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Actualités / Re : Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?
« Dernier message par Jeano 11 le 26 février 2026, 11:05:19 »
"C'est la drogue de notre génération" : des jeunes racontent leur consommation décomplexée du protoxyde d'azote  :o  ::)  :P  8)

Une proposition de loi est examinée jeudi au Sénat pour interdire la vente du protoxyde d'azote aux particuliers.

Oubliées, les petites cartouches argentées pour la chantilly, populaires dans les soirées des étudiants en médecine il y a dix ans. Le "gaz hilarant" est aujourd'hui vendu en bonbonnes de grande capacité par des dealers, et sa consommation explose chez les plus jeunes. Les accidents de la route et les cas d'intoxications graves se multiplient, certains terminent paralysés ou avec des séquelles neurologiques à vie.

Le Sénat examine, jeudi 26 février, une nouvelle proposition de loi pour interdire la vente de protoxyde d'azote à tous les particuliers, hors des professionnels qui ont une raison légitime de l'utiliser. Jusqu'à présent, sa vente n'est interdite qu'aux mineurs, en vertu d'une loi de 2021. Ce texte interdit aussi la vente de protoxyde d'azote dans les bars, discothèques, les foires et les bureaux de tabac.
Vingt euros la bonbonne sur Snapchat, les ballons sont offerts

Sur le parking devant une discothèque au nord de Paris, trois garçons sont installés dans une BMW de location. On aperçoit, à la lueur du plafonnier, qu'ils ont des ballons de baudruche noire à la bouche. "C'est la BAC ?", demande l'un d'eux, hilare, quand on lui fait signe de baisser sa vitre. Non, c'est franceinfo. Kassim a 19 ans, et une énorme bonbonne de protoxyde d'azote calée entre ses jambes sur le siège passager. "Regarde, tu branches, dit-il, en emmanchant son ballon sur le siphon de la bonbonne, et tu gonfles." Il aspire le gaz contenu dans le ballon.

"C'est pour s'évader. Ça t'anesthésie, ça te met du gaz dans la tête".  ;D

Pourtant, Kassim et ses trois amis achètent des grosses bonbonnes sur les réseaux sociaux et dans toutes les bonnes épiceries : "20 euros", dit-il en montrant sa bonbonne de 666 grammes, siglée "Creamy Deluxe". De quoi remplir environ 80 ballons. "Je l'ai achetée à un mec sur Snapchat, il est venu me livrer dans ma ville, moi j'habite à Nanterre, en cinq minutes chrono." La livraison est gratuite, le "tank", une bonbonne de deux kg, coûte 50 euros, goût "Mango" ou "Love 66" : pastèque, melon, fruit de la passion. Le sachet de ballons est offert, en geste commercial.

"Eh les filles !", hurle Kassim par la fenêtre. "Tu vois les filles là ? Elles sont ballonnées du cerveau, là tout le monde sort de boîte et tout le monde cherche des ballons", explique-t-il. Selon l'Observatoire Français des drogues et des tendances addictives, l'usage du protoxyde d'azote chez les lycéens n'est qu'en légère augmentation. Les lycéens qui l'ont expérimenté sont 5,8% en 2024 contre 5,4% en 2022.

Pourtant, à la sortie de la boîte de nuit, le "proto" est partout. Un type en vend au coin de la rue dans le coffre de sa voiture. On peut même commander une bonbonne en discothèque, aussi facilement qu'un magnum de champagne : "100 euros la bonbonne. Tu peux commander une table et ils t'amènent un carton de ballons". "C'est la drogue de notre génération", assurent le jeune homme et ses amis.
Jusqu'à "six bonbonnes en un soir"

Selon l'association Protoside, qui regroupe des médecins pour faire de la prévention, le protoxyde d'azote présente un niveau de dangerosité "comparable à celui de substances comme la cocaïne ou la kétamine en termes de risques somatiques et neurologiques". 522 cas graves ont été notifiés au réseau national d'addictovigilance en 2025. "On sait que c'est dangereux", assure Saber, 20 ans.

"Je fais du foot moi et j'ai très peur de perdre un jour l'usage de mes jambes".  :'( :(

Depuis dix minutes, ils enchaînent ballon sur ballon. Leurs gestes sont ralentis. Pourtant, ils disent "gérer" leur consommation. "Là, c'est ma bonbonne du mois, je suis sérieux", jure Kassim."Ceux qui perdent l'usage de leurs jambes, ce sont ceux qui sont accros, qui consomment tous les soirs, ils se tuent le cerveau". Mais son copain à l'arrière reconnaît avoir déjà fait jusqu'à "six bonbonnes en un soir". "J'étais bien", dit-il en rigolant.
"On sait que ce n'est pas puni par la loi"

Devant eux, une voiture de police passe, sans les voir. Les trois amis cachent à peine leurs ballons : "On sait très bien que ce n'est pas puni par la loi. Moi, la dernière fois je me suis fait contrôler, la policière m'a dit : 'Ce n'est pas bien'. C'est comme ça, il n'y a pas de loi qui contredit qu'on peut faire des ballons".

Une législation plus dure ? "Le cannabis, c'est interdit, j'en ai toujours fumé", dit Kassim, en haussant les épaules. "Moi je suis consommateur, mais je vous dis franchement, il faut interdire les ballons au volant", tranche Saber. "C'est trop dangereux ! Un type qui est sous ballon, il ne va pas réaliser la vitesse à laquelle il roule. Moi je ne prends jamais de ballons au volant". "Menteur", rigole son copain à l'arrière. Il a dit ça, les mains sur le volant. C'est lui qui va ramener ses amis chez eux le soir même.

