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Le gendarme est un fonctionnaire au statut original, fruit hybride d’une mixité ministérielle qui dispose d’un ADN militaire pour des missions principalement civiles mais aussi, en proportion moindre, militaires.
C’est ainsi que nous trouvons des gendarmes qui exercent au quotidien sous l’autorité des chefs d’état-major de la marine et de l’air et d’autres présents en unités constituées ou non sur des théâtres d’opérations extérieures (TOE).

Ce fut le cas pour les Balkans, l’Afghanistan ou encore la Côte-d’Ivoire avec l’opération Licorne où la gendarmerie mobile participa à la manœuvre. Cette proximité avec les Armées renforce la rusticité et la robustesse individuelle et collective des personnels et ces qualités s’observent au cœur de la Guyane française au côté des légionnaires ou des marsouins dans la lutte contre l’orpaillage.

Le gendarme n’est pas un policier (l’inverse est vrai aussi) mais il n’est pas non plus un fantassin grenadier-voltigeur de l’Armée de Terre. Il ne peut décliner dans son quotidien la doctrine et les schémas d’engagement des Armées pour remplir son contrat opérationnel de sécurité publique générale. Le militaire en opération élimine les menaces, le gendarme les neutralise. Au-delà de la sémantique, il y a un contexte d’expression juridique qui n’échappe à personne. Sa spécificité doit faire de lui l’Ultima-ratio de l’Intérieur.
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La brigade de police aéronautique de Midi-Pyrénées a permis aux policiers Carcassonnais d'interpeller récemment un jeune homme. Munis d'un puissant laser, il « tirait » depuis plus de dix jours sur tous les avions qui sillonnaient le ciel de la cité médiévale.

Il n'aura fallu que deux soirs aux policiers de la brigade aéronautique de Midi-Pyrénées pour repérer, à quelques mètres près, un adepte du tir de laser sur la ville de Carcassonne. Âgé de 21 ans, cet homme visait depuis plusieurs soirs les avions sillonnant le ciel de l'Aude. Interpellé en fin de semaine dernière par les enquêteurs carcassonnais, il devrait être jugé prochainement…
Le temps pour le juge d'instruction de répertorier l'ensemble des victimes de ce véritable sérial-tireur. « Les élèves pilotes, les pilotes civils mais aussi des pilotes de ligne passant au-dessus de la ville ou y atterrissant…
La liste risque d'être longue », estime un enquêteur. Il y a plus de dix jours, les instructeurs chargés de former les pilotes de l'école de l'aviation civile refusaient de voler de nuit au-dessus de Carcassonne. A de très nombreuses reprises, ils avaient essuyé de puissants tirs. « Ça éclairait la cabine comme en plein jours. Les yeux étant habitués à l'obscurité, on n'y voyait plus rien pendant, au moins 20 minutes », raconte la victime d'un de ces tirs. Informés, les enquêteurs du commissariat de Carcassonne font appel à la brigade de police aéronautique de Midi-Pyrénées, basée à Toulouse, afin de mettre un terme à ces agressions.
Jeudi 26 août, l'ULM de la brigade décolle avec, à son bord, des policiers de la brigade et un membre du commissariat de Carcassonne. Il est immédiatement pris pour cible. Mais, ces tirs nourris et très puissants permettent à l'équipage de localiser le lieu où se trouve le tireur. Le lendemain soir, les policiers reprennent les airs.
Devant eux, un avion est littéralement « éclairé comme en plein jour ». Grâce à leur système de communication air-sol, l'équipage guide des policiers au sol.
Logé avec précision, le tireur présumé est levé de son lit dès le lendemain matin. Sur sa table de chevet, les policiers trouvent son laser. Un laser astronomique habituellement utilisé pour pointer les étoiles. Inabordable il y a quelques années, ces lasers, désormais fabriqués en Chine, sont désormais vendus à peine plus d'une cinquantaine d'euros. Au cours de ses auditions, il aurait assuré avoir fait cela pour s'amuser.
Un jeu tout particulièrement dangereux pour lequel un mineur a été condamné fin août. Arrêté près des pistes de l'aéroport d'Orly, à Villeneuve-le-Roi, dans le Val-de-Marne, alors qu'il utilisait un laser pour aveugler les pilotes d'avions, au moment de l'atterrissage, il a été condamné à six mois de prison avec sursis.

Source https://www.ladepeche.fr/article/2010/09/07/901618-carcassonne-la-police-arrete-un-tireur-au-laser.html
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Tirs de laser. Un «jeu» stupide et dangereux !

