Auteur Sujet: IRCGN Les sciences de l’analyse criminelle au service des unités de police judiciaire.  (Lu 8776 fois)

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VITRY-LE-FRANCOIS (Marne) Nom : Sassi. Age : 34 ans. Grade : lieutenant. Mission : diriger la brigade territoriale de gendarmerie de la cité rose. Signe particulier : un parcours professionnel bien singulier.

IL n'est pas fils de gendarme et n'a pas rêvé de le devenir ni depuis sa plus tendre enfance, ni arrivé à sa majorité. Mohamed Sassi s'orientait plus vers une carrière dans le privé, en qualité d'ingénieur. Sa formation : un bac scientifique, deux années de classes préparatoires et trois en école d'ingénieur à Grenoble (Enserg - École nationale supérieure d'électronique et de radioélectricité de Grenoble). Rien qui prédestinait Mohamed Sassi à la carrière militaire.

Chez les « experts »

Sauf qu'au fil de rencontres avec des copains de promotion, à l'issue de son école d'ingénieur, voilà le jeune homme bien tenté par cette voie et notamment par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). « En discutant avec des amis qui en faisaient partie ou qui étaient passés par là, j'ai réalisé que mes connaissances scientifiques et techniques pouvaient servir à l'intérêt général et collectif. C'était alors pour moi bien plus important que de réussir une carrière dans le privé avec de hauts salaires… »
Ni une ni deux, Mohamed Sassi tente le concours de l'école des sous-officiers de gendarmerie qu'il réussit et, fait rarissime pour ne pas dire unique, il intègre dès sa sortie d'école l'équipe des « experts » de la gendarmerie, l'IRCGN. « J'étais le premier à suivre cette voie. Généralement, en plus d'avoir une grande connaissance scientifique, il faut avoir réalisé quelques années de terrain pour intégrer l'institut », confirme le jeune homme. Il a alors 28 ans. Et c'est la révélation.

Au service des autres

« Quand je suis requis par un juge d'instruction pour exploiter au maximum une vidéo et ainsi identifier l'auteur d'un braquage par exemple, je ressens la plus grande des satisfactions. Car c'est mettre mes connaissances scientifiques au service de victimes et de la justice. » À l'IRCGN, il intègre précisément le département « signal-image-parole ». Pour les grosses affaires criminelles, il utilise donc toute la technique possible pour apporter des preuves scientifiques.

« Par exemple, pour un gros vol, on peut faire appel à nous afin de travailler sur une vidéosurveillance dont la qualité est mauvaise. Nous allons tout faire pour la rendre bonne et ainsi permettre l'identification de suspects. » D'autres activités se sont greffées à son département : le sondage par radar - « avec un PC embarqué on peut par exemple détecter la présence d'armes ou d'un cadavre dans un mur ou dans le sous-sol » - et la modélisation numérique en trois dimensions de scènes de crime.

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Police scientifique - Présentation de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN)
L'IRCGN sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_de_recherche_criminelle_de_la_Gendarmerie_nationale

Les personnels de la gendarmerie qui travaillent dans la police scientifique n'ont pas, pour la grande majorité, un statut exclusivement réservé aux actes de police technique et scientifique. La gendarmerie dispose cependant d'un institut (l'IRCGN) pleinement consacré à la police scientifique et d'un service technique (STRJD) en charge des fichiers communs à la police et la gendarmerie. Pour chapeauter ces services et dégager des axes de recherche stratégique en criminalistique, une entité baptisée le "pôle judiciaire", a été créée le 1er janvier 2011.
 
Aussi, il existe au sein de la Direction des Opérations et de l'Emploi (DOE), dépendant directement de la DGGN, une sous direction de la police judiciaire apte à gérer toutes les facettes nécessaires au bon fonctionnement et au développement de la police technique et scientifique.

Si autrefois le témoignage et l'aveu suffisaient à emporter la conviction des magistrats et des jurés, depuis quelques années, la "preuve scientifique" est devenue un élément incontournable de l'enquête criminelle.

Tirant parti de cette évolution, la gendarmerie s'est dotée d'une structure qui, s'appuyant sur les techniciens d'identification criminelle chargés de prélever des indices sur le terrain, a été coiffée en 1987 par une unité dont la vocation principale consiste en l'analyse de ces prélèvements. Cette unité est l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), implantée à ROSNY-SOUS-BOIS (Seine-Saint-Denis).

Missions :
L’institut a reçu de la direction générale de la gendarmerie nationale quatre missions principales :
    effectuer, à la demande des unités et des magistrats, les examens scientifiques ou les expertises nécessaires à la conduite des enquêtes judiciaires ;
    apporter en cas de besoin aux directeurs d'enquêtes, le soutien nécessaire au bon déroulement des constatations, principalement par la mise à leur disposition de personnel hautement qualifié disposant de matériels adaptés et spécialisés ;
    concourir directement à la formation des techniciens en identification criminelle et à l'information des enquêteurs ;
    poursuivre dans tous les domaines de la criminalistique les recherches nécessaires au développement des matériels et des techniques d'investigation criminelle.

Recrutement :
La grande diversité des spécialités scientifiques et techniques de l'Institut nécessite un recrutement fortement individualisé parmi les postulants qui doivent non seulement justifier de compétences très ciblées, mais également d'une grande motivation pour le domaine de la " police judiciaire ".
Sont plus spécialement recherchés les candidats possédant un diplôme de haut niveau dans les domaines énumérés précédemment.

Voie militaire :
Officiers :
Des officiers de gendarmerie de carrière ou sous contrat (OSC) et des officiers du service de santé des armées, possédant les compétences nécessaires, sont affectés à l'IRCGN où ils occupent différents postes à responsabilités en adéquation avec leur grades et leurs qualifications.

Sous-officiers :
Les sous-officiers, déjà en poste en gendarmerie, peuvent à tout moment faire acte de candidature pour servir à l'Institut qui les sélectionne en fonction de leurs aptitudes, des besoins et des types d'emplois offerts.

