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Gendarmerie Nationale / Re : Des Cybergendarmes ....
« Dernier message par Jeano 11 le 16 juin 2022, 17:28:05 »
Objets connectés : des conseils pour les sécuriser

Caméras, jouets, montres, drones, robots, consoles de jeux… Les objets connectés ont encore été nombreux sous le sapin cette année. De plus en plus populaires, ils soulèvent de nombreuses questions, notamment concernant l’importance des données personnelles stockées sur Internet (profil, environnement, localisation de l’utilisateur, messagerie intégrée…). Comment vous protéger ? GendInfo.fr vous aide à faire le point.

Bien qu'anodins et facilement intégrés dans votre vie quotidienne, la façon dont les objets connectés traitent vos données personnelles n'est pas sans risques. Aussi faut-il rester vigilant sur la façon de les utiliser.
Quels sont les risques ?

L’utilisation mal contrôlée ou non sécurisée de tout objet connecté peut confronter son utilisateur à diverses problématiques. Certains constructeurs ne fournissent pas d’informations claires et complètes sur la collecte, les conditions d’exploitation et de stockage ainsi que la suppression de vos données.

Ainsi, les communications et les données collectées par un objet connecté peuvent potentiellement être utilisées à des fins de ciblage publicitaire ou détournées par un individu malveillant, par exemple à des fins d’escroquerie (moyens de paiement, demandes de crédits), d’usurpation d’identité voire de harcèlement.
La sécurité avant tout !

Il est d’abord primordial de s’informer avant de céder et de passer à la caisse ! Méfiez-vous des objets à bas coût. Un jouet connecté proposé à faible coût peut faire passer la vie privée au second plan et proposer des solutions techniques peu ou mal sécurisées.

Les informations sur les données collectées et leur hébergement doivent être transparentes : les conditions d’utilisation sont-elles en français et compréhensibles ? Les données sont-elles réutilisées à d’autres fins ou transmises à des partenaires ? Les données sont-elles hébergées en Europe ou dans un pays tiers moins disant en matière de protection des données ? Existe-t-il des coordonnées ou une adresse de contact du fabricant pour exercer ses droits concernant les données personnelles ? Peut-on contrôler les données collectées, désactiver certaines fonctions comme la géolocalisation ? Peut-on protéger l’accès à l’appareil et aux services associés (application mobile, site Web) grâce à un mot de passe ou un mode d’authentification complémentaire ?

En cas de doute, préférez un achat physique auprès de vendeurs spécialisés en mesure de vous faire tester et de vous conseiller techniquement. Consultez également les bancs d’essais proposés par les associations de consommateurs, les commentaires des internautes dans les magasins d’application et plus largement sur les forums d’utilisateurs.
Comment protéger vos données personnelles ?

Soyez vigilants sur les possibilités de connectivité offertes par l’objet :

- vérifiez qu’il ne permet pas à n’importe qui de s’y connecter ;
- changez le paramétrage par défaut de l’objet (mot de passe, code PIN, etc.) ;
- sécurisez l’accès au compte en ligne attaché au jouet par un mot de passe fort et différent de vos autres comptes ;
- soyez attentif si vous associez l’objet à des réseaux sociaux ; désactivez le partage automatique des données ;
- vérifiez que l’objet dispose d’un voyant lorsqu’il est en écoute ou en transmission d’informations sur Internet ;
- éteignez-le quand il ne sert pas ou pour éviter de capter des données sensibles ;
Quid si les objets nécessitent un compte en ligne ?

Dites-en le moins possible au moment de l’inscription :

- ne communiquez que le minimum d’informations nécessaires au service (par exemple, utilisez au maximum des pseudonymes au lieu du nom/prénom ; donnez une date de naissance aléatoire si le système a besoin de déterminer un âge) ;
- créez une adresse mail spécifique pour les objets utilisés ;
- sécurisez l’accès au compte par un mot de passe fort et différent de vos autres comptes ;
- avant la mise au rebut ou un changement d’utilisateur (revente, vol, etc.), pensez à supprimer l’association de l’objet avec vos différents comptes ;
- utilisez la fonction « réinitialiser les paramètres d’usine » de l’objet si disponible ;
- enfin, effacer ses données sur le jouet et sur le service en ligne associé lorsqu’il n’est plus utilisé.

© Ministère de l’Intérieur
Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2020/Objets-connectes-des-conseils-pour-les-securiser
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Gendarmerie Nationale / Re : Des Cybergendarmes ....
« Dernier message par Jeano 11 le 16 juin 2022, 17:25:23 »
Officiers scientifiques : « Plus on en aura, mieux ce sera pour la gendarmerie. »

Avec la création du Commandement de la gendarmerie pour le cyberespace, le COMCyberGEND, la gendarmerie est en quête de candidats au profil scientifique, aficionados du numérique. Si un nouveau concours permet d’attirer ces perles rares, les besoins de l’institution sont loin d’être rassasiés.

Au Forum international de la cybersécurité (FIC) de Lille, à quelques encablures de l’imposant stand du ministère de l’Intérieur, s’est installé celui du Centre de recherche de l’école des officiers de la gendarmerie nationale (CREOGN). Situé presque à l’abri des regards, il n’en attire pas moins plusieurs poignées de curieux, principalement des jeunes, désireux d’en apprendre un peu plus sur cette entité.
Les objets connectés, de véritables mines d’or pour les enquêteurs

Face à eux, se trouvent plusieurs militaires, aux profils atypiques. « Nous sommes d’abord gendarmes, et ensuite des scientifiques », résume le capitaine François, commandant du département coordination opérationnelle cyber au Commandement de la gendarmerie pour le cyberespace, le COMCyberGEND.