Des pilotes d'avion et des automobilistes éblouis, cibles de lasers utilisés par des "inconscients" ; les incidents se multiplient depuis un an et demi en France. Marseille, Nantes, Brest et Rennes ne sont pas épargnées. Des sanctions spécifiques ont été adoptées.
Ils ont la taille d'un gros crayon. Les moins chers coûtent sur internet une vingtaine d'euros. Et leur faisceau de couleur rouge, bleue, verte ou violette peut atteindre leur cible jusqu'à plus de dix kilomètres. Philippe Peseux, commandant de bord sur un Airbus A330, un long-courrier pouvant transporter plus de 300 passagers, a été victime de l'un de ces tirs au laser, le 26juillet dernier, au-dessus d'Orly. «J'ai failli remettre pleins gaz» «J'étais en phase finale d'approche. Je volais à 900pieds (300mètres) et à 250km/h quand nous avons été éblouis sur notre côté droit. Cela a duré à peu près cinq secondes. On ne pouvait plus regarder à l'extérieur. Une dizaine de secondes plus tard, le faisceau nous a à nouveau frappés. Cela s'est matérialisé devant nous par un cercle vert de 15centimètres de diamètre sur le pare-brise. Le cockpit est devenu tout vert. On n'y voyait plus rien. Cela nous brûlait les yeux. Cela a duré cinq à six secondes. J'ai failli remettre pleins gaz. On a baissé la tête et poursuivi l'approche uniquement en pilotant aux instruments. On a finalement pu se poser quelques secondes plus tard... Ceux qui font ça sont des malades, des inconscients! Nous aurions très bien pu nous crasher». Le pilote porte aussitôt plainte. «C'est à ce moment que j'ai appris que 900 plaintes avaient déjà été déposées depuis un an! La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) avait alerté pilotes et compagnies aériennes depuis avril, mais au ministère de l'Intérieur et à l'Élysée, personne n'était au courant!». Une sénatrice de Paris, l'UMP Catherine Dumas, prend alors le dossier en main (lire ci-dessous). Au même moment, fin août, sur un parking près des pistes d'Orly, les gendarmes interpellent en flagrant délit un jeune homme âgé de 20 ans. Sur lui, un stylo laser acheté pour sept euros lors d'un voyage en Thaïlande.
Prison ferme aux États-Unis
Un «jouet» avec lequel il a «juste voulu s'amuser», déclare-t-il au tribunal deux jours plus tard. Il est condamné à six mois de prison avec sursis. C'est exactement la même peine que prononcera le tribunal correctionnel de Carcassonne, début novembre, à l'encontre d'un autre jeune homme.
«Ridicule!», s'étrangle Philippe Peseux. Et le pilote de ligne de comparer avec la méthode américaine. «Là-bas, où le phénomène est apparu il y a près de quatre ans, on ne rigole pas. Quand un pilote signale un fait, un hélico décolle aussitôt et guide les trois ou quatre patrouilles que le shérif a envoyées sur le terrain. Et personne ne rentre tant que le type au laser n'est pas pris. Et quand ils sont pris, les tribunaux les condamnent à deux ou trois ans de prison ferme. Depuis que CNN a diffusé les condamnations, le nombre de cas est en chute libre. On n'en entend plus parler! Moi, ma plainte est partie au parquet de Créteil ou de Bobigny, et rien n'a été fait! On avait pourtant réussi à identifier assez précisément d'où étaient partis les tirs». 780 faits en France, 11 en Bretagne «Si on est alerté immédiatement, on peut envoyer des patrouilles. Mais le flagrant délit reste très difficile, reconnaît le capitaine Jean-Paul Huet, commandant de la compagnie de gendarmerie de transport aérien (GTA) de Brest.
Le périmètre concerné atteint souvent de huit à 15kilomètres. Par ailleurs, l'objet en question est très facilement dissimulable. Et si le tir part d'une tour, c'est encore plus difficile...». Sur le ressort de sa compagnie, qui couvre une bonne partie de l'Ouest, de Deauville à la Vendée, 11 faits ont été recensés depuis le début de l'année: sept à Nantes, trois à Brest (la tour de contrôle visée une fois) et un seul à Rennes. «Tous après les reportages diffusés à la télévision en septembre», précise le capitaine Huet. Une paille comparée aux quelque 780 faits recensés en France entre le 1erjanvier et le 8octobre, essentiellement concentrés à Roissy et Orly. Quelques cas ont aussi été signalés à Marseille, Toulouse et Mulhouse. «Je m'amusais à viser» Qui sont les auteurs? Quel est leur profil? Celui condamné à Roissy est «un jeune homme (sans casier judiciaire, NDLR) comme n'importe quel jeune homme de son âge, s'agace son avocate. Il a juste agi par bêtise. Il n'avait pas conscience qu'il pouvait mettre des vies en danger».
À Carcassonne, le procureur de la République évoque un jeune homme de 21ans qui «vivait chez ses parents». Celui-ci s'est expliqué devant le tribunal: «Il faisait très chaud. Ma fenêtre était ouverte. J'étais allongé sur mon lit et je m'amusais à viser tout et n'importe quoi». Un «jeu» auquel il s'est livré au moins à sept autres reprises. Quant à l'expertise psychiatrique ordonnée par le parquet, elle n'a «rien révélé d'anormal ou de particulier».
À Brest, nous avons pu approcher quelques-uns des jeunes qui s'adonnaient à cette pratique, dans un quartier populaire. «C'était pour s'amuser. Les verts, ils vont vachement loin. C'est ouf!». Un jeune homme s'approche : «Maintenant, ils ne le font plus. De toute façon, ils ont perdu le plus puissant».

Source : https://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/tirs-de-laser-un-jeu-stupide-et-dangereux-26-12-2010-1159571.php
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Les gendarmes de la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Hyères et de la Gendarmerie des transports aériens (GTA) Sud ont permis l’interpellation d’un homme qui avait pris pour cible avec un laser un Airbus A320.

C’est un jeu stupide qui peut avoir de très graves conséquences. Mercredi 27 juillet 2022, peu avant 23 heures, un équipage de la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Hyères, en instruction, intercepte le message radio d'un vol commercial de la compagnie Air France. Alors qu’il s’apprête à atterrir sur l'aéroport de Marseille-Provence, en provenance d'Athènes, le pilote de l’Airbus A320 indique avoir été la cible d'un tir laser en provenance de La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône. L'hélicoptère de la SAG se transporte immédiatement sur zone et est à son tour ciblé. Grâce aux équipements techniques embarqués, l’équipage parvient à localiser précisément l'emplacement du tireur, qui agit depuis la terrasse d'un immeuble.

Le 28 juillet, l'équipage de l'hélicoptère de la gendarmerie et le pilote de l’avion d’Air France déposent plainte dans le cadre d'une enquête conduite par la brigade de recherches de la Gendarmerie des transports aériens (BRGTA) Sud, basée à Marignane. Les investigations réalisées permettent l'identification rapide de l'auteur. Ce dernier, un retraité, est interpellé à son domicile le 2 août et le laser utilisé saisi par les enquêteurs.

Placé en garde à vue, le mis en cause est déféré le lendemain matin devant le tribunal judiciaire de Marseille, qui le condamne à 2 000 euros d'amende (dont 1 000 euros avec sursis) et au paiement de dommages et intérêts à chacune des victimes pour des faits délictuels d'entrave à la navigation aérienne et d'utilisation d'un laser non autorisée.
Éblouissement et perte de repères visuels

L'utilisation d'un pointeur laser (supérieur à la classe 2) est limitée par la loi à certaines activités (astronomie, sciences, médecine, défense…). Elle est le plus souvent interdite, car elle présente un réel danger pour les personnes visées (brûlures aux yeux notamment), et peut provoquer un éblouissement particulièrement handicapant pour les pilotes, pouvant conduire à la perte des repères visuels. Lorsqu'ils sont identifiés, les auteurs déclarent souvent ignorer les règles en vigueur, ajoutant qu'ils n'avaient pas conscience des risques encourus par les tiers.

L'achat, la détention et bien évidemment l'utilisation non autorisés d'un pointeur laser font l'objet de plusieurs incriminations pénales, mais le fait de viser un aéronef est plus sévèrement sanctionné eu égard à la gravité du risque. Dans ce cas, le maximum de la peine encourue est de 5 ans d'emprisonnement et de 18 000 euros d'amende, voire plus en cas de conséquences sur les personnes ou les biens.

