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Le 21 juillet 2020, alors qu’ils rentrent d’une mission déjà éprouvante, les militaires du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix sont sollicités pour aller secourir deux alpinistes en difficulté sur le mont Blanc de Courmayeur. Après cinq jours passés en montagne, l’un d’eux a chuté. Depuis, il n’avance plus et délire. Or, l’orage approche, et si les militaires n’interviennent pas très vite, la nuit risque d’être fatale pour les deux aventuriers. Malgré des conditions difficiles, les gendarmes se projettent sur les lieux pour les secourir. Fred, gendarme du PGHM, revient sur ce sauvetage miraculeux.

L’analyse de la situation

« En ce début d'après-midi, alors que nous faisons sécher le matériel et les vêtements utilisés lors de la mission de la matinée, les éléments d’alerte pour le mont Blanc de Courmayeur se précisent. Stéphane, le commandant du PGHM, arrive à la « drop zone » et nous fait un point de situation. Le bureau, lieu où les alertes sont reçues et régulées, estime qu’un engagement terrestre est justifié, mais, compte tenu de notre mission du matin et du risque orageux avéré, Stéphane souhaite avoir notre ressenti de terrain.

Nous discutons de la situation et de la pertinence de l’engagement. Personnellement, je ne crois pas à la récupération de l’alpiniste inconscient. Il me semble que cet avis est partagé par la plupart d’entre nous. Je prends la parole pour résumer l’opinion générale. Il nous paraît justifié d’aller chercher le mieux portant, qui ne pourra sûrement pas prendre seul la décision d’abandonner son compagnon de cordée. Pourtant, s’il ne le fait pas, il risque lui aussi de mourir. En revanche, il faut être lucide et honnête avec les requérants et nous-mêmes sur notre incapacité à ramener un inconscient depuis le mont Blanc de Courmayeur. Il est donc clair et établi que, si le bilan se confirme, nous serons contraints de le laisser sur place. Cette décision est terrible, mais fondamentale, puisqu’elle définit précisément notre stratégie, rendant réalisable la mission et compatible avec le créneau météo imparti, les orages étant annoncés pour 21 h 30. Cette phase de réflexion est très importante car, si nous devons effectivement laisser l’inconscient au sommet, nous en aurons parlé avant sur la base d’arguments posés. En définissant la mission correctement et précisément, on sait quelle stratégie adopter et quel matériel emporter.

L’engagement du médecin ne nous semble pas justifié, le mieux portant semblant pouvoir s’en passer et il est sûrement trop tard pour le second. Des actes médicaux lourds, telle qu’une intubation, n’ont aucun sens ni ne sont possibles dans ces circonstances.

Notre matériel de bivouac propre n’est pas emporté. La stratégie n’est pas d’y aller pour prendre l’orage avec eux mais plutôt de procéder à ce qu’on appelle un « Pick and go ». Il en va de même pour le matériel de brancardage. Aucune manœuvre de brancardage n’est envisageable sur les arêtes du mont Blanc de Courmayeur et sur des bosses de neige et de glace, surtout par mauvais temps. Nous sortirions totalement de notre stratégie. Nous serions alors très exposés aux orages et en danger dans nos déplacements, ce qui serait susceptible de remettre en question la pertinence de notre engagement et notre sécurité. »

Le départ en intervention

« Finalement, nous convenons qu’une caravane à quatre secouristes sera suffisante, au moins dans un premier temps, pour faire ce qui est prévu. Je demande donc qui est volontaire. Les mains se lèvent et je dois définir les équipes.

Romain et Matthieu sont désignés. Romain est très entraîné. Il est le plus fort d’entre nous physiquement et a fait plusieurs courses en altitude ces dernières semaines. Matthieu est aussi un élément très solide, efficace en toutes circonstances. Bien que rentrant récemment de vacances, il n’a pas du tout subi la caravane du matin, alors qu’il a fait le trajet le plus long.

Johann et moi serons également de la partie. Avec Johann, nous sommes sûrs de notre forme et de notre adaptation à l’altitude. Ensemble, le dimanche précédent, nous avons atteint le sommet du Mont-blanc depuis Bellevue, en passant par l’aiguille de Bionnassay, sans nous arrêter. Nous avons donc passé quelques heures en altitude. Par ailleurs, nous avons à cette occasion parcouru l’arête des bosses et la descente du Goûter, que nous devrons emprunter pour la caravane. L’équipe nous semble solide et nous sommes tous motivés.

Matthieu et Johann sont prêts les premiers. Ils seront déposés par Dragon en treuillage sur l’arête Nord du Dôme, vers 4 100 m d’altitude ; le mécanicien ayant refusé que nous sautions de l’hélicoptère à basse altitude. Avec Romain, nous finissons les sacs. J’ai l’idée d’emporter une bouteille d’oxygène et des lunettes. Cette intuition sera primordiale pour la suite de la caravane. J’avais déjà pensé, au préalable, à la pertinence d’administrer de l’oxygène aux victimes dans ce genre de caravane en très haute altitude. L’idée était d’utiliser du matériel d’himalayistes, mais cela était resté à l’état de projet jusqu’à maintenant. On fera donc avec l'oxygène de la drop zone, des gros « obus » de 5 kg et des lunettes. Du coup, j’hésite. Je consulte Fabien, qui me dit de la prendre et que, au pire, je la laisserai si nous n’en avons pas l’utilité. Le médecin nous donne une tablette de 6 comprimés de corticoïdes. »

La dépose sur les lieux du sauvetage

« Nous sommes déposés au Plateau, vers 4 100 m d’altitude, grâce à un bloc de séracs écroulé que le pilote utilise comme référence. Une pensée fugace pour le Sikorsky d’Henry et Vincendon, crashé à quelques dizaines de mètres, nous traverse forcément l’esprit.

