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Gendarmerie Nationale / Egalité professionnelle
« Dernier message par Jeano 11 le 30 septembre 2020, 18:11:54 »
La gendarmerie s'est engagée en faveur de l'égalité professionnelle. Après avoir mis en place la cellule d'écoute "Stop Discri" début mars, elle franchit une nouvelle étape en diffusant son plan d'action pour l'égalité professionnelle.
Le plan d'action pour l'égalité professionnelle vise à offrir à chacun les mêmes possibilités d'épanouissement au sein de la gendarmerie. Il s'adresse donc à toutes et à tous.

Loin d'être une simple déclaration d'intention, c'est un recueil de onze mesures concrètes, justes et équilibrées qui s'articulent autour des trois axes suivants :

* encourager les parcours professionnels des femmes ;

* mieux concilier vie professionnelle – vie personnelle ;

* prévenir et lutter contre toutes formes de discriminations ou de violences.

Vivant et appelé à évoluer, le plan d'action pour l'égalité professionnelle sera régulièrement actualisé.
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Gendarmerie Nationale / Re : Escadron de Gendarmerie Mobile
« Dernier message par Jeano 11 le 28 septembre 2020, 11:31:47 »
Premiers gendarmes féminins en mission Opex de trois mois sur le territoire Irakien, elles livrent leur regard sur ce séjour, d’autant plus particulier que l’épidémie de Covid les aura totalement confinées au sein de l’ambassade. Récit.

Située dans la zone classée rouge de Bagdad, l’ambassade de France en Irak est placée sous la coupe d’un dispositif de sécurité renforcé, confié à un détachement de gendarmerie. Sous la responsabilité de la sécurité-protection du GIGN et composé de militaires du GIGN, de Techniciens d’escorte d’autorité et de sécurisation de site (TEASS) et de Gendarmes mobiles (G.M.), détachés sur place pour une durée de trois mois, celui-ci assure ainsi la protection des diplomates, des divers agents de l’ambassade et des emprises françaises.

Au regard du risque d’attentat prégnant et des tirs fréquents dans les environs proches, la vie sur cette emprise a déjà, en temps normal, des airs de confinement, que la pandémie de Covid-19 est venue accentuer. C’est dans ce contexte particulier qu’un peloton de l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) d’Aurillac a été projeté à Bagdad de fin avril à début août dernier. Particulier aussi, au regard de la présence, pour la première fois sur le sol irakien, de deux gendarmes mobiles féminins : Marine et Roxane.

De leur désignation à leur retour en France, en passant par leur arrivée à l’aéroport de Bagdad, la perception de leur paquetage, leur formation in situ par le GIGN et l’accomplissement de leurs différentes missions, les deux militaires reviennent sur leur expérience au sein de cette ambassade, qu’elles n’auront pas quittée durant tout un trimestre. En effet, levées partiellement pendant un temps, les mesures de confinement ont été reconduites au regard de la forte augmentation du nombre de personnes infectées dans la capitale irakienne.

En janvier 2020, l’EGM 18/5 d’Aurillac est désigné pour effectuer, l’été suivant, un déplacement ultramarin à Saint-Martin et une mission en Opérations extérieures (OPEX) en Irak, pour laquelle le détachement est uniquement composé de volontaires. Les militaires vont donc devoir faire leur choix entre « la plage et l’eau turquoise ou le désert et les kamikazes », résument avec humour Roxane et Marine. Pour elles, la question ne se pose que très brièvement, les deux militaires décidant assez vite de tenter leur chance avec l’OPEX, même s’il n’y a encore jamais eu de personnels militaires féminins projetés au sein de l’ambassade de France à Bagdad.

Quand on les questionne sur leurs motivations, les deux gendarmes sont unanimes : « Nous aimons notre travail et sa diversité, qui nous permet parfois de nous mettre en situation d'inconfort, nous aidant en cela à gagner en expériences enrichissantes. Cette mission y répondait totalement. Et puis servir en Irak n’est pas donné à tout le monde. Beaucoup de gendarmes, même avec une certaine ancienneté, n’ont jamais eu cette chance. Alors quand l'opportunité s'est offerte à nous, jeunes gendarmes, nous nous sommes dit pourquoi ne pas oser ? Pourquoi ne pas tenter ? »

Quelques semaines plus tard, alors qu’elles sont en déplacement dans l’Est de la France avec leur unité, les deux militaires reçoivent un mail les informant qu’elles ont été retenues pour cette OPEX. « Nous sommes toutes deux sorties en même temps de nos chambres. Nous étions bouche bée. Malgré notre acte de volontariat, nous ne pensions pas que la réponse serait positive, notamment au regard de notre arrivée encore récente à l'escadron et, bien sûr, de l’absence de femmes militaires sur place. Nous avons éclaté de joie. » C’est dès lors officiel, « entre le confinement à l’escadron et l’enfermement dans l’ambassade, nous en avions pris pour six mois ferme  », plaisantent Marine et Roxane. À la surprise et à la joie, viennent très vite se mêler d’interminables questions : « Nous allions vers l'inconnu. Notre première OPEX, et pas des moindres : en Irak ! Nous avions hâte d’y être. »

Mais avant le départ, les militaires retenus doivent se préparer tant physiquement que psychologiquement. La semaine de préparation à la projection opérationnelle, prévue du 16 au 20 mars, est malheureusement écourtée à cause de la pandémie de COVID-19. « Nous avons toutefois eu la chance de bénéficier du retour d’expérience d’un major ayant effectué cette mission quelques mois auparavant », note l’une des gendarmes.

Dans leurs bagages, les militaires prévoient tout le nécessaire, notamment en matière d’hygiène, pour toute la durée du séjour, « voire un peu plus, au cas où il y ait un problème et que nous devions rester plus longtemps sur la mission, comme nos camarades de l’unité précédente, qui avaient prolongé un quatrième mois. »

Le départ approche. Le voyage doit s’effectuer par Voie aérienne militaire, VAM dans le jargon, depuis la base aérienne d’Orléans. « Nous avions été prévenues par nos gradés que le voyage serait rustique, mais pour nous, c’était une expérience de plus. »

La veille au soir, l’heure est aux derniers appels aux familles. Après une dernière nuit sur la base, avec vue sur les pistes, « cherchant tant bien que mal le sommeil », vient une longue attente à l’aéroport, pour procéder aux différents contrôles des passeports et visas, avant d’enfin embarquer à bord d’un A4OOM.

La rusticité annoncée se confirme. « Nous étions positionnées le long de la carlingue, sur des sièges en toile, avec une promiscuité entre nous et les palettes de bagages et différents matériels militaires également transportés, raconte Marine, sans cacher la petite appréhension ressentie alors. Devant nous, une palette nous bloquait la vue et nous empêchait de voir nos camarades de l’autre côté de l’avion. Quelques scénarios catastrophes nous ont traversé l’esprit… Mais le technicien de l’armée de l’Air, venu vérifier la sangle, ne semblait pas inquiet. »

La suite du voyage s’effectuera de manière sereine, « malgré les secousses et le mal de l’air. »
Premiers pas sur le sol irakien…
Après un peu plus de cinq heures de vol, l’avion se pose sur le bitume de l’aéroport militaire de Bagdad. « Dès notre arrivée, le dépaysement a été total », confie Roxane.

