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Tir sportif laser, jeux de stratégie... voici la nouvelle version "militarisée" de la Journée défense et citoyenneté.

Dimanche 27 juillet, France Info a appris de l'entourage du ministre des Armées Sébastien Lecornu le programme de la nouvelle Journée défense et citoyenneté. Une nouvelle version "militarisée" où les 800 000 adolescents feront... du tir sportif laser.

C'est officiel. Avec le discours sur le budget des armées fait le 13 juillet par Emmanuel Macron, viennent tout un tas de nouvelles mesures déclinées du thème du réarmement. Ce dimanche 27 juillet, France Info a appris de l'entourage du ministre des Armées quel serait la version actualisée de la Journée de défense et de citoyenneté, couramment appelée "Journée d'appel".

Repas autour d'une ration militaire
Selon le ministère des Armées, Sébastien Lecornu a prévu une version revisitée, à partir de septembre, pour tous les jeunes Français âgés de 16 à 25 ans. Au menu des changements notables : finie la présentation orale autour des métiers de l'armée, les adolescents feront à la place du tir sportif laser et des jeux de stratégie, selon l'article de France Info.

Mais ce n'est pas tout, en plus de ces activités, les participants auront également droit à un repas autour d'une ration militaire. La journée se clôturera par le lever des couleurs et une Marseillaise en bonne et due forme. La classique "journée d'appel" se muscle ainsi pour prendre des allures de défilé. Les 800 000 jeunes qui participent chaque année à cette journée repartiront avec un bleuet de France, en mémoire des anciens combattants.
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Journée de défense et de citoyenneté : une nouvelle version « militarisée » très assumée dès la rentrée pour tous les jeunes de 16 à 25 ans
Si ce n’est pas la première fois que le programme de cette journée fait l’objet d’ajustements, la décision de la transformer en une passerelle assumée vers le recrutement est inédite.

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https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/07/27/journee-de-defense-et-de-citoyennete-une-nouvelle-version-militarisee-obligatoire-pour-tous-les-jeunes-de-16-a-25-ans-des-la-rentree_6624524_823448.html

Emmanuel Macron l’avait annoncé le 20 janvier, lors de ses vœux aux armées, ce sera donc chose faite, dès le mois de septembre. A partir de la rentrée, tous les jeunes Français âgés de 16 à 25 ans devront participer à une version revisitée de la journée défense et citoyenneté (JDC). Une JDC nouvelle formule, avec désormais une très claire coloration militaire, sera progressivement dispensée partout en France métropolitaine à l’automne, puis outre-mer en 2026, a appris Le Monde auprès de la direction du service national et de la jeunesse (DSNJ), le service du ministère des armées chargé notamment de l’organisation de cette journée.

Près de vingt-sept ans après la création d’une journée d’appel de préparation à la défense (JAPD) par Jacques Chirac, en 1998, en remplacement de la suppression du service militaire, et près de quinze ans après sa création officielle, en 2011, la JDC fait peau neuve.

Une nouvelle version "militarisée" de la Journée de défense et de citoyenneté entrera en vigueur dès la rentrée pour les jeunes de 16 à 25 ans
À partir de la rentrée, tous les jeunes Français âgés de 16 à 25 ans devront participer à une version revisitée de cette journée, comme annoncé en janvier par Emmanuel Macron.

À partir de septembre, tous les jeunes Français âgés de 16 à 25 ans devront participer à une version revisitée de cette journée, comme annoncé en janvier par Emmanuel Macron.

Dans la pratique, les participants ne se retrouveront plus devant une présentation orale des métiers des armées. Ils feront, à la place, du tir sportif laser, des jeux de stratégie et un repas autour d'une ration militaire, entre autres, a détaillé l'entourage de Sébastien Lecornu à franceinfo. Sans oublier le lever des couleurs et le chant de La Marseillaise le matin.

Les 800 000 jeunes participants chaque année à cette Journée de défense et de citoyenneté nouvelle formule repartiront avec un bleuet de France, en mémoire des anciens combattants.

"Notre Europe se trouve placée à la lisière d’un vaste arc de crises", avait mis en garde Emmanuel Macron dimanche 13 juillet, à la veille de la Fête nationale. "Nous, Européens, devons désormais assurer notre sécurité nous-mêmes", avait-il déclaré.
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Gendarmerie Nationale / Re : Les chiens dans la gendarmerie, une histoire méconnue
« Dernier message par Jeano 11 le 23 juillet 2025, 12:46:19 »
Dans les coulisses du 26e Groupe vétérinaire de Gramat, essentiel au binôme maître-chien

Créé en 1945, le Centre national d'instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG) à Gramat est une référence mondiale dans la cynotechnie. Ici, la formation des maîtres de chien va de pair avec le soin méticuleux porté à leurs compagnons à quatre pattes, au sein du 26e Groupe vétérinaire. Rencontre avec la vétérinaire en chef, la colonelle Karine.

Qu’ils soient pensionnaires permanents ou en passage temporaire, tous les chiens du Centre national d'instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG) bénéficient d’un suivi vétérinaire rigoureux. Chaque jour, les équipes veillent à leur bien-être, anticipent les blessures, interviennent en urgence, pratiquent des actes chirurgicaux ou des examens de pointe.

Au sein du 26e Groupe vétérinaire, deux vétérinaires du Service de santé des armées (11e Centre médical des armées) et une assistante vétérinaire du CNICG se relaient pour veiller à leur bien-être. En cas de besoin, ils sont également renforcés par des vétérinaires réservistes qui font partie intégrante de l’équipe. Leurs missions ? Soigner, prévenir, former, conseiller le commandement, mais aussi sélectionner les futurs chiens de la gendarmerie.

Le groupe vétérinaire joue en effet un rôle décisif dans le recrutement. En complément des évaluations cynotechniques, un examen complet est réalisé : systèmes musculo-squelettique, cardio-respiratoire, ophtalmologique, dentaire (essentiel pour les chiens de mordant) sont minutieusement expertisés. Un premier aperçu comportemental y est également associé. « Un chien trop agressif, serait une difficulté pour les manipulations quotidiennes mais certains chiens ont du tempérament et pimentent notre pratique », affirme la colonelle Karine, vétérinaire en chef de l’unité. Chaque chien passe ensuite par une anesthésie générale pour une série de radiographies, afin de détecter d’éventuelles fragilités articulaires. Un passage incontournable : près de 1 500 radios sont réalisées chaque année sur le centre. L’objectif ? Garantir une carrière opérationnelle longue et sans blessure évitable.

Transmettre le savoir pour mieux prévenir
Dans le cadre de la formation des maîtres de chien et de leurs suppléants et des hommes d’attaque, les vétérinaires enseignent les bases de l’anatomie canine, les gestes de premiers secours, la reconnaissance des pathologies et les bonnes pratiques d’hygiène. De quoi assurer une première ligne de vigilance sur le terrain. Ils tiennent également un rôle de conseil stratégique auprès du commandement, apportant leur expertise sur toutes les questions de santé animale.

Une expertise reconnue
Grâce à son plateau technique équivalent à celui de la médecine humaine, le centre peut aujourd’hui assurer tous les soins nécessaires à la bonne santé des 80 chiens résidents, auxquels s’ajoute une quarantaine d’animaux de passage pour évaluation ou formation. Une montée en puissance qui illustre l’évolution d’un métier historiquement centré sur les chevaux, et ici entièrement adapté aux exigences de la cynotechnie. Pourtant, malgré l’émergence de la technologie et de l’intelligence artificielle (IA), une chose ne changera jamais : « Il y aura toujours besoin de l’expertise du vétérinaire, assure la colonelle Karine. Malgré le matériel high-tech, malgré l’IA, il y a besoin de ce rapport humain, de l’homme au chien. »

Le choix du cœur : le parcours inattendu de la colonelle Karine, vétérinaire militaire
Elle pensait ne jamais porter l’uniforme. Et pourtant, Karine, vétérinaire depuis plus de vingt ans en clientèle civile, a changé de vie du jour au lendemain. Un virage radical, qu’elle ne regrette pas une seule seconde. « Le fait de venir travailler ici ne m’avait jamais traversé l’esprit. Et pourtant, quand j’étais jeune, j’étais déjà venue visiter le centre en tant que touriste, car ils font des démonstrations tous les étés… », se souvient-elle.