Particulièrement sensibilisées à l'utilisation malveillante des pointeurs laser, la gendarmerie des transports aériens et les forces aériennes de la gendarmerie travaillent régulièrement de concert pour identifier et interpeller les auteurs.

Source : https://www.gendinfo.fr/enquetes/2022/bouches-du-rhone-fin-de-partie-pour-un-tireur-au-laser?fbclid=IwAR3_98eJ6KmZCEv26JqkfKVoSQ_3SgCuJmrX3ma7LiXlcCeLk8LYof5mAnY
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Qu’est-ce qu’un incendie de forêt ?

On parle d'incendie de forêt lorsque le feu couvre une surface minimale de 0,5 hectare d'un seul tenant et qu'une partie au moins des étages arbustifs et/ou arborés est détruite. Le terme incendie vaut aussi pour les formations subforestières de plus petites tailles que sont le maquis, la garrigue et les landes. En France, 80% des feux de forêts en moyenne surviennent dans le bassin méditerranéen et le massif landais. Les feux de forêt peuvent avoir une origine naturelle ou humaine. Dans le cas de la responsabilité humaine, la cause peut être intentionnelle, involontaire ou liée aux infrastructures.
Protéger la forêt : le rôle de la Défense des forêts contre l’incendie (DFCI)

La lutte contre les incendies de forêt commence très en amont des départs de feux par une politique volontariste de prévention du risque. Ainsi, les services du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation contribuent financièrement à :

    entretenir et développer les équipements de Défense des forêts contre les incendies (DFCI) des massifs forestiers (en particulier points d’eau, tours de guet, coupures de combustible, pistes de DFCI),
    participer au diagnostic du danger de feu lié à l'état de dessèchement du couvert végétal,
    assurer des patrouilles de surveillance et de première intervention, grâce notamment à la mobilisation de près d'un millier de forestiers spécialisés des services déconcentrés de l'Etat (DDT(M), de l’Office national des forêts (ONF) et en partenariat avec les forestiers sapeurs de certains conseils départementaux),
    veiller, en lien avec les maires, au respect des mesures de débroussaillement obligatoire autour des habitations et en bordure de certaines infrastructures.

En outre, la constitution d’équipes pluridisciplinaires de recherche des causes de feu associant pour chaque département méditerranéen un sapeur-pompier (SDIS), un forestier (ONF), et un officier de police judiciaire (services de police et de gendarmerie) permet de consolider les actions de réduction des mises à feux d'origine anthropique. Grâce à cette pratique, le nombre d’incendies de forêt a pu être réduit de plus 20% depuis 2003 dans la zone méditerranéenne.

Dans le Massif des Landes de Gascogne (Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Dordogne) les propriétaires forestiers se sont organisés pour la DFCI et participent directement à son financement, par une taxe à l’hectare, versée aux associations syndicales autorisées (ASA) de DFCI. Ces structures sont financées, gérées et animées par les propriétaires forestiers eux-mêmes.

Au total, 218 ASA, regroupant 55 000 propriétaires forestiers, quadrillent les 1,25 million d’hectares du massif forestier landais.

Chaque ASA contribue à aménager et à gérer des équipements suivant un carroyage systématique avec des pistes (44 500 km) et leurs fossés (17 000 km), des points d’eau (9 500), des passages à gué, des petits ponts et passages busés (55 000)… L’ensemble est cartographié ou géo-localisé ce qui permet aux pompiers d’intervenir rapidement en tout point : la prévention est la base de l’efficacité des moyens de lutte.
Entretien des pistes, des points d'eau et des balisages tout au long de l'année

Le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation confie à l’Office National des Forêts (ONF) une mission d’intérêt général (MIG) de DFCI. Toute l'année, le service de DFCI de l’ONF, cherche à limiter les risques d'incendie. En effet, dans toutes ses actions de gestion durable des forêts publiques, l'ONF intègre la protection des forêts contre les risques incendie. Cet enjeu passe par des mesures spécifiques de sylviculture et d'équipement intégrés aux documents d'aménagement forestier et par la réalisation de travaux de protection des forêts exposées à ce risque.

Le service ONF de la DFCI est actif en permanence pour prévenir et lutter contre les risques d'incendie. Des équipes d'ouvriers sont chargées, toute l'année, de l'entretien des pistes, des points d'eau et des balisages. En période de risques, des patrouilles de surveillance doivent détecter les départs d'incendie, donner l'alerte, faire les premières interventions sur feux naissants et orienter les secours. Ils ont aussi un rôle d'information et de sensibilisation auprès du public. En situation de crise, lors des feux de forêt, l'ONF est présent sur les lieux et apporte son concours au commandant des opérations de secours (COS). Après incendie, elle apporte son expertise : appui juridique aux services de l'Etat, travaux d'urgence pour limiter les risques, expertise et études de reconstitutions écologiques et participation aux retours d'expérience.

Sur le pourtour méditerranéen, la délégation à la protection de la forêt méditerranéenne (DPFM) assure notamment un rôle de coordination des actions de prévention pour les 15 départements de la zone de défense sud. Enfin, certains conseils départementaux ont mis en place des équipes de forestiers sapeurs pour mener des actions de prévention et d’intervention sur feux naissants.
Débroussailler protège les biens et les personnes

La majorité des départs de feux est d’origine anthropique et ils démarrent le plus souvent le long de voies de communication ou depuis des constructions. En diminuant la biomasse combustible à proximité des habitations et des voiries dans les zones particulièrement exposées au risque incendie, l’intensité du feu est moindre, ce qui facilite l’intervention des services de secours.

Ainsi, les obligations légales de débroussaillement (OLD) en protégeant la forêt, protègent aussi les biens et les personnes. Ces obligations de débroussaillement contribuent activement à la politique de prévention des incendies en favorisant la politique d’extinction des feux naissants. Le respect des obligations légales de débroussaillement revêt un caractère prioritaire.
Le rôle des propriétaires forestiers pour limiter la propagation des incendies

En forêt privée, certaines coopératives forestières travaillent avec les services de DFCI pour créer des pistes forestières, qui servent mutuellement à la lutte incendie et à la gestion des forêts. De plus, les propriétaires forestiers participent à la lutte contre l’incendie de forêt tout en valorisant leur propriété. Comme le rappelle le récent Programme national de la forêt et du bois : « Le développement d’une gestion préventive répondra simultanément à la gestion du risque incendie et à la mobilisation de plus de bois ». En gérant activement leur forêt à travers un document de gestion, ces propriétaires récoltent et valorisent le bois pour la production d’énergie, mettent en valeur les bois d’œuvre de leur forêt, et opèrent en même temps le dégagement du sous bois, diminuant ainsi considérablement le risque de propagation des incendies.