Très exceptionnellement, certains candidats, disposant de qualifications très recherchées peuvent se voir proposer (sous réserve de remplir les conditions et de satisfaire aux sélections exigées) une affectation à l'IRCGN dès leur sortie de l'école de formation initiale des sous-officiers de gendarmerie.
Les modalités actualisées sont disponibles sur le site www.lagendarmerierecrute.fr.
 
Voie civile :
Le recrutement des personnels civils par la voie du concours d'entrée dans le corps des ingénieurs des services techniques (cat A) ou des contrôleurs des services techniques constitue une filière d'intégration à l'IRCGN.
- ingénieur des services techniques (catégorie A)
- contrôleur des services techniques (catégorie B)

Formation :
La formation des personnels de l'Institut est permanente et continue.

En raison de la diversité et de la spécificité des qualifications existantes, ces formations s'effectuent au sein de la gendarmerie (notamment celles touchant directement aux activités judiciaires, réalisées en liaison avec le centre national de formation de police judiciaire de Fontainebleau) ou en partenariat avec différents organismes civils hautement spécialisés (laboratoires, établissements de recherches scientifiques et techniques...).

La formation professionnelle militaire des personnels servant sous ce statut est en revanche exclusivement du ressort de la gendarmerie.

Déroulement de carrière  :
Les officiers de carrière n'ont pas vocation à servir uniquement au sein de l'IRCGN.
A l'issue d'une affectation à l'Institut, ils peuvent ainsi être mutés dans d'autres types d'unités de la gendarmerie. Toutefois, en raison des qualifications détenues, plusieurs d'entre eux reviennent à l'Institut afin d'occuper différentes fonctions d'un niveau de responsabilité supérieure.

Les officiers sous contrat (OSC), recrutés à l'IRCGN en raison de leur expertise, y servent en général jusqu'à leur départ de la gendarmerie.

Les sous-officiers, sous réserve de maintenir le niveau de qualification exigé, peuvent servir de nombreuses années à l'IRCGN, voire même y effectuer toute leur carrière dans certains cas.

Accueil des stagiaires  :
L’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) du Pôle judiciaire de la Gendarmerie Nationale (PJGN) accueille chaque année des étudiants de l’enseignement supérieur dans le cadre de leur cursus de formation initiale scolaire ou universitaire, essentiellement du niveau « Master », pour une durée maximale de 6 mois, à l’exception de ceux qui sont intégrés dans un cursus pédagogique prévoyant une durée supérieure.

Le cadre réglementaire s’inscrit dans la circulaire du 23 juillet 2009 fixant les modalités d’accueil des étudiants de l’enseignement supérieur en stage dans les administrations et établissements publics de l’Etat ne présentant pas un caractère industriel et commercial. Les stages d’une durée supérieure à 2 mois et 40 jours de présence effective font l’objet d’une gratification mensuelle qui s’élevait en 2012 à 436.05 euros.

Les offres de stage proposées aux étudiants sont mises en ligne chaque année au dernier trimestre pour la campagne de l’année civile suivante. Elles sont consultables sur le site www.lagendarmerierecrute.fr rubrique « actualités », « voir toutes les actualités », « stages proposés par l’IRCGN » ou sur le site www.biep.gouv.fr
Les candidats postulent directement auprès du tuteur, responsable du stage, qui étudie et sélectionne les candidatures.

Sources : SIRPA gendarmerie http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/fre/Sites/Gendarmerie/Presentation/PJ/Police-scientifique-IRCGN

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Les analystes criminels du service de renseignement criminel de la gendarmerie nationale (STRJD/IRCGN) apportent leur soutien aux unités de police judiciaire grâce à des outils adaptés aux dossiers les plus complexes.
 L'IRCGN sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_de_recherche_criminelle_de_la_Gendarmerie_nationale
 
L'analyste criminel recueille l’information contenue dans une procédure judiciaire, la décortique, la trie, la croise, l'analyse et la visualise. La restitution  in fine   prend la forme d’une synthèse visuelle, ce qui a pour triple avantage d'augmenter la capacité de mémorisation des données, de servir de support de réflexion, sans jamais perdre le lien avec la référence judiciaire à l'origine de l'information.
 
Les analystes criminels du STRJD mettent au service des unités de PJ des outils d'analyse spécifiques, adaptés aux dossiers les plus complexes. Ils explorent la matière disponible afin de rechercher l’existence d’une information enfouie, permettant de générer de nouvelles hypothèses de travail. Ainsi, ils n'évaluent pas le travail effectué mais tentent d'apporter une solution à l'enquêteur.
 
Les outils d'analyse utilisés s'appuient sur des bases de données relationnelles, des outils mathématiques ou statistiques, des logiciels d'analyse de données, des outils de visualisation, etc... Les restitutions peuvent être écrites, visuelles statiques, visuelles dynamiques ou animées.
 
Les analystes ont développé des compétences spécifiques pour traiter des cas particulièrement chronophages et libérer du temps aux unités d’enquête : l’analyse comparative de cas et l’analyse événementielle dynamique.
L'analyse comparative de cas a pour finalité de mettre en évidence les points de divergence et les points de convergence entre plusieurs dossiers criminels. Le mode opératoire et les informations correspondantes sont alors disséquées en vue d'envisager, ou non, l’éventualité d’un auteur commun.
 
L’événementielle dynamique :     
Particulièrement efficiente dans les dossiers générant dès les premiers jours d’investigations de très grandes quantités de données, l’événementielle dynamique consiste à ajouter deux dimensions à l’analyse événementielle classique : l'aspect géographique ou spatial et le rendu dynamique des événements. Cette analyse permet après quelques temps d’investigations d’asseoir solidement les connaissances du dossier. En fonction du dossier, la restitution finale peut s’effectuer en deux ou trois dimensions.
   
Sources : PJGN-STRJD et PJGN-BEDRE

Quelle est la différence entre un gendarme TIC et un personnel de PTS de la police nationale ?

Un TIC fait partie de la gendarmerie ce qui signifie que son statut, sa carrière, ses obligations, son traitement net et ses droits sont différents de ceux d’un policier scientifique. Les gendarmes sont logés en caserne dans un logement de fonction par nécessité absolue de service et payent uniquement les charges (eau, gaz, électricité). Ils peuvent être amenés à réaliser de nombreuses heures supplémentaires non rémunérées au cours d’une semaine de travail car il sont des militaires disponibles H24.