Nous arrivons sans encombre à l'abri Vallot. Johann et Matthieu sont derrière nous, car ils avaient plus de distance à parcourir pour atteindre Vallot depuis leur point de dépose. La météo n’est pas fameuse, mais on progresse « à vue », petit à petit.

Au départ de Vallot, le vent d’Ouest forcit brusquement et rend la montée pénible. Je me remémore l’effort fourni deux jours plus tôt avec Johann et maintes fois auparavant. Je demande à Romain de garder un rythme tranquille dans la première bosse, qui est la plus raide et la plus coûteuse en énergie. Nous commençons à jalonner depuis Vallot pour faciliter la montée de la deuxième équipe et surtout pour préparer notre descente. À Vallot, nous appelons le bureau, qui nous propose le renfort d’un troisième binôme, qui acheminerait le caisson hyperbare jusqu'à l'abri. Nous sommes d’accord sur le fait que cela constituerait une aide précieuse. Deux camarades viennent donc nous renforcer.

Nous atteignons le Mont-Blanc dans le brouillard complet. Nous savons que nous sommes au sommet, car la montée s’achève et nous entamons la descente sur l’arête du mont blanc de Courmayeur. Le vent fait tout givrer. On se guide avec le GPS pour être sûrs que nous sommes au bon endroit. Nous jalonnons toujours. Nous sommes un peu surpris par la relative technicité de l’arête. Nous nous faisons la réflexion qu’il serait totalement impossible, dans cet environnement, de ramener un inconscient.

Nous arrivons enfin à un replat de l’arête et nous ne voyons qu’un sac à dos, une corde en tas et un piolet. Pendant quelques instants, nous sommes pris d’un doute : sont-ils partis ou, plus probablement, sont-ils tombés ? »

Et si les deux alpinistes pouvaient être sauvés ?

« Finalement, nous voyons une tête dépasser du versant Est de l’arête. Nous nous approchons du bord et découvrons la situation. Le mieux portant, Matt, a creusé une petite alcôve à mains nues et au piolet dans le flanc de l’arête pour y mettre son compagnon, Dan, à l’abri du vent. C’est assez efficace mais, sans pelle, l’alcôve est minimaliste et Dan a les jambes qui pendent dans le vide. La pente est raide, au-delà de 45 degrés. Romain m’assure et je descends au contact. Matt a l’air fatigué mais il est valide. L’état de Dan est très inquiétant : il parle très difficilement, couché sur un karimat de bivouac. Mais il est conscient. Selon Matt, il a tenu des propos délirants les heures précédentes et après avoir chuté dans une roture, il s’est plaint du dos et ses dernières forces l’ont abandonné. Le contour de la mission change quelque peu. Et s’il y avait un espoir de ramener les deux alpinistes ? »

L’évaluation de la situation sur place

« Je donne à Dan les médicaments et lui installe les lunettes à oxygène. Matthieu et Johann nous rejoignent. Eux aussi ont été surpris par la dernière section de l’arête. Ils nous ont même demandé confirmation de l’itinéraire à suivre ! Johann descend avec moi et nous creusons une alcôve plus confortable dans laquelle nous installons Dan, incapable de se mouvoir. L’oxygène et les médicaments commencent doucement à agir, mais le seul signe d’évolution positive est son élocution, qui progresse légèrement.

Il est 19 heures. Le temps passe et les orages sont prévus dans 2 h 30. Johann, Matthieu et Romain me rappellent notre objectif initial. Nous décidons de fixer une limite d’intervention à 19 h 15. Nous en informons le bureau, qui s’apprêtait à nous inciter à partir. Les hélicoptères Dragon et Chamonix Mont-Blanc Hélicoptère sont en l’air pour tenter l’impossible. Malheureusement, nous entendrons l’hélicoptère Dragon lors d’une approche, mais nous ne le verrons jamais. Les deux pilotes échangent par radio, ils s’entraident sur leur appréciation des conditions météo et, finalement, constatent que c’est impossible. Au moins, ces dernières tentatives fermeront la porte à tout doute si nous sommes amenés à laisser Dan sur place. Tout aura été tenté.

J’explique la situation au compagnon de Dan, qui avait déjà été préparé à l’éventuel abandon de son compagnon lors des communications téléphoniques avec le bureau. Dan retrouve peu à peu ses esprits. Je lui explique la situation. S’il est trop blessé ou malade pour marcher, nous ne pourrons assurer ni sa sécurité, ni la nôtre, et nous devrons partir sans lui, en espérant un créneau météo permettant son extraction en hélicoptère. À ces mots, Dan me regarde et me dit : "Fred, I want to walk. Let me try to walk”. » ( Fred, je veux marcher. Laissez-moi essayer de marcher. )

La cordée de la dernière chance

« Je l’aide à se relever. Je suis surpris qu’il tienne sur ses jambes. Romain me regarde avec incrédulité quand il le voit se redresser. Finalement, Dan monte sur mes épaules pour sortir de son alcôve. Il est hissé par les autres sur l’arête. En remontant, je vois que ceux qui sont restés au vent sont tous givrés. À ce moment-là, nous ressentons l’urgence de la situation. Si Dan doit marcher, cela sera long et difficile et les orages approchent !

