Auteur Sujet: Sport et chaleur: les bons réflexes pour éviter le coup de chaud  (Lu 1415 fois)

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Hors ligne Jeano 11

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Pratiquer une activité physique par temps chaud, c'est comme gravir une montagne: on ne commence pas par l'Everest. L'acclimatation, l'adaptation, la progression, l'écoute de son corps et le bon sens font toute la différence.

Un aspect à prendre en compte est que la tolérance à la chaleur s'acquiert à l'entraînement. |

Quand l'été arrive, les mêmes recommandations se répètent: éviter les heures les plus chaudes de la journée, rechercher l'ombre et boire de l'eau. Ce sont des conseils judicieux, surtout en période de canicule, mais ils ne correspondent pas toujours à la réalité. Certaines personnes aiment s'entraîner, transpirer, courir ou faire du vélo en plein air. (En France, pendant les fortes chaleurs, le ministère de la Santé invite à limiter au maximum l'activité physique et à privilégier les activités douces. Des gestes simples permettent d'éviter les accidents, insistent ses services. Retrouver ses conseils consacrés à la pratique sportive au moment des pics de chaleur.)

Est-ce possible? Oui, mais la chaleur ajoute une charge supplémentaire et oblige à adapter l'effort. Ce n'est pas la même chose de sortir pour marcher une demi-heure que de faire des séries de course à pied, un long parcours à vélo ou une séance de musculation intense. Le risque et les adaptations nécessaires dépendent de la personne, du type d'exercice pratiqué et de la durée d'exposition à la chaleur.

Un même entraînement n'est plus tout à fait le même

Pendant l'activité physique, les muscles génèrent de la chaleur. Pour la dissiper, l'organisme envoie davantage de sang vers la peau et active la transpiration, tout en continuant à alimenter les muscles. C'est pourquoi un rythme habituel peut s'avérer plus exigeant en été: la perception de l'effort augmente, la fatigue survient plus tôt et les performances peuvent diminuer.

    Il convient de prêter attention à ses sensations, à sa respiration, à sa fréquence cardiaque et à sa capacité à récupérer entre les efforts.

Adapter son entraînement ne signifie pas être moins en forme. Courir plus lentement, réduire le nombre de séries ou allonger les temps de repos peut demander un effort similaire à celui d'une séance plus intense par temps frais. Lors des journées de forte chaleur, le chronomètre ou la charge d'entraînement ne reflètent pas toujours tout. Il convient également de prêter attention à ses sensations, à sa respiration, à sa fréquence cardiaque et à sa capacité à récupérer entre les efforts.

Transpirer aide, mais ce n'est pas une fin en soi

La transpiration est l'un des principaux mécanismes utilisés par le corps pour évacuer la chaleur, mais ce qui nous rafraîchit réellement, c'est l'évaporation de la sueur sur la peau. Lorsque l'humidité est élevée, on peut se retrouver trempé et, malgré cela, moins bien se rafraîchir.

De plus, transpirer davantage ne signifie pas s'entraîner mieux, brûler plus de graisses, ni éliminer davantage de «toxines». Cela dépend de la température, de l'humidité, des vêtements que l'on porte, de l'intensité et de l'adaptation individuelle. C'est pourquoi il n'est pas très pertinent d'évaluer une séance en fonction du degré d'humidité du t-shirt à la fin de l'exercice: cela peut être un indicateur de l'effort fourni, mais aussi simplement de la chaleur, de l'humidité ou d'un mauvais choix de vêtements.

    Il est utile de commencer la séance en étant bien hydraté. Mais boire en excès («au cas où») n'est pas une bonne idée.

Un autre aspect à prendre en compte est que la tolérance à la chaleur s'acquiert à l'entraînement: une exposition progressive améliore la capacité à transpirer et à réguler la température corporelle. Un débutant ou une débutante devra donc privilégier des séances plus courtes, à intensité modérée, et les moments où il fait moins chaud. Une personne entraînée et acclimatée, en revanche, dispose d'une plus grande marge de manœuvre, mais elle n'est pas pour autant invulnérable: elle peut réduire le rythme lors des exercices d'endurance et diminuer le volume ou allonger les temps de repos lors des séances de musculation.