Mais l’officier est surtout l’auteur d’une thèse intitulée « analyse forensique des écosystèmes intelligents communicants de l'internet des objets ». Il a mis en place « toute une démarche d’identification des équipements connectés présents sur une scène de crime, jusqu’à l’analyse en laboratoire et la valorisation de la donnée. » Son doctorat est d’ailleurs sélectionné pour concourir au prix recherche et réflexion stratégique de la gendarmerie nationale pour son édition 2022.

En clair, pour le capitaine, chaque objet connecté présent sur une scène de crime, de la montre en passant par l’assistant vocal, devient un indice précieux lors des investigations. « D’un point de vue criminalistique, ils permettent d’établir une chronologie des faits et de révéler potentiellement des événements passés. »

Sa méthodologie est d’ores et déjà mise en pratique sur le territoire. Mais les enquêtes étant toujours en cours, impossible pour le capitaine François de nous en dire plus. Toutefois, à l’étranger, plusieurs faits divers ont été élucidés grâce à l’exploitation d’objets connectés. 

En 2017, les forces de l’ordre américaines ont sollicité un géant du Web afin de vérifier les connections et les enregistrements vocaux d’une enceinte connectée, pour un homicide présumé dans l’Arkansas et des violences conjugales au Nouveau-Mexique, rapporte le site 01net. L’année suivante, en Californie, les données de santé d’un bracelet connecté ont permis d’appréhender un meurtrier. Un an plus tard, mais cette fois-ci en Angleterre, le suspect d’un assassinat avait été interpellé grâce aux données de géolocalisation issues d’une montre connectée.

La gendarmerie, nouvel eldorado des scientifiques

Ces affaires ont été résolues en partie grâce au savoir-faire d’enquêteurs au profil scientifique, comme celui du capitaine François. Au sein de la gendarmerie, ils sont de plus en plus nombreux et exercent dans des spécialités aussi diverses que variées, allant de la biologie à l’informatique, en passant par la chimie, la physique, les neurosciences et les statistiques, ainsi que les mathématiques, etc. Au tout jeune COMCyberGEND, un quart des personnels détient d’ailleurs un bac+5 ou mieux, dont sept titulaires d’un doctorat.

Mais comme l’affirmait le général de division Marc Boget, les ressources humaines, notamment dans le milieu cyber, « sont très chères, dures à acquérir et à maintenir. » Un avis partagé par le colonel Dominique Schoenher, directeur adjoint du CREOGN : « C’est un domaine extrêmement concurrentiel. »

D’où la nécessité pour la gendarmerie de rehausser le nombre d’officiers scientifiques dans son recrutement. Au milieu des années 2010, lorsque le capitaine François intégrait l’École des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN), « nous étions quatre scientifiques sur une promotion de 130 », se souvient-il.

Aujourd’hui, « cet écart s’est radicalement réduit pour atteindre la parité », assure le colonel Schoenher. Une augmentation rendue possible par la création, début novembre 2020, d’un nouveau concours ouvert aux étudiants titulaires d’un Master 2 scientifique. De même, les « Classes Prépas Talents » accueillent à présent ces profils pour optimiser leur réussite au concours d’entrée à l’EOGN. « Ce que l’on recherche, ce sont des gens avec une tournure d’esprit scientifique, qui disposent d’un attrait pour les sciences dites dures, afin d’enrichir la culture professionnelle du corps des officiers de gendarmerie. »     
Des besoins loin d’être comblés

Dans le domaine numérique particulièrement, ce besoin de profils scientifiques se fait de plus en plus sentir, en raison de « l’apport des nouvelles technologies dans nos savoir-faire et dans nos pratiques professionnelles », explique l’officier supérieur. Mais ce besoin est encore loin d’être comblé. « La volumétrie (des candidats) n’est pas encore suffisante pour satisfaire l’ensemble des postes. »

D’autant que la gendarmerie doit se préparer à de nouvelles ruptures technologiques, comme elle l’avait fait pour l’ADN par exemple. Et pour cela, elle a besoin de personnels acculturés, disposant d’une approche scientifique, afin de « faciliter la pénétration des nouvelles technologies et leurs usages dans le quotidien des gendarmes. » Au cœur de cette préoccupation, se trouve notamment l’intelligence artificielle, un enjeu essentiel en matière de sécurité.

Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/officiers-scientifiques-plus-on-en-aura-mieux-ce-sera-pour-la-gendarmerie.
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Ukraine : les experts de l’IRCGN sur la piste des criminels de Boutcha.

Dimanche 15 mai 2022, la première équipe de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), détachée en Ukraine pour apporter son expertise aux autorités ukrainiennes en matière d’identification et de recueil de preuves, revenait sur le sol français. Retour sur une mission particulièrement difficile, en milieu dégradé.

Le 1er avril 2022, le maire de Boutcha, au nord-ouest de Kiev, annonce que les forces ukrainiennes ont repris le contrôle de la ville, à la suite du retrait des troupes russes. Le 2 avril, des dizaines de cadavres de civils sont découverts dans les rues.

