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Police Nationale / "Le ski hors-piste est un geste facile mais dangereux voire mortel"
« Dernier message par Jeano 11 le 12 janvier 2026, 13:43:34 »
Le risque d'avalanche est classé "fort" ce lundi 12 janvier 2026 dans les Pyrénées et les Alpes, selon Météo-France. Six personnes sont mortes dans des coulées de neige.
Guide de haute montagne et ancien commandant à la CRS Hautes-Pyrénées, Pascal Sancho estime qu'une formation hors-piste serait nécessaire.

Pascal Sancho connaît parfaitement la montagne et ses risques. Il est intervenu pendant de longues années sur des accidents en montagne, au cours de sa carrière de sauveteur à la CRS des Hautes-Pyrénées. Aujourd'hui auteur et conférencier, il milite pour une initiation et une formation au ski hors-piste.

France 3 Occitanie : Que vous évoquent les récents accidents mortels en montagne ?
Pascal Sancho : À 99%, le ski hors-piste est du "hors-piste de proximité". Des skieurs passent les barrières de sécurité, ils sont attirés par la neige vierge pour entrer dans un autre monde, sans connaissance de la montagne. C’est un geste facile mais dangereux et risqué, voire mortel.

France 3 Occitanie : Alors que faire, on peut alerter, sensibiliser les skieurs, mais souvent ça ne suffit pas ?
Pascal Sancho : Pourquoi n'y a-t-il aucune obligation de formation dans cette activité ? C'est le seul chemin pour éviter les drames qui touchent souvent de jeunes skieurs et endeuillent les familles. Le hors-piste demande une compétence, une connaissance de la neige, de la pente. C'est cette connaissance qui peut conduire au renoncement, au fait de ne pas s'engager dans une zone potentiellement dangereuse. Pour celles et ceux qui sortent des pistes balisées, je dis "Formez-vous !"

France 3 Occitanie : Faut-il aller encore plus loin et interdire le ski hors-piste ?
Pascal Sancho : Dans une société de plus en plus aseptisée, la tentation est grande d'interdire les choses, mais il semble difficile de tout contrôler et de contrôler tous les skieurs. Il faut être cohérent et inciter les skieurs à avoir cette réflexion sur la nécessité d'être formé. L'équipement de sécurité (pelle, sonde...) est indispensable mais ne suffit pas à sauver. Le hors-piste est un monde potentiellement dangereux.

Source https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/hautes-pyrenees/tarbes/le-ski-hors-piste-est-un-geste-facile-mais-dangereux-voire-mortel-six-morts-en-deux-jours-un-ancien-crs-sauveteur-alerte-3280427.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=occitanie&at_offre=4&at_variant=V2&at_send_date=20260112&at_recipient_id=726375-1612451705-33c95b4c&at_adid=DM1219052&at_highlight=
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Actualités / Re : Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?
« Dernier message par Jeano 11 le 08 décembre 2025, 11:27:41 »
Quel est le problème avec le protoxyde d'azote, ce "gaz hilarant" de plus en plus consommé chez les jeunes ?

"C'est un produit qui est associé à la médecine et à la cuisine. Qui peut penser qu'un gaz pour faire de la crème chantilly est toxique ?"

L'ombre de la consommation du protoxyde d'azote au volant plane sur plusieurs accidents meurtriers survenus ces derniers mois, dont celui qui a coûté la vie à trois adolescents, début décembre, dans le Gard. Un phénomène que les autorités peinent à endiguer.

La consommation de protoxyde d'azote responsable de plusieurs accidents mortels survenus ces derniers mois ? Mercredi 3 décembre, trois jeunes de 14, 15 et 19 ans sont morts noyés(Nouvelle fenêtre) après que leur voiture, où plusieurs bouteilles de ce "gaz hilarant" ont été retrouvées, a raté un virage et fini sa course dans la piscine d'un pavillon à Alès (Gard). Le 1er novembre, Mathis, 19 ans, a été tué(Nouvelle fenêtre) sur l'un des principaux boulevards de Lille par un conducteur qui tentait de fuir la police. Là encore, des bouteilles de protoxyde d'azote ont été trouvées dans sa voiture.

Le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a appelé jeudi sur ICI Gard Lozère à "renforcer le pouvoir des maires et de la police municipale" pour lutter contre la consommation de ce gaz de plus en plus détourné par les adolescents et les jeunes adultes. Voici ce qu'il faut savoir sur ce produit aux effets euphorisants, qui pose un défi de taille aux autorités, en l'absence de tests de dépistage fiables.
Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?

Le protoxyde d'azote est un gaz utilisé en médecine, comme antidouleur ou anesthésiant, rappelle l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé(Nouvelle fenêtre) (ANSM). Les cuisiniers s'en servent aussi dans leurs siphons, afin de préparer des crèmes comme la chantilly. Le "proto" est vendu sous la forme de cartouches ou de bonbonnes dans les commerces de proximité et sur internet. Surnommé "gaz hilarant", il est depuis longtemps détourné à des fins récréatives, par exemple en inhalant le gaz par le biais d'un ballon de baudruche.

"Hors milieu médical, son utilisation s'est d'abord faite de manière très ponctuelle dans les milieux festifs, et ce dès l'ère victorienne", au XIXe siècle, rappelle Hervé Martini, secrétaire général de l'association Addictions France. "Ce qui pose question, c'est que depuis une dizaine d'années, on a une généralisation auprès d'un public beaucoup plus jeune", notamment les "18-20 ans", ajoute le médecin.

Selon une enquête Ipsos de la Fondation Vinci Autoroutes(Nouvelle fenêtre) menée sur plus de 2 250 personnes et parue en octobre, un jeune de moins de 35 ans sur dix a déjà consommé du protoxyde d'azote en soirée, et, parmi eux, la moitié l'a déjà fait en conduisant. En 2022, 14% des 18-24 ans l'avaient déjà expérimenté et plus de 3% déclaraient en avoir consommé au cours de l'année, d'après Santé publique France(Nouvelle fenêtre).
Pourquoi son usage est-il détourné ?

Après l'inhalation, le protoxyde d'azote circule dans le système vasculaire, jusqu'à atteindre le cerveau. Là, la molécule de protoxyde se dépose sur des récepteurs qui fixent d'habitude les molécules antidouleurs. Le "proto" active ces récepteurs qui libèrent de la dopamine. La sensation d'euphorie procurée dure quelques minutes, avant de se dissiper, résume la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives(Nouvelle fenêtre).

"On le prend pour se sentir cool, pour s'amuser, pour se soulager d'un mal-être", remarque l'addictologue Christophe Riou sur franceinfo(Nouvelle fenêtre). La substance n'est pas classée comme stupéfiant(Nouvelle fenêtre) et n'est donc souvent pas considérée, par ceux qui en font usage, comme dangereuse.