Source https://www.franceinfo.fr/societe/drogue/temoignages-c-est-la-drogue-de-notre-generation-ces-jeunes-racontent-leur-consommation-decomplexee-du-protoxyde-d-azote_7829381.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=7h30&at_offre=3&at_variant=V3-meteo&at_send_date=20260226&at_recipient_id=726375-1612451705-33c95b4c&at_adid=DM1247698



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Enquêtes, recrutement, fake news : pourquoi la section de recherche de la gendarmerie a créé son compte LinkedIn.

La section de recherches de la gendarmerie nationale à Toulouse (Haute-Garonne) utilise le réseau social professionnel, LinkedIn depuis la fin de l'année 2025. Une façon d'attirer des vocations et de rendre plus transparente leur action auprès des citoyens.

Pour connaître l’action des enquêteurs de la Gendarmerie de Haute-Garonne, on peut désormais aller sur … LinkedIn. Et oui, cela peut sembler surprenant mais la section de recherche de Toulouse a créé fin décembre 2025 une page sur ce réseau social professionnel.

Rendre visible les services d'enquête

Un effort de communication sous l’impulsion de Mikael Petit, colonel de Gendarmerie, commandant de la section de recherches de Toulouse. Nommé à ce poste depuis septembre dernier, il a convaincu les procureurs des tribunaux alentour de communiquer davantage. "Je trouvais dommage que l’action des services d’enquête soit invisible", explique-t-il. Désormais, dans le même temps que des interpellations sont préparées, un communiqué de presse est rédigé et proposé aux services des procureurs. Ceux-ci complètent, modifient, et proposent ces communiqués aux médias, qui eux-mêmes choisissent ou non de traiter l’affaire.

Les articles sont ensuite repartagés sur les posts LinkedIn de la section de recherche, qui explique alors succinctement comment elle a travaillé, et rappelle les faits.

Éviter fantasmes et complotisme

"Aujourd’hui si on ne va pas vite, on perd la main sur la communication. On doit agir dès le début, donner les faits, plutôt que sans cesse devoir communiquer en réaction à des informations, parfois inexactes. Aujourd’hui, ne pas communiquer, c’est laisser le champ libre aux fantasmes, aux supputations, au complotisme. Mieux vaut communiquer factuellement sur ce qui s’est passé", estime le colonel Petit.

 Il considère aussi qu’il est important d’expliquer au grand public la masse de dossiers qui sont traités : « Il y a une impatience des citoyens. Il faut que les gens se rendent compte du travail d’investigation qui est fait », ajoute-t-il. C’est également une façon de montrer l’ampleur et l’importance de l’action de la section de recherches, notamment auprès des dirigeants politiques, potentiellement présents sur LinkedIn.
Des profils recherchés pour "cyber enquêter"

Mais cette communication a également un objectif de recrutement. "On peut espérer susciter des vocations. Beaucoup d’ingénieurs, de personnes qualifiées, ont des compétences qui peuvent nous intéresser. Nous pouvons les attirer, et si besoin leur proposer de devenir, par exemple, Gendarme réserviste", assure le colonel Mikael Petit. La section montre la pluralité des domaines sur lesquels elle travaille, et est à la recherche de personnes qualifiées pour participer à des enquêtes dans des domaines comme la cybersécurité par exemple. Les profils de data scientists, d’experts en extractions de données, d'experts du droit des marchés, de la comptabilité publique ont des compétences qui peuvent tout à fait permettre de participer à des enquêtes de la section de recherches de Gendarmerie.

Celle de Toulouse n’est pas la première à créer son compte LinkedIn, celles de Versailles et de Reims ont adopté la même démarche.

Source https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/enquetes-recrutement-fake-news-pourquoi-la-section-de-recherche-de-la-gendarmerie-a-cree-son-compte-linkedin-3303045.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=occitanie&at_offre=4&at_variant=V2&at_send_date=20260223&at_recipient_id=726375-1612451705-33c95b4c&at_adid=DM1246208&at_highlight=

https://fr.linkedin.com/company/section-de-recherches-de-toulouse
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Avalanches dans les Alpes : alerte maximale, trois personnes sont mortes
Deux skieurs hors-piste sont morts mardi 17 février 2026 au matin dans une avalanche dans les Hautes-Alpes.
En Savoie, des randonneurs ont été emportés par une puissante coulée de neige dans la station de Valloire. Il y a un mort et deux personnes grièvement blessées.

La première avalanche s'est produite mardi 17 février dans un secteur hors-piste de La Grave (Nouvelle fenêtre)(Hautes-Alpes). La coulée a emporté quatre skieurs et leurs guides. Malgré l'intervention des sauveteurs du peloton de Haute Montagne de Briançon, deux skieurs, un Polonais et un Britannique, sont décédés.

La deuxième avalanche mortelle s'est produite à Valloire (Savoie). La coulée s'est déclenchée à 2400 mètres d'altitude et a dévalé la pente sur plus d'un kilomètre jusqu'à un sentier de randonnée. Une personne est décédée, deux sont polytraumatisées.
Alerte maximale

Quand on reçoit des vacanciers, des personnes qui viennent pour se détendre en vacances et qui sont frappées comme ça par un drame pareil, nous, ça nous marque beaucoup", se désole le maire, Jean-Pierre Rougeaux, dans la soirée de mardi.

Le manteau neigeux de Valloire est particulièrement fragile. L'alerte est maximale. "Depuis une semaine environ, il y a de nombreuses couches de neige qui s'accumulent, et qui font que la moindre surcharge peut faire un déclenchement naturel. C'est ce qui s'est passé malheureusement aujourd'hui", explique Stéphane Narbaud, PGHM de Bourg-Saint-Maurice (Savoie).
Le hors-piste ? Oui, en étant formé

En cette période de forte fréquentation, le risque est très élevé sur tous les massifs des Alpes. Les gendarmes multiplient les messages de prévention pour les skieurs hors piste. "Il faut sortir en connaissance de cause, en étant formé, en étant équipé. Le DVA, la pelle, la sonde. Le DVA, c'est un détecteur de victimes d'avalanche. La pelle, c'est ce qui va nous permettre de pelleter si jamais on a quelqu'un dans notre groupe qui est enseveli. Et la sonde, ça va nous permettre de trouver cette personne", informe Thomas Brobeck, commandant du PGHM de Briançon (Hautes-Alpes).