Les autorités ukrainiennes sollicitent alors plusieurs pays afin d’obtenir des renforts pour l’examen des corps. Le président de la République française, Emmanuel Macron, ayant répondu favorablement à cette demande, la gendarmerie nationale s’est immédiatement mise en ordre de bataille pour se projeter sur place. « Elle en a la capacité, via son Institut de recherche criminelle (IRCGN), explique le colonel Thibaud Fritz, chef de la Division criminalistique identification humaine (DCIH) de l’IRCGN. C’est l’une des forces de l’institut de pouvoir se projeter rapidement, en tout lieu et en tout temps, dans les quatre heures qui suivent une catastrophe. »

Les missions d’identification remplies par l’IRCGN ont été nombreuses ces dernières années, qu’il s’agisse d’accidents aériens, comme celui du Concorde en 2000 ou de la Germanwings en 2015, de catastrophes naturelles, comme le Tsunami en Thaïlande en 2004, l’ouragan Irma en 2017 et la tempête Alex en 2020, ou encore d’attentats comme celui de Nice en 2016. Ces projections se déroulent également dans des zones de conflit, comme au Mali, après les accidents du vol d'Air Algérie, en 2014, et de deux hélicoptères de l’armée de Terre, en 2019.
Éviter la déperdition des preuves et fixer la scène de crime

Pour ce détachement en Ukraine, une équipe de 18 personnels de l’IRCGN est rapidement mise sur pied, composée de médecins légistes, d’experts en ADN et empreintes digitales, de balisticiens, d’experts en explosifs et enfin d’experts en fixation de scène de crime. « Il fallait réagir vite, pour éviter la déperdition des preuves, poursuit le colonel Fritz. La mission revêtait plusieurs aspects. Il s’agissait d’abord de déterminer les causes des décès, puis d’identifier les victimes. Pour cela, nous appliquons un protocole scientifique très strict utilisant les primaires d’identification : l’ADN, les empreintes digitales et les empreintes dentaires (qui n’ont pas été relevées à Boutcha, NDLR). Si ces critères ne sont pas suffisants, on utilise des critères secondaires, comme les tatouages, les prothèses, etc. »

L’autre objectif de la mission était de modéliser et de fixer la scène de crime. « C’est indispensable pour préserver les traces et indices. Cette modélisation en 3D bénéficie d’une précision extrême qui permet de continuer à travailler sur la scène de crime plusieurs années après les faits. Ceci est particulièrement important quand les procédures sont longues. »

Le 11 avril, l’équipe de l’IRCGN est arrivée en Ukraine, avec son propre dispositif projetable d’analyse génétique rapide, le Lab’ADN. Cette innovation de la gendarmerie, utilisée pour la première fois après l’attentat de Nice le 14 juillet 2016, permet aux experts français d’être totalement autonomes, même si ceux-ci ont bien sûr opéré en étroite collaboration avec les scientifiques ukrainiens. « Il y a eu de nombreux échanges, un intéressant partage de connaissances, souligne le chef de la DCIH. L’Ukraine a ses propres méthodes d’identification, mais leurs experts étaient impressionnés par le fait que l’on puisse fournir des résultats en moins de 48 heures. »

Ces résultats sont venus remplir les pages de plus de 200 rapports d’expertise, remis au parquet général d’Ukraine, à charge pour le procureur de les transmettre ensuite à la Cour pénale internationale (CPI) qui enquête également sur ces possibles crimes de guerre.

Formés ante et post mortem

Cette mission d’identification de victimes, qui plus est en milieu dégradé, s’avérait particulièrement complexe et difficile psychologiquement. « Mais nous sommes bien préparés pour cela, témoigne le colonel Fritz. Tous les personnels de l’IRCGN qui font de l’identification de victimes suivent une formation, dispensée par l’Unité d’investigations et d’identification (U2I), que ce soit pour la chaîne post mortem, au contact des corps, et pour la chaîne ante mortem, en relation avec les familles des victimes, afin d’obtenir des éléments de comparaison qui seront confrontés aux données prélevées sur les corps. »

L’officier de l’IRCGN insiste : « Cette formation permet d’appréhender le sujet en amont, pour être prêt le jour J sur le terrain. C’est un facteur important de la réussite de la mission, mais ce n’est pas le seul. Il y a aussi une forte adhésion naturelle aux objectifs de la mission, au fait de se sentir utiles pour répondre aux besoins des familles et de la justice ; une technicité forte qui nous permet de garder une distance et nous protège du contexte particulièrement difficile ; et enfin, surtout, une forte cohésion entre nous, qui fait que, si jamais l’un a une défaillance, on sait que l’autre sera là pour le soutenir. »

Dimanche 15 mai, la première équipe de l’IRCGN a atterri en France, à l’issue d’une mission de cinq semaines. Une autre équipe, composée cette fois de onze gendarmes, a pris le relais pour poursuivre la mission et aider les autorités ukrainiennes à connaître la vérité sur le massacre de Boutcha.

Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/ukraine-les-experts-de-l-ircgn-sur-la-piste-des-criminels-de-boutcha
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Gendarmerie Nationale / Re : Dans la Gendarmerie les femmes ont fait leur nid !
« Dernier message par Jeano 11 le 16 juin 2022, 17:13:20 »
Angélique, première femme chef de détachement prévôtal.
La lieutenante Angélique témoigne de sa mission de courte durée en Centrafrique, où elle a été la première femme chef de détachement prévôtal.

De novembre 2019 à avril 2020, le détachement prévôtal de République centrafricaine (RCA) a été commandé par la Lieutenante Angélique, première femme chef de détachement prévôtal au sein de la gendarmerie. Un an après, à travers une interview, elle nous livre son expérience.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis la lieutenante Angélique, actuellement affectée au sein de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI). De recrutement semi-direct, je suis entrée en gendarmerie en 2007. Après avoir servi en brigade, puis en Groupe d’observation et surveillance (GOS), j’ai intégré l’École des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN) en 2015, à l’âge de 28 ans. J'en suis sortie en 2017 et ai intégré la Section de recherches (S.R.) d'Angers, en tant que commandant de la division délinquance économique, financière et numérique. C’est au cours de ma deuxième année d’affectation que j'ai postulé pour un détachement OPEX.

Pourquoi avoir voulu faire de l’OPEX ?

