Auteur Sujet: Réanimation cardio-pulmonaire  (Lu 10056 fois)

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Réanimation cardio-pulmonaire
« le: 16 août 2010, 14:17:11 pm »
Principales modifications introduites par les recommandations 2005 concernant la réanimation des arrêts cardiaques de l'adulte

Texte issus du site -http://www.cfrc.fr/index.php

A partir du même consensus scientifique établit par un panel d'experts internationaux de l'ILCOR, dans lequel le CRFC était représenté, l'AHA et l'ERC ont publié le 28 novembre 2005 les nouvelles recommandations pour la réanimation de l'arrêt cardiaque (AC) et les urgences apparentées. Les principales nouveautés introduites concernant la réanimation cardio-pulmonaire de base (RCP) de l'adulte figurent ci-dessous. Ces informations sont disponibles sur le site de l'ERC et de l'AHA. Elles modifient sensiblement les pratiques antérieures. Elles vont nécessiter une mise à jour des connaissances aussi bien des professionnels que du public. La nécessité de réaliser une RCP de base de meilleure qualité et de limiter drastiquement les interruptions du MCE pour réaliser d'autres gestes y compris la défibrillation et l'injection de médicaments est le point fort de ces recommandations.

Réanimation cardio-pulmonaire de base

    * La décision de commencer la RCP est prise devant une victime qui ne répond pas et qui ne respire pas normalement. Cette terminologie de respiration anormale est introduite pour tenir compte d'éventuels gasps.
    * Pour réaliser le massage cardiaque externe, les sauveteurs doivent apprendre à mettre en place leurs mains au centre du thorax plutôt que de perdre du temps à utiliser une méthode de repérage à partir de la xiphoïde ou du grill costal.
    * Chaque insufflation de la ventilation d'urgence est réalisée en une seconde et non plus en deux secondes. Cette mesure a pour but de limiter les interférences négatives de la ventilation sur la réalisation du MCE.
    * Le rapport compression/ventilation est de 30:2 pour toutes les victimes d'arrêt cardiaque. Ce même rapport doit aussi être utilisé pour les enfants quand la réanimation est pratiquée par le public. Cette modification a pour but d'améliorer la perfusion myocardique et cérébrale pour lesquelles les interruptions du MCE sont particulièrement délétères.
    * Pour une victime adulte, la RCP de base ne débute plus par deux insufflations mais par 30 compressions thoraciques réalisées immédiatement après que le diagnostic d'arrêt cardiaque ait été porté et l'alerte donnée.

Défibrillation semi automatique

    * Les programmes de défibrillation par le public sont recommandés pour tous les lieux où le risque de survenue d'un arrêt cardiaque devant témoin est élevé. Cette recommandation a pour but de faciliter la défibrillation par le public dans les endroits fréquentés en conjonction avec les secours organisés.
    * Un choc électrique unique, avec une énergie de 120 à 150 Joules pour un défibrillateur biphasique et de 360 Joules pour un défibrillateur monophasique, est délivré Il est immédiatement suivi par deux minutes de RCP ininterrompue, sans vérifier la disparition de la fibrillation ventriculaire (VF), le pouls ou l'apparition de signes de vie. Cette modification s'explique par le potentiel de succès élevé du premier choc avec un défibrillateur biphasique et l'effet bénéfique de la poursuite du MCE juste après le choc.

Réanimation spécialisée

1. RCP avant la défibrillation

    * A l'extérieur de l'hôpital, lorsque les secouristes professionnels prennent en charge un AC dont ils n'ont pas été témoins et qu'ils sont équipés d'un défibrillateur, ils commencent par une réanimation cardio-pulmonaire de 2 minutes (c'est-à-dire 5 cycles à 30 compressions pour deux ventilations) avant de défibriller. Ceci est justifié par une amélioration de la survie lorsque la prise en charge débute 4 à 5 minutes après l'effondrement de la victime, ce qui est en préhospitalier, un délai habituel d'intervention des secours.
    * Il ne faut pas, par contre, retarder la défibrillation au cours d'un arrêt cardiaque à l'extérieur de l'hôpital lorsque les secouristes professionnels en sont témoin. De même il ne faut pas retarder la défibrillation d'AC survenant dans l'hôpital.