Une coulée a recouvert lundi, une route à Saint-Jean-de-Belleville (Savoie). La circulation est bloquée. Le hameau de 32 habitants est isolé depuis plus de 24 heures. En contrebas, leurs voisins savent qu'ils sont habitués et en sécurité. Mardi soir, la route du Villard était toujours coupée.

Source https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/avalanches-dans-les-alpes-alerte-maximale-trois-personnes-sont-mortes_7812191.html
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Police Nationale / "Le ski hors-piste est un geste facile mais dangereux voire mortel"
« Dernier message par Jeano 11 le 12 janvier 2026, 13:43:34 »
Le risque d'avalanche est classé "fort" ce lundi 12 janvier 2026 dans les Pyrénées et les Alpes, selon Météo-France. Six personnes sont mortes dans des coulées de neige.
Guide de haute montagne et ancien commandant à la CRS Hautes-Pyrénées, Pascal Sancho estime qu'une formation hors-piste serait nécessaire.

Pascal Sancho connaît parfaitement la montagne et ses risques. Il est intervenu pendant de longues années sur des accidents en montagne, au cours de sa carrière de sauveteur à la CRS des Hautes-Pyrénées. Aujourd'hui auteur et conférencier, il milite pour une initiation et une formation au ski hors-piste.

France 3 Occitanie : Que vous évoquent les récents accidents mortels en montagne ?
Pascal Sancho : À 99%, le ski hors-piste est du "hors-piste de proximité". Des skieurs passent les barrières de sécurité, ils sont attirés par la neige vierge pour entrer dans un autre monde, sans connaissance de la montagne. C’est un geste facile mais dangereux et risqué, voire mortel.

France 3 Occitanie : Alors que faire, on peut alerter, sensibiliser les skieurs, mais souvent ça ne suffit pas ?
Pascal Sancho : Pourquoi n'y a-t-il aucune obligation de formation dans cette activité ? C'est le seul chemin pour éviter les drames qui touchent souvent de jeunes skieurs et endeuillent les familles. Le hors-piste demande une compétence, une connaissance de la neige, de la pente. C'est cette connaissance qui peut conduire au renoncement, au fait de ne pas s'engager dans une zone potentiellement dangereuse. Pour celles et ceux qui sortent des pistes balisées, je dis "Formez-vous !"

France 3 Occitanie : Faut-il aller encore plus loin et interdire le ski hors-piste ?
Pascal Sancho : Dans une société de plus en plus aseptisée, la tentation est grande d'interdire les choses, mais il semble difficile de tout contrôler et de contrôler tous les skieurs. Il faut être cohérent et inciter les skieurs à avoir cette réflexion sur la nécessité d'être formé. L'équipement de sécurité (pelle, sonde...) est indispensable mais ne suffit pas à sauver. Le hors-piste est un monde potentiellement dangereux.

Source https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/hautes-pyrenees/tarbes/le-ski-hors-piste-est-un-geste-facile-mais-dangereux-voire-mortel-six-morts-en-deux-jours-un-ancien-crs-sauveteur-alerte-3280427.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=occitanie&at_offre=4&at_variant=V2&at_send_date=20260112&at_recipient_id=726375-1612451705-33c95b4c&at_adid=DM1219052&at_highlight=
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Actualités / Re : Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?
« Dernier message par Jeano 11 le 08 décembre 2025, 11:27:41 »
Quel est le problème avec le protoxyde d'azote, ce "gaz hilarant" de plus en plus consommé chez les jeunes ?

"C'est un produit qui est associé à la médecine et à la cuisine. Qui peut penser qu'un gaz pour faire de la crème chantilly est toxique ?"

L'ombre de la consommation du protoxyde d'azote au volant plane sur plusieurs accidents meurtriers survenus ces derniers mois, dont celui qui a coûté la vie à trois adolescents, début décembre, dans le Gard. Un phénomène que les autorités peinent à endiguer.

La consommation de protoxyde d'azote responsable de plusieurs accidents mortels survenus ces derniers mois ? Mercredi 3 décembre, trois jeunes de 14, 15 et 19 ans sont morts noyés(Nouvelle fenêtre) après que leur voiture, où plusieurs bouteilles de ce "gaz hilarant" ont été retrouvées, a raté un virage et fini sa course dans la piscine d'un pavillon à Alès (Gard). Le 1er novembre, Mathis, 19 ans, a été tué(Nouvelle fenêtre) sur l'un des principaux boulevards de Lille par un conducteur qui tentait de fuir la police. Là encore, des bouteilles de protoxyde d'azote ont été trouvées dans sa voiture.

Le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a appelé jeudi sur ICI Gard Lozère à "renforcer le pouvoir des maires et de la police municipale" pour lutter contre la consommation de ce gaz de plus en plus détourné par les adolescents et les jeunes adultes. Voici ce qu'il faut savoir sur ce produit aux effets euphorisants, qui pose un défi de taille aux autorités, en l'absence de tests de dépistage fiables.
Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?

Le protoxyde d'azote est un gaz utilisé en médecine, comme antidouleur ou anesthésiant, rappelle l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé(Nouvelle fenêtre) (ANSM). Les cuisiniers s'en servent aussi dans leurs siphons, afin de préparer des crèmes comme la chantilly. Le "proto" est vendu sous la forme de cartouches ou de bonbonnes dans les commerces de proximité et sur internet. Surnommé "gaz hilarant", il est depuis longtemps détourné à des fins récréatives, par exemple en inhalant le gaz par le biais d'un ballon de baudruche.