J'ai grandi dans une famille de militaires, mes parents ont fait de l'OPEX. Petite, dans le bureau de ma mère, je voyais toujours des casiers avec plein de noms de pays. Ça me faisait rêver. Déjà en tant que sous-officier, je souhaitais faire des détachements, mais je n’avais pas assez d’expérience. Alors, lorsque l’opportunité s’est présentée, je n’ai pas hésité. J’ai été retenue pour une mission de courte durée en qualité de chef de détachement prévôtal en République centrafricaine, à Bangui.

Comment vous êtes-vous préparée pour cette mission ?

J’ai effectué un stage de deux semaines à Beynes. C’est à cette occasion, en récupérant mon paquetage, que j’ai appris que j’allais être la première femme officier à partir en OPEX au sein de la gendarmerie prévôtale en tant que chef de détachement. Sacré challenge ! Je ne voulais pas qu’on ne veuille plus envoyer de femmes officiers après mon passage !

Pour revenir au déroulement du stage, nous étions regroupés par détachement, ce qui a permis de créer les premiers liens. On a revu toutes les bases de la formation militaire et nous avons bénéficié de retours d’expérience. Cela a été une très bonne préparation ! Ensuite, deux mois plus tard, j’ai effectué ma mise en condition avant projection avec les militaires du 31e régiment du génie de Castelsarrasin, régiment support de notre mandat. C’est là que j’ai vraiment pris la mesure du rôle de prévôt. Ils sont énormément respectés. L’appréhension que j’avais d’être « seulement » lieutenante au milieu des officiers supérieurs a alors disparu. J’ai vite compris que le grade importait peu et que c’était la qualité de prévôt qui prévalait.

En quoi consistait votre fonction sur place ?

J’étais le conseiller gendarmerie du lieutenant-colonel commandant le détachement français. Je lui prodiguais des conseils en matière judiciaire et de sécurité. J’ai également joué ce rôle au profit du général commandant la Mission de formation de l’Union européenne (EUTM RCA) et des militaires de l’ambassade de France.

J’ai également assuré la fonction de directeur des opérations et de coordinateur de l’action prévôtale, en étant l’interlocutrice privilégiée des autorités locales et judiciaires. Au sein du détachement prévôtal, on traite des affaires relatives à des vols, des accidents et bien d’autres encore. D’où l’importance de maîtriser un minimum la police judiciaire. J’ai également fait du renseignement grâce aux contacts entretenus sur place. Je rendais compte au chef de détachement des risques pouvant peser sur les Français et, plus spécifiquement, sur les militaires. On était surtout là au cas où les militaires français aient des problèmes, que ce soit avec la population ou les forces de sécurité locales. Enfin, j’ai dispensé des formations aux élèves-gendarmes locaux. Un rôle que je n’avais pas eu l’occasion d’expérimenter auparavant !

Être une femme a-t-il eu un impact sur votre fonction ?

En RCA, le relationnel est très important, que ce soit avec le milieu civil ou le monde militaire. Nous sommes bien perçus, car nous sommes là pour dénouer des situations soumises à crispation. Je reconnais que, dans ce rôle-là, le fait d’être une femme peut aider. J’ai souvent eu une approche différente de celles des hommes. Mais j’ai parfois eu à faire face à quelques réticences face aux remarques que je pouvais faire. Toutefois, difficile de savoir si c’était réellement lié à ma qualité de femme ou à mon grade de lieutenant. De manière générale, les échanges étaient quand même plus fluides, car les gens étaient curieux de connaître mon parcours. Étant la première femme chef de détachement, j’ai évidemment bénéficié d’une certaine attention. Lors du premier repas à l’ambassade, j’ai même été invitée directement à la table de l’ambassadeur !

Avec les militaires, je n’ai eu aucun problème. L’armée française est aujourd’hui très féminisée. Le 31e régiment du génie est d’ailleurs commandé par une femme ! Là encore, ça a au contraire été un avantage. Certains se sont sentis plus libres de me parler de problèmes personnels, qu’ils n’auraient pas forcément évoqués avec un camarade masculin, probablement par orgueil… Enfin, je pense que ça aurait également pu être un avantage si nous avions eu à traiter d’affaires d’agressions sexuelles, les femmes se livrant plus facilement à un militaire féminin. Mais heureusement, le cas ne s’est pas présenté !

Et par rapport à la population locale ?

En RCA, la femme a la même place que l’homme. Une femme avec de hautes fonctions, ça ne pose aucune difficulté. Mais c’est sûr qu’être une femme officier et militaire devait sortir de l'ordinaire. Ma présence en qualité de prévôt chef de détachement a souvent suscité la curiosité de la population. Les femmes étaient même fières ! Elles m'adressaient toujours des mots positifs.

Quel souvenir gardez-vous de ce détachement ?

C'était super ! J’ai bénéficié d’une très bonne équipe ! Un travail en milieu interarmées diversifié, mélangeant plein de cultures différentes. Par ailleurs, les contacts avec les autres entités institutionnelles m’ont permis d’élargir mes connaissances sur leurs fonctions.

C’est professionnellement et personnellement très enrichissant. À l’issue, on relativise certaines choses et on mesure encore plus la chance qu’on a de vivre dans un pays comme la France !

Je garderai également le souvenir des fêtes de fin d’année passées là-bas. C’est peu commun ! J’ai pu découvrir certaines traditions militaires, comme le « Club des lieutenants », chargé d’organiser des moments de détente surprises. Pour Noël, nous nous étions déguisés en père Noël et nous avions distribué des friandises. En OPEX, tout le monde est loin de sa famille, c’est important d’avoir des moments de cohésion, surtout au moment des fêtes ! Quant au nouvel An, nous avons eu le droit à un repas agrémenté de chants militaires, c’était très sympa. Ça fait de bons souvenirs !

Le challenge que vous évoquiez en début d’interview a-t-il été rempli ?