2. Stratégie de défibrillation

    * La FV ou la tachycardie ventriculaire (TV) sans pouls reçoivent un seul choc suivi immédiatement par la reprise de la RCP (30:2). Il ne faut pas vérifier le rythme ou chercher un pouls. Après 2 minutes de RCP, on vérifie le rythme et on donne un autre choc s'il est indiqué.
    * L'énergie recommandée pour la défibrillation biphasique est de 150 à 200 Joules. Le deuxième choc et les chocs ultérieurs sont à 150 à 360 Joules.
    * L'énergie recommandée lorsqu'on utilise un défibrillateur monophasique est de 360 Joules pour le premier comme pour les chocs ultérieurs.
    * Lorsqu'il y a un doute entre une asystole et une FV à petites mailles, il ne faut pas défibriller mais au contraire il faut continuer la RCP.

3. L'adrénaline

    * FV/TV : En cas de FV ou de TV persistant après 2 chocs, il faut injecter 1 mg d'adrénaline IV. Si la FV ou la TV persiste, il faut répéter l'injection d'adrénaline toutes les 3 à 5 minutes. Cette place de l'adrénaline est obtenue par défaut de donnée scientifique. La vasopressine n'est ni interdite ni recommandée en raison des résultats cliniques divergents.
    * Rythme sans pouls et asystole : l'injection de 1 mg d'adrénaline IV sera pratiquée dès qu'une voie veineuse est obtenue et réinjecter ensuite toutes les 3 à 5 minutes jusqu'à l'obtention d'une reprise d'activité cardiaque spontanée.

4. Les anti-arythmiques

    * Si la FV/TV persiste après 3 chocs, il faut injecter 300 mg d'amiodarone en bolus. Une dose ultérieure de 150 mg peut être injectée encas de FV/TV réfractaire ou récidivante, suivie par une perfusion de 900 mg sur 24 heures.
    * Si l'amiodarone n'est pas disponible, la lidocaïne à la dose de 1 mg/kg peut être utilisée comme alternative. Il ne faut pas donner de lidocaïne si l'amiodarone a déjà été injectée. Il ne faut pas dépasser une dose totale de 3 mg/kg de lidocaine au cours de la première heure de la réanimation.

5. Thrombolyse pour l'arrêt cardiaque

    * La thrombolyse est indiquée lorsque l'on pense que l'AC est dû à une embolie pulmonaire patente ou suspectée. La thrombolyse peut être envisagée au cours des AC de l'adulte au cas par cas après échec de la réanimation standard chez des patients pour lesquels une cause thrombotique à l'arrêt cardiaque peut être suspectée. Le fait que la RCP soit en cours n'est pas une contre-indication à la thrombolyse.
    * Il faut envisager de continuer la RCP pendant 60 à 90 minutes quand un agent thrombolytique a été injecté pendant la RCP.

6. Réanimation post arrêt cardiaque et hypothermie

    * Les patients adultes, dans le coma, ayant une circulation spontanée après la réanimation d'une FV survenue à l'extérieur de l'hôpital doivent être refroidis à 32/34° C pour 12/24 heures. Une hypothermie modérée peut être aussi profitable pour les patients inconscients adultes ayant une circulation spontanée après la survenue d'un AC à l'extérieur de l'hôpital dû à un rythme non chocable ou un AC survenu à l'hôpital.

La musique peut aider à un massage cardiaque en rythme :
S'aider d'une musique dont le rythme est proche de 105 bpm peut faciliter la réanimation, mais une bonne technique s'impose avant tout.


Ecouter de la musique dont le rythme est similaire à celui qui est recommandé pour le massage cardiaque externe (100 à 120 battements par minute, bpm) peut faciliter la réanimation en pré-hospitalier, selon une étude britannique et australienne [1]. Mais la partition ne fait pas tout : la formation est essentielle pour que le geste soit réalisé dans de bonnes conditions avec une dépression sternale optimale (50 à 60 mm) pour assurer une circulation sanguine.
100-120 compressions de 5 à 6 cm

Les recommandations pour le massage cardiaque ont été actualisées en 2010 par l' « International Liaison Committee on Resuscitation » :
le rythme appliqué doit désormais s'établir à 100 par minutes au moins et la compression sternale doit être égale à un tiers de l'épaisseur du thorax, soit en moyenne 5 cm pour les adultes. Si ces indications semblent simples à enseigner et à réaliser, dans la pratique en pré-hospitalier pour les personnes qui ne disposent que d'une simple formation au secourisme, les gestes de réanimation cardiaque sont rarement effectués de façon optimale.
La majorité des participants étaient des ambulanciers, les autres se divisaient entre étudiants et professionnels de santé. La moitié d'entre eux avaient été formée au massage cardiaque au cours de l'année précédente.