Originaire de la région lyonnaise, Karine a longtemps exercé en clientèle exclusivement canine avant de ressentir une envie de renouveau. Une annonce sur LinkedIn la mène à Gramat. « Je me suis dit : ce job est pour moi ! » Elle quitte tout, s’installe dans le Lot et tombe littéralement sous le charme de cette région qu’elle redécouvre : « Ici, on fait 10 kilomètres, le paysage change. C’est magnifique. »

Karine reconnaît que l’adaptation a nécessité un temps d’apprentissage, mais salue l’accueil qu’elle a reçu : « Il y a une bienveillance générale ici, du commandement aux maîtres de chien. C’est un milieu respectueux et soudé. »

Des journées rythmées, sans jamais tomber dans la routine
À Gramat, aucune journée ne se ressemble. Le quotidien de Karine alterne visites sanitaires, examens médicaux, radios, anesthésies, gestion des urgences matinales et suivi administratif. Un rythme dense, mais loin d’être monotone. Ce qui lui plaît particulièrement ? La diversité des tâches, la variété des cas, l’aspect à la fois médical, technique et humain de son travail. Chaque chien représente un enjeu opérationnel pour la gendarmerie. Ce contexte, bien différent de la clientèle civile, lui permet de donner du sens à son engagement : contribuer à la santé de ces chiens d’élite, tout en jouant un rôle dans le bon fonctionnement des unités de terrain. « Rendre service au chien, former les maîtres, accompagner la gendarmerie… C'est un rôle beaucoup plus large que ce que je faisais en clinique. »

Colonelle, trois mots pour décrire votre métier ? « Disponibilité, expertise, sensibilité ! »

L’uniforme et les cérémonies : des émotions inattendues
Si Karine s’est vite adaptée à la rigueur du milieu militaire, certains moments ont marqué son arrivée dans ce nouvel univers. Elle se souvient notamment de sa première cérémonie officielle au sein du centre, où elle a découvert les codes et les symboles de l’institution : le lever des couleurs, les rangs impeccables des gendarmes, la solennité de la Marseillaise. Pour une vétérinaire venue du civil, ce sont des instants forts, chargés d’émotion, qui lui ont rappelé la portée collective de son engagement. Ce ne sont pas de simples rituels : ce sont des signes d’appartenance à une communauté, à une mission nationale, à une même patrie.

Et un conseil qu’elle adresse à ceux qui hésitent à se lancer : « Dans n’importe quel domaine, ce qui fait la différence, c’est notre singularité. Mon parcours atypique a été une force. Il ne faut pas vouloir faire comme les autres à tout prix. »

A noter
La voie choisie par Karine est accessible à tous les profils : il est possible de s’engager dès l’école vétérinaire, mais aussi en tant que vétérinaire diplômé dans le civil, en devenant réserviste pour quelques jours par an. Une manière d’apporter son expertise… sans forcément tout quitter.

En résumé, le groupe vétérinaire de Gramat c’est :

le suivi médical des chiens opérationnels
les visites d’achat des nouvelles recrues
la formation des gendarmes cynophiles
le conseil au commandement

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/temoignages/dans-les-coulisses-du-26e-groupe-veterinaire-de-gramat-essentiel-au-binome-maitre-chien
Par Doria Belkacemi
Publié le 21 juillet 2025
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Le GOS de l’OCLDI (Office central de lutte contre la délinquance itinérante) traque les groupes criminels itinérants.

Un GOS spécialisé à compétence nationale
Au nombre de 21 en métropole, les GOS ont normalement vocation à mener des missions d’observation surveillance dans un périmètre régional. Le GOS OCLDI fait exception. Composé de 21 personnels et commandé par le capitaine Lucio, il est chargé de mener des missions d’observation et de surveillance dans le spectre du domaine de compétence de l’office défini par son décret de création du 24 juin 2004 comme « la lutte contre la criminalité et la délinquance commises par des malfaiteurs d’habitude, auteurs, coauteurs et complices qui agissent en équipes structurées et itinérantes en plusieurs points du territoire. » Cette spécialisation lui permet d’être en mesure de faire face à des groupes criminels particulièrement mobiles et aguerris et de développer des méthodes et des moyens visant à devancer leurs modes d’action. Outre les bureaux centraux situé à proximité de Paris, le GOS OCLDI dispose d’une compétence nationale en travaillant en appui des cinq détachements de l’office. « Notre mission consiste à apporter la preuve matérielle de l’infraction au directeur d’enquête », résume Lucio. En raison de la typologie de délinquance qu’il traite, provenant notamment des pays d’Europe de l’est, le GOS est fréquemment amené à franchir les limites du territoire métropolitain au cours de ses missions.

Exigence, technicité et passion
La technique constitue une part importante du quotidien de l’équipier en GOS. « Aujourd’hui, il nous faut recruter des gens passionnés par la technique, explique Lucio. Nous recrutons des profils généralistes, ayant une appétence pour la technique, et les équipiers se forment ensuite dans différents domaines (photographie, pose de techniques d’enregistrement vidéo et de sonorisation, serrurerie, conduite moto, etc.).
La technique est indispensable dans notre métier. Elle constitue également notre avenir avec le développement de nouvelles possibilités offertes par l’intelligence artificielle. Notre objectif est d’avoir un temps d’avance sur l’adversaire. » Les évolutions techniques et les modes d’action changeants des groupes criminels organisés contraignent les équipiers du GOS à se former en continu, en interne, mais également auprès d’intervenants extérieurs. « Le métier évolue en permanence, la technique et l’adversaire également, souligne Lucio. Il nous faut sans cesse nous remettre en question, ce qui est stimulant. »

Le métier d’équipier en GOS exige également une bonne maîtrise de soi ainsi qu’une capacité de résilience, de mémorisation et d’adaptation. « C’est pourquoi les sélections et la formation initiale sont difficiles, précise Lucio. Notre métier peut présenter une certaine dangerosité à laquelle il est nécessaire de faire face avec le sang-froid du groupe et celui du chef. Outre le savoir-faire, nous recherchons avant tout un savoir-être, un état d’esprit. »

Le maître-mot, la disponibilité

Amenés à effectuer de nombreux déplacements, les équipiers du GOS OCLDI doivent faire preuve d’une disponibilité conséquente. Les missions comprennent également un délai d’appropriation du terrain. Cette contrainte est néanmoins compensée par la taille réduite de l’unité qui permet à son commandant de connaître au mieux les gendarmes servant sous ses ordres et donc de prendre en compte leurs contraintes personnelles.

« La disponibilité n’est pas qu’une qualité requise chez les équipiers du GOS OCLDI, explique Lucio. Il s’agit plus généralement d’un impératif propre à l’observation surveillance. Les candidats souhaitant intégrer cette filière doivent en avoir conscience. Pour ma part, j’ai intégré la filière observation-surveillance en 2006. Je suis marié, j’ai deux enfants et je parviens malgré tout à concilier ma vie professionnelle et personnelle. »

La fierté du chef

« On ne commande pas un GOS comme on commande une autre unité, détaille Lucio. Les équipiers sont à la fois des gens passionnés et autonomes. J’ai donc avant tout un rôle de chef d’orchestre. Je dois parfaitement connaître les faiblesses de chacun et savoir utiliser les points forts des uns et des autres en générant une dynamique qui constitue la condition de la réussite de la mission. Ma fonction consiste également à favoriser la cohésion du groupe, car la confiance est essentielle dans notre métier. Finalement une mission est faite d’actions collectives, elles-mêmes composées d’actes individuels, et lorsqu’un ensemble d’actions individuelles font de la mission une réussite, je me sens fier et je suis fier du groupe. »

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/le-gos-ocldi-traque-les-groupes-criminels-itinerants
Par le capitaine Tristan Maysounave
Publié le 16 juillet 2025
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Dans GOS, il y a groupe !

Confrontés à la délinquance du haut du spectre, les Groupes d’observation surveillance (GOS) mènent des missions à la fois complexes et dangereuses, dont le succès est le résultat d’un travail d’équipe. Qualité indispensable à un équipier en GOS, la capacité à travailler en groupe est recherchée dès les phases de sélection visant à intégrer ces unités.

23 h 30, dans un quartier résidentiel de Lyon. Deux équipiers d’un GOS s’affairent autour d’un véhicule. Le premier, penché sous la voiture, fixe une balise afin de suivre les déplacements de son propriétaire. Le second, « la sécu », vérifie que personne ne les ait remarqués. Comme le terme l’indique, il est chargé d’assurer leur sécurité le temps de l’opération. Munis d’oreillettes, ils rendent compte de l’avancée de celle-ci à leur chef de groupe, posté dans la « command car » (véhicule opérationnel permettant de commander les effectifs engagés sur le terrain, NDLR), à quelques centaines de mètres de là. Comme à chaque fois, le succès de l’opération dépend d’un ensemble d’actes individuels réalisés au sein d’un groupe.

« Le GOS, c’est un peu comme un orchestre »
Pose de balise et de sonorisation, filature, captation d’images, autant de missions que les gendarmes d’un GOS peuvent conduire afin d’accumuler les preuves permettant de confondre les auteurs de crimes ou délits, notamment en matière de criminalité organisée. Ces opérations exigent de l'organisation, de la discrétion et de l’autonomie. Les équipiers en GOS, qui se voient assigner des tâches définies, doivent en effet souvent réaliser ces actes seuls ou en petit groupe, en s’adaptant aux contraintes du terrain. Dans le cadre d’une filature, par exemple, les équipiers se relaient ainsi à bord de plusieurs voitures, afin d’éviter d’être décelés par la target (l’individu faisant l’objet de la filature, NDLR). Les occupants de chacun des véhicules réalisent ainsi des actes individuels qui s’insèrent dans une manœuvre coordonnée au sein d’un groupe. De même, lors de la pose d’une sonorisation dans un domicile, si un équipier d’un GOS agit seul à l’intérieur de celui-ci, son action s’inscrit dans le cadre d’une opération plus globale, au cours de laquelle ses camarades sont chargés de garantir sa sécurité, notamment en s’assurant qu’aucun individu ne revienne au domicile pendant l’opération.