Je pense que oui ! Le chef de détachement prévôtal en RCA est actuellement à nouveau une femme, c’est donc que la hiérarchie a été satisfaite de mon travail là-bas ou, en tout cas, que j’ai répondu à leurs attentes !

Un mot pour conclure ?

Je dirais qu’en définitive, il importe peu qu'un prévôt soit homme ou femme, il est plus important qu'il soit compétent !

Source : https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Interviews/angelique-premiere-femme-chef-de-detachement-prevotal
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A l’occasion de sa création, au XIIIe siècle, la maréchaussée qui exerce la justice au sein des armées se voit confier la mission de garantir la discipline des troupes et de protéger la population contre les déprédations des gens de guerre.
Neuf siècles plus tard, la gendarmerie nationale, qui en est l’héritière, assure toujours cette mission dont le champ s’est étendu à la protection des armées et de nos soldats contre les atteintes dont ils peuvent être victimes sur les théâtres d’opérations extérieures.
Il existe deux types d’unités prévôtales. D’une part, les prévôtés permanentes, adossées aux forces de présence, comme à Djibouti, en Allemagne, ou encore aux Émirats arabes unis ; d’autre part, les prévôtés de circonstances, déployées dans le cadre d’opérations extérieures, comme c’est le cas, par exemple, au Mali, en Centrafrique, au Liban ou en Estonie.

Devenir prévôt

La prévôté constitue l’ancrage militaire le plus ancien de la gendarmerie nationale.

Placées sous le contrôle opérationnel du chef d’état-major des Armées, les unités prévôtales sont armées par des officiers et des sous-officiers de la gendarmerie nationale. Actuellement, 78 prévôts, hommes et femmes, sont en mission dans 15 pays. Avant d’être projetés sur un théâtre extérieur, les futurs prévôts doivent suivre une formation préparatoire, organisée par le Commandement de la gendarmerie prévôtale (CGP), à l’instar de celui que viennent de suivre 87 stagiaires, dont 5 sous-officières.

Durant 12 jours, au camp de Beynes dans les Yvelines, ils ont pris part à un stage garantissant une employabilité immédiate sur les théâtres d’opération et au sein des forces de présence.
Bien que les gendarmes sélectionnés pour être prévôts maîtrisent a priori la procédure pénale et les techniques d’intervention professionnelle, la fonction prévôtale impose de leur part une préparation particulière en raison du cadre d’emploi. Afin que tous soient préparés au mieux, le niveau cible d’employabilité est celui du théâtre malien.

Au programme : combat et emploi de l’armement, pratique de la police judiciaire militaire, affaires prévôtales, acculturation à l’organisation et au fonctionnement des armées projetées à l’étranger, préparation physique et mentale.
Le stage est ensuite complété par la participation aux formations préparatoires suivies par les forces armées juste avant la projection.

Afin qu’ils soient pleinement intégrés aux dispositifs militaires projetés en ayant une bonne compréhension de la culture et du mode de fonctionnement des armées, l’objectif du stage prévôtal est d’amener les futurs prévôts à la maîtrise des attendus et particularismes de la procédure pénale militaire ainsi que de l’ensemble des procédures et activités afférent aux « affaires prévôtales ». Cette préparation et les missions qui s’en suivent, contribuent in fine au renforcement du savoir-être et du savoir-faire militaires de la gendarmerie nationale. Cette année, dans l’hypothèse d’un engagement majeur de nos armées, le CGP formera 200 prévôts, contre 120 les années précédentes.

Les missions prévôtales

Considérant la sensibilité politique et médiatique de l’engagement des forces armées sur des théâtres extérieurs, le traitement des affaires pénales militaires constitue un enjeu majeur. La mission de police judiciaire aux Armées est par conséquent la mission prioritaire. Officiers de police judiciaire des forces armées (OPJFA), les prévôts sont habilités à conduire des investigations judiciaires, sur place et dans les meilleurs délais, lorsqu’un crime ou un délit est supposé avoir été commis par ou contre un militaire français. Le Commandement de la gendarmerie prévôtale dispose d’une section de recherches à compétence nationale qui peut, selon le cas, être engagée à l’étranger en appui des détachements prévôtaux ou être en mesure de poursuivre leurs investigations sur le sol national.

Les prévôts exercent par ailleurs des missions de police générale.
Dans ce cadre, ils appuient le commandement des Forces pour prévenir les incidents et les troubles à l’ordre public susceptibles d’impliquer nos militaires. Ils effectuent à leur profit des escortes, des constations et contribuent au règlement de contentieux civils. Présents aux côtés de nos armées dans les moments les plus difficiles, ils jouent un rôle essentiel dans le traitement des affaires mortuaires. Enfin, l’autorité militaire confie généralement à la prévôté la relation avec les autorités judiciaires et les forces de sécurité locales. Les informations recueillies et les canaux de coopération ouverts dans ce cadre contribuent à prévenir les atteintes à la sécurité de nos soldats et de leurs emprises.

L’organisation de la gendarmerie prévôtale

Au sein de la gendarmerie, la prévôté constitue historiquement et fonctionnellement une entité à part entière. L’emploi de ces unités relève à la fois du chef d’état-major des Armés et des magistrats spécialisés du tribunal judiciaire de Paris (AC3). Elle est organisée en trois échelons de responsabilité. Rattaché au CGOM depuis le 1er août 2021, le Commandement de la Gendarmerie Prévôtale (CGP), sélectionne et projette les prévôts. Il oriente et contrôle l’action des détachements prévôtaux. C’est lui également qui organise la formation des prévôts. En aval, sur les théâtres, les chefs de détachements prévôtaux, placés auprès de l’autorité militaire commandant l’opération ou la Force, jouent le rôle de conseil et de contrôle. Placées sous leur coupe, les brigades prévôtales sont chargées d’exécuter les missions.

Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/prevots-des-gendarmes-aux-cotes-de-nos-armees-en-operations-exterieures
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[PORTRAIT] Gendarme de père en fille
Ambre, 20 ans, passionnée d'équitation depuis son plus jeune âge, a réussi aujourd’hui à en faire son métier ... en gendarmerie où son papa, le major Bernard exerce depuis plus de 39 ans.
C’est en visitant un stand de la cavalerie de la Garde Républicaine à Paris (Garde Républicaine), qu’Ambre a eu cette envie d’allier sa passion et son futur métier. Et elle s’en est donnée les moyens.
Son baccalauréat ES en poche, elle se renseigne au Centre d’Orientation et de Recrutement d’Ajaccio pour présenter le concours de Gendarme Adjoint Volontaire (GAV).
Et en parallèle, elle continue de progresser comme cavalière jusqu’au niveau d'équitation « galop 7 Cross ».
Sa réussite au concours GAV la conduit à l’école de Fontainebleau pendant 3 mois et sa spécialité permet à Ambre d'obtenir une affectation à la caserne des Célestins à Paris, la Garde Républicaine à cheval.
Elle y travaille depuis 2 ans et y a vécu des expériences inoubliables comme la répétition pour le défilé du 14 Juillet sur les Champs Élysées, les surveillances équestres dans les vignobles… sans oublier sa proximité avec les chevaux.

La Garde républicaine reste son premier choix, car elle lui permet de concilier sa vie professionnelle et sa passion pour l’équitation, mais si ce n’est pas possible, elle opterai pour la gendarmerie mobile, qui offre une grande diversité de missions.
C’est aussi ce que j’aime dans la gendarmerie : il y a une tonne de métiers en un seul ! »
Heureux hasard, le major Bernard fera valoir ses droits à la retraite le 23 mars 2023, le jour de l’anniversaire d’Ambre qui intègre prochainement l’école de sous-officiers de gendarmerie de Tulle pour finir son stage en ... février 2023.
Voici une belle relève dont ils sont tous les deux très fiers.

Sources : FB Gendarmerie de Corse
https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Portraits/tel-pere-telle-fille
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Encadrés par leurs enseignantes en Sciences de la vie et de la Terre (SVT) et physique-chimie, et appuyés par les experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), les collégiens de 4e de la Cité scolaire Michelet de Vanves sont parvenus à résoudre un crime, dans le cadre de l’opération Experts à l’école, pilotée par le dispositif ministériel Sciences à l’École.

Retour sur une enquête exemplaire.

C’est un crime odieux, un peu passé sous les radars, qui a été perpétré au sein même de la Cité scolaire Michelet, à Vanves, dans les Hauts-de-Seine. La gardienne de l’école a été assassinée. Pas moins de 150 enquêteurs, tous élèves de 4e, appuyés par des experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), ont mené les investigations.
Sur la scène de crime, ils ont notamment pu marquer de nombreux indices : une balle, avec un impact au mur, une larve de mouche sur le cadavre, du sang, une substance liquide indéterminée, des traces de pas, de la terre, des fibres textiles ...

Très vite, les soupçons se concentrent sur les participants à la réception organisée le soir du crime par l’Amicale des anciens élèves du collège. L’exploitation des images des caméras de surveillance a permis de savoir qui s’était absenté lors de cette soirée, et l’analyse des différents éléments de la scène de crime d’éliminer un par un les suspects…

Une mallette précieuse

Cette enquête s’est déroulée dans le cadre de l’opération Experts à l’école, qui offre la possibilité à des enseignants de matières scientifiques d’établissements - collèges, lycées généraux et lycées professionnels -, retenus après un appel à projets, de proposer à leurs élèves un projet éducatif, à l’aide d’une mallette, prêtée pour une durée de trois ans par l’Observatoire de Paris qui héberge le dispositif Sciences à l’École, comprenant un kit complet : matériel de mesure balistique, cartouches usagées, assortiment de poudre et de pinceaux pour la révélation d’empreintes, piluliers de prélèvement, lampes, microscope et appareil photo numériques, microphone, centrifugeuse, terrarium.

Du 25 au 27 octobre 2021, dix enseignants de cinq collèges et lycées d’Île-de-France ont suivi, sur le site de l’IRCGN, une formation destinée à manipuler ce matériel, afin de travailler sur des scénarios qu’ils ont reproduits ensuite avec leurs élèves.

C’est le cas notamment de Marie et de Mélanie, respectivement professeurs de Sciences de la vie et de la Terre (SVT) et de physique-chimie à la Cité scolaire Michelet, qui ont monté ce projet très ambitieux, destiné aux 150 collégiens des cinq classes de 4e.
« Cette enquête nous a permis d’illustrer différentes parties du programme de manière concrète », se félicite Marie. Mélanie confirme : « C’est une mise en application très intéressante de méthodes scientifiques, qui permet de répondre à une question qui revient régulièrement dans la bouche des élèves : à quoi ça sert ? »

Afin de soutenir l’action des équipes pédagogiques, et les élèves dans leur enquête, le colonel Grégory Briche, chef de la division criminalistique physique et chimie de l’IRCGN, membre du comité scientifique de l’opération Experts à l’école, et le maréchal des logis-chef Louis Philippe, expert au sein du département empreintes digitales de l’IRCGN, se sont rendus à la Cité scolaire, jeudi 14 avril 2022.