Sauf que, "pour avoir le même effet" dans le temps, "on est obligé d'augmenter les doses" au fur et à mesure des prises, pointe Christophe Riou. "On est passé de doses de 80 grammes à 660 grammes et maintenant à des 'tanks'", énumère le médecin, soit des doses de 2 kg.

Le "proto" fait par ailleurs l'objet d'un "marketing assez agressif", banalisant sa consommation, notamment chez les jeunes. "Vous avez des publicités ciblées sur les réseaux sociaux, des bonbonnes aromatisées, colorées", relève le biologiste Guillaume Grzych, président du réseau Protoside dédié à la prévention et la prise en charge d'usagers de cette substance.

Quels sont ses effets sur la santé ?

A court terme, le protoxyde d'azote peut causer "des vertiges, des troubles de la coordination et de l'équilibre", liste Hervé Martini. En manipulant les capsules, il est aussi possible d'être "brûlé par le froid" créé par la libération du gaz. Lorsque la quantité consommée est plus importante, le consommateur connaît "un risque de chute, d'asphyxie, mais aussi celui de perdre conscience, voire des problèmes pulmonaires et des vomissements", ajoute le médecin. Ces effets peuvent être "d'autant plus dangereux" que le protoxyde d'azote est "souvent associé à d'autres produits, comme de l'alcool ou le cannabis", pointe Hervé Martini.

Des effets graves et durables peuvent aussi apparaître, comme des "troubles de l'humeur", des "troubles de la marche" causés par des fourmillements, une perte d'équilibre ou de force dans les jambes, mais aussi des "troubles psychiatriques". L'usage de "proto" peut devenir une addiction, rappelle le médecin. L'ANSM liste également parmi les effets sur la santé des troubles psychiatriques, tels que la panique, l'amnésie ou l'insomnie, voire des conséquences cardiaques, avec de la tachycardie ou de l'hypertension.

Si les cas de décès sont "rares" pour l'instant, il existe une "augmentation significative" des cas graves associés à la consommation de protoxyde d'azote, note Hervé Martini. Rien que dans les Hauts-de-France, l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives(Nouvelle fenêtre) a relevé, entre 2019 et 2022, un passage de 17 à 81 cas annuels ayant nécessité une hospitalisation ou ayant présenté une atteinte clinique grave, significative ou préoccupante.

Source  https://www.franceinfo.fr/sante/drogue-addictions/l-article-a-lire-sur-le-protoxyde-d-azote-ce-gaz-hilarant-de-plus-en-plus-consomme-chez-les-jeunes_7657744.html

Je n'ai pas eu le temps de tout lire, pouvez-vous me faire un résumé ?

Le protoxyde d'azote est un gaz notamment utilisé dans les siphons en cuisine, mais aussi par les médecins, comme antidouleur ou anesthésiant. Or il possède aussi des effets euphorisants. Son usage récréatif s'est accentué ces dernières années, notamment auprès des jeunes, ce qui inquiète les autorités de santé. Car cette substance peut provoquer des troubles neurologiques, neuromusculaires, voire psychiatriques ou cardiaques.

La vente de ce produit est légale, mais elle est interdite aux mineurs depuis 2021. Le "proto" reste cependant facile à se procurer via les réseaux sociaux. Une proposition de loi, en cours d'examen au Parlement, propose de pénaliser plus durement la consommation détournée de cette substance, sans pour autant en interdire la vente aux particuliers. En attendant, les maires et les préfets multiplient les arrêtés pour tenter de restreindre l'accès et/ou la vente du produit.
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Actualités / Re : Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?
« Dernier message par Jeano 11 le 08 décembre 2025, 11:22:50 »
"La vie est en pause, tu ne sors plus, tu ne travailles plus" : plongée dans un centre où des jeunes paralysés par le protoxyde d’azote sont pris en charge.

À Mantes-la-Jolie, plusieurs jeunes lourdement handicapés par le protoxyde d’azote suivent une rééducation longue et éprouvante. Entre honte, dépendance et prévention, ils racontent l’engrenage de ce gaz banalisé.

L’ombre du protoxyde d’azote au volant plane sur plusieurs accidents meurtriers. Le mercredi 3 décembre, à Alès (Gard), trois adolescents sont morts noyés après la chute de leur voiture dans une piscine. Quatre bouteilles de gaz hilarant ont été retrouvées dans le véhicule. Une pratique banalisée chez certains jeunes, qui provoque pourtant des atteintes neurologiques graves.

Au centre de rééducation de l’Oiseau Blanc, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), les admissions se multiplient. Cinq jeunes y sont actuellement hospitalisés jour et nuit, partiellement paralysés à cause du protoxyde d’azote. Au deuxième étage, dans le secteur de rééducation neurologique, ils côtoient des patients victimes d’AVC ou atteints de la maladie de Parkinson.

Marc*, une vingtaine d’années, victime du "proto", est paralysé des jambes. Ce jeune homme souriant aux cheveux frisés se déplace désormais en fauteuil roulant, et partage sa chambre avec une "personne âgée". Il préfère donner un prénom d'emprunt, car il dit avoir honte de sa situation.

Cette vie suspendue, il la doit à une habitude qui était devenue mécanique : enchaîner les bonbonnes en rentrant du travail, "quatre ou cinq fois par semaine", quand il était surveillant dans un collège. Il a consommé du protoxyde d'azote pendant quatre ans. Les premiers signaux d’alerte arrivent il y a quelques mois. "Ça m’a pris d’un coup au travail. J’ai eu des douleurs dans les jambes", raconte-t-il. "La douleur montait petit à petit. Ça a commencé par les pieds puis le bas du dos". Avant que le gaz ne finisse par endommager son système nerveux. "Quand je vois des gens de mon âge marcher, courir, je me dis : c’est dommage. Je faisais du foot, je travaillais. Là, je ne fais plus rien".

Marc témoigne aujourd’hui pour alerter, et dit souhaiter que ce type de produits soient interdits par la loi. La rééducation devrait lui permettre de remarcher dans quelques mois, à condition, précise l’équipe médicale, de ne pas replonger dans les ballons en rentrant chez lui.
Un produit très addictif et omniprésent

Ne pas replonger, c'est tout l'enjeu. Le protoxyde est "très addictif" explique le Docteur Ali Khaled qui soigne le jeune homme et suit plusieurs patients victimes du gaz hilarant. Il insiste sur la dépendance du proto.

"Ce n’est pas une dépendance chimique comme la nicotine ou la morphine. C’est une dépendance psychologique. Le protoxyde entraîne un état de bien-être terrible pendant 30 secondes. Et les jeunes veulent recommencer. En une soirée, ils peuvent consommer une dizaine de ballons".