Tous les gendarmes qui veulent devenir TIC doivent valider l’examen d’OPJ.
La carrière d’un TIC est très différente car celui-ci est avant-tout un gendarme avant d’obtenir la spécificité de TIC. Il doit donc faire sa formation initiale dans une école de sous-officier où il sera formé à être un TICP/APJ (Tic de proximité dans une brigade territoriale départementale), puis postuler par la suite dans une BDRIJ (Brigade Départementale de Renseignements et d’Investigations Judiciaires) voire au poste de TIC dans une unité de recherches (BR ou SR). Un TIC pourra reprendre son travail d’investigation, de maintient de l’ordre, d’assistance et secours et de sécurisation s’il en fait la demande au cours de son évolution en grade.
Un personnel scientifique de la police nationale n’a pas de compétences judiciaires et garde sa spécificité toute sa carrière. Pour travailler dans un laboratoire, un TIC pourra demander à être muté à l’IRCGN de Rosny-sous-Bois (93) alors qu’un personnel policier scientifique de police nationale travaillant en commissariat pourra demander à être muté dans un des six laboratoires repartis sur le territoire national (Paris (2), Lille, Lyon, Toulouse et Marseille).

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La PJ est la Mission essentielle de la gendarmerie nationale qui y consacre près de 40 % de son activité quotidienne, la police judiciaire consiste à rechercher les infractions à la loi pénale, à les constater, à en rassembler les preuves et à en rechercher les auteurs.
Elle est exercée sous la direction et le contrôle des magistrats de l’ordre judiciaire, elle implique les unités territoriales (brigades et communautés de brigades), les unités spécialisées ( sections et brigades de recherche), les brigades départementales de renseignements et d’investigations judiciaires (BDRIJ), les trois offices centraux (lutte contre la délinquance itinérante -OCLDI-, lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique -OCLAESP- et lutte contre le travail illégal -OCLTI-) et les groupes d’intervention régionaux (GIR).

La gendarmerie nationale s'est engagée résolument ces dernières années, dans la lutte contre les nouvelles formes de criminalité, en rapport notamment avec l'utilisation de l'Internet. Cette nouvelle typologie de crimes et de délits a nécessité la mise en place aux niveaux central et territorial de formations et de moyens spécifiques.
La réussite de la montée en puissance de ces unités conditionne grandement la capacité générale de la gendarmerie, en matière de cybercriminalité, à remplir avec efficacité et synergie sa mission à tous les échelons. 

Au niveau central - Dès 1998, la Gendarmerie nationale a identifié l'enjeu que représentent les nouvelles technologies en mettant en place des structures et des formations adaptées :

- Département cybercriminalité du service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD).  Il assure la surveillance du réseau en recherchant les infractions portant atteinte aux personnes et aux biens et relatives à la transmission de données à caractère illicite sur Internet (sites, les " Internet Relay Chat", les newsgroups, les réseaux d'échanges communautaires, le peer to peer).

- Département informatique et électronique de l'institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN).
Il développe des méthodes, des outils et des logiciels permettant de détecter automatiquement des images pédophiles connues ou d'extraire des données.

- Plus récemment, en octobre 2003, la gendarmerie s'est vue confier la charge de mettre en œuvre à Rosny-sous-Bois, le centre national d'images pédopornographiques (CNAIP) en collaboration avec la Police nationale. 
Elle collecte et classe dans une base de données toutes les images (à ce jour plus de 470 000) et vidéos saisies au cours des enquêtes judiciaires, assiste les enquêteurs lors de saisies importantes et effectue des rapprochements judiciaires d'initiative ou à la demande des unités.

- Depuis 2002, la gendarmerie a mis en place une formation spécifique dans le domaine des nouvelles technologies au profit d'enquêteurs spécialisés , dénommés N-TECH, affectés en unités de recherches. Cette formation est dispensée au centre national de formation de police judiciaire (CNFPJ) situé à Fontainebleau. A l'issue de leur formation, les stagiaires rejoignent leur unité avec un matériel spécifique, dénommé " lot enquêteur ".

Au niveau de la chaîne territoriale 

- Les unités territoriales et de recherches : 
Dès lors qu'ils sont confrontés à ce type d'infractions, les enquêteurs des unités territoriales, qui sont des "Brigadiers" généralistes, bénéficient du concours des spécialistes des unités de recherches spécifiquement formés dans le domaine des technologies liées à la cybercriminalité.

Les sections de recherches (SR), traitent des infractions spécifiques concernant les atteintes aux systèmes d'information. S'agissant d'Internet, ces unités ont vocation à exercer une surveillance ciblée du réseau en liaison avec le STRJD.

- Les Brigades Départementales de Renseignements et d'Investigations Judiciaires (BDRIJ) : 
Implantées au chef-lieu du département, elles constituent le pôle criminalistique départemental de la Gendarmerie nationale. La concentration des effectifs de techniciens en criminalistique (techniciens en investigations criminelles, N-TECH, analyse criminelle...) dans ces unités favorise les échanges d'expériences techniques et la pérennisation des savoir-faire et des compétences.

Sources : SIRPA gendarmerie

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Dans les coulisses des techniciens en identification criminelle (TIC).
Gendarme, ils sont techniciens en identification criminelle mais aussi brevetés « montagne ». Les quatre TIC de la cellule en identification criminelle de l'Ariège ont accepté d'ouvrir les coulisses de leur métier à une équipe d'ariegenews.   
Toutes sirènes dehors nous nous dirigeons donc vers Montesquieu Volvestre où la brigade locale a été appelée pour une découvert un cadavre.
Une mort violente selon les premières indications. Un médecin s’est déjà rendu sur place, car l’humanitaire prime sur le judiciaire. A partir du constat de décès, plus personne n’est autorisé à approcher les lieux avant l’intervention de la cellule d’investigation criminelle (CIC). 
 
De leur formation à une intervention sur découverte de cadavre, vous en apprendrez un peu plus sur ces « experts » dans un reportage complet riche en photographies et vidéo.
Retrouvez également l'interview du chef d'escadron Loïc Kervoern, officier adjoint chargé de la police judiciaire, du groupement de gendarmerie départementale de l'Ariège.