Manger et boire de manière raisonnable

Faire de l'exercice intense immédiatement après un repas copieux peut favoriser l'apparition d'une sensation de lourdeur, de nausées ou de troubles digestifs. Il est conseillé de laisser un délai suffisant ou, si le temps est compté, d'opter pour des aliments légers et faciles à digérer, comme un fruit, une tartine au miel ou à la confiture, un yaourt ou un petit sandwich simple. La quantité et le moment doivent être adaptés au type d'entraînement et à la tolérance de chacun.

Il est également utile de commencer la séance en étant bien hydraté. Pour une séance courte, l'eau suffit généralement, mais si l'effort se prolonge ou si la transpiration est abondante, il peut être utile de reconstituer également ses réserves en sels minéraux et en glucides.

Dans tous les cas, boire en excès («au cas où») n'est pas une bonne idée: l'hydratation doit être adaptée à la durée et à l'intensité de l'effort, ainsi qu'aux pertes individuelles. Une bonne règle pratique consiste à arriver à l'entraînement sans avoir très soif et à observer comment le corps réagit après: une fatigue excessive, un mal de tête ou une récupération anormalement lente peuvent être des signes indiquant que la séance, la chaleur ou l'hydratation n'ont pas été bien gérées.
S'entraîner en plein soleil ajoute une contrainte supplémentaire

Certaines personnes aiment sentir le soleil pendant leur entraînement. Il ne faut pas diaboliser cette préférence, mais il faut comprendre que le rayonnement solaire augmente la charge thermique et entraîne une exposition supplémentaire aux rayons ultraviolets.

    Il est donc possible de s'entraîner par temps chaud. L'essentiel n'est pas de prouver ce dont on est capable, mais de progresser, d'être à l'écoute de son corps et d'adapter son programme.

Si vous choisissez de vous entraîner sous les rayons du soleil, il est conseillé de protéger votre peau, de porter des vêtements légers, d'avoir de l'eau à portée de main et d'accepter que certains jours, il faille réduire la durée ou l'intensité de l'exercice. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de limiter l'exposition pendant les heures où le rayonnement est le plus intense et de recourir à l'ombre, à des vêtements protecteurs et à une protection solaire.

Certains symptômes ne doivent pas être ignorés: en cas de vertiges, de maux de tête intenses, de nausées, de faiblesse inhabituelle, de perte de coordination, de confusion ou de sensation d'évanouissement, il faudra s'arrêter, trouver un endroit frais et rafraîchir son corps.

Il est donc possible de s'entraîner par temps chaud. L'essentiel n'est pas de prouver ce dont on est capable, mais de progresser, d'être à l'écoute de son corps et d'adapter son programme. Commençons par la colline; ensuite, si tout se passe bien, l'Everest viendra tout seul.

Source  https://www.slate.fr/sante/possible-pratique-sport-ete-chaleur-mais-pas-n-importe-comment-programme-entrainement-activite-physique-corps-adaptation-canicule-conseils?utm_campaign=la-quotidienne&utm_medium=email&utm_edition=202607060400&utm_source=newsletter

Hors ligne Jeano 11

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Faut-il boire très très froid ou très chaud pendant les vagues de chaleur ?

On a tous en tête des publicités qui vantent les mérites de boissons froides, voire quasiment glacées, pour se rafraîchir quand il fait très chaud. Souvent, elles mettent en scène une femme en nage qui boit quelque chose et fait un grand "ah" de soulagement. Mais faut-il vraiment boire très froid quand il fait très chaud ? Ou faut-il, au contraire, boire très chaud comme certains le disent ?
Non, il ne faut pas boire glacé quand il fait chaud

Boire très très froid quand les températures sont élevées n'est pas une très bonne idée, en réalité.
Ce n'est pas dangereux de le faire, cela peut donner une sensation de froid dans la bouche, dans la gorge, que certains peuvent apprécier, mais c'est une sensation passagère. Boire une boisson glacée ne rafraîchit pas profondément. Cela peut même avoir l'effet inverse.

Notre corps, dans son fonctionnement, doit maintenir sa température autour des 37 degrés.
Quand on boit une boisson très très froide qui nous donne une sensation de fraîcheur, notre corps peut l'interpréter comme un signe qu'il doit se réchauffer pour revenir à sa température initiale de 37 degrés.
Il va donc tout faire pour se réchauffer, et notamment cesser de transpirer ou transpirer moins, réduisant ainsi les bénéfices de la transpiration qui, elle, nous rafraîchit réellement.