L'addiction, Omar le voisin de chambre de Marc, peut en parler. Lui est hospitalisé pour une sclérose en plaques, et il confirme l’omniprésence du proto dans son quartier de Mantes-la-Jolie, "il y en a vraiment partout. Ça se vend partout. C’est plus facile d’acheter du proto qu’une baguette", regrette-t-il. Les bonbonnes sont banalisées en soirée et justement, la première consommation se fait souvent "entre potes", poursuit-il. "Il y en a un qui commence et après on se laisse tous influencer. Si c’est une vraie soirée, il peut y avoir alcool, drogue et ballons. Personne ne remarque quand tu fais un ballon. Il n’y a pas d’odeur et ça ne se voit pas trop", ajoute le jeune homme.

Puis vient l’engrenage. Omar évoque un ami d’enfance toujours accro, malgré un passage aux urgences. "Il travaille beaucoup, il a des problèmes. Le week-end, il se fait un stock de 300 à 400 euros de bonbonnes. Il consomme tout seul, dans une voiture ou chez lui, pour fuir ses soucis".
La prévention passe aussi par TikTok

Pour faire de la prévention, Omar fait des vidéos sur TikTok depuis une semaine, et ça fonctionne. Dans une vidéo vue plus de quatre millions de fois et postée sur le compte de l'association "Stop Ballon", un jeune se vante d’aller en soirée avec "un tank et deux bonbonnes". La vidéo bascule ensuite sur les conséquences avec notamment Omar, filmé dans sa chambre de rééducation, alité, puis en fauteuil, qui martèle "de ne pas aller à cette soirée".

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Actualités / Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?
« Dernier message par Jeano 11 le 05 décembre 2025, 10:16:02 »
Le protoxyde d'azote est un gaz utilisé en médecine, comme antidouleur ou anesthésiant, rappelle l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Les cuisiniers s'en servent aussi dans leurs siphons, afin de préparer des crèmes comme la chantilly. Le "proto" est vendu sous la forme de cartouches ou de bonbonnes dans les commerces de proximité et sur internet. Surnommé "gaz hilarant", il est depuis longtemps détourné à des fins récréatives, par exemple en inhalant le gaz par le biais d'un ballon de baudruche.

"Hors milieu médical, son utilisation s'est d'abord faite de manière très ponctuelle dans les milieux festifs, et ce dès l'ère victorienne", au XIXe siècle, rappelle Hervé Martini, secrétaire général de l'association Addictions France. "Ce qui pose question, c'est que depuis une dizaine d'années, on a une généralisation auprès d'un public beaucoup plus jeune", notamment les "18-20 ans", ajoute le médecin.

Selon une enquête Ipsos de la Fondation Vinci Autoroutes menée sur plus de 2 250 personnes et parue en octobre, un jeune de moins de 35 ans sur dix a déjà consommé du protoxyde d'azote en soirée, et, parmi eux, la moitié l'a déjà fait en conduisant. En 2022, 14% des 18-24 ans l'avaient déjà expérimenté et plus de 3% déclaraient en avoir consommé au cours de l'année, d'après Santé publique France.
Pourquoi son usage est-il détourné ?

Après l'inhalation, le protoxyde d'azote circule dans le système vasculaire, jusqu'à atteindre le cerveau. Là, la molécule de protoxyde se dépose sur des récepteurs qui fixent d'habitude les molécules antidouleurs. Le "proto" active ces récepteurs qui libèrent de la dopamine. La sensation d'euphorie procurée dure quelques minutes, avant de se dissiper, résume la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives.

"On le prend pour se sentir cool, pour s'amuser, pour se soulager d'un mal-être", remarque l'addictologue Christophe Riou sur franceinfo. La substance n'est pas classée comme stupéfiant et n'est donc souvent pas considérée, par ceux qui en font usage, comme dangereuse.

Sauf que, "pour avoir le même effet" dans le temps, "on est obligé d'augmenter les doses" au fur et à mesure des prises, pointe Christophe Riou. "On est passé de doses de 80 grammes à 660 grammes et maintenant à des 'tanks'", énumère le médecin, soit des doses de 2 kg.

Le "proto" fait par ailleurs l'objet d'un "marketing assez agressif", banalisant sa consommation, notamment chez les jeunes. "Vous avez des publicités ciblées sur les réseaux sociaux, des bonbonnes aromatisées, colorées", relève le biologiste Guillaume Grzych, président du réseau Protoside dédié à la prévention et la prise en charge d'usagers de cette substance.

Quels sont ses effets sur la santé ?

A court terme, le protoxyde d'azote peut causer "des vertiges, des troubles de la coordination et de l'équilibre", liste Hervé Martini. En manipulant les capsules, il est aussi possible d'être "brûlé par le froid" créé par la libération du gaz. Lorsque la quantité consommée est plus importante, le consommateur connaît "un risque de chute, d'asphyxie, mais aussi celui de perdre conscience, voire des problèmes pulmonaires et des vomissements", ajoute le médecin. Ces effets peuvent être "d'autant plus dangereux" que le protoxyde d'azote est "souvent associé à d'autres produits, comme de l'alcool ou le cannabis", pointe Hervé Martini.

Des effets graves et durables peuvent aussi apparaître, comme des "troubles de l'humeur", des "troubles de la marche" causés par des fourmillements, une perte d'équilibre ou de force dans les jambes, mais aussi des "troubles psychiatriques". L'usage de "proto" peut devenir une addiction, rappelle le médecin. L'ANSM liste également parmi les effets sur la santé des troubles psychiatriques, tels que la panique, l'amnésie ou l'insomnie, voire des conséquences cardiaques, avec de la tachycardie ou de l'hypertension.

Si les cas de décès sont "rares" pour l'instant, il existe une "augmentation significative" des cas graves associés à la consommation de protoxyde d'azote, note Hervé Martini. Rien que dans les Hauts-de-France, l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives a relevé, entre 2019 et 2022, un passage de 17 à 81 cas annuels ayant nécessité une hospitalisation ou ayant présenté une atteinte clinique grave, significative ou préoccupante.
Est-il légal d'en acheter et d'en consommer ?

La vente de protoxyde d'azote est interdite aux mineurs, "quel qu'en soit le conditionnement", et ce dans tous les commerces, les lieux publics et sur internet, depuis une loi de 2021. L'interdiction ne s'applique pas aux majeurs, sauf dans certains lieux : bars, discothèques, débits de boissons temporaires et bureaux de tabac. La violation de ces interdictions est passible de 3 750 euros d'amende.

Malgré tout, les jeunes consommateurs réussissent à en commander via les réseaux sociaux. "La majorité [des vendeurs] est sur Snap", explique un jeune homme à franceinfo. "Des fois, on voit des pubs qui passent dans des stories [sur le réseau Snapchat], on ajoute la personne, on lui demande la quantité qu'on veut et on fixe un rendez-vous", ajoute un autre. En quelques minutes, les intéressés parviennent à être livrés, au prix de 25 euros la bonbonne de 600 g. "C'est plus facile de s'en procurer pour les mineurs que l'alcool et la drogue", déplore aussi un membre des forces de l'ordre, interrogé par France 3 Corse.
Pourquoi sa consommation est-elle difficile à détecter ?