Après une vérification méticuleuse des passeports et des visas par la sécurité irakienne, les gendarmes mobiles sont immédiatement pris en charge sur le tarmac par les TEASS. Leurs premiers gestes consistent à s’équiper d’un gilet lourd, avant de prendre place dans un véhicule blindé de transport de personnes, baptisé « La Citrouille ». La mission a déjà débuté !

« Sur le trajet vers l’ambassade, nous étions collées aux fenêtres, enfin plutôt aux hublots. Nous avons pu observer cette ambiance très particulière, où régnait l’insécurité, poursuit-elle. Ce furent quasiment les seules vues que nous aurons eu de Bagdad jusqu’à notre retour pour la France, trois mois plus tard. »

Et mise dans le bain immédiate !
Arrivés à l’ambassade, les gendarmes prennent possession de « leurs quartiers ». Roxane et Marine bénéficient d’une chambre spacieuse, avec de multiples rangements, ainsi que de sanitaires qu’elles se partagent. Malgré la fatigue du voyage, l’heure n’est pas au repos. Tous doivent rester concentrés. À peine leurs valises posées en chambre, Marine et Roxane, comme leurs camarades, perçoivent l’équipement qu’elles vont devoir porter, ou tout du moins déplacer pour l’avoir à portée de main, tout au long du séjour. Il est le même pour tous les militaires : Gilet pare-balles (GPB) lourd type OTAN, casque modèle G2 équipé de vision nocturne, FAMAS avec coupleur deux chargeurs et dix chargeurs pleins dans les étuis du GPB, masque à gaz type Maintien de l’ordre (M.O) avec cartouches M.O. et NRBC (Nucléaire Radiologique Biologique Chimique), trousse de secours au combat…

Le soir même, les gendarmes doivent aussi assimiler les premières directives relatives à la sécurité de l’ambassade. « On nous a notamment informés de la conduite à tenir en cas d’activation du plan de défense. Nous devions l’apprendre rapidement, reconnaître les lieux et nous tenir prêtes », relate Marine.

Autant dire que le repos nocturne est le bienvenu pour digérer toutes ces informations et ces émotions. Cette nuit-là, des sentiments d’excitation, de stress et de joie se mêlent à leur sommeil. Mais le lendemain, dès 7 h 30, les deux jeunes femmes sont prêtes et opérationnelles, comme leurs camarades masculins, pour intégrer les premières consignes et renseignements utiles à l’exécution de leur mission au cours des trois mois suivants.

Deux jours très intenses s’ensuivront, au cours desquels il leur faudra en effet assimiler un grand nombre d’informations concernant les différentes missions qui feront leur quotidien.
Formations… sans distinction !
Vient ensuite le temps des diverses instructions dispensées par le GIGN. Les gendarmes du groupe commencent par leur présenter leur équipement et leur armement. Mais il ne s’agit pas d’une simple information. En effet, dans le cadre du plan de défense, en cas de nécessité et si les équipes d’escorte sont en mission extérieure, les G.M. devraient alors déployer ces matériels eux-mêmes. Des séances de self-défense sont également organisées. « Le GIGN nous a permis d’acquérir certaines connaissances de base et des gestes qui peuvent nous être utiles, tant dans la vie personnelle que professionnelle. Ce sont des gestes simples mais efficaces. L’instructeur a dépollué notre esprit des techniques trop complexes que nous aurions pu voir ou entendre précédemment et nous en a appris de vraies, accessibles à presque tout le monde. Mais inutile de préciser que les volontaires plastrons étaient rares…, sourit Marine. Même si nous y avons échappé, nous nous en sommes tout de même sorties avec quelques bleus. » Des ecchymoses dont elles se souviennent d’ailleurs avec une petite fierté, comme le fruit de « l’affrontement G.M. VS GIGN. »

Il leur faut aussi se former au secourisme au combat, lequel diverge quelque peu des formations de secours d’ores et déjà reçues par les G.M. « Dans le contexte irakien, le secours se fait dans l’urgence. Il faut sauver et améliorer au mieux l’état de son camarade en détresse. Tous les gestes de premier secours de notre niveau nous ont ainsi été appris ou rappelés, tout en gardant à l’esprit que nous serions également amenés à aider des personnes plus formées. Nous avons notamment revu la pose de garrot, de pansements compressifs et hémostatiques, la gestion des brûlures… », détaille Roxane.

Après la théorie, les gendarmes passent à la pratique, à l’occasion de mises en situation au plus proche du réel, afin de confirmer les acquis de chacun sur les différents aspects abordés.

Une formation Nedex (neutralisation, enlèvement, destruction des explosifs) est également dispensée aux G.M., afin de leur permettre d’identifier des livraisons ou dépôt de colis suspect, etc. Quelques-uns auront aussi l’occasion d’être formés au LBD 40 (Lanceur de Balles de Défense) par un TEASS moniteur d’intervention professionnelle, présent sur place.

« Au cours de ces formations, toutes liées et entrant dans le champ de nos missions dans l’enceinte de l’ambassade, aucune différence n’a été faite entre nous et nos camarades masculins, tient-elle à souligner. La pédagogie du GIGN et leur accessibilité nous ont véritablement mis en confiance et nous ont permis d’assimiler facilement ces instructions. Par la suite, nous n’avons eu aucun mal à nous tourner vers eux en cas de question ou de doute dans un domaine. »

Sécurisation de l’ambassade : la mission prioritaire des gendarmes mobiles

Si la sécurisation de l’ambassade est l’affaire de tout le détachement gendarmerie présent sur le site, elle constitue néanmoins la mission essentielle et prioritaire du peloton de G.M., chargé de veiller en permanence sur l’enceinte, d’en contrôler les accès, que ce soit pour les visiteurs, les demandeurs de visa, les livraisons ou encore les employés locaux résidant à l’extérieur, mais aussi, par exemple, de surveiller la conduite de travaux sur place…

Des missions que Roxane et Marine ont remplies au même titre que leurs camarades, tant au Poste central de sécurité (PCS), dit la « bulle », et ce de jour comme de nuit, qu’au Poste de garde extérieur (PGE).

« Il nous a rapidement fallu assimiler les noms des diplomates et des agents, ainsi que leurs fonctions au sein du poste diplomatique, mais aussi les spécialités des différents gendarmes du GIGN et des TEASS, note l’une d'elles. Et d’expliquer : « C’était un poste dense, qui nous donnait d’importantes responsabilités, et où il fallait savoir rester réactifs et tout gérer, parfois en même temps. Sans entrer dans le détail, pour des raisons de confidentialité, il s’agissait de gérer les accès piétons et véhicules, de coordonner les escortes, d’imposer des priorités et de faire "varianter" au besoin, de commander les gardes locaux, de communiquer avec les différents postes radios, informatiques et téléphones… Et il valait mieux ne pas se tromper de radios, parmi les cinq postes qui s’offraient à nous, afin de bien contacter les gardes lors des retours d’escortes et non par erreur nos camarades… Surtout si l’on voulait éviter certaines moqueries, toujours bon enfant dans notre groupe, notamment au regard de notre accent anglais. »

