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Actualités / Re : Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?
« Dernier message par Jeano 11 le 26 février 2026, 11:05:19 »"C'est la drogue de notre génération" : des jeunes racontent leur consommation décomplexée du protoxyde d'azote

Une proposition de loi est examinée jeudi au Sénat pour interdire la vente du protoxyde d'azote aux particuliers.
Oubliées, les petites cartouches argentées pour la chantilly, populaires dans les soirées des étudiants en médecine il y a dix ans. Le "gaz hilarant" est aujourd'hui vendu en bonbonnes de grande capacité par des dealers, et sa consommation explose chez les plus jeunes. Les accidents de la route et les cas d'intoxications graves se multiplient, certains terminent paralysés ou avec des séquelles neurologiques à vie.
Le Sénat examine, jeudi 26 février, une nouvelle proposition de loi pour interdire la vente de protoxyde d'azote à tous les particuliers, hors des professionnels qui ont une raison légitime de l'utiliser. Jusqu'à présent, sa vente n'est interdite qu'aux mineurs, en vertu d'une loi de 2021. Ce texte interdit aussi la vente de protoxyde d'azote dans les bars, discothèques, les foires et les bureaux de tabac.
Vingt euros la bonbonne sur Snapchat, les ballons sont offerts
Sur le parking devant une discothèque au nord de Paris, trois garçons sont installés dans une BMW de location. On aperçoit, à la lueur du plafonnier, qu'ils ont des ballons de baudruche noire à la bouche. "C'est la BAC ?", demande l'un d'eux, hilare, quand on lui fait signe de baisser sa vitre. Non, c'est franceinfo. Kassim a 19 ans, et une énorme bonbonne de protoxyde d'azote calée entre ses jambes sur le siège passager. "Regarde, tu branches, dit-il, en emmanchant son ballon sur le siphon de la bonbonne, et tu gonfles." Il aspire le gaz contenu dans le ballon.
"C'est pour s'évader. Ça t'anesthésie, ça te met du gaz dans la tête".
Pourtant, Kassim et ses trois amis achètent des grosses bonbonnes sur les réseaux sociaux et dans toutes les bonnes épiceries : "20 euros", dit-il en montrant sa bonbonne de 666 grammes, siglée "Creamy Deluxe". De quoi remplir environ 80 ballons. "Je l'ai achetée à un mec sur Snapchat, il est venu me livrer dans ma ville, moi j'habite à Nanterre, en cinq minutes chrono." La livraison est gratuite, le "tank", une bonbonne de deux kg, coûte 50 euros, goût "Mango" ou "Love 66" : pastèque, melon, fruit de la passion. Le sachet de ballons est offert, en geste commercial.
"Eh les filles !", hurle Kassim par la fenêtre. "Tu vois les filles là ? Elles sont ballonnées du cerveau, là tout le monde sort de boîte et tout le monde cherche des ballons", explique-t-il. Selon l'Observatoire Français des drogues et des tendances addictives, l'usage du protoxyde d'azote chez les lycéens n'est qu'en légère augmentation. Les lycéens qui l'ont expérimenté sont 5,8% en 2024 contre 5,4% en 2022.
Pourtant, à la sortie de la boîte de nuit, le "proto" est partout. Un type en vend au coin de la rue dans le coffre de sa voiture. On peut même commander une bonbonne en discothèque, aussi facilement qu'un magnum de champagne : "100 euros la bonbonne. Tu peux commander une table et ils t'amènent un carton de ballons". "C'est la drogue de notre génération", assurent le jeune homme et ses amis.
Jusqu'à "six bonbonnes en un soir"
Selon l'association Protoside, qui regroupe des médecins pour faire de la prévention, le protoxyde d'azote présente un niveau de dangerosité "comparable à celui de substances comme la cocaïne ou la kétamine en termes de risques somatiques et neurologiques". 522 cas graves ont été notifiés au réseau national d'addictovigilance en 2025. "On sait que c'est dangereux", assure Saber, 20 ans.
"Je fais du foot moi et j'ai très peur de perdre un jour l'usage de mes jambes".