TIC, un métier entre archéologue et chimiste  8) « Est-ce un suicide ou une scène de crime, il est encore trop tôt pour se prononcer et dans ce métier il ne faut pas partir avec des idées préconçues ou des a priori sur les faits,  explique le professionnel qui travaille en relation avec la brigade locale (BT) et la brigade de recherche (BR).
Il faut être en capacité de gérer seul la scène du crime et prendre la mesure des choses dès le départ. Bien que tous les éléments factuels concordent pour la thèse d’un suicide, le parquet demande à l'expert un autre regard, plus technique.
Ici cela ressemble à une mort simple, s’il le faut la science va nous aider à éclaircir les zones d’ombres »

Dans le véhicule de l’identification criminelle, GPS, radars, combinaisons, frigo pour conserver les prélèvements et différentes mallettes répondant à des domaines d’investigation très précis : sang, salive, tissus, traces organiques, empreintes digitales, moulages, etc…
Un véritable laboratoire mobile qui facilite la tâche des TIC sur des enquêtes dont certaines peuvent durer plusieurs jours, éloignées de la plate forme d’attache.
Nous avons du matériel adapté à toutes nos missions : des panoplies pour comprendre les incendies, les explosifs, pour faire de l’anthropologie (identification des cadavres par les dents) tous types de moulages […]
Nous devons être en capacité de travailler sur des traces latentes (tout ce qui est visible à l’œil) ou sur de l’infiniment petit (des cellules épithéliales ou de l’ADN) […] on doit être en mesure de manipuler le burin comme le coton-tige ou le microscope électronique, de travailler partout , dans n’importe quelle circonstance, sur n’importe quelle scène de crime.
C’est un métier polyvalent où il faut savoir gratter la planète mais aussi travailler en laboratoire avec du matériel très précis car la science nous aide beaucoup dans nos missions.

Les enquêteurs font remonter les éléments de l’enquête de proximité (témoignages, impressions, odeurs, ressenti) auprès de l’expert, ils ont procédé au gel des lieux afin d’éviter toute déperdition de traces ou indices, recueilli des renseignements sur la victime, une personne âgée morte par arme à feu.
«La présence d’une arme à feu près du corps découvert dans une chambre laisse penser que la victime s’est donné la mort par arme à feu. Les constatations faites sur le corps sont destinées à découvrir des éléments chimiques résultant des résidus du tir (des prélèvements de poudre par tamponnage sont réalisés sur les mains de la victime). 
Le visage est encore reconnaissable, on peut dire que nous sommes sur un tir à bout touchant appuyé sur la tempe. Au moment du coup de feu les projectiles et les fumées de combustion ont laissé une marque reconnaissable (un tatouage), le constat exclut l’intervention d’un tiers.
Nous avons retrouvé des cartouches du même calibre (calibre 14) stockées dans une armoire. La personne était enfermée de l’intérieur dans son domicile.
L’homme avait préparé dans une autre chambre des vêtements de rechange (il avait préparé son suicide) ; on sait qu’il était debout quand il a appuyé sur la gâchette, il y a eu éclatement du crâne au regard des impacts sur le plafond et des projections osseuses et cervicales dans la pièce.
Les éléments matériels ont été collectés. La brigade locale et l’unité de recherche ont fait un environnement : ils ont comptabilisé les faits, les éléments matériels, la situation psychologique dans laquelle la personne se trouvait, généralement c’est à partir de là que l’on trouve l’élément déclencheur provoquant le passage à l’acte.
Ici une personne âgée isolée, sa fille vient de lui apprendre son prochain placement en maison de retraite, l’intéressé ne veut pas partir de chez lui et met fin à ses jours. C’est comme bien souvent un drame de la vieillesse et de la solitude. Malheureusement l’hiver c’est souvent le cas».

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Le pôle judiciaire départemental, regroupe l’ensemble des unités de recherches (brigade de recherche et brigade départementale de renseignements et d’investigations judiciaires).
Il s’affiche désormais comme l’acteur incontournable de l’exercice de la police judiciaire dans le département.
Directement placé sous l’autorité de l’officier adjoint au Cdt de Groupement, en charge de la police judiciaire, la force de ce pôle repose sur deux qualités complémentaires : l’implication de ses enquêteurs et la synergie des moyens.
Parmi les spécialistes de la brigade départementale de recherche et d’investigations judiciaires (BDRIJ), les techniciens en identification criminelle ou TIC qui travaillent au sein de la cellule d’investigation criminelle (CIC).

Mis sur le devant de la scène par les séries américaines qui donnent de ces experts une vision souvent éloignée de la réalité, ces militaires officiers ou sous-officiers de la Gendarmerie nationale sont des OPJ (Officiers de Police Judiciaire) formés au centre national de Formation de la police judiciaire (CNFPJ) de Fontainebleau et à l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Rosny-sous-Bois.
Leur formation se poursuit ensuite de façon continue à raison d’un recyclage de trois semaines tous les cinq ans.
Leur mission est principalement d’organiser les constatations sur les lieux d’un crime ou d’un délit, rechercher les preuves matérielles au travers d’opérations techniques et scientifiques, prélever des indices et les exploiter.
Certains sont plus à l’aise sur les scènes de crime, d’autres avec les nouvelles technologies(NTEC) ou les portraits robots, les empreintes digitales, les armes à feu, les véhicules ou le laboratoire.

Ces experts de terrain sont en général après les coupables, les premiers sur les lieux du crime, ils sont les seuls à pouvoir s’approcher afin d’isoler puis collecter les indices avant les faire «parler» en laboratoire.
Qu’ils travaillent sur un homicide, un cambriolage, un incendie suspect ou criminel, rien ne doit leur échapper. Les éléments d’ambiance, les témoignages recueillis par unités des brigades territoriale ou de recherche, les moindres indices sont passés au crible.
Leurs compétences et leur niveau d’expertise sont tellement importants qu’ils deviennent une référence incontournable dans la prise de décision des magistrats. Il arrive même qu’ils sortent de leur anonymat pour témoigner au cours  des procès d’Assises.