Les participants ont pratiqué sur un mannequin trois séquences de trois massages cardiaques d'une durée d'une minute séparée par une minute de repos et réalisée soit en silence soit en écoutant au casque « Achy Breaky Heart » de Billy Ray Cyrus (rythme 121 beats par minute, bpm), soit « Disco Science » de Mirwais (rythme 105 bpm).

C'est cette dernière mélodie qui a permis de tenir au mieux le rythme recommandé au cours des sessions de massage cardiaque puisque 82 % des participants qui l'entendaient ont effectué de 100 à 120 compressions par minutes contre 65 % sans musique et 64 % avec « Archy Breaky Heart ».

Télécharger le référentiel : ERC guideline 2010… (en anglais) en PJ

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Re : Réanimation cardio-pulmonaire
« Réponse #1 le: 14 novembre 2011, 17:56:15 pm »
Recommandations - ERC 2010 - Principales modifications concernant la réanimation des arrêts cardiaques de l'adulte

Les recommandations 2010 de l’European Resuscitation Council (ERC) ont été publiées lundi 18 octobre 2010 pour cinq ans. Vous pouvez les télécharger (en anglais) sur le site de l'ERC guidelines 2010. Les directives présentent quelques modifications par rapport à la dernière révision il y a cinq ans.

Les recommandations ont été remaniées en ce qui concerne l'identification de l’arrêt cardiaque, le secouriste devrait reconnaitre si la victime est inconsciente, ne respire pas ou si elle ne respire pas normalement (le gasp est un mouvement respiratoire inefficace d'origine réflexe, phénomène terminal de l’agonie).
Les compressions thoraciques (MCE) doivent être interrompues le moins souvent possible…

    Plus que jamais les compressions thoraciques pendant l’arrêt cardiaque sont importantes et doivent être interrompues le moins possible.
    La qualité de la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) repose sur la qualité des compressions thoraciques : chez l’adulte, il est souhaitable que les compressions thoraciques aient une profondeur d’au moins 5 cm sans aller au-delà de 6 cm.
    Le rythme des compressions doit être d’au moins 100 par minute, avec un maximum de 120. Les interruptions doivent être minimisées autant que possible. Pour minimiser ces interruptions lors de la RCP, on ne vérifie plus la présence d’un pouls et immédiatement après le choc et on reprend les compressions thoraciques.
    Il est maintenant recommandé de continuer les compressions thoraciques autant que possible lorsque le défibrillateur automatique externe (DAE) est mis en place. Pour cela, pendant que les électrodes sont appliquées sur le thorax, si un deuxième sauveteur est disponible, il continue le massage jusqu’au dernier moment, lorsque le défibrillateur ordonne de reculer pour l’analyse.

La défibrillation… utilisation d'un DAE toujours plus que jamais indispensable

    En raison des preuves indiscutables de l’importance pour la survie de l’utilisation d’un DAE, les recommandations insistent sur l’utilisation des DAE dans le traitement de l’arrêt cardiaque. La poursuite de l'implantation des DAE dans les lieux publics est souhaitable mais aussi dans le domaine résidentiel où 60 à 70 % des arrêts cardiaques ont lieu.
    Les recommandations ne préconisent plus de débuter une RCP, pendant un certain temps, avant de délivrer un premier choc par défibrillation. Si un défibrillateur, qu’il soit manuel ou automatique, est disponible, il faudra immédiatement installer le défibrillateur, lui permettre d’analyser le rythme cardiaque et délivrer un choc, et seulement ensuite réaliser la RCP.
    Mais pendant que le DAE est installé, il faut poursuivre la RCP autant que possible.

La ventilation reste utile…

    Les insufflations restent utiles, notamment dans le cas des enfants, des noyés ou d’autres personnes souffrant d’un arrêt cardiaque ayant des causes respiratoires. Même dans le cas d’un arrêt cardiaque primaire s’expliquant par une arythmie, une bonne RCP doit comporter des compressions et des insufflations.
    Les insufflations doivent interrompre la RCP le moins possible : les deux insufflations doivent être réalisées en cinq secondes (pour interrompre le massage cardiaque externe le moins longtemps possible). Le ratio entre les compressions et la ventilation reste 30:2.
    Si l'on ne peut pas réaliser les insufflations, réaliser au moins les compressions thoraciques est préférable à ne rien faire.