Rapidement éliminée de l'organisme par l'expiration, la molécule de protoxyde d'azote se révèle très dure à détecter. Faute de test, la consommation doit être "constatée" en flagrant délit, déplore Clément Coasne, délégué du syndicat Un1té Police, interrogé par l'AFP. Mais une entreprise aixoise, Olythe, a réussi à mettre au point un testeur, ressemblant à un gros stylo noir, "une sorte d'éthylotest", capable, lui, de détecter le protoxyde d'azote.

L'ombre de la consommation du protoxyde d'azote au volant plane sur plusieurs accidents meurtriers survenus ces derniers mois, dont celui qui a coûté la vie à trois adolescents, début décembre, dans le Gard.

Mercredi 3 décembre 2025, trois jeunes de 14, 15 et 19 ans sont morts noyés après que leur voiture, où plusieurs bouteilles de ce "gaz hilarant" ont été retrouvées, a raté un virage et fini sa course dans la piscine d'un pavillon à Alès (Gard). Le 1er novembre, Mathis, 19 ans, a été tué sur l'un des principaux boulevards de Lille par un conducteur qui tentait de fuir la police. Là encore, des bouteilles de protoxyde d'azote ont été trouvées dans sa voiture.

Source https://www.franceinfo.fr/sante/drogue-addictions/l-article-a-lire-sur-le-protoxyde-d-azote-ce-gaz-hilarant-de-plus-en-plus-consomme-chez-les-jeunes_7657744.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=7h30&at_offre=3&at_variant=V3-meteo&at_send_date=20251205&at_recipient_id=726375-1612451705-33c95b4c&at_adid=DM1196784
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Division des affaires non élucidées (DiANE)

Une structure dédiée aux affaires non résolues dénommée Division des Affaires Non Élucidées (DiANE) a été créée au PJGN. Elle rassemble les compétences criminalistiques de l'institut de recherche criminelle (IRCGN) et les capacités d'investigation et d'analyse du service central de renseignement criminel (SCRC).

En s’appuyant sur les pratiques européennes et anglo-saxonnes existantes, la gendarmerie a dessiné les contours d’une définition non exhaustive.

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/unpj/l-unpj/service-central-de-renseignement-criminel-de-la-gendarmerie-nationale/division-des-affaires-non-elucidees-diane
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Gendarmerie Nationale / Crimes : psychocriminologie et morphoanalyse des traces de sang
« Dernier message par Jeano 11 le 06 octobre 2025, 11:56:35 »
Peggy Allimann, analyste comportementale, et Céline Nicloux, expert en morpho-analyse des traces de sang durant 23 ans, toutes deux militaires de la Gendarmerie nationale, lèvent le voile sur leurs métiers respectifs dans un ouvrage écrit à quatre mains. Loin des clichés des séries télévisées, elles racontent la réalité des enquêtes criminelles, le volet humain qui se cache derrière chaque dossier et la quête de vérité qui guide leur travail.

Depuis une vingtaine d’années, plusieurs séries à succès comme Dexter, Les Experts, Profiler ou encore Esprits criminels ont mis en lumière ces experts capables de décrypter une scène de crime en se concentrant sur des faits matériels, comme les traces de sang, ou sur la personnalité de l’auteur lui-même. Mais si, à l’écran, les affaires se résolvent en moins d’une heure, à grand renfort de technologie, la réalité est bien plus complexe. « Ce que l’on voit dans les séries est souvent loin de notre réalité professionnelle », insistent à l’unisson le chef d’escadron Peggy Allimann, analyste comportementale et adjointe au chef du Département des sciences du comportement (DSC) de la Division des affaires non élucidées (DIANE), et l’adjudant-chef Céline Nicloux, longtemps morpho-analyste de traces de sang à l’IRCGN (Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale), aujourd’hui en charge de la criminalistique à la DIANE au sein du Département investigations et appuis aux enquêtes complexes (DIAEC). Une réalité qu’elles ont choisi de montrer dans leur livre : Crimes – Psychocriminologie et morphoanalyse des traces de sang. Au-delà de leurs spécialités, elles y donnent aussi la parole à des enquêteurs, des experts et des magistrats, pour offrir une vision globale du travail judiciaire.

Deux disciplines complémentaires
Les deux expertes parlent de leur métier avec passion. Tournée vers l’humain, l’analyse comportementale consiste à « repérer toutes les traces comportementales, du début jusqu’à la fin d’un scénario criminel, afin de déterminer les motivations et un profil d’auteur inconnu », explique le chef d’escadron Peggy Allimann.

De son côté, la morpho-analyse vise à établir le déroulé des faits à partir de la lecture des traces et des projections de sang. « Cette discipline cherche à expliquer les événements sanglants à l'aide d'éléments objectifs et scientifiques (biologie, mécanique des fluides notamment) », précise l’adjudant-chef Céline Nicloux. L’étude de la scène de crime peut ainsi permettre de reconstituer la les positions et déplacements des victimes et agresseurs, la chronologie des faits sanglants, le nombre de coups, et même le type d’arme utilisée. Lors des auditions, ces analyses permettent ainsi de confirmer ou d’infirmer les témoignages.

Sciences criminelles et sciences humaines se complètent donc étroitement : « Plus on a d’éléments observables, comme les traces de sang ou d’autres preuves relevées grâce à la criminalistique, plus cela aide à reconstituer l’ensemble du scénario criminel, à proposer des pistes aux enquêteurs et/ou réduire le champ des suspects », souligne le CEN Allimann, tout en rappelant que si l’analyse comportementale « n’est pas une science exacte, elle doit reposer sur une méthodologie rigoureuse ».

« Montrer le réalisme de nos métiers »
La rédaction de ce livre est née d’une opportunité. « En janvier 2022, j’ai reçu un mail de la maison d’édition Hachette me proposant d’écrire un livre sur la psychologie des crimes. J’ai trouvé plus intéressant de proposer un projet commun à Céline, qui nous permettrait de présenter nos deux disciplines, mais pas seulement. Nous voulions aussi donner la parole à tous les professionnels de l’écosystème judiciaire pour montrer le réalisme de nos métiers », raconte Peggy Allimann.

Après quelques hésitations, Céline Nicloux accepte de se lancer : « J’ai hésité ne sachant pas si j’étais en capacité d’écrire autre chose que des rapports d’expertises et des publications scientifiques. Au départ, la maison d’édition nous a laissé le champ libre. Nous avons écrit des dizaines de pages sans savoir si tout serait retenu… Mais au fil des interviews et de la rédaction, l’architecture du livre s’est construite. »

En parallèle d’un quotidien exigeant, les deux militaires ont mené un véritable travail d’enquête journalistique. Des dizaines d’heures d’entretiens se sont transformées en centaines de pages, mêlant récits personnels et explications techniques. « Cela nous a frustrées, car après tout ce temps passé avec ces personnes qui finissaient par se livrer, nous ne pouvions conserver qu’une infime partie de leurs témoignages », regrette Céline Nicloux.