Depuis dix minutes, ils enchaînent ballon sur ballon. Leurs gestes sont ralentis. Pourtant, ils disent "gérer" leur consommation. "Là, c'est ma bonbonne du mois, je suis sérieux", jure Kassim."Ceux qui perdent l'usage de leurs jambes, ce sont ceux qui sont accros, qui consomment tous les soirs, ils se tuent le cerveau". Mais son copain à l'arrière reconnaît avoir déjà fait jusqu'à "six bonbonnes en un soir". "J'étais bien", dit-il en rigolant.
"On sait que ce n'est pas puni par la loi"
Devant eux, une voiture de police passe, sans les voir. Les trois amis cachent à peine leurs ballons : "On sait très bien que ce n'est pas puni par la loi. Moi, la dernière fois je me suis fait contrôler, la policière m'a dit : 'Ce n'est pas bien'. C'est comme ça, il n'y a pas de loi qui contredit qu'on peut faire des ballons".
Une législation plus dure ? "Le cannabis, c'est interdit, j'en ai toujours fumé", dit Kassim, en haussant les épaules. "Moi je suis consommateur, mais je vous dis franchement, il faut interdire les ballons au volant", tranche Saber. "C'est trop dangereux ! Un type qui est sous ballon, il ne va pas réaliser la vitesse à laquelle il roule. Moi je ne prends jamais de ballons au volant". "Menteur", rigole son copain à l'arrière. Il a dit ça, les mains sur le volant. C'est lui qui va ramener ses amis chez eux le soir même.
Source https://www.franceinfo.fr/societe/drogue/temoignages-c-est-la-drogue-de-notre-generation-ces-jeunes-racontent-leur-consommation-decomplexee-du-protoxyde-d-azote_7829381.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=7h30&at_offre=3&at_variant=V3-meteo&at_send_date=20260226&at_recipient_id=726375-1612451705-33c95b4c&at_adid=DM1247698

Une proposition de loi est examinée jeudi au Sénat pour interdire la vente du protoxyde d'azote aux particuliers.
Oubliées, les petites cartouches argentées pour la chantilly, populaires dans les soirées des étudiants en médecine il y a dix ans. Le "gaz hilarant" est aujourd'hui vendu en bonbonnes de grande capacité par des dealers, et sa consommation explose chez les plus jeunes. Les accidents de la route et les cas d'intoxications graves se multiplient, certains terminent paralysés ou avec des séquelles neurologiques à vie.
Le Sénat examine, jeudi 26 février, une nouvelle proposition de loi pour interdire la vente de protoxyde d'azote à tous les particuliers, hors des professionnels qui ont une raison légitime de l'utiliser. Jusqu'à présent, sa vente n'est interdite qu'aux mineurs, en vertu d'une loi de 2021. Ce texte interdit aussi la vente de protoxyde d'azote dans les bars, discothèques, les foires et les bureaux de tabac.
Vingt euros la bonbonne sur Snapchat, les ballons sont offerts
Sur le parking devant une discothèque au nord de Paris, trois garçons sont installés dans une BMW de location. On aperçoit, à la lueur du plafonnier, qu'ils ont des ballons de baudruche noire à la bouche. "C'est la BAC ?", demande l'un d'eux, hilare, quand on lui fait signe de baisser sa vitre. Non, c'est franceinfo. Kassim a 19 ans, et une énorme bonbonne de protoxyde d'azote calée entre ses jambes sur le siège passager. "Regarde, tu branches, dit-il, en emmanchant son ballon sur le siphon de la bonbonne, et tu gonfles." Il aspire le gaz contenu dans le ballon.
"C'est pour s'évader. Ça t'anesthésie, ça te met du gaz dans la tête".