Car s’il y a bien une chose que la réalité se charge de leur rappeler, c’est que leur niveau d'anglais ne facilite pas la communication avec les différents gardes, « qui eux-mêmes ne parlent habituellement pas cette langue. » Les G.M. ont en effet la responsabilité et le commandement des gardes extérieurs. « Dans un pays où l'on pourrait s'attendre à une certaine susceptibilité des hommes envers leurs chefs féminins, nous n’avons eu aucun problème à nous imposer auprès d’eux et avons été très bien acceptées », reconnaissent les deux gendarmes, qui soulignent également le relationnel « simple et agréable » avec les agents de droit local. « En Irak, les femmes mariées ne doivent adresser la parole à aucun autre homme, sauf si leur mari les autorise à le faire. Nous aurions ainsi pu nous attendre à des relations très distantes du fait de notre statut de gendarme. Mais au contraire, les Irakiens que nous avons rencontrés n’étaient pas fermés aux autres cultures. Le premier jour, un intendant nous a demandé comment il devait s’adresser à nous et il s’est chargé de passer le message à tous les autres ADL. »

Chlorage de l’eau et autres tâches déléguées. S’ajoute à ces missions la gestion du volet logistique de l’ambassade, depuis l’eau potable jusqu’au carburant alimentant les groupes électrogènes, en passant par l’armement, les munitions ou encore le secourisme. Des tâches et des responsabilités déléguées, auxquelles chacun, quel que soit son grade, contribue pour le bon fonctionnement de l’emprise. Pour Marine et Roxane, ce sera popote et traitement de l’eau. « Nous étions notamment chargées de prendre des contacts locaux afin de trouver des solutions pour améliorer le quotidien de tout le monde, explique Marine. Nous avons également été formées au traitement de l’eau selon un protocole de chlorage bien défini. En effet, étant directement prélevée dans le Tigre, l'eau n’est pas potable en l’état. Cette tâche nous a vite permis de prendre nos marques dans les locaux et nous a aussi donné l’occasion de glaner quelques vues sur Bagdad, puisque certaines cuves se trouvent sur les toits des bâtiments. »

Marine et Roxane participent également à la mission « ratatouille ». Mission qui, comme son nom le suggère, consiste à réaliser les repas de la journée pour tous les agents du poste. « C’est une mission qui tombait le week-end, c’est-à-dire le vendredi et le samedi en Irak, en l’absence des cuisiniers bloqués à leur domicile pour cause de couvre-feu lié à la Covid-19. Elle incombait ainsi à un trinôme formé par un gendarme mobile, un TEASS et un diplomate, précise Roxane. Bien que s'ajoutant à des journées assez épuisantes, la mission « ratatouille » nous a permis de faire davantage connaissance avec les personnels avec lesquels nous faisions équipe. On peut même dire que certains se sont trouvé une nouvelle vocation, ou du moins nous ont surpris, comme notre capitaine, dont nous avons eu la chance de goûter les lasagnes. »
Un essentiel maintien en condition opérationnelle !
Dès le départ, les gendarmes prennent aussi conscience de l’importance de conserver une bonne hygiène de vie tout au long du séjour. « Pour notre part, une bonne alimentation, du sommeil et du sport sont importants au bon moral », expliquent les deux jeunes femmes. Saisissant la chance d’être entourées par du personnel qualifié, elles mettent à profit les conseils avisés d’un TEASS diplômé CT2 sport, pour atteindre un objectif de taille : les fameuses tractions. « Avec son soutien et son suivi quotidien, nous avons vu nos efforts récompensés et notre progression nous a encouragées à continuer et à persévérer ». Dans leur élan, elles entraînent leurs camarades : « Le soir à 17 heures, les sportifs, tous gendarmes confondus, se retrouvaient pour des séances, où se mêlaient rigolade et encouragements mutuels. »

Une expérience riche humainement et professionnellement

Pendant leur séjour, les gendarmes se réunissent également de manière régulière à la Villa Journaliste, le bâtiment qui leur est dédié, afin de « débriefer » sur leur travail et partager leurs ressentis. « La communication entre tous les personnels présents sur l'emprise diplomatique était naturelle et facile, chacun apportant ses expériences, ce qui a même pu nous donner des envies professionnelles futures dans le monde de la mobile », estime Marine.

Si elles reconnaissent aisément que leurs camarades d'escadron étaient bienveillants à leur égard, « sans pour autant nous surprotéger », Marine et Roxane insistent : ce déplacement, elles l'ont vécu comme tout le monde, avec les mêmes contraintes et les mêmes difficultés. « Nous n'avons bénéficié d'aucune différence de traitement, et cela a contribué à nous mettre parfaitement à l'aise. Mais le fait d’être deux filles rendait aussi le quotidien plus simple. Il nous est ainsi très souvent arrivé de nous retrouver sur le balcon de l’une d'entre nous afin d’échanger sur notre expérience et nos ressentis. »

Et de conclure à l'unisson : « Cela a été une expérience riche, tant humainement que professionnellement. Riche en nouveaux savoirs et en rencontres, aussi bien en interne gendarmerie qu'avec les agents d'autres Ministères présents au sein de l’ambassade, que ce soit l'Intérieur, les Armées, l'Économie et finances, la Culture… ou encore les personnels locaux, malgré la barrière de la langue. »

Affichant une certaine fierté d’avoir été les premiers gendarmes mobiles féminins projetés en Irak, elles espèrent ainsi avoir ouvert la voie à d’autres camarades. « Nous sommes très contentes d’avoir participé à cette mission, qui n’est pas offerte à tout le monde, et nous espérons que chacune des mobiles déplacées ici vivra cette opportunité aussi bien que nous. »

Source https://www.gendinfo.fr/sur-le-terrain/immersion/premiers-gendarmes-mobiles-feminins-en-opex-sur-le-territoire-irakien
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Gendarmerie Nationale / Re : Escadron de Gendarmerie Mobile
« Dernier message par Jeano 11 le 23 septembre 2020, 13:45:16 »
La mobile, bras armé de la gendarmerie !
“Réserve nationale” à la disposition du gouvernement, la gendarmerie mobile est formée et équipée pour faire face à tous types de troubles à l’ordre public survenant sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin, ainsi parfois qu’à l’étranger. Fortement recentrée sur son cœur de métier au regard de l’actualité de ces derniers mois, elle assure toutefois, dès que son emploi le lui permet, des missions d’appui aux unités territoriales, notamment en matière de lutte contre la délinquance et l’insécurité.

« Gilets jaunes », référendum en Nouvelle-Calédonie, itinérance mémorielle, encadrement des visites officielles du président de la République, et avant cela, les ZAD de Notre-Dames-des-Landes, Kolbsheim, Bure, ou encore le passage de l’ouragan Irma dans les Antilles…Depuis de nombreux mois, la Gendarmerie mobile (G.M.) est sous les feux de la rampe et démontre, engagement après engagement, son aptitude à remplir sa mission première de Maintien de l’ordre (M.O.) public, pouvant aller parfois jusqu’au Rétablissement de l’ordre (R.O.) dans des situations dégradées. Depuis le 17 novembre dernier, le mouvement des « gilets jaunes » oblige ainsi à déployer les unités de G.M. chaque week-end, parfois à hauteur de 106 escadrons sur les 109 existants. Le rythme d’emploi de la G.M. est tel, que depuis le 1er janvier 2018, le renfort qu’elle apporte régulièrement à la gendarmerie départementale est devenu épisodique, à l’exception de l’outre-mer, où il constitue sa mission principale.
Une présence permanente outre-mer

Les départements et collectivités d’outre-mer bénéficient en permanence de la présence de 21 unités de gendarmerie mobile. Lorsqu’ils ne sont pas engagés en M.O. ou R.O., les gendarmes mobiles déplacés renforcent leurs camarades de la gendarmerie départementale, soit dans le cadre d’un détachement dans les unités territoriales, soit en armant un Détachement de surveillance et d’intervention (DSI), adoptant alors des modes de fonctionnement similaires à ceux d’un Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG).