Entre passion et charge émotionnelle
« Nos métiers suscitent beaucoup de fantasmes, mais on ne connaît peut-être pas assez l’envers du décor, évoque le CEN Peggy Allimann. Ce sont des métiers passion. Une passion qui nourrit notre curiosité et nous pousse à aller toujours plus loin, mais qui peut s’avérer dévorante. Il est difficile de poser des limites, et cela peut avoir des conséquences sur la santé comme sur l’équilibre de vie. Les professionnels du judiciaire sont rarement chez eux, peu présents auprès de leur famille, souvent décrochés du quotidien. »

À cela s’ajoute une lourde charge émotionnelle. « On va d’horreur en horreur, on en voit de plus en plus. Forcément, nous n’y sommes pas insensibles et cela se traduit différemment chez chacun d’entre nous », note l’officier.

« Pour essayer de se préserver de cette noirceur, on se crée une carapace, renchérit l’ADC Céline Nicloux. Mais il faut trouver le juste équilibre pour qu’elle ne nous sépare pas des choses agréables et des belles émotions. On doit rester connectés à la réalité des gens qui nous entourent, tout en se protégeant de notre quotidien professionnel qui sort de la normalité. Dans le livre, on parle souvent d’ombre et de lumière : c’est une dualité permanente. On a la lumière dans les yeux pour le travail à accomplir, mais on est face à l’ombre en permanence, et il ne faut pas la laisser nous atteindre. »

« Souvent on nous demande comment on fait pour voir autant d’horreurs, surtout d’un point de vue comportemental, reprend Peggy Allimann. En fait, on se rend compte qu’il y a une part d’humanité énorme dans chaque dossier, aussi bien du côté des auteurs que des victimes ou des professionnels. Chaque fois on se dit qu’on est au summum de l’horreur, et chaque fois apparaissent des gestes, des intentions, des parcours… qui humanisent les protagonistes. Heureusement qu’il y a cette part-là. Mais malgré ça et malgré nos carapaces, à un moment donné, cela peut nous atteindre. »

Les assises : un moment éprouvant
Le livre revient aussi sur un passage incontournable et souvent émotionnellement éprouvant : la comparution devant une cour d’assises, où enquêteurs et experts doivent rendre compte de leur travail face aux magistrats, aux avocats, aux jurés… et aux familles. Les experts doivent alors conjuguer rigueur scientifique et clarté pédagogique. « Devant les assises, il faut savoir traduire un langage scientifique ou technique en termes simples, compréhensibles par tous », explique Céline Nicloux.

Un exercice plus délicat encore pour l’analyse comportementale, discipline perçue comme moins « solide » que l’ADN ou la balistique. Toute la difficulté réside dans la restitution d’éléments invisibles comme les motivations, les logiques internes ou les traces psychologiques laissées par l’auteur. « Il ne s’agit pas de juger, mais d’expliquer le passage à l’acte et de donner des clés de compréhension », souligne Peggy Allimann.

De cette démarche est né un ouvrage mêlant confidences, récits de terrain et explications techniques. Peggy Allimann et Céline Nicloux y partagent la réalité de leur métier : des projections sur des scènes de crime en pleine nuit à la fatigue des enquêtes, en passant par l’accumulation d’atrocités et leur impact sur la vie privée. En croisant leurs regards, elles signent un livre à la fois scientifique et profondément humain, qui lève le voile sur l’envers des enquêtes et sur la passion de celles et ceux qui, dans l’ombre, œuvrent à la recherche de la vérité. Un ouvrage qui, elles l’espèrent, saura également susciter des vocations et donner envie à des jeunes, notamment des femmes, de rejoindre ces métiers passion.

Par le commandant Céline Morin
Publié le 07 septembre 2025
Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/culture/crimes-psychocriminologie-et-morphoanalyse-des-traces-de-sang
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EternalBlue, l’équipe de Capture The Flag de la Gendarmerie nationale, monte en puissance  :)

Le saviez-vous ? La Gendarmerie nationale possède une équipe de Capture The Flag. Ces cyber-gendarmes prennent part à des concours de hacking éthique, où ils font souvent preuve d’une redoutable efficacité.

Dans le domaine de la sécurité informatique, Capture The Flag (CTF) - « capture le drapeau » dans la langue de Molière - est un jeu consistant à exploiter des vulnérabilités affectant des logiciels, de manière à s’introduire dans des ordinateurs pour récupérer des drapeaux, preuves de l'intrusion.

Lors de ces concours de hacking éthique, les participants s'affrontent pour résoudre des challenges cyber dans différentes catégories : Web, forensic, OSINT (Open Source INTelligence), reverse, cryptographie, stéganographie, etc. Chaque challenge résolu donne des points, le total permettant de désigner l'équipe gagnante.

La Gendarmerie nationale s'est intéressée très rapidement à cette discipline et, en 2023, le général de corps d’armée Marc Boget, alors à la tête du Commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (ComCyberGend), autorise la création de la première équipe CTF de la Gendarmerie nationale au sein de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), composée de gendarmes d’active (N’Tech et antenne du Centre de lutte contre les criminalités numériques) et de réservistes cyber.

Baptisée EternalBlue, l’équipe a déjà remporté plusieurs trophées et réalisé de nombreux podiums, tant sur la scène nationale qu’internationale, se forgeant une solide réputation dans le milieu de la cybersécurité.

Ces experts font ensuite profiter la gendarmerie de leurs analyses, veillent les dernières techniques d'attaque et rédigent des rapports techniques au profit des unités spécialisées de l'Unité nationale cyber (UNC).

La participation à ces compétitions est également un excellent vecteur de recrutement de nouveaux talents en cybersécurité qui ne connaîtraient pas le métier de cyber-gendarme et souhaiteraient faire carrière ou devenir Officiers sous contrat (OSC) au sein de l'institution.

Source  https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/culture/eternalblue-l-equipe-de-capture-the-flag-de-la-gendarmerie-nationale-monte-en-puissance
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Comment intégrer le GSGN ?

Les membres du groupe de spéléologues de la Gendarmerie nationale (GSGN) sont sélectionnés selon deux voies d’accès : soit en étant déjà spécialiste montagne et affecté dans un Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), notamment ceux de l’Isère (38) ou des Pyrénées-Atlantiques (64), soit en appartenant à une unité périphérique, avec un intérêt manifeste pour le milieu souterrain.