Pourtant, Kassim et ses trois amis achètent des grosses bonbonnes sur les réseaux sociaux et dans toutes les bonnes épiceries : "20 euros", dit-il en montrant sa bonbonne de 666 grammes, siglée "Creamy Deluxe". De quoi remplir environ 80 ballons. "Je l'ai achetée à un mec sur Snapchat, il est venu me livrer dans ma ville, moi j'habite à Nanterre, en cinq minutes chrono." La livraison est gratuite, le "tank", une bonbonne de deux kg, coûte 50 euros, goût "Mango" ou "Love 66" : pastèque, melon, fruit de la passion. Le sachet de ballons est offert, en geste commercial.
"Eh les filles !", hurle Kassim par la fenêtre. "Tu vois les filles là ? Elles sont ballonnées du cerveau, là tout le monde sort de boîte et tout le monde cherche des ballons", explique-t-il. Selon l'Observatoire Français des drogues et des tendances addictives, l'usage du protoxyde d'azote chez les lycéens n'est qu'en légère augmentation. Les lycéens qui l'ont expérimenté sont 5,8% en 2024 contre 5,4% en 2022.
Pourtant, à la sortie de la boîte de nuit, le "proto" est partout. Un type en vend au coin de la rue dans le coffre de sa voiture. On peut même commander une bonbonne en discothèque, aussi facilement qu'un magnum de champagne : "100 euros la bonbonne. Tu peux commander une table et ils t'amènent un carton de ballons". "C'est la drogue de notre génération", assurent le jeune homme et ses amis.
Jusqu'à "six bonbonnes en un soir"
Selon l'association Protoside, qui regroupe des médecins pour faire de la prévention, le protoxyde d'azote présente un niveau de dangerosité "comparable à celui de substances comme la cocaïne ou la kétamine en termes de risques somatiques et neurologiques". 522 cas graves ont été notifiés au réseau national d'addictovigilance en 2025. "On sait que c'est dangereux", assure Saber, 20 ans.
"Je fais du foot moi et j'ai très peur de perdre un jour l'usage de mes jambes".

Depuis dix minutes, ils enchaînent ballon sur ballon. Leurs gestes sont ralentis. Pourtant, ils disent "gérer" leur consommation. "Là, c'est ma bonbonne du mois, je suis sérieux", jure Kassim."Ceux qui perdent l'usage de leurs jambes, ce sont ceux qui sont accros, qui consomment tous les soirs, ils se tuent le cerveau". Mais son copain à l'arrière reconnaît avoir déjà fait jusqu'à "six bonbonnes en un soir". "J'étais bien", dit-il en rigolant.
"On sait que ce n'est pas puni par la loi"
Devant eux, une voiture de police passe, sans les voir. Les trois amis cachent à peine leurs ballons : "On sait très bien que ce n'est pas puni par la loi. Moi, la dernière fois je me suis fait contrôler, la policière m'a dit : 'Ce n'est pas bien'. C'est comme ça, il n'y a pas de loi qui contredit qu'on peut faire des ballons".
Une législation plus dure ? "Le cannabis, c'est interdit, j'en ai toujours fumé", dit Kassim, en haussant les épaules. "Moi je suis consommateur, mais je vous dis franchement, il faut interdire les ballons au volant", tranche Saber. "C'est trop dangereux ! Un type qui est sous ballon, il ne va pas réaliser la vitesse à laquelle il roule. Moi je ne prends jamais de ballons au volant". "Menteur", rigole son copain à l'arrière. Il a dit ça, les mains sur le volant. C'est lui qui va ramener ses amis chez eux le soir même.
Source https://www.franceinfo.fr/societe/drogue/temoignages-c-est-la-drogue-de-notre-generation-ces-jeunes-racontent-leur-consommation-decomplexee-du-protoxyde-d-azote_7829381.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=7h30&at_offre=3&at_variant=V3-meteo&at_send_date=20260226&at_recipient_id=726375-1612451705-33c95b4c&at_adid=DM1247698



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