« Sur le terrain, nous travaillons toujours en groupe. C’est d’ailleurs pour cela que nos unités s’appellent des groupes d'observation surveillance. Lorsqu’on part en mission, c’est d’une certaine manière tout le GOS qui part derrière la target et c’est un peu comme un orchestre. Chacun joue sa partition parce que chacun sait ce qu’il a à faire, et il y a le chef de groupe, qui est le chef d'orchestre, dont la mission est de guider et de corriger ; savoir travailler en groupe est primordial afin de pouvoir prétendre servir en GOS. En raison du danger que cela représente, nous ne travaillons jamais seuls. Nous avons toujours besoin de nos camarades pour accomplir la mission. »

Déceler la capacité à travailler en groupe au cours des sélections
« C’est un groupe qu’on veut voir », hurle le chef d’escadron Christophe, conseiller observation surveillance au sein de la Direction générale de la Gendarmerie nationale, à l’attention des candidats aux sélections GOS.

Ces tests, visant à recruter de nouveaux équipiers en GOS, sont organisés chaque année par le Centre national de formation au renseignement et à l'investigation (CNFRI) et le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), avec le concours d'instructeurs provenant des différents GOS métropolitains. Cette année, ils ont eu lieu en janvier. Bien que les candidats soient évalués individuellement au cours de la semaine de sélection, les instructeurs, équipiers ou commandants de GOS attendent d’eux qu’ils fassent preuve de cohésion. « L’esprit de groupe constitue un véritable critère lors de ces sélections, précise l’adjudant Cédric. Nous voulons leur faire comprendre qu’au cours des tests comme en unité, ils n’y arriveront pas tout seuls. »

Les candidats sont évalués sur des épreuves mobilisant à la fois leurs capacités physiques et intellectuelles. Une partie des exercices se déroule à Paris, afin de les confronter à des missions d’observation surveillance en zone urbaine. « Les ateliers nous permettent de les mettre en situation de manière individuelle mais également de les évaluer au sein d'une action collective, parce que le cœur de notre métier, c'est le collectif. En GOS, c’est le collectif qui fait la force. »

À l’issue des tests, les candidats sélectionnés suivront une formation initiale de dix semaines, pendant laquelle l’esprit d’équipe leur sera indispensable pour progresser rapidement. Ils commenceront également à tisser des liens particulièrement forts avec leurs camarades. « L’esprit de groupe est d’autant plus indispensable que les GOS, c’est une vraie famille, conclut l’adjudant.

La majorité des épreuves des sélections sont communes aux officiers et aux sous-officiers. Cependant, en position de commandement et évalués spécifiquement au regard des qualités attendues d’un chef.
« Ces qualités sont semblables à celles de tout officier, mais les GOS sont néanmoins des unités assez atypiques. Leur taille, les contraintes horaires, l’environnement de travail et le domaine judiciaire induisent une certaine promiscuité. Il s’agit d’unités pas forcément évidentes à commander, au sein desquelles les relations sont basées sur la confiance. Nous évaluons les candidats afin d’identifier leurs traits de personnalité et de déterminer s’ils présentent le savoir-être attendu d’un commandant de GOS ou s’ils sont du moins capables de s’adapter.
Je pense que le candidat doit se montrer naturel dans ses réponses, tout en ayant essayé de s’immiscer dans la vie d’un GOS en amont des sélections, afin d’appréhender ce commandement singulier. Je l’invite à prendre contact avec des patrons de GOS, mais également avec des équipiers, afin de comprendre leur quotidien.
Je pense que pour n’importe quel Gosman, la plus grande satisfaction de notre métier est que l’on perçoit véritablement notre utilité, avec des effets concrets sur le terrain, sur l’adversaire, ainsi que vis-à-vis des victimes. »
Etre officier en GOS des tests spécifiques
« Les sélections comprennent des épreuves spécifiques aux officiers. J’ai été confrontée à la privation de sommeil et au commandement d’un groupe. J’ai pu m’appuyer sur ma première affectation qui m’avait permis de gagner en assurance et en conduite en cours d’action. Celui ou celle qui aime le commandement opérationnel, la police judiciaire, le terrain, l’action, le contact avec les enquêteurs et le travail d’ombre doit passer les tests. Ayant réussi les sélections, j’ai suivi la formation initiale qui m’a préparé à prendre le commandement de mon GOS. »

Un commandement enrichissant, atypique et intense

« À mon arrivée à l’unité en 2022, j’ai dû à la fois apprendre le métier d’équipier GOS et celui de patron. Mon rôle est d’impulser la dynamique de l’unité, de permettre aux équipiers d’appréhender notre plus-value dans chaque dossier et de coordonner les opérations. Il s’agit d’un commandement intense dans la mesure où notre engagement dépend des faits et du mode de vie de nos targets. Nous sommes également confrontés à un certain niveau de dangerosité. Je me souviens d’un évènement marquant où un équipier s’est fait « tamponner » (terme désignant un contact entre un individu et un équipier) par le frère d’une target au cours d’une mission de nuit. Notre dispositif de surveillance venait en fait d’être décelé suite à la pose d’une balise. On a alors connu un moment de stress assez intense, en étant confrontés à une extraction difficile de l’équipier. Ce genre de situation nous rappelle l’humilité dont nous devons faire preuve dans le cadre de nos missions, et ce d’autant plus que nos cibles s’adaptent à nos méthodes. Dans un objectif de progression, nous en faisons un Retour d’expérience (RETEX). Pour les équipiers comme pour le chef, il est alors essentiel d’être en mesure d’accepter la critique. »

Les qualités essentielles

« Je pense qu’un chef de GOS doit être dynamique, avoir de l’entregent et faire preuve de diplomatie. Il doit être proactif et être capable de prendre du recul. Il est également indispensable de faire preuve de souplesse dans la mesure où les équipiers sont très autonomes. L’humilité est enfin une qualité importante. »

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/dans-le-quotidien-du-gos-de-lille-episode-2

Par le capitaine Tristan Maysounave
Publié le 21 mars 2025
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Les Groupes d’Observation et de Surveillance de la Gendarmerie sont des spécialistes des missions de renseignements. Ils traquent leurs cibles, rassemblent des preuves contre elles et participent à l’élaboration du dossier pénal.

Les gendarmes d’élite qui les composent sont connus pour leur discrétion et leur efficacité, au point qu’on les appelle parfois les “fantômes”. Dans cet article, vous découvrirez les GOS, leurs missions et leur fonctionnement.

Avant d’intégrer le Groupe d’observation surveillance, les candidats passent par une semaine d’épreuves intenses, en conditions réelles.
Jour et nuit, ils sont évalués sur leur résistance, leur mémoire, leur sens de l’observation et leur capacité à rester lucides sous pression.

Le chef d’escadron Arnaud entame sa 31e année de service en Groupe d’observation surveillance (GOS). Vouant une véritable passion à l’observation surveillance, il a largement participé à la professionnalisation de la filière ainsi qu’à la mise en place et au développement des sélections.
Les premiers GOS ont été créés en 1994. À l’époque, ils étaient au nombre de six, à l’effectif de cinq sous-officiers.
Aujourd’hui, il existe vingt-et-un GOS métropolitains, dont deux GOS particuliers, au sein de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) et de la Gendarmerie des transports aériens (GTA). Ils ont été créés en réponse à un durcissement des modes opératoires de l’adversaire, à des déplacements de population des zones police vers les zones gendarmerie, à une explosion des trafics de stupéfiants et des actions violentes, et à l’émergence de la contestation politico-religieuse. L’adversaire s’appuie sur des contre-mesures qu’il acquiert pour des sommes dérisoires et sur un changement sociétal qui favorise l’existence de zones non permissives, où les forces de l’ordre ont du mal à pénétrer sans être prises à défaut ou mises en difficulté. La situation se durcit, l'adversaire se radicalise dans son comportement et dans les moyens dont il dispose. Face à cela, la gendarmerie doit adapter sa réponse et positionner l’outil au bon niveau. L’existence des sélections et de formations spécifiques permet de répondre à ce besoin-là.