Forts de leur capacité à occuper le terrain et de leur réactivité, les DSI offrent au commandement local une importante plus-value opérationnelle. « Sans l’appui des DSI, notre action sur le terrain serait bien moins efficiente. Sur notre Zone de sécurité prioritaire (ZSP), le contrôle du terrain est essentiel. Les G.M. nous permettent d’assurer une couverture horaire convenable, surtout la nuit, souligne le chef d’escadron Alain T....., commandant la compagnie de gendarmerie départementale de Kourou (Guyane Française). Le commandant de compagnie n’a pas la main mise sur le DSI. Il ne lui donne que des orientations, des axes d’effort ou des objectifs, à partir desquels le commandant du DSI organise son service en toute autonomie. »

Un des rouages de la sécurité générale

Mais sous sa « 4S », le gendarme mobile est avant tout un « touche-à-tout » de la gendarmerie. En tout lieu et en tout temps, il (r)assure et complète, ponctuellement, l’action de la gendarmerie départementale dans ses missions de sécurisation. Cette subdivision éminemment polyvalente peut ainsi être amenée à renforcer la sécurité publique générale, lutter contre les violences urbaines et contre l’immigration irrégulière (LIR), ou encore participer aux plans gouvernementaux, à l’instar de Vigipirate. Elle concourt également aux missions de transfèrement judiciaire, qui relèvent de l’administration pénitentiaire, afin de soulager les gendarmes départementaux de cette charge supplémentaire.

Enfin, la gendarmerie mobile, et plus particulièrement ses pelotons d’intervention, apportent également leur concours aux unités territoriales ou de recherches, lors d’opérations de police judiciaire conduites dans le cadre d’affaires complexes. Leur appui est sollicité dès lors que les techniques et les moyens particuliers d’intervention requis pour l’effraction et/ou les interpellations dépassent le savoir-faire des unités chargées de l’enquête, sans qu’il soit pour autant nécessaire de recourir aux unités d’intervention spécialisée. « Quand elle est employée au profit de la G.D., la G.M. contribue à la sécurité générale en Zone gendarmerie nationale (ZGN). Dans ce cadre d’emploi, elle met en œuvre des modes d’action qui lui sont propres, mais qui sont parfaitement complémentaires de ceux adoptés par les unités territoriales. Elle participe ainsi à trois missions essentielles : la police de sécurité du quotidien, la prévention de la délinquance et le contrôle des flux, et enfin, la détection et l’intervention face à la menace terroriste », souligne le lieutenant-colonel (LCL) Jean-Philippe D....., adjoint au chef du Bureau de l’ordre public (BOP).

En DSI ou en postes provisoires

Lors de ces différents détachements, les Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) peuvent adopter différentes configurations, employant un volume variable de militaires. Dans la mesure du possible, l’engagement de la G.M. au profit de la G.D. prend la forme de DSI, pouvant comprendre jusqu’à seize militaires, soit l’effectif d’un peloton.

Les gendarmes mobiles se retrouvent toutefois régulièrement en plus petit nombre, particulièrement lorsqu’ils sont détachés dans les postes provisoires mis en place durant les périodes de forte affluence touristique : essentiellement sur les zones littorales dans le cadre du Dispositif estival de protection des populations (DEPP) et dans les secteurs montagneux pour ce qui concerne le Dispositif hivernal de protection des populations (DHPP). À ces occasions, ils travaillent côte à côte avec des gendarmes départementaux ou des réservistes opérationnels, eux-mêmes détachés.

« Dès qu’ils sont détachés au profit de la G.D (Gendarmerie Départementale), les officiers et gradés G.M. peuvent être habilités officier de police judiciaire et participer, à leur niveau, à l’exercice de la police judiciaire. Il faut rappeler que les gendarmes mobiles, dès lorsqu’ils n’interviennent pas en unité constituée en maintien de l’ordre et qu’ils sont rattachés à une unité de la G.D., ont la qualité d’agent de police judiciaire sans avoir besoin d’une habilitation particulière du Parquet ».
Renforts à la G.D. a minima depuis plusieurs mois

Le DHPP couvrant la saison 2017-2018 a traditionnellement mobilisé six unités de gendarmerie mobile, tandis que le dispositif estival 2018 en a mobilisé 21,5, soit 50 % des effectifs déployés par la gendarmerie. Mais l’engagement sans relâche de la G.M. au fil des mois a notamment eu pour conséquence d’empêcher l’octroi des repos et des permissions dans des délais convenables, ce qui, de fait, perturbe également ses missions de renfort à la G.D. Bon nombre sont purement annulées depuis plusieurs mois, à l’instar des renforts au profit des Zones de sécurité prioritaires (ZSP) ou des dispositifs de contrôle des flux migratoires, ou fortement revues à la baisse, comme lors du dernier DHPP, où aucun escadron n’a pu être détaché en décembre dernier et seulement trois ont rejoint les stations de ski fin janvier.

« L’été 2019 est dès à présent ponctué de rendez-vous majeurs pour la gendarmerie mobile : 75e anniversaire du débarquement au mois de juin et G7 qui se déroulera à Biarritz fin août. Ces échéances risquent d’avoir des conséquences sur la présence de la G.M. au profit du DEPP », ajoute le LCL Nicolas Schittulli, chef de la section génération de force au BOP.
Détachement à résidence, 5e peloton : une réserve opérationnelle

Les EGM disposent toutefois d’un Détachement à résidence (DARe), et pour 22 d’entre eux d’un 5e peloton, dans lequel le commandant d’unité peut puiser pour renforcer, au besoin, les groupements de gendarmerie départementale voisins. Lors de la dernière commission G.M., le directeur général a toutefois décidé de « dissoudre » les 5e pelotons, afin de répartir de façon plus homogène leurs effectifs dans tous les escadrons.

Seuls les personnels en service, non employés au fonctionnement de l’unité, peuvent ainsi être mis à disposition, à condition que cela ne soit pas au détriment du maintien en condition opérationnelle des effectifs. Cette marge de manœuvre supplémentaire permet d’accorder plus régulièrement, sinon plus facilement, des renforts d’effectifs. C’est par exemple le cas de l’EGM21/5 de Chambéry (73), dont un militaire, l’adjudant Vincent Ruelle, explique : « Nous sommes trois G.M. de Chambéry et une gendarme de la brigade territoriale autonome du Bourg d’Oisans pour armer un poste provisoire au niveau de la petite station de ski de Aurisen-Oisans. Malgré les récents engagements en maintien de l’ordre, grâce à son cinquième peloton, notre unité a pu fournir 70 militaires dans le cadre du DHPP. »

Source https://www.gendinfo.fr/dossiers/au-caeur-de-la-mobile/La-mobile-bras-arme-de-la-gendarmerie
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Gendarmerie Nationale / Escadron de Gendarmerie Mobile
« Dernier message par Jeano 11 le 23 septembre 2020, 13:39:39 »
La gendarmerie mobile est une force militaire spécialisée au maintien de l'ordre public. Elle peut être engagée sur tout le spectre des crises. Réserve générale à la disposition du gouvernement, elle assure par ailleurs des missions de défense militaire et s'engage aux côtés des unités territoriales. Elle est ainsi capable d’être projetée sur l’ensemble du territoire, en métropole et en outre-mer, ainsi qu'à l'étranger, et plus particulièrement les théâtres d'opérations extérieures.