Les boissons glacées ont aussi tendance à couper notre sensation de soif et, de ce fait, à nous faire boire moins, alors qu'il est nécessaire de s'hydrater régulièrement quand il fait chaud.
Boire chaud, une option possible mais sous conditions

Certains vont au contraire estimer qu'il faut boire chaud, comme un bon bol de thé, quand on a déjà chaud. L'argument principal en faveur des boissons chaudes est que réchauffant notre corps, elles lui envoient le signal de se rafraîchir, celui-ci se met alors à transpirer davantage.

Boire chaud quand il fait très chaud, à l'exemple des Touaregs dans le désert, aide le corps à se refroidir.
La boisson chaude force l'organisme à transpirer, et la sueur en s'évaporant rafraîchit la peau. En plus, une eau trop glacée choque l'estomac et perturbe la régulation thermique.


Dans une étude publiée en 2012, des chercheurs canadiens ont montré que pendant une activité physique dans une température ambiante d'une vingtaine de degrés avec une faible humidité, boire une boisson chaude d'environ 50 °C pouvait refroidir davantage qu’une boisson glacée, voire froide. Mais cela se produit dans des conditions très précises, quand notre sueur peut s'évaporer, c'est-à-dire si l'on est à l'extérieur, dans un milieu pas trop humide, et que l'on porte des vêtements très légers. Au contraire, dans un environnement humide, très chaud ou confiné, quand la sueur s'évapore mal, boire une boisson chaude peut tout simplement donner chaud. Gare aux coups de chaleur.
Mieux vaut boire froid ou tiède

Pour bien se rafraîchir, mieux vaut boire une boisson fraîche, à 10 °C ou 15 °C, ou à température ambiante.

Au final, le plus important n'est pas la température de la boisson, c'est sa quantité et sa fréquence. L'Assurance maladie(Nouvelle fenêtre) recommande de boire beaucoup d'eau et régulièrement pour éviter toute déshydratation, mais aussi de s'hydrater en mangeant des fruits et des légumes gorgés d'eau comme le melon, la pastèque, le concombre. Il faut aussi s'hydrater par la peau en humidifiant ses vêtements et en s'aspergeant d'eau avec un brumisateur.

Le paradoxe du thé chaud qui rafraîchit

L'instinct pousse naturellement vers les boissons glacées dès que le thermomètre grimpe. Pourtant, le mécanisme qui se joue dans le corps raconte une autre histoire, plus contre-intuitive qu'il n'y paraît.

Lorsqu'une boisson chaude descend dans l'organisme, des récepteurs situés au niveau des viscères détectent cette chaleur et envoient un signal au cerveau. Le corps interprète ce signal comme une nécessité de se refroidir, et déclenche alors sa réponse la plus efficace : la sudation. C'est cette transpiration, et surtout son évaporation à la surface de la peau, qui produit l'effet rafraîchissant recherché, bien plus durable qu'une simple sensation de fraîcheur immédiate.

À l'inverse, une boisson glacée envoie un message presque opposé. Le corps, percevant un afflux de froid, a tendance à limiter sa sudation pour préserver sa chaleur interne, ce qui réduit paradoxalement sa capacité à se rafraîchir sur la durée. La sensation de fraîcheur ressentie en buvant glacé reste donc plus immédiate, mais aussi plus éphémère.

Ce mécanisme explique en partie pourquoi tant de cultures, dans les régions les plus chaudes du globe, ont conservé l'habitude de boire chaud même quand le soleil tape fort. Ce n'est pas une résistance à la chaleur, c'est une façon d'y répondre intelligemment, en utilisant les propres ressources du corps plutôt qu'en les contrariant.

Cependant en France, Santé publique France et les recommandations gouvernementales sont claires sur ce point précis : en période de canicule, il est conseillé de limiter les boissons riches en théine, dont le thé fait partie.
La raison tient à un effet bien documenté : la théine, comme la caféine, favorise légèrement la diurèse, c'est-à-dire l'élimination d'eau par les reins, ce qui peut accentuer le risque de déshydratation dans un contexte où le corps a déjà besoin de toute son eau pour se réguler.
Mais en cas de canicule avérée, avec des températures extrêmes et un risque sanitaire réel, la priorité absolue reste de maintenir une hydratation suffisante en eau (un verre toutes les 20"), en quantité largement supérieure à d'habitude.
Conclusion : le thé chaud, ou froid, un allié à utiliser avec discernement   8)

L'eau à température ambiante reste la boisson la mieux assimilée par l'organisme : pas de coût thermique, pas de diurèse, pas de transpiration accélérée. C'est la base.