Nous refaisons les cordées. Johann et Matthieu prennent sur leur corde Matt, qui a les yeux meurtris par le vent et le soleil. Ils nous feront le passage. Je m’encorde très court avec Dan, afin de garder la bouteille d’oxygène, à moitié pleine, dans mon sac, et qu’il marche sous oxygène en s’appuyant sur moi. Romain nous retient. Les premiers mètres sont encourageants, même si nous craignons pour les passages techniques à venir. Effectivement, une fois dans ces passages, nous retenons notre souffle à plusieurs moments.

Finalement, nous parvenons à rejoindre le sommet du Mont-Blanc. Dan est à bout et s’appuie de tout son poids sur nous. Nous échangeons les cordées, car je ne suis plus un soutien efficace. La bouteille d’oxygène est terminée. Le troisième binôme est dans l’ascension des bosses. Nous les rejoignons à la seconde. Leur aide est très appréciable dans les parties raides, car Dan et Matt tiennent difficilement sur leurs jambes. Matt ne voit plus rien avec le jour qui décline. Il perd la trace, titube. On se demande s’il ne s’endort pas en marchant. Dan ne parle pas, il marche comme un zombie. Nous arrivons à l’observatoire Vallot, où une équipe d’ouvriers nous accueille très chaleureusement. C’est une première étape et nous commençons à y croire ! »

Premier arrêt au refuge

« Thomas s’occupe de nourrir et d’hydrater tout le monde. Johann ne peut résister à l’appel du paquet de cigarettes de l’un des ouvriers ! Thomas et Matthieu mettent en place le caisson. Nous enlevons les vêtements trempés de Dan et l’installons à l’intérieur. Nous pompons, mais l’altimètre que Dan nous présente au hublot ne descend pas au-dessous de 2 700 mètres : le caisson fuit ! D’abord d’une soudure, puis de toutes parts. Les ouvriers nous donnent du scotch de chantier. Cela fuit encore, mais la perte est limitée. Nous parvenons, en pompant quasiment en continu, à maintenir une pression équivalente à 3 000 mètres, mais de nouvelles fuites apparaissent sans cesse.

Nous appelons le bureau et le médecin pour discuter de la suite. Le médecin nous donne la conduite à tenir sur les médicaments. Les orages sont finalement repoussés à 22 h 30. Le caisson fuit toujours. Des guides se proposent de partir du refuge du Goûter pour venir à notre rencontre. Le caisson a malgré tout bien amélioré l’état de Dan, qui commence à parler distinctement. Il parvient à boire et à s’alimenter un peu avec l’aide de Thomas.

Tout le monde est d’accord pour entamer la descente vers le refuge du Goûter, où un caisson en bon état nous attend et où nous sommes à peu près sûrs de pouvoir gérer Dan si son état venait à se dégrader. Et puis, c’est déjà 600 mètres plus bas : cela compte dans l’état où il est ! Nous remettons des vêtements secs à Dan et Matt. Nous refaisons les cordées. J’équipe Dan avec mon masque et Matthieu en fait autant avec Matt, dont les yeux sont très abîmés. »

La descente continue

« Nous nous mettons en route et descendons la pente vers le col du Dôme. Nous rendons compte de notre départ au bureau et les guides nous annoncent sur la fréquence radio qu’ils montent vers nous. Le bureau nous informe à ce moment-là que les prévisions météo ont changé. Les orages sont sur Sallanches et les Fiz et devraient arriver avant 23 heures. Les guides prennent la communication radio. Cela leur confirme leur ressenti sur l’imminence de l’orage. Contrairement à nous, ils ont la vue dessus, plus bas en vallée. Ils nous informent alors qu’ils rebroussent chemin, et c’est logique.

De notre côté, nous sommes conscients qu’il est trop tard. Dan ne remontera pas les 100 mètres de dénivelé que nous venons de descendre et nous risquons de prendre l’orage avant d’avoir regagné Vallot. Nous décidons de poursuivre. La remontée au Dôme est extrême pour Dan et Matt, qui sont à bout de force. Nous naviguons à l’aide du GPS pour retrouver la trace sous le Dôme du Goûter. Nous connaissons cet endroit, que nous avons tous déjà parcouru à de multiples reprises, mais nous savons aussi que le départ de la descente du Dôme est difficile à trouver de nuit et, de surcroît, dans le brouillard. Je sais, à coup sûr, que nous sommes dans le bon secteur, mais où est cette trace ? En même temps, nous voyons à peine à 30 mètres dans le halo des lampes. Nous sommes sûrement juste à côté…

Finalement, nous la retrouvons avec soulagement et en sachant que, désormais, cela ira vite. Heureusement, car nous commençons à voir des éclairs de chaleur. Mais pour le moment, toujours pas de tonnerre. La descente se passe bien, même si les deux naufragés sont sur les rotules. Je suis un peu inquiet de quelques crevasses mal placées que j’ai vues dimanche dernier. Il ne manquerait plus que ça ! Nous atteignons enfin l’arête de l’aiguille du Goûter et ses petites remontées. À grands coups de “come on Dan”, de “let’s go” et de “good job”, nous franchissons la dernière bute et devinons le halo du refuge. L’ambiance devient subitement plus électrique. Est-ce la présence de tout ce métal ou celle de l’orage qui approche ? Quoi qu’il en soit, nous coupons la dernière pente et entrons au plus vite dans le refuge. »

Second arrêt au refuge

« C’est un soulagement énorme. Signalant à Thomas que je sors faire le compte rendu radio pour dire que nous sommes tous en sécurité dans le refuge, je lui dis en rigolant : “je vais essayer de ne pas me faire foudroyer avec ma radio”. Alors que je sors et passe mon message radio, un éclair illumine tout le décor ! Je rentre quasiment en sautant dans le refuge, sous le regard stupéfait de Thomas.