Reconnaître un ACR

    Une victime nécessite une RCP si elle ne répond pas et qu’elle ne ventile pas normalement. Les recommandations insistent sur l’identification du gasp, une manière anormale de respirer, qui est un signe d’arrêt cardiaque et une indication pour commencer la RCP.
    Il est indispensable d’enseigner à reconnaître les gasps comme une indication pour la RCP.

En résumé

Les recommandations 2010 de l’ERC sont :

    interrompre le moins possible les compressions thoraciques ;
    ratio entre les compressions et la ventilation reste 30:2 ;
    rythme de compression de 100 à 120/min ;
    compressions de 5 à 6 cm ;
    pas plus de 5 secondes pour deux insufflations ;
    abandon des deux minutes de RCP si aucun massage n’étais en cours avant une défibrillation ;
    apprentissage de l’identification du gasp…

 

Plus que jamais ces recommandations insistent sur l’importance des compressions thoraciques de qualité pendant l’arrêt cardiaque.

Synthèse proposée par le Dr Didier THIERCELIN

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Re : Réanimation cardio-pulmonaire
« Réponse #2 le: 11 octobre 2013, 10:41:46 am »
DAE, DA, DSA, DEA ?
Quel terme est utilisé pour désigner quel type de défibrillateur ? 

Question préalable : C'est quoi la fibrillation ? http://www.formationparamed.fr/1_ide/1302_gestes/400_defibrillation/001_Defibrillation.htm

Il existe aujourd’hui une grande confusion  sur les termes utilisés pour désigner les défibrillateurs automatisés. Il nous a semblé important de faire le point.
En anglais il s’agit de Automated External Defibrillator (AED), ce qui peut être traduit par Défibrillateur Automatisé Externe. Ce terme est utilisé pour désigner les défibrillateurs semi-automatiques (l’utilisateur presse sur un bouton pour délivrer le choc) et entièrement automatiques (l’appareil délivre le choc).

 Voici les termes qui existent officiellement en France :
• DSA = défibrillateur semi-automatique
• DA = défibrillateur automatisé ou DAE = défibrillateur automatisé externe : termes retenus dans le Guide National de Référence Premier Secours en Equipe (GNR PSE, document de travail téléchargeable sur le site du ministère de l'intérieur).
Ce document précise que les défibrillateurs automatisés externes regroupent les défibrillateurs semi-automatiques et les défibrillateurs entièrement automatiques. Ce terme est également retenu par le minitère de la santé dans le décret du 4 mai 2007.
• DA = défibrillateur automatique (sous-entendu entièrement automatique). Cette abréviation est utilisée dans l'arrêté du 3 mars 2006 relatif à l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence.
• DEA = défibrillateurs entièrement automatiques. ATTENTION les canadiens francophones parlent de DEA, ce qui veut dire défibrillateurs externes automatisés…

En conclusion : attention à l'utilisation des abréviations...

Qu’en est-il de la législation française ?

Au niveau secourisme :
Actuellement les DSA étaient seuls cités dans la législation française pour une utilisation par des non-médecins (voir les différents articles sur notre site). Cette spécificité française a disparu au profit du terme défibrillateur automatisé, comme cité dans le GNR PSE. Les défibrillateurs automatisés sont aujourd'hui autorisés pour toute personne non médecin.
La formation Prévention et Secours Civiques de niveau 1 (PSC 1) remplace l’Attestation de Formation  aux Premiers Secours (AFPS) depuis 2007 par arrêté ministériel. Cette réforme vise à faire du citoyen le premier acteur de la sécurité civile.
 En pratique, l’essentiel de la formation reste identique. Quelques modifications ont été apportées aux gestes enseignés, l’évolution majeure étant l’utilisation du Défibrillateur Automatisé Externe (DAE) chez la victime qui ne respire pas.
Les titulaires de l’AFPS sont considérés comme titulaires par équivalence de l’unité d'enseignement PSC 1. Il est cependant fortement recommandé de suivre une remise à niveau surtout que l’utilisation du défibrillateur est incluse dans la formation.