Comment les sélections ont-elles été mises en place ?
En 2007, nous sommes arrivés à un niveau de professionnalisation tel que nous avons réalisé que certains équipiers de GOS n’étaient pas adaptés au métier et qu’il était nécessaire de mettre en place des sélections afin de permettre aux GOS, qui sont des unités d’appui, d’évoluer conformément aux besoins des unités qui les sollicitent. Nous avons donc mis en place des tests de sélection qui n'ont cessé d'évoluer depuis. Nous avons cherché à affiner le processus de sélection en mettant en place des épreuves à la fois redondantes et différentes afin d’identifier les qualités que nous recherchons. Par exemple, les candidats sont confrontés à plusieurs épreuves d’engagement physique afin que leur aptitude ne dépende pas d'une seule épreuve.
Nous affinons et modifions les sélections d’année en année. L’objectif est de garantir un processus équitable, d’une part en nous appuyant sur les retours d’expérience que nous faisons, d’autre part en évitant que les candidats aient connaissance des épreuves. Nous voulons garantir la spontanéité en évaluant les candidats sur des situations auxquelles ils ne s’attendent pas.

Implantés dans toute la France, les Groupes d’observation surveillance (GOS) ont vocation à réaliser des missions d'observation-surveillance nécessitant la mise en œuvre de compétences techniques et tactiques complexes (filatures, poses de balises, sonorisations, etc.). Participant à la matérialisation des preuves, notamment dans le domaine de la criminalité organisée, ils agissent de façon autonome, bénéficiant éventuellement du soutien des unités pour lesquelles ils interviennent, et peuvent agir en appui du GIGN. Les équipiers de ces unités particulières font l’objet d’une sélection spécifique.

Des tests de sélection adaptés au niveau d’adversité ont lieu une fois par an, sont organisés par le Centre national de formation au renseignement et à l'investigation (CNFRI) et le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Ils disposent du concours d'instructeurs, commandants et équipiers de GOS, venant de toute la France. Cette année, le contenu a été profondément remanié.
« J’ai repris en main les sélections avec le concours de mes camarades de GOS. J’ai souhaité les refondre afin de les adapter à l’adversité à laquelle nous devons faire face sur le terrain. Le niveau de criminalité augmente et les délinquants se montrent de plus en plus déterminés. Afin d’être en mesure de répondre à cette situation, nous cherchons à hausser notre niveau d’exigence, notamment en matière de rusticité. Par ailleurs, pendant de nombreuses années, nous avons recherché des savoir-faire chez les candidats. Schématiquement, nous leur mettions un appareil photo entre les mains et nous leur demandions de prendre une photo lors d’un cas pratique. Ils ne savaient pas forcément utiliser nos outils, et cette méthode induisait une iniquité en fonction de l’unité d’origine des candidats. Aujourd’hui, nous recherchons avant tout des savoir-être. »

Deux marqueurs irriguent ainsi les sélections : la rusticité et le caractère imprévisible des épreuves.

« Les semaines de sélection ont été organisées en janvier afin de tester l’endurance des candidats au froid ». Il s’agit de conditions, parfois extrêmes, qu’ils pourront avoir à affronter s’ils sont amenés à servir en GOS. Les équipiers doivent en effet fréquemment effectuer de longues surveillances, embusqués dans la végétation ou sur un toit par exemple. Ils ne peuvent pas bouger, au risque d’être « détronchés » (mot employé dans le jargon policier pour exprimer le fait de se faire repérer, NDLR), et peuvent avoir à supporter des conditions d’humidité ou de froid particulièrement difficiles. Il en est de même lorsque ces surveillances sont effectuées à bord d’un soum (cette abréviation de sous-marin désigne un véhicule servant à la surveillance discrète de suspects, NDLR). Les équipiers sont alors enfermés dans « la caisse » pendant de longues heures, parfois de manière très inconfortable, sans possibilité de se rendre aux toilettes, de dormir ou de se dégourdir les jambes. Bien qu’éprouvés par la fatigue et l’attente, ils doivent rester concentrés et lucides afin de ne manquer aucun détail utile à l’enquête. Cette situation est rendue d’autant plus difficile que les délinquants connaissent les techniques employées par les enquêteurs et tentent fréquemment de les déjouer.

Les candidats sont également confrontés à l’inconnu. En effet, bien que certains thèmes soient incontournables de la formation (engagement physique, ateliers d’observation surveillance, entretien avec les instructeurs, etc.), ils ne connaissent pas le déroulé de la semaine, ni les épreuves auxquelles ils seront confrontés. Il leur est donc difficile de gérer leur fatigue ou leur engagement, ce qui induit du stress supplémentaire. Ce sont justement des contraintes que connaissent les équipiers en GOS.

« En GOS, la principale contrainte est la disponibilité. Les heures et les missions sont imprévisibles. On sait quand on commence, mais on sait rarement quand on finit. C’est la target (l’individu qui fait l’objet de la surveillance, NDLR) qui dicte le rythme. »

Rechercher un savoir-être
« À mon sens, l'observation surveillance, ce n’est ni plus ni moins qu'une opération militaire réalisée en décontraction la plus totale afin de passer inaperçu aux yeux de tous, dont l’objectif principal est la quête du renseignement pénal. On recherche un candidat qui a des connaissances en police judiciaire, qui va savoir se positionner sur le terrain, qui est capable de communiquer et de mettre en œuvre des actes propres à une opération militaire dans le respect du cadre légal. »

La semaine de sélection est jalonnée d’exercices pratiques et de mises en situation dont l’objet est justement de détecter un savoir-être indispensable à la formation du gendarme appelé à servir en GOS.

« Cette année, nous avons remis des épreuves en piscine. Sans dévoiler leur contenu, je dirais que le très bon nageur nous intéresse peut-être moins que celui qui ne sait pas très bien nager mais qui se dépasse en se confrontant aux épreuves. C’est cette forme d’engagement que nous recherchons et pas nécessairement la performance extrême. »

Cette capacité à se dépasser fait partie des qualités majeures recherchées chez un candidat tout au long des sélections. « Au cours de la semaine, les candidats sont confrontés à une épreuve de boxe. Il s’agit clairement d’une épreuve d'engagement physique où nous cherchons avant tout de la combativité. Nos missions impliquent une prise de risque. L’équipier en GOS doit être capable de se défendre si ça tourne mal sur le terrain, c’est aussi ce qu’on souhaite leur faire comprendre à travers cette épreuve. L’avantage de la boxe, c’est qu’il s’agit d’un sport noble qui véhicule des valeurs de résilience et de combativité. Bien que les candidats doivent se dépasser individuellement, nous demandons aux adversaires de veiller l’un sur l’autre à l’issue de la confrontation. La cohésion est fondamentale au sein des GOS, elle se crée notamment dans l’adversité. Nous leur faisons toucher du doigt que le groupe importe autant que l’individu et que, même s’il s’agit de sélections, l’esprit de camaraderie est également important. »

« Par ailleurs, nous n’évaluons pas spécifiquement les connaissances des candidats, mais nous recherchons avant tout celui ou celle qui fait preuve de curiosité et qui semble capable de progresser, notamment en suivant les formations indispensables afin de devenir équipier en GOS, précise le conseiller observation surveillance au sein de la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN). Il s’agit en effet d’une qualité importante en GOS, notamment en ce qui concerne le domaine des nouvelles technologies. Celles-ci sont en effet devenues incontournables dans ce métier de « Gosman » (nom donné à l’équipier en GOS, NDLR) et présentent une technicité de plus en plus élevée. »

Intégrer une filière d’excellence
Pour les futurs équipiers de GOS, les sélections ne constituent que le début d’un long parcours du combattant. En effet, les candidats sélectionnés devront ensuite suivre une formation de dix semaines ainsi que plusieurs formations complémentaires à leur arrivée en unité.
« En général, ils sont environ une trentaine à obtenir le brevet à l’issue des sélections sur les 150 candidats initiaux, affecté à la Force observation recherche (FOR) du GIGN. Le GIGN conduit, en partenariat renforcé avec le CNFRI et les formateurs GOS, l'ensemble des actions de sélection et de formation des militaires (officiers et sous officiers) des GOS. Le GIGN enseigne les modules dits d'expertise liés à l'observation surveillance, aux infiltrations, au camouflage, à la pose de capteurs dans des milieux sensibles, ainsi que les modules interpellation, conduite de véhicule, filature moto, comportement non policier (consistant en des cours de théâtre permettant d’apprendre aux stagiaires à adapter leur comportement aux endroits dans lesquels ils se trouvent). Il assure également la formation des équipiers et des chefs d'équipe amenés à effectuer des opérations relevant du champ des techniques spéciales d’enquête. Cette année, à la demande du CNFRI, le GIGN a mis à disposition son expertise (acquise durant plus de 30 ans) en matière de sélection et de formation de militaires hyper spécialisés, répondant en tout point aux attendus de ce métier extrêmement exigeant. »

Utiliser son environnement et le terrain naturel
À son poste d’observation, il se fond dans le décor tout en restant opérationnel. « En même temps que je prends des photos, je suis en communication radio avec le reste du groupe et je les renseigne sur tout ce qui se passe. Le but de la photo est d’identifier des personnes ou des véhicules et de matérialiser les infractions ». Après avoir pris les photos, l’observateur doit repartir sans éveiller les soupçons. « Une fois que la mission est terminée, en général on reste sur place un peu, puis on s’extrait de la zone et on redevient un citoyen lambda. C’est cette phase de transition qui est délicate. »