Nous nous déséquipons. Dan n’a plus la force d’enlever ni ses crampons, ni ses chaussures. Nous arrivons enfin dans la salle commune. Une fois son bilan effectué à l’infirmerie du refuge, Dan nous rejoint et ne sait pas quoi dire pour nous remercier. Après avoir mangé et bu, nous allons nous coucher dans le dortoir, avec Dan et Matt, afin de rester à proximité s’ils devaient aller mal dans la nuit. Dix secondes après s’être couchés, ils ronflent déjà et poursuivent ainsi toute la nuit ! Je me dis qu’au moins, ils respirent ! Le matin, le temps est bouché, il tombe du grésil et il y a du vent. Des éclaircies sont annoncées. Que fait-on ? On attend là, ou on attaque la descente ? Finalement, après discussion avec le bureau, nous décidons de descendre, car le nuage reste bien collé sur le refuge. »

Un dernier effort

« Dragon se propose de nous récupérer dès que nous serons sous la couche nuageuse. Nous descendons. Deux secouristes sont encordés avec chaque victime, car leurs pas sont encore hésitants. Dan nous fera même une petite baisse de tension, à la limite du malaise vagal. Mais peu de temps après, la météo permet à Dragon de l'extraire en treuillage avec Thomas. Matt l’est aussi, avec Johann. Ils vont vers la Drop zone (D.Z.). Les quatre autres secouristes descendent jusqu’à l’éperon, avant la traversée du couloir, où notre récupération par l’hélicoptère sera facile. Initialement envisagée en « appui patin », elle se fera finalement en treuillage, car nous risquerions d’envoyer des pierres sur des alpinistes qui montent sous l’éperon.

Nous sommes tous très heureux ! Une petite photo dans l’hélico et c’est le retour à la D.Z. Dan et Matt sont transférés à l’hôpital en ambulance. Les examens sont bons, même si les analyses de sang de Dan ressemblent à celles des coureurs de l’Ultra trail du Mont-Blanc ! Matt devra soigner ses yeux avec des antiseptiques et des collyres.

Nous sommes félicités par les premiers à marcher du jour et par Stéphane, qui est à la D.Z. C’est une chance d’avoir vécu un tel secours, où tout s’est finalement déroulé de manière favorable. Nous avons eu de la chance et nous avons su en tirer profit. L’entraînement, l’expérience de la haute montagne dans le mauvais temps, mais aussi la cohésion d’équipe sur le terrain, ainsi qu’avec le bureau, auront été déterminants pour la réussite de cette opération. C’est la réussite d’une équipe mais aussi celle du PGHM dans sa capacité à #Répondreprésent dans ce genre de situation. »

Source : https://www.gendinfo.fr/paroles-de-gendarmes/Interviews/gendarmes-secouristes-en-montagne-le-sauvetage-perilleux-de-deux-alpinistes-episode-1
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Associations de secourisme / Re : Matériovigilance association de secours
« Dernier message par dk.odi100` le 26 août 2020, 19:48:24 »
sorry for going i=out of topic just wanted to show you guys this article on World Biggest Ship

Désolé si je suis allé trop loin. ( i=hors sujet ) juste voulu vous montrer les gars cet article sur le monde des plus grands navires
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Ambulanciers / Re : Poste de secours tenu par un ambulancier privé ?
« Dernier message par ThomasLemar le 31 juillet 2020, 19:22:47 »
Bonjour, c'est un plaisir de vous saluer de pouvoir vous laisser mon appréciation sur le sujet précédemment exposé, je suis vraiment très attaché à vous aider à trouver une réponse, que ce soit pour votre problème ou vicissitude, il faut présenter les arguments nécessaires, ainsi que les preuves pour vous donner un réponse appropriée, l'un des meilleurs moyens de le faire consiste à utiliser un bon développement de référencement afin que votre question puisse être mieux localisée sur le Web, et c'est beaucoup plus facile pour les utilisateurs comme moi sur Internet, donc ce sera beaucoup plus efficace pour répondre et clarifier vos doutes à ce sujet.
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Gendarmerie Nationale / Vidéos Gendarmerie
« Dernier message par Jeano 11 le 21 juillet 2020, 11:46:38 »
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Gendarmerie Nationale / LA GENDARMERIE RECRUTE
« Dernier message par Jeano 11 le 21 juillet 2020, 11:35:24 »
La gendarmerie recherche des hommes et des femmes dans les domaines touchant au « cyber » et scientifiques.

Ils seront formés à partir de 2021 en école.

Recrutement Sous-Officier :
L'objectif cible spécifiquement de futurs sous-officiers de gendarmerie ayant des prédispositions dans les domaines scientifiques et techniques (avec une priorité donné aux BAC+2/3 dans le domaine scientifique et cyber/informatique).

Les sélections se feront par le concours général d’entrée en gendarmerie. Les lauréats de ce concours pourront alors se porter volontaires afin d’intégrer une compagnie d’élèves gendarmes spécialisés dans les domaines spécifiques touchant au numérique, cyber, informatique, sécurité des systèmes d’information, intelligence artificielle.

Ils seront sélectionnés à partir de :
- leur résultat à une épreuve numérique organisée lors de la phase d’admission ;
- leur niveau d'étude et/ou de la nature de leur diplôme ;
- leur classement général au concours.
- leur appétence au numérique et à leur agilité dans l’utilisation de ces outils, compétences qui pourront faire l’objet d’une évaluation.