L'EGM, unité élémentaire de la gendarmerie mobile en termes d'emploi et d'entraînement, comprend un effectif de 110 personnels, soit 4 officiers, 104 sous-officiers et 2 militaires du rang.

Il est articulé en cinq pelotons :
- un peloton hors rang destiné au soutien,
- trois pelotons de marche
- un peloton d'intervention. Ce dernier permet à l'escadron de faire face aux situations les plus critiques. Il est particulièrement entraîné, lors d'opérations de maintien de l'ordre ou de police judiciaire, à l'interpellation d'individus violents ou dangereux.
Certains escadrons disposent également de compétences spécifiques :
    Les escadrons "montagne" sont chargés de renforcer les unités des zones montagneuses, les militaires disposant de formations adaptées à cet environnement particulier.
    Les escadrons "véhicules blindés à roue de la gendarmerie (VBRG)" du GBGM chargés de mettre en oeuvre la composante blindée de la gendarmerie nationale.
    les escadrons "escortes nucléaires" chargés d'assurer la sécurité des transports nucléaires civils et militaires.

Les Escadrons de Gendarmerie Mobiles, EGM, ont été créés en 1921 et dépendent de la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale, DGGN. Ils sont présents sur l’ensemble du territoire français (métropolitain et outre-mer) ou en opérations extérieures en tant qu’unités de sécurités mobiles (terme désignant indifféremment une CRS de la Police nationale ou un EGM de la Gendarmerie nationale).

Les EGM sont des éléments militaires rattachés au Ministère de l’intérieur depuis 2009. Leur champs d’opérations, plus vaste que celui des CRS, va du maintien de l’ordre aux insurrections armées, évacuations de ZAD, escortes de produits nucléaires etc . Ils disposent aussi d’hélicoptères et de blindés. Ils ont entre autre été déployés en Afghanistan entre 2001 et 2014.

Ils sont facilement identifiables par leurs casques bleus roi et l’étiquette “gendarmerie” dans le dos.

En 2018, les EGM sont composés environ de 12800 hommes et femmes (les femmes sont en GM depuis 2016) pour 109 escadrons d’environ 110 gendarmes. Tous les escadrons sont basés en France métropolitaine et partent en mission de 3 mois en outre-mer régulièrement et à tour de rôle.

Les escadrons sont généralement composés de 5 pelotons.
    1 peloton de commandement (administration et logistique)
    3 pelotons de marche
    1 peloton de marche d’intervention, PI

Le peloton d’intervention, PI, assure les mêmes tâches que les autres groupes mais effectue aussi des missions spécialisées. En maintien de l’ordre les PI sont entre autre capables de réaliser des interpellations ciblées et de pénétrer dans des lieux barricadés.

L’équipement des EGM est très complet aux vues des leurs différentes missions.
Il va du kit complet d’armement de maintien de l’ordre au fusil d’assaut et en passant par des équipements pour les risques NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques).
Le parc de véhicules est lui aussi très complet avec des hélicoptères, des blindés et des drones.

PS : A l’occasion des 50 ans du centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier,  célébrés ce vendredi 15 mars,  le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui était accompagné de Laurent Nuñez, secrétaire d’État du général d’armée Richard Lizurey, et du général Stéphane Bras, commandant le CNEFG, a annoncé l’établissement d’un nouveau schéma national de maintien de l’ordre. “Il devra répondre aux nouvelles formes de violences, porter des changements profonds dans la communication autour des manifestations, faire évoluer nos tactiques et nos modes d’action. Il s’appuiera aussi sur l’innovation et les progrès technologiques dont nous disposons” a notamment déclaré le ministre.

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/notre-institution/nos-composantes/sur-le-terrain/la-gendarmerie-mobile/les-escadrons-les-groupements-et-les-groupements-blinde-de-gendarmerie-mobile
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Le 21 juillet 2020, alors qu’ils rentrent d’une mission déjà éprouvante, les militaires du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix sont sollicités pour aller secourir deux alpinistes en difficulté sur le mont Blanc de Courmayeur. Après cinq jours passés en montagne, l’un d’eux a chuté. Depuis, il n’avance plus et délire. Or, l’orage approche, et si les militaires n’interviennent pas très vite, la nuit risque d’être fatale pour les deux aventuriers. Malgré des conditions difficiles, les gendarmes se projettent sur les lieux pour les secourir. Fred, gendarme du PGHM, revient sur ce sauvetage miraculeux.

L’analyse de la situation

« En ce début d'après-midi, alors que nous faisons sécher le matériel et les vêtements utilisés lors de la mission de la matinée, les éléments d’alerte pour le mont Blanc de Courmayeur se précisent. Stéphane, le commandant du PGHM, arrive à la « drop zone » et nous fait un point de situation. Le bureau, lieu où les alertes sont reçues et régulées, estime qu’un engagement terrestre est justifié, mais, compte tenu de notre mission du matin et du risque orageux avéré, Stéphane souhaite avoir notre ressenti de terrain.

Nous discutons de la situation et de la pertinence de l’engagement. Personnellement, je ne crois pas à la récupération de l’alpiniste inconscient. Il me semble que cet avis est partagé par la plupart d’entre nous. Je prends la parole pour résumer l’opinion générale. Il nous paraît justifié d’aller chercher le mieux portant, qui ne pourra sûrement pas prendre seul la décision d’abandonner son compagnon de cordée. Pourtant, s’il ne le fait pas, il risque lui aussi de mourir. En revanche, il faut être lucide et honnête avec les requérants et nous-mêmes sur notre incapacité à ramener un inconscient depuis le mont Blanc de Courmayeur. Il est donc clair et établi que, si le bilan se confirme, nous serons contraints de le laisser sur place. Cette décision est terrible, mais fondamentale, puisqu’elle définit précisément notre stratégie, rendant réalisable la mission et compatible avec le créneau météo imparti, les orages étant annoncés pour 21 h 30. Cette phase de réflexion est très importante car, si nous devons effectivement laisser l’inconscient au sommet, nous en aurons parlé avant sur la base d’arguments posés. En définissant la mission correctement et précisément, on sait quelle stratégie adopter et quel matériel emporter.

L’engagement du médecin ne nous semble pas justifié, le mieux portant semblant pouvoir s’en passer et il est sûrement trop tard pour le second. Des actes médicaux lourds, telle qu’une intubation, n’ont aucun sens ni ne sont possibles dans ces circonstances.

Notre matériel de bivouac propre n’est pas emporté. La stratégie n’est pas d’y aller pour prendre l’orage avec eux mais plutôt de procéder à ce qu’on appelle un « Pick and go ». Il en va de même pour le matériel de brancardage. Aucune manœuvre de brancardage n’est envisageable sur les arêtes du mont Blanc de Courmayeur et sur des bosses de neige et de glace, surtout par mauvais temps. Nous sortirions totalement de notre stratégie. Nous serions alors très exposés aux orages et en danger dans nos déplacements, ce qui serait susceptible de remettre en question la pertinence de notre engagement et notre sécurité. »

Le départ en intervention

« Finalement, nous convenons qu’une caravane à quatre secouristes sera suffisante, au moins dans un premier temps, pour faire ce qui est prévu. Je demande donc qui est volontaire. Les mains se lèvent et je dois définir les équipes.