Concernant le personnel de santé et les établissement de santé :
L'attestation de formation aux gestes et soins d'urgence niveau 1 concerne "tout personnel, administratif ou non, voué à travailler (ou exerçant) au sein d’un établissement de santé ou d’une structure médicosociale".
La formation, suivie doit, entre autre "permettre d’identifier un arrêt cardiaque et de réaliser une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) de base avec matériel (défibrillateurs semi-automatiques (DSA), défibrillateurs automatiques (DA)". Cette formation est d'une durée de 12h

Et l’accès public à la défibrillation (PAD en anglais) ?

Pour toutes les expériences de PAD actuellement développées en France (dont la plus importante à Monaco), les formations du public sont basées sur un programme court (3 à 4 heures).
L’AFPS avec plus de 12h de formation n’est pas adaptée à cette situation. Effectivement, de la même manière qu’il n’est pas question de faire suivre au public une formation de pompier pour utiliser un extincteur, le public présent (travaillant) dans un lieu où il y a un défibrillateur doit être formé à l’utilisation de celui-ci, et pas nécessairement aux premiers secours…
Seule une formation courte peut permettre la diffusion des défibrillateurs dans les lieux publiques, comme le recommande l’AHA et l’ERC. Le décret du 4 mai 2007 n'impose pas de formation, mais celle-ci doit cependant être faite aux personnes dont le travail ou l'activité se situe à proximité d'un DAE. Effectivement les DAE ne seront "rentables" que s'ils sont utilisés, une formation courte doit nécessairement être mise en place.
•http://www.interieur.gouv.fr/rubriques/c/c5_defense_secu_civil/c55_autres_acteurs/Secourisme/Formation_continue

Source : http://www.laerdal.com/fr/docid/19413216/DAE-DA-DSA-DEA

Croix rouge : L'arrêt cardiaque - la défibrillation
http://www.croix-rouge.fr/Je-me-forme/Particuliers/Les-6-gestes-de-base/L-arret-cardiaque-la-defibrillation

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Re : Réanimation cardio-pulmonaire
« Réponse #3 le: 07 juillet 2016, 10:06:44 am »
Lorsqu'une personne s'effondre et ne montre aucun signe de vie : elle est en arrêt cardiaque. Dans ce cas, il faut appeler les secours. En attendant leur arrivée, il faut masser le coeur pour oxygéner. Le massage cardiaque est à ce stade indispensable et vital, qu'on ait un défibrillateur ou pas. On peut demander à quelqu'un d'approcher un DAE : Défibrillateur Automatisé Externe.
À quoi sert le défibrillateur ?

Lorsqu'une personne est victime d'un arrêt cardiaque de survenue brutale, le coeur peut être relancé par un choc électrique délivré par un défibrillateur que l'on trouve maintenant partout (trains, avions, lieux publics…). L'objectif est de détecter une fibrillation, c'est-à-dire une contraction anarchique du coeur.

Le défibrillateur automatisé externe (DAE) est un appareil qui permet :

    d'analyser l'activité électrique du coeur de la victime ;
    de reconnaître une anomalie du fonctionnement électrique du coeur à l'origine de l'arrêt cardiaque ;
    de délivrer ou d'inviter le sauveteur à délivrer un choc électrique (information vocale et visuelle) afin d'arrêter l'activité électrique anarchique du coeur.

Le défibrillateur automatisé externe est composé d'un haut-parleur qui donne des messages sonores et guide le sauveteur dans son action, d'un métronome qui rythme les compressions thoraciques du sauveteur (en option) ; d'un accumulateur d'énergie qui permet de réaliser des chocs électriques ; et éventuellement d'un bouton qui permet de délivrer le choc électrique lorsqu'il est indiqué par l'appareil.

Le DAE est toujours accompagné d'une paire d'électrodes de défibrillation pré-gélifiées autocollantes avec câble intégré. Ces électrodes, à usage unique, sont contenues dans un emballage hermétique. Une seconde paire doit être disponible en cas de défaillance de la première.

Une fois collées sur la peau du thorax de la victime, les électrodes permettent de capter et de transmettre l'activité électrique cardiaque au défibrillateur. Elles permettent aussi de délivrer le choc électrique lorsqu'il est indiqué. Plusieurs accessoires peuvent être joints au défibrillateur dont une paire de ciseaux pour couper les vêtements et dénuder la poitrine de la victime, des compresses ou du papier absorbant pour sécher la peau de la poitrine de la victime si elle est mouillée ou humide et d'un rasoir jetable pour raser les poils de la victime.
Comment utiliser le défibrillateur ?