Recrutement Officier :
L'objectif cible spécifiquement de futurs officiers de gendarmerie profils « ingénieurs » et « titulaires master scientifique ayant des prédispositions dans les domaines scientifiques et techniques (avec une priorité donné aux BAC+2/3 dans le domaine scientifique et cyber/informatique). Les postulants pourront être recrutés sur titre ou par concours.

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NB : Il est rappelé que ces futurs militaires embrasseront pour la grande majorité d’entre eux une carrière classique dite généraliste, d'officier ou de sous-officier de gendarmerie. Seuls les lauréats retenus pourront être concernés par une carrière de spécialiste.

Vous pouvez contacter dés à présent le centre d’information et de recrutement de la gendarmerie de Besançon au 03 81 40 50 47.
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Aube : deux promeneurs secourus grâce à l’application GendLoc
auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le 3 juillet 2020

Le 28 juin dernier, un couple de promeneurs perdu en pleine forêt, entre Proverville et Jaucourt, a pu être localisé grâce à l’application GendLoc et rapidement secouru par les gendarmes de Bar-sur-Aube.

Parti à la cueillette des champignons dans la forêt domaniale de Proverville, un couple de quinquagénaires originaires de Bar-sur-Aube a vu sa sortie dominicale virer au cauchemar.

Dans leur quête, ils enchaînent en effet les kilomètres, jusqu’à perdre tout repère dans ces bois qu’ils ne connaissent pas. Comme si cela ne suffisait pas, la promeneuse chute et se blesse à la jambe, rendant impossible toute progression sur ce terrain accidenté.

Son mari se décide alors à appeler les secours. Il est 15 h 10. Au bout du fil, l’adjudant-chef Gilles P., du Centre d'opérations et de renseignement de la gendarmerie de l’Aube, prend l’appel. Son interlocuteur est très paniqué : il n’a aucune idée de l’endroit où il se trouve.

Le gendarme se veut rassurant : la gendarmerie a les moyens de les localiser grâce à l’application GendLoc. Développée par un gendarme du Peloton de gendarmerie de haute montagne du Versoud, il y a quelques années, elle permet d’obtenir la position précise de la personne, sans téléchargement ou installation. Seule l’activation du GPS est nécessaire.

L’opérateur du CORG est donc optimiste : toutes les conditions sont réunies pour permettre la localisation du couple. Le gendarme envoie à son interlocuteur un SMS contenant un lien HTML ; en cliquant dessus, celui-ci autorise alors la géolocalisation. En possession des coordonnées GPS précises du couple, l’opérateur peut alors engager les secours, tandis qu’il continue de rassurer son appelant, resté en ligne pendant toute la procédure.

Guidée par l’ADC Gilles, une patrouille de Bar-sur-Aube se rend sur place et retrouve enfin les deux promeneurs, pour leur plus grand soulagement. Fin de mission également pour l’opérateur du CORG, on ne peut plus satisfait de cet heureux dénouement.

Source https://www.gendinfo.fr/l-info-en-continu/aube-deux-promeneurs-secourus-grace-a-l-application-gendloc
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Gendarmerie Nationale / Re : Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale (PJGN)
« Dernier message par Jeano 11 le 05 juillet 2020, 14:10:45 »
Les gendarmes coupent la communication de milliers de criminels !  8)

À une lettre près, EncroChat se serait appelé EscroChat. Le nom aurait été plus judicieux si l’on considère que plus de 90 % des utilisateurs ce réseau de communication sécurisée se livraient à des activités criminelles !

Dès 2017, des téléphones EncroChat sont détectés par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Une enquête préliminaire est ouverte en novembre 2018 et, en décembre, le parquet de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lille confirme la saisine du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de la gendarmerie nationale.

Les investigations des gendarmes vont permettre de constater que cette solution de communication chiffrée illégale est mise en œuvre depuis des serveurs installés en France, et de réunir des éléments sur son fonctionnement technique.

Les téléphones sont entièrement modifiés, privés de micro, de caméra, de système GPS et de port USB. Ils sont vendus au prix de 1 000 euros, avec un abonnement un peu plus cher que ceux des honnêtes gens : 1 500 euros pour six mois, avec une couverture mondiale et une assistance téléphonique 24 heures/24 et 7 jours/7.

EncroChat promet « un anonymat total » à ses utilisateurs et des conditions d’acquisition intraçables, garantissant une « impunité parfaite » en cas d’arrestation ! Bref, un service idéal pour le crime organisé. Début 2020, le nombre de téléphones actifs de ce type est estimé à 50 000 dans le monde, dont 12 000 aux Pays-Bas.

Le 10 avril 2020, une Équipe commune d’enquête (ECE) est créée entre les autorités saisies en France et aux Pays-Bas, sous l’égide de l’Unité de coopération judiciaire de l'Union européenne EUROJUST. Une information judiciaire est ouverte le 28 mai par la JIRS de Lille.
Plus de 100 millions de messages interceptés

La gendarmerie nationale engage des moyens matériels et humains considérables dans cette enquête. La cellule nationale d’enquête créée le 15 mars 2020 au sein du C3N est renforcée par des enquêteurs aguerris issus des Sections de recherche (S.R.) de toute la France et des quatre offices centraux (OCLTI, OCLAESP, OCLDI, OCLCH). Au total, ce sont 60 gendarmes qui travaillent à plein-temps sur ce dossier. Plus de 100 millions de messages échangés par les criminels sont interceptés.

Le 13 juin, le réseau alerte ses clients qu’il a été infiltré par des entités gouvernementales. Trop tard pour les criminels… Le démantèlement d’EncroChat est annoncé jeudi 2 juillet par la procureure de Lille, Carole Étienne, le sous-directeur de la police judiciaire de la gendarmerie nationale, le général de division Jean-Philippe Lecouffe, et le procureur général néerlandais, John Lucas.