Marie et Mélanie ont déjà prévu de reconduire le projet l’an prochain, « mais sans doute avec deux classes, car cinq, c’était un peu ambitieux », reconnaît Marie. « Et on voudrait aussi l’étendre à d’autres disciplines, avec des collègues qui se sont montrés intéressés, ajoute Mélanie.
Notamment l’anglais et l’allemand pour mener les interrogatoires ! » Experts en sciences et experts en langues vivantes pourront ainsi mêler leurs compétences, comme en gendarmerie.

Un travail collectif

Ce jeudi 2 juin, dans la salle de théâtre de la Cité scolaire, avait lieu la restitution de cette enquête hors-norme, en présence du général de division Patrick Touron, commandant du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN), accompagné de la capitaine Élodie et de l’adjudant-chef Stéphane, respectivement experts des départements expertises génétiques et microanalyse de l’IRCGN, qui ont présenté l’institut, leur parcours et leurs missions, avant de répondre aux nombreuses questions des collégiens.

« La raison initiale de la création d’Experts à l’école était de profiter d’une évolution de la société, avec une appétence pour les séries comme les Experts ou les Escape games, pour faire connaître à un jeune public le rôle des experts de la gendarmerie, qui sont des gens fiables, rigoureux et méthodiques, et valoriser leur travail au quotidien au profit des justiciables, dont font partie les adolescents et leurs parents, explique le général Touron, lui-même scientifique et membre du premier comité scientifique de l’opération Experts à l’école. La science est une école de la vie, par la rigueur qu’elle impose, la nécessité de la confrontation, la mesure d’une incertitude et l’acceptation de l’erreur. Par ailleurs, la gestion d’une scène de crime est un travail collectif, qui nécessite de nombreuses et très fortes spécialités. Il est important d’être un spécialiste dans son domaine, mais aussi d’écouter les autres spécialistes ! »

À l’instar des experts du PJGN, les élèves de 4e de la Cité scolaire Michelet le savent désormais : le fait d’observer et de réfléchir ensemble, en suivant des protocoles, permet de rechercher une vérité et de s’en approcher au plus près.

Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/collegiens-et-experts-de-l-ircgn-unis-dans-la-quete-de-la-verite - Auteur : Antoine Faure
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Actualités / Les experts forment les enseignants? opération " EXPERTS A L'ECOLE "
« Dernier message par Jeano 11 le 10 juin 2022, 11:32:23 »
Dans le cadre de l’opération « EXPERTS à l’École », pilotée par le dispositif de l’Éducation nationale « Sciences à l’École », destiné à soutenir et promouvoir la culture scientifique et technique dans les collèges et les lycées, dix enseignants et des référents de la gendarmerie ont suivi, du 25 au 27 octobre 2021, un stage de formation scientifique de haut niveau sur le site de l’IRCGN.

« Nous sommes à la mode ! », sourit le lieutenant-colonel (LCL) Grégory Briche, chef de la division criminalistique physique chimie de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), et membre du comité scientifique de l’opération « EXPERTS à l’École », qui s'inscrit dans le cadre du partenariat de longue date entre l’IRCGN et le dispositif « Sciences à l’École » du ministère de l’Éducation nationale.
« L’idée était d’utiliser l’appétence des jeunes pour les séries comme Les Experts ou Dexter, pour les attirer vers les matières scientifiques », poursuit l’officier.

Du 25 au 27 octobre 2021, dix enseignants de cinq collèges et lycées d’Île-de-France, ainsi que cinq gendarmes venus de quatre régions et de la collectivité territoriale d’outre-mer de Saint-Pierre-et-Miquelon, ont donc suivi, à l’IRCGN, un stage de formation scientifique de haut niveau. Au programme : conférences, visites de laboratoires et nombreux ateliers pratiques en effectifs réduits.

Le kit complet du parfait expert

Après 2015 et 2016, l’institut accueillait pour la troisième fois ce stage. Les établissements - collèges, lycée général et lycée professionnel -, retenus après un appel à projets, ont reçu une mallette, prêtée pour une durée de trois ans, comprenant un kit complet : matériel de mesure balistique, cartouches usagées, assortiment de poudre et de pinceaux pour la révélation d’empreintes, piluliers de prélèvement, lampes, microscope et appareil photo numériques, microphone, centrifugeuse, terrarium. Au cours des ateliers pratiques, les enseignants ont eu l’occasion de manipuler ce matériel, afin de travailler sur des scénarios qu’ils reproduiront ensuite avec leurs élèves.

Cinq mallettes ont également été mises à la disposition des commandants de quatre Régions de gendarmerie - Île-de-France, Centre-Val-de-Loire, Pays-de-la-Loire, Rhône-Alpes-Auvergne - ainsi que de Saint-Pierre-et-Miquelon. Quatre référents de ces Régions ont suivi la formation et ont pu échanger avec les experts de l'IRCGN et les enseignants. « Le référent outre-mer recevra sa mallette et bénéficiera d’un accompagnement par une experte dédiée de l’IRCGN qui possède une grande connaissance du terrain, complète le LCL Briche. Ainsi armé, il pourra prendre son bâton de pèlerin et prêcher la bonne parole dans les établissements de l’île ! »

L’intérêt de ces ateliers est donc, par un biais détourné, de donner goût à la science aux élèves et peut-être de susciter des vocations. « Pour nous, cela peut effectivement déboucher sur des recrutements, confirme Grégory Briche. Pendant le premier confinement, nous avons proposé plusieurs ateliers en visio. Accompagner l’Éducation nationale quand les établissements étaient fermés, c’était aussi une manière pour le PJGN de répondre présent. Ces ateliers ont permis de nouer des contacts avec des parents d’élèves, qui nous ont souvent sollicités afin d’avoir des informations sur les cursus, les statuts… » Les experts de demain se trouvent sur les bancs des écoles, collèges et lycées d’aujourd’hui.

Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2021/quand-les-experts-forment-les-enseignants   Auteur : Antoine Faure -

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Vous avez peut-être lu dans la presse la semaine passée, l’histoire de ce jeune homme de 15 ans qui s’est lourdement blessé lundi dernier du côté de Nérac. Effrayé par des personnes armées et au visage masqué passant en voiture à côté de lui et de son groupe de collégiens, il avait sauté dans le fossé faisant une chute d’environ 10 mètres.

Les pompiers avaient dû employer les grands moyens pour le remonter en sécurité. Dans cette affaire, 3 jours après les faits, des interpellations ont été réalisées puis après 24h de garde à vue, un jugement en comparution immédiate au tribunal envoyait en prison 3 jeunes adultes.
Énoncé comme cela, avec 2/3 articles dans la presse, ça paraît Simple et Basique….
Mais vous n’avez pas (forcément) les bases (de notre métier)!
Retour sur la semaine passée
Un fait avec une personne blessée, qui plus est un adolescent, devient notre priorité dès que nous en avons connaissance. Nous remettons à plus tard le traitement de dossiers moins urgents voire même des contrôles routiers! C'est Dire 😉
Concentration des efforts ; Les gendarmes de Nérac avec plusieurs renforts de la compagnie d’Agen ont travaillé sur ces faits d’arrache-pied dès lundi. Pour interpeller les auteurs jeudi matin, il aura fallu construire un dossier judiciaire solide : réaliser les auditions de toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont été témoins des faits ou sont en lien avec ce dossier, chercher un maximum d’informations et recouper l’ensemble pour confondre les auteurs.
Liberté d'action : dans ces moments là, le planning des gendarmes mobilisés est bousculé, bien au delà des seuls services qui étaient prévus et qui sont réorientés : on sera finalement absent à la restitution du théâtre de la petite dernière, on annule le tennis avec le copain, le dîner en amoureux pour l’anniversaire de mariage, le rendez-vous parents-prof, voire même celui chez le dentiste qu’on avait obtenu de haute lutte 18 mois auparavant…
Le mardi, l’enquête avance à grands pas et dans la journée de mercredi, 3 noms ressortent. Les comptes-rendus sont faits au magistrat de permanence du parquet qui, sur notre proposition, ordonne les interpellations dès le lendemain matin.
Les équipes d’intervention travaillent sur les objectifs qui leurs sont assignés et jeudi matin, plusieurs équipes réparties sur différents domiciles interpellent les auteurs présumés.
Un nouveau contre-la-montre démarre pendant la garde à vue de ces 3 jeunes majeurs. Ne rien oublier dans les droits des mis en causes (médecin, avocat, pauses réglementaires etc.) toute erreur entrainant un risque de nullité car elle pourrait léser le gardé à vue.
Au fil des auditions et grâce au travail de qualité que les enquêteurs ont conduit en amont et pendant celles-ci, la culpabilité est acquise sur le plan de l’enquête judiciaire, les jeunes adultes reconnaissant également leur participation aux faits ainsi que la commission de 2 cambriolages juste avant.
Le parquet du tribunal judiciaire d’Agen qui dirige la procédure judiciaire décide en fin de journée de présenter en comparution immédiate les 3 mis en cause. Mais pour les gendarmes, ce choix leur impose de finaliser rapidement l’ensemble de la procédure en respectant les nouvelles règles de transmission numérique qui nous lient depuis quelques mois avec les services de justice.
C’est un travail conséquent avec l’informatique qui parfois ajoute son lot de surprises. La soirée voire la nuit du jeudi ne seront pas de trop. Le vendredi, les gendarmes qui ont travaillé sur le dossier conduisent les mis en cause au tribunal et y passent une bonne partie de la journée.
En fin de journée, la sentence est connue : des peines de prison ferme avec mandat de dépôt. Direction la prison donc pour les 3 auteurs et retour à l’unité pour les gendarmes. Ils n’en ont pas fini avec ce dossier car il leur faut faire les remontées des informations judiciaires dans les bases et faire leur compte-rendu de service afin que soit comptabilisé leur travail. Il faut aussi restituer les objets volés aux propriétaires légitimes (une télévision volée a malheureusement déjà été vendue dans la journée du mercredi par les auteurs).
Ensuite, ce sera week-end bien mérité pour certains ou travail dans la continuité pour d’autres.
Ce qui peut paraître simple, voire basique, vu de l’extérieur ne l’est pas pour autant. Tout ceci est réalisé avec de la conviction et le souci de protéger et d’assurer au mieux la sécurité de la population. Lundi dernier, personne ne savait que tout ceci allait se passer : la routine n’existe pas en gendarmerie.
Voilà, ça fait 5 minutes de lecture et plusieurs heures de travail d’enquête !

Comment va le jeune garçon ?

Il a un peu de casse physique et on va espérer avec lui qu'il n'ait aucune séquelle après tout ça mais il est trop tôt pour le dire.
Tout cela aurait pu être beaucoup plus grave.
Nous espérons aussi qu'il surmontera le traumatisme psychologique.
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Mais quelle lourdeur administrative. C'est ahurissant...

Il ne faut pas voir le voir comme ça. C’est aussi important de faire les choses correctement avec le respect des droits de la défense. Le respect des lois va dans les deux sens. L’objectif de ce texte n’est pas de montrer la lourdeur mais l’envers du décor. Il est sain de ne pas avoir de jugement arbitraire pas suffisamment étayé. Tout est histoire d’équilibre

Source : Facebook Gendarmerie de Lot-et-Garonne
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"Secours paramédicaux" / Re : Devenir paramedic au Québec
« Dernier message par kit055 le 01 juin 2022, 19:14:59 »
En effet j'ai collaboré à plusieurs reprises avec Alexandre 😉
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