Romain et Matthieu sont désignés. Romain est très entraîné. Il est le plus fort d’entre nous physiquement et a fait plusieurs courses en altitude ces dernières semaines. Matthieu est aussi un élément très solide, efficace en toutes circonstances. Bien que rentrant récemment de vacances, il n’a pas du tout subi la caravane du matin, alors qu’il a fait le trajet le plus long.

Johann et moi serons également de la partie. Avec Johann, nous sommes sûrs de notre forme et de notre adaptation à l’altitude. Ensemble, le dimanche précédent, nous avons atteint le sommet du Mont-blanc depuis Bellevue, en passant par l’aiguille de Bionnassay, sans nous arrêter. Nous avons donc passé quelques heures en altitude. Par ailleurs, nous avons à cette occasion parcouru l’arête des bosses et la descente du Goûter, que nous devrons emprunter pour la caravane. L’équipe nous semble solide et nous sommes tous motivés.

Matthieu et Johann sont prêts les premiers. Ils seront déposés par Dragon en treuillage sur l’arête Nord du Dôme, vers 4 100 m d’altitude ; le mécanicien ayant refusé que nous sautions de l’hélicoptère à basse altitude. Avec Romain, nous finissons les sacs. J’ai l’idée d’emporter une bouteille d’oxygène et des lunettes. Cette intuition sera primordiale pour la suite de la caravane. J’avais déjà pensé, au préalable, à la pertinence d’administrer de l’oxygène aux victimes dans ce genre de caravane en très haute altitude. L’idée était d’utiliser du matériel d’himalayistes, mais cela était resté à l’état de projet jusqu’à maintenant. On fera donc avec l'oxygène de la drop zone, des gros « obus » de 5 kg et des lunettes. Du coup, j’hésite. Je consulte Fabien, qui me dit de la prendre et que, au pire, je la laisserai si nous n’en avons pas l’utilité. Le médecin nous donne une tablette de 6 comprimés de corticoïdes. »

La dépose sur les lieux du sauvetage

« Nous sommes déposés au Plateau, vers 4 100 m d’altitude, grâce à un bloc de séracs écroulé que le pilote utilise comme référence. Une pensée fugace pour le Sikorsky d’Henry et Vincendon, crashé à quelques dizaines de mètres, nous traverse forcément l’esprit.

Nous arrivons sans encombre à l'abri Vallot. Johann et Matthieu sont derrière nous, car ils avaient plus de distance à parcourir pour atteindre Vallot depuis leur point de dépose. La météo n’est pas fameuse, mais on progresse « à vue », petit à petit.

Au départ de Vallot, le vent d’Ouest forcit brusquement et rend la montée pénible. Je me remémore l’effort fourni deux jours plus tôt avec Johann et maintes fois auparavant. Je demande à Romain de garder un rythme tranquille dans la première bosse, qui est la plus raide et la plus coûteuse en énergie. Nous commençons à jalonner depuis Vallot pour faciliter la montée de la deuxième équipe et surtout pour préparer notre descente. À Vallot, nous appelons le bureau, qui nous propose le renfort d’un troisième binôme, qui acheminerait le caisson hyperbare jusqu'à l'abri. Nous sommes d’accord sur le fait que cela constituerait une aide précieuse. Deux camarades viennent donc nous renforcer.

Nous atteignons le Mont-Blanc dans le brouillard complet. Nous savons que nous sommes au sommet, car la montée s’achève et nous entamons la descente sur l’arête du mont blanc de Courmayeur. Le vent fait tout givrer. On se guide avec le GPS pour être sûrs que nous sommes au bon endroit. Nous jalonnons toujours. Nous sommes un peu surpris par la relative technicité de l’arête. Nous nous faisons la réflexion qu’il serait totalement impossible, dans cet environnement, de ramener un inconscient.

Nous arrivons enfin à un replat de l’arête et nous ne voyons qu’un sac à dos, une corde en tas et un piolet. Pendant quelques instants, nous sommes pris d’un doute : sont-ils partis ou, plus probablement, sont-ils tombés ? »

Et si les deux alpinistes pouvaient être sauvés ?

« Finalement, nous voyons une tête dépasser du versant Est de l’arête. Nous nous approchons du bord et découvrons la situation. Le mieux portant, Matt, a creusé une petite alcôve à mains nues et au piolet dans le flanc de l’arête pour y mettre son compagnon, Dan, à l’abri du vent. C’est assez efficace mais, sans pelle, l’alcôve est minimaliste et Dan a les jambes qui pendent dans le vide. La pente est raide, au-delà de 45 degrés. Romain m’assure et je descends au contact. Matt a l’air fatigué mais il est valide. L’état de Dan est très inquiétant : il parle très difficilement, couché sur un karimat de bivouac. Mais il est conscient. Selon Matt, il a tenu des propos délirants les heures précédentes et après avoir chuté dans une roture, il s’est plaint du dos et ses dernières forces l’ont abandonné. Le contour de la mission change quelque peu. Et s’il y avait un espoir de ramener les deux alpinistes ? »

L’évaluation de la situation sur place

« Je donne à Dan les médicaments et lui installe les lunettes à oxygène. Matthieu et Johann nous rejoignent. Eux aussi ont été surpris par la dernière section de l’arête. Ils nous ont même demandé confirmation de l’itinéraire à suivre ! Johann descend avec moi et nous creusons une alcôve plus confortable dans laquelle nous installons Dan, incapable de se mouvoir. L’oxygène et les médicaments commencent doucement à agir, mais le seul signe d’évolution positive est son élocution, qui progresse légèrement.

Il est 19 heures. Le temps passe et les orages sont prévus dans 2 h 30. Johann, Matthieu et Romain me rappellent notre objectif initial. Nous décidons de fixer une limite d’intervention à 19 h 15. Nous en informons le bureau, qui s’apprêtait à nous inciter à partir. Les hélicoptères Dragon et Chamonix Mont-Blanc Hélicoptère sont en l’air pour tenter l’impossible. Malheureusement, nous entendrons l’hélicoptère Dragon lors d’une approche, mais nous ne le verrons jamais. Les deux pilotes échangent par radio, ils s’entraident sur leur appréciation des conditions météo et, finalement, constatent que c’est impossible. Au moins, ces dernières tentatives fermeront la porte à tout doute si nous sommes amenés à laisser Dan sur place. Tout aura été tenté.

J’explique la situation au compagnon de Dan, qui avait déjà été préparé à l’éventuel abandon de son compagnon lors des communications téléphoniques avec le bureau. Dan retrouve peu à peu ses esprits. Je lui explique la situation. S’il est trop blessé ou malade pour marcher, nous ne pourrons assurer ni sa sécurité, ni la nôtre, et nous devrons partir sans lui, en espérant un créneau météo permettant son extraction en hélicoptère. À ces mots, Dan me regarde et me dit : "Fred, I want to walk. Let me try to walk”. » ( Fred, je veux marcher. Laissez-moi essayer de marcher. )

La cordée de la dernière chance

« Je l’aide à se relever. Je suis surpris qu’il tienne sur ses jambes. Romain me regarde avec incrédulité quand il le voit se redresser. Finalement, Dan monte sur mes épaules pour sortir de son alcôve. Il est hissé par les autres sur l’arête. En remontant, je vois que ceux qui sont restés au vent sont tous givrés. À ce moment-là, nous ressentons l’urgence de la situation. Si Dan doit marcher, cela sera long et difficile et les orages approchent !