Une première phase de détection est organisée via un appel à volontaire, suivie de tests de sélection internes menés au sein des deux PGHM. Cette procédure permet d’identifier des personnels motivés, parfois sans aucune expérience préalable, mais disposant d’un fort potentiel. Les candidats retenus suivent ensuite un cycle d’entraînement progressif, à raison d’une séance mensuelle, organisé au niveau de leur groupement respectif, afin de limiter les déplacements et garantir une formation continue. L’objectif, sur une année, est d’amener ces gendarmes jusqu’à l’obtention du Certificat d’Équipier Enquêteur en Milieu Souterrain (CEEMS), qui ratifie le premier niveau de compétence en spéléologie.

Le CEEMS valide en effet l’autonomie en progression souterraine, notamment sur corde et agrès, en intégrant les spécificités du milieu, qu’il soit naturel ou anthropique. Il permet aux gendarmes d’intervenir en sécurité lors d’opérations de secours, mais aussi de participer à des missions judiciaires en environnement souterrain. Ce volet est particulièrement pertinent pour les personnels issus des unités d’enquête, de la police technique (TIC) ou encore pour les Coordinateurs des opérations de criminalistique (COCRIM), qui apportent une compétence judiciaire dans un environnement physique qu’ils auront appris à maîtriser.

Certains vont ensuite poursuivre dans cette spécialité et prétendre au diplôme d’initiateur de spéléologie, délivré par la Fédération française de spéléologie. Ce niveau permet d’encadrer des sorties en milieu civil (notamment en club) et de devenir un appui précieux pour les responsables du GSGN, en assurant une partie des équipements ou en contribuant à la sécurité de la progression. D’autres, plus investis encore, pourront accéder au Diplôme d’État de spéléologie, une formation civile dispensée par le CREPS de Vallon-Pont-d’Arc, qui autorise l’encadrement professionnel de la discipline.
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Enquêtes en milieu souterrain avec le « groupe spéléo » de la gendarmerie.
Au sein de la Gendarmerie, une trentaine de militaires sont formés pour conduire des missions judiciaires, de secours et de police administrative en milieu souterrain, qu’il s’agisse de cavités naturelles ou artificielles. Ils forment le Groupe de spéléologues de la Gendarmerie nationale (GSGN), une unité de circonstance (non permanente) implantée sur deux sites, en Isère et dans les Pyrénées-Atlantiques, qui a compétence sur l’ensemble du territoire. Chaque année, alternant les massifs, les deux groupes se réunissent pour une semaine de stage intensif en commun.

Ce sont des enquêteurs des profondeurs. Ils bravent la verticalité, l’obscurité et les lieux confinés et exigus, afin de garantir la continuité de l’action de la gendarmerie en tout temps et en tout lieu. Ces professionnels composent le Groupe de spéléologues de la Gendarmerie nationale (GSGN). Formé de deux entités de circonstance - l’une implantée en Isère, l’autre dans les Pyrénées-Atlantiques -, le GSGN s’appuie sur un noyau dur de spécialistes issus des Pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) du Versoud et d’Oloron-Sainte-Marie. Autour d’eux gravitent des militaires volontaires, dûment formés, issus d’unités périphériques variées : brigades, Pelotons de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG), pelotons motorisés, unités de recherches, voire réserve opérationnelle.

Doté d’une compétence nationale, le GSGN se voit confier des missions variées (recherches judiciaires, appuis techniques, protection de l’environnement), et ce, aussi bien dans des cavités naturelles que dans des milieux anthropiques (d’origine humaine, comme les buses, les puits, les mines…). Les militaires peuvent également intervenir, en qualité de secouristes sur des opérations de secours. Ils sont alors placés sous la direction du Préfet du département dans le cadre du plan ORSEC, et sous l’autorité du Conseiller technique du Secours Spéléo Français attaché à la Fédération Française de Spéléologie, pour la partie souterraine. Lors de ces opérations de secours, les gendarmes du GSGN peuvent être amenés à effectuer, si nécessaire, des constatations (recherche de responsabilité, professionnel en cause, mineur impliqué...).

En ce qui concerne les secours, les interventions spéléo restent peu nombreuses. En revanche, le GSGN est régulièrement sollicité aux quatre coins de la France pour apporter son appui aux unités locales ou spécialisées. En témoignent des engagements aussi divers que la sécurisation de sites sensibles lors d’événements internationaux, comme le G7 à Chantilly, l'appui à des opérations de plongée souterraine, ou encore la fermeture de cavités polluées ou dangereuses sur réquisition administrative ou judiciaire.

La compétence judiciaire de ces gendarmes combinée à leur technicité spéléologique rend l’appui du GSGN particulièrement précieux pour les sections de recherches et les magistrats dans le cadre de certaines enquêtes judiciaires nécessitant la recherche de corps ou d’armes dans des puits ou des grottes ou encore la réalisation de constatations en milieu clos.

Une préparation minutieuse et une logistique importante à chaque mission.

En milieu souterrain, la technicité est telle que la réussite d’une mission de secours ou d’investigation repose pour moitié sur sa préparation. Contrairement aux opérations en montagne où l’équipement peut rester générique, l’intervention spéléo exige une planification technique rigoureuse, guidée par l’étude préalable des fiches topographiques. Ces documents détaillent chaque obstacle rencontré dans la cavité, comme les puits, les mains courantes, les ressauts, les gouffres, les rivières… Ils permettent ainsi de déterminer les longueurs de corde, le type d’amarrages et le matériel collectif à emporter. Car chaque obstacle souterrain nécessite une corde propre, posée avec précision, puis démontée avec méthode. En spéléologie, a contrario de la montagne, la corde n’est pas seulement un outil d’assurance, c’est aussi le seul moyen de progresser. Dans l’obscurité des cavités, chaque corde posée est une ligne de vie. « Toutes les cordes installées sont fixes afin de permettre le retour : le premier équipier installe l’équipement, le dernier le déséquipe. Chaque obstacle nécessite donc sa propre corde, ce qui rend la progression dépendante du profil de la cavité. Certaines impliquent d’abord une longue montée avant de redescendre, d’autres l’inverse, avec parfois des remontées sur des cordes déjà en place. Les environnements sont extrêmement variés : rivières souterraines, cavités sèches, siphons, méandres étroits, puits verticaux, galeries tubulaires, grandes salles, ou passages très exigus nécessitant de ramper... », décrit le major Laurent.

Dans les profondeurs, il n’y a en outre aucune communication possible avec l’extérieur. L’autonomie est donc vitale, imposant une logistique lourde, gérée collectivement. Tout est mutualisé entre les gendarmes participant à la mission : le matériel, la nourriture ainsi que les éléments de sécurité et de premiers secours. Une fois plongés dans cet environnement exigeant, confiné et parfois hostile, la progression se fait toujours en équipe. La cohésion du groupe est donc primordiale.

Formation exigeante et entraînement constant
La maîtrise technique des gendarmes spéléologues repose sur un entraînement constant. En plus des exercices mensuels organisés par les deux groupes, un stage intensif d’une semaine rassemble chaque année les personnels des PGHM d’Oloron et du Versoud ainsi que des militaires volontaires venus d’unités périphériques. Chaque édition cherche à allier progression technique, apprentissage théorique et enrichissement collectif, tout en variant les lieux pour découvrir de nouveaux massifs, avec leurs contraintes climatiques et géologiques spécifiques, susceptibles d’accueillir des interventions futures.