Déterminer le bon niveau de subsidiarité

Les GOS n’initient pas de dossiers en propre. Ils doivent être saisis par des unités de recherches (Brigade de recherches – B.R. ou S.R.). Le rôle du commandant du GOS est alors d’évaluer la demande afin de déterminer la plus-value que peut apporter son unité dans le dossier et d’établir le bon niveau de subsidiarité. En effet, trois types d’unité peuvent être engagés en fonction de la complexité de l’affaire et du niveau de dangerosité des criminels :
   • Cellules départementales d'observation et de surveillance (CDOS) : ont vocation à réaliser des missions d'observation surveillance nécessitant la mise en œuvre de techniques simples face à la petite délinquance, au profit des groupements de gendarmerie départementale.
   • GOS : à compétence régionale, à l’exception du GOS de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) qui dispose d’une compétence nationale, les GOS ont vocation à réaliser des missions d’observation surveillance face à la délinquance moyenne et à la délinquance organisée.
   • Force observation recherche (FOR) du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) : mène des missions d’observation surveillance face à la grande délinquance organisée ainsi que dans des dossiers présentant des complexités techniques, une sensibilité particulière et/ou une notion d’arme

« l’OS est un métier passion ». Malgré le quotidien rythmé et passionnant de cette unité, les candidatures sont peu nombreuses ; l’explication la plus probable semble être que le GOS « est très peu connu au niveau de l’institution et c’est pour ça qu’il y a très peu de volontaires. Le problème est qu’il y a très peu d’informations sur le GOS. L’inconnu faisant peur, beaucoup de gens ne se présentent pas aux tests de sélection par peur de l’échec ou de ne pas être à la hauteur. En réalité on se découvre énormément sur les tests de sélection. Il faut le faire pour se rendre compte qu’on en est largement capable et que c’est un super métier. »

Le GOS est également perçu comme une unité avec un rythme effréné de travail et qui laisse peu de temps pour soi, déplore Mane : « On se fait beaucoup de film en pensant qu’il n’y a pas de vie de famille et qu’on est sollicité H24. » Clap l’assure : « Le GOS c’est une unité atypique avec des horaires atypiques, mais j’ai trouvé un vrai équilibre de vie. »


Sources :
https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/immersion-au-caeur-des-selections-des-groupes-d-observation-surveillance

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/temoignages/selections-gos-entretien-avec-le-chef-d-escadron-arnaud-responsable-des-exercices-parisiens?fbclid=IwY2xjawLcnuZleHRuA2FlbQIxMABicmlkETBHbXJGdDYwQXhBa0pyM3kwAR5nkr7G01yIoAd5AIwWskpF1Yas6YU-l0om9ZZBGAc39h_zZuoIBd7UoEmDxQ_aem_Pu6fyBByaHTAsj8b8ENgKg

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/rhone-alpes-le-gos-des-montagnes

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/dans-le-quotidien-du-gos-de-lille-episode-1

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/dans-le-quotidien-du-gos-de-lille-episode-2





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Gendarmerie Nationale / Re : Les chiens dans la gendarmerie, une histoire méconnue
« Dernier message par Jeano 11 le 06 juillet 2025, 11:39:21 »
Pierre, dresseur-instructeur au Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie : le choix d’un métier passion
L’adjudant Pierre exerce le métier de dresseur-instructeur au Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG), à Gramat, dans le Lot. À la fois gendarme et cynotechnicien, le sous-officier évoque ce métier hors du commun, alliant passion et engagement.

« J’exerce un métier passion. J’apprends et progresse chaque jour ! », confie d’emblée l’adjudant Pierre. Né dans les Yvelines (78), il y a trente-sept ans, Pierre se destine très tôt à devenir gendarme. « Je n’avais pas dix ans lorsque j’ai participé à une Journée Portes ouvertes organisée par la Garde Républicaine, au quartier des Célestins, à Paris. Ma vocation est née ce jour-là. C’est alors que j’ai décidé de devenir gendarme. » Son amour pour les chiens fera le reste.

Après des débuts en  qualité de suppléant maître de chien au sein du Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) de Biganos (33), Pierre intègre la Marine nationale. Durant cinq ans et demi, il exerce en tant que fusilier marin spécialisé cynotechnicien. En 2015, il réintègre les rangs de la gendarmerie, direction l’école de sous-officiers de Châteaulin, dans le Finistère (29). Ce retour aux sources s’impose à lui comme une évidence. « Je suis profondément attaché aux valeurs de l’Institution, ainsi qu’au fait de travailler sur le territoire national. »

À l’issue de sa formation, Pierre rejoint l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) de Hyères-les-Palmiers, dans le Var (83). Ses compétences cynothechniques le conduisent rapidement vers d’autres fonctions. C’est ainsi qu’il intègre, en 2017, le Groupe d’investigation cynophile (GIC) de Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône (13). En 2019, Pierre franchit la porte du Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG), à Gramat, dans le Lot (46), où il est nommé dresseur-instructeur. C’est le début d’une nouvelle aventure. « Instructeur à Gramat, c’est le Graal dans une carrière de cynotechnicien ! »

La passion du chien
Pierre acquiert son premier chien alors qu’il est en poste au GIC de Salon-de-Provence. « Kyron, magnifique berger belge malinois, était spécialisé dans la recherche d’explosifs sur personne en mouvement. Il était extraordinaire, se souvient-il. Très courageux mentalement, ce chien a été engagé sur des missions d’envergure. Il vivait au sein de la famille, dont il était un membre à part entière. »

En 2019, Pierre se met en quête d’un second chien de travail. « Les militaires exerçant au sein d’un GIC possèdent souvent deux chiens, issus de technicités différentes », explique-t-il. C’est ainsi que Panache, jeune malinoise de neuf semaines, rejoint à son tour la famille de Pierre. Destinée à la technicité « recherche de produits stupéfiants », la chienne provient de l’élevage professionnel du Banc des Hermelles, qui jouit d’une notoriété incontestée dans le milieu du sport canin français, grâce à une sélection rigoureuse des reproducteurs.

Après avoir acquis l’animal à titre personnel, puis l’avoir éduqué, Pierre en fait don à la gendarmerie, les examens techniques et médicaux s’étant révélés concluants. « Je lui ai tout appris. Le chiot est une éponge qui absorbe et assimile toutes les informations qui lui sont présentées. Acquérir un animal âgé de seulement quelques semaines facilite grandement l’avenir. » Kyron et Panache cohabiteront durant une année, jusqu’au décès prématuré de Kyron.

« Le Malinois fait preuve d’une faculté d’apprentissage très rapide, souligne Pierre. Tout comme des athlètes de haut niveau, ces chiens suivent un entraînement intensif. Rien n’est jamais acquis ! » Depuis qu’elle a rejoint le CNICG, Panache est également chien de démonstration de la Gendarmerie nationale.

Porté par la volonté d’expérimenter une nouvelle race sur la technicité « piste chaude » (recherche de personnes disparues depuis moins de quarante-huit heures), Pierre a acquis l’an passé une chienne Staffordshire bull-terrier. Prénommé Navy, l’animal, aujourd’hui âgé d’un an, est en cours d’apprentissage. « La formation se déroule de façon progressive. Pour l’heure, Navy montre de belles capacités olfactives, relève Pierre. Si ses qualités se confirment, elle suivra la voie de Panache et intégrera également la gendarmerie. Outre les capacités intrinsèques de l’animal, la motivation est un critère essentiel à la réussite de ce challenge. » Quant à Pierre, sa détermination et sa passion pour les chiens, qui demeurent intactes après dix-sept années de service, constituent son principal moteur.

Objectif final : maîtrise, confiance et autonomie
En tant que dresseur-instructeur, Pierre a pour mission de recruter les chiens suivant des critères précis, dans la perspective de leur intégration au sein de la gendarmerie. Dans un second temps, il dresse les canidés ayant satisfait aux tests de sélection, qui présentent le potentiel pour devenir chien de travail. Cette étape, appelée « débourrage », s’étale sur une période de deux à trois mois, durant lesquels le chien fait l’apprentissage des fondamentaux. Si l’animal démontre les qualités attendues, il est alors attribué à un maître, selon plusieurs critères : technicité, environnement, tempérament ou expérience du maître, etc.

