis en fumée près de Rouen. Une enquête est en cours pour connaître les causes du départ de ce feu dans un espace naturel. Quatre jours plus tard, les flammes, visibles de loin, ont ravagé un champ de miscanthus, dans le pays de Bray : près de 20 hectares brûlés à Grigneuseville. Le feu serait parti d'un engin agricole.
C'est accidentel, l'incendie est parti lors de la récolte avec la machine : avec un vent à 60 km/heure et des cultures de 4 mètres de haut, les flammes ont atteint 8 mètres de haut, s'est allé très vite. La première réaction, c'est 10 ans de travail qui partent en fumée.
Laëtitia Dehosse - Exploitant agricole EARL de Bellevent
Un troisième feu a également touché un secteur de l'agglomération rouennaise, provoqué par l'incendie d'une voiture à Saint-Etienne-du-Rouvray. Les pompiers le rappellent, "le feu ne s'allume pas tout seul, 90 % des feux de forêt sont d'origine humaine".
Des feux plus précoces dans la saison
Ce printemps, la Normandie est touchée par une sécheresse. Selon le site InfoSécheresse : la Seine-Maritime est en "sécheresse modérée" et les quatre autres départements de la région en "grande sécheresse". En cause, les faibles précipitations du mois d'avril, associées à de fortes chaleurs pour la saison, le végétal se dessèche plus vite.
Les pompiers constatent les conséquences du réchauffement climatique. À Petit-Couronne, lors du feu de forêt, " il est parti du sol et s'est rapidement propagé à la végétation morte".
Le feu est parti du sol et s'est rapidement propagé à la végétation morte mais également avec un début de propagation à la végétation vivante. Le végétal se déssèche et présente un risque d'inflammabilité accrue.
Samuel Perdrix - Responsable Feux de forêts et espaces naturels au SDIS 76
Des moyens déployés au plus près des terrains agricoles
En 2019, près de 600 hectares sont partis en fumée, dans l'Eure et la Seine-Maritime. Les pompiers décident alors d'adapter leurs réponses face à la sécheresse. Les Services d'Icendie et de Secours (SDIS) sont désormais en lien avec les réseaux agricoles.
"On a établi une communication avec la chambre d'agriculture pour croiser les indicateurs de risques de feux et les activités agricoles. Cela nous permet de positionner par avance des moyens sapeurs-pompiers au plus près des activités agricoles en période de risque " détaille Samuel Perdrix.
Partenariat ONF et Pompiers
En parallèle, les pompiers se rapprochent également de l'ONF (Office National des forêts) pour profiter des compétences de leurs agents. Ils peuvent apporter des précisions sur la meilleure façon d'intervenir sur un feu de végétation. "On apporte des éléments pour qu'ils gagnent du temps", précise un responsable de l'ONF.
On est là pour les épauler. on connait bien le terrain, on repère les accès pour les pompiers, on peut leur détailler le type de végétation présente dans le sens du feu ou encore les points sensibles à protéger, comme des espèces fragiles ou des maisons forestières.
Michaël Boucheny - Coordinateur et référent de la mission défense des forêts contre les incendies ONF
Tous ses professionnels le rappellent : dès le printemps et ce, même en Normandie, les risques d'incendie sont en augmentation. Ils demandent à la population d'être vigilants. Quelques réflexes simples : ne pas jeter son mégot, ne pas laisser son feu en dormance, il risque de repartir avec le vent et ne pas faire de barbecue trop près de la végétation.
Source
https://france3-regions.franceinfo.fr/normandie/seine-maritime/des-feux-de-vegetaux-plus-tot-dans-la-saison-inquietent-les-pompiers-de-la-seine-maritime-ils-se-mobilisent-pour-sensibiliser-aux-risques-d-incendie-3344486.html