Consulter le dossier de l'INRAE : Incendies de forêt : la recherche sous le feu de l’action !
Halte au feu ! Du bon sens et des bons gestes

Si la défense des forêts contre les incendies protège les forêts et limite les risques d'incendie, la prudence et le comportement citoyen responsable de chacun reste la clef de la préservation de notre patrimoine forestier.

Ainsi, en forêt :

    Ne pas allumer de feu ou de barbecue,
    Ne pas jeter de cigarettes,
    Laisser les routes forestières accessibles pour les secours,
    Camper uniquement dans les lieux autorisés,
    Respecter les interdictions d'accès en période à haut risque.

Dans une situation d'incendie, certains gestes peuvent sauver la vie. Le plus important est de garder son calme. Il convient de :

     Prévenir les pompiers en appelant le 18 ou le 112 qui passe quelque soit le réseau.
     S’éloigner dans le sens contraire du déplacement du feu,
     Respirer à travers un linge humide pour limiter les effets néfastes des fumées toxiques.

Source : https://agriculture.gouv.fr/prevenir-et-lutter-contre-les-incendies-de-foret
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..... pas de feu sans fumée !

Le 16 août 2021, alors que le sud-est avait été plutôt préservé sur le plan des incendies durant la saison, les flammes ont fait rage dans le Var. Le feu a débuté assez tôt à Gonfaron, tout près de l’aire de repos « Les Sigues », sur l’autoroute A8. Malgré l’engagement de 2 200 pompiers, dont 70 seront blessés, l’incendie a ravagé près de 7 000 hectares de forêt et entraîné la mort de deux habitants du secteur. Face à ces conséquences dramatiques, et comme pour 10 % des feux observés dans la région, la cellule d’investigation spécialisée dans la Recherche des causes et circonstances des incendies (RCCI) s’est rendue sur place pour mener l’enquête.

Une cellule pluridisciplinaire

Mais qu’est-ce que la RCCI ? « Au départ, cela provient des pays anglo-saxons, régulièrement confrontés à des feux urbains, et cherchant à en déterminer les causes. Les Catalans l'ont développée à leur niveau pour les feux de forêt. Sur ces modèles, la Délégation à la protection de la forêt méditerranéenne a souhaité créer une cellule de coopération interministérielle, afin d’enquêter sur l’origine des feux s'étant déclarés au sein des espaces naturels. Des formations ont été mises en place au niveau zonal, entre 2003 et 2005, permettant ainsi aux différents acteurs de se former mutuellement », relate le lieutenant Sautron, du SDIS 83.

La cellule RCCI du Var est en effet composée d’environ 25 personnels, dont des pompiers, des agents de l'Office national des forêts (ONF) et des gendarmes issus de la Cellule d’identification criminelle (CIC) du groupement.

Cette approche pluridisciplinaire constitue la richesse de l’entité. « Puisque la gendarmerie a besoin de préserver les lieux pour rechercher les traces et indices, les pompiers et les agents de l'ONF ont, par exemple, été formés au balisage de la zone. Les pompiers peuvent faire déplacer les équipes et leurs camions, éviter d’asperger certains endroits ou retarder le déblaiement, afin de ne pas polluer la zone », explique l’adjudant-chef Christophe, technicien au sein de la CIC 83.

De la même manière, les gendarmes s’appuient sur les connaissances de leurs partenaires pour étudier la scène. « Davantage habitués à observer les flammes vives que les cendres, les pompiers ont une vraie lecture du feu, ils savent nous dire comment il s’étend. Ils peuvent également s’appuyer sur leur plate-forme collaborative Remocra pour nous fournir un maximum de données sur la zone touchée et les risques encourus. De leur côté, les agents de l'ONF connaissent bien la topographie locale et les réactions de la flore, notamment en fonction de l’essence des arbres incendiés. »
Scruter la nature

Ces différents corps professionnels sont également habitués à observer et à analyser les conditions météorologiques. Et ce lundi 16 août, à Gonfaron, toutes les conditions étaient malheureusement réunies pour que la moindre étincelle embrase cette zone boisée. « C’était la canicule au cours des jours qui avaient précédé, avec des températures montant jusqu’à 40 degrés. Le jour même, il faisait 38 degrés, le taux d’hydrométrie était au plus bas, à peine 20 %, et le vent se levait avec des rafales à 70 km/h », se souvient le capitaine Petit, cadre de l'ONF. Le feu est ainsi parti très vite !

Le lieutenant Sautron est arrivé le jour même, en tant que chef de groupe dans un premier temps, pour lutter contre les flammes. Il a été rejoint dès le lendemain matin par ses homologues de la cellule. Après avoir échangé au poste de crise avec les premiers témoins, récupéré leurs coordonnées et des photos qu'ils avaient prises, tous ont rapidement pu étudier la zone de départ présumée.

La cellule travaille de façon méthodique. « Avant tout, on essaye de se faire sa propre idée en observant la scène chacun à notre tour. Ensuite, on échange nos avis et en cas de désaccord sur le point de départ, on approfondit nos recherches pour s’assurer que ce ne soit pas à un autre endroit ou qu’il n’y ait pas plusieurs départs. C’est un travail complexe, car l’incendie peut se propager de multiples façons, avec des sautes de feu par exemple », explique le capitaine Giraud, du SDIS 83.

Il s’agit donc d’observer avec une grande minutie. « Contrairement à certaines idées reçues, le feu a tendance à monter progressivement en température, donc bien souvent la zone la plus carbonisée n’est pas le point de départ, et pour certains indices physiques, la partie qui fait face aux flammes n’est pas dégradée par le feu, comme pour des troncs d’arbres. On regarde avant tout en hauteur, à la cime des arbres, puis au niveau des massifs, avant de finir à quatre pattes à scruter le sol », décrit l’adjudant-chef Christophe. Ils peuvent ainsi relever des odeurs ou des traces d’accélérateur d’incendie, mais aussi prélever des bouteilles ou des mégots abandonnés.
Rechercher la cause et prévenir les risques

À l’issue de leur analyse, les différents acteurs de la cellule fournissent des pièces (météo, cartographie, historique des feux dans la zone, analyse des prélèvements, etc.), permettant d’établir un rapport qui sera versé à la procédure. Venant s’ajouter aux investigations menées par les unités de recherches (auditions des témoins, réquisitions, etc.), il peut aussi bien incriminer une personne (notamment lorsque plusieurs mécanismes d’allumage mis en place à distance ont été constatés) que l’innocenter. « Je me souviens d’un cas où un homme avait été vu en train de jeter son mégot dans la zone et où nous avions pu démontrer que l’incendie avait été causé en réalité par la chute d’un câble électrique », relate l’adjudant-chef Christophe.