Une fois les binômes constitués, la formation initiale des équipes cynophiles démarre. Une mission qui incombe également au dresseur-instructeur. « Le chien est partiellement formé lorsqu’il rencontre son maître, lors de la cérémonie du mariage. L’apprentissage se poursuit donc à deux, durant quatorze semaines. Mon travail s’inscrit dans une réelle continuité, observe Pierre. J’assure pour l’essentiel la formation d’équipes destinées à la technicité "recherche de produits stupéfiants / défense renforcée”. Ces chiens ont pour la plupart vocation à exercer au sein d’un PSIG et sont susceptibles d’être engagés dans des environnements très dégradés. » C’est pourquoi Pierre travaille en collaboration avec le Centre national d'entraînement des forces de la gendarmerie (CNEFG), situé à Saint-Astier, en Dordogne, où les stagiaires se rendent régulièrement, afin d’accoutumer les chiens aux interventions de rétablissement de l’ordre en milieu hostile.

Les équipes cynophiles sont évaluées à la mi-stage, puis à l’issue du cursus. « L’objectif final de la formation est de donner aux équipes les outils qui leur permettront d’obtenir de bons résultats et aux maîtres d’évoluer en confiance lorsqu’ils seront sur le terrain, en totale autonomie, explique Pierre. Outre l’acquisition et la maîtrise des compétences liées à la technicité, l’obéissance est aussi un point essentiel ! Elle témoigne de la capacité du maître à contrôler son chien, mais engage aussi la crédibilité de l’équipe sur le terrain, notamment dans les situations difficiles. Elle permet en outre de renforcer le lien entre le maître et l’animal. »

Pour mener à bien ses missions, Pierre s’appuie sur une équipe d’assistants-dresseurs qui participent aux exercices et à l’entretien des chiens, et dont il assure le management.

Le rôle du dresseur-instructeur ne s’arrête pas là. Il participe également à faire vivre et rayonner le CNICG, tant à l’international qu’à l’échelle locale. « Nous organisons et animons des démonstrations canines à destination du grand public, l’objectif premier étant de créer des vocations, explique Pierre. Quant aux opportunités de voyages à l’étranger, dans le cadre de missions de coopération, elles constituent une ouverture sur l’extérieur qui est très stimulante. »

Ponctuellement, Pierre et Panache sont également engagés sur des missions opérationnelles, sur demande de la région de gendarmerie Occitanie, lorsque les effectifs cynophiles viennent à manquer. « C’est aussi l’occasion de garder contact avec le terrain ! » Un point auquel il est très attaché.

Au travers de ses différentes missions, Pierre est en lien avec l’ensemble des acteurs de la filière cynophile. « La cyno est un petit monde de passionnés. Ce sont moins de 500 équipes au total réparties sur le territoire national et représentant 0,5 % de la masse salariale de la gendarmerie, souligne-t-il. Devenir cynotechnicien, c’est une chance et un privilège ! »

Gendarme avant tout
« Le métier de dresseur-instructeur me permet de transmettre et d’apprendre chaque jour. C’est un aboutissement, après un parcours entièrement dévolu à la cynotechnie », confie Pierre.
Comme tous les métiers passion, celui-ci implique un engagement total. « C’est un gros investissement. Il faut être très travailleur et rigoureux, mais aussi très disponible. Il faut être présent, notamment lorsque l’animal est malade. La patience est primordiale. Le dresseur-instructeur doit aussi savoir se remettre en question, se poser les bonnes questions et faire preuve d’ouverture d’esprit, indique Pierre. À la différence de l’instruction classique, il y a dans cette fonction une dimension affective liée à la relation que nous développons avec les chiens lors du débourrage. C’est un paramètre qu’il nous faut gérer lorsque le nouveau maître entre en scène. En résumé, la fonction requiert des qualités, notamment pédagogiques, que doit posséder n’importe instructeur, auxquelles s’ajoutent de fortes spécificités. La complexité, mais aussi la richesse du métier, résident dans sa dimension multidimensionnelle. Il est à la fois question de relation au chien, à l’humain, mais aussi d’interaction entre les deux. »

« Rôle commercial, dans le cadre du recrutement des chiens auprès de son réseau de fournisseurs canins, rôle pédagogique, ou encore chef militaire… Le dresseur-instructeur a plusieurs cordes à son arc, note le chef d'escadron (CEN) Damien Courton, chef du département formation – opérations au sein du CNICG. La fonction nécessite une grande autonomie ».

Tout au long de son parcours professionnel, Pierre a côtoyé de nombreuses technicités cynotechniques. C’est ainsi qu’il a acquis une solide expérience et développé des facultés d’adaptation, aujourd’hui essentielles dans l’exercice de sa fonction.

Le partage et les nombreux échanges entre dresseurs-instructeurs du centre tiennent aussi une place importante. « Nous sommes 24 au total. Nos méthodes pédagogiques diffèrent parfois. Nous confrontons ainsi nos visions et nos connaissances, et nous nous nourrissons de nos expériences respectives. »

Alors que la mission de Pierre au Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie devrait prochainement toucher à sa fin, le dresseur-instructeur envisage l’avenir des projets plein la tête. Avec l’envie, tout d’abord, de rejoindre un jour le Groupe national d’investigation cynophile de la gendarmerie (GNICG), également basé à Gramat, et seule unité en France spécialisée dans la recherche de restes humains. « Ce serait pour moi l’occasion de découvrir une nouvelle technicité, et ainsi de poursuivre mon évolution. » Pierre aspire aussi à renouer avec le terrain. « Je suis avant tout gendarme, insiste-t-il. Je suis passionné par la cynotechnie, mais le suis tout autant de mon métier de gendarme. »

Mais pour l’heure, il entame un nouveau débourrage avec un jeune chien spécialisé dans la recherche de données de supports numériques, une toute nouvelle technicité développée en gendarmerie depuis 2024. Il fait ainsi équipe avec Gone, un berger belge malinois de quinze mois, dont il a fait l’acquisition en mai 2025. Nouveau challenge en perspective pour ce passionné !

NOTA : Le métier de dresseur-instructeur au CNICG s’adresse aux sous-officiers maîtres de chien expérimentés, passionnés par le travail cynophile et désireux de transmettre leur savoir. Être moniteur homme d’attaque ou volontaire pour le devenir est un atout essentiel. Ce poste requiert un sens pédagogique affirmé, une grande autonomie, des capacités d’organisation éprouvées et une curiosité constante pour l’ensemble des technicités cynophiles enseignées. Le dresseur-instructeur recrute et débourre ses chiens, encadre des formations, participe à des missions de rayonnement en France et à l’étranger, et prend part à des démonstrations publiques de haut niveau. Une semaine de tests probatoires permet d’évaluer les compétences en détection, le recrutement et la prise en main d’un chien, l’animation d’un groupe de stagiaires et la capacité à exposer clairement un sujet technique. Rejoindre le CNICG, c’est s’investir dans un métier exigeant mais valorisant, au cœur de l’excellence cynotechnique de la gendarmerie.

Pour plus d’informations, adressez un e-mail à l’adresse [email protected]

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/temoignages/pierre-dresseur-instructeur-au-centre-national-d-instruction-cynophile-de-la-gendarmerie-le-choix-d-un-metier-passion

Par Hélène THIN
Publié le 17 juin 2025
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Gendarmerie Nationale / Re : Les chiens dans la gendarmerie, une histoire méconnue
« Dernier message par Jeano 11 le 06 juillet 2025, 11:35:14 »
Rencontre avec le maréchal des logis Théo, suppléant maître de chien à la Garde républicaine.
À tout juste 22 ans, le maréchal des logis Théo est déjà un visage familier au sein du Groupe d’intervention cynophile (GIC 75) de la Garde républicaine. Suppléant maître de chien depuis janvier 2024, ce jeune gendarme incarne l’engagement, la curiosité et la volonté d’apprendre, dans un univers où l’humain avance au rythme de son binôme canin.

Passionné d’histoire, notamment de la Seconde Guerre mondiale, Théo entre en gendarmerie à 18 ans, poussé par le goût de l’engagement et du service. Détenteur du galop 6, il se tourne d’abord vers la cavalerie, avec en tête l’idée de rejoindre les rangs équestres de la Garde. Après une sortie d’école en 2022 à Châteaulin, il est affecté à la caserne Carnot, mais son projet d’obtenir le CAPEG (Certificat aptitude de la pratique équestre en gendarmerie) n’aboutit pas. Il se réoriente alors vers l’infanterie au sein du quartier Kellermann, avant de bifurquer vers la cynotechnie.

« Ce n’était mon choix initial, confie-t-il, mais j’ai retrouvé avec les chiens ce lien que j’aimais avec les chevaux : une complicité, un échange. » Curieux, il se rapproche des équipes cynophiles pour mieux comprendre ce métier. Séduit, il suit la formation de suppléant maître de chien à Gramat en janvier 2024. Un mois intense mêlant cours théoriques, évaluations et mises en situation pratiques (conduite en laisse, pose du collier, mise en condition du binôme).

Un travail en trinôme
Aujourd’hui, Théo est suppléant de la gendarme Sandra, maître de Naskya, une malinoise de quatre ans recueillie par la gendarmerie à l’âge d’un an auprès d’une association. Spécialisée dans la recherche d’explosifs traditionnels et en Recherche d’explosifs sur personne en mouvement (REXPEMO), cette équipe est affectée au GIC 75, rattaché à la 6e compagnie du 2e régiment d’infanterie de la Garde.