"Hors milieu médical, son utilisation s'est d'abord faite de manière très ponctuelle dans les milieux festifs, et ce dès l'ère victorienne", au XIXe siècle, rappelle Hervé Martini, secrétaire général de l'association Addictions France. "Ce qui pose question, c'est que depuis une dizaine d'années, on a une généralisation auprès d'un public beaucoup plus jeune", notamment les "18-20 ans", ajoute le médecin.

Selon une enquête Ipsos de la Fondation Vinci Autoroutes(Nouvelle fenêtre) menée sur plus de 2 250 personnes et parue en octobre, un jeune de moins de 35 ans sur dix a déjà consommé du protoxyde d'azote en soirée, et, parmi eux, la moitié l'a déjà fait en conduisant. En 2022, 14% des 18-24 ans l'avaient déjà expérimenté et plus de 3% déclaraient en avoir consommé au cours de l'année, d'après Santé publique France(Nouvelle fenêtre).
Pourquoi son usage est-il détourné ?

Après l'inhalation, le protoxyde d'azote circule dans le système vasculaire, jusqu'à atteindre le cerveau. Là, la molécule de protoxyde se dépose sur des récepteurs qui fixent d'habitude les molécules antidouleurs. Le "proto" active ces récepteurs qui libèrent de la dopamine. La sensation d'euphorie procurée dure quelques minutes, avant de se dissiper, résume la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives(Nouvelle fenêtre).

"On le prend pour se sentir cool, pour s'amuser, pour se soulager d'un mal-être", remarque l'addictologue Christophe Riou sur franceinfo(Nouvelle fenêtre). La substance n'est pas classée comme stupéfiant(Nouvelle fenêtre) et n'est donc souvent pas considérée, par ceux qui en font usage, comme dangereuse.

Sauf que, "pour avoir le même effet" dans le temps, "on est obligé d'augmenter les doses" au fur et à mesure des prises, pointe Christophe Riou. "On est passé de doses de 80 grammes à 660 grammes et maintenant à des 'tanks'", énumère le médecin, soit des doses de 2 kg.

Le "proto" fait par ailleurs l'objet d'un "marketing assez agressif", banalisant sa consommation, notamment chez les jeunes. "Vous avez des publicités ciblées sur les réseaux sociaux, des bonbonnes aromatisées, colorées", relève le biologiste Guillaume Grzych, président du réseau Protoside dédié à la prévention et la prise en charge d'usagers de cette substance.

Quels sont ses effets sur la santé ?

A court terme, le protoxyde d'azote peut causer "des vertiges, des troubles de la coordination et de l'équilibre", liste Hervé Martini. En manipulant les capsules, il est aussi possible d'être "brûlé par le froid" créé par la libération du gaz. Lorsque la quantité consommée est plus importante, le consommateur connaît "un risque de chute, d'asphyxie, mais aussi celui de perdre conscience, voire des problèmes pulmonaires et des vomissements", ajoute le médecin. Ces effets peuvent être "d'autant plus dangereux" que le protoxyde d'azote est "souvent associé à d'autres produits, comme de l'alcool ou le cannabis", pointe Hervé Martini.

Des effets graves et durables peuvent aussi apparaître, comme des "troubles de l'humeur", des "troubles de la marche" causés par des fourmillements, une perte d'équilibre ou de force dans les jambes, mais aussi des "troubles psychiatriques". L'usage de "proto" peut devenir une addiction, rappelle le médecin. L'ANSM liste également parmi les effets sur la santé des troubles psychiatriques, tels que la panique, l'amnésie ou l'insomnie, voire des conséquences cardiaques, avec de la tachycardie ou de l'hypertension.

Si les cas de décès sont "rares" pour l'instant, il existe une "augmentation significative" des cas graves associés à la consommation de protoxyde d'azote, note Hervé Martini. Rien que dans les Hauts-de-France, l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives(Nouvelle fenêtre) a relevé, entre 2019 et 2022, un passage de 17 à 81 cas annuels ayant nécessité une hospitalisation ou ayant présenté une atteinte clinique grave, significative ou préoccupante.

Source  https://www.franceinfo.fr/sante/drogue-addictions/l-article-a-lire-sur-le-protoxyde-d-azote-ce-gaz-hilarant-de-plus-en-plus-consomme-chez-les-jeunes_7657744.html

Je n'ai pas eu le temps de tout lire, pouvez-vous me faire un résumé ?

Le protoxyde d'azote est un gaz notamment utilisé dans les siphons en cuisine, mais aussi par les médecins, comme antidouleur ou anesthésiant. Or il possède aussi des effets euphorisants. Son usage récréatif s'est accentué ces dernières années, notamment auprès des jeunes, ce qui inquiète les autorités de santé. Car cette substance peut provoquer des troubles neurologiques, neuromusculaires, voire psychiatriques ou cardiaques.

La vente de ce produit est légale, mais elle est interdite aux mineurs depuis 2021. Le "proto" reste cependant facile à se procurer via les réseaux sociaux. Une proposition de loi, en cours d'examen au Parlement, propose de pénaliser plus durement la consommation détournée de cette substance, sans pour autant en interdire la vente aux particuliers. En attendant, les maires et les préfets multiplient les arrêtés pour tenter de restreindre l'accès et/ou la vente du produit.
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Actualités / Re : Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?
« Dernier message par Jeano 11 le 08 décembre 2025, 11:22:50 »
"La vie est en pause, tu ne sors plus, tu ne travailles plus" : plongée dans un centre où des jeunes paralysés par le protoxyde d’azote sont pris en charge.