Pour autant, cela ne doit pas laisser penser aux personnes peu respectueuses de l’environnement qu’elles peuvent continuer de commettre des incivilités. Au-delà de l’enquête, les différentes causes de départ de feu constatées par la cellule RCCI permettent aussi d’agir sur le volet préventif : des patrouilles (gendarmes, pompiers, gardes forestiers) sont prépositionnées dans les zones les plus touchées, le public est sensibilisé quant à certains comportements inconscients (barbecues, mégots, déchets brûlés, etc.), de même que les élus, qui peuvent faire évoluer la réglementation et exiger, par exemple, le débroussaillage de terrains, pour sécuriser les habitations.

« Les patrouilles et les différentes actions de communication menées en la matière par nos corps professionnels respectifs ont déjà permis de faire diminuer le nombre de feux dans la région, mais nous remarquons encore des comportements à bannir, comme le jet de mégots dans la nature », regrette l’adjudant-chef Christophe. Espérons que la cellule n’ait jamais à revivre une année comme celle de 2017, où le record de 150 interventions et une dizaine d’incendiaires interpellés avait été enregistré

Source : https://www.gendinfo.fr/sur-le-terrain/immersion/2021/la-cellule-de-recherche-des-causes-et-circonstances-des-incendies-pas-de-feu-sans-fumee
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Plongeuse et technicienne en investigation subaquatique.

La MDC Karine Bilski, de la brigade nautique de Lézardrieux, est technicienne en investigation subaquatique. Elle nous présente son métier, dans l'eau, palmes aux pieds.

La fraîcheur est bien présente. 9 °C en moyenne sous la surface. De même que la houle, le fort courant, la mauvaise visibilité… Rien de tout cela n'est une légende lorsque l'on évoque les eaux bretonnes. Les conditions sont parmi les plus rudes de métropole. Karine, la plongeuse à l’accent chantant, s'en accommode avec le sourire : « J'aime quand ça bouge ! Dans l'eau et au travail, il me faut de l'activité, de la variété. » Adrénaline et importance de sa mission, telles sont les motivations qui l'habitent lorsqu'elle enfile sa combinaison bleue : « Lorsque nous remontons le corps d'un être cher, les familles sont soulagées. Elles peuvent enfin faire leur deuil.»

Des conditions de plongée souvent difficiles

En 2009, elle est devenue plongeuse professionnelle puis Technicienne en investigation subaquatique (Tis). Outre les missions inhérentes à tous les personnels des brigades nautiques, Karine coordonne également des équipes de plongeurs en tant que technicienne. Lorsqu'elle était en poste à Crozon (29), elle a eu à traiter une affaire qui sortait de l'ordinaire : « Le médecin légiste nous avait appelés car elle était en train d'autopsier un corps, repêché dans le port de Brest, mais… il lui manquait la tête. » Plusieurs plongeurs de la région s'étaient alors réunis pour retrouver cet élément manquant. « La coupe du cou était nette, le médecin suspectait un suicide. »

Le port brestois étant très vaste, les plongeurs avaient d'abord sondé une zone où une fine corde pendait d'un pont. Finalement, les équipes avaient trouvé des armes dans une poche plastique. « Rien à voir avec l'affaire mais une trouvaille inopinée qui a ouvert sur une autre enquête. » Afin de réorienter les recherches, la MDC Bilski avait proposé de retourner sur les lieux où le corps avait été vu flottant. « Nous nous sommes tous positionnés en ligne, les uns à côté des autres, en tenant une barre métallique.

Pour communiquer entre nous, nous frappions dessus selon un code. » Deux coups, « part-ez. », les plongeurs avançaient. Trois coups, « ar-rê-tez. », tous stoppaient. Une succession de coups ? « Trouvé ! » Karine confie que les conditions étaient particulièrement difficiles et le moindre mouvement superflu faisait remuer de la vase qui empêchait toute visibilité. « Nous nous entraînons à gérer notre stabilité sous l'eau, à évoluer au rythme de nos respirations. » Passé la surprise des enquêteurs restés à terre de voir remonter la partie manquante du corps, les remerciements envers les techniciens subaquatiques ne s'étaient pas fait attendre.
PTS en profondeur

Un Tis est l'équivalent d'un Tic (Technicien en identification criminelle) mais il évolue dans un milieu quelque peu différent. La police technique et scientifique effectuée dans l'eau n'en est pas moins rigoureuse. Les constatations réalisées dans le milieu sont primordiales : « Un tatouage dans l'eau reste visible, alors qu'en surface, du fait de la décomposition des tissus, il s'efface en une quinzaine de minutes. » De même, une arme s'oxyde rapidement.

Une fois l'objet découvert, le Tis balise le lieu au plus près de l'élément par des cônes numérotés auxquels sont attachés des « parachutes/bouées » qui remontent à la surface. Tout le protocole est respecté : « Quelques photographies, puis nous conditionnons l'arme dans son élément pour les relevés d'empreintes ou autres études de type balistique. Enfin, nous remettons au directeur d'enquête une pièce de procédure précise, qui reprend toutes nos constatations. »

Différents relevés d'eau sont effectués, près de l'objet, à la surface, en amont et en aval. « Les experts peuvent savoir précisément si le corps s'est noyé ici ou ailleurs, grâce à des colonies de bactéries propres à chaque milieu. »

Si le protocole de police judiciaire est respecté à la lettre, celui du temps de plongée l'est également. « Plonger est exigeant. Nous chronométrons notre temps selon des tables qui ne nous quittent jamais. Nous nous entraînons en toutes conditions, été comme hiver, pour nous aguerrir mais il faut savoir se préserver et toujours travailler en sécurité. »