Le rôle de suppléant demande rigueur, anticipation et discrétion. « Naskya est très intelligente, il faut sans cesse la surprendre et la stimuler. Ça me pousse à me remettre en question constamment. Au début, ce n’était pas simple. Il faut apprendre à lire le chien, à prédire ses réactions. »

En mission, Théo assure la sécurité du binôme : il peut gérer Naskya seul quand le maître-chien doit, par exemple, recueillir des renseignements sur le terrain. Il sécurise également les lieux en amont du passage de Naskya, par exemple en s'assurant qu'il n'y ait pas d'objets dangereux dans une voiture.

À l’entraînement, il élabore les cachettes. « Le plus difficile, c’est de bien les préparer, note Théo. Il faut se mettre à la place du chien, anticiper sa réaction. » Puis, pendant les séances il devient observateur, guide le maître-chien, ajuste les méthodes et apporte un retour constructif.

Mais son travail ne s’arrête pas là. Entre deux interventions ou entraînements, Théo veille au bien-être de Naskya : sorties quotidiennes, surveillance de son état de santé, exercices physiques indispensables à son équilibre.

Des missions hors normes
L’été 2024 restera un moment fort dans la carrière de Théo, marqué par deux missions d'envergure.
D’abord, Roland-Garros, où il intervient sur le stade, les vestiaires, les gradins, les loges VIP et participe au déminage du village du tournoi. « Étant issu d’une famille passionnée de tennis, sécuriser cet immense stade en tant que gendarme a été inoubliable », confie-t-il.

Quelques semaines plus tard, place aux Jeux olympiques, avec une mission au village olympique, au Trocadéro et sur d’autres sites emblématiques. « J’ai eu la chance de voir les appartements des athlètes, d’avoir un accès privilégié aux coulisses de l’événement. C’était extraordinaire. »

Admis au concours de sous-officier, Théo est en attente de convocation en école. Son souhait pour la suite ? Rejoindre dans un premier temps un Escadron de gendarmerie mobile (EGM), avant de revenir vers la cynotechnie, cette fois en tant que maître de chien. « Le poste de suppléant m’a permis de découvrir cette spécialité de l’intérieur. Ça m’a donné envie d’aller plus loin. »

Source : https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/temoignages/rencontre-avec-le-marechal-des-logis-theo-suppleant-maitre-de-chien-a-la-garde-republicaine

Par Colombe Delons
Publié le 02 juillet 2025
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Gendarmerie Nationale / Re : Les chiens dans la gendarmerie, une histoire méconnue
« Dernier message par Jeano 11 le 27 juin 2025, 11:45:27 »
GIGN : la polyvalence des chiens d’élite au profit de missions à haut risque (épisode 2/2)

Les maîtres de chiens du Groupe appui cynophile (GAC) du GIGN, tous opérationnels, cherchent sans cesse à faire évoluer leur discipline afin d’élargir leurs capacités et de répondre aux besoins de la mission. Ainsi, si leurs chiens restent avant tout spécialisés dans les missions d'assaut et de recherche d'explosifs, ils ont également développé d'autres spécialités, comme le guidage au laser, systématique en recherche d'explosifs, le « dirigement », une méthode de conduite à distance à la voix, au moyen d'un émetteur radio, ou encore le pistage tactique. Une pluridisciplinarité au service de l’efficacité opérationnelle.

Si la priorité missionnelle du GAC demeure « l’assaut » et « l’explo », les maîtres de chiens sont toujours en quête d’innovation pour répondre aux besoins opérationnels. « L’idée est de pouvoir apporter des outils supplémentaires lors des opérations. Nos chiens travaillent déjà l’olfaction sur les explosifs, alors les former au pistage n’est pas incompatible, ni incohérent. Nous avons étudié cette possibilité en effectuant du bench-working chez nos homologues et en travaillant avec Gramat. Aujourd’hui, nous avons formé plusieurs de nos chiens. L’objectif n’est pas qu’ils soient officiellement validés piste, mais qu’ils soient en mesure de faire un départ véhicule, un départ sur un objet au sol, ou autre, et de donner une direction de fuite, voire plus en fonction du niveau du chien et du terrain. L’avantage de généraliser cette capacité à tous nos chiens est de pouvoir faire travailler deux ou trois chiens en relais sur la même mission, comme une traque, explique Jérémie. Par ailleurs, le pistage est une discipline très exigeante, notamment en termes d'endurance. Cela permet donc d'augmenter les facultés olfactives du chien et sa résistance cardio, ce qui lui est bénéfique. »

Du guidage laser…
L'utilisation du laser pour guider le chien à distance est une technique employée depuis très longtemps par le GIGN.

Le laser permet au maître de se positionner en toute sécurité et d'envoyer le chien dans une direction spécifique, principalement pour réaliser rapidement une recherche d’explosifs, dans le cadre d’une levée de doute ou d’un contrôle rapide. Le chien peut ainsi vérifier un objet, une porte, un véhicule ou même une personne à distance.

Le laser peut également être utilisé dans certaines situations de mordant, pour envoyer le chien dans une zone définie, par exemple à travers une fenêtre ou dans un couloir, sans que l'opérateur n'ait à s'exposer.

Son utilisation est toutefois limitée par la ligne de visée, qui dépend de la configuration du terrain (angle de rue, obstacle, etc.). Le système de caméra sur le casque de l’animal est alors essentiel pour que le maître puisse voir ce que fait le chien, s'il marque quelque chose ou s'il est en danger, et pouvoir le rappeler immédiatement au sifflet à ultrasons.

… au « dirigement » !
Le « dirigement » est finalement l’émanation du guidage au pointeur laser. Si les premières expérimentations de cette technique au sein du GIGN remontent aux années 2010-2013, son développement, fruit d’échanges avec la Belgique notamment, est relativement récent. Elle est d’ailleurs encore peu utilisée en mission, contrairement à d'autres unités étrangères.

Équipé d’un casque muni d’une caméra et d’un récepteur radio fixé à son collier, le chien est dirigé à distance à la voix, au moyen de mots bien spécifiques, par son maître, qui suit sa progression via le retour caméra sur une tablette. À ce jour, seul Olto, le chien de Jérémie, est en mesure d'exécuter cette technique sur le terrain. « Le « dirigement » permet de travailler avec le chien à distance sans contact visuel direct avec le maître, par exemple pour des missions de reconnaissance et d’acquisition de renseignements en toute discrétion. C’est un peu comme avoir un "drone sur pattes" », sourit le militaire du GIGN.

Le « dirigement », qui reste tributaire de la portée de la radio et de la caméra, permet ainsi de donner au chien des ordres plus complexes que le laser et de manière séquencée : aller tout droit, s'arrêter, aller à droite ou à gauche, monter un escalier, s’arrêter devant une porte, effectuer une détection. Il peut également amener le chien à transporter et déposer des objets, comme un brouilleur ou un petit drone, ou inversement, récupérer un élément, comme un sac ou une arme.

Cette technicité ne peut s’adapter qu’à « un chien hyper-réceptif, capable d’assimiler un grand nombre d’informations complexes et de travailler en toute autonomie sans avoir le visuel de son maître, ce qui demande là encore de la confiance », précise Jérémie. La formation est donc assez longue et nécessite de nombreuses heures de travail supplémentaire.

« Il y a encore tellement de choses à faire avec le chien et comme nous sommes une équipe de passionnés ultra-motivés, on y va !, conclut Jérémie. En plus, le fait de travailler avec le vivant, avec les aléas que cela comporte en termes de sensibilité, est vraiment intéressant. Cela demande une remise en question permanente. On teste des choses pendant l'entraînement. Parfois ça marche et parfois non. Nous nous filmons beaucoup et nous travaillons ensuite en équipe pour corriger nos éventuels défauts et progresser. Le regard des autres est vraiment important et ensemble, on avance plus vite. »

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/gign-la-polyvalence-des-chiens-d-elite-au-profit-de-missions-a-haut-risque-episode-2-2

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Gendarmerie Nationale / Re : Les chiens dans la gendarmerie, une histoire méconnue
« Dernier message par Jeano 11 le 27 juin 2025, 11:35:56 »
GIGN : les binômes du Groupe appui cynophile au cœur des opérations (épisode 1/2)

Né en 2018, de la fusion des équipes cynophiles d’assaut et de détection d’explosifs, le Groupe appui cynophile (GAC) du GIGN travaille au profit de toutes les forces, même si l’essentiel de ses engagements se fait aux côtés de l’intervention. Fort de neuf maîtres de chiens, tous opérationnels, et de quatorze chiens, principalement des bergers belges malinois, le GAC déploie au quotidien plusieurs spécialités : assaut, pistage, recherche d’explosifs et dirigement. Cette polyvalence, au service de l’efficacité opérationnelle, est le fruit d’une sélection exigeante, d’une formation longue associée à un entraînement permanent, ainsi que d’une recherche constante d’innovation.