Pour les membres du noyau dur du GSGN, ce rendez-vous constitue un temps de maintien en condition opérationnelle. Les stagiaires les plus expérimentés poursuivent leur perfectionnement, notamment dans l’équipement des cavités et la pose de cordes, tandis que les nouveaux venus renforcent leurs compétences de déplacement souterrain, en développant aisance, autonomie et sécurité. Pour certains c’est aussi l’occasion de valider leur CEEMS.

Le stage repose sur une pédagogie progressive : lecture de fiches topographiques, préparation collective du matériel, logique d’équipement obstacle par obstacle. Chaque sortie est pensée comme une mise en situation réaliste, guidée par une planification fine : quelle corde, quel amarrage, pour quel passage ? Les stagiaires apprennent ainsi à construire leur progression souterraine en intégrant les contraintes logistiques du travail en équipe.

Encadrés par les responsables du groupe, qui fixent des objectifs individualisés, les participants sont répartis en petits groupes pour explorer différentes cavités. La semaine est rythmée par des journées terrain. Les manœuvres de secours sont travaillées selon les standards du Spéléo Secours Français (SSF) afin de garantir l’interopérabilité avec les équipes civiles, les pompiers et les spéléologues. L’objectif est donc de développer une culture opérationnelle commune, fondée sur la rigueur, l’esprit d’équipe et la capacité à anticiper les besoins matériels avant l’entrée sous terre.

Ce rendez-vous constitue aussi un temps fort de cohésion entre les deux groupes spéléo, avec un retour d’expérience structuré sur les missions menées, les techniques utilisées, les problématiques rencontrées (matériel, formation, recrutement) et les perspectives à venir. Des conférences viennent enfin enrichir la semaine, en abordant des thématiques spécifiques telles que la topographie, les gaz, les explosifs ou encore la communication souterraine.

Retour d’expérience

« Avant ce stage, j’avais déjà fait de la spéléo deux fois, la première fois il y a 25 ans, puis une autre il y a douze ans, avec des collègues aguerris. Je savais donc vaguement en arrivant ce qu’était un descendeur spéléo, mais ça s’arrêtait à peu près là. Ce n’était donc pas vraiment une découverte du milieu. Dès ma première sortie, j’ai été frappé par cette sensation d’entrer dans les entrailles de la Terre. Ça nous ramène à notre condition d’homme de passage, plus encore que la montagne. C’est peut-être mon côté un peu poète…, racontait l’adjudant Éric, militaire du PGHM du Versoud, avant son premier stage, au printemps 2024. J’ai d’abord été affecté à Chamonix, où la spéléo était peu pratiquée, puis au Versoud, où il y avait un groupe très dynamique. J’ai passé le D.E. de guide, puis l’instructorat de secourisme, ce qui m’a amené à me spécialiser dans le secours en montagne. Jusqu’à récemment, la spéléo, c’était surtout sur la base du volontariat dans les PGHM. Avec la nouvelle circulaire de novembre 2023 et le manque de ressources, il faut désormais mieux répartir les missions. Lors de ce stage, contrairement à mes deux premières expériences, j’ai eu le temps d’appréhender le matériel, de m’équiper moi-même, de comprendre ce qu’on faisait et pourquoi. C’était beaucoup plus pédagogique. Même le départ, le matin, avait une autre dynamique. Et je me suis aussi rendu compte qu’en agissant intelligemment, on peut aller sous terre sans forcément se blesser. » Et de souligner : « Il y a souvent de la méconnaissance entre montagnards et spéléos, alors qu’on partage beaucoup. Les secours en spéléo restent rares - parfois aucun sur plusieurs années - mais les demandes judiciaires, comme des reconnaissances en puits, se multiplient. On a besoin de gens compétents pour ça. »

Au creux des entrailles de la terre, et autres cavités d’origine humaine, le GSGN poursuit ses explorations, apportant à la gendarmerie une capacité d’intervention rare, précieuse et aux usages transverses. De nombreuses techniques spéléo sont en effet réinvesties dans le secours en montagne. Les méthodes de progression sur corde, telles que la remontée ou la descente sur corde fixe, ainsi que l’installation de mains courantes, de tyroliennes ou de systèmes de mouflage, sont par exemple transposées du monde souterrain aux reliefs montagneux.

Publié le 09 août 2025
https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/terrain/immersion/2025/enquetes-en-milieu-souterrain-avec-le-groupe-speleo-de-la-gendarmerie
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Gendarmerie Nationale / Re : Les chiens dans la gendarmerie, une histoire méconnue
« Dernier message par Jeano 11 le 10 août 2025, 17:24:49 »
Chiens de recherche de supports numériques : une nouvelle technicité pour la chaîne cynophile de la Gendarmerie nationale.
Depuis deux ans, des maîtres de chien de la Gendarmerie nationale explorent une nouvelle spécialité, déjà mise en œuvre dans d’autres pays : des chiens formés à la détection de supports numériques. Un atout précieux pour les enquêteurs de l’Institution.

Blanchiment d’argent, trafic de stupéfiants, pédopornographie, enquêtes criminelles… Autant d’enquêtes qui pourront être résolues grâce à la saisie de supports numériques.
C’est au début de l’année 2023 que la « chaîne cyno » de la gendarmerie se lance dans une technicité un peu particulière, alors utilisée aux États-Unis et dans certains pays d’Europe, comme la Suisse ou les Pays-Bas : la recherche de supports numériques par les chiens des forces de l’ordre.

Il existe bien sûr des moyens technologiques pour détecter ces objets, mais ils nécessitent que ces derniers émettent des ondes, là où le chien parvient à les localiser qu’ils soient « froids » et cachés.
Le major Arnaud, alors affecté au Groupe d’investigation cynophile (GIC) de Valdahon [NDLR : il a aujourd’hui rejoint celui de Dijon en tant que chef], proche de la frontière helvétique, est en relation régulière avec des membres de la police suisse. L’un d’entre eux travaille depuis quelques années avec un chien formé dans cette spécialité.

Alors que l'idée de se former à cette technicité germe, les gendarmes entament des premiers contacts avec les forces de police de plusieurs pays pour échanger sur la discipline, effectuer des recherches sur le procédé, recueillir des éléments, connaître les méthodes de travail, etc. C'est avec les Suisses, qui détiennent quatre chiens formés, que ces échanges sont les plus évidents. Mais c’est aussi là que la méthode semble la plus intéressante pour les gendarmes, qui commencent à développer ce qui s’inscrit comme une véritable spécificité de la gendarmerie française.