Les conditions de plongée ne sont pas les seuls dangers sous la surface. « En début d'année, un plongeur civil a découvert plusieurs obus sous le pont de Lézardrieux. Avec mes camarades, nous sommes allés confirmer la trouvaille puis, le temps que les plongeurs-démineurs les fassent exploser, nous avons empêché la navigation sur la zone. On a ressenti la déflagration à plusieurs centaines de mètres. Le jour de mon anniversaire, je m'en souviendrai ! »

ZOOM SUR

La spécialité vous intéresse ? Toute unité territoriale peut faire appel aux plongeurs par un message de demande de moyens pour des recherches dans des puits, étangs, lacs, rivières… Les brigades nautiques sont situées sur tout le territoire et ont une compétence régionale, voire zonale. Pour devenir plongeur, il faut répondre à un message d'appel à volontaires et réussir les premiers tests en région. S'ensuit un cursus comprenant la formation de pilote d'embarcation, celle de plongée à Saint-Mandrier et enfin le volet judiciaire du métier à Antibes. Tous les plongeurs suivent la formation Tis au cours de leurs premières années en unité nautique.

Source :  https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Portraits/Plongeuse-et-technicienne-en-investigation-subaquatique
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Gendarmerie Nationale / Re : Des Cybergendarmes ....
« Dernier message par Jeano 11 le 18 juillet 2022, 07:41:41 »
Neuf mois après sa création, quel bilan pour le COMCyberGEND ?
Auteur : Pablo Agnan - publié le 7 juin 2022

Alors que débute aujourd’hui le Forum international de la cybersécurité (FIC), focus sur le Commandement de la gendarmerie dans le cyberespace. Neuf mois après son lancement opérationnel, cette jeune structure est confrontée à plusieurs défis de taille : cybercriminalité bien sûr, mais aussi recrutement et coopération internationale.

Le Forum international de la cybersécurité (FIC) ouvre ses portes aujourd’hui à Lille. Lancé en 2007 par la gendarmerie, l’événement est devenu un rendez-vous incontournable pour les aficionados des questions liées au cyber. Tous les acteurs majeurs de la cybersécurité y sont présents, à commencer par le tout jeune Commandement de la gendarmerie dans le cyberespace, le COMCyberGEND.

Depuis son lancement opérationnel en août 2021, cette nouvelle structure, chargée d’animer et de coordonner un réseau de 6 700 enquêteurs numériques, a déjà traité 2 500 procédures dans le cadre de ses investigations. « La grosse majorité de ces affaires sont des escroqueries en ligne, précise le général de division Marc Boget, commandant du COMCyberGEND. Le reste concerne des dossiers liés aux rançongiciels et. enfin, de la pédopornographie. »

Mais face à une augmentation croissante de la criminalité en ligne (+139 % de piratage de comptes en 2021 et une hausse de 95 % des rançongiciels), le COMCyberGEND ne cesse de se renforcer. D’abord sur le plan international, avec un accroissement des coopérations avec d’autres institutions étrangères, aussi bien sur le plan technique que judiciaire.
Une symbiose judiciaire et technique

Et cette collaboration renforcée donne de beaux résultats, comme celui du dossier TALPA. Entre septembre 2020 et décembre 2021, un rançongiciel frappe plusieurs multinationales françaises, avec des demandes de rançon allant de 5 à 70 millions de dollars. Une « task force » internationale, constituée de huit pays, est mise sur pied, avec l’appui d’Europol et sous le commandement du COMCyberGEND. Les investigations des cybergendarmes et de leurs partenaires permettent d’interpeller, fin 2021, deux individus en Ukraine, et de saisir 1,3 million de dollars en cryptomonnaie et 375 000 dollars en numéraire.

Mais cette coopération ne se limite pas au plan judiciaire. Le COMCyberGEND réalise également un effort conséquent sur le volet formation. Lors de sa prise de fonction, le général Boget connaissait déjà bien les problématiques liées aux ressources humaines dans le milieu cyber : « Elles (les ressources) sont très chères, dures à acquérir et à maintenir, d’où la nécessité de monter des partenariats avec les écoles spécialisées. » Neuf mois après son lancement, le Commandement de la gendarmerie dans le cyberespace a donc formé 140 militaires, dans des domaines tels que l’enquête sous pseudonyme et la lutte contre les usages illégaux de crypto-actifs.

Aujourd’hui, chaque département compte au minimum un enquêteur spécialisé en cyber, « avec derrière lui un an et demi de formation ». La plupart de ces « cyberlimers » se trouvent dans les antennes du Centre de lutte contre les criminalités numérique (C3N). Il en existe actuellement 11 en France. L’objectif affiché par le général Boget est d’en avoir « 30 d’ici les Jeux olympiques de Paris en 2024. »

D’autres transformations vont être opérées dans les années à venir, avec notamment l’ouverture, dès la fin 2022, d’un Centre national de formation à la cybersécurité. Encadrée par une quinzaine de gendarmes, cette école aura pour ambition de former les militaires de la gendarmerie, comme l’ensemble des agents du ministère de l’Intérieur, à la cybersécurité. Le centre bénéficiera en outre de l’environnement « incubateur » du campus cyber pour nouer des partenariats et des savoir-faire de bon niveau. Selon toute vraisemblance, il sera implanté à Lille, ville qui accueille… le FIC.

Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/neuf-mois-apres-sa-creation-quel-bilan-pour-le-comcybergend
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À l’attaque des pirates avec la cellule cyber de la gendarmerie maritime
Auteur : le chef d'escadron Sophie Bernard - publié le 16 juillet 2022

Parmi les gendarmes défilant sur les Champs, ce jeudi 14 juillet 2022, se trouvait un enquêteur appartenant à la cellule CYBERGENDMAR. Cette poignée d’experts, exerçant au sein de la Section de recherches de la gendarmerie maritime (S.R. GMAR), lutte contre les cybercriminels qui voguent aussi bien sur la Toile que sur l’eau. Retour sur leurs missions face à cette délinquance très spécifique.

Si les « pirates » contemporains agissent davantage derrière un ordinateur qu’à bord d’un bateau, la frontière est en réalité ténue. Repérant les activités les plus prospères afin de s’y attaquer, ils n’ont pas tardé à comprendre que le secteur maritime était devenu une vraie manne financière en tant que troisième secteur économique mondial en termes de rentabilité.
Une cellule à double casquette

Face à ce phénomène, la gendarmerie maritime s’est adaptée à la menace en créant, dès 2018, une cellule nationale cyber maritime baptisée « CYBERGENDMAR ». Composée de quatre enquêteurs ayant des compétences maritimes et étant spécialistes en Nouvelles technologies (NTECH), elle est basée dans les locaux de la S.R. GMAR de Toulon. En lien à la fois avec le magistrat responsable des affaires de la mer et le magistrat spécialisé cyber, ces gendarmes réalisent des enquêtes judiciaires ayant un caractère cyber auprès de tout acteur maritime, à terre comme en mer.