Nous refaisons les cordées. Johann et Matthieu prennent sur leur corde Matt, qui a les yeux meurtris par le vent et le soleil. Ils nous feront le passage. Je m’encorde très court avec Dan, afin de garder la bouteille d’oxygène, à moitié pleine, dans mon sac, et qu’il marche sous oxygène en s’appuyant sur moi. Romain nous retient. Les premiers mètres sont encourageants, même si nous craignons pour les passages techniques à venir. Effectivement, une fois dans ces passages, nous retenons notre souffle à plusieurs moments.

Finalement, nous parvenons à rejoindre le sommet du Mont-Blanc. Dan est à bout et s’appuie de tout son poids sur nous. Nous échangeons les cordées, car je ne suis plus un soutien efficace. La bouteille d’oxygène est terminée. Le troisième binôme est dans l’ascension des bosses. Nous les rejoignons à la seconde. Leur aide est très appréciable dans les parties raides, car Dan et Matt tiennent difficilement sur leurs jambes. Matt ne voit plus rien avec le jour qui décline. Il perd la trace, titube. On se demande s’il ne s’endort pas en marchant. Dan ne parle pas, il marche comme un zombie. Nous arrivons à l’observatoire Vallot, où une équipe d’ouvriers nous accueille très chaleureusement. C’est une première étape et nous commençons à y croire ! »

Premier arrêt au refuge

« Thomas s’occupe de nourrir et d’hydrater tout le monde. Johann ne peut résister à l’appel du paquet de cigarettes de l’un des ouvriers ! Thomas et Matthieu mettent en place le caisson. Nous enlevons les vêtements trempés de Dan et l’installons à l’intérieur. Nous pompons, mais l’altimètre que Dan nous présente au hublot ne descend pas au-dessous de 2 700 mètres : le caisson fuit ! D’abord d’une soudure, puis de toutes parts. Les ouvriers nous donnent du scotch de chantier. Cela fuit encore, mais la perte est limitée. Nous parvenons, en pompant quasiment en continu, à maintenir une pression équivalente à 3 000 mètres, mais de nouvelles fuites apparaissent sans cesse.

Nous appelons le bureau et le médecin pour discuter de la suite. Le médecin nous donne la conduite à tenir sur les médicaments. Les orages sont finalement repoussés à 22 h 30. Le caisson fuit toujours. Des guides se proposent de partir du refuge du Goûter pour venir à notre rencontre. Le caisson a malgré tout bien amélioré l’état de Dan, qui commence à parler distinctement. Il parvient à boire et à s’alimenter un peu avec l’aide de Thomas.

Tout le monde est d’accord pour entamer la descente vers le refuge du Goûter, où un caisson en bon état nous attend et où nous sommes à peu près sûrs de pouvoir gérer Dan si son état venait à se dégrader. Et puis, c’est déjà 600 mètres plus bas : cela compte dans l’état où il est ! Nous remettons des vêtements secs à Dan et Matt. Nous refaisons les cordées. J’équipe Dan avec mon masque et Matthieu en fait autant avec Matt, dont les yeux sont très abîmés. »

La descente continue

« Nous nous mettons en route et descendons la pente vers le col du Dôme. Nous rendons compte de notre départ au bureau et les guides nous annoncent sur la fréquence radio qu’ils montent vers nous. Le bureau nous informe à ce moment-là que les prévisions météo ont changé. Les orages sont sur Sallanches et les Fiz et devraient arriver avant 23 heures. Les guides prennent la communication radio. Cela leur confirme leur ressenti sur l’imminence de l’orage. Contrairement à nous, ils ont la vue dessus, plus bas en vallée. Ils nous informent alors qu’ils rebroussent chemin, et c’est logique.

De notre côté, nous sommes conscients qu’il est trop tard. Dan ne remontera pas les 100 mètres de dénivelé que nous venons de descendre et nous risquons de prendre l’orage avant d’avoir regagné Vallot. Nous décidons de poursuivre. La remontée au Dôme est extrême pour Dan et Matt, qui sont à bout de force. Nous naviguons à l’aide du GPS pour retrouver la trace sous le Dôme du Goûter. Nous connaissons cet endroit, que nous avons tous déjà parcouru à de multiples reprises, mais nous savons aussi que le départ de la descente du Dôme est difficile à trouver de nuit et, de surcroît, dans le brouillard. Je sais, à coup sûr, que nous sommes dans le bon secteur, mais où est cette trace ? En même temps, nous voyons à peine à 30 mètres dans le halo des lampes. Nous sommes sûrement juste à côté…

Finalement, nous la retrouvons avec soulagement et en sachant que, désormais, cela ira vite. Heureusement, car nous commençons à voir des éclairs de chaleur. Mais pour le moment, toujours pas de tonnerre. La descente se passe bien, même si les deux naufragés sont sur les rotules. Je suis un peu inquiet de quelques crevasses mal placées que j’ai vues dimanche dernier. Il ne manquerait plus que ça ! Nous atteignons enfin l’arête de l’aiguille du Goûter et ses petites remontées. À grands coups de “come on Dan”, de “let’s go” et de “good job”, nous franchissons la dernière bute et devinons le halo du refuge. L’ambiance devient subitement plus électrique. Est-ce la présence de tout ce métal ou celle de l’orage qui approche ? Quoi qu’il en soit, nous coupons la dernière pente et entrons au plus vite dans le refuge. »

Second arrêt au refuge

« C’est un soulagement énorme. Signalant à Thomas que je sors faire le compte rendu radio pour dire que nous sommes tous en sécurité dans le refuge, je lui dis en rigolant : “je vais essayer de ne pas me faire foudroyer avec ma radio”. Alors que je sors et passe mon message radio, un éclair illumine tout le décor ! Je rentre quasiment en sautant dans le refuge, sous le regard stupéfait de Thomas.

Nous nous déséquipons. Dan n’a plus la force d’enlever ni ses crampons, ni ses chaussures. Nous arrivons enfin dans la salle commune. Une fois son bilan effectué à l’infirmerie du refuge, Dan nous rejoint et ne sait pas quoi dire pour nous remercier. Après avoir mangé et bu, nous allons nous coucher dans le dortoir, avec Dan et Matt, afin de rester à proximité s’ils devaient aller mal dans la nuit. Dix secondes après s’être couchés, ils ronflent déjà et poursuivent ainsi toute la nuit ! Je me dis qu’au moins, ils respirent ! Le matin, le temps est bouché, il tombe du grésil et il y a du vent. Des éclaircies sont annoncées. Que fait-on ? On attend là, ou on attaque la descente ? Finalement, après discussion avec le bureau, nous décidons de descendre, car le nuage reste bien collé sur le refuge. »

Un dernier effort

« Dragon se propose de nous récupérer dès que nous serons sous la couche nuageuse. Nous descendons. Deux secouristes sont encordés avec chaque victime, car leurs pas sont encore hésitants. Dan nous fera même une petite baisse de tension, à la limite du malaise vagal. Mais peu de temps après, la météo permet à Dragon de l'extraire en treuillage avec Thomas. Matt l’est aussi, avec Johann. Ils vont vers la Drop zone (D.Z.). Les quatre autres secouristes descendent jusqu’à l’éperon, avant la traversée du couloir, où notre récupération par l’hélicoptère sera facile. Initialement envisagée en « appui patin », elle se fera finalement en treuillage, car nous risquerions d’envoyer des pierres sur des alpinistes qui montent sous l’éperon.