Crash de l'A320 Allemand - Déploiement de moyens modulaires, Shelter et tentes, pour assurer toutes les investigations dans la durée de l'enquête.
L'IRCGN est le seul laboratoire en France à intégrer des activités médico-légales. Il possède également une composante opérationnelle regroupant l'Unité nationale d'investigations criminelles (UNIC) et l'Unité gendarmerie d'identification de victimes de catastrophe (UGIVC).
La renommée de l'IRCGN s'étend au-delà des frontières nationales. Parallèlement, l'activité de médecine légale orientée sur la police scientifique a atteint une notoriété certaine. A ce titre, l'institut s'est vu attribué le rôle d'acteur majeur et principal dans les activités d'identification et les opérations d'autopsie au cours des accidents au sein du ministère de la Défense et en cas de catastrophe impliquant des ressortissants français, dans le monde entier.

L'Unité Gendarmerie d'Identification des Victimes de Catastrophe (UGIVC)

Lors d’une catastrophe de grande envergure, l’identification des victimes est une opération délicate, pluridisciplinaire, qui doit être effectuée avec soin et méthode. Pour ce faire, la France dispose de l’Unité Gendarmerie d’Identification des Victimes de Catastrophes (UGIVC). Celle-ci est une unité de circonstance mise sur pied par l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) qui est en mesure de projeter rapidement sur zone un détachement pour participer aux opérations d’identification des victimes.
http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/ircgn/L-expertise-decodee/Identification/L-Unite-Gendarmerie-d-Identification-des-Victimes-de-Catastrophe-UGIVC

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L'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) est le laboratoire de police scientifique de la gendarmerie, situé à Rosny-sous-Bois en banlieue parisienne.  Un médecin légiste des armées dirige son département Anthropologie-thanatologie-odontologie (ATO).

Le département ATO appartient à la division criminalistique - identification humaine. Il est dirigé depuis septembre 2008 par un praticien des armées, médecin légiste. Ce département est divisé en six unités d'expertise, uniques au sein de la police scientifique française.

L'anthropologie légale étudie les ossements afin d'en déterminer l'origine humaine ou animale, d'en estimer l'âge, le sexe, la race, le délai post-mortem, d'en déduire les traces d'outils.

L'odontologie légale s'intéresse aux dents en vue de préciser l'origine humaine, l'âge, le sexe, la race, certaines habitudes alimentaires, certains corps de métier, un relevé dentaire post-mortem. Elle compare les odontogrammes post-mortem et ante-mortem dans un but d'identification. Elle réalise également le vieillissement facial.

La thanatologie médico-légale comprend plusieurs activités. La reconstitution faciale est opérée par l'unité d'anthropologie. Les autopsies sont pratiquées par les deux médecins légistes de l'institut à l'hôpital d'Evry et sur le théâtre, en cas d'activation de l'UNIC ou l'UGIVC.

La morpho-analyse des traces de sang étudie la forme et la répartition géographique des traces de sang dans le but de déterminer le scénario le plus probable des évènements, la localisation précise des faits et la compatibilité des témoignages. La recherche visuelle concerne les traces de sang visibles, tandis que la détection chimique, à l'aide du BlueStar® notamment, concerne les traces non visibles.

L'activité de biologie aquatique s'occupe d'une part de prouver le caractère réel de la noyade par la recherche d'algues microscopiques, les diatomées, d'autre part d'estimer le délai post-mortem de la submersion par l'étude de la faune aquatique.

L'activité de police scientifique étant en plein essor, l'institut a connu un fort développement.
Ayant débuté avec vingt personnels en 1987, il se compose aujourd'hui de deux cent cinquante personnes.

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Affaire des bébés congelés à Louchats (33) : Des spécialistes de l'institut de recherche criminelle de la gendarmerie et du groupe d'investigation cynophile étaient présents sur les fouilles comment les experts ont travaillé ??
Un mois après la découverte de cinq bébés morts, la mère de famille a été mise en examen pour meurtres et de nouvelles investigations ont été lancées.

De loin, et même de près d'ailleurs, l'engin ressemble à une tondeuse à gazon que l'on déplace sur la terre. C'est en fait un géoradar qui permet d'analyser la configuration du sous-sol. L'un de ces outils a été employé sur les fouilles réalisées à Louchats et Saint-Magne (Gironde), dans le cadre de l'enquête sur l'affaire des bébés congelés.
Cette machine appartient à l'institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), une unité à vocation nationale basée en région parisienne, dont deux agents avaient été spécialement dépêchés en Sud-Gironde pour mener ces nouvelles investigations aux côtés des gendarmes du groupement de Gironde : un expert en police scientifique et un anthropologue judiciaire dont la mission est d'aider à l'identification d'objets pouvant être découverts.

A l'origine, cet appareil est utilisé en génie civil. Son usage traditionnel a été en quelque sorte détourné pour être employé dans des enquêtes judiciaires, depuis plusieurs années déjà.
 
Quelles informations apporte-il et comment fonctionne-t-il ?
Le principe est assez simple : comme un sonar de sous-marin, un émetteur placé sous l'appareil envoie une onde dans le sol qui va rebondir en rencontrant des surfaces plus denses et être détectée par l'antenne du radar. Des paraboles sur l'écran de contrôle indiquent ensuite au "pilote" ces différences de densité et leur profondeur. "Lorsque nous procédons à des fouilles sur un terrain, nous examinons l'ensemble de la surface.
Le géoradar va ainsi nous permettre de détecter des "anomalies", comme des cavités. Il ne nous dira pas ce qu'elles contiennent, mais repérera, par exemple, un endroit où la terre a été retournée. Dans la recherche de corps enterrés, c'est un outil très utile", précise le chef d'escadron Guillaume G..., l'un des deux agents de l'IRCGN à être intervenu sur les recherches de ces derniers jours.