Ils sont quatorze. Ce sont des équipiers bien particuliers du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale. Opérationnels, discrets et dotés de leur propre équipement high-tech, ils participent à la plupart des missions à haut risque conduites par l’unité. Eux, ce sont les chiens d’élite du Groupe appui cynophile (GAC).

La cynotechnie est apparue au sein du GIGN en 1976, peu de temps après sa création. Deux spécialités vont dès lors y coexister : l’assaut, au sein du GIGN, et la détection d’explosifs, au sein de l’EPIGN (Escadron Parachutiste d’Intervention de la Gendarmerie Nationale).

Lors de la réforme du Groupe, en 2007, les deux unités cynophiles sont affectées à la F.I. pour l’assaut et à la force appui opérationnel pour la recherche « explo ». Il faudra attendre 2018 pour assister à leur fusion, avec la création du GAC, armé aujourd’hui par neuf maîtres de chiens, chef de cellule compris, tous opérationnels.

Quant au cheptel du GIGN, il est principalement composé de bergers belges malinois. L’un d’eux, Olto, spécialisé dans la recherche d’explosifs, est aussi l’unique chien « dirigement » du groupe. Trois chiots de cette même race, Vorace, Venom et Valko, âgés de sept mois, sont actuellement préparés depuis l’âge de deux mois pour assurer la relève de leurs aînés prochainement à la retraite. On trouve aussi un surprenant jagdterrier, nommé Jaffar, chien « explo », également en cours de formation piste.

Le binôme cynophile au cœur de la colonne d’assaut
Le GAC, qui travaille essentiellement avec la Force intervention (F.I.), fonctionne sur le même régime qu’elle, avec deux alertes, afin de se greffer à chaque mission. Généralement intégrée dans la colonne d’assaut, l’équipe cynophile, qui forme un binôme à part entière, va mettre à profit sa capacité de détection d’explosifs pour sécuriser la progression des équipiers de la F.I. Le chien peut également être utilisé « au mordant » (assaut) pour intercepter un individu, dans un cadre d’emploi préalablement défini avec le chef des opérations.

Sa casquette « explo » peut aussi conduire le chien à réaliser des levées de doute sur une porte, un véhicule ou un objet, en étant « piloté » à distance au laser par son maître.

En outre, une semaine sur deux, le GAC assure une alerte GSPR (Groupe de Sécurité de la Présidence de la République), avec deux opérateurs dédiés, qui peuvent être amenés à suivre les déplacements du Président nécessitant la présence des chiens. Il s’agit notamment de réaliser des détections d’explosifs en amont des déplacements.

Un long apprentissage
Le recrutement au GAC se fait par le biais d’un appel à volontaires publié en fin d’année dès lors que le besoin existe. Comme tout opérationnel, le candidat doit d’abord se présenter à la semaine de tests opérationnels. S’il les réussit, il suivra le préstage, d’une durée de huit semaines, avant d’entamer une année de formation, à l’instar de tous les stagiaires. Tout au long de l’année, des séances d’entraînement avec son futur chien sont planifiées durant certains week-ends ou autres moments de disponibilité, afin que le stagiaire commence à créer un lien de confiance avec son animal. Ce lien, qui se renforcera au fil du temps, est essentiel pour que le chien soit capable de travailler en toute autonomie, à distance et de passer des paramètres difficiles sur le terrain.

Entre-temps, le GAC commence à préparer le chien en s’appuyant aussi sur l’expertise de réservistes professionnels, notamment pour l’apprentissage du mordant. « Cela permet de le débourrer et de commencer son éducation. Cette préparation parallèle garantit une bonne qualité de formation du chien et compense le manque d’expérience du stagiaire, surtout s’il n’a jamais eu de chien. D’autant que le mordant est une technicité particulière : si le chien n’apprend pas à mordre correctement et se blesse, cela peut lui laisser des séquelles durables et le faire hésiter à mordre par la suite, explique Jérémie, à la tête du GAC du GIGN. Dans le même temps, le stagiaire aura également acquis un certain nombre d’outils lui permettant d’aborder son stage à Gramat avec de bonnes bases et en étant familiarisé avec ses futures missions, puisqu'il nous accompagne sur nos exercices dès que c’est possible. Ce format nous apporte un gain de temps et d'efficacité. »

L’un des trois chiots malinois acquis à l’automne dernier est d’ailleurs destiné à l’un des stagiaires de cette année.

S’adapter aux spécificités opérationnelles du GIGN
Une fois breveté, le militaire pourra entamer sa formation de maître de chien à Gramat, au Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie nationale (CNICGN), « maison mère de la cynotechnie en gendarmerie », afin de suivre le cursus socle de trois mois en recherche d’explosifs, puis au cours de trois mois supplémentaires pour la formation au mordant (assaut).

Une fois le binôme validé, il sera progressivement intégré aux missions. Ce temps d’adaptation est nécessaire afin d’acclimater le chien et son maître aux contextes très spécifiques de leurs futurs engagements. « La formation à Gramat est de grande qualité, mais elle ne couvre toutefois pas tous les besoins spécifiques du GIGN », confirme le militaire.

Outre la spécialité dans laquelle ils seront amenés à opérer, les chiens seront formés durant plus d’un an aux techniques et aux spécificités des missions du GIGN. Le chien devra ainsi apprendre à progresser au sein de la colonne d’assaut avec discrétion, à franchir des obstacles, des hauteurs, des passages souterrains, à évoluer de nuit ou dans des environnements très dégradés, par exemple sous les tirs ou dans un nuage de gaz lacrymogène. Il devra également s’habituer au fracas des explosions, au transport aérien, à l’hélitreuillage ainsi qu’au parachutage.

« La sélection du chien, selon des critères propres au GIGN, est donc primordiale. Nous avons besoin de chiens posés, calmes, sociables et surtout stables. La stabilité est le point clé. Il ne doit éprouver aucune crainte ni aucune angoisse au contact de l'humain et doit être capable de travailler en équipe, de prendre en compte son environnement et les équipiers. Sur le plan physique, nous recherchons vraiment de l’endurance. Le chien doit aussi être capable de surmonter les différents obstacles et paramètres auxquels il sera confronté. Sur ce point, le lien de confiance entre le maître et son chien est vraiment essentiel, c’est pour ça que je souhaite qu’il se crée au plus tôt et que le maître commence avec un chiot. »

Et comme tous les chiens de la gendarmerie, ceux du GIGN sont formés à travers le jeu, tant pour le travail d’olfaction, « en le rendant dingue de sa balle », que pour le mordant. Il doit donc aussi être joueur.

Enfin, quand le GAC estime que le maître et son chien sont prêts, ces derniers sont intégrés aux missions d'alerte, d'abord en binôme avec un maître expérimenté, puis en solo.

Un équipement de protection spécifique
Le GAC veille à l’intégrité physique de ses chiens, que ce soit lors des entraînements ou lors des opérations. En effet, si ces derniers sont dotés d’équipements spécifiques à l’accomplissement de leurs missions, tels que des casques munis d’une caméra ou encore des radios émettrices (fixées à leur collier), ils sont également pourvus d’équipements de protection : harnais tactique, en matériau résistant, pouvant être renforcé de plaques balistiques légères, lunettes de protection contre les éclats et les fumées, protections auditives intégrées dans les casques ou encore protections en néoprène permettant de réduire le bruit de l’hélicoptère et, enfin, chaussons de protection pour préserver les coussinets.

Un entraînement quotidien
Pour autant, la formation des équipes cynophiles du GAC ne s’arrête pas là. « L’entraînement des chiens est d'une importance capitale afin d’être toujours prêts à répondre rapidement aux attentes des chefs dans diverses situations opérationnelles. Au GAC, en plus de l’entraînement physique et au tir, on fait travailler le chien toute la journée, confirme Jérémie. Cela implique aussi de se rapprocher des conditions d’engagement opérationnel, par exemple en s’exerçant de nuit ou dans un environnement pouvant perturber le chien. »

Outre cet entraînement personnel et les exercices internes à la cellule, les maîtres de chien se greffent également sur ceux de la F.I., avec laquelle ils sont le plus souvent amenés à travailler. Chaque exercice et chaque mission donnent ensuite lieu à un RETEX (retour d’expérience), d’abord avec les « ops de l’inter », puis en interne à la cellule afin d’étudier, vidéo à l’appui, ce qui a fonctionné et ce qui aurait pu être fait différemment. « Chaque expérience nous fait évoluer. »

La fréquence et l’intensité de ces entraînements permettent ainsi de maintenir un haut niveau de condition opérationnelle, mais aussi d’acquérir et de développer des compétences complexes de manière progressive, à l’instar du pistage ou du « dirigement ».

Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/gign-les-binomes-du-groupe-appui-cynophile-au-caeur-des-operations-episode-1-2

Par le commandant Céline Morin
Publié le 26 juin 2025
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