À Mantes-la-Jolie, plusieurs jeunes lourdement handicapés par le protoxyde d’azote suivent une rééducation longue et éprouvante. Entre honte, dépendance et prévention, ils racontent l’engrenage de ce gaz banalisé.

L’ombre du protoxyde d’azote au volant plane sur plusieurs accidents meurtriers. Le mercredi 3 décembre, à Alès (Gard), trois adolescents sont morts noyés après la chute de leur voiture dans une piscine. Quatre bouteilles de gaz hilarant ont été retrouvées dans le véhicule. Une pratique banalisée chez certains jeunes, qui provoque pourtant des atteintes neurologiques graves.

Au centre de rééducation de l’Oiseau Blanc, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), les admissions se multiplient. Cinq jeunes y sont actuellement hospitalisés jour et nuit, partiellement paralysés à cause du protoxyde d’azote. Au deuxième étage, dans le secteur de rééducation neurologique, ils côtoient des patients victimes d’AVC ou atteints de la maladie de Parkinson.

Marc*, une vingtaine d’années, victime du "proto", est paralysé des jambes. Ce jeune homme souriant aux cheveux frisés se déplace désormais en fauteuil roulant, et partage sa chambre avec une "personne âgée". Il préfère donner un prénom d'emprunt, car il dit avoir honte de sa situation.

Cette vie suspendue, il la doit à une habitude qui était devenue mécanique : enchaîner les bonbonnes en rentrant du travail, "quatre ou cinq fois par semaine", quand il était surveillant dans un collège. Il a consommé du protoxyde d'azote pendant quatre ans. Les premiers signaux d’alerte arrivent il y a quelques mois. "Ça m’a pris d’un coup au travail. J’ai eu des douleurs dans les jambes", raconte-t-il. "La douleur montait petit à petit. Ça a commencé par les pieds puis le bas du dos". Avant que le gaz ne finisse par endommager son système nerveux. "Quand je vois des gens de mon âge marcher, courir, je me dis : c’est dommage. Je faisais du foot, je travaillais. Là, je ne fais plus rien".

Marc témoigne aujourd’hui pour alerter, et dit souhaiter que ce type de produits soient interdits par la loi. La rééducation devrait lui permettre de remarcher dans quelques mois, à condition, précise l’équipe médicale, de ne pas replonger dans les ballons en rentrant chez lui.
Un produit très addictif et omniprésent

Ne pas replonger, c'est tout l'enjeu. Le protoxyde est "très addictif" explique le Docteur Ali Khaled qui soigne le jeune homme et suit plusieurs patients victimes du gaz hilarant. Il insiste sur la dépendance du proto.

"Ce n’est pas une dépendance chimique comme la nicotine ou la morphine. C’est une dépendance psychologique. Le protoxyde entraîne un état de bien-être terrible pendant 30 secondes. Et les jeunes veulent recommencer. En une soirée, ils peuvent consommer une dizaine de ballons".

L'addiction, Omar le voisin de chambre de Marc, peut en parler. Lui est hospitalisé pour une sclérose en plaques, et il confirme l’omniprésence du proto dans son quartier de Mantes-la-Jolie, "il y en a vraiment partout. Ça se vend partout. C’est plus facile d’acheter du proto qu’une baguette", regrette-t-il. Les bonbonnes sont banalisées en soirée et justement, la première consommation se fait souvent "entre potes", poursuit-il. "Il y en a un qui commence et après on se laisse tous influencer. Si c’est une vraie soirée, il peut y avoir alcool, drogue et ballons. Personne ne remarque quand tu fais un ballon. Il n’y a pas d’odeur et ça ne se voit pas trop", ajoute le jeune homme.

Puis vient l’engrenage. Omar évoque un ami d’enfance toujours accro, malgré un passage aux urgences. "Il travaille beaucoup, il a des problèmes. Le week-end, il se fait un stock de 300 à 400 euros de bonbonnes. Il consomme tout seul, dans une voiture ou chez lui, pour fuir ses soucis".
La prévention passe aussi par TikTok

Pour faire de la prévention, Omar fait des vidéos sur TikTok depuis une semaine, et ça fonctionne. Dans une vidéo vue plus de quatre millions de fois et postée sur le compte de l'association "Stop Ballon", un jeune se vante d’aller en soirée avec "un tank et deux bonbonnes". La vidéo bascule ensuite sur les conséquences avec notamment Omar, filmé dans sa chambre de rééducation, alité, puis en fauteuil, qui martèle "de ne pas aller à cette soirée".

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Actualités / Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?
« Dernier message par Jeano 11 le 05 décembre 2025, 10:16:02 »
Le protoxyde d'azote est un gaz utilisé en médecine, comme antidouleur ou anesthésiant, rappelle l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Les cuisiniers s'en servent aussi dans leurs siphons, afin de préparer des crèmes comme la chantilly. Le "proto" est vendu sous la forme de cartouches ou de bonbonnes dans les commerces de proximité et sur internet. Surnommé "gaz hilarant", il est depuis longtemps détourné à des fins récréatives, par exemple en inhalant le gaz par le biais d'un ballon de baudruche.

"Hors milieu médical, son utilisation s'est d'abord faite de manière très ponctuelle dans les milieux festifs, et ce dès l'ère victorienne", au XIXe siècle, rappelle Hervé Martini, secrétaire général de l'association Addictions France. "Ce qui pose question, c'est que depuis une dizaine d'années, on a une généralisation auprès d'un public beaucoup plus jeune", notamment les "18-20 ans", ajoute le médecin.

Selon une enquête Ipsos de la Fondation Vinci Autoroutes menée sur plus de 2 250 personnes et parue en octobre, un jeune de moins de 35 ans sur dix a déjà consommé du protoxyde d'azote en soirée, et, parmi eux, la moitié l'a déjà fait en conduisant. En 2022, 14% des 18-24 ans l'avaient déjà expérimenté et plus de 3% déclaraient en avoir consommé au cours de l'année, d'après Santé publique France.
Pourquoi son usage est-il détourné ?