La cellule s’appuie aussi sur un réseau de 42 Correspondants NTECH (C-NTECH), répartis sur l’ensemble des façades maritimes françaises, qui permettent d’intervenir en priorité en cas d’urgence. La compétence maritime des enquêteurs leur permet de bien connaître le réseau des partenaires et des victimes potentielles, mais aussi de maîtriser la législation très spécifique en la matière. Forts également de leur qualité de NTECH, ils s’informent des nouvelles cybermenaces, analysent les données des instruments de bord, cherchent les éventuelles failles des systèmes et conseillent les nombreux acteurs en la matière.

Le transport maritime, première victime

Parmi ces derniers, les cybercriminels visent aujourd’hui en priorité les sociétés de transport maritime. Assurant déjà 90 % des échanges commerciaux internationaux, la crise sanitaire a intensifié leur activité avec une diminution des liaisons routières et aériennes. Attirés par les bénéfices de ces entreprises, les cybercriminels cherchent à bloquer leurs opérations commerciales ou à nuire à l’exploitation de leurs navires, avant de demander une rançon contre la remise en l’état du système. « Cela nécessite des compétences très pointues et un long travail d’étude en amont, puisqu’ils vont à chaque fois adopter un mode d’action spécifique à leur cible. Ils cherchent les failles de l’entreprise et adaptent leurs outils en conséquence, explique l’adjudant-chef Stéphane F., chef de la cellule et pionnier en la matière. Chacun a un rôle précis dans le groupe criminel : l’un va créer le virus, un autre va le diffuser, un troisième se chargera de demander la rançon en cryptomonnaie, un autre de la réinvestir pour blanchir, etc. » Certains pirates poussent même le vice jusqu’à proposer à l’entreprise un livret de conseils, à l’image d’un audit, moyennant finance bien sûr ! « Finalement, c’est une course sans fin entre les chercheurs en solutions informatiques, les développeurs d’antivirus, les pirates et nous», résume le gradé.

Très souvent, la société va s’empresser de payer la rançon pour éviter de supporter un arrêt prolongé de son activité qui lui coûterait plus cher. Elle va également préférer ne pas déposer plainte afin de ne pas risquer de ternir son image auprès de ses clients et perdre leur confiance. « Nous devons les convaincre de déposer plainte, car non seulement elles subissent un dommage mais, bien souvent, elles ne sont pas les seules victimes. Cela permet ensuite de regrouper les entreprises touchées pour remonter plus facilement vers le pirate. » Heureusement, la cellule CYBERGENDMAR est de plus en plus reconnue dans le milieu maritime et portuaire, notamment à travers son partenariat avec le syndicat professionnel GYCAN, qui fédère plus de 250 industriels et organisations du secteur. Les sociétés n’hésitent pas à faire appel à elle, que ce soit à la suite du défacement de leur site Web, d'une escroquerie par faux ordres de virement, ou d'un ransomware, comme ce fut le cas pour l’armateur CMA-CGM en 2020. Mais les cybercriminels voient toujours plus grand et commencent déjà à s’attaquer aux ports, points internationaux stratégiques en matière de logistique.
Quand la menace cyberterroriste plane sur l’océan

Au-delà de l’intérêt financier qui se cache derrière ces cyberattaques de sociétés, la cellule CYBERGENDMAR se prépare également à d’autres menaces liées à ces pirates des temps modernes, à l’instar d’une cyberattaque terroriste visant le milieu maritime. « Nous travaillons de plus en plus sur des scénarios cyber en matière de contre-terrorisme. En s’introduisant, par exemple, dans le système informatique embarqué d’un navire, les pirates pourraient lui faire changer de cap, couper son identification sur les radars des autres bateaux, ouvrir ses portes en pleine mer, contaminer l’eau distribuée à bord, etc. »

La menace est d’autant plus importante que les navires comportent de plus en plus de systèmes informatiques embarqués, sans pour autant que soient prises en compte leurs vulnérabilités. Les constructeurs navals n’hésitent d’ailleurs pas à développer encore davantage la présence de l’intelligence artificielle, sur le navire et à terre, afin de limiter au maximum le nombre d’individus à bord. Rolls-Royce a ainsi conçu, il y a quatre ans, un navire de patrouille autonome. Destiné avant tout aux forces marines, il pourrait évoluer en mer sans équipage, avec des drones autour pour le sécuriser.

Aussi, la cellule participe à des exercices cyber d’ampleur, notamment avec le pôle des opérations aéronavales de la Marine nationale, afin d’associer ses compétences cyber et judiciaires au savoir-faire des forces armées. Les enquêteurs interviennent en particulier pour effectuer le gel des lieux numérique, ainsi que pour recueillir les preuves, traces et indices à bord et sur les personnels concernés.

Une double expertise au service de l’enquête

Mises à part ces nouvelles menaces, la double compétence des enquêteurs de la cellule s’avère essentielle dans les dossiers les plus courants. Elle est souvent sollicitée dans le cadre d’accidents, pour déterminer la localisation de l’épave et les circonstances exactes, mais aussi dans la lutte contre les nombreux trafics empruntant la mer (stupéfiants, armes, êtres humains, biens culturels, etc.). « Pour des trafiquants de stupéfiants, il n’y a rien de mieux qu’un bateau de plaisance pour transporter de la drogue tout en passant inaperçu dans un port. Grâce à notre double casquette (NDLR : NTECH et GMAR), nous allons pouvoir démontrer l’existence d’un trafic organisé, en analysant les instruments de bord, leurs tablettes et téléphones portables, mais également en utilisant les cartes marines pour déterminer leur trajet et les potentiels lieux de livraison », explique l’adjudant-chef.

La bonne connaissance du milieu maritime permet aux enquêteurs de requérir les partenaires adéquats pour obtenir les données recherchées : polices étrangères, ports étrangers, satellites maritimes (spécifiques aux communications en mer), etc. Si certains délinquants peuvent tenter de fausser les données des instruments de bord, les enquêteurs savent aussi repérer ce type de malversations.