De très nombreuses opérations d’interpellation ont déjà été menées ou sont en cours et, selon les autorités, les investigations effectuées ont déjà permis d’empêcher que soient commis des dizaines d’actes violents, parmi lesquels des enlèvements, des fusillades et des meurtres.

Source https://www.gendinfo.fr/enquetes/2020/les-gendarmes-coupent-la-communication-de-milliers-de-criminels
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Qu’attend-on aujourd’hui d’un officier, qu’il soit de gendarmerie (O.G.) ou du corps technique et administratif (OCTA) ?

De prime abord, il est attendu d’un officier de gendarmerie certaines vertus fondamentales telles que la compétence, la force de caractère et le désintéressement, afin que le chef rayonne de tout son être, pour favoriser, par ricochet, l’épanouissement de chacun de ses hommes. Mais en regardant de plus près, la formation dépend étroitement de trois facteurs :

- d’abord la sociologie de notre Institution. En l’espace de quelques décennies, la gendarmerie a vu passer son modèle de gendarme « généraliste », dans un esprit de proximité et de polyvalence, à un modèle où ce « brigadier » est de plus en plus « augmenté », notamment par l’apport du numérique. De fait, la part de confiance et d’initiative que l’on doit lui accorder est croissante. Ainsi, les officiers devront apprendre à déployer cette capacité à fédérer les énergies, les volontés et les savoir-faire de leurs subordonnés, techniciens chevronnés et exigeants ;

- la territorialité ensuite, facteur d’éloignement des officiers et consubstantiel à une large autonomie des subordonnés. Il leur revient donc de coordonner finement l’ensemble de leurs moyens et appuis ;

- enfin, l’essence même de notre Institution, plaçant ses chefs dans une triple subordination, celle de la chaîne hiérarchique et celle des autorités administrative et judiciaire, au sein de laquelle ils doivent s’imposer comme un autre point de convergence et de coordination.

Dans un monde particulièrement imprévisible, un socle éthique et déontologique robuste s’impose. Plus que jamais, notre force humaine doit disposer d’officiers porteurs d’une vision, de chefs en qui les subordonnés peuvent placer leur confiance et être eux-mêmes l’incarnation de valeurs auxquelles ils croient. En somme, donner du sens à l’action et être à l’écoute. Enfin, ils doivent être convaincus de l’importance à accorder au dialogue interne, constructif, professionnel et sain, qui leur permet de s’entourer des avis nécessaires à la prise de décision. Si, sous le signe de l’urgence, ils doivent s’imposer comme des chefs opérationnels qui décident, d’autant plus que la situation est grave, au quotidien, ils doivent demeurer ceux qui savent écouter et bien connaître leurs personnels pour, dans l’intensité de la crise, être à même de leur demander de se surpasser.
Concrètement, comment l’EOGN prépare-t-elle ses élèves à leurs futures missions ?

L’objectif premier de la formation initiale dispensée à l’EOGN reste de former des chefs militaires qui disposent d’une expertise dans le domaine de la sécurité intérieure et de la défense. À cette fin, nous nous appuyons sur trois leviers classiques :

- le savoir : c’est la connaissance du milieu militaire dans lequel les officiers vont évoluer et les connaissances juridiques sur lesquelles ils devront s’appuyer pour mener à bien leurs missions. Cela va de pair avec la militarité, laquelle leur permet de s’aguerrir pour être forts physiquement, psychologiquement et moralement, afin d’être en capacité de surmonter les événements de toute nature et commander en situation dégradée.

- le savoir-faire : les nombreuses mises en situation, ancrant les élèves-officiers dans le concret, permettent d’asseoir toutes les connaissances nécessaires à l’exercice de leur métier, du premier emploi aux suivants. Cet apprentissage se fait également à travers différents stages, dont le nombre a été multiplié par trois depuis 2017.

- le savoir-être : le futur officier doit disposer de qualités humaines et comportementales exemplaires, en nourrissant sa pensée pour agir en conscience et en responsabilité. Ce volet regroupe notamment les notions d’esprit de corps et de cohésion, qui permettent aux élèves-officiers de trouver leur place au sein de la gendarmerie et d’avoir une prise en compte plus aisée de l’éthique et de la déontologie. Cet enseignement repose également sur le partage d’expériences, sur des rencontres, des échanges avec des intervenants, autour de tous les problèmes contemporains auxquels les gendarmes peuvent être confrontés dans leur fonction de contact avec le public.

Enfin, le Master 2 dans lequel nous les accompagnons permet aussi de conforter leur place dans l’univers global de la sécurité et celle de l’EOGN dans le concert des grandes écoles françaises et européennes.
L’EOGN assure également les formations continues des officiers. Quels sont les enjeux dans ce domaine ?

L’EOGN assure en effet à la fois la formation initiale et la formation continue des officiers, ce qui nous permet d’avoir une cohérence d’ensemble. Tout l’enjeu est d’arriver à bâtir un socle commun, puis d’avoir une formation continue construite sur le principe du « juste à temps », dans la carrière, et du « juste utile », par rapport aux besoins.

L’une des nouveautés est la prise en compte de la conception de manœuvre, répondant à une attente forte de tous les officiers dans leurs différents postes. Cet apprentissage intègre désormais le volet logistique de la gestion de crise, lequel s’avère indispensable dans la conception de manœuvre opérationnelle. Comme sur le terrain, O.G. et OCTA sont amenés à travailler ensemble.
Au sein de l’EOGN, qui fête ses 100 ans cette année, la formation n’a eu de cesse d’évoluer au regard des besoins du terrain et des progrès technologiques. Comment se présente-t-elle aujourd’hui ?