Après l'inhalation, le protoxyde d'azote circule dans le système vasculaire, jusqu'à atteindre le cerveau. Là, la molécule de protoxyde se dépose sur des récepteurs qui fixent d'habitude les molécules antidouleurs. Le "proto" active ces récepteurs qui libèrent de la dopamine. La sensation d'euphorie procurée dure quelques minutes, avant de se dissiper, résume la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives.

"On le prend pour se sentir cool, pour s'amuser, pour se soulager d'un mal-être", remarque l'addictologue Christophe Riou sur franceinfo. La substance n'est pas classée comme stupéfiant et n'est donc souvent pas considérée, par ceux qui en font usage, comme dangereuse.

Sauf que, "pour avoir le même effet" dans le temps, "on est obligé d'augmenter les doses" au fur et à mesure des prises, pointe Christophe Riou. "On est passé de doses de 80 grammes à 660 grammes et maintenant à des 'tanks'", énumère le médecin, soit des doses de 2 kg.

Le "proto" fait par ailleurs l'objet d'un "marketing assez agressif", banalisant sa consommation, notamment chez les jeunes. "Vous avez des publicités ciblées sur les réseaux sociaux, des bonbonnes aromatisées, colorées", relève le biologiste Guillaume Grzych, président du réseau Protoside dédié à la prévention et la prise en charge d'usagers de cette substance.

Quels sont ses effets sur la santé ?

A court terme, le protoxyde d'azote peut causer "des vertiges, des troubles de la coordination et de l'équilibre", liste Hervé Martini. En manipulant les capsules, il est aussi possible d'être "brûlé par le froid" créé par la libération du gaz. Lorsque la quantité consommée est plus importante, le consommateur connaît "un risque de chute, d'asphyxie, mais aussi celui de perdre conscience, voire des problèmes pulmonaires et des vomissements", ajoute le médecin. Ces effets peuvent être "d'autant plus dangereux" que le protoxyde d'azote est "souvent associé à d'autres produits, comme de l'alcool ou le cannabis", pointe Hervé Martini.

Des effets graves et durables peuvent aussi apparaître, comme des "troubles de l'humeur", des "troubles de la marche" causés par des fourmillements, une perte d'équilibre ou de force dans les jambes, mais aussi des "troubles psychiatriques". L'usage de "proto" peut devenir une addiction, rappelle le médecin. L'ANSM liste également parmi les effets sur la santé des troubles psychiatriques, tels que la panique, l'amnésie ou l'insomnie, voire des conséquences cardiaques, avec de la tachycardie ou de l'hypertension.

Si les cas de décès sont "rares" pour l'instant, il existe une "augmentation significative" des cas graves associés à la consommation de protoxyde d'azote, note Hervé Martini. Rien que dans les Hauts-de-France, l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives a relevé, entre 2019 et 2022, un passage de 17 à 81 cas annuels ayant nécessité une hospitalisation ou ayant présenté une atteinte clinique grave, significative ou préoccupante.
Est-il légal d'en acheter et d'en consommer ?

La vente de protoxyde d'azote est interdite aux mineurs, "quel qu'en soit le conditionnement", et ce dans tous les commerces, les lieux publics et sur internet, depuis une loi de 2021. L'interdiction ne s'applique pas aux majeurs, sauf dans certains lieux : bars, discothèques, débits de boissons temporaires et bureaux de tabac. La violation de ces interdictions est passible de 3 750 euros d'amende.

Malgré tout, les jeunes consommateurs réussissent à en commander via les réseaux sociaux. "La majorité [des vendeurs] est sur Snap", explique un jeune homme à franceinfo. "Des fois, on voit des pubs qui passent dans des stories [sur le réseau Snapchat], on ajoute la personne, on lui demande la quantité qu'on veut et on fixe un rendez-vous", ajoute un autre. En quelques minutes, les intéressés parviennent à être livrés, au prix de 25 euros la bonbonne de 600 g. "C'est plus facile de s'en procurer pour les mineurs que l'alcool et la drogue", déplore aussi un membre des forces de l'ordre, interrogé par France 3 Corse.
Pourquoi sa consommation est-elle difficile à détecter ?

Rapidement éliminée de l'organisme par l'expiration, la molécule de protoxyde d'azote se révèle très dure à détecter. Faute de test, la consommation doit être "constatée" en flagrant délit, déplore Clément Coasne, délégué du syndicat Un1té Police, interrogé par l'AFP. Mais une entreprise aixoise, Olythe, a réussi à mettre au point un testeur, ressemblant à un gros stylo noir, "une sorte d'éthylotest", capable, lui, de détecter le protoxyde d'azote.

L'ombre de la consommation du protoxyde d'azote au volant plane sur plusieurs accidents meurtriers survenus ces derniers mois, dont celui qui a coûté la vie à trois adolescents, début décembre, dans le Gard.

Mercredi 3 décembre 2025, trois jeunes de 14, 15 et 19 ans sont morts noyés après que leur voiture, où plusieurs bouteilles de ce "gaz hilarant" ont été retrouvées, a raté un virage et fini sa course dans la piscine d'un pavillon à Alès (Gard). Le 1er novembre, Mathis, 19 ans, a été tué sur l'un des principaux boulevards de Lille par un conducteur qui tentait de fuir la police. Là encore, des bouteilles de protoxyde d'azote ont été trouvées dans sa voiture.