L'anomalie localisée, le relais est alors pris par les chiens du groupe national d'investigations cynophiles de Gramat (Lot), une unité unique en France créée en 2002.
Deux de ses équipes ont été envoyées à Louchats et Saint-Magne, soit deux maîtres chiens et quatre bêtes : des berger allemand, malinois et springer spaniel.
La particularité de ces animaux : leur flair, qui a été entraîné à la détection de cadavre humain. "Leur formation commence à l'âge de 1 an environ et dure jusqu'à leur retraite. Sauf dérogation, ils sont réformés à l'âge de 8 ans", indique le gendarme Frédéric V...., l'un des maîtres chiens présents en Gironde ce début de semaine.

Comment ces chiens sont-ils entraînés ?
Avec, notamment, de la cadaverine, une matière synthétique fabriquée en laboratoire qui reconstitue l'odeur de restes humains. "Sur les recherches de corps, nous croisons systématiquement nos analyses avec le groupement cynophile".

Rompus à la découverte de restes humains, ces chiens peuvent sentir l'odeur de la mort même si elle est ensevelie sous terre. Dans un tel cas, ils marquent puis fixent l'endroit qui n'a, ensuite, plus qu'à être dégagé. Leur intervention a permis de faire progresser plusieurs grosses affaires criminelles. Ce sont ainsi des chiens de Gramat qui ont permis de retrouver la dépouille du jeune Alexandre J..., en 2011, dans le gave de Pau.
Les quatre chiens ont marqué des endroits ciblés par le géoradar à plusieurs reprises, mais n'ont jamais fixé. Dans le doute, les espaces ont toutefois été creusés. Mais aucune nouvelle macabre découverte n'a été faite.
L’institut de recherche criminelle de la gendarmerie a aussi expérimenté un drone assez spécial, dans le cadre de recherches de cadavre, le VAIC, pour vecteur aérien d’investigation criminelle.
Équipé d’un géoradar, le drone (vecteur aérien d’investigation criminelle) envoie des ondes sur le sol, ce qui permet de retrouver les fosses et d’éventuels corps. Il s’agit d’un drone à plusieurs hélices qui peut voler 20 minutes et porter une charge de 1.5 kilos. Les gendarmes l’utilisent associé avec un chien spécialement dressé pour ce genre d’opération.

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Les résultats judiciaires de la gendarmerie progressent d'année en année, cependant ils restent insuffisants au regard de l'activité judiciaire et de sa couverture territoriale (les brigades de gendarmerie couvrent 95 % du territoire et protègent 50 % de la population).

Les activités illicites des délinquants génèrent souvent des gains très importants, particulièrement en matière de trafic : il s'agit de leur motivation principale.  :o
Les malfaiteurs restent dans l'idée que, même punis pénalement, ils retrouveront les richesses accumulées tôt ou tard.  ;D

Partant de ce double constat, une cellule régionale avoirs criminels (CeRAC) a été créée au sein de chaque région de gendarmerie afin faciliter la mise en œuvre de la peine de confiscation et rentabiliser l'action pénale. Vécue comme la peine principale par les trafiquants, la peine de confiscation renforce l'efficacité de la réponse pénale.  :-[
La CeRAC systématise l'approche financière des investigations contre les organisations criminelles  >:(

Pour aider les enquêteur un analyste criminel (ANACRIM) apporte son soutien dans le cadre des enquêtes judiciaires complexes.
Sa formation initiale reçue au Centre National de Formation de la Police Judiciaire de Fontainebleau (77), sanctionnée par un diplôme universitaire délivré par l'Université de Technologie de Troyes (10), lui permet par exemple d'étudier en détail le fonctionnement d'un groupe de malfaiteurs.
Cela conduit les enquêteurs ou les magistrats à mieux le comprendre (lui et son environnement) pour mieux le neutraliser. Cet officier de police judiciaire peut aussi analyser chronologiquement toutes les informations dont dispose un enquêteur afin de l'aider à ordonner les actions criminelles des malfaiteurs.
Ainsi à l'heure des interrogatoires, l'enquêteur peut confronter les déclarations des différents protagonistes d'une action criminelle. Il produit souvent ses conclusions sous forme de tableaux et graphes permettant de clarifier et synthétiser les relations entre individus et moyens, et donc, de mieux comprendre le fonctionnement criminel d'un groupe de malfaiteurs.

Il est en mesure enfin d'étudier des milliers d'informations techniques recueillies par les enquêteurs, afin d'y détecter les failles dont ces derniers ont besoin pour porter plus loin encore leurs investigations.
Enquêteur de police judiciaire de la Gendarmerie, il agit conformément aux dispositions du Code de Procédure Pénale avec une autorisation directe d'un magistrat.

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[VU DANS LA PRESSE] Des os plutôt bavards...  8)

Vous connaissez la série « Bones » ? Une fiction nous direz-vous... oui, en effet en partie. Car, dans la réalité, la France compte des gendarmes qui font, eux aussi, « parler » les ossements. Affectés à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Pontoise, ces spécialistes anthropologues permettent ainsi de résoudre certaines affaires criminelles, anciennes ou contemporaines, avec le renfort d'archéologues, spécialistes des fouilles.
« Entre 200 et 400 corps sont retrouvés chaque année en France, dont 80 % sous forme de squelette. […] Dix à vingt seulement sont le résultat d’un crime », indique le général de brigade François Daoust, commandant de l’IRCGN. Alors, crime ou mort naturelle ? Pour répondre à cette question, les enquêteurs disposent de divers instruments comme le géoradar, qui permet de détecter les anomalies sous le sol, ou encore le flair de chiens spécialisés.

Un peu de culture scientifique : « le principe d’échange de Locard »
Énoncé par Edmond Locard, professeur de médecine légale et pionnier de la police scientifique dès 1920, ce principe pose le constat selon lequel le malfaiteur laisse toujours une empreinte et emporte avec lui des traces du lieu où il se trouvait.

Mais le plus souvent, si on sait globalement où a été enfoui un corps, on ignore l’endroit exact. L’archéologue peut alors faire appel à un ensemble de techniques de recherche. Le géoradar ou radar à pénétration de sol (à micro-ondes et ondes-radio) : cet instrument posé sur roues se pousse comme une tondeuse et permet de détecter les anomalies sous le sol.