Nous sommes tous très heureux ! Une petite photo dans l’hélico et c’est le retour à la D.Z. Dan et Matt sont transférés à l’hôpital en ambulance. Les examens sont bons, même si les analyses de sang de Dan ressemblent à celles des coureurs de l’Ultra trail du Mont-Blanc ! Matt devra soigner ses yeux avec des antiseptiques et des collyres.

Nous sommes félicités par les premiers à marcher du jour et par Stéphane, qui est à la D.Z. C’est une chance d’avoir vécu un tel secours, où tout s’est finalement déroulé de manière favorable. Nous avons eu de la chance et nous avons su en tirer profit. L’entraînement, l’expérience de la haute montagne dans le mauvais temps, mais aussi la cohésion d’équipe sur le terrain, ainsi qu’avec le bureau, auront été déterminants pour la réussite de cette opération. C’est la réussite d’une équipe mais aussi celle du PGHM dans sa capacité à #Répondreprésent dans ce genre de situation. »

Source : https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Interviews/gendarmes-secouristes-en-montagne-le-sauvetage-perilleux-de-deux-alpinistes-episode-1
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Associations de secourisme / Re : Matériovigilance association de secours
« Dernier message par dk.odi100` le 26 août 2020, 19:48:24 »
sorry for going i=out of topic just wanted to show you guys this article on World Biggest Ship

Désolé si je suis allé trop loin. ( i=hors sujet ) juste voulu vous montrer cet article sur le monde des plus grands navires
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Ambulanciers / Re : Poste de secours tenu par un ambulancier privé ?
« Dernier message par ThomasLemar le 31 juillet 2020, 19:22:47 »
Bonjour, c'est un plaisir de vous saluer de pouvoir vous laisser mon appréciation sur le sujet précédemment exposé, je suis vraiment très attaché à vous aider à trouver une réponse, que ce soit pour votre problème ou vicissitude, il faut présenter les arguments nécessaires, ainsi que les preuves pour vous donner un réponse appropriée, l'un des meilleurs moyens de le faire consiste à utiliser un bon développement de référencement afin que votre question puisse être mieux localisée sur le Web, et c'est beaucoup plus facile pour les utilisateurs comme moi sur Internet, donc ce sera beaucoup plus efficace pour répondre et clarifier vos doutes à ce sujet.
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Gendarmerie Nationale / Vidéos Gendarmerie
« Dernier message par Jeano 11 le 21 juillet 2020, 11:46:38 »
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Gendarmerie Nationale / LA GENDARMERIE RECRUTE
« Dernier message par Jeano 11 le 21 juillet 2020, 11:35:24 »
La gendarmerie recherche des hommes et des femmes dans les domaines touchant au « cyber » et scientifiques.

Ils seront formés à partir de 2021 en école.

Recrutement Sous-Officier :
L'objectif cible spécifiquement de futurs sous-officiers de gendarmerie ayant des prédispositions dans les domaines scientifiques et techniques (avec une priorité donné aux BAC+2/3 dans le domaine scientifique et cyber/informatique).

Les sélections se feront par le concours général d’entrée en gendarmerie. Les lauréats de ce concours pourront alors se porter volontaires afin d’intégrer une compagnie d’élèves gendarmes spécialisés dans les domaines spécifiques touchant au numérique, cyber, informatique, sécurité des systèmes d’information, intelligence artificielle.

Ils seront sélectionnés à partir de :
- leur résultat à une épreuve numérique organisée lors de la phase d’admission ;
- leur niveau d'étude et/ou de la nature de leur diplôme ;
- leur classement général au concours.
- leur appétence au numérique et à leur agilité dans l’utilisation de ces outils, compétences qui pourront faire l’objet d’une évaluation.

Recrutement Officier :
L'objectif cible spécifiquement de futurs officiers de gendarmerie profils « ingénieurs » et « titulaires master scientifique ayant des prédispositions dans les domaines scientifiques et techniques (avec une priorité donné aux BAC+2/3 dans le domaine scientifique et cyber/informatique). Les postulants pourront être recrutés sur titre ou par concours.

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NB : Il est rappelé que ces futurs militaires embrasseront pour la grande majorité d’entre eux une carrière classique dite généraliste, d'officier ou de sous-officier de gendarmerie. Seuls les lauréats retenus pourront être concernés par une carrière de spécialiste.

Vous pouvez contacter dés à présent le centre d’information et de recrutement de la gendarmerie de Besançon au 03 81 40 50 47.
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Aube : deux promeneurs secourus grâce à l’application GendLoc
auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le 3 juillet 2020

Le 28 juin dernier, un couple de promeneurs perdu en pleine forêt, entre Proverville et Jaucourt, a pu être localisé grâce à l’application GendLoc et rapidement secouru par les gendarmes de Bar-sur-Aube.

Parti à la cueillette des champignons dans la forêt domaniale de Proverville, un couple de quinquagénaires originaires de Bar-sur-Aube a vu sa sortie dominicale virer au cauchemar.

Dans leur quête, ils enchaînent en effet les kilomètres, jusqu’à perdre tout repère dans ces bois qu’ils ne connaissent pas. Comme si cela ne suffisait pas, la promeneuse chute et se blesse à la jambe, rendant impossible toute progression sur ce terrain accidenté.

Son mari se décide alors à appeler les secours. Il est 15 h 10. Au bout du fil, l’adjudant-chef Gilles P., du Centre d'opérations et de renseignement de la gendarmerie de l’Aube, prend l’appel. Son interlocuteur est très paniqué : il n’a aucune idée de l’endroit où il se trouve.

Le gendarme se veut rassurant : la gendarmerie a les moyens de les localiser grâce à l’application GendLoc. Développée par un gendarme du Peloton de gendarmerie de haute montagne du Versoud, il y a quelques années, elle permet d’obtenir la position précise de la personne, sans téléchargement ou installation. Seule l’activation du GPS est nécessaire.

L’opérateur du CORG est donc optimiste : toutes les conditions sont réunies pour permettre la localisation du couple. Le gendarme envoie à son interlocuteur un SMS contenant un lien HTML ; en cliquant dessus, celui-ci autorise alors la géolocalisation. En possession des coordonnées GPS précises du couple, l’opérateur peut alors engager les secours, tandis qu’il continue de rassurer son appelant, resté en ligne pendant toute la procédure.

Guidée par l’ADC Gilles, une patrouille de Bar-sur-Aube se rend sur place et retrouve enfin les deux promeneurs, pour leur plus grand soulagement. Fin de mission également pour l’opérateur du CORG, on ne peut plus satisfait de cet heureux dénouement.

Source https://www.gendinfo.fr/l-info-en-continu/aube-deux-promeneurs-secourus-grace-a-l-application-gendloc
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