Source https://www.franceinfo.fr/sante/drogue-addictions/l-article-a-lire-sur-le-protoxyde-d-azote-ce-gaz-hilarant-de-plus-en-plus-consomme-chez-les-jeunes_7657744.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=7h30&at_offre=3&at_variant=V3-meteo&at_send_date=20251205&at_recipient_id=726375-1612451705-33c95b4c&at_adid=DM1196784
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Division des affaires non élucidées (DiANE)

Une structure dédiée aux affaires non résolues dénommée Division des Affaires Non Élucidées (DiANE) a été créée au PJGN. Elle rassemble les compétences criminalistiques de l'institut de recherche criminelle (IRCGN) et les capacités d'investigation et d'analyse du service central de renseignement criminel (SCRC).

En s’appuyant sur les pratiques européennes et anglo-saxonnes existantes, la gendarmerie a dessiné les contours d’une définition non exhaustive.

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/unpj/l-unpj/service-central-de-renseignement-criminel-de-la-gendarmerie-nationale/division-des-affaires-non-elucidees-diane
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Gendarmerie Nationale / Crimes : psychocriminologie et morphoanalyse des traces de sang
« Dernier message par Jeano 11 le 06 octobre 2025, 11:56:35 »
Peggy Allimann, analyste comportementale, et Céline Nicloux, expert en morpho-analyse des traces de sang durant 23 ans, toutes deux militaires de la Gendarmerie nationale, lèvent le voile sur leurs métiers respectifs dans un ouvrage écrit à quatre mains. Loin des clichés des séries télévisées, elles racontent la réalité des enquêtes criminelles, le volet humain qui se cache derrière chaque dossier et la quête de vérité qui guide leur travail.

Depuis une vingtaine d’années, plusieurs séries à succès comme Dexter, Les Experts, Profiler ou encore Esprits criminels ont mis en lumière ces experts capables de décrypter une scène de crime en se concentrant sur des faits matériels, comme les traces de sang, ou sur la personnalité de l’auteur lui-même. Mais si, à l’écran, les affaires se résolvent en moins d’une heure, à grand renfort de technologie, la réalité est bien plus complexe. « Ce que l’on voit dans les séries est souvent loin de notre réalité professionnelle », insistent à l’unisson le chef d’escadron Peggy Allimann, analyste comportementale et adjointe au chef du Département des sciences du comportement (DSC) de la Division des affaires non élucidées (DIANE), et l’adjudant-chef Céline Nicloux, longtemps morpho-analyste de traces de sang à l’IRCGN (Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale), aujourd’hui en charge de la criminalistique à la DIANE au sein du Département investigations et appuis aux enquêtes complexes (DIAEC). Une réalité qu’elles ont choisi de montrer dans leur livre : Crimes – Psychocriminologie et morphoanalyse des traces de sang. Au-delà de leurs spécialités, elles y donnent aussi la parole à des enquêteurs, des experts et des magistrats, pour offrir une vision globale du travail judiciaire.

Deux disciplines complémentaires
Les deux expertes parlent de leur métier avec passion. Tournée vers l’humain, l’analyse comportementale consiste à « repérer toutes les traces comportementales, du début jusqu’à la fin d’un scénario criminel, afin de déterminer les motivations et un profil d’auteur inconnu », explique le chef d’escadron Peggy Allimann.

De son côté, la morpho-analyse vise à établir le déroulé des faits à partir de la lecture des traces et des projections de sang. « Cette discipline cherche à expliquer les événements sanglants à l'aide d'éléments objectifs et scientifiques (biologie, mécanique des fluides notamment) », précise l’adjudant-chef Céline Nicloux. L’étude de la scène de crime peut ainsi permettre de reconstituer la les positions et déplacements des victimes et agresseurs, la chronologie des faits sanglants, le nombre de coups, et même le type d’arme utilisée. Lors des auditions, ces analyses permettent ainsi de confirmer ou d’infirmer les témoignages.

Sciences criminelles et sciences humaines se complètent donc étroitement : « Plus on a d’éléments observables, comme les traces de sang ou d’autres preuves relevées grâce à la criminalistique, plus cela aide à reconstituer l’ensemble du scénario criminel, à proposer des pistes aux enquêteurs et/ou réduire le champ des suspects », souligne le CEN Allimann, tout en rappelant que si l’analyse comportementale « n’est pas une science exacte, elle doit reposer sur une méthodologie rigoureuse ».

« Montrer le réalisme de nos métiers »
La rédaction de ce livre est née d’une opportunité. « En janvier 2022, j’ai reçu un mail de la maison d’édition Hachette me proposant d’écrire un livre sur la psychologie des crimes. J’ai trouvé plus intéressant de proposer un projet commun à Céline, qui nous permettrait de présenter nos deux disciplines, mais pas seulement. Nous voulions aussi donner la parole à tous les professionnels de l’écosystème judiciaire pour montrer le réalisme de nos métiers », raconte Peggy Allimann.

Après quelques hésitations, Céline Nicloux accepte de se lancer : « J’ai hésité ne sachant pas si j’étais en capacité d’écrire autre chose que des rapports d’expertises et des publications scientifiques. Au départ, la maison d’édition nous a laissé le champ libre. Nous avons écrit des dizaines de pages sans savoir si tout serait retenu… Mais au fil des interviews et de la rédaction, l’architecture du livre s’est construite. »

En parallèle d’un quotidien exigeant, les deux militaires ont mené un véritable travail d’enquête journalistique. Des dizaines d’heures d’entretiens se sont transformées en centaines de pages, mêlant récits personnels et explications techniques. « Cela nous a frustrées, car après tout ce temps passé avec ces personnes qui finissaient par se livrer, nous ne pouvions conserver qu’une infime partie de leurs témoignages », regrette Céline Nicloux.