Premiers tests et odeur de référence
La première étape consiste en une phase d’observation du travail d’une équipe cynophile de la police zurichoise, venue à Besançon pour l’occasion. Pour s’assurer de la fiabilité de l’exercice, ce sont les gendarmes français qui dissimulent la matière : c’est une réussite pour le chien suisse !
Étape suivante : exercer le chien sur cette nouvelle matière, comme pour chaque spécialité. Il faut donc déterminer une odeur de référence. Après une étude des méthodes existantes, c’est le tantale, comme chez les Hollandais et les Belges, qui est retenu. « Nous nous sommes donc procuré le métal et nous nous sommes retrouvés au Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG) de Gramat, explique l’adjudant-chef (ADC) David, instructeur au CNICG. La formation se passe de la même manière que pour les autres chiens de recherche : nous le faisons travailler sur son objet de recherche, en réduisant de plus en plus sa taille, pour affiner ses capacités d’olfaction et de détection. Une fois que le chien a compris qu’il doit se concentrer sur sa recherche pour trouver la matière, on lui fait mémoriser celle-ci. »

La différence réside dans un travail de détection beaucoup plus pointu et dans la mémorisation de la matière, qui est froide et ne se diffuse pas à distance. Une fois la détection réalisée, il faut apprendre au chien à marquer, sachant que ce sera ici du marquage passif : le chien devra s'asseoir ou se coucher devant l’objet détecté.

Vient ensuite le travail de désignation par le maître. « Nous indiquons au chien tous les points qui nous semblent judicieux et qui pourraient servir de cache, ajoute l’ADC David. Mais il nous faut être beaucoup plus précis, puisqu’il n’y a pas de diffusion d’odeur à distance. Nous devons donc proposer au chien quasiment chaque centimètre carré de l’espace concerné, de manière très minutieuse. » C’est pourquoi pour cette spécialité, il faut des chiens particulièrement endurants et pugnaces, mais aussi posés, ainsi que des maîtres de chien expérimentés.

Le travail sur l’odeur est un travail de mémorisation flash : le maître de chien donne la référence à l’animal et le récompense immédiatement, associant ainsi l’odeur au plaisir de la récompense. Cet exercice dure 4 à 5 jours.

De la théorie à la pratique
Afin de proposer une offre fiable et utile à la gendarmerie, les deux maîtres de chien débutent une phase d’entraînement avec leur animal au début de l’été 2023, comparant les solutions entre un chien « neuf » et un autre qui détient déjà une technicité. En revanche, ils ne souhaitent pas travailler sur un animal formé à la recherche de stupéfiants, car ce travail étant plus facile pour lui, il risquerait de passer à côté des supports informatiques.

Pour le major Arnaud, dont le chien, un berger hollandais, est déjà formé à la recherche d’armes, de munitions et de billets de banque, il va simplement s’agir d’ajouter une nouvelle odeur à son panel, puisqu’il connaît déjà la méthode de travail. Petit à petit, le maître l’entraîne : « Le chien se renforce, nous obtenons nos premiers résultats à l’entraînement, que ce soit sur des téléphones, des clés USB, etc. », explique le gradé.

Reste alors la question de l’application de ce type d’essai en situation opérationnelle. « Comme je travaille sur le terrain avec Ozark pour les recherches d’armes, etc., je peux déjà en voir les fruits, avec des trouvailles dans des endroits parfois improbables ! »

De son côté, l’adjudant-chef David forme à Gramat un jeune malinois, nommé Snatch, pour qui c’est le premier apprentissage. Une manière de spécialiser encore plus finement l’animal.
Fait intéressant, les gendarmes constatent que leurs limiers mémorisent aussi d’autres éléments, comme le lithium des téléphones ou d’autres composants, ce qui augmente d’autant leurs capacités et le champ possible des découvertes.

Au vu des résultats positifs, l’expérimentation est officiellement entreprise au mois de février 2024, et, le 2 juillet suivant, le chien de Valdahon découvre deux clés USB. Puis, le 6 novembre de la même année, alors qu’il est requis pour une perquisition pour recherche de supports numériques, il réalise une découverte à laquelle son maître ne s’attendait pas. Il marque au niveau d’un coffre-fort, à l’intérieur duquel se trouve une clé ledger, utilisée dans la gestion de la cryptomonnaie. Son maître comprend alors que son chien est aussi capable de les détecter !

D’autres découvertes sont réalisées, parfois par opportunité lorsque l’équipe est appelée pour son autre spécialité. L’expérimentation initiale s’avère concluante.

Les premières missions opérationnelles : un succès avéré
Avant de basculer sur l’opérationnel pur, les maîtres de chien français suivent un stage d’une semaine au CNICG en janvier 2025. Ils y invitent le policier suisse afin de tester le niveau des chiens et d’assurer la validation de leur formation, tout en venant chercher des connaissances supplémentaires. « Il s'est alors agi d'aller sur le terrain pour s'assurer que cela fonctionnait et savoir s'il y avait une demande de la part des unités, ajoute le major Arnaud. Le chef d’escadron Damien, commandant le département formation opérations du CNICG, a transmis un message aux officiers adjoints à la police judiciaire (OAPJ) des groupements de gendarmerie départementale, les incitant à faire appel à nous en cas de besoin dans le cadre d'une affaire. Très vite, nous avons reçu nos premières missions, couronnées par nos premières découvertes officielles. » Tablettes, cartes SIM, clés USB… ils sont au rendez-vous !

Aujourd’hui, l’expérimentation sur le terrain étant terminée et des magistrats ayant été présents sur certaines missions, la doctrine d’emploi est en cours d’élaboration au niveau de la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN).

Un cadre d’emploi à élargir et une formation en construction
Dans une époque marquée par l'utilisation massive du numérique, de très nombreuses affaires peuvent trouver une résolution ou un intérêt en exploitant les téléphones ou autres supports. Cependant, certains dossiers peuvent être plus particulièrement concernés.

Les principaux cadres d’enquête sont à ce jour le blanchiment d’argent, les enquêtes liées à la pédopornographie ainsi que les affaires de terrorisme. « Cela nous donne un domaine d’action assez important, souligne l’ADC David. À une époque marquée par l'essor exponentiel du cyber et du numérique, ce cadre pourrait à terme s'avérer beaucoup plus large, d’autant qu’il suscite un réel intérêt de la part des enquêteurs. »

Afin de permettre à l’ensemble des militaires de la gendarmerie de disposer d’un tel atout avec un à deux chiens formés par région, le CNICG élabore un stage qui pourrait être dispensé dès le second semestre 2025. D’une durée de quatorze semaines, à l’instar des autres cycles dispensés à Gramat, il devrait concerner dans un premier temps quatre équipes cynophiles, puis le contingent se complétera au fur et à mesure.

Parallèlement, les contacts se poursuivent avec la Suisse ainsi qu'avec d'autres pays utilisant cette technicité, comme les Pays-Bas, la Belgique, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

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