Face à ces nombreux enjeux, la cybersécurité en milieu maritime est devenue, en quelques années, une priorité nationale. En 2018, le Comité interministériel de la mer (CIMER) a annoncé la création d’un centre national de coordination de la cybersécurité pour le monde maritime. En attendant, l’association « France Cyber Maritime » a été mise en place, afin de réunir et d’informer tous les acteurs concernés en la matière. La CYBERGENDMAR est ainsi membre de son M-CERT (Maritime Comprostituéer Emergency Response Team), qui centralise tous les incidents cyber du secteur maritime et favorise le partage d’informations entre les acteurs. Par ailleurs, les enquêteurs de la cellule continuent de se former, en lien avec l’école navale et la chaire de cybersécurité navale de Brest, tout en échangeant sur le sujet à l’international. À ce titre, elle est notamment intervenue, en juin dernier, lors d’une table ronde organisée au Cameroun, pour présenter les enjeux de la cybersécurité des ports d’Afrique

Source : https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/a-l-attaque-des-pirates-avec-la-cellule-cyber-de-la-gendarmerie-maritime
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La sécurité des clouds, un enjeu de taille en matière cyber
Auteur : le chef d'escadron Sophie Bernard - publié le 17 juillet 2022


À la suite du défilé du 14 juillet 2022, où les enquêteurs cyber de la gendarmerie ont été mis en avant, Gendinfo s’intéresse à la sécurité des clouds. Ces « nuages » de données stockées à distance sont devenus un outil essentiel pour les internautes, d’autant plus avec l’accroissement du télétravail. Ils génèrent néanmoins des risques contre lesquels il s’agit de se prémunir.

En 2021, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a recensé 1 082 intrusions avérées dans des systèmes d’information, soit trois intrusions par jour et une augmentation de 37 % par rapport à 2020. Parmi les failles de mieux en mieux exploitées par les cybercriminels, l’agence pointe du doigt les « clouds computing », ces fameuses technologies de « l’informatique en nuage » permettant de stocker des données à distance. « La crise sanitaire ayant accéléré son usage dans les secteurs public et privé, l’utilisation généralisée du cloud augmente mécaniquement le niveau de menace et la surface d’attaque. En effet, des défauts de sécurisation des données sont encore trop souvent constatés », souligne l’agence.
Nuage gris sur Pontivy

Pour preuve, l’intrusion constatée l’année dernière sur le cloud d’un lycée à Pontivy (56). Du jour au lendemain, la plateforme ouverte à l’administration, aux équipes pédagogiques, aux élèves et à leurs parents, s’est retrouvée infestée d’images pornographiques placées au beau milieu des organigrammes de l’établissement.

Chargé d’accueil à la brigade de la commune ce jour-là, le gendarme Patrick a reçu le proviseur adjoint du lycée pour enregistrer sa plainte. « En unité, les plaintes liées au cyber sont de plus en plus récurrentes, notamment lorsqu’il s’agit d’escroquerie en ligne », remarque-t-il. Mais cette fois-ci, les faits sortent quelque peu de l’ordinaire et nécessitent des connaissances plus poussées en informatique. Une chance, presque deux auparavant, Patrick a été formé Correspondant nouvelles technologies (C-NTECH) et correspondant sûreté. « Ces formations m’ont beaucoup aidé, car à la base je n’y connaissais rien. Finalement, c’est très impressionnant tout ce qu’il est possible de faire en cyber pour un enquêteur. »

Dans un premier temps, le cloud comptant habituellement plus de 1 000 utilisateurs a été bloqué.

Après avoir contacté le gestionnaire du parc informatique du lycée, Patrick a pu récupérer les coordonnées I.P. de l’appareil s’étant introduit frauduleusement sur le cloud. « J’ai lancé une réquisition pour géolocaliser l’appareil et je suis remonté à la borne wifi d’un élève. » Il s’avère que celui-ci cohabitait avec ses parents et sa petite amie, avec qui il avait partagé ses codes de connexion au cloud. « Mes soupçons se sont très vite portés sur cette jeune fille, qui a fini par avouer les faits lors d’une audition. Très jalouse de son compagnon, elle avait voulu se venger de lui en déposant d’abord à sa place des examens bâclés sur le cloud, puis en transférant des images pornographiques afin qu’il soit inquiété », raconte l’enquêteur. Celle-ci a finalement écopé d’un rappel à la loi pour accès et usage frauduleux, des infractions à distinguer du revenge porn, qui aurait pu être retenu si le petit ami était apparu dans le contenu pornographique. De son côté, Patrick a eu l’honneur de défiler sur les Champs-Élysées, ce jeudi 14 juillet, parmi les autres enquêteurs cyber.

L’indice de confiance

« Devenues l’affaire de tous, les cyberattaques n’épargnent aucun secteur d’activité. Tous les acteurs, qu’ils soient publics ou privés, ont la main sur tous les outils pour y faire face : mettre en œuvre les mesures de cybersécurité adaptées, élever leur niveau de vigilance, sensibiliser leurs collaborateurs aux risques et s’exercer à la réaction en cas d’attaque », signale l’ANSSI.

Qu’il s’agisse d’une entreprise, d’un établissement public, comme ce lycée, ou d’un particulier, il est ainsi primordial de se prémunir contre les risques liés au cyber, et plus particulièrement à l’utilisation du cloud. À cette fin, la CNIL recommande de bien connaître son outil de travail, notamment la localisation géographique des serveurs qui vont héberger ses données. Pour y voir plus clair dans le champ des prestataires, l’ANSSI a souhaité accompagner les usagers, dès 2016, en attribuant un label SecNumCloud aux opérateurs cloud respectueux des bonnes pratiques en matière de sécurité. Dans sa liste, l’agence fait ainsi figurer les « clouds de confiance » dont elle a validé les différents aspects techniques et juridiques. Enfin, au-delà du choix de l’outil, il convient d’adopter certaines bonnes pratiques dans le cadre de son utilisation : renforcer le processus d’identification des utilisateurs et les distinguer des administrateurs, chiffrer les données sensibles, effectuer les mises à jour logicielles du cloud, afin d’appliquer les correctifs de sécurité, ou encore sauvegarder ces mêmes données hors ligne car, malgré toutes les précautions, aucun réseau n’est impossible à pénétrer.

Source :  https://www.gendinfo.fr/actualites/2022/la-securite-des-clouds-un-enjeu-de-taille-en-matiere-cyber
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