Les enquêteurs utilisent aussi des chiens spécialisés, des bergers belges au flair très développé et entraînés pour reconnaître une dizaine d’odeurs cadavériques. « On les “passe” 15-20 minutes sur la scène de crime, on les laisse se reposer pendant une demi-heure, puis on recommence », détaille Christophe Sergent, maître-chien au Groupe national d’investigation cynophile de Gramat (Lot).

Un sujet passionnant sur lequel s'est penché un journaliste de la Croix : http://www.la-croix.com/Actualite/France/Des-archeologues-au-secours-des-enquetes-criminelles-2015-12-31-1398560

Des archéologues au secours des enquêtes criminelles  :P
Une nouvelle discipline, l’« archéologie forensique », fait son entrée au sein des gendarmeries françaises et européennes pour aider à résoudre les affaires criminelles.
La plupart sont des cadavres de guerre, dits historiques, c’est-à-dire dont la date de décès remonte à plus de 30 ans. Parmi les dépouilles « récentes », dix à vingt seulement sont le résultat d’un crime, poursuit l’officier supérieur.
« L’archéologue ou l’archéo-anthropologue a une conception différente »

Pour les chercher, le recours à des spécialistes des fouilles s’est peu à peu imposé. « L’archéologue ou l’archéo-anthropologue a une conception différente de celle de l’enquêteur classique de police judiciaire, que ce soit un gendarme ou un policier, observe-t-on à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Ses recherches et investigations ne s’arrêtent pas au corps, elles s’étendent à la scène dans son ensemble : l’archéologue recueille to données, questionne chacun d’entre eux (même s’ils ne semblent pas a priori être liés au crime), recoupe en permanence tous les éléments du puzzle. »

Plus concrètement, « une des règles élémentaires lors de la fouille d’un terrain susceptible d’abriter un corps est de faire très attention aux limites de la fosse. Très souvent, on y trouve des traces de peinture de l’objet (pelle, pioche) utilisé pour creuser la cavité dans la terre, et donc une piste potentielle pour remonter jusqu’à l’auteur des faits », observe Patrice Georges, archéologue à l’Inrap et commandant de réserve à l’IRCGN.

C’est comme cela, en auscultant à quatre pattes, avec la truelle ou une brosse à dents, les contours d’une fosse d’inhumation dans un site d’enfouissement de fûts toxiques en Bretagne, qu’on a pu retrouver un criminel d’après les traces de peinture laissées par les outils.

L'archéologie forensique  :P
Fouiller une sépulture, qu'elle remonte à la nuit des temps ou à quelques semaines, requiert un véritable savoir-faire : il faut en déterminer les contours, le contenu, identifier les ossements, les indices minuscules qui permettront de dater l'ensemble et de reconstituer toute une chaîne d'actions. En France, la gendarmerie est organisée depuis longtemps pour faire face aux cas de corps enfouis illégalement et dispose d'un service spécial, composé d'archéologues, qui investit les scènes de crime.
http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/ircgn/L-expertise-decodee/Sciences-Medico-Legales/L-archeologie-forensique

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Experts" à la française  :P

Profilages ADN, analyses balistiques, désossages informatiques… Les métiers exercés par les héros de séries américaines existent vraiment au sein de la gendarmerie nationale.
Quatre de ces militaires-scientifiques surdiplômés qui enquêtent sur des meurtres et des crashs en tous genres ont ouvert en exclusivité les portes de leur labo à GQ.
 
Âmes sensibles s’abstenir…  :-[
Ce sont les rois des « cold cases », ces affaires si longtemps insolubles qui rendent fous les enquêteurs. Mais ce sont aussi les spécialistes des situations urgentissimes, homicides hors-norme, crashs d’avion, accidents de la route exceptionnels, ces faits divers dans lesquels les témoignages humains doivent céder le pas aux technologies les plus sophistiquées.
Pour les résoudre, l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), basé à Pontoise, ne recrute que des experts parmi les plus pointus dans leur domaine. Ils sont 274, militaires de la gendarmerie, du service de santé des armées et personnels civils diplômés des grandes écoles (3e cycle, ingénieurs).
Répartis dans quatre divisions criminalistiques (physique-chimie, ingénierie-numérique, identification humaine et biologie-génétique), ils effectuent chaque année 240000 actes de laboratoire.
Rien ne leur échappe : traces biologiques et sanguines, ossements, cadavres, véhicules, objets, projectiles, armes, téléphones, puces, vidéos, algues, explosifs.

Pour les aider, le service central de préservation des prélèvements biologiques stocke, dans un vaste bâtiment de la base de Pontoise, tous les objets souillés d’ADN ramassés sur des scènes d’infraction en France et placés sous scellés : morceaux de jean, sous-vêtements, chaussures, couteaux, sièges de voitures, lambeaux de draps, cordelettes, et même un chocolat Mon Chéri sans la cerise dévorée par un cambrioleur.

Le pôle innovation planche sur des techniques encore plus révolutionnaires : ainsi, les morphoanalyses de l’IRCGN font des recherches avec le CNRS et deux autres laboratoires pour essayer de dater les traces de sang, en prenant en compte la température et l’hydrométrie, suivant les techniques des entomologistes qui parviennent à dater la mort à partir de l’étude des insectes colonisant les cadavres.
Avec ses confrères de la police judiciaire d’Écully, près de Lyon, l’IRCGN est le laboratoire scientifique le plus pointu en France et rayonne même en Europe.
Il ouvre rarement ses portes : GQ a pu suivre quatre officiers de gendarmerie ingénieurs qui, dans le secret de leur labo, mettent leur science au service des juges et des enquêteurs.

Patricia Tourancheau Publié le Mardi 16 mai 2017 http://www.gqmagazine.fr

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La Police Technique Scientifique française dispose de cinq laboratoires de Police Scientifique et d'un laboratoire de Toxicologie.
Les laboratoires sont coordonnés par le centre de l’INPS qui se trouve à Ecully et qui gère également les budgets et les ressources scientifiques.
(Institut national de police scientifique - INPS)
Ecully. Créée en 1985, la sous-direction de la police technique et scientifique nationale a été délocalisée de Paris à Écully le 1er septembre 1996.
Née il y a plus d’un siècle à Lyon, à l’initiative d’Edmond Locard qui créa dans les locaux de la cour d’appel de Lyon le premier laboratoire de police technique et scientifique au monde, la discipline a évolué au fil du temps, se structurant en service (1943) puis devenant sous direction rattachée à la direction centrale de la police judiciaire (1985). Depuis 1996, la SDPTS a élu domicile à Ecully, à l’abri des regards. Elle œuvre dans sept grands domaines de compétences : les constatations techniques effectuées sur les scènes d’infraction, l’analyse des traces et indices au sein des services spécialisés, la gestion des fichiers nationaux d’identification, la gestion de la documentation criminelle, la formation des personnels scientifiques, la coordination des services territoriaux, les échanges internationaux pour toutes les questions relevant de la police technique et scientifique.