L’infrastructure de l’école n’a pas évolué aussi vite qu’on l’aurait voulu. Malgré tout, nous avons réussi à nous inscrire dans une modernité d’adaptation qui soit la plus cohérente possible. Nous utilisons quatre méthodes d’enseignement. J’ai déjà évoqué les mises en situation et les immersions en unité. Les premières apportent du réalisme aux notions que nous inculquons et permettent aux élèves de développer leur sens de l’adaptation et du discernement. Les secondes, qui se traduisent par 12 semaines de stage pendant la scolarité, vont leur faire toucher du doigt la réalité de la gendarmerie dans son quotidien, aux confins des territoires. Ils vont ainsi pouvoir confronter les notions généralistes enseignées à la façon dont l’intelligence locale les décline. L’idée est aussi de leur montrer la complexité et la polyvalence de la gendarmerie dans toutes ses composantes, pour que cette ouverture puisse notamment les guider dans leur choix de début de carrière. C’est pourquoi ces immersions se font dans toutes les subdivisions et s’adaptent aussi au recrutement, afin de ne pas envoyer les élèves en terre déjà connue.

L’enseignement à distance se développe également, grâce à la plateforme Gendform 3.0. Gage de souplesse dans le dispositif global de formation, il permet aux élèves d’acquérir une partie de la formation élémentaire à leur initiative et de recentrer le temps ainsi libéré sur la mise en situation.

La quatrième méthode, la plus récente, repose sur la simulation. Le Centre d’entraînement et de simulation au commandement opérationnel (CESCO), inauguré en juin 2018, favorise la transition entre la théorie et les exercices pratiques. Nous utilisons deux programmes de simulation, l’un pour la planification et la conduite des missions, et l’autre pour l’apprentissage des actes élémentaires du combattant et les missions de groupe. Le prochain axe de développement concerne l’apprentissage du tir et l’usage des armes, pour favoriser, via la simulation, la réflexion et le discernement dans l’action. Des dispositifs sont d’ores et déjà utilisés, au sein de l’EOGN ou du centre national d’entraînement des forces de gendarmerie, mais nous travaillons en lien avec des industriels pour développer des outils plus sophistiqués. Cette dernière méthode ne doit évidemment pas occulter les autres.

Ainsi, s’appuyant sur une formation d’excellence et sur une identité aux racines profondes servant de fil rouge tout au long de sa carrière, l’officier de gendarmerie est apte à s’engager et à commander en tous temps et en tous lieux, au service de nos concitoyens.

Source : https://www.gendinfo.fr/dossiers/les-enjeux-de-la-formation/Former-des-officiers-operationnels-et-bienveillants
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Gendarmerie Nationale / Le big data au service de la gendarmerie
« Dernier message par Jeano 11 le 02 juillet 2020, 10:58:41 »
Les données informatiques représentent une véritable valeur ajoutée pour la gendarmerie. Elles permettent de faciliter l’aide à la décision et d’offrir une meilleure lecture de situation, que ce soit en préparation d’une mission ou pour le gendarme sur le terrain. Dans sa stratégie de la donnée, la gendarmerie nationale veut structurer ce flux toujours plus important et, surtout, se préparer aux prochaines innovations de rupture, qui risquent de bouleverser le quotidien.

Les données numériques sont-elles désormais plus valorisées que le pétrole ? Difficile à dire, tant les indicateurs diffèrent. Il n’existe en effet pas de cours officiel de la data, contrairement à l’or noir. Mais le oui à cette question pourrait l’emporter. À l’heure actuelle, les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) sont en effet cinq fois plus cotées en bourse que Total. Et pas besoin d’être un analyste financier du CAC 40 pour s’apercevoir de la prédominance qu’ont prise les données dans nos vies personnelles et professionnelles. Elles sont partout, dans tous nos objets connectés, de nos smartphones à nos titres de transport.

Et le futur augure un tsunami : l’Internet des objets et la 5G (cinquième génération des standards en matière de téléphonie mobile), pour ne citer qu’eux, multiplieront le nombre de datas disponibles. « La donnée peut nous étouffer tant elle est massive », avertissait le 19 décembre dernier, le général d’armée Christian Rodriguez, dans son discours prononcé à l’occasion du séminaire de commandement. D’où la volonté du Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) « d’aller vers une stratégie de la donnée. »
Une mise à jour permanente

Officiellement lancée durant le premier séminaire de commandement du nouveau DGGN, la stratégie de la donnée n’a, pour l’instant, de nouveau que le nom. Le général d’armée Rodriguez le reconnaissait volontiers lui-même : « En fait, rien de révolutionnaire. Cela fait des années que nous pilotons de la donnée et que nous progressons en valorisant de la donnée. » En matière judiciaire, le Système d’analyse des liens de la violence associée aux crimes (SALVAC), puis l’Analyse criminelle (ANACRIM) ont notamment contribué au fait que « nos succès sur les crimes de sang ou les cold cases sont le fruit d’une stratégie de la donnée. »

D’autres exemples attestent de l’exploitation des datas dans le quotidien du gendarme, notamment en termes de mobilité. Outre la création, en 2015, de l’Observatoire central des systèmes de transports intelligents (OCSTI), plusieurs autres expérimentations ont été mises en œuvre, comme « Géosuivi », un système d’affichage des données de géolocalisation en temps réel sur NÉOGEND.