Tout d'abord, il faut ouvrir le défibrillateur et suivre les instructions vocales. Collez ensuite les électrodes : une sous la clavicule et l'autre sous le sein gauche. Connectez le câble. Une fois connecté, le défibrillateur indique qu'il réalise une analyse du rythme cardiaque et qu'il ne faut pas toucher la victime. Cette analyse dure quelques secondes. Il est important de ne pas toucher la victime pour ne pas perturber l'analyse.

Ensuite, il existe deux possibilités :

- Choc recommandé : l'appareil choque ou propose de choquer (suivant qu'il est entièrement automatique ou semi-automatique) ; il faut alors appuyer sur le bouton qui clignote. Surtout ne pas toucher la victime.

- Choc non recommandé : il faut alors reprendre le massage cardiaque.
Peut-on utiliser un défibrillateur chez un enfant ?

En cas d'urgence, tous les DAE peuvent être utilisés sur les enfants, bien que certains soient mieux adaptés que d'autres. D'après les règles édictées par l'ERC (European Resuscitation Council), un défibrillateur automatisé externe peut être utilisé efficacement et en toute sécurité chez les enfants à partir de un an.

Il est fortement recommandé d'utiliser des "électrodes pédiatriques" pour les enfants entre 1 et 8 ans pesant moins de 25 kg. Ces électrodes pour enfants réduisent le niveau d'énergie transmis lors du choc. Si l'appareil n'est pas équipé d'électrodes spéciales, le défibrillateur peut quand même être utilisé chez les enfants de plus d'un an avec les patchs prévus pour les adultes.

Cependant, ces patchs ne sont pas adaptés pour les nourrissons de moins d'un an. À partir de 8 ans, les enfants pesant plus de 25 kg peuvent être assimilés aux adultes et alors les électrodes standard pour adultes suffisent.
Que faire si la victime porte un timbre autocollant médicamenteux ?

Si la victime présente un timbre autocollant médicamenteux sur la zone de pose des électrodes, le sauveteur retire le timbre et essuie la zone avant de coller l'électrode.

Si la victime présente un stimulateur cardiaque (le plus souvent le sauveteur constate une cicatrice et perçoit un boîtier sous la peau, sous la clavicule droite ou est informé par la famille) à l'endroit de pose de l'électrode, le sauveteur colle l'électrode à un travers de main de l'appareil (environ 8 cm de la bosse perçue).
Que faire si la victime se trouve sur une surface en métal ou mouillée?

Si la victime est allongée sur un sol mouillé (bord de piscine, pluie…) ou si son thorax est mouillé, le sauveteur, si possible, déplace la victime pour l'allonger sur une surface sèche. Et si possible, sèche son thorax avant de débuter la défibrillation.

Si la victime est allongée sur une surface en métal, si cela est possible et en se faisant aider si besoin, le sauveteur déplace la victime ou glisse un tissu sous elle (couverture…) avant de débuter la défibrillation.

Mais pour sauver la personne, il faut alerter et masser. Le défibrillateur est la cerise sur le gâteau.

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Re : Réanimation cardio-pulmonaire
« Réponse #4 le: 14 février 2017, 14:23:20 pm »
Quels sont les risques à pratiquer bouche à bouche lors d'un MCE ?

    Lorsque le secouriste doit réaliser les insufflations, il doit nécessairement interrompre le massage cardiaque pendant environ 5 secondes. Or, la perfusion vasculaire cérébrale et la perfusion des artères coronaires alimentant le cœur à ce moment ne sont plus assurées. Il y a donc un risque car la pression artérielle n’est pas continue et donc le cerveau n’est pas préservé.

    Le bouche-à-bouche, augmente la pression à l’intérieur du thorax, ce qui diminue le retour veineux, mais aussi la perfusion artérielle coronaire et le débit sanguin cérébral. Si on comprime le thorax pendant le bouche-à-bouche, cela augmente encore la pression thoracique.

    Beaucoup d’étude mettent aussi en avant que l’on insuffle toujours trop fort et l’administration d’oxygène à haute dose pourrait avoir un effet délétère sur le cerveau. Conserver une saturation en oxygène (SpO2) entre 94 et 98% serait meilleur pour la survie à terme.

    Enfin, il est aussi important de noter que chez de nombreuses de victimes d’arrêt cardiaque, il existe un réflexe initial appelé « gasp » inspiratoire : si la compression thoracique est démarrée immédiatement et continuellement, le réflexe se poursuit, assurant une ventilation aérienne physiologique.

 

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