La SDPTS anime et coordonne l’ensemble des services territoriaux de police technique et scientifique de France (plus de 1 400 fonctionnaires).
INPS : Expert personne morale agréé par la Cour de cassation, habilité aux identifications par empreintes génétiques, accrédité pour la grande majorité des dossiers qu'il rend, l'INPS a pour mission d'effectuer les examens et analyses scientifiques et techniques demandés par les autorités judiciaires et les enquêteurs de police ou de gendarmerie dans un cadre pénal.

Source http://www.police-nationale.interieur.gouv.fr/Organisation/Etablissements-publics/INPS/Presentation

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AnaCrim, le logiciel d'analyse criminelle qui a relancé l'affaire Grégory  8)
L'affaire Grégory est aujourd'hui relancée grâce aux progrès technologiques.
Les gendarmes chargés des enquêtes les plus sensibles utilisent une méthodologie toute particulière.
Michel Fourniret, Emile Louis, Francis Heaulme et bien d'autres...
Ces prédateurs en série ont un point en commun les liants : AnaCrim. 
C'est le nom de ces experts de la gendarmerie qui travaillent sur les enquêtes complexes  :-[
Leur arme secrète a un nom ; AnaCrim, pour analyse criminelle. :P
Conçu au milieu des années 1990 par la gendarmerie, Anacrim apporte un regard neuf à des enquêteurs, souvent noyés par des milliers de procès-verbaux et des données techniques complexes à traiter (téléphonie, comptes bancaires, multiplicité des auditions de témoins…).

À partir de toutes les données matérielles (lieux, modes opératoires, indices…) et humaines (suspects, témoins) toujours issues de la procédure judiciaire, cet outil permet d’effectuer des recoupements entre plusieurs affaires semblables, tester des hypothèses mais aussi de représenter visuellement l’enquête.

Il apporte « une vision globale de la procédure et permet de distinguer la logique qui se dessine au travers de la commission d’un fait criminel ou délictuel », explique le colonel Didier Berger, chef du Bureau des affaires criminelles (BAC) de la gendarmerie. Près de 400 analystes sont formés à ce logiciel.

« Un regard neuf sur la procédure »
Les analystes criminels travaillent sur AnaCrim dès qu'il s'agit de dossiers volumineux et complexes à réordonner et resituer dans le temps et l'espace, comme le sont typiquement les 'cold cases', ces dossiers qui tardent à être résolus".
L’objectif du logiciel : mettre en évidence des incohérences d’emploi du temps d’un témoin ou d’une personne mise en cause, des contradictions entre certains témoignages et des constatations effectuées par les enquêteurs.

Anacrim « a relancé l’enquête sur la mort du petit Grégory en offrant un regard neuf sur la procédure car, sur le fond, il n’y a pas d’éléments nouveaux », a expliqué une source proche du dossier.
« Comme les investigations récentes de police technique et scientifique sur des dizaines de scellés n’ont pu aboutir, les gendarmes ont décidé une remise à plat du dossier et Anacrim, sous sa dernière version, a permis de démontrer de nouvelles incohérences qui avaient jusque-là échappé aux enquêteurs », :-\

 « Préparer des stratégies d’audition de témoins »

Le Service central du renseignement criminel (SCRC) de la gendarmerie a ainsi reconstitué la chronologie des jours précédant et suivant le crime, de façon à positionner, dans l’espace et dans le temps, l’ensemble des protagonistes et des éléments considérés comme intéressants.

Après ce minutieux travail de relecture et d’analyse, trois membres de la famille, ont été placés en garde à vue, interrogés et mis face à leurs contradictions car Anacrim permet notamment de « préparer des stratégies d’audition de témoins » et surtout « de ne pas passer à côté d’une piste ».
Fréquemment utilisé pour résoudre les “cold cases” qui font l’objet d’une abondante procédure au fil des années, Anacrim a notamment aidé les gendarmes à prouver l’implication du tueur Michel Fourniret dans des faits qui ne lui étaient pas imputés jusqu’alors. Il a aussi aidé à arrêter Emile Louis dans l’enquête sur les disparues de l’Yonne.
« Il est devenu un outil indispensable pour toutes les procédures complexes ou sensibles. Le cerveau humain a ses limites et n’est pas toujours capable d’analyser des faits parfois anodins. Toutefois, Anacrim reste une aide. Il ne fait qu’orienter les soupçons », conclut M. Berger.

AnaCrim un logiciel performant capable de soulever de nouvelles pistes pour les enquêteurs. "Les dossiers criminels sont tellement volumineux, et il y a une masse d'informations tellement importante que le cerveau humain ne peut pas tout ingurgiter et tout mémoriser, sauf le Lt Colombo  ;) donc ce logiciel va être un outil d'aide, il va permettre de montrer du doigt certaines incohérences et permettre de formuler de nouvelles hypothèses de travail qui seront fournies aux enquêteurs", explique le lieutenant Léa J..., chef du département AnaCrim.
Ce service de 360 experts a été créé dans les années 1990, après l'affaire Heaulme.
Ce logiciel est un outil, mais cela reste l'enquêteur gendarme qui interprète les données. Utilisé également dans ce qu'on appelle les cold case, les enquêtes non élucidées. Un logiciel utilisé pour les disparitions de personnes... et le trafic de drogues  ???  AnaCrim à l'origine de nouveau rebondissement : la mise en examen de Marcel et Jacqueline, le grand-oncle et la grand-tante du petit Grégory, les premières depuis trente ans.

 

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