Depuis peu, la gendarmerie expérimente également des échanges de données avec un opérateur cartographique. Ainsi, le centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie reçoit en temps réel les informations opérationnelles sur des incidents majeurs de la circulation routière et peut également passer des messages de prévention auprès des automobilistes.

Cette mise à jour permanente nécessite une coordination et, surtout, une vision. D’où le besoin de concevoir une stratégie de la donnée. C’est pourquoi, face aux flux de données de plus en plus nombreux, le service de la transformation structure une stratégie de la donnée pour améliorer l’information opérationnelle, éclairer les prises de décisions et valoriser les données, tant en interne qu’en externe.
Gendarme-data

Alors concrètement, quel changement apportera cette stratégie de la donnée dans le quotidien des gendarmes  ? L’idée première étant de valoriser la data, elle devra donc répondre à des besoins, comme celui de bénéficier d’informations enrichies. Ainsi, la logique de la numérisation de l’espace d’opération (NEOPS) aura vocation à structurer toute l’information disponible au niveau des centres de commandement, mais aussi à proposer, au niveau tactique et élémentaire, une information adaptée.

Autre évolution, les données produites par la gendarmerie ou ses partenaires ne pourront qu’augmenter, tant en termes de quantité que de qualité. Elles s’imposeront comme le carburant des logiciels d’aide à la décision, notamment grâce à des outils de plus en plus dynamiques : data-visualisation en temps réel, analyse décisionnelle tournée vers l’avenir (en matière de cambriolage par exemple) et optimisation des moyens, comme ce que propose déjà le logiciel dédié au pilotage du Dispositif de gestion des événements (DGE). En outre, l’augmentation des données collectées ou produites par chaque gendarme dans les systèmes d’information améliorera amplement la qualité des diagnostics, pour ajuster au mieux la réponse opérationnelle.

Mais surtout, les datas sont essentielles pour développer une politique d’Intelligence artificielle (I.A.). Un grand nombre de données sont nécessaires pour permettre à un ordinateur de reproduire certaines actions du cerveau humain. Le DATA-LAB du Service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieure ST(SI)2 mène ainsi un projet de recherche et d’innovation visant à faciliter le signalement en ligne de faits délictuels. L’ambition est d’apprendre à la machine à qualifier automatiquement le fait, permettant, demain, de poser automatiquement les questions appropriées, et donc de faire gagner du temps à l’usager comme au gendarme.
L’usager, justement, est l’autre gagnant de cette stratégie de la donnée. Le tableau des horaires d’ouverture des brigades de gendarmerie, créé par les commandants d’unité sous PULSAR Service, est désormais disponible en sources ouvertes. Tous les opérateurs cartographiques, tels que SoLocal, Mappy ou Pages Jaunes, pour ne citer qu’eux, réutilisent ces données et les affichent sur leurs services aux usagers. La stratégie de la donnée irriguera progressivement tous les métiers de la gendarmerie : missions opérationnelles, mais aussi ressources humaines, finances et logistique.

Cette omniprésence pourrait effrayer, tant les gendarmes que la population qu’ils servent. L’enjeu de l’acceptation de ces nouveaux outils technologiques par notre société repose donc sur l’équilibre entre le besoin opérationnel du terrain et la préservation des libertés individuelles. C’est pour répondre à ce dilemme que la gendarmerie intègre dorénavant les contraintes juridiques et techniques de protection des données individuelles dès la conception de ses nouveaux projets informatiques.

Source : https://www.gendinfo.fr/dossiers/gend-20.24-pour-la-population-par-le-gendarme/le-big-data-au-service-de-la-gendarmerie
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Gendarmerie Nationale / Re : Dans la Gendarmerie les femmes ont fait leur nid !
« Dernier message par Jeano 11 le 27 juin 2020, 09:49:55 »
[ LES FEMMES EN GENDARMERIE : EXPOSITION ]

Une exposition photo inédite sur les femmes gendarmes et les métiers qu’elles exercent ouvrira le samedi 4 juillet 2020 sur le site du Pont du Gard.

Institution républicaine au service de nos concitoyens, la gendarmerie nationale compte plus d’un cinquième de femmes dans ses rangs et est forte et fière de cette diversité.
Loin des stéréotypes, quels que soient leur statut et leur grade, elles sont maître de chien, motocycliste, commandant d'unité, technicien en investigations criminelles, gradé d’encadrement, spécialiste du maintien de l'ordre, enquêteur, sportif de haut niveau...
Comme leurs aînées qui furent des pionnières en intégrant les effectifs d'une force armée jadis réservée aux seuls hommes, elles incarnent tout à la fois la différence et l'égalité de celles et ceux dont la force d'âme, la compétence, la disponibilité au service des autres et le sens du
sacrifice au nom des valeurs républicaines fondent l'engagement militaire.

Photographe au Groupement de Soutien de la Base de Défense de Nîmes-Laudun-Larzac, Bruno REDARES, a fait le choix technique et artistique en noir et blanc pour traduire, en allant immédiatement à l’essence du sujet, la force, la beauté et l'émotion qui se dégagent des scènes mettant en situation ces femmes.

Il fallait cela et le talent de Bruno REDARES pour mener à bien un projet dont l'ambition est de valoriser l'engagement professionnel de femmes gendarmes qui servent dans le Gard.

Les bénéfices tirés de la vente du livre de l’exposition permettront par ailleurs de financer leurs initiatives locales contre les violences faites aux femmes.

Une exposition à découvrir tout l’été au Pont du Gard qui nous fait l’honneur de l’accueillir.

http://www.pontdugard.fr/
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