Entre passion et charge émotionnelle
« Nos métiers suscitent beaucoup de fantasmes, mais on ne connaît peut-être pas assez l’envers du décor, évoque le CEN Peggy Allimann. Ce sont des métiers passion. Une passion qui nourrit notre curiosité et nous pousse à aller toujours plus loin, mais qui peut s’avérer dévorante. Il est difficile de poser des limites, et cela peut avoir des conséquences sur la santé comme sur l’équilibre de vie. Les professionnels du judiciaire sont rarement chez eux, peu présents auprès de leur famille, souvent décrochés du quotidien. »

À cela s’ajoute une lourde charge émotionnelle. « On va d’horreur en horreur, on en voit de plus en plus. Forcément, nous n’y sommes pas insensibles et cela se traduit différemment chez chacun d’entre nous », note l’officier.

« Pour essayer de se préserver de cette noirceur, on se crée une carapace, renchérit l’ADC Céline Nicloux. Mais il faut trouver le juste équilibre pour qu’elle ne nous sépare pas des choses agréables et des belles émotions. On doit rester connectés à la réalité des gens qui nous entourent, tout en se protégeant de notre quotidien professionnel qui sort de la normalité. Dans le livre, on parle souvent d’ombre et de lumière : c’est une dualité permanente. On a la lumière dans les yeux pour le travail à accomplir, mais on est face à l’ombre en permanence, et il ne faut pas la laisser nous atteindre. »

« Souvent on nous demande comment on fait pour voir autant d’horreurs, surtout d’un point de vue comportemental, reprend Peggy Allimann. En fait, on se rend compte qu’il y a une part d’humanité énorme dans chaque dossier, aussi bien du côté des auteurs que des victimes ou des professionnels. Chaque fois on se dit qu’on est au summum de l’horreur, et chaque fois apparaissent des gestes, des intentions, des parcours… qui humanisent les protagonistes. Heureusement qu’il y a cette part-là. Mais malgré ça et malgré nos carapaces, à un moment donné, cela peut nous atteindre. »

Les assises : un moment éprouvant
Le livre revient aussi sur un passage incontournable et souvent émotionnellement éprouvant : la comparution devant une cour d’assises, où enquêteurs et experts doivent rendre compte de leur travail face aux magistrats, aux avocats, aux jurés… et aux familles. Les experts doivent alors conjuguer rigueur scientifique et clarté pédagogique. « Devant les assises, il faut savoir traduire un langage scientifique ou technique en termes simples, compréhensibles par tous », explique Céline Nicloux.

Un exercice plus délicat encore pour l’analyse comportementale, discipline perçue comme moins « solide » que l’ADN ou la balistique. Toute la difficulté réside dans la restitution d’éléments invisibles comme les motivations, les logiques internes ou les traces psychologiques laissées par l’auteur. « Il ne s’agit pas de juger, mais d’expliquer le passage à l’acte et de donner des clés de compréhension », souligne Peggy Allimann.

De cette démarche est né un ouvrage mêlant confidences, récits de terrain et explications techniques. Peggy Allimann et Céline Nicloux y partagent la réalité de leur métier : des projections sur des scènes de crime en pleine nuit à la fatigue des enquêtes, en passant par l’accumulation d’atrocités et leur impact sur la vie privée. En croisant leurs regards, elles signent un livre à la fois scientifique et profondément humain, qui lève le voile sur l’envers des enquêtes et sur la passion de celles et ceux qui, dans l’ombre, œuvrent à la recherche de la vérité. Un ouvrage qui, elles l’espèrent, saura également susciter des vocations et donner envie à des jeunes, notamment des femmes, de rejoindre ces métiers passion.

Par le commandant Céline Morin
Publié le 07 septembre 2025
Source https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/culture/crimes-psychocriminologie-et-morphoanalyse-des-traces-de-sang
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EternalBlue, l’équipe de Capture The Flag de la Gendarmerie nationale, monte en puissance  :)

Le saviez-vous ? La Gendarmerie nationale possède une équipe de Capture The Flag. Ces cyber-gendarmes prennent part à des concours de hacking éthique, où ils font souvent preuve d’une redoutable efficacité.

Dans le domaine de la sécurité informatique, Capture The Flag (CTF) - « capture le drapeau » dans la langue de Molière - est un jeu consistant à exploiter des vulnérabilités affectant des logiciels, de manière à s’introduire dans des ordinateurs pour récupérer des drapeaux, preuves de l'intrusion.

Lors de ces concours de hacking éthique, les participants s'affrontent pour résoudre des challenges cyber dans différentes catégories : Web, forensic, OSINT (Open Source INTelligence), reverse, cryptographie, stéganographie, etc. Chaque challenge résolu donne des points, le total permettant de désigner l'équipe gagnante.

La Gendarmerie nationale s'est intéressée très rapidement à cette discipline et, en 2023, le général de corps d’armée Marc Boget, alors à la tête du Commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (ComCyberGend), autorise la création de la première équipe CTF de la Gendarmerie nationale au sein de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), composée de gendarmes d’active (N’Tech et antenne du Centre de lutte contre les criminalités numériques) et de réservistes cyber.

Baptisée EternalBlue, l’équipe a déjà remporté plusieurs trophées et réalisé de nombreux podiums, tant sur la scène nationale qu’internationale, se forgeant une solide réputation dans le milieu de la cybersécurité.

Ces experts font ensuite profiter la gendarmerie de leurs analyses, veillent les dernières techniques d'attaque et rédigent des rapports techniques au profit des unités spécialisées de l'Unité nationale cyber (UNC).

La participation à ces compétitions est également un excellent vecteur de recrutement de nouveaux talents en cybersécurité qui ne connaîtraient pas le métier de cyber-gendarme et souhaiteraient faire carrière ou devenir Officiers sous contrat (OSC) au sein de l'institution.

Source  https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/culture/eternalblue-l-equipe-de-capture-the-flag-de-la-gendarmerie-nationale